Lettre du Capitaine (R) Alexandre Juving-Brunet : Notre armée est infiltrée

Lettre du Capitaine (R) Alexandre Juving-Brunet* : Notre armée est infiltrée

publié le 11 mai 2021 – Place d’Armes

https://www.place-armes.fr/post/lettre-explosive-le-capitaine-alexandre-juving-brunet-a-rejoint-place-d-armes

* Promotion Saint-Cyr Général de Galbert 2002-2005, Ex-Officier de liaison détaché au DPSD (=DRSD)

1991, Toulon. « Je n’irai pas combattre mes frères, c’est une terre d’Islam ». Voici la réponse d’un matelot à son supérieur en 1991 lors de l’appareillage du porte-avions Foch pour le théâtre irakien dans le cadre de l’opération DAGUET. Ce propos m’a été rapporté par une « mémoire » du renseignement qui occupait d’autres fonctions, alors que j’étais en 2011 officier de liaison de la gendarmerie à la Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense (DPSD) pour la zone Sud, devenue DRSD depuis. 20 ans entre ces deux dates, une génération de plus.

Tous ceux qui croient que l’islamisation de notre pays et de nos Armées est une fiction se leurrent, comme tous ceux qui la couvrent et font semblant de ne pas la voir alors que leurs responsabilités leur commandent de la dénoncer et de la combattre sont coupables de trahison envers les intérêts fondamentaux de la Nation française.

2007, Valdahon. Blême, le commandant d’une compagnie de génie combat au 13e Régiment du Génie me dévisage alors que jeune lieutenant en brigade de gendarmerie, le procureur m’avait autorisé à perquisitionner les chambrés d’un soldat, présumé coupable dans une rixe en boîte de nuit la veille au soir, après qu’il avait commis un homicide involontaire. La scélérate Loi Guigou interdisait depuis 1998 aux chefs de corps et autres commandants d’unités de procéder aux vérifications personnelles élémentaires et notamment à l’ouverture et l’ « inspection » des affaires personnelles au nom de l’Etat de Droit. Le ver s’instilla dans le fruit. Résultat dix ans plus tard, on se retrouve nez-à-nez ce jour-là avec un portrait du Dr ZARKAOUI (1) (n°2 d’Al-Qaeda) accroché dans l’armoire personnelle de ce soldat alors que des Français étaient projetés en Afghanistan où ils risquaient leur peau au nom des valeurs universelles françaises pour justement lutter contre Al-Qaeda. Et la 5e colonne n’existerait pas ?

J’ai été en communication directe ce matin-là avec le cabinet de Michèle Alliot-Marie qui ne s’encombre pas de la chaîne hiérarchique dès lors qu’ils veulent déterminer avec précision ce qu’il s’était produit et les conséquences possibles sur le Ministre. Les politiques savent pertinemment tout ce qu’il se passe.

Avez-vous eu vent de ces informations ? Non car elles sont probablement classifiées et c’est tant mieux. Les Conseils de Défense sont d’ailleurs pratiques pour cela : tout y est classifié donc nos dirigeants soi-disant démocratiques ne s’encombrent plus de rendre compte à la Nation et se contentent de courbettes respectueuses lors d’hommages aux Morts de cette guerre larvée. Les politiques sont au courant de toutes ces affaires depuis de nombreuses années et feignent de se réveiller alors que des Français se font égorger dans nos lieux de culte, nos commissariats…et bientôt nos casernes ? La Raison D’État est ce qui justifie la défense de nos intérêts fondamentaux ; ici la vie de Français sur leur propre sol. Mais les politiciens l’ont manifestement oublié, la Raison d’Etat ne servant ici qu’à masquer leurs mensonges et leurs trahisons. Et ces trahisons répétées vont provoquer une crise sociétale de forte amplitude : la guerre civile que tout le monde redoute (2).

La taqqyia3 existe bel et bien comme la 5e colonne. Mais cette 5e colonne n’est plus pro-allemande comme en -14 ou pro-bolchevique durant la guerre froide mais bien islamiste. L’infiltration de nos Armées existe. Et cette infiltration est une nouvelle fois permise par le culte de l’Etat de Droit, du progressisme et des « valeurs » universelles droit-de-l’hommistes qui sont aux antipodes de notre Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Si demain la guerre civile devait advenir, nous plongerions dans un conflit déjà théorisé par nos plus illustres généraux français au sortir de l’Indochine puis de l’Algérie, savamment plagiés par les Américains depuis lors d’ « Iraqi Freedom » : la guerre contre-insurrectionnelle (4).

Observée à nos portes européennes au Kosovo, cette guerre, la France et ses Armées n’y sont pas suffisamment préparées en raison du noyautage politico-juridique dont souffrent nos Forces depuis 25 ans par une magistrale opération politicienne de démembrement de notre outil militaire : abandon du service militaire pour d’obscures raisons budgétaires mais d’évidentes raisons de destruction du lien Armée-Nation (alors que le soldat de l’an II appartient au « mausolée républicain »), abolition des juridictions spéciales militaires avec mise en coupe réglée par les magistrats civils, abandon des juridictions d’exception, promotion de tous les officiers légalistes contre les légitimistes, et enfin point majeur, infiltration de nos Forces Armées par des citoyens binationaux.

C’est le point le plus grave : nos Forces Armées recèlent actuellement de soldats, d’aviateurs et de marins disposant de deux nationalités donc prêtant allégeance à deux drapeaux, ce qui est théoriquement incompatible avec les obligations de défense de la Nation. Cette situation ubuesque est encore permise par l’Etat de Droit où la France est l’une des seules grandes puissances au monde à autoriser à leur majorité que des Citoyens puissent conserver deux nationalités5. Quid si demain un conflit s’ouvrait en Méditerranée ? Quel drapeau serviraient ces militaires? Sont-ils actuellement aux mains de Services de Renseignements étrangers qui exploitent justement cette double allégeance ?

En cas de guerre civile, comme le rappelaient utilement les généraux MARTINEZ, PIQUEMAL, COUSTOU, De RICHOUFFTZ mais aussi le capitaine FABRE-BERNADAC, les Forces Armées ou forces de 3e catégorie seront constitutionnellement rappelées pour rétablir l’ordre public si l’état de siège est proclamé par le Président de la République ou son gouvernement.

Mais que se passera-t-il à cette date quand les chefs recevront pour mission de rétablir l’ordre dans les banlieues, ces mêmes banlieues étant les viviers de recrutement de nos militaires depuis 25 ans ?

Pensez-vous que les militaires de confession musulmane placeront automatiquement les lois de la République avant la Charia ou leurs lois tribales et claniques ? Vous êtes libres de le penser mais vos yeux pourraient se déciller face à une réalité à laquelle personne n’est prêt. D’autant que les derniers sondages vous donnent déjà tort (6).

Si demain une guerre civile éclate, les forces de 1ere et 2e catégories feront face à plus de 100 000 belligérants salafistes (7) constituant le noyau dur d’une possible vague s’appuyant sur des appartenances ethno-religieuses. Si seulement 1% des compatriotes français de confession musulmane, soit 100 000 individus, et leurs acolytes migrants et autres étrangers en situation irrégulière estimés à 600 000 (8) individus se rebellaient, la France se retrouverait face à une crise majeure où plus de 500 000 individus agiraient directement contre elle sur son sol. Les forces de sécurité intérieure seraient dépassées et le Peuple Français devrait assurer sa propre sécurité durant la première phase de choc.

En effet, le choc initial d’un scénario 2005 bis (avec une exponentielle non-calculable en raison de 15 ans supplémentaires d’abandons de territoires) serait dévastateur et montrera au Peuple Français que la décrépitude de la Santé Publique mise à nue durant la crise du Covid-19 n’a d’égale que celle de nos Forces Armées. Mais seule l’épreuve nous le révélera.

Si notre Armée est effectivement infiltrée dans des proportions dangereuses que seuls les services de renseignements ici le DRSD peuvent calculer, alors elle ne pourra pas intervenir au début de cette crise sans risquer sa propre implosion : les chefs devront purger leurs effectifs sans quoi ils se retrouveront face à des ennemis dans leurs propres rangs. Cette purge prendra des semaines entières durant lesquelles le Peuple Français devra faire face seul à la guerre civile qui aura démarré. Une fois cette purge effectuée et réussie, les effectifs pourraient ne pas suffire car la guerre contre-insurrectionnelle, malgré l’essor de technologies de communication avancés, commande à des rapports de force de 1 à 10 pour correctement contrôler une zone et en neutraliser les belligérants. Allons-nous mettre sur pied alors une Armée de 5 000 000 d’individus ? Ce serait un effort aussi important que la guerre de 14-18 et la Nation française n’y est plus prête. Nous sommes donc au bord du gouffre.

Une ultime solution pour notre République française crépusculaire serait d’appliquer la doctrine notamment développée par le général SOUBELET théorisant la mise sur pied de « Task Forces » ou autres groupements tactiques inter-ministériels composés d’environ 1000 personnes (militaires, policiers, magistrats, agents pénitentiaires, douaniers..) chargés de traiter une banlieue durant 1 mois en profondeur afin d’en extirper le mal : la France compte 750 zones de non-droits et près de 110 mosquées salafistes en 2021. Cette mission pourrait résoudre nos problèmes en 3 ans si nous y consacrons des budgets et effectifs permanents permettant de contrôler au moins 30 cités simultanément, soit 30 000 individus déployés et donc le double en effectifs théoriques. La France dispose encore de ces ressources avant que l’incendie ne se propage et que notre pays arrive à un point de bascule inexorable.

Si nous perdons un jour la bataille de France, notre pays sera démembré comme le furent l’Arménie, le Liban ou les Balkans.

Vae Victis (9).

Notes de lectures :

1 Dr ZARKAOUI :Abou Moussab al-Zarqaoui (en arabe : ,أبو مصعب الزرقاوي (Abou Moussab ez-Zarqaoui)), né Ahmad Fadil Nazzal al-Khalayleh (en arabe : أحمد فضيل النال الخلايلة (Aḥmad Faḍīlan-Nazāl al-Ḫalāyla)) le30 octobre 1966, à Zarka, en Jordanie, et mort le7 juin 2006, à Hibhib,en Irak, est un djihadiste jordanien. Il était le responsable d’Al-Qaïda en Irak et les hommes qu’il menait sont responsables de plusieurs centaines d’attentats-suicidesau cours de l’invasion de l’Irak par les États-Unis à partir de 2003. En effet, Abou Moussab al-Zarqaoui a mené une importante campagne d’attaques suicides qui a culminé avec l’attentat de la mosquée de Hasen al-Askari à Samarra en 2006. Il a d’ailleurs été réprimandé par ses supérieurs au sein d’al-Qaida pour avoir tué plusieurs musulmans chiites durant ses attaques.

2 Sondage Harris-Interactive. Cité dans Valeurs Actuelles publié le 29 avril 2021 à 7h39. 49% des Français sondés estiment qu’une guerre civile est inévitable.

3 Taqqyia ou Guerre contre-insurrectionnelle « Dissimulation », « mensonge », « double jeu » : la taqiyya est, depuis trente ans, au coeur de la stratégie des Frères musulmans pour infiltrer la République. « TAQQYIA ! » Par Mohammed SIFAOUI parue aux éditions l’observatoire EDS DE le 25/09/2019.

4 Guerre contre-insurrectionnelle. Le colonel Lacheroy, le général Jacques Hogardet et jean Némo élaborèrent différentes versions de la « doctrine de la guerre révolutionnaire » (DGR), de guerre4. David Galula contribue à la conceptualisation de ce domaine de guerre (Harvard,  Jean mise en œuvre lors de la bataille d’Alger, qui devient un cas d’école enseigné dans les écoles (Harvard 1964) ainsi que Roger Trinquier dont La Guerre moderne (1961) est considéré comme l’un des manuels clés de la guerre contre-insurrectionnelle, soulignant l’importance du renseignement, de la guerre psychologique et du volet politique des opérations armées.

5 Loi n° 98-170 du 16 mars 1998 relative à la nationalité, loi « Guigou », JORF n°0064 du 17 mars 1998.

6 Sondage IFOP pour le Comité Laïcité et République (CLR) souligne une fracture qui sépare les jeunes musulmans de l’ensemble des français. Pour 57 % des jeunes musulmans, la charia est plus importante que la république.

7 100 000 : Sur le plateau de CNEWS/LE POINT/LES ECHOS, Brice Hortefeux déclare le dimanche 11 octobre 2020 que l’estimation de nombre de salafistes sur notre sol serait de 100 000 individus d’après ses sources au ministère de l’Intérieur.

8 600 000 : effectif repris par le Haut Fonctionnaire M STEFANINI in « Immigration, ces vérités qu’on nous cache », paru le 19 novembre 2020.

9 Vae Victis : « Malheur aux vaincus ».

 

Berlin veut ouvrir le projet de char franco-allemand à d’autres pays de l’UE, de l’Otan et « d’ailleurs »

Berlin veut ouvrir le projet de char franco-allemand à d’autres pays de l’UE, de l’Otan et « d’ailleurs »

 


http://www.opex360.com/2021/05/15/berlin-veut-ouvrir-le-projet-de-char-franco-allemand-a-dautres-pays-de-lue-de-lotan-et-dailleurs/


Lettre ouverte aux généraux par un général (2S)

Lettre ouverte aux généraux par un général (2S)



La situation empire. Un rapport de force s’établit entre le ministère des armées et la communauté militaire des retraités. Peut-on croire que cet affrontement n’aura pas une influence quelconque sur la communauté militaire d’active et sur sa perception du politique ?

Peut-on croire que cet affrontement n’aura pas une influence quelconque sur la communauté militaire d’active et sur sa perception du politique ?

Pourquoi une lettre ouverte et donc publique ?

Sans doute que cette lettre ouverte n’aura aucun effet et ne sera même pas lue par les destinataires mais peut-on se taire et ne pas proposer une sortie de crise qui affaiblit la République ? Non. C’est pourquoi j’ai décidé de publier cette lettre ouverte aux généraux concernés par la Tribune des généraux. Elle est la suite logique de mon billet du 29 avril 2021 après une semaine de débat national (Cf. Lettre d’un général (2S) ou « pas besoin d’être plusieurs pour s’exprimer » – Theatrum Belli) mais aussi du constat que cette question a soulevé un fort intérêt des citoyens. Au 5 mai 2021, ce dernier billet a fait l’objet de plus de 10 000 vues sur ce site et de plus de 48 000 vues sur LinkedIn, soit 58 000 à ce jour.

Cette lettre est aussi destinée au Président E. Macron, chef des armées. En effet, l’inquiétude exprimée par des généraux et pas uniquement dans cette Tribune (Cf. Général (2S) Lauzier, « Le devoir de réserve n’est pas celui de se taire », Valeurs actuelles du 4 mai 2021) a été largement soutenue par nombre de citoyens de toutes les sensibilités (Cf. Sondage du 29 avril 2021)

Une nouvelle fracture que nul n’attendait est donc apparue.

A ce stade, tout montre que le chef des armées a une part de responsabilité volontaire ou pas dans cette situation en la laissant perdurer sous la forme actuelle.

Cette fracture qui ne doit pas s’accroître impose cette lettre de médiation .

Lettre ouverte aux généraux par un général (2S) – Theatrum Belli mai 2021

Opération Pamir en Afghanistan (2001-2014)

Opération Pamir en Afghanistan (2001-2014)

par le Lieutenant (R) Christophe Lafaye – Soldats de France n° 16 – CDEC –

Opération Pickendorf. Les appuis sont en place sur les hauteurs du village de Dwakholeh. © Sébastien Dupont/ECPAD/Défense
Saut de ligne

Saut de ligne


L’engagement de l’armée française en Afghanistan marque le retour des combats dans un contexte interallié. Entre 2001 et 2014, 70 000 militaires se succèdent. En douze ans, les missions de l’armée française évoluent  : de la stabilisation vers des combats de plus en plus importants, au prix de 89 tués et plus de 700 blessés.

Une opération de stabilisation (2002-2006)

Après l’attaque du World Trade Center, le 11 septembre 2001, les premières forces françaises sont envoyées en Afghanistan. Après la chute des Talibans et les accords de Bonn du 5 décembre 2001, la France contribue à la force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) dans le cadre de l’opération Pamir. Entre 2002 et 2006, le bataillon interarmes français (BATFRA) est présent à Kaboul. Il a pour mission de sécuriser la capitale et ses environs en restant centré sur l’aéroport, le Nord de la ville, les districts de police 11 et 15 ainsi que la plaine de Chamali. Le BATFRA se consacre à une mission de stabilisation. Durant l’été 2006, la Region Command Central Capital (RC-C), sous commandement de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), est créée. Le district de Surobi est intégré dans ce nouveau découpage territorial. Chaque nation qui exerce le commandement du RC-C doit envoyer un détachement interarmes sur la base de Tora (Surobi), pour contrôler cet espace stratégique. Les soldats français se heurtent à une résistance plus vive. Dans le même temps, le nombre d’incidents liés à l’emploi d’engins explosifs improvisés (EEI) ne cesse de croître. Au mois d’octobre 2006, les Talibans appellent à l’insurrection en Afghanistan.

De l’imposition de la paix à la contre-insurrection (2007-2009)

Au printemps 2007, la France participe à la relance de la guerre contre les Talibans menée par la coalition  internationale. Les années 2008 et 2009 sont celles du redéploiement des forces françaises et de l’accélération du processus d’adaptation à la lutte contre-guérilla. Au printemps 2008, un groupement tactique interarmes (GTIA) supplémentaire est annoncé pour un déploiement en Kapisa à l’été. Alors que les restrictions d’emploi des troupes françaises sont levées, le processus d’adaptation réactive est lancé. Il vise à moderniser l’équipement des soldats français sur le terrain. Le 18 août 2008, l’embuscade meurtrière d’Uzbin, qui coûte la vie à dix soldats, agit comme un accélérateur de la transformation de l’armée française.

 De nouveaux matériels et équipements sont envoyés en Afghanistan. La mise en condition avant projection (MCP) passe à six mois. En janvier 2009, une doctrine de contre-rébellion est adoptée. Les mandats qui se succèdent lancent une série d’expérimentations tactiques. De la « cloche à fromage », à la « contre-réaction », en passant par la «théorie du Mikado », les GTIA français cherchent à obtenir des effets sur l’ennemi et la population. C’est le retour de la contre-insurrection, qui vise à couper la population des insurgés.

De la contre-insurrection au transfert à l’armée afghane (2009-2014)

À la fin de l’année 2009, l’ensemble des moyens militaires français est regroupé dans la province de Kapisa et dans le district de Surobi. Le 1er novembre, la brigade interarmes (ou Task Force) Lafayette est créée. Elle est placée sous commandement américain du RC-East. Les deux premiers mandats de la brigade ont pour objectif majeur «la conquête» de la population. Suivant le principe de la tâche d’huile, des bases opérationnelles avancées sont progressivement installées sur l’aire de responsabilité française pour faire progresser le contrôle des zones et leur pacification. La conférence de l’OTAN à Lisbonne, le 20 novembre 2010, fixe une date de retrait pour la fin de l’année 2014.

Le principe de transfert de responsabilité vers l’armée afghane est adopté. Le Battle Group (BG) Richelieu lance avec succès une tactique de nomadisation débutée dès l’hiver 2010-2011. À partir de décembre 2010, les troupes françaises conduisent des opérations de longue durée. Les militaires s’installent sur le terrain,  bouclent de vastes zones et procèdent à des fouilles systématiques. L’opération Storm Lightning permet de sécuriser, pour un temps, l’axe Vermont et de faire sauter le verrou de Jangali.

Dans le même temps, les troupes françaises du BG Allobroges poursuivent le quadrillage de la Kapisa en implantant de nouveaux postes de combat et des observatoires. 

Le quatrième mandat de la brigade Lafayette marque une rupture. La préservation des acquis de la campagne d’hiver entraîne de furieux combats durant l’été 2011.

Les Français ne retournent plus dans le fonds des vallées. Les deux mandats suivants de la brigade Lafayette voient le transfert progressif de la responsabilité des combats vers l’armée nationale afghane (ANA) puis la préparation et l’exécution d’un redéploiement logistique complexe et particulièrement risqué des emprises vers la capitale.

La brigade Lafayette est dissoute le 25 novembre 2012, après le transfert de la Surobi et de la Kapisa aux forces afghanes. Les Français sont regroupés à Kaboul et quittent définitivement l’Afghanistan le 31 décembre 2014. L’opération Pamir marque une évolution majeure pour l’armée française. Rompue à l’épreuve du feu,  dans un contexte international, elle a gagné en maturité.

Tribune de généraux et de militaires retraités : le Directeur de la Gendarmerie s’adresse aux Gendarmes

Tribune de généraux et de militaires retraités : le Directeur de la Gendarmerie s’adresse aux Gendarmes


Le général Christian Rodriguez (Photo Gendarmerie Nationale)

Le général d’armée Christian Rodriguez, directeur général de la Gendarmerie s’est exprimé sur son blog interne au sujet de la “lettre ouverte à nos gouvernants ». Cette tribune (*) ayant recueilli ce lundi 2 mai à 21h00 24 127 signataires qui a entraîné beaucoup de réactions dont celles courroucées de la ministre des armées et du chef d’état major des armées, suscité la polémique, une annonce de sanctions pour les 18 militaires d’active et une lettre d’un ton et d’une violence inédite d’un des généraux signataires au chef d’état-major des armées.

Sur son blog, le chef des Gendarmes justifie son écrit par le fait que “l’un des acteurs de cette démarche se revendique comme un ancien officier de Gendarmerie”. (NDLR L’ex capitaine Jean-Pierre Fabre-Bernadac).

(*) publiée sur le blog Place d’Armes. Un peu plus de 100 Gendarmes figurent parmi les 1500 signataires dont les noms ont été publiés, esssentiellement des sous-officiers. Aucun général n’a paraphé cette lettre signée par 5 colonels, 9 lieutenants-colonels, 2 chefs d’escadron, 3 capitaines et un sous-lieutenant.

Texte intégral du général d’armée Christian Rodriguez DGGN

Alors que nous vivons toujours sous la contrainte de la pandémie, alors que l’odieuse attaque de Rambouillet souligne une nouvelle fois l’acuité de la menace terroriste, alors que nous sommes tous – et tous les jours – pleinement engagés au service de Français pour assurer leur protection, les écouter et les rassurer au quotidien, une navrante affaire de “tribune » dans la presse est venue cette semaine saturer l’espace médiatique.

Je ne souhaitais pas nécessairement vous partager mon sentiment sur cette polémique et ses développements. Mais il se trouve que l’un des acteurs de cette démarche se revendique comme un ancien officier de Gendarmerie. Il se trouve aussi que cela a eu un effet de désinhibition, donnant lieu à toutes les outrances, en même temps que toutes les invectives, voire les injures les plus honteusement grossières.
Dans ce contexte, mon rôle de chef est – plus que jamais – de vous accompagner et de vous éclairer. Et de vous aider à comprendre et faire comprendre ce que l’emballement autour de cette affaire a de regrettable et de délétère.

En tant que militaires, nous ne sommes pas des spectateurs ni des commentateurs, mais bien des acteurs et des serviteurs de l’État. Certains déplorent et se lamentent ? Nous agissons et protégeons. Pour procurer de la confiance et de la sécurité, au contact des difficultés du quotidien, en nous efforçant de contribuer à la cohésion de la Nation et de faire vivre le lien social. Nous sommes tout entier de cette Nation, et si nous devions prendre un parti, ce serait celui du plus faible, du plus humble, le parti de celui qui a le plus besoin qu’on le protège. C’est là ce que nous savons faire, c’est là ce que nous devons faire.

En tant que militaires, nous avons fait un choix libre et consenti, celui d’une vocation, d’une vie et, donc, d’un statut qui comporte sa part de sujétions et de contraintes. Nous avons adhéré en toute connaissance à un état qui “exige en toute circonstance esprit de sacrifice, pouvant aller jusqu’au sacrifice suprême, discipline, disponibilité, loyalisme et neutralité”. Cette vie, c’est aussi celle de l’adhésion à un collectif dont la cohésion est un des biens les plus précieux. Cette cohésion nous conduit le plus souvent à faire primer l’intérêt du groupe – celui de notre unité comme celui de la Gendarmerie dans son entier – sur notre intérêt personnel.

En tant que militaires, et plus encore en tant que gendarmes soldats de la Loi, nous sommes porteurs d’une autorité. Nous avons un rôle dans cette société, qui implique aussi une grande exemplarité. L’autorité que nous confèrent la Loi et notre uniforme, l’emploi légitime de la force qui nous est permis ne nous rendent ni supérieurs, ni meilleurs, ni plus clairvoyants que les autres. Nul d’entre nous n’a raison par nature parce qu’il est gendarme. Nul d’entre nous n’est un sur-citoyen autorisé à s’arroger le droit de penser “mieux” ou “plus droit” que les autres.

Certes le poncif nous qualifie très souvent de “grande muette”. Mais forts de toutes ces exigences, que nous avons acceptées, nous sommes aussi des citoyens. Posant des limites, notre statut nous assure en même temps pleinement que “les opinions ou croyances, notamment philosophiques, religieuses ou politiques, sont libres“.

Il y a cependant une condition non négociable : quand nous agissons en qualité de militaires, sous notre uniforme, sous notre grade, nous ne nous appartenons pas, mais nous appartenons à la Nation.

Il y a cependant une condition non négociable : quand nous agissons en qualité de militaires, sous notre uniforme, sous notre grade, nous ne nous appartenons pas, mais nous appartenons à la Nation. Cette règle de la réserve, de la discrétion et de la neutralité, chacun ou chacune est libre d’y renoncer : le militaire qui veut s’engager dans le débat public, voire se soumettre au suffrage, est libre de le faire. Il laisse alors de côté toute référence à son grade et à son uniforme, il le fait en dehors de tout lien avec le service et sans usage aucun des moyens ou installations du service. Bref, il passe à autre chose et change d’engagement(s). Les citoyens-électeurs sont des acteurs politiques, mais ni les forces armées – dont la Gendarmerie – ni l’uniforme militaire ne peuvent l’être.

En 35 ans de service sous l’uniforme et dans l’amour du Drapeau, je n’ai jamais douté du sens de notre mission. Chaque jour, chaque nuit, nos camarades sur le terrain protègent, secourent, apaisent, en tout lieu de cette République, et sans se poser de questions d’origine, d’ethnie, de religion. C’est à elles et à eux que cette tribune fait injustice, c’est à elles et eux que je dédie ces mots. Répondons présent aux attentes des Français, rassurons-les et résolvons leur problèmes. Éduquons et formons nos plus jeunes camarades dans cette exigence. Telle est la voie que nous avons choisie pour œuvrer à la sécurité, à la prospérité et à la grandeur de la France.