Paris signe une convention de soutien à la politique de réserve militaire

Paris signe une convention de soutien à la politique de réserve militaire

 

Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – Publié le 04 avril 2019

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2019/04/03/garde-nationale-20154.html?fbclid=IwAR2T0nmxZKYGj931k2uXNDUUXSj5i3ZNTusy53YtebfGpcC5zkw34fwA9UM

 

La Ville de Paris et le Secrétariat Général de la Garde nationale (SGGN) ont signé conjointement une convention de soutien à la politique de réserve militaire. Sur la photo, la générale Fougerat est accompagnée par Philippe Goujon, maire du XV, Catherine Vieu-Charier, adjointe au maire de Paris en charge de la mémoire et du monde combattant et Véronique Levieu, adjointe au maire de Paris en charge des ressources humaines.

Concrètement, les fonctionnaires de la Ville de Paris peuvent exercer leurs activités de réserviste de la Garde nationale jusqu’à 30 jours par an. La Ville de Paris s’engage en outre à réduire les préavis s’appliquant aux agents souhaitant effectuer des missions et à mettre en place une clause de réactivité pour réduire davantage le préavis en cas d’urgence.

Au total 620 conventions ont été signées dont 170 par des collectivités locales. Depuis le début de l’année 2019, 56 conventions dont 17 par des collectivités”, a précisé Anne Fougerat, la secrétaire générale de la Garde nationale.

Les réservistes et les anciens de l’armée de terre sollicités pour encadrer le SNU

Les réservistes et les anciens de l’armée de terre sollicités pour encadrer le SNU

 

Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – Publié le 8 mars 2019

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2019/03/07/les-reservistes-et-les-anciens-de-l-armee-de-terre-sollicite-20081.html

 

Ce n’est pas surprenant… Le ministère des Armées est en recherche de cadres pour le SNU, même si “la contribution des Armées est en cours d’affinage”.

On se souviendra que le recrutement des jeunes volontaires pour le service national universel (SNU) est officiellement lancé depuis lundi, avec un site dédié qui permet à des jeunes de participer à une première phase test au mois de juin. Entre 2 000 et 3 000 volontaires participeront à la première phase du service national universel du 16 au 28 juin prochain, en internat. Puis ils réaliseront une mission d’intérêt général auprès d’associations, de collectivités, ou de corps en uniforme pendant deux semaines entre juillet 2019 et juin 2020. 

Pour cette phase test, la première quinzaine se déroulera en internat ou dans des bâtiments de l’armée. Les jeunes en uniforme seront encadrés par des militaires et éducateurs rémunérés.

Pour prendre les devants, un appel a été lancé par le MinArm pour sensibiliser les réservistes et les anciens militaires pour qu’ils encadrent “la préfiguration du SNU”:

 

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Le commandement des forces terrestres, par exemple, a diffusé cette note, le 26 février, pour lancer un appel aux volontaires. 

La réserve opérationnelle sur le territoire national

La réserve opérationnelle sur le territoire national

Par le Capitaine François-Xavier Carel – Revue de doctrine des forces terrestres –
Saut de ligne

La résurgence de la menace terroriste en 2015 a engendré dans les armées des réflexions importantes, mettant en exergue le lien privilégié entre les réserves opérationnelles et la protection du territoire national.

Le déclenchement de l’opération SENTINELLE fut la réponse immédiate à cette rupture stratégique. Naturellement, la réserve fut mise à contribution pour répondre au contrat opérationnel,  d’abord sur des missions de défense-protection, en remplacement des forces d’active déployées, puis très rapidement en complément de ces dernières, déployée au sein des unités PROTERRE. Un emploi systématique et plus massif de la réserve est alors décidé en 2016 en totale rupture avec les capacités générées par les budgets d’alors. On est ainsi passé, en quelques mois, d’une réserve de complément individuel, à une logique de réserve d’emploi régulier et massif. Sa contribution aux opérations sur le TN est aujourd’hui une nécessité.

Rapidement, le délégué aux réserves de l’armée de Terre (DRAT), reçoit mandat de l’EMAT pour construire une nouvelle organisation, adaptée à cette menace. Sans changer de modèle (les réservistes restent intégrés au sein des formations d’active), l’ambition est de passer d’un effectif réalisé de 15 000 (fin 2015) à plus de 24 000 réservistes (cible fin 2019). Un ordre général aux réserves est signé par le CEMAT en mars 2016, pour décrire la montée en puissance à conduire jusqu’en 2019. Ce volontarisme s’inscrira tout naturellement dans la dynamique interministérielle affirmée par la création de la Garde nationale en octobre 2016.

Aujourd’hui, c’est un effort considérable qui a été consenti pour la montée en puissance des réserves : plus de 18 000 nouveaux contrats signés depuis début 2015 et une augmentation  de 500% du taux d’emploi des réservistes sur le TN (122 réservistes déployés chaque jour fin 2015, contre 632 en août 2018). Cela représente en moyenne 10% de l’engagement TN de l’armée de Terre (jusqu’à 20% en période estivale). Toutes ces évolutions se sont produites sans baisse d’exigence opérationnelle, les réservistes désignés pour les missions TN répondant aux mêmes prérequis opérationnels que leur camarades d’active.

Après trois années de montée en puissance, l’enjeu est maintenant de préserver cette dynamique qui a largement permis ces excellents résultats. L’utilité de la réserve est devenue une évidence, son emploi s’inscrit désormais dans la durée, au vu d’un contexte sécuritaire caractérisé par une menace durcie, multiforme et imprévisible. Il s’agit désormais de dépasser la simple hausse des effectifs et de bâtir une force de réserve moderne et agile, capable d’un engagement opérationnel massif sur court préavis. C’est pourquoi plusieurs réformes ambitieuses sont étudiées voire déjà mises en œuvre depuis les débuts de la montée en puissance :

– la digitalisation de la réserve, au moyen du système d’information ROC64, qui représente une modernisation sans précédent contribuant à simplifier l’administration de la réserve ;

– un modèle post-2019 plus souple pour répondre à ces nouveaux défis, permettant de conserver un haut niveau d’ambition pour la protection du TN en cas de résurgence de la menace, mais aussi d’augmenter la maîtrise des savoir-faire opérationnels collectifs des unités de réserve et des compléments individuels.

La réserve de l’armée de Terre est aujourd’hui une composante indispensable au sein des forces terrestres, pleinement intégrée aux unités d’active et capable d’assurer, avec un haut niveau de compétence et un effectif important, les missions propres à la défense du territoire national. Ce résultat est, avant tout, à porter au crédit des réservistes eux-mêmes. Doublement investis – dans leur vie civile comme dans leur engagement militaire – ces soldats sont les artisans de la cohésion nationale. Ils sont les acteurs du renforcement de la résilience de la Nation : pendant les attentats, c’est l’afflux de candidatures pour la réserve qui a illustré de façon emblématique la volonté de la jeunesse française de réagir et de faire face à la menace.

64 Réservistes Opérationnels Connectés : le nouveau système d’information de la réserve, développé par la direction de projet interarmées Réserves 2019.

La Garde nationale a signé 568 partenariats dont 393 avec des entreprises

La Garde nationale a signé 568 partenariats dont 393 avec des entreprises

Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – 17 décembre 2018

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2018/12/17/la-garde-nationale-a-signe-568-partenariats-19879.html

 

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La Garde nationale, créée en 2016 et dont la secrétaire générale est Anne Fougerat (photo ci-dessus. Crédit: GN), un général de gendarmerie, a signé des conventions avec 568 partenaires dont 393 entreprises (69%) et 174 administrations publiques 31%).

Parmi les entreprises, on compte :
– 92 très petites entreprises (TPE), soit moins de 10 salariés ou un bilan inférieur à 10 millions d’euros
– 160 petites et moyennes entreprises (PME), soit moins de 250 salariés ou un chiffre d’affaire inférieur à 50 millions d’euros
– 62 entreprises de taille intermédiaire (ETI), soit entre 250 et 4999 salariés ou un chiffre d’affaire entre 50 millions et 1,5 milliards d’euros
– 52 grandes entreprises (GE), soit plus de 5000 salariés ou un chiffre d’affaire de plus d’1,5 milliards d’euros
– 19 associations.

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Ces entreprises accordent en moyenne 19 jours aux réservistes par an. Au niveau du maintien du salaire :
– 154 maintiennent le salaire
– 151 maintiennent partiellement le salaire
– 86 ne maintiennent pas le salaire.

 

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Elles accordent en moyenne 18 jours aux réservistes par an. Au niveau du maintien du salaire :
– 156 maintiennent le salaire
– 3 maintiennent partiellement le salaire
– 4 ne maintiennent pas le salaire.

Le Service de santé des armées aura recours à plus de réservistes et de contractuels pour tenir son contrat opérationnel

Le Service de santé des armées aura recours à plus de réservistes et de contractuels pour tenir son contrat opérationnel

http://www.opex360.com/2018/12/09/le-service-de-sante-des-armees-aura-recours-a-plus-de-reservistes-et-de-contractuels-pour-tenir-son-contrat-operationnel/

 

Au cours de la Loi de programmation militaire [LPM] 2014-19 qui s’achève, le Service de santé des armées [SSA] aura vu fondre ses effectifs de 8% alors même qu’il a été confronté à une activité intense, liée à la remontée en puissance de la Force opérationnelle terrestre [FOT] et au niveau élevé de l’engagement des forces sur les théâtres extérieurs.

Le modèle du plan « SSA 2020 » est d’autant plus sous tension que le recrutement a du mal à suivre. « Le plafond d’emplois autorisés du SSA est passé de 16.529 effectifs en 2014 à 15.626 en 2018 [dont environ 5.000 civils, ndlr]. L’effectif moyen réalisé en cours d’année est inférieur de 600 unités au plafond d’emploi », ont relevé les sénateurs Jean-Marie Bockel et Christine Prunaud, co-rapporteurs pour avis sur le projet de loi de finances pour 2019 « Défense : Préparation et emploi des forces » [.pdf].

Actuellement, le SSA compte 700 médecins des forces : un niveau largement insuffisant puisqu’il lui en manque une centaine. Aussi, ce sont donc souvent les mêmes qui sont envoyés en opération extérieure. « Les personnels projetés effectuent 200 % du contrat opérationnel » du service, rappellent les deux sénateurs. Et cela ne peut avoir que des conséquences sur la fidélisation, d’autant plus que, et c’est une autre difficulté, certaines spécialités sont plus affectées que d’autres.

« Alors que les déficits de personnels sont déjà criants dans certaines spécialités telles que les chirurgiens orthopédistes, les dentistes, les infirmiers en soins spécialisés de bloc opératoire diplômés d’État et les masseurs kinésithérapeutes, la surprojection des mêmes personnels finit par les pousser à quitter le service. Leur fidélisation est un défi difficile à relever dans de telles conditions, et alors que la concurrence de la fonction publique hospitalière sur certaines spécialités est réelle. À ceci s’ajoute la longueur des formations pour nombre des métiers de la santé, générant des effets retardés sur les viviers », lit-on dans le rapport de M. Bockel et de Mme Prunaud.

Pour remédier à ces déficits dans ces spécialités, le SSA a recours de plus au plus à des contractuels. « Ces facteurs incitent à la civilianisation progressive des postes sans contrainte opérationnelle directe et au recours croissant aux praticiens contractuels », avance le rapport.

En 2016, les officiers contractuels représentaient 7% des effectifs des praticiens. Il est prévu de doubler cette part, avec une « cible établie à 16% d’ici 2021 », est-il indiqué dans le document.

Quant aux besoins liés aux engagements du SSA sur les théâtre extérieur (par exemple, 200 de ses personnels sont engagés au Sahel, au titre de l’opération Barkhane), le recours aux réservistes s’impose. Ce qui fait que, actuellement, 20% du contrat opérationnel du service est assuré par ces derniers, contre 10% l’an passé.

« À ce jour 2 900 réservistes participent aux missions du SSA, 50 % d’entre eux sont appelés à partir à la retraite à court terme. La directrice du SSA travaille activement à l’augmentation de leur nombre pour atteindre l’objectif de 3.500 réservistes », affirment les deux rapporteurs.

La LPM 2019-25 prévoit de stabiliser les effectifs du SSA jusqu’en 2023, avant de les augmenter « modérement » par la suite. « Cette nouvelle trajectoire positive se traduira par la mise en oeuvre du nouveau modèle hospitalier militaire, la poursuite de la remontée en puissance de la médecine des forces et la préparation de l’avenir avec la mise en formation de 15 élèves praticiens et 10 élèves infirmiers supplémentaires pour 2019 », fait valoir le rapport.

Toutefois, les sénateurs Bockel et Prunaud restent prudents car la situation du SSA restera fragile, avec trois points d’attention particuliers. « La féminisation du corps médical pose certains défis », estiment-ils. En outre, « le fonctionnement quotidien des centres médicaux des armées est également marqué par un accroissement des besoins en expertise médicale d’aptitude et une intensification des activités de soutien des activités à risque, du fait de l’augmentation de la force opérationnelle terrestre et du plan Réserve 2019 », ajoutent-ils. Enfin, « l’attractivité du secteur civil, particulièrement forte pour certaines spécialités hospitalières (radiologie, anesthésie-réanimation et chirurgie), favorise de nombreux départs de l’institution. »