“Opinion publique et engagements de nos armées” : Lettre ASAF du mois de janvier 2021

Opinion publique et engagements de nos armées” : Lettre ASAF du mois de janvier 2021

 

Le caractère formel que revêtent souvent les échanges de vœux ne peut plus être de mise compte tenu des temps que nous vivons ; aussi l’équipe de rédaction de l’ASAF veut, avec une vigueur toute particulière, souhaiter aux membres de l’association et au-delà à tous nos amis et lecteurs, force, courage et perspicacité.

"Opinion publique et engagements de nos armées" : Lettre ASAF du mois de janvier 2021

Le caractère formel que revêtent souvent les échanges de vœux ne peut plus être de mise compte tenu des temps que nous vivons ; aussi l’équipe de rédaction de l’ASAF veut, avec une vigueur toute particulière, souhaiter aux membres de l’association et au-delà à tous nos amis et lecteurs, force, courage et perspicacité :

  • force pour résister à la tentation de « l’à quoi bon ?» que peut générer en nous le spectacle quotidien d’une crise de civilisation qui touche un Occident oublieux du tragique de l’Histoire et dont l’actuelle pandémie n’est qu’un des volets, révélatrice de nos peurs profondes et interrogatrice de nos idéaux ;
  • courage pour affirmer « hic et nunc» notre attachement à la souveraineté de la France, à son rayonnement et à la puissance nécessaire de ses armées et de son industrie d’armement ;
  • perspicacité, à l’ère du cybermonde et dans le tourbillon de l’information et de la communication, pour faire la part entre le fond des choses et ce qui est de l’ordre de l’éphémère et in fine pour déterminer ce qui va nourrir et féconder pensées et actions.

Ce n’est d’ailleurs pas l’actualité nationale et internationale qui viendra remettre en cause la nécessité, pour les citoyens qui se veulent éclairés, d’user de ce triptyque. En ce début d’année, les morts et blessés de nos forces engagées dans l’opération Barkhane sont venus rappeler à des gouvernants et à une opinion publique polarisés par la circulation du virus que l’Histoire continuait et qu’elle ne cessait d’imposer des devoirs précis à ceux qui ont en charge le destin de la Nation.

Il s’agit de fixer des buts de guerre ou « l’état final politique », de les définir et de les expliquer à la Nation, non dans la perspective d’échéances électorales mais en fonction des intérêts supérieurs du pays. Or, au-delà d’une vision simpliste ramenant le problème à la lutte contre des bandes djihadistes, les enjeux politiques et stratégiques au Sahel semblent mal connus pour beaucoup de nos concitoyens. Si par ailleurs, comme le déclarait la ministre des Armées, Mme. Parly, interrogée sur les opérations au Mali par la commission de la Défense de l’Assemblée nationale mardi 12 janvier 2021, la Russie et la Turquie cherchent à nous discréditer dans cette partie du monde et qu’« il existe une guerre de l’information », on voit mal comment dans un tel contexte une opinion publique aussi peu informée sur le fond du dossier pourrait de toute façon soutenir durablement l’effort consenti dans la bande sahélienne.

Dès lors, le sondage de l’IFOP publié dans le Figaro du 13 janvier indiquant que, pour la première fois depuis les débuts de l’opération Barkhane, celle-ci n’est plus appuyée par une majorité de Français, sonne comme un premier et sérieux avertissement ; il pourrait hélas donner raison à Georges Clemenceau, déclarant en février 1925 : « Nous, Français, nous partons, nous courons comme un enfant qui se flatte d’atteindre, le soir, les bornes de l’horizon ; puis le lendemain, découragés, nous plantons tout là… »[1] Puisse l’avenir démentir le Tigre alors que, selon le général Marc Conruyt, actuel commandant de Barkhane, l’ennemi reste fort, structuré, déterminé et très accrocheur et que, surtout, « ce n’est qu’à l’horizon de 18 mois que pourra se poser la question de l’avenir de Barkhane »[2].

Près d’un quart de siècle après le début de la professionnalisation des armées et huit ans après les débuts de l’intervention française au Sahel, se profile à court terme le risque de voir nos forces privées du soutien de la Nation alors que leur engagement est jugé essentiel par les plus hautes autorités de l’État. Dans cette bataille de l’information à laquelle nous n’échapperons pas, il faut regretter l’absence de condamnation officielle des propos ignominieux tenus par un groupuscule racialiste  à l’encontre des deux militaires du 2e régiment de hussards tués le 2 janvier dernier dans le nord-est du Mali.

En conclusion, au long de cette année pré-électorale et alors que l’horizon international a peu de chances de s’éclaircir, il importera de rester des veilleurs attentifs à l’évolution des grands dossiers dont dépend notre sécurité présente et future et des éveilleurs soucieux de sensibiliser nos contemporains au caractère vital de la Défense et des questions éminentes qu’elle présuppose : l’unité de la Nation, l’identité de la France, son socle de valeurs, sa puissance, ses alliances…

La RÉDACTION de l’ASAF
www.asafrance.fr

lire et télécharger le sondage de l’IFOP

IFOP Les Français et l’intervention militaire au Mali, 8 ans après le déclenchement de l’opération Serval

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