Premières perceptions en vue pour le VBL Ultima

Premières perceptions en vue pour le VBL Ultima


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La perception des premiers VBL Ultima par l’armée de Terre est imminente, annonçait Arquus jeudi dernier à Satory (Yvelines). Une première dizaine d’exemplaires de série ont été livrés à la DGA avant l’été en vue de leur réception dans les régiments.

 

Confié en 2015 à Arquus (alors Renault Trucks Defense), le programme de régénération du VBL entre en réalisation en décembre 2016 pour aboutir à la qualification du standard « Ultima » en 2019. Sur les 800 exemplaires prévus, 730 seront perçus par l’armée de Terre d’ici à 2025 et 70 autres pour 2030. La production en série étant aujourd’hui bien lancée sur le site de Marolles-en-Hurepoix (Essonne), la livraison du 50e véhicule devrait intervenir d’ici la fin de l’année. Cet ultime standard permettra de maintenir le potentiel du VBL jusqu’à son renouvellement programmé au-delà de 2025 au travers du programme VBAE.

Si l’on excepte l’adoption du nouveau camouflage « Scorpion » brun terre de France, difficile de distinguer au premier coup d’oeil un VBL Ultima d’un VBL Mk1. L’essentiel de cette refonte porte en effet sur la motorisation et l’augmentation du PTAC d’un véhicule dont la mécanique est mise à rude épreuve par l’ajout progressif d’armements supplémentaires, de surprotections et d’autres sous-systèmes.

Le VBL Ultima est pourvu d’un nouveau moteur PSA DW10F de 130 ch (contre 95 ch auparavant) couplé à une boite de vitesses automatique W5A580 fournie par Mercedes. La transmission et le système de refroidissement ont eux-aussi été modifiés. De 4,5 tonnes, le PTAC passe à 5,2 tonnes pour une capacité d’emport de 1,3 tonnes. Cela a été rendu possible par le remplacement de la suspension arrière par « un système double triangle avec double combiné ressort amortisseur ». La suspension avant est également renforcée et intègre maintenant une barre anti-dévers. L’alourdissement du VBL aura par ailleurs nécessité la modification du circuit de freinage par l’ajout d’un ABS.

 

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Du côté d’Arquus, il reste encore à finaliser le volet MCO afin que le VBL Ultima puisse répondre aux exigences de disponibilité en opérations extérieures, de l’ordre de 90 à 95%. Cela nécessite tout d’abord l’intégration de nouvelles références dans la chaîne de soutien de l’armée de Terre. Un moteur reste un moteur, mais le passage de l’ancien à l’actuel entraîne cependant la mise à jour de la documentation technique, la modification des outillages spécifiques, la création de stocks de pièces et la formation à la conduite de nouveaux actes de maintenance.

La revalorisation du VBL s’accompagne ensuite de l’amélioration des opérations de maintenance par la fourniture d’une nouvelle valise de diagnostic. Celle-ci intègre des algorithmes de localisation de pannes qui permettent de discriminer les actions nécessaires en fonction de la remontée d’informations des balises intégrées au véhicule. Exit néanmoins toute possibilité de maintenance prédictive, le VBL n’étant pas équipé des sondes et bus informatiques requis pour traiter les flux de données engendrés, contrairement aux Griffon et Jaguar.

Une fois les premiers VBL Ultima perçus par l’armée de Terre puis « OPEXés », Arquus disposera d’arguments supplémentaires pour convaincre d’autres clients de franchir ce cap. Pour l’instant, la Grèce et le Portugal « ont demandé des informations concernant la possibilité de faire évoluer leurs VBL », explique Arquus. Avec, à la clef, de premiers échanges techniques sur le kit « Ultima » réalisés dès l’an dernier. Le réarmement de la Grèce, accéléré par le récent regain de tension en Méditerranée orientale, pourrait renforcer le besoin d’une « ultimatisation » rapide du parc.

Armée de Terre : Une école de formation initiale des officiers sous contrat va voir le jour à Coëtquidan

Armée de Terre : Une école de formation initiale des officiers sous contrat va voir le jour à Coëtquidan

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De nouveaux matériels NRBC expérimentés par l’armée de Terre

De nouveaux matériels NRBC expérimentés par l’armée de Terre


Le système Hybrid Patriot 5510 commandé par l'armée de Terre à titre expérimental (Crédits : Wilcox)

Le système Hybrid Patriot 5510 commandé par l’armée de Terre à titre expérimental (Crédits : Wilcox)


De nouveaux matériels NRBC ont été acquis par l’armée de Terre à des fins d’expérimentation, révèle un avis de marché publié le mois dernier. Ces appareils respiratoires, notamment conçus pour un usage militaire, seront fournis par TR-Equipement, distributeur de produits tactiques installé à Écouflant (Maine-et-Loire).

 

Ce marché de 30 000€ géré par la SIMMT comprend la livraison de systèmes « Quick Response Kit » (QRK) et « Hybrid Patriot 5510 » conçus par l’Américain Wilcox. Les deux exemplaires commandés seront livrés au détachement de Satory du 8e RMAT pour être ensuite mis en oeuvre à titre expérimental. Au vue du degré de sophistication et du prix à l’unité, leur éventuel déploiement serait en théorie limité à une poignée d’utilisateurs.

Compact et léger – 7,5 kg en ordre de marche -, le QRK offre 30 minutes d’autonomie aux opérateurs et primo-intervenants. Selon Wilcox, cet appareil « est idéal pour des personnels engagés dans des situations de confinement en primo-intervention, le temps qu’une assistance complémentaire arrive sur les lieux ». Compatible avec le modèle Hybrid Patriot 5510, le QRK est conçu pour les missions de secours secours tactique, l’extraction VIP ou toute autre opération complexe réalisée en environnement contaminé. Plus lourd (13 kg) mais « hybride », le second système testé par l’armée de Terre dispose de quatre modes respiratoires (SCBA, PAPR, APR et SAR) et fournit de 30 minutes à huit heures d’autonomie suivant le nombre de bonbonnes et le mode sélectionné. Il peut également être équipé d’une torche de découpage exothermique pour les opérations de bréchage.

Moins médiatisé que les grands programmes structurants de type Scorpion, le renouvellement des moyens NRBC se poursuit néanmoins, tant pour l’équipement personnel acquis à grande échelle que pour des briques à plus haute valeur ajoutée destinées à certaines missions spécifiques. Hormis le programme EPIA destiné à équiper l’ensemble des forces, plusieurs jalons ont été atteints l’an dernier en matière de R&D. En coopération avec le CEA, DGA NRBC a ainsi mis au point de nouveaux chromophores de détection d’agents chimiques couvrant un spectre étendu. Une nouvelle boîte à gants de théâtre permettant de manipuler des agents hautement infectieux a été validée par expérimentation sur le terrain. Une étude a par ailleurs été lancée sur un nouveau détecteur chimique portatif.

Urbanisme et zones urbaines à l’horizon 2035 : caractéristiques principales

Urbanisme et zones urbaines à l’horizon 2035 : caractéristiques principales

Par Julien Leprince – Cahier de la pensée mili-Terre –
Saut de ligne
Saut de ligne

Il apparaît indéniable que l’armée de Terre interviendra de manière croissante en milieu urbain. Le Capitaine (R) Ronan Hill présente les caractéristiques des zones urbaines à l’horizon 2035 et leurs particularités «utiles» à l’exercice du métier de soldat.

Il apparaît indéniable que l’armée de Terre interviendra de manière croissante en milieu urbain. Désormais et de surcroît à l’avenir, la guerre en milieu urbain constituera donc la règle, celle en campagne l’exception[1]. Afin de permettre une meilleure appréhension de ce milieu par l’armée de Terre, il convient d’étudier les caractéristiques des zones urbaines à l’horizon 2035. Dans un premier temps sera évoquée l’hétérogénéité de cette croissance dans le monde. Dans un second temps, il sera nécessaire d’aborder les spécificités inhérentes à la dynamique urbaine future, qui suscitent autant d’espoirs qu’elles imposent de défis. Dans un dernier temps, nous évoqueront certaines particularités de ce milieu utiles à l’exercice du métier de soldat.

L’urbanisation: un phénomène spatialement hétérogène

Selon la FAO[2], 54% de la population est urbaine en 2015. En 2050, deux tiers de la population mondiale sera urbaine, soit 2,4 milliards de personnes supplémentaires, ce qui est supérieur à l’augmentation de 2,2 milliards de la population globale. Cette dynamique de l’urbanisation est désormais alimentée par les pays à bas revenus.

  • L’Organisation des Nations Unies, dans une étude prospective, ne manque pas de souligner que le fait urbain se matérialise différemment dans l’espace[3].

La part de la population urbaine en 2014 est ainsi de 82% en Amérique du Nord, 80% en Amérique latine et Caraïbes, 73% en Europe, 40% en Afrique et 48% en Asie. Bien que l’urbanisation se poursuivra sur tous les continents dans les prochaines décennies, l’Afrique et l’Asie s’urbanisent désormais plus rapidement que les autres régions. Elles devraient respectivement atteindre en 2050 des taux d’urbanisation de 56 et 64%. Le Burundi, l’Éthiopie, le Malawi, le Niger, le Soudan du sud, l’Ouganda, le Népal et le Sri Lanka présentent ainsi actuellement les plus faibles populations urbaines d’Afrique et d’Asie, mais elles devraient être quasiment doublées entre 2014 et 2050.

La croissance démographique et l’urbanisation devraient aboutir, toujours selon l’ONU, entre 2014 et 2050, à l’augmentation de la population urbaine de 2,5 milliards de personnes, dont 90% en Asie et Afrique, ce qui confirme un basculement de l’urbanisation au niveau mondial. L’Inde, la Chine et le Nigeria devraient à eux seuls représenter  37% de la croissance de la population urbaine mondiale entre 2014 et 2050. Sur cette période, l’Inde devrait gagner 404 millions d’urbains, la Chine 292 millions et le Nigéria 212 millions. Si l’on se focalise sur les très grandes agglomérations, la ville de Tokyo est actuellement la plus peuplée avec une population de 38 millions d’habitants; viennent ensuite Delhi avec 25 millions d’habitants, Shanghai avec 23 millions d’habitants et Mexico, Mumbai et Sao Paulo comptant chacune environ 21 millions d’habitants. Si l’on se projette en 2030, il est estimé qu’il y aurait 41 mégapoles de plus de 10 millions d’habitants dans le monde contre 28 en 2014. Tokyo resterait la plus peuplée avec 37 millions d’habitants. Delhi devrait connaître une progression spectaculaire l’amenant à 36 millions d’habitants. Si, auparavant, les plus grandes agglomérations urbaines se trouvaient dans des pays dits développés, elles sont désormais concentrées dans les pays dits du Sud.

Bien que l’on assiste à la constitution de très grandes villes, L’ONU rappelle à juste titre que la plus forte croissance provient des villes de petites et moyennes tailles. La moitié des urbains dans le monde vivent en effet dans des villes de moins de 500.000 habitants, alors que les 28 mégapoles de plus de 10 millions d’habitants ne concentrent actuellement que 1/8 de la population urbaine mondiale.

Notons cependant que certaines villes connaissent depuis peu une diminution de leur population. Elles sont principalement situées dans les pays à faible fécondité d’Asie et d’Europe, où globalement la population stagne ou diminue. De même, le repli économique et les catastrophes naturelles ont contribué à faire diminuer la population de certaines villes.

Le fait urbain: entre espoirs et défis

Le fait urbain se traduit actuellement par certaines dynamiques, qui selon toute probabilité se maintiendront à moyen terme[4] [5] [6] [7] [8] [9] [10] [11]:

  • Les villes ont un rôle centralisateur aux niveaux social, politique et économique.

Elles constituent des lieux privilégiés pour les activités de production, d’innovation et de commerce. À ce titre, elles permettent une lutte effective contre la pauvreté en augmentant la productivité, en fournissant des emplois, en améliorant la qualité de vie et en procédant à des investissements en infrastructures et services. Le déploiement rapide des technologies de l’information et des communications a facilité cette dynamique. 80% du PIB mondial est ainsi assuré par les villes. Leurs apports au revenu national est largement supérieur à leur part dans la population urbaine: Kinshasa regroupe 13% de la population nationale, mais représente 85% de la richesse du pays[12].

Aussi doit-on s’attendre dans les prochaines décennies à une concentration accrue des ressources dans les territoires urbains, si ce n’est déjà le cas.

 En parallèle à l’urbanisation, le phénomène de métropolisation (soit la «concentration de valeur à l’intérieur et autour des villes les plus importantes»[13]) se poursuit, et rien ne nous permet d’affirmer actuellement que cela ne sera plus le cas dans les futures décennies. Au sein de l’espace-monde, ces métropoles ont un rôle d’organisation et de commandement. Elles centralisent des fonctions économiques stratégiques: commandement, innovation, recherche et développement, production de pointe, support stratégique, services spécialisés… Ce phénomène s’accompagne d’un renforcement des moyens de transports et de communication autour de ces centres. Ces métropoles structurent le système monde par leur rôle de nœuds stratégiquesimpliquant plusieurs réseaux de villes. Connectées entre elles, elles forment ainsi des réseaux structurants pour l’espace-monde, pouvant parfois remettre en cause l’autorité des États.

  • L’émergence probable de villes intelligentes ou Smart Cities

Certaines villes misent actuellement sur une utilisation massive des technologies de l’information et de la communication pour améliorer le quotidien de leurs habitants, réduire leur empreinte énergétique, réaliser des économies… Cette utilisation repose sur l’exploitation de données recueillies par divers capteurs connectés. D’ici à 2035, le nombre de ce type de ville pourrait s’accroître, bien qu’il ne constituera pas la norme du fait des investissements nécessaires.

 

  • La capacité de gérer la croissance urbaine constituera un défi majeur, de surcroît pour les pays marqués par une urbanisation soudaine et massive

La capacité de pourvoir les villes en services et en infrastructures de base constitue ainsi un véritable défi, en particulier dans les secteurs à forte croissance d’Asie et d’Afrique. L‘Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne présentent à ce titre de fortes lacunes.

De nombreuses villes dans le monde sont mal armées pour affronter les problématiques associées à l’urbanisation. Dans de nombreux cas, des villes à forte croissance s’étalent ainsi en laissant s’installer et se consolider des bidonvilles, une pauvreté croissante et une forte criminalité. Selon l’ONU[14], il est en effet probable que la pénurie de logements en milieu urbain augmentera: en 2010, 980 millions de ménages urbains dans le monde ne disposaient pas d’un logement décent, et ce chiffre devrait augmenter de 600 millions entre 2010 et 2030. La même étude évalue par ailleurs à un milliard le nombre de nouveaux logements nécessaires dans le monde d’ici à 2025. Si la part de la population urbaine vivant dans des taudis/bidonvilles dans les pays en voie de développement a globalement diminué (39,4% en 2000 contre 29,7% en 2014), cette population a augmenté en chiffres absolus (791 millions en 2000 contre 881 millions en 2014).

 

  • L’urbanisation a un impact négatif sur l’environnement

Le changement climatique est intimement associé au fait urbain: l’urbanisation entraîne des changements dans les modes de production et de consommation qui peuvent contribuer à l’émission de gaz à effet de serre. Les villes comptent en effet pour 60% de la génération des gaz à effet de serre émis par les activités humaines.

L’urbanisation est également une grosse consommatrice d’espace du fait de l’augmentation de la population, mais aussi de la tendance à décentraliser les activités économiques et les logements en périphérie. Le développement des moyens de transport individuels ou collectifs encourage cette dynamique.

L’urbanisation induit également une pression supplémentaire sur la demande en produits alimentaires et donc sur la production agricole et l’environnement. En effet, les revenus urbains, en général plus élevés, se traduisent souvent par une augmentation de la demande en nourriture transformée, viande, fruits et légumes, plats préparés, restauration rapide… Du fait du rythme effréné de l’urbanisation en particulier en Afrique et en Asie, nous pouvons ainsi redouter pour l’avenir une pression accrue sur l’environnement.

 

  • En matière de santé, les environnements urbains concentrent certains risques sanitaires et en introduisent de nouveaux. La pollution urbaine tue ainsi dans le monde 1,2 millions de personnes tous les ans. De plus, certaines maladies comme la tuberculose sont plus fréquentes dans les grandes villes. L’environnement urbain tend également à décourager l’activité physique et à encourager une consommation alimentaire peu saine. La croissance importante mais anarchique de certains territoires urbains en Asie et en Afrique laisse craindre l’apparition de milieux propices aux risques sanitaires dans les futures décennies.

 

La ville: un territoire particulier qui le restera

 

Le milieu urbain actuel et futur constitue un terrain très particulier sur de nombreux aspects que nous allons évoquer [15] [16] [17] [18] [19] [20]:

  • Il est tout d’abord fondamental d’intégrer le caractère tridimensionnel et cloisonné de l’environnement urbain, du fait de la présence de différentes strates: réseaux souterrains, sols, étages d’immeubles… Tout porte à croire que cette caractéristique sera toujours présente dans les prochaines décennies. Au sol, la présence de constructions entraîne un compartimentage et un cloisonnement de l’espace rendant difficile la circulation des éléments mécanisés et l’évaluation des distances. Ces difficultés sont renforcées en cas de destructions car les débris et les ruines provoquées constituent alors de nombreux obstacles.

La strate occupée par les constructions et notamment par les immeubles de plusieurs étages demeure une caractéristique importante du milieu urbain. Ces bâtiments limitent la portée de certaines armes, impactent le champ de vision depuis le sol et compliquent la localisation de l’origine des tirs d’armes adverses. Inversement, les points surélevés offrent des opportunités en permettant une vision accrue et un emploi optimal de moyens de communications.

 

Le niveau souterrain (égouts, tunnels…) apporte lui aussi son lot de contraintes surtout lorsqu’il est habilement exploité par les défenseurs: abris, stockage d’armes ou autre, déplacements, sapes…

  • Il est fondamental d’intégrer le fait que chaque environnement urbain est unique et nécessite d’être étudié spécifiquement.

À l’intérieur d’une ville, chaque quartier peut également s’avérer être un cas particulier. Différents paramètres se combinent pour former un environnement systématiquement unique:

  • L’urbanisme en soi: les types de construction, les matériaux, les réseaux souterrains présents, la proportion de constructions verticales, la nature des quartiers (résidentiels, industriels, commerciaux de densités variées…), etc.
  • La situation et le site de la ville.
  • La localisation et les caractéristiques des centres de gravité ou des noyaux névralgiques dans les domaines militaires, politiques, des transports, des transmissions et des communications…
  • Les caractéristiques de la population urbaine: clans, ethnies, répartition par quartier, rivalités…

L’explosion démographique urbaine en cours peut laisser entrevoir à l’avenir une variété accrue des environnements urbains.

  • La ville en elle-même est un environnement à risque.

Il s’agit notamment de risques liés à l’environnement technologique (pollution et risques industriels), à la désorganisation globale de la ville (problèmes sanitaires dus à des défaillances dans le traitement de l’eau et des déchets), et à des risques ponctuels (séismes, inondations…)[21].

  • La ville moderne est un environnement éprouvant physiquement et psychologiquement.

Elle est en effet constituée de matériaux «durs» et abrasifs: métal, béton… Cet environnement hostile l’est encore plus en cas de destructions. Le milieu urbain peut présenter également des microclimats affectant l’organisme (exemple: îlots de chaleur urbains). Le milieu urbain met en rapport direct les individus avec la réalité de la guerre (destructions, pertes humaines, populations traumatisées…). La guerre n’est pas ici une réalité lointaine: ses effets sont visibles en permanence. Ces difficultés devraient perdurer et toujours constituer une réalité dans les prochaines décennies.

  • La présence de la population est une caractéristique essentielle du milieu urbain. Cette dernière peut devenir un fardeau humanitaire, prendre parti pour le défenseur ou l’attaquant, servir de bouclier, collecter des informations, fournir des caches pour des vivres ou des munitions… L’augmentation des populations urbaines devrait selon toute logique accroître les enjeux relatifs à cette caractéristique.
  • Le milieu urbain est et sera marqué par la concentration de nombreux domaines d’activités non militaires: culture, politique, religion, humanitaire, médias…
  • Ce milieu est caractérisé par une forte pression médiatique.

Ceci est notamment imputable à la concentration démographique, au nombre important de journalistes et à la prolifération de moyens vidéo bon marché (smartphones).

  • La rapidité de circulation de l‘information en ville est un fait indéniable. Ceci sera renforcé par la démocratisation accrue des téléphones portables, des réseaux sociaux, etc.
  • Le milieu urbain rend souvent difficilement utilisable la technologie moderne à son plein potentiel.

Les images satellites et les images aériennes, quelles que soient leurs origines (satellites, avions, drones…) voient leurs exploitations gênées en raison de la présence de civils et des bâtiments.

Par ailleurs, les différentes constructions compliquent les liaisons radios. Malgré les progrès techniques que nous pouvons espérer dans les prochaines décennies, le milieu urbain constituera toujours un défi pour la pleine exploitation des moyens techniques.

 

Si indéniablement nous assistons à une croissance urbaine sur tous les continents, le phénomène est et sera désormais alimenté par les pays en voie de développement d’Asie et d’Afrique. L’apparition prévisibles de nouvelles mégapoles ne doit pas masquer le fait que la plus forte croissance provient des villes de petites et moyennes tailles.

L’urbanisation et la métropolisation de nouvelles régions laissent entrevoir de nouvelles perspectives économiques, sociales, politiques, technologiques… Elles s’accompagnent d’enjeux importants, en particulier pour les pays ne disposant pas de ressources suffisantes pour canaliser et organiser cette transition.

Milieu tridimensionnel (sol, sursol et sous-sol), cloisonné et donc peu propice à la mobilité, l’environnement urbain est un milieu difficile, dangereux, où se concentrent les populations et des activités humaines variées. Ces caractéristiques le rendent particulièrement difficile à appréhender pour le militaire, d’autant que chaque ville est unique et nécessite une approche spécifique.

[1] Général Vincent Desportes, «La guerre probable – Penser autrement», 2ème édition, Paris, Économica, 2008, p. 64.

[2] Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), “The future of food and agriculture – Trends and challenges”, Rome, 2017, p. 14.

[3] Organisation des Nations Unies, “World Urbanization Prospects: The 2014 Revision – Highlights, New York, 2014, p. 1 et 8.

[4] Programme des Nations unies pour les établissements humains (UN-Habitat), World Cities

“Report 2016 – Key Findings and Messages – Urbanization and Development: Emerging Futures”, Abridged Edition, 2016, p. 1, 3, 4, 5, 6 et 11.

[5] Organisation des Nations Unies, “World Urbanization Prospects: The 2014 Revision – Highlights, New York, 2014, p. 1.

[6] Claude Manzagol, «La mondialisation – Données, mécanismes et enjeux», Armand Colin, 2003, p. 84-91.

[7] Sylvain Lefebvre dans Juan-Luis Klein et Frédéric Lasserre, «Le monde dans tous ses États – Une approche géographique», Presses Universitaires du Québec, 2006, p. 123-127.

[8] Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), op. cit., p. 15.

[9] Organisation Mondiale de la Santé (WHO), «Urbanization and Health», Bulletin of the World Health Organization, n° 88, 2010, p. 245-246.

[10] Pierre Bloc-Duraffour, «Les villes dans le monde», Paris, Armand Colin, 2003, p. 30.

[11] Christophe Girard, «La ville intelligente, une avancée d’abord économique», Les Échos, 03 février 2017, article en ligne sur https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-165747-la-ville-intelligente-une-avancee-dabord-economique-2062557.php, consulté le 11.02.2018.

[12] Programme des Nations unies pour les établissements humains (UN-Habitat), op. cit., p. 7.

[13] Jacques Lévy et Michel Lussault, «Dictionnaire de la géographie et de l’espace des sociétés», Paris, Belin, 2003, p. 612.

[14] Programme des Nations unies pour les établissements humains (UN-Habitat), World Cities Report 2016 – Key Findings and Messages – Urbanization and Development: Emerging Futures”– Abridged Edition, 2016, p. 3 et 11.

[15] Philippe Boulanger, op. cit., p. 253-263.

[16] Chef de bataillon Frédéric Chamaud et Colonel Pierre Santoni, «L’ultime champ de bataille – Combattre et vaincre en ville», Paris, Pierre de Tillac, 2016, p.17-19, 23, 201-202.

[17] Colonel Pierre Santoni, 2017, expert en zone urbaine au sein de la division doctrine du Centre de doctrine et d’enseignement du commandement (CDEC) de l’armée de Terre, entretien du 02 juin 2017.

[18] Général Vincent Desportes, op. cit., p. 65-68.

[19] Stéphane Gaudin «Guerre en milieu urbain: entretien avec Pierre Santoni, co-auteur de «L’ultime champ de bataille», Canal THEATRUM BELLI, 23 décembre 2017, https://www.youtube.com/watch?v=QUhc5drglAs&t=101s, vidéo consultée le 23.01.2018.

[20] Ministère de la Défense-Centre de doctrine d’emploi des forces (CDEF)-division doctrine (DDo), EMP 20.422 – Doctrine d’emploi des forces terrestres en zone urbaine et périurbaine, Paris, 2012, p. 15-18.

[21] Colonel Defretin, «L’apport de la fonction agencement de l’espace terrestre dans les opérations en zone urbanisée», Objectif Doctrine, n° 29, 2002, p. 28, cité dans Philippe Boulanger, op. cit., p. 262.

Artillerie : Le français Nexter annonce des progrès dans la mise au point de l’obus guidé « Katana »

Artillerie : Le français Nexter annonce des progrès dans la mise au point de l’obus guidé « Katana »

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