« Après la première bataille » : Lettre de l’ASAF du mois de juin 2020

« Après la première bataille » : Lettre de l’ASAF du mois de juin 2020

 

Après l’attaque surprise du virus en début d’année et la bataille sanitaire qui a suivi, voici maintenant la bataille économique et financière, conséquence directe de la précédente et des décisions prises pour y faire face. Cette bataille promet d’être longue et aux conséquences durables.

« Après la première bataille » : Lettre de l'ASAF du mois de juin 2020

 

Après l’attaque surprise du virus en début d’année et la bataille sanitaire qui a suivi, voici maintenant la bataille économique et financière, conséquence directe de la précédente et des décisions prises pour y faire face. Cette bataille promet d’être longue et aux conséquences durables.

En fait il ne s’agit pas d’une simple crise mais d’une guerre longue, ponctuée de combats intenses. Mais n’est-ce pas le destin des peuples de devoir se battre pour survivre et se rassembler pour vaincre ? Une chose est certaine : le salut de notre pays ne passera pas par la division des Français !

Nous ne pourrons redresser la situation économique et repartir vers des objectifs qui doivent être ambitieux qu’en analysant froidement la situation après cette première bataille, en définissant une stratégie simple avec des objectifs clairement identifiés et expliqués et en s’appuyant sur l’ensemble des Français qui devront continuer à faire preuve de courage et d’ingéniosité, de cohésion et de persévérance.

 

Le préalable de la confiance  

Il n’y aura pas de véritable redémarrage sans la confiance des Français en ceux qui ont exercé des responsabilités depuis 6 mois dans cette crise. Les erreurs et les fautes commises avant et durant la préparation et la conduite de cette première bataille devront être clairement et rapidement identifiées et reconnues. Il faut que soit établi un bilan sans concession mais sans démagogie, ni règlement de comptes ou calcul politicien pour épurer le passé, sanctionner les médiocres et les négligents, récompenser et honorer les meilleurs afin d’entamer la deuxième bataille sur des bases solides.

Le principe de responsabilité est d’autant plus fondamental à appliquer avec rigueur, que les Français, dans leur écrasante majorité, ont obéi aux consignes gouvernementales et se sont pliés aux contraintes imposées par le confinement. Si les multiples interrogations (sur les masques, les tests, …) ne reçoivent pas très vite des réponses claires et argumentées, comment peut-on alors imaginer que les Français s’engageront à fond dans la reconstruction économique et financière de notre pays ?

 

L’armée au cœur de la Nation  

Dans cette bataille sanitaire, les armées ont été engagées au mieux avec des moyens réduits d’autant plus que leurs ressources financières ont été continûment diminuées durant près de 40 ans et ce jusqu’à 2016. Comme l’a rappelé devant la commission du Sénat la directrice du service de Santé des Armées (SSA), celui-ci « a répondu présent à  hauteur de ses moyens,  lesquels ne sont pas, et  n’ont  jamais  été  conçus  pour  répondre à des problématiques de santé publique à l’échelle de notre pays : la SSA a  pour raison d’être le soutien des armées et la satisfaction  du contrat opérationnel ».

Les aéronefs des armées de l’Air et de Terre, les porte-hélicoptères de la Marine et les unités spécialisées de l’armée de Terre – notamment de décontamination – ont apporté, dans l’urgence, les capacités et expertises manquantes dans le cadre de l’opération Résilience. Mais simultanément, les armées devaient elles-mêmes lutter contre la Covid-19 et prendre des dispositions pour continuer à assurer les missions qu’elles sont seules à pouvoir mener : dissuasion nucléaire, renseignement stratégique, sécurité de l’espace aérien et des approches maritimes, opérations extérieures (au Sahel et au Moyen-Orient) et intérieures (Harpie en Guyane et Sentinelle).

Enfin, elles devaient continuer à recruter, former, entraîner afin que les forces engagées soient au meilleur niveau opérationnel et que les contraintes du confinement n’induisent pas des pertes accrues en raison d’une préparation opérationnelle insuffisante.

 

L’armée et l’industrie de Défense dans la bataille économique

Le premier enseignement de la crise est le constat d’une dépendance excessive de notre pays à certains produits à caractère stratégique fabriqués à l’étranger. Plusieurs faits avaient alerté nos responsables : rupture d’approvisionnement de médicaments importants, interdiction de pouvoir exporter certains de nos matériels militaires en raison de la présence de composants provenant d’Allemagne ou des États-Unis…

Pourtant, et même si l’armement individuel petit calibre est maintenant d’origine étrangère (fusil d’assaut allemand, fusil de précision belge), l’essentiel de nos systèmes d’armes est conçu et fabriqué en France. L’industrie de Défense représente 200 000 emplois directs et indirects. C’est une industrie de haute technologie articulée autour de grands groupes leaders européens ou mondiaux, irriguant des milliers de PME très spécialisées sur des niches d’excellence. Cette industrie s’appuie sur la commande publique financée essentiellement par le budget équipement des armées (plus de 15 Md€/an) dont les postes les plus importants se situent dans les secteurs aéronautique et spatial, naval, nucléaire, télécommunication et informatique.

Alors que la Défense, qui est au cœur du « régalien », souhaite, depuis quelques années, renforcer l’autonomie stratégique de la France, comment ne pas s’opposer à ceux qui seraient tentés de revenir sur les choix de la Loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 ? Il serait plus pertinent d’accélérer, de compléter, voire d’accroître l’équipement de nos forces aujourd’hui pour renforcer nos créneaux d’excellence et nos exportations, mais aussi pour innover dans des technologies qui sont souvent duales comme le sont à cet égard le nucléaire et le spatial où la France est encore le leader européen.Les défis à relever dans cette deuxième bataille sont considérables et requièrent l’engagement de tous les Français. Il revient plus que jamais aux dirigeants politiques de montrer l’exemple du désintéressement personnel et d’agir dans le sens du seul service de l’intérêt général.

La Rédaction de l’ASAF

https://www.asafrance.fr/item/apres-la-premiere-bataille.html

« Regard de mai » : Lettre de l’ASAF du mois de mai 2020

« Regard de mai » : Lettre de l’ASAF du mois de mai 2020

 

 

Tous les jours à 20 h, un grand nombre de Français expriment leur reconnaissance à ceux qui se battent contre la Covid-19. D’innombrables bénévoles, mais aussi des artistes et des sportifs s’engagent, des cagnottes se multiplient pour financer notamment l’achat de tissu destiné à la fabrication de masques et de sur blouses pour les soignants …

Soutien

Tous les jours à 20 h, un grand nombre de Français expriment leur reconnaissance à ceux qui se battent contre la Covid-19. D’innombrables bénévoles, mais aussi des artistes et des sportifs s’engagent, des cagnottes se multiplient pour financer notamment l’achat de tissu destiné à la fabrication de masques et de sur blouses pour les soignants, des réseaux s’organisent pour livrer des repas aux personnes âgées. Bref, la Nation ne mobilise et fait face.
Soyons donc fiers d’être Français !

Récemment, deux aviateurs  sont morts en service commandé, dans un accident d’hélicoptère au cours d’un entraînement indispensable au maintien du niveau opérationnel de nos forces. Quelques jours plus tard, ce sont deux légionnaires qui tombaient pour la France dans le Sahel lors d’un accrochage au cours d’une opération lancée contre les groupes islamistes qui sèment la terreur au Mali, au Niger et au Burkina Faso.

Pour eux, un communiqué laconique de quelques secondes à la télévision, entre deux reportages sur la Covid-19. Aucune explication sur cette opération, aucun reportage sur cette guerre complexe qui dure depuis 7 ans n’ont été donnés, aucun militaire n’a témoigné comme le font les chefs de service de grands hôpitaux qui répondent quotidiennement, avec une patience infinie, aux questions des journalistes.

Aucune démonstration de soutien à nos forces armées, comparable à ce qui se fait et se dit quotidiennement à propos de nos personnels soignants, aucun rapprochement évoqué entre ces Français « au front » bien que, dans les deux cas, il s’agisse d’hommes et de femmes, soignants comme soldats, qui font face à un adversaire et le combattent au péril de leur vie. Ils remplissent les uns comme les autres leur devoir d’état. En « tenue de service », les uns comme les autres font honneur à la France.

Indiscipline

Ces deux « guerres », l’une médiatisée et l’autre trop souvent oubliée, qu’il faut mener simultanément, ne peuvent être gagnées sans des moyens suffisants accordés tant à l’Armée et aux formations militaires qu’à la santé et aux hôpitaux. Mais que vaudraient ces moyens sans le soutien total et constant de la Nation qui n’est possible que par sa cohésion inébranlable et une volonté inflexible de ses responsables ?

Les soignants font preuve nécessairement d’une rigueur et d’une discipline toutes militaires Mais qu’en est-il du comportement de certains de nos compatriotes ? Faut-il rappeler inlassablement que la négligence, l’indiscipline, voire la désobéissance volontaire d’une minorité d’entre eux aux consignes données et aux règles sanitaires de bon sens, peuvent réduire à néant les effets bénéfiques des efforts consentis par le plus grand nombre.

Ces actes d’indiscipline ne devraient-ils pas être sanctionnés d’autant plus lourdement qu’ils sont de nature à relancer la circulation du virus, donc à prolonger les efforts intenses des soignants mais surtout à condamner, parfois à la mort, certaines personnes atteintes de graves pathologies et dont les opérations ont été retardées ? Ce comportement égoïste nie une réalité pourtant indiscutable : le droit individuel n’est et ne peut être que le fruit des devoirs consentis par chacun envers la collectivité. Refuser de faire son devoir implique aussi de refuser les soins médicaux !

Défiance

On rétorquera, à juste titre, que les mesures préparatoires élémentaires qui auraient dû être prises dès les premiers indices de l’épidémie parvenus en France début janvier ne l’ont pas été immédiatement. Il s’agissait notamment de vérifier les plans sanitaires, la présence (ou l’absence) de stocks (de masques par exemple), de répertorier les industries nationales susceptibles d’être réquisitionnées, de mettre sur pied un état-major de crise et de déployer un dispositif de contrôle rigoureux aux frontières…

Ces négligences et lacunes ont entraîné une perte de confiance des citoyens envers la classe politique. La communication officielle contradictoire, voire mensongère de la part de certains responsables, a discrédité les autorités et ravivé la politisation de la crise au point de conduire certains Français à douter des consignes de confinement, à les contester voire à les contourner, et certaines organisations à s’opposer à la réouverture d’usines ou d’écoles.

Ne pas subir

Après 2 mois de confinement la situation économique est extrêmement dégradée, d’autant que la reprise, progressive, s’annonce difficile. La dette, qui s’élève déjà à 2 300 Md€, s’accroît et se trouve maintenant sur la pente des 3 000 Md€, soit de 130 % du PIB. N’espérons pas retrouver en fin d’année un niveau de vie comparable à celui que nous avions avant le confinement. Chacun va devoir faire des efforts très importants pendant plusieurs années pour le retrouver. Il faut le dire clairement.

Notre pays va devoir se recentrer et renforcer son autonomie industrielle, alimentaire, énergétique et technologique. L’État doit se réorganiser pour renforcer ses capacités dans les fonctions régaliennes garantissant son indépendance stratégique, la protection de sa population et la survie de la Nation. Il faut le faire avec beaucoup de détermination, c’est un impératif !

La situation est certes moins catastrophique qu’après la 2e Guerre mondiale au cours de laquelle nous avions eu à déplorer 600 000 morts, notre pays avait été occupé et pillé pendant 5 ans et de nombreuses infrastructures détruites. Nous ne pourrons cependant nous redresser et gagner que par une claire prise de conscience de la nécessité d’un effort collectif et de sacrifices dans la durée.

Mais comment retrouver l’envie de vaincre ? Où sont les chefs qui, loin des propos démagogiques, auront avant tout le goût de servir l’intérêt supérieur de la France et le bien commun des Français ?

 

LA RÉDACTION de l’ASAF
www.asafrance.fr

Devoir d’état : Lettre de l’ASAF du mois d’avril 2020

Devoir d’état : Lettre de l’ASAF du mois d’avril 2020

 

Depuis un mois, tous les soirs à 20 h, on honore les « soignants » mais, avec eux, tous ceux qui assurent les fonctions vitales de la Nation : fonctionnement des réseaux d’eau, d’électricité, approvisionnement en vivres de la population, ramassage des ordures,… bref, ceux qui accomplissent leur devoir d’état dans la discrétion et avec efficacité.

Devoir d'état : Lettre de l'ASAF du mois d'avril 2020

Devoir

Il y a bien longtemps que l’expression « faire son devoir d’état » n’est plus employée et ne s’en souviennent que ceux que l’on appelle aujourd’hui les « aînés » ou « seniors ». Elle était un leitmotiv dans les familles et à l’école des années 50-60 où l’on rappelait quotidiennement aux écoliers qu’il fallait travailler pour acquérir le métier de leur choix.
Depuis un mois, tous les soirs à 20 h, on honore les « soignants » mais, avec eux, tous ceux qui assurent les fonctions vitales de la Nation : fonctionnement des réseaux d’eau, d’électricité, approvisionnement en vivres de la population, ramassage des ordures,… bref, ceux qui accomplissent leur devoir d’état dans la discrétion et avec efficacité. Ce sont alors 2 minutes d’applaudissements pour remercier ces Français sans qui la Nation ne pourrait survivre.
Ils font leur devoir, chacun dans son domaine, en prenant parfois des risques et découvrent l’importance de leur travail dans la vie du pays. Transparaissent chez eux le goût du travail bien fait et une certaine fierté à servir. Puissent les jeunes Français comprendre que la valeur d’un métier vaut d’abord par la qualité de la tâche accomplie avec conscience et exigence.

Citoyens

Toutes les périodes de crise réveillent le besoin de dévouement. Or chacun a reçu au moins un talent à sa naissance : bon sens, adresse, imagination, force physique, compétence… De là le besoin de le partager pour soulager, faciliter, satisfaire, améliorer. Face à une menace de mort, chacun découvre qu’il ne peut survivre seul et qu’il faut jouer en équipe. La société éprouve le besoin de se réorganiser pour se défendre, et à l’individualisme croissant d’hier se substitue un besoin d’agir collectif au sein d’une équipe qui s’appelle la France. La mise en commun des talents s’impose. On comprend ainsi mieux comment nos anciens ont pu supporter les innombrables épreuves et les terribles souffrances qu’ils affrontèrent au cours du XXe siècle. À cet égard, les couturières retraitées, fabriquant des masques pour ceux qui travaillent, illustrent bien l’expression « L’arrière soutient l’avant ».

Chefs

Mais ce devoir d’état n’est pas l’apanage des seuls simples citoyens. Il s’adresse d’abord aux responsables, quels qu’ils soient, ceux qui exercent des responsabilités de commandement car comment ordonner, sans anticiper, comprendre et donner l’exemple ?

Anticiper

On l’exige d’un chef de famille qui doit équilibrer son budget, d’un agriculteur, d’un chef d’entreprise, ou du chef d’état-major des Armées pour garantir qu’il sera en mesure de remplir la mission correspondant au contrat opérationnel.
Il en va évidemment de même des gouvernants, chacun dans son domaine. Cela n’est possible que s’ils se sont préparés à assurer ces hautes responsabilités, car il n’est plus temps de découvrir son métier sur le tas, surtout en temps de crise. Il faut donc placer à ces postes des gens d’expérience qui ont fait déjà leurs preuves dans des circonstances difficiles et non des stagiaires ou des intérimaires !

Comprendre et ordonner 

Il est d’autant plus difficile d’apprécier une situation qu’elle est complexe et qu’elle présente un caractère de gravité exceptionnel avec des milliers de vies en jeu.
Rappelons-nous l’empereur Napoléon qui, au milieu de ses troupes, parcourt le champ de bataille, observe le terrain, identifie le dispositif et les mouvements de l’ennemi. Il comprend vite la situation et décide de la manœuvre à effectuer. Il donne alors des ordres simples, clairs et brefs qui sont exécutés immédiatement.
Servi par une intelligence exceptionnelle, il rend tout cela possible par une préparation minutieuse et par un travail acharné effectué les jours précédents. Avant d’engager ses forces qu’il connaît parfaitement, il coordonne leur mise en place au bon endroit sur un terrain dont il a identifié les points clefs et au moment décisif en disposant toujours d’une réserve pour faire face à l’imprévu.
« La guerre est un art simple tout d’exécution ». À méditer !               

La confiance

Aucun chef ne peut commander durablement sans la confiance et celle-ci se construit au quotidien, dès le premier jour de sa prise de fonction. Elle repose d’abord sur un comportement personnel et professionnel irréprochable, cohérent avec la fonction exercée et les responsabilités assumées. Elle ne peut s’épanouir que si l’ambition affichée comme les actions engagées servent exclusivement les intérêts supérieurs du pays ainsi que le bien commun et jamais les intérêts personnels.                                                                      
Cela paraît une évidence et pourtant comment ne pas voir, aujourd’hui comme hier, des calculs malhonnêtes et des attitudes scandaleuses, qui discréditent tant de responsables pour avoir confondu leur intérêt personnel avec le service de la Nation dont ils avaient la charge. L’abnégation dont le chef fait preuve, ressentie par ceux qu’il commande, nourrit la confiance jusqu’au dévouement et parfois jusqu’au sacrifice de celui qui lui obéit.

La prise en compte du devoir d’état, par tous et à tous les niveaux de responsabilité, est indispensable au moment où les menaces, non seulement virales mais aussi terroristes et économiques, s’accumulent. C’est grâce à elle que la Nation arrivera à renforcer sa souveraineté et sa cohésion, à condition qu’elle ne baisse pas la garde dans le domaine de sa seule assurance-vie, la Défense.

La Rédaction de l’ASAF

https://www.asafrance.fr/item/devoir-d-etat-lettre-de-l-asaf-du-mois-d-avril-2020.html

“Liberté individuelle et indépendance nationale” – Lettre ASAF – mars/ 2020

Liberté individuelle et indépendance nationale” – Lettre ASAF – mars/ 2020

NOUVEAU 16 mars 2020 : « Liberté individuelle et indépendance nationale » LETTRE ASAF - 03/20

La pandémie du coronavirus fait prendre conscience aux Français de la dépendance de leur pays dans de nombreux secteurs. La « mondialisation heureuse » n’était, jusqu’à présent, remise en question que pour des raisons de réchauffement climatique.

Depuis des années, les entreprises délocalisaient pour rester compétitives et maintenir leurs profits. Mais depuis quelques semaines, elles prennent conscience des risques d’une trop grande dépendance de l’étranger.

Dans la même logique, les Français, dits individualistes, pressent le gouvernement de donner des directives pour les rassurer, les protéger et anticiper les risques à venir. Ils découvrent que l’homme, seul, ne peut rien. La liberté individuelle ne peut exister qu’au sein d’une communauté organisée et puissante, c’est-à-dire soudée.

La Nation et les Français

Deux millions de Français vivent hors de l’Hexagone sans parler des touristes qui partent en vacances à l’étranger. Nous avons tous en mémoire ces deux compatriotes « en vadrouille » au Bénin pour la liberté desquels deux membres des forces spéciales sont récemment morts. De nombreuses interventions militaires ont été lancées en Afrique pour « extraire » des Français menacés. L’exemple le plus emblématique reste l’opération Léopard sur Kolwezi, en 1978, qui a permis de sauver près de 2 000 Européens et plusieurs centaines d’Africains pris en otage et dont le massacre avait commencé. Ces « miraculés » ont mesuré très concrètement ce que représentait la France.

Aujourd’hui, notre pays a rapatrié plusieurs centaines de ses ressortissants vivant en Chine. Ils ont été accueillis et ont bénéficié d’un suivi médical bien supérieur à celui dont ils auraient pu bénéficier dans les « hôpitaux 10 jours » de Wuhan. Ainsi, quand nos expatriés sont en danger, ils mesurent très vite la chance qu’ils ont d’être les ressortissants d’un pays indépendant et puissant qui accepte de risquer la vie de ses soldats et de ses médecins pour les sauver.

L’État et les entreprises

Cette crise du coronavirus illustre aussi notre dépendance à l’égard de nombre de produits stratégiques. Elle nous a ainsi révélé que plus de 80 % des molécules importantes nécessaires à l’industrie pharmaceutique conçues en Occident et, en particulier en France, sont fabriquées en Chine et en Inde.

Dans le domaine militaire, cette dépendance technologique est d’autant plus inquiétante qu’elle est de nature à remettre en question les capacités de dissuasion et d’action de nos systèmes d’armes les plus puissants. Nous connaissions déjà celle vis-à-vis des États-Unis pour le maintien en condition des catapultes du porte-avions Charles de Gaulle, pour le recueil des renseignements au Sahel à partir des drones Reaper, qui nous appartiennent mais dont la mise en œuvre complète nous échappe, et aussi, depuis la vente d’Alstom Énergie, pour les turbines des réacteurs des sous-marins à propulsion nucléaire, qu’ils soient lanceurs d’engins ou d’attaque ! Chaque jour, dans ce domaine, des pépites françaises sont menacées de rachat conduisant notre pays à risquer de perdre la maîtrise de la chaîne de production d’équipements de haute technologie, au point d’être vulnérable aux chantages et embargos, ou interdit d’exportation de matériels y compris par des pays alliés.

Notons que, déjà, toutes les armes individuelles de nos soldats – fusils d’assaut et de précision, pistolets – sont d’origine étrangère : allemande, belge et autrichienne. Aussi nos armées doivent reconstituer leurs capacités et notre industrie doit renforcer la maîtrise de la fabrication de nos armes. Cela concerne en priorité les matériels majeurs : sous-marins et frégates, avions de chasse et drones, missiles et blindés avec leurs milliers de sous-ensembles et de composants, sans oublier les nombreux moyens de renseignement et de transmission.

Fragilités et cohésion

Nos sociétés sont devenues plus fragiles et présentent des vulnérabilités accrues en raison de l’urbanisation. Ces concentrations humaines, devenues les poumons économiques des nations, sont très dépendantes des réseaux d’eau, d’énergie, de transport, faciles à neutraliser. De plus, les points d’entrée sur le territoire sont nombreux. Outre les frontières terrestres et maritimes, ce sont les ports et aéroports dont le volume de trafic ne cesse de croître.

Des mouvements de relocalisation d’usines s’opèrent car le coût de la main-d’œuvre comme celui du transport (générateur de carbone taxable) augmentent vite dans les pays en développement et l’impératif de réactivité et de qualité rend la sous-traitance moins attrayante dans certains secteurs. Il faut aller au-delà et retrouver la notion de communauté nationale fondée sur une prise de conscience d’un bien commun supérieur. La liberté individuelle n’est pas l’individualisme. La solidarité dans l’épreuve ne peut s’exercer qu’au profit de ceux qui acceptent de partager et servir la communauté à laquelle ils veulent appartenir. Elle seule est en mesure de leur procurer la sécurité et la protection.

Face à cette situation, la France veut-elle recouvrer son indépendance ?

Cela n’exclut pas les coopérations en priorité avec des pays européens. Le système satellitaire Galileo, réalisé à 27, qu’aucun pays n’aurait pu développer seul, permet au contraire à chacun d’entre eux de n’être plus dépendant du seul système GPS américain. Pour la France il est urgent de préserver et développer son excellence technologique, dans les grands projets européens particulièrement en matière de défense et dans le numérique. L’enjeu est le renforcement de notre autonomie stratégique tout en favorisant celle de l’Europe. Pour nos concitoyens, il convient de privilégier l’achat de produits conçus et fabriqués en France sous réserve qu’ils soient au meilleur niveau.

Cela représente un coût, mais c’est le prix de notre souveraineté. Comme le rappelle Jacqueline de Romilly à propos des Grecs : « Être libre, était avant tout appartenir à une cité libre, c’est-à-dire indépendante» (extrait de La Grèce antique à la découverte de la liberté. Coll. Bouquins 2019).

LA RÉDACTION de l’ASAF

www.asafrance.fr

 

Pourquoi et comment soutenir l’armée française – Lettre ASAF – Février/2020

« Pourquoi et comment soutenir l’armée française ?» Lettre ASAF – Février/2020

 

« Pourquoi et comment soutenir l’armée française ?» LETTRE ASAF - 02/20

Pour l’ASAF, soutenir l’armée, c’est exercer son action au profit des armées avec le seul souci de l’intérêt national d’autant plus qu’une grande majorité des Français n’a plus clairement conscience, depuis la disparition du service militaire obligatoire, il y a plus de 20 ans, de l’impérieuse nécessité de le faire.

 

Les armées véhiculent depuis plusieurs années, chez nos concitoyens, une image très positive.

Celle-ci repose sur la confiance que les citoyens portent à l’institution militaire, sans d‘ailleurs bien connaître les exigences du métier de soldat. Mais ils doivent savoir que cette armée est à l’image de la Nation, dont elle est l’émanation. Si cette dernière se divise ou que des communautés se rejettent ou s’affrontent, elle ne pourra jamais vaincre. Il importe donc qu’un État fort et juste garantisse la cohésion de la Nation, s’appuie sur la confiance des Français et veille à ce que les Armées disposent des capacités suffisantes.  
                                        .
Pour être forte, une armée doit être composée de soldats motivés, bien sélectionnés, équipés et entraînés. Elle doit également être engagée dans des opérations dont le but sert les intérêts supérieurs français car on n’engage pas la vie de jeunes Français pour une cause de second ordre. Pour recruter ces soldats de qualité, il est impératif de disposer d’un vivier de jeunes en nombre suffisant, en bonne santé et avec de bonnes aptitudes. Or aujourd’hui, alors que nous peinons déjà à recruter des jeunes dans des classes d’âge encore nombreuses, notre pays ne renouvelle plus ses générations. La démographie devrait être la priorité absolue d’un pays. Si cette situation est préoccupante pour l’avenir du régime des retraites, il en va tout autant pour celui de la Défense.                                                                       .

Mais le plus important demeure le moral qui donne aux soldats l’ardeur de vaincre. Avoir une mission claire et savoir que c’est toute la France, sans exception, qui s’engage avec son armée constituent des préalables incontournables. Aucune ambiguïté ne doit donc exister sur les buts de guerre, tant pour les soldats que pour tous les autres Français qui doivent être parfaitement conscients des efforts financiers à consentir et des représailles éventuelles que cet engagement peut entraîner à « l’arrière », au sein de la population.

Pourtant cette armée, malgré ses lacunes et insuffisances actuelles, cultive des qualités, notamment l’esprit de corps ou la cohésion, qui doivent infuser dans la Nation.

À cet égard, il est urgent de s’opposer à tout ce qui divise inutilement les Français comme cette décision, insultante pour nombre d’entre eux, qui consiste à autoriser l’empaquetage de l’Arc de Triomphe, haut lieu de mémoire et de recueillement de la Nation. La célébration du 100e anniversaire de l’adoption en 1920, à l’unanimité du Sénat et de l’Assemblée nationale, de la loi célébrant annuellement « la fête de Jeanne d’Arc, fête du patriotisme », permettrait en revanche de rassembler tous les Français, puisque cette héroïne a été célébrée aussi bien par Aragon que par Brasillach et revendiquée tant par la Gauche que par la Droite.

Il est également urgent de mettre fin à ces stupides crises de repentance relatives à la colonisation française. Elles sont autant le fait d’idéologues que d’ignorants. De même que prononcer le nom « d’Algérie » avant 1830 est un non-sens, parler de la colonisation comme « un crime contre l’humanité » occulte tous les éléments de civilisation qu’elle a apportés. Soyons bien persuadés que l’empaquetage d’un monument aussi emblématique de notre Histoire la plus douloureuse et glorieuse ainsi que la repentance maladive, dont font preuve certains de nos dirigeants, s’inscrivent dans une logique visant à déstabiliser et fragiliser la population. Elle contribue ainsi à affaiblir l’armée sans même devoir l’affronter. Il y a donc là un « désarmement à distance » très dangereux.                                          .
Il est enfin plus que jamais indispensable que les comportements et les actes de ceux qui aspirent aux hautes responsabilités soient cohérents avec leurs déclarations et professions de foi, faute de quoi les Français perdront toute confiance en une classe politique dont la légitimité et la crédibilité sont aujourd’hui de plus en plus contestées.


C’est dans cet esprit que l’ASAF s’est engagée depuis une dizaine d’années dans un double combat :

celui d’exiger que la France consacre à son armée, ultima ratio en cas de crise aiguë et de conflit, les ressources nécessaires pour lui permettre de remplir sa mission. Il faut donc expliquer aux Français les menaces et les efforts à consentir mais aussi amener l’exécutif et les parlementaires qui votent le budget à « sanctuariser » celui de cet instrument central de notre souveraineté plutôt que de privilégier le financement de projets électoralement plus rentables à court terme ;

– celui de contribuer à rassembler les Français en dénonçant le processus de déconstruction de notre Nation, en développant l’appropriation par le plus grand nombre de Français des valeurs qui font aujourd’hui la force de nos armées – esprit de sacrifice, courage, détermination – mais aussi en plaçant le bien commun au-dessus des intérêts particuliers, en exprimant notre fierté d’appartenir à un pays au passé glorieux et au potentiel extraordinaire, et enfin en recherchant dans tous les domaines l’excellence, d’autant que la France y est condamnée pour être fidèle à sa vocation.

Compte tenu du nombre croissant de ses sympathisants, l’ASAF peut et doit rapidement compter plus de 10 000 adhérents-militants. Ne restons pas isolés, atomisés et impuissants. Il y a urgence. Devenons une force capable de défendre nos intérêts stratégiques, d’exiger des moyens suffisants pour disposer de capacités cohérentes tant avec notre ambition que contre les menaces auxquelles nous sommes exposés, et enfin de préparer de futurs responsables, enthousiastes et désintéressés, animés du seul souci de servir une communauté nationale forte, sereine, rayonnante et influente.                              .                                      

La RÉDACTION de L’ASAF
www.asafrance.fr