« De la Grande Guerre à la guerre actuelle »  La lettre d’information de l’ASAF du 19/11/2019

« De la Grande Guerre à la guerre actuelle »  La lettre d’information de l’ASAF du 19/11/2019

Les leçons de la Grande Guerre

Le 11 novembre 1918 marque la fin de la Grande Guerre. Cette guerre mondiale fut gagnée par tous les Français qui firent preuve d’une exceptionnelle cohésion. Ceux du front où tombèrent 1 450 000 soldats et où y furent blessés plus de 4 millions, mais aussi ceux de « l’arrière » qui ont assuré la logistique des combats, l’éducation des enfants, les soins aux blessés et supporté les souffrances de l’attente et des deuils. La Grande Guerre nous rappelle une fois de plus que « la France unie est invincible ». C’est une leçon essentielle que nous devons tirer pour vaincre aujourd’hui et relever avec succès les redoutables défis qui conditionnent notre liberté de demain.

Le traité de Versailles, qui conclut la paix avec l’Allemagne, sera signé le 28 juin 1919, mais il ne sera pas ratifié par les États-Unis, pourtant notre allié de la Grande Guerre et alors qu’il reposait sur la proposition de Woodrow Wilson, leur président ! C’est aussi une leçon pour aujourd’hui, d’autant que ce pays n’entrera pas en guerre en septembre 1939 lors de l’invasion de la Pologne comme le firent la Grande-Bretagne et la France, mais seulement le 11 décembre 1941, après que l’Allemagne lui ait déclaré la guerre.

En fait, et comme le rappelait le général de Gaulle en créant la « force de frappe », la Défense de la France doit reposer d’abord sur elle-même. Les alliés ne le sont que pour des objectifs bien identifiés et souvent limités dans le temps et dans l’espace. L’anniversaire de la fin de la Guerre froide nous rappelle que Roosevelt, Truman et Churchill, qui furent les alliés de Staline contre Hitler, furent ses adversaires farouches à peine la guerre terminée.

C’est à juste titre que la date du 11 novembre a été retenue pour honorer tous les morts pour la Patrie. Aussi, l’inauguration, en ce jour anniversaire, du monument aux morts pour la France au cours des opérations extérieures (OPEX) depuis la fin de la guerre d’Algérie est-elle très symbolique. Elle signifie que les guerres, toutes différentes et qui ne font plus l’objet d’une déclaration depuis 1945, concernent l’ensemble des Français : les soldats qui portent les armes, mais aussi tous les citoyens, qui, au quotidien, par leur travail, la solidarité dont ils témoignent, contribuent à la cohésion de la France pour faire en sorte qu’elle soit vainqueur dans le combat permanent qu’il nous faut mener pour défendre notre liberté et notre indépendance.

Dévoiement et diversion

Dans ce contexte, les incessantes manifestations, les dégradations, les agressions et les outrages dont nos monuments aux morts sont la cible constituent des actes qu’il est urgent de sanctionner avec la plus grande fermeté. Il ne s’agit plus de pousser des cris d’orfraie mais d’agir avec détermination. Ces actes sont inacceptables aux yeux de nos soldats qui se battent pour un pays qu’ils voient livré aux nihilistes et autres anarchistes, véritables barbares des temps modernes. Ces images de violence, révélant l’impuissance de l’État, servent nos ennemis et nos adversaires. Dès lors, les « casseurs », qui sont leurs collaborateurs du temps de guerre, doivent être traités comme tels.

À cet égard, l’accord donné par le président de la République à l’artiste américain Christo pour empaqueter l’Arc de Triomphe en octobre 2020 est inacceptable. Il contribue à banaliser ce sanctuaire et à diviser les Français au lieu de les rassembler autour de ce lieu de mémoire et de gloire nationale. Pour la plupart d’entre eux, empaqueter l’Arc est incongru, scandaleux et indécent ; c’est défigurer, au sens propre, ce sanctuaire où repose depuis un siècle le Soldat inconnu et sur les murs duquel sont gravés les noms de soldats morts pour la France.

Faut-il rappeler que l’Arc a déjà été profané le 1er décembre 2018 par des voyous dont certains étaient affublés d’un gilet jaune ?

Le précédent du Pont-Neuf avancé par le Président ne peut être un argument car l’Arc de Triomphe est un sanctuaire et non un simple bâtiment. Aurait-il donné son accord pour faire empaqueter le monument aux morts en OPEX qu’il vient d’inaugurer et qui porte comme l’Arc le nom de soldats morts pour la Patrie ? N’aurait-il pas été plus pertinent de mieux mettre en valeur, par des éclairages laser par exemple, les superbes hauts et bas reliefs de l’Arc, ainsi que les noms qui y sont gravés sur les piliers ?

Et la guerre que nous menons aujourd’hui ?

Le monument aux morts en OPEX est le seul monument sur lequel seront gravés les noms de nos soldats qui vont tomber dans les mois et les années à venir à l’extérieur du territoire national. Mais le nom d’Arnaud Beltrame qui a affronté le même ennemi sur le territoire national, ne devrait-il pas y figurer aussi ? Et si demain des opérations de guerre sont déclenchées sur notre sol pour détruire des groupes islamistes armés, les noms de nos soldats tués figureront-ils sur ce monument aux morts ? Leurs corps reposeront-ils dans nos carrés militaires comme tous les corps de ceux morts pour la France devraient y reposer ?

Car le corps d’un soldat mort pour la France est une parcelle de la France que notre pays et nos concitoyens doivent conserver et honorer afin d’entretenir le souvenir du sacrifice consenti.
« Mon âme à Dieu, mon corps à ma Patrie et mon cœur à ma famille »[1] 

 

LA RÉDACTION
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[1] Lieutenant de vaisseau Pierre Guillaume, qui inspira le fameux « Crabe Tambour ».

 « La guerre insidieuse » Lettre d’information ASAF d’octobre 2019

 « La guerre insidieuse » Lettre d’information ASAF d’octobre 2019

 

Une mise en perspective nécessaire

Comme les autres pays de l’Alliance atlantique, la France célébrera prochainement le 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin, marquant l’effondrement du bloc soviétique et la fin du système communiste (1).
Le monde libre est sorti vainqueur de cette « Guerre froide » qui dura près d’un demi-siècle.
La France prit toute sa part dans cet affrontement mondial qui se déroula non seulement en Europe sous la menace nucléaire permanente mais également  en Extrême-Orient et en Afrique, dans des guerres périphériques sanglantes. Au cours du XXe siècle, la dislocation du bloc soviétique fut la 2e victoire contre un totalitarisme après celle face au nazisme.

Une vulnérabilité croissante de nos sociétés

À peine cette victoire remportée, les pays occidentaux se retrouvent aujourd’hui en première ligne pour affronter une nouvelle menace : l’islamisme. Cette menace se répand de façon plus sournoise que les précédentes car elle se pare des vêtements de ce qui est présenté et perçu par de nombreux dirigeants comme une religion comparable aux autres. En réalité, il s’agit d’un système politico-religieux global, totalitaire, nourri du salafisme, qui se développe à l’étranger mais également sur notre sol.
Le terrorisme islamique, forme violente et ponctuelle de cette idéologie conquérante qui nous vise en priorité, est le fait d’étrangers mais aussi de Français, d’origine étrangère ou de « souche », convertis récemment à l’islam dit radical.
Cette menace s’appuie sur la démographie dynamique de la population de confession musulmane installée en France ; elle bénéficie d’un soutien financier considérable de monarchies pétrolières du Moyen-Orient et des trafics en tous genres que facilite la création de zones propres à chaque communauté dans nos villes.
Enfin, elle exploite l’absence de clairvoyance et de volonté de nombreux Français, le doute de soi, que suscitent le dénigrement du passé et la repentance, poisons instillés par les philosophes de la déconstruction. Ils sont relayés par une classe politique qui ne cesse de culpabiliser la France et son Histoire, tout en étant incapable de proposer une ambition nationale forte et d’affirmer les valeurs supérieures de notre pays.
L’atomisation de notre société, ses dimensions spirituelles et philosophiques traditionnelles évacuées au profit d’une société de consommation délirante et la perte du sentiment d’appartenance à une communauté nationale solidaire rendent notre nation très vulnérable. 

Un état des lieux révélateur

L’origine de cette situation remonte à plus de 40 années avec l’autorisation du regroupement familial pour les immigrés et l’afflux important, parmi ceux-ci, d’individus  de culture musulmane, venus d’Afrique du Nord mais aussi de l’Afrique subsaharienne, que la France n’a pas pu, su ou voulu assimiler, trop soucieuse qu’elle était du respect de la culture de l’étranger. 
À cause de cette situation non maîtrisée et acceptée, parfois portée par nos responsables politiques, se sont créées en France des zones étrangères de non droit, abandonnées par l’État, inaccessibles aux forces de l’ordre et dans lesquelles se sont développés les trafics et multipliées les exactions amplifiant encore la communautarisation de ces « quartiers ».

Le Bataclan, Nice, Saint-Étienne-du-Rouvrais, le colonel Beltrame, jusqu’aux meurtres de fonctionnaires de la préfecture de police au cœur même du service de renseignement de la lutte anti-terroriste de Paris, marquent les étapes et sont les signes d’une véritable guerre insidieuse qui se poursuit silencieusement. Le noyautage de toutes les institutions de l’État et l’infiltration à tous les niveaux de la société sont des faits avérés. La menace est devenue mortelle. Pourtant, la classe politique hésite à parler de guerre pour ne pas effrayer la population. Les terroristes ne souhaitent pas susciter de riposte organisée. Ils préfèrent infiltrer, terroriser, discréditer pour saper, affaiblir, neutraliser avec l’appui des inévitables « idiots utiles » et collaborateurs conscients ou pas.

Agir vite et dans la durée

La guerre s’inscrit plus que jamais dans le temps long nécessité par l’éducation et la démographie – soit  plusieurs décennies -, mais la riposte ne peut plus tarder sauf à devenir impossible.

La situation exige non seulement une vigilance des citoyens, comme le demande le président de la République, qui passe d’abord par une connaissance et une compréhension de l’ennemi ainsi que par une mobilisation de l’ensemble des capacités de l’État. Il ne s’agit pas de faire face à un phénomène marginal et ponctuel  mais de mener une guerre totale contre tous les hommes et les femmes imprégnés de cette idéologie islamique tout à la fois  « religion et État, foi et loi, doctrine et mode de vie ». À l’instar de ce qui est advenu dans les années 30 où les démocraties, en particulier la France, n’ont pas voulu voir la menace nazie ni comprendre son idéologie, tout se passe aujourd’hui comme si les nations européennes refusaient de regarder la réalité de cette menace prégnante.

Le soldat ne peut l’occulter car il sait que tôt ou tard cette menace amènera son engagement comme c’est déjà le cas au Sahel. Mais pour vaincre, le peuple doit lui aussi être lucide, connaître son ennemi et rejeter les propos consensuels et annihilant du politiquement correct.
Bref, il est urgent qu’une élite responsable, courageuse et combative s’impose pour dénoncer la situation inacceptable du lent démembrement de notre territoire, pour exiger avec toute la rigueur nécessaire l’application stricte des lois françaises et imposer les valeurs portées par notre pays. Elle doit être prête à utiliser tous les moyens nécessaires pour détruire ce que le Président a appelé récemment « l’hydre islamique ».


Le président de l’ASAF
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(1) L’ASAF publie d’ailleurs, à l’occasion de cet anniversaire, son numéro hors-série de l’année 2019 qui couvre cette période, au cours de laquelle la France combattit en affichant à la fois une loyauté totale à l’Alliance tout en bâtissant une force de dissuasion nucléaire lui permettant de restaurer et renforcer son indépendance.

“Les exigences d’une dissuasion globale” : Nouvelle lettre ASAF 19/09/2019

Les exigences d’une dissuasion globale” : Nouvelle lettre ASAF 19/09/2019

 

Le terme dissuasion est souvent associé à celui de nucléaire et celui-ci présente un caractère de grande actualité en cette année du 30e anniversaire de la fin de la Guerre froide (1).

 "Les exigences d’une dissuasion globale" : Nouvelle lettre ASAF 19/09 à découvrir

Le terme dissuasion est souvent associé à celui de nucléaire et celui-ci présente un caractère de grande actualité en cette année du 30e anniversaire de la fin de la Guerre froide (1).

En effet les tensions, suscitées ou entretenues par les États-Unis avec la Corée du Nord et l’Iran, la rupture de l’accord sur les armes nucléaires à portée intermédiaire (INF) (2), sans parler des nouvelles menaces – cyber et spatiales – qui sont susceptibles de peser sur nos intérêts vitaux, replacent la notion de dissuasion sur le devant de la politique internationale.

La dissuasion ne peut être que globale sauf à être contournée

Les menaces auxquelles notre pays doit se préparer à faire face exigent de disposer de capacités dissuasives à vaste spectre. En effet, l’arme nucléaire, qui peut dissuader une puissance nucléaire ou conventionnelle disposant d’une armée puissante, ne dissuadera pas des groupes terroristes, des milices ou un pays ayant des ambitions territoriales limitées loin d’Europe.
La dissuasion ne doit donc pas être seulement nucléaire mais aussi classique.

La France dispose aujourd’hui de capacités nucléaires crédibles : deux composantes – sous-marine et aéroportée – dont la fiabilité est régulièrement testée ; les armes le sont grâce à la simulation que permet le laser mégajoules, les vecteurs portant les charges et les leurres sont renouvelés à un rythme tel qu’il garantit les capacités de pénétration à travers les défenses adverses ; enfin les équipages sont entraînés et évalués lors d’exercices réguliers dont nombre d’aspects demeurent confidentiels. Le raid d’une durée de 11h30 effectué cette année par l’armée de l’Air de l’île de la Réunion jusqu’en Métropole à l’issue duquel un missile de croisière fut tiré avec succès dans le sud-ouest de la France conforte la crédibilité de cette composante au même titre que les patrouilles de SNLE effectuées sans discontinuité depuis le 21 mars 1972, date de la 1ère patrouille du Redoutable.

Mais la palette dissuasive doit être complétée par des capacités de frappe conventionnelle puissante et à longue distance.
La France dispose du Rafale équipé de missiles de croisière air-sol à charge conventionnelle et, depuis peu, de frégates multimissions (FREMM) et bientôt de sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) équipés de missiles de croisière navals (MdCN) d’une portée de plus de 1 000 km avec une précision métrique.
Enfin une dissuasion classique complète exige de pouvoir projeter rapidement une force interarmées puissante sur une zone éloignée soit pour renforcer des forces prépositionnées, soit pour mener une opération de rétorsion visant à restaurer une situation et la dissuasion en montrant sa force et sa détermination à agir par les armes, le cas échéant dans la durée.

Outre le nombre des personnels et le volume des matériels ainsi que leurs caractéristiques, ce sont la qualité des hommes et des femmes des Armées, leur niveau d’entraînement individuel et collectif, leur moral, leur sens du devoir, leur esprit de sacrifice qui concourent directement à la crédibilité de cette dissuasion globale.

La crédibilité de la dissuasion repose autant sur les capacités opérationnelles que sur la détermination des décideurs politiques et la cohésion de la Nation

Tout système de forces n’a de valeur que s’il est animé par la volonté politique et soutenu par la Nation. La crédibilité de la dissuasion repose sur ces deux autres piliers.

En France, le président de la République est le chef des Armées. C’est à lui que revient la décision d’emploi de l’arme nucléaire s’il estime que les intérêts vitaux sont menacés. Cette notion d’intérêts vitaux, jamais définie, pourrait inclure non seulement l’intégrité du territoire mais aussi celle de ses dispositifs spatial et informatique qui fondent aujourd’hui et plus encore demain l’indépendance de la Nation et la vie de la population (eau, énergie, …).
Cette crédibilité politique doit être validée au quotidien par la détermination dont doit faire preuve le chef de l’État pour tout ce qui a trait aux fonctions régaliennes.
Quelle crédibilité peut avoir un chef d’État s’il accepte l’existence de zones de non droit ? Que l’intégrité territoriale soit, de fait, remise en question dès le temps de paix par des citoyens ?
Qu’une minorité activiste puisse vivre hors la loi et dans une quasi impunité ?

Mais la population a également toute sa place dans la valeur de la dissuasion d’autant qu’il n’y a pas d’armée forte et de Défense crédible sans une nation unie, soudée et déterminée à rester indépendante. Elle doit le montrer à chaque occasion. À cet égard, les attentats ne doivent pas seulement susciter des vagues d’émotion mais inciter à mettre en œuvre des mesures à la hauteur du défi. La Nation doit accepter ces contraintes comme elle accepte les efforts financiers qu’elle fait pour disposer de forces armées bien équipées et toujours disponibles.

La France a une ambition à vocation mondiale et des responsabilités particulières. Elle doit en priorité remettre à niveau ses capacités militaires de dissuasion et d’action. Le président de la République a rappelé que les engagements budgétaires retenus dans la LPM seront rigoureusement respectés.
Mais il faut aussi qu’il s’engage sur la disparition des zones de non droit et la restauration de la cohésion nationale faute de quoi sa crédibilité et celle de la dissuasion seront considérablement amoindries.

 

La Rédaction de l’ASAF
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” Réflexions autour d’un débarquement méconnu ”  Lettre d’information de l’ASAF – 19 août

Réflexions autour d’un débarquement méconnu ” 

Lettre d’information de l’ASAF – 19 août

" Réflexions autour d’un débarquement méconnu " : Découvrez la nouvelle lettre d'information de l'ASAF 19/08

Les commémorations du débarquement de Provence ont suscité, comme c’est le cas après chaque déclaration du président de la République, de nombreux commentaires, souvent très politiciens, liés en l’occurrence à une petite phrase: « La France a une part d’Afrique en elle», ou à la présence de M. Nicolas Sarkozy à ses côtés. Mais il y a plus important.

Le débarquement de Provence, événement largement méconnu de nombreux Français, a revêtu en 1944 une importance considérable pour l’avenir de notre pays. Il devrait constituer dans le contexte actuel une source de réflexion féconde pour orienter notre politique nationale.

Restaurer la place de la France dans le monde

Dès le 18 juin 1940, la finalité de l’action du général de Gaulle ne consistait  pas seulement à vaincre l’armée allemande et à la repousser au-delà du Rhin. Le but stratégique était de restaurer la place de la France dans le monde ainsi que sa crédibilité, notamment vis-à-vis des alliés anglo-saxons, après la terrible défaite de 1940 qui consacrait un véritable démembrement de notre pays. La nature de l’action conduite par le chef de la France Libre n’était donc pas seulement militaire mais plus globale, c’est-à-dire politique au sens complet et noble du terme.

Ce deuxième débarquement sur le territoire national, après celui de Normandie auquel peu de troupes françaises avaient participé – puisque la plupart étaient engagées victorieusement en Italie -, allait permettre à la France de déployer sur le sol national une armée de 270 000 hommes sans  compter les équipages de plusieurs dizaines de bâtiments de la Marine et de centaines d’avions des Forces aériennes françaises libres.
En débarquant avec des effectifs significatifs, l’armée « B » du général de Lattre de Tassigny, constituée de troupes souvent aguerries et sous les ordres de généraux de très grande valeur, permettait aux Français enfin libérés de retrouver leur fierté mais aussi aux Alliés de reconnaître que la France recouvrait sa puissance et son rang. Après ses succès remportés en Italie, elle libérait Toulon en 10 jours puis Marseille avec 1 mois d’avance.
En outre les effectifs de l’armée B n’ont cessé d’augmenter jusqu’à la capitulation allemande grâce à l’intégration en son sein des nombreux maquis qui menaient déjà depuis plusieurs semaines des opérations de renseignement indispensables aux Alliés ainsi que des actions de harcèlement contre les forces allemandes afin de créer l’incertitude sur le lieu exact du débarquement et d’en faciliter ainsi le déroulement.

Enfin, la remontée rapide de l’armée de Lattre contraignait les Allemands à se replier très rapidement pour éviter que leurs Ière et XIXarmées, qui occupaient le sud de la France, ne soient prises en tenaille. À cet égard, il est symptomatique d’observer que ce furent deux unités françaises qui firent leur jonction en Bourgogne : la 2e DB, après avoir débarqué en août en Normandie et libéré Paris, et la 1ère DFL  venant de Provence et qui venait de libérer Lyon.
Cet engagement  militaire français, croissant au fur et à mesure que la libération progressait, permettait au général de Gaulle de placer la France dans le camp des puissances alliées et de s’imposer définitivement comme chef du gouvernement provisoire de la République française, prélude indispensable pour que la France retrouve toutes ses prérogatives d’avant 1939.

Cette restauration nationale s’appuyant sur la puissance militaire amplifiait l’engagement hautement symbolique de la France au côté de l’URSS dans les combats sur le front de l’Est. La France fut en effet la seule nation alliée à accepter de sacrifier ses soldats aux côtés des armées soviétiques rappelant ainsi aux Anglais et aux Américains que la France de 1943, encore très faible militairement, était une puissance alliée indépendante. L’escadrille Normandie Niémen reste encore aujourd’hui très présente dans la mémoire combattante russe.


Rassembler la Nation dans le creuset de son armée

Si les armées françaises, par le volume de leurs effectifs – plus de 500 000 hommes au jour de la capitulation allemande le 8 mai 1945 – mais aussi par les objectifs importants et symboliques qu’elles ont atteints en Allemagne – Ulm et Berchtesgaden -, vont constituer un atout décisif pour replacer la France parmi les quatre vainqueurs et devenir une puissance occupante, elles ont aussi largement contribué à refaire l’unité de la Nation.
A l’instar de Leclerc qui avait su rassembler au sein de sa division des soldats ayant rejoint de Gaulle dès 1940, au combat depuis 4 ans, et des soldats de l’armée d’Afrique – c’est-à-dire essentiellement de l’armée d’armistice – qui n’avaient repris le combat que fin 1942, de Lattre intégra au sein de la 1ère armée nombre de maquis tous très différents par leur volume, leur valeur militaire, leur encadrement et leur équipement mais aussi par leur orientation politique.

En agissant ainsi l’armée devenait le creuset d’une armée de libération nationale où se fondait un grand nombre de soldats d’origines très diverses et dans laquelle tous les citoyens pouvaient se retrouver, contribuant ainsi à restaurer l’unité de la Nation déchirée par les choix différents parfois opposés que firent les Français au moment de l’armistice.
Cette intégration en masse de jeunes Français de tous horizons était d’autant plus indispensable que les combats en hiver dans les Vosges et en Alsace réduisaient l’efficacité des troupes coloniales et que de Gaulle souhaitait qu’un maximum de Français participent directement à la libération du sol national.

Connaître et comprendre notre Histoire

On comprend ainsi que le débarquement de Provence a permis à la France de restaurer son rang de grande puissance et son unité nationale ; l’armée en fut l’instrument premier. Ce constat mérite réflexion.

Mais cela n’a été possible que parce que la France et son armée, en ces moments cruciaux, avaient à leur tête des chefs déterminés et courageux, pour qui l’action guerrière servait une ambition politique claire et forte : la grandeur de la France et la place qu’elle doit occuper dans le monde, à la mesure de son génie qui s’est exprimé au cours des 15 siècles de son Histoire.

                                                                                                 

La Rédaction de l’ASAF
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“14 juillet : Examen de conscience”. Lettre d’information de l’ASAF 19/07

“14 juillet : Examen de conscience”. Lettre d’information de l’ASAF 19/07.

"14 juillet : Examen de conscience". Lettre d'information de l'ASAF 19/07.

                       

                       14 juillet : Examen de conscience

Comme chaque année, le 14 juillet, la France rendra hommage à ceux qui la servent au péril de leur vie et notamment ses soldats. Les Français honoreront en particulier les « Blessés pour la France », comme ils le font, chaque année, le 11 novembre, pour les « Morts pour la France ».

Devoirs

Quelle chance notre pays a de posséder en son sein un tel vivier de citoyens prêts à le servir jusqu’au sacrifice suprême si le devoir ou la mission l’exige, comme on l’a vu récemment face aux islamistes du Sahel et dans la lutte parfois mortelle contre les incendies !
Chez ces hommes et ces femmes le sens du devoir, de la mission à accomplir coûte que coûte et de l’intérêt général se mêlent intimement. Pour eux, « Honneur et Patrie » riment avec « Valeur et Discipline ».
Au-delà des clivages exprimés et souvent exacerbés par les partis politiques, les ego et les calculs intéressés de leurs responsables, il y a la France. Elle seule peut rassembler les Français si différents, sous réserve qu’on leur apprenne qu’ils appartiennent à une communauté nationale, qu’ils sont ainsi dépositaires d’un héritage sans lequel ils ne seraient rien et qu’ils ont des devoirs envers cette communauté, au moins celui de transmettre dans le même état l’héritage reçu à la génération suivante. Comme leurs parents et ancêtres l’ont fait souvent au prix du sang, ils doivent le protéger et veiller d’abord à ce que notre pays demeure la terre d’un peuple libre et indépendant, capable de s’unir face à l’ennemi et aux multiples adversaires qui cherchent à l’affaiblir voire à le conquérir.


Éducation

Mais ce vivier de jeunes Français prêts à sacrifier leur vie pour la France, d’où vient-il ? Que fait-on aujourd’hui pour le développer ? Quel projet, quelle ambition, quelle vision les responsables politiques proposent-ils pour susciter dévouement et abnégation jusqu’au sacrifice ? Quelle éducation est donnée et par quels maîtres ? Les parents sont-ils conscients que leur premier devoir est celui d’éduquer avant de gagner plus, de dépenser plus, de consommer plus ?

Certains médias évoquent parfois le recrutement « par tradition familiale » au sein des armées mais, outre le fait qu’il est moins fréquent que dans d’autres professions (enseignants, agriculteurs, …), il faut plutôt s’interroger sur ses causes et se demander qui parle aux jeunes Français de la France, de sa tragique et glorieuse Histoire, de ses héros, de la richesse de son exceptionnel patrimoine et de son rayonnement international. Certaines bonnes âmes s’interrogent même sur le faible nombre de noms « exotiques » dans les listes d’admission aux concours des écoles militaires alors que l’information sur les carrières militaires n’a jamais été aussi accessible…
Ne faut-il pas y voir d’abord une insuffisance d’éducation patriotique, oui osons le mot, car il est celui qui exprime les devoirs envers nos pères desquels nous avons reçu le patrimoine commun. Pour les Français de fraîche date, il s’agit de découvrir, d’accueillir, d’adopter, d’assimiler et d’aimer la France ; faire sienne cette nouvelle Patrie choisie en acceptant la perspective de se sacrifier pour elle.


Étrangers

Combien, parmi les dizaines de milliers d’étrangers qui rejoignent la France chaque année, peuvent déclarer comme le fit le lieutenant-colonel Dimitri Amilakvari, Géorgien, formidable entraîneur d’hommes, héros de Bir Hakeim, Compagnon de la Libération, commandant la 13e demi-brigade de Légion étrangère et tué au combat : « Nous étrangers n’avons qu’une façon de prouver notre amour pour la France : nous faire tuer pour elle ! »

A cet égard, comment interpréter les flux de jeunes Africains de 20 ans « fuyant la guerre dans leur pays » ? Outre le fait que nombre de pays d’où viennent les immigrés ne sont pas en guerre (Sénégal, Guinée, Côte d’Ivoire, …), faut-il faciliter l’accueil de ces jeunes Maliens, Nigériens, Burkinabés en âge de porter les armes pour défendre leur pays ? Faut-il donc que ce soient uniquement des jeunes Français qui aillent se sacrifier pour lutter contre la terreur islamiste dans le Sahel ? N’y a-t-il pas en France des volontaires maliens, nigériens ou burkinabés, en attente de naturalisation, pour se battre au Sahel pour leur ancienne ou future patrie ? Bref, pourquoi ne pas constituer en France des « forces sahéliennes libres », les entraîner et les engager aux côtés des soldats français, soit pour défendre leur pays d’origine, soit pour prouver leur attachement à la France, leur future patrie, comme le firent tant d’étrangers amoureux de la France durant les deux guerres mondiales ?


Valeurs

Les valeurs cultivées quotidiennement par les Armées, – courage, discipline, camaraderie, esprit de corps, abnégation, sens de l’effort, goût du travail bien fait, caractère sacré de la mission -, sont des valeurs auxquelles sont sensibles les Français. Sans doute ressentent-ils leur absence ou insuffisance au sein de la société actuelle. Ils devinent confusément que notre pays ne peut relever les défis et gagner que si ses dirigeants sont capables de les mobiliser, de susciter leur adhésion à un projet collectif qui les dépasse et qui soit beaucoup plus que la somme des intérêts individuels ; mais surtout ils exigent une élite qui montre l’exemple du courage et de l’abnégation, de la primauté du bien commun et de l’intérêt général.

Alors, en ce 14 juillet 2019, il appartient à chaque Français et en priorité à nos responsables politiques de s’interroger sur leurs devoirs avant de faire valoir leurs droits, leurs privilèges et leurs intérêts personnels. Il nous faut retrouver tous, sans exception, le sens du devoir d’état, du service et plus que jamais du courage sans lequel, comme le disait Napoléon qui savait de quoi il parlait, « Un homme sans courage est une chose ».

                                                                                               
La Rédaction de l’ASAF
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