Quel modèle d’armée pour la France ? Audition devant la commission de la Défense et des forces armées de l’Assemblée nationale

Quel modèle d’armée pour la France ?

Audition devant la commission de la Défense et des forces armées de l’Assemblée nationale

 

Par Michel Goya – La Voie de l’épée – Publié le 24 juin 2020

https://lavoiedelepee.blogspot.com/


Un modèle d’armée n’est normalement que l’instrument de ce que le général de Gaulle appelait une « grande stratégie », c’est-à-dire une vision de ce que veut être la France dans un contexte international donné. Sa constitution est fondée sur des hypothèses d’emploi et à l’instar d’un paradigme scientifique, ce modèle doit être considéré comme valable tant qu’il est capable de répondre aux problèmes importants qui se posent. Lorsque ce n’est plus le cas, en général parce que le monde s’est transformé, il s’avère nécessaire d’en changer.

La France de la Ve République a ainsi connu plusieurs époques stratégiques. La première, brève mais douloureuse, a consisté à gérer la fin de la décolonisation. Ce n’est qu’ensuite qu’il a été possible de remettre à plat notre vision du monde, les missions probables des armées et à partir de là de construire un nouveau modèle de forces.

Nous considérions à l’époque deux missions principales pour nos forces : dissuader l’Union soviétique de nous envahir et intervenir ponctuellement hors d’Europe, en Afrique presque exclusivement, afin de défendre nos intérêts. Pour remplir la première mission nous avons construit une force de frappe nucléaire et pour éviter le tout ou rien nous y avons associé une force conventionnelle destinée à combattre aux frontières de la France ou à l’intérieur du territoire métropolitain.

Pour remplir la seconde mission et considérant le refus d’engager des appelés hors du territoire métropolitain, nous avons conçu un système d’intervention rapide à partir de quelques troupes professionnelles en alerte et d’un réseau de bases positionnées dans les DOM-TOM et en Afrique.

Pendant la période qui suit, jusqu’à la fin de la guerre froide, nous avons connu beaucoup d’engagements militaires. Il y a eu beaucoup de réussites surtout au début et quelques échecs surtout à la fin, mais le modèle lui-même a rarement été pris en défaut pendant trente ans, un record historique sur les deux derniers siècles.

Il y eut d’abord la campagne de contre-insurrection que nous avons été obligés de mener au Tchad de 1969 à 1972. Cela n’avait pas été envisagé, car nous ne voulions refaire ce type d’opération après la guerre d’Algérie. Nous y avons été obligés, et en adaptant le modèle à la marge, nous avons finalement réussi.

Notre modèle de forces a été pris en défaut une deuxième fois dans les années 1980 lorsqu’il s’est agi de mener des confrontations. Une confrontation désigne l’affrontement avec une autre entité politique, un État en général, en dessous du seuil de la guerre ouverte. Ce type d’action, finalement assez courant pendant la guerre froide, n’était pas clairement exprimé dans le livre blanc de 1972. Il a fallu pourtant se confronter simultanément à la Libye et à l’Iran. Nous avons réussi face à la Libye, même si nous l’avons payé d’un attentat terroriste qui a tué 170 personnes, dont 54 Français. Nous avons dissuadé la Libye d’envahir le sud du Tchad et contribué à sa défaite dans le nord. Nous avons en revanche complètement échoué contre l’Iran. L’Iran a organisé des attaques contre le contingent multinational à Beyrouth, pris des otages et assassiné au Liban, organisé enfin des attentats à Paris en 1986. Face cette action clandestine, nous nous sommes retrouvés impuissants, avec peu de moyens et surtout sans volonté pour frapper à notre tour l’Iran. Cette confrontation, qui a fait quand même une centaine de morts français civils et militaires, est le plus grave échec de la Ve République.

La guerre du Golfe en 1990 nous à nouveau pris en défaut mais cette fois de manière structurelle. Cette guerre nous a pris au dépourvu dans la mesure où nous n’avions jamais envisagé d’avoir à engager à nouveau une grande force expéditionnaire loin de nos frontières. Nos forces professionnelles étaient réduites et personne n’avait songé à constituer une force de réserve spécifique pour elles comme l’avaient fait les États-Unis en 1973. Et comme nous persistions à ne pas envoyer de soldats appelés au combat au loin, nous étions condamnés à n’être que des acteurs mineurs dans cette nouvelle époque stratégique où ce genre d’expéditions serait sans doute courant.

Nous avons entrepris la transformation de notre modèle de force. Nous l’avons mal fait. Nous n’avons rien changé à notre modèle d’équipement « conservateur sophistiqué » et lancé les grands programmes prévus pour affronter le Pacte de Varsovie alors que celui-ci n’existait plus. Comme les paramètres qui avaient rendu possible le modèle d’armée gaullien, croissance économique et ressources humaines à bas coût avec la conscription, disparaissaient et que dans le même temps on réduisait l’effort de défense, la catastrophe était inévitable du côté de la stratégie des moyens. Nous avons alors entamé une grande contraction de nos forces jusqu’à la moitié environ et même jusqu’à 80 % pour les forces terrestres conventionnelles chargées de défendre directement le territoire. En 2015, nous avions moins de soldats professionnels qu’avant la professionnalisation complète et notre capacité de projection extérieure, si elle avait augmenté en qualité technique, n’avait pas augmenté en volume depuis 1990.

Cette nouvelle époque était celle du « nouvel ordre mondial » libéral-démocratique avec une liberté inédite pour les organismes internationaux de régulation et en fond de tableau une puissance militaire américaine largement dominante. Or, qui dit « ordre » dit aussi « maintien de l’ordre ». Les opérations militaires envisagées comme « normales », notamment dans le Livre blanc de 1994 étaient donc soit des opérations de police internationale, sans ennemi donc, en prolongement en beaucoup plus grand de ce qu’on faisait déjà depuis les années 1980 ou des guerres punitives en coalition sous une direction américaine, à l’image de la première guerre du Golfe.

Notre modèle de forces a connu beaucoup d’échecs durant cette période dont on peut considérer la fin vers 2008-2010. En matière de gestion de crise, on a beaucoup tâtonné et souffert entre opérations humanitaires armées, interposition, sécurisation extérieure ou même intérieure, jusqu’à comprendre qu’une opération de stabilisation ne pouvait réussir qu’avec une acceptation au moins tacite, et souvent imposée par la force, de tous les acteurs politiques armés sur place ainsi que le déploiement de moyens très importants.

Quant à la conduite opérationnelle des guerres punitives, elle nous a échappé largement. Cela a abouti parfois à de bons résultats. Sans juger de la justesse de l’objectif politique, la soumission de l’Irak en 1991, de l’État bosno-serbe en 1995 ou de la Serbie en 1999 ou encore la mort de Kadhafi en 2011, soit un rythme d’une guerre contre un « État voyou » tous les cinq ans ont été des réussites opérationnelles puisque le but militaire recherché a été atteint à chaque fois, mais en réalité atteint par les Américains. Nous n’avons toujours été que des actionnaires à quelques pour cent des opérations en coalition américaine.

Ce modèle intervention brève-stabilisation longue a en revanche complètement échoué en Afghanistan en 2001, car l’objectif initial de destruction de l’ennemi n’avait pas été atteint. Nous avions par ailleurs sous-estimé la puissance nouvelle des organisations armées dans la mondialisation. Nous avons été à nouveau obligés de nous lancer dans une campagne de contre-insurrection en particulier à partir de 2008. Le résultat est mitigé. Dans l’absolu la mission a été remplie, nous avons laissé la zone sous notre responsabilité sous le contrôle des autorités afghanes, dans les faits l’impact stratégique de notre action sur place a eu peu d’influence sur l’évolution de l’Afghanistan.

Les expériences afghane et irakienne ont sonné le glas du Nouvel ordre mondial et depuis environ dix ans nous sommes entrés dans la quatrième époque stratégique de la Ve République. Les ambitions occidentales se sont réduites, les États-Unis se sont épuisés et ceux qui les ont suivis dans ces aventures n’ont plus forcément envie de se lancer à nouveau dans de grandes opérations de stabilisation. Avec le retour de la Russie et de la Chine dans la compétition de puissances, les blocages de la guerre froide sont également réapparus.

La nouvelle normalité stratégique a donc des airs de guerre froide avec le retour des freins vers la guerre ouverte dès lors que des puissances nucléaires sont proches. C’est donc par voie de conséquence aussi le retour des confrontations, à plus ou moins forts niveaux de violence, comme par exemple entre la Russie et l’Ukraine ou entre les États-Unis et l’Iran. C’est aussi la confirmation de la montée en puissance des acteurs non étatiques armés : organisations politiques, religieuses et criminelles mais aussi potentiellement entreprises multinationales, milliardaires, églises, etc. toute structure ayant suffisamment d’argent pour se payer une armée au sein d’un État faible et y avoir une influence politique.

Ajoutons deux contraintes fortes à cet environnement : un fond probable de crises en tous genres climatique, sanitaire, économique, etc., et, ce qui est lié, des ressources pour l’outil militaire français qui seront toujours limitées. Le budget est dans la zone des 30 à 40 milliards d’euros constants depuis le milieu des années 1970, il est peu probable, eu égard à tous les besoins autres de finances publiques dans les années à venir, que nous puissions aller de beaucoup au-delà de 40 milliards.

Dans ce contexte la nouvelle normalité, ce sont trois types d’opérations : la guerre contre des organisations armées, les actions auprès des populations y compris sur le territoire français et la confrontation contre des États. Ce qui est improbable, mais qu’il faut quand même envisager : les grandes opérations de stabilisation, les guerres interétatiques et les guerres ouvertes entre puissances nucléaires.

Nous sommes déjà engagés pleinement dans les deux premières missions probables. Il faut s’y efforcer d’y être plus efficient, c’est-à-dire plus efficaces avec des ressources comptées. La vraie nouveauté c’est le retour de la confrontation, ce qui suppose pour nous, je le rappelle, la capacité à faire pression sur un État, c’est-à-dire à être capable de lui faire mal, sans engager une guerre ouverte. Cela passe par une multitude de moyens et d’actions qui dépassent le champ militaire, de l’action clandestine aux frappes aériennes ou raids aéroterrestres, en passant par les actions cybernétiques, la propagande, l’action économique ou diplomatique, etc. la seule limite est l’imagination. La Russie ou la Chine font ça très bien, nous avons fortement intérêt à les imiter. Nous avons déjà un certain nombre de moyens, d’autres sont sans doute à développer, il manque surtout une prise de conscience, une volonté et un instrument de commandement.

Quant aux missions importantes mais improbables, nous sommes prêts avec notre force nucléaire et le maintien de cette capacité sera à nouveau un poste de dépense important de cette période stratégique. Il faut être prêt aussi à remonter en puissance très vite dans le domaine conventionnel à partir d’une force d’active solide.

Dans ce contexte, trois axes d’effort me paraissent indispensables si nous voulons faire face aux défis de l’avenir.

Le premier concerne la question des pertes au combat. Nos ennemis ont compris depuis longtemps qu’il suffit de nous tuer des soldats pour nous ébranler, pas au niveau tactique, nous avons tous intégré la possibilité de perdre la vie en nous engageant, mais bien au niveau politique. Pour être plus précis, il suffit de nous tuer plus de cinq soldats en une seule journée pour remettre immédiatement en cause une opération militaire. Nous avons célébré il y a quelques jours, l’appel du 18 juin du général de Gaulle. Je pense que nos anciens seraient très surpris s’ils voyaient cela, mais le fait est que cette peur politique actuelle est bien ce qui a le plus provoqué d’échecs parmi les 32 guerres et opérations de stabilisation majeures que nous avons mené depuis le dégagement de Bizerte en juillet 1961. La logique voudrait qu’un problème stratégique reçoive une attention stratégique, ce n’est pas le cas en l’occurrence. Les soldats qui vont directement au contact de l’ennemi ne pèsent pas lourd dans les grands programmes d’investissements, ceux qui se comptent en milliards d’euros, alors qu’ils représentent les trois quarts des noms sur le mémorial du parc André Citroën. C’est une contradiction qu’il faut dépasser au plus vite, ce que les forces armées américaines sont en train de faire et cela risque de changer considérablement le visage des opérations modernes.

La deuxième piste de réflexion est celle du volume de forces. Nos troupes sont excellentes, mais avec un contrat de déploiement maximum de huit groupements tactiques interarmes, de deux groupes aéromobiles et une capacité de frappes aériennes de 10 à 15 projectiles par jour sur la durée, le nombre d’adversaires que nous sommes capables de vaincre diminue constamment. Pour simplifier, nous sommes capables de faire le double de l’opération Serval au Mali en 2015, une belle opération mais pas une grande opération non plus, les 3 000 combattants équipés légèrement que nous avons affrontés alors ne représentant pas une grande puissance militaire.

Pour avoir des soldats dans un contexte économiquement soutenable, il n’y a pas d’autres possibilités que l’innovation sociale. On a essayé d’augmenter le volume de forces projetables en professionnalisant complètement les forces. Nous avons échoué. Si toutes proportions gardées, nous faisions le même effort que les Américains en Irak, nous serions capables de déployer 100 000 soldats et non 15 000 comme ce qui est prévu dans le dernier contrat opérationnel. Or l’expérience tend à prouver qu’on fait plus de choses avec 100 000 soldats qu’avec 15 000, aussi bons soient-ils. Maintenant, si on faisait vraiment la même chose que les Américains, sur les 100 000, il y aurait 30 000 soldats d’active, mais aussi 15 000 réservistes et 55 000 soldats privés, miliciens et mercenaires locaux, américains et multinationaux.

Les ressources humaines doivent être trouvées localement. Il faut investir massivement dans les détachements d’assistance militaire. Ceux-ci sont déjà capables de conseiller ou d’instruire des troupes alliées et de coordonner leur action avec la nôtre. Il faut qu’ils soient capables aussi de commander des forces étrangères, soit par délégation de la nation locale à l’instar des forces tchadiennes en 1969 ou même de l’artillerie rwandaise au début des années 1990, soit en les recrutant nous-mêmes. D’autres puissances le font, elles ont raison.

Les ressources humaines sont également et surtout en France. Dans un contexte de ressources financières contraintes, le réservoir de forces dans lequel puiser en cas de crise grave ne peut qu’être une fraction civile de la nation convertible très rapidement en force militaire avec des moyens matériels « sous cocon » ou que l’on puisse construire et acheter tout de suite. Il n’y a pas de modèle d’armée moderne capable de faire des choses en grand sans réserve, or nous avons sacrifié presque entièrement notre force de réserve. À titre de comparaison, là encore si la France faisait le même effort que les États-Unis pour les réserves et la Garde nationale, elle dépenserait 2,8 milliards d’euros chaque année et non une centaine de millions. Dépenser presque 10 % de son budget, comme les États-Unis, pour être capable d’accroître très vite ses forces et les compléter de moyens et compétences qui étaient peu utilisés jusque-là ne paraît pas incongru. Tout cela s’organise, comme cela a pu se faire dans le passé avec une structure de commandement dédiée.

Dernier point, on ne pourra faire face à l’inattendu avec la même politique d’acquisition d’équipements. Il faut introduire plus de souplesse dans nos procédures et arrêter d’être hypnotisés par les belles et coûteuses machines, surtout si elles sont produites en multinational. Les engins de haute technologie sont souvent utiles, parfois décevants, mais ils sont presque toujours très coûteux et donc rares. Il faut pouvoir les compléter avec autre chose, d’une gamme peut-être inférieure mais suffisante. Il faut avoir plus la culture du « retrofit ». On peut par exemple se demander ce que sont devenus les centaines de châssis de chars Leclerc déclassés. Certains d’entre eux auraient pu servir de base à des engins qui nous manquent cruellement comme les engins d’appuis feux ou les véhicules de transport de troupes très blindés. Il faut acheter et vendre beaucoup plus sur le marché de l’occasion. On n’était peut-être pas obligé d’attendre dix ans après les premiers combats en Kapisa-Surobi en 2008 pour remplacer le fusil d’assaut FAMAS par le HK-416 disponible depuis 2005 pour un prix total représentant 1,5 % des crédits d’équipement d’une seule année budgétaire.

En résumé et pour conclure, nous ne serons pas capables de faire face aux défis actuels ou futurs, attendus ou non, sans innover, en partie techniquement, mais surtout dans nos méthodes et notre organisation en cherchant à être beaucoup plus souples que nous ne le sommes. Nous devons investir dans l’humain, dans la formation de nos soldats en particulier, mais surtout dans les liens des armées avec le reste de la nation. C’est là que se trouvent en réalité les ressources de tous ordres qui nous permettront d’affronter l’avenir.

Le chef de l’Agence européenne de défense met en garde contre la mainmise américaine sur les équipements militaires

Le chef de l’Agence européenne de défense met en garde contre la mainmise américaine sur les équipements militaires

Lors d’une audition à l’Assemblée nationale dans le cadre de l’examen du projet de Loi de programmation militaire [LPM] 2019-25, le Pdg de Dassault Aviation, Éric Trappier, s’était emporté contre la tendance des industriels américains de l’armement à imposer leurs standards technologiques au lieu de rechercher l’interopérabilité avec l’Otan.

« Le modèle américain du F-35 casse ces codes et vous dit : ‘il n’y a plus d’interopérabilité, il y a intégration avec le F-35’. C’est à dire que vous êtes Américains ou vous n’êtes pas. C’est proprement scandaleux que l’Otan accepte ça. Normalement, c’est l’interopérabilité et on est train de passer à l’uniformisation et à l’intégration dans les armées américaines »,

avait ainsi expliqué M. Trappier.

Lors d’une conférence sur la cohérences des capacités [militaires] européennes, donnée à l’occasion du salon de l’armement terrestre Eurosatory, le chef de l’Agence européenne de défense [AED], Jorge Domecq, n’a pas dit autre chose, en estimant que l’Europe devrait se passer des équipements militaires américains de haute technologie afin d’obtenir une plus grande « autonomie stratégique. »

« Voulons-nous continuer à entretenir une relation d’affaire, avec l’autre côté de l’Atlantique, qui est indubitablement déséquilibrée mais malsaine en termes de défense de l’Europe? » a ainsi demandé M. Domecq, selon ses propos rapportés par Defense News.

« La tendance des nations qui achètent des capacités [militaires] américaines devrait cesser si l’Europe veut se débrouiller militairement », a plaidé le chef de l’AED.

« Si vous avez des capacités sans avoir les moyens industriels de les entretenir, alors cela revient à demander à votre voisin de vous donner un tuyau chaque fois que vous voulez arroser des plantes. À la longue, vous n’aurez plus de jardin. Vous aurez un terrain sec », a plaidé M. Domecq.

Reste que ces propos risquent de n’avoir aucun effet sur certains pays européens. Ceux d’Europe de l’Est, s’est plu à rappeler Defense News, « continuent de privilégier les équipements américains » par rapport aux offres européennes étant donné qu’ils les considérent comme une « sorte de police d’assurance politique contre Moscou. » Ce ne sont pas les seuls d’ailleurs : même la Suède, qui ne fait pas partie de l’Otan, a choisi le système Patriot aux dépens du SAMP/T d’Eurosam.

Cependant, le Fonds européen de défense [FED], qui, censé permettre de développer les capacités militaires des États membres, sera présenté le 13 juin, va marquer une rupture. En effet, pour y être éligibles, les « entreprises devront être basées dans l’Union européenne, avoir leurs infrastructures dans l’Union européenne et surtout, les prises de décisions ne pourront pas être contrôlées par une entité installée hors de l’Union européenne. » Ce qui exclurera les industriels américains et… britanniques après le Brexit.

Les députés de la commission de la Défense s’opposent au gouvernement sur les restes à payer du ministère des armées

Les députés de la commission de la Défense s’opposent au gouvernement sur les restes à payer du ministère des armées

par Laurent Lagneau – Zone militaire – Le 14-03-2018

opex360.com/2018/03/14/deputes-de-commission-de-defense-sopposent-gouvernement-restes-a-payer-ministere-armees/

 

L’article 17 de la Loi de programmation des finances publiques (LPFP), laquelle encadre la Loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025, limite les restes à payer de l’État – c’est à dire la différence entre les autorisations d’engagement (AE) et les crédits de paiement (CP) – à une centaine de milliard d’euros.

Sauf que le ministère des Armées est particulièrement concerné par ce plafonnement de ces restes à payer dans la mesures où les siens dépassent les 50 milliards d’euros. Ce qui est normal étant donné qu’il a à conduire des grands projets d’armement qui exigent des AE importantes. Aussi, cet article 17 limite ses marges de manœuvre pour le programme 146 « Équipements des forces ».

Prenons l’exemple d’une commande de 100 véhicules blindés signée par la Direction générale de l’armement (DGA), pour un montant de 160 millions d’euros, dans le cadre d’un contrat prévoyant la livraison de 25 exemplaires par an.

Au moment de la notification du marché, il faudra alors inscrire 160 millions au titre des AE (année n). Si les livraisons doivent commencer l’année suivante (n+1), il faudra donc prévoir 40 millions au titre des crédits de paiement. Et ainsi de suite jusqu’au terme du contrat.

Lors des débats relatifs au projet de loi de programmation des finances publiques, plusieurs parlementaires avaient mis en garde contre les conséquences de cet article 17 pour le ministère des Armées. Certains allèrent jusqu’à demander son exonération de ce dispositif. Ce qui fut refusé par le gouvernement, tant au Sénat qu’à l’Assemblée nationale, malgré les préoccupations exprimées à ce sujet par Florence Parly, la ministre des Armées. Pour autant, cette dernière ne s’est pas avouée vaincue.

En effet, le rapport annexé du projet de LPM 2019-2025 précise que « compte tenu de l’augmentation des engagements prévue sur la période de la LPM », l’article 17 de la LPFP « ne contraindra pas les investissements du ministère des Armées. » Mais cela est-il juridiquement suffisant ? Suffit-il d’une mention dans un rapport annexé pour remettre en cause une disposition votée et amendée quelques semaines plus tôt ?

Quelques députés ont donc déposé des amendements afin d’inscrire « dans le dur » cette exonération du ministère des Armées des obligations prévues par l’article 17.

En commission des Finances, François Cornut-Gentille (LR) et Valérie Rabault (PS) s’y sont attachés. Sans succès puisque leurs amendements respectifs ont été rejetés. En revanche, le président de la commission de la Défense, Jean-Jacques Bridey, a eu plus de succès.

Lors de l’examen, en commission du projet de LPM, M. Bridey a quasiment toujours été d’accord avec Mme Parly sur les différents amendements déposés par les députés. Soit pour les rejeter, soit pour les accepter. Sauf sur le n°DN501, qu’il a lui-même proposé pour exclure la mission Défense « du champ d’application de l’article 17 de la loi n° 2018‑32 du 22 janvier 2018 de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022. »

Au cours de la discussion de cet amendement, le député Joaquim Pueyo a demandé à Mme Parly la raison pour laquelle la précision sur cet article 17 figurait dans le rapport annexé et non pas dans le corps de la LPM 2019-2025. Si elle a dit être « d’accord » sur l’objectif, la ministre a expliqué qu’un « point d’accord avait été atteint dans les débats interministériels » et que, par conséquent, elle s’en tenait là.

« On comprend bien qu’il y a un arbitrage interministériel » lui a rétorqué Jean-Christophe Lagarde (UDI). « Mais d’une certaine façon, il faut que vous soyez aidée face à Bercy. L’explication du texte telle que vous la faites, dans les cerveaux de ce noble ministère des Finances, voir de la commission des Finances […], pourrait venir à une interprétation ultérieure différente », a-t-il ajouté.

Hormis le rapporteur de la commission des Finances, qui assistait aux travaux de celle de la Défense (sans voter), tous les députés sont allés dans le sens de M. Bridey, dont l’amendement a été adopté à l’unanimité. Reste maintenant à la défendre en séance…

 

 

La commission de la défense et des forces armées de l’Assemblée Nationale a auditionné le général Jean-Pierre Bosser (13/02/2018)

La commission de la défense et des forces armées de l’Assemblée Nationale a auditionné le général Jean-Pierre Bosser (13/02/2018)

Dans le cadre de la loi de programmation militaire 2019-2025.

C’était l’occasion pour le CEMAT de donner son avis sur la LPM en exprimant les besoins de ses forces ainsi que le défi de leur modernisation. Et il a donné un avis très positif : « l’armée de terre peut se montrer satisfaite d’un projet de loi de programmation militaire qui répond très largement à son attente. Disant cela, je fais preuve d’un optimisme non pas béat mais raisonnable, empreint de volonté, de responsabilité et de gravité au regard des actions que nos hommes mènent à la fois sur le territoire national et en opérations extérieures. C’est pour moi une responsabilité historique. Je ne pensais pas être le CEMAT de la FOT à 77 000 hommes et de la remontée en puissance.”

Compte rendu n° 28 de la Commission de la défense nationale et des forces armées – Audition du général Jean-Pierre Bosser chef d’état-major de l’armée de terre sur le projet de loi de programmation militaire 13/ 02 /2018 :

Audition du général Jean-Pierre Bosser sur le projet de loi de programmation militaire

Mali – Le réveillon militaire de la députée Dumas

Mali – Le réveillon militaire de la députée Dumas

Mali – Le réveillon militaire de la députée Dumas

par Coralie Mollaret, publié le 8/01/2018

https://www.objectifgard.com/2018/01/08/mali-le-reveillon-militaire-de-la-deputee-dumas/

La députée nîmoise a accompagné la ministre des Armées au Mali, à l’occasion du réveillon du nouvel an.

L’année dernière, au coeur de l’été, la députée nîmoise assistait à la préparation d’environ 500 militaires au camp de Canjuers (Var). Françoise Dumas y avait rencontré les 500 soldats (dont 60 Nîmois) du GTlog (Groupement tactique et logistique) Via Domitia, projetés au Mali, en septembre.

La députée LREM de la 1e circonscription et vice-présidente de la commission Défense, Françoise Dumas. Photo : droits réservés.

Aujourd’hui sur le terrain, les périodes de fêtes peuvent être compliquées pour les soldats, dont la famille est restée en France. Pour marquer sa solidarité avec les troupes, la ministre des Armées Florence Parly a visité les militaires de Tessalit, avant-poste de l’Opération Barkhane, au nord du Mali. L’Opération Barkhane vise à lutter contre les groupes armés djihadistes salafistes, dans la région du Sahel. 

Vice-présidente de la commission Défense à l’Assemblée nationale, Françoise Dumas faisait partie du voyage. « Lors de leur préparation en été, le lieutenant-colonel Leger m’avait invité à rencontrer le 4ème régiment du matériel en opération extérieure » rappelle-t-elle.  Une visite qui « aura permis d’appréhender au mieux les réalités du terrain et de partager brièvement le quotidien de nos soldats qui luttent en dehors de nos frontières pour protéger la France et la stabilité de cette région. »

Maillon « indispensable au bon déroulement des opérations », le GTlog Via Domitia est un bataillon logistique. Ces militaires ravitaillent en eau, en gasoil ou encore en munitions les soldats de la force Barkhane. Le nerf d’une guerre réussie.