L’armée de Terre veut renouer avec l’art de la ruse et les opérations de « déception » au combat

L’armée de Terre veut renouer avec l’art de la ruse et les opérations de « déception » au combat

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La représentation du champ de bataille dans le combat SCORPION

La représentation du champ de bataille dans le combat SCORPION

Pr le Colonel Guillaume Benquet – Revue de doctrine des forces terrestres –

Se souvient-on suffisamment de l’impact qu’a pu avoir, pour les chefs qui ont voulu s’en saisir, la simple introduction de la radio sur les engins du champ de bataille ? Par comparaison, a-t-on bien pris conscience du potentiel de changement que pourrait représenter la constitution dès demain d’unités info-valorisées ?

En réalité, les outils promis par le programme SCORPION devraient permettre de dépasser de beaucoup les simples gains capacitaires.

Car sur le fond, la mise en réseau des combattants et le partage entre eux d’une connaissance tactique inédite a tout pour modifier favorablement le jugement des chefs tactiques de tous niveaux et il faut l’espérer, leur action. Dans cette approche, la représentation du champ de bataille occupe une place déterminante. De sa justesse s’il est possible, de la prise en compte de toutes ses dimensions et de la nature même de ses acteurs, découleront en grande partie le succès recherché.

Il faut avant toute chose prendre conscience de ce qu’impliquera pour les chefs tactiques une connaissance partagée avec leurs subordonnés de leur situation tactique commune. Ensuite, il faut bien mesurer ce que représentera pour les petits niveaux tactiques l’élargissement de leur combat à de nouvelles dimensions. Il faut enfin réfléchir aux conséquences prévisibles pour les unités au contact du passage d’un combat collectif au combat collaboratif.

 

1- Tirer parti de la levée du brouillard sur l’AMI

Grâce à la remontée de position automatisée et à l’échange de données permanentes entre les combattants, la situation tactique AMI va devenir plus claire pour les chefs au combat, jusqu’au niveau des chefs de section et de peloton. Cette vision renouvelée de l’espace d’engagement va avoir plusieurs implications.

La visibilité accrue de la situation tactique sera accessible et exploitable d’emblée, via l’interface ergonomique du système d’information du combat SCORPION (SIC-S). De façon immédiate, par la géolocalisation, chacun dans l’unité connaîtra la position exacte des amis, en permanence. Les anglo-saxons l’appellent le Blue Force tracking, BFT. Mais SIC-S offrira bien plus. Car ce logiciel comprend par exemple un outil de cartographie faisant apparaître à la demande les secteurs d’inter-visibilité. Avec cette application, le chef peut évaluer la cohérence de son dispositif, ou repérer sur le terrain les meilleures positions d’observations. Cet outil doit contribuer à lever les brumes qui recouvrent le terrain inconnu, pour le rendre un peu plus lisible et partant, exploitable.

Surtout, SIC-S assurera les remontées techniques des multiples capteurs intégrés aux engins. Ces informations cruciales confèreront aux chefs tactiques une connaissance précise de l’état de fonctionnement des systèmes de combat, ou encore, des consommations dans tous les domaines. Ces fonctionnalités donneront finalement aux chefs une vision actualisée de leur potentiel de combat, éclairant leurs réflexions et leurs décisions d’un jour nouveau. Ces informations devraient les autoriser par ailleurs à anticiper utilement les besoins en ravitaillement de leurs subordonnés. Plus loin, ces remontées d’informations pourraient ouvrir la voie par exemple à une logistique et une maintenance prédictives.

Or, l’angle nouveau n’est pas tant que les chefs seront mieux informés, mais bien que leurs subordonnés auront une vision de la situation tactique générale presque aussi précise que la leur. Cette connaissance réciproque sera une réalité du commandant de Groupement tactique interarmes  (COM GTIA) au chef de section/chef de peloton (CDS/CDP). Cette perspective ouvre donc la porte à de nouvelles possibilités tactiques, qui favoriseront la subsidiarité et la prise d’initiative. Une meilleure connaissance et une meilleure compréhension de la situation tactique encourageront en effet la subsidiarité entre le subordonné et le chef, préservant ainsi ses responsabilités de contrôle et d’anticipation.

La prise d’initiative devrait être encouragée elle aussi, car le subordonné pénétré de l’intention de son chef, jusqu’à N+2, disposera enfin d’une  compréhension suffisante pour identifier et saisir sans délai les  opportunités qui se présentent. L’agilité tactique attendue des unités SCORPION reposera pour une bonne part sur l’exploitation des possibilités offertes par cet éclairage singulier du champ de bataille. Ses potentialités en matière de subsidiarité et d’initiative devront être d’autant plus valorisées que SCORPION permet aux unités de combattre de façon simultanée dans de nouvelles dimensions. 

 

2- Combattre dans 5 dimensions

Le combat de haute intensité moderne pourrait faire entrer les plus petits niveaux tactiques dans des univers globalement ignorés avant le niveau de la brigade. Pour emporter la décision dans ces conditions, SCORPION donne aux forces la faculté de combattre efficacement dans ce nouveau champ de bataille, étendu désormais à 5 dimensions.

L’apparition et la diffusion rapide de petits drones volants, amis et ennemis, s’additionnent à l’emploi de part et d’autres de munitions TAVD1 pour densifier et donc complexifier une 3D de contact, constituant avec la 3D classique un espace de combat à part entière. Les mini, micro et nanodrones sont déjà dotés de capacités accrues en matière de renseignement et même d’agression. Les unités SCORPION devront nécessairement combattre dans cet espace très disputé. En pratique, c’est sans doute dès le niveau de la section ou du peloton qu’il faudra concevoir sa manœuvre dans cette dimension et plus que tout, l’intégrer dans celle du niveau supérieur. La qualité de l’information partagée, évoquée précédemment, contribuera à effectuer l’indispensable déconfliction entre les objets volants (aéronefs) et les drones ainsi que les munitions guidées.

Sur un autre plan, la plus-value des unités SCORPION tiendra en grande partie à la performance des liaisons de données. Cette réalité, associée à l’augmentation probable des élongations entre les unités, suggère la consolidation de la manœuvre des transmissions, dès le niveau du Sous-groupement tactique interarmes (SGTIA). Développés et étendus, les réseaux SCORPION devront aussi être protégés. L’architecture spécifique du programme, qui répartit l’information entre les systèmes au lieu de  la faire converger en un seul point, est une partie de la réponse.

Mais dans un environnement électromagnétique contesté, il est certain que la manœuvre des transmissions SCORPION devra être conçue et conduite avec autant d’habilité que celle des champs physiques.

En dernier lieu, la cyberdéfense est l’ultime dimension du combat SCORPION, chaque année plus prégnante. De fait, l’électronique embarquée communicante des engins SCORPION et la multiplicité des échanges de données entre les combattants associés en fait un objet à part entière pour la cyberdéfense. La prise en compte de cette problématique se situe encore pour l’heure au plan défensif, s’appuyant sur le cryptage des échanges et le déploiement de réseaux fermés. Il reste que la défense contre les actions de la guerre électronique, dont les intrusions, les localisations ou le brouillage des flux de données, sera une préoccupation des chefs engagés au combat, dès le niveau du SGTIA. La zone d’engagement des unités SCORPION sera donc étendue dans 3 dimensions supplémentaires. Obtenir la victoire dans cet espace complexe reposera sur la résilience et la performance de la manœuvre interarmes.

 

3- Passer du combat collectif au combat collaboratif

Dans le champ de bataille SCORPION, chaque fonction prenant part au combat disposera d’une vision équivalente du champ de bataille. De ce fait, il deviendra bien plus aisé pour chacune d’elles d’anticiper avec pertinence le concours à apporter au combat commun, ou d’appliquer au meilleur moment les effets nécessaires. Ici, la plus-value technique doit conduire les unités SCORPION à modifier leur rapport à l’action.

Dans le combat interarmes classique, collectif, les appuis et les renforts concourent à l’accroissement des effets de la fonction intégratrice. Dans le combat collaboratif, la fonction intégratrice doit, dès le niveau du SGTIA, superviser la conjugaison des appuis et des renforts, pour produire un effet original, supérieur au précédent. La fonction intégratrice réserve son action à l’application de ses effets spécifiques, uniques. De leur côté, bénéficiant de l’information partagée de l’unité, les fonctions concourantes ont les moyens d’anticiper leur engagement. Elles ont à assumer un rôle augmenté, apte à produire cet effet commun supérieur. Ce combat collaboratif sera plus décentralisé et accéléré, comme il a été vu plus haut. Il sera encouragé en cela presque mécaniquement par son nouvel environnement. Car, pressé par le rythme de la manœuvre, potentiellement guetté par la surcharge informationnelle, le chef interarmes n’aura vraisemblablement d’autre choix que de s’appuyer largement sur des subordonnés bien informés et peut-être, limiter sa conduite à un commandement par veto. Faisant ainsi, il pourra en revanche accompagner et même renforcer l’accélération décisionnelle, en portant l’effort de son attention sur le temps qui vient, c’est-à-dire anticiper.

Pour amener les chefs à concevoir puis à conduire la bataille sur ce champ d’affrontement modifié de façon significative, la formation des chefs tactiques devra certainement évoluer afin de leur donner tout à la fois l’aptitude à exploiter au mieux l’information globale dont ils bénéficieront au contact et la capacité à prolonger avec pertinence l’action de leur chef. L’échelon supérieur reportant son attention sur le contrôle de l’action.

 Il est plus que probable par ailleurs que les chefs de SGTIA par exemple devront avoir une connaissance plus poussée de l’emploi et des effets des différentes fonctions opérationnelles ; surtout celles du combat de contact.

 

Conclusion

Pour bien combattre, il est évidemment indispensable d’avoir une vision aussi juste que possible de son champ de bataille et donc de son ennemi. 

La connaissance partagée via les systèmes de combat SCORPION devrait lever une partie du brouillard qui recouvre les amis. Mais si l’espace de l’affrontement sera un peu moins opaque de ce point de vue, SIC-S, pas plus qu’aucun système, ne permettra de suivre avec fiabilité l’ennemi détecté et encore moins d’anticiper son action avec certitude. Cette partie du brouillard de la guerre a donc toutes les chances de rester assez épaisse.

Cette incertitude sur l’ennemi au contact imposera aux chefs tactiques d’apprendre à lever la tête des écrans, pour mettre leur réflexion et leur conduite à l’épreuve du monde réel. Car c’est bien là qu’évoluera celui qu’il faut vaincre. Pour espérer sortir vainqueur de ces affrontements, qui se dérouleront dans davantage de dimensions, le combat en réseau, le combat collaboratif, sera certainement le premier des savoir-faire à maîtriser.

Avec le déploiement du SIC-S dans l’armée de Terre dès 2020, c’est sans tarder que les unités vont pouvoir collaborer au développement de la tactique SCORPION. Il s’agit collectivement de satisfaire à une ambition : créer une continuité naturelle entre la guerre à distance, celle des écrans, des drones et du TAVD et celle du combat de contact, celui qui voit directement l’ennemi et qui continuera à aller jusqu’au corps-à-corps.

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1 Tir Au-delà des Vues Directes . Munitions guidées à tir courbe .

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DGSI – Risques d’ingérence économique dans les sociétés françaises – Flash infos Juin 2019

DGSI – Risques d’ingérence économique dans les sociétés françaises – Flash infos Juin 2019

 

Ce « flash » évoque des actions d’ingérence économique dont des sociétés françaises sont régulièrement victimes. Ayant vocation à illustrer la diversité des situations auxquelles les entreprises sont susceptibles d’être confrontées, il est mis à votre disposition pour vous accompagner dans la diffusion d’une culture de sécurité interne.

Vous comprendrez que, par mesure de discrétion, le récit ne comporte aucune mention permettant d’identifier les entreprises visées.

Pour toute question relative à ce « flash » ou si vous souhaitez nous contacter, merci de vous adresser à : securite-economique@interieur.gouv.fr

Lire et télécharger le Falsh infos : DGSI Flash infos N°54 JUIN – risques ingérence économique dans les sociétés française

 

La Direction du renseignement et de la sécurité de la Défense veut gagner sa « bataille du recrutement »

La Direction du renseignement et de la sécurité de la Défense veut gagner sa « bataille du recrutement »

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Les défis de la guerre à distance(s)

Les défis de la guerre à distance(s)

Gagner au contact
Saut de ligne

La guerre à distance expose les sociétés occidentales à de nombreux défis, tant financiers qu’éthiques ou moraux.

1°) La vulnérabilité des sociétés occidentales

L’amiral  Casabianca estime que la sensibilité des sociétés occidentales à l’émotion et à l’influence extérieure (qu’il décrit comme une « vulnérabilité ») participe d’une réelle incapacité à soutenir dans le temps long une opération. Il se réfère également au développement du concept « zéro mort ». Dans ce contexte, le recours à des armes modernes, précises, à longue portée est tentant, et conforte l’illusion, dans l’opinion, d’une possibilité de maîtrise des conflits à distance, sans exposition physique.

La distance peut être ressentie par les citoyens comme une dimension abstraite qui peut engendrer de l’indifférence voire de l’insensibilité à la nature réelle des combats.

Dans une société à « haut niveau de pacification », la distance par rapport à la réalité se mesure aussi au travers des images véhiculées par la télévision et les médias  sociaux.  Le général  Facon pose ainsi la question : « la guerre distance a-t-elle tué le consentement à l’engagement ? ». Le niveau d’engagement dans le service universel apportera une réponse intéressante à cet égard.

2°) Les limites du tout technologique

La technologie  est précieuse et constitue même l’écriture de notre Histoire rappelle Madame Castillo. Mais si l’utilisation des armes du haut du spectre, en ce qu’elle permet la maîtrise des espaces, peut apparaître militairement efficace aux Occidentaux, l’expérience opérationnelle des dernières années montre qu’elles ne peuvent à elles seules emporter la décision. Et, au contraire, les effets induits à long terme peuvent rendre plus difficile la recherche d’une paix durable : « le monde occidental considère que l’efficacité est devenue l’unique mesure du succès, en guerre comme en économie. Or une partie du monde est écrite avec d’autres critères de mesure historique et guerrière, avec d’autres moyens de transport et un autre sens de la distance entre le combattant et l’ennemi ».

C’est évidemment le cas des guerres asymétriques. Et de citer le colonel Hervé Pierre: «là où il nous faudrait éradiquer toute action terroriste pour se déclarer vainqueur, il suffit à l’adversaire d’en commettre une pour affirmer sa victoire, comme preuve de son existence, donc de notre incapacité à le réduire au silence, en dépit des moyens engagés».

La technologie  peut aussi se retourner contre celui qui l’utilise. Monsieur Klein, se référant à des travaux américains, explique que tuer un terroriste à distance provoquerait des effets secondaires contre-productifs, tant cet acte est perçu par les ennemis comme un manque évident de courage et de ce fait suscite des vocations en plus grand nombre.

La technologie  ne peut être en elle-même le seul vecteur de la victoire. Pour Madame Castillo, c’est une illusion de croire que tout problème humain a une solution technique. Elle précise que la technique ne résout que les problèmes qui sont déjà techniques.

Plusieurs intervenants ont évoqué les pensées stratégiques dominantes inspirées par une nature militaire américaine privilégiant les solutions technologiques : les drones aujourd’hui, la robotique ou l’intelligence artificielle demain. La technologie permet de gagner des batailles, mais de moins en moins les guerres. 

3°) Le coût de la guerre

Le temps long de la régulation des crises, à distance et au contact, pose la question non seulement de la volonté politique, mais aussi celle du coût. 

Le coût de la guerre à distance va augmenter du fait :

  • des nouvelles conflictualités dans l’espace, dans le monde cyber ;
  • de la prolifération des capacités de contestation des espaces (A2AD), qui accélère le développement des capacités de pénétration et renchérit la protection ;
  • du développement des drones et des satellites ;
  • de la montée en gamme capacitaire des compétiteurs régionaux et des grandes puissances ;
  • de la dissémination des capacités nivelantes ;
  • des logiques de stocks logistiques, opposées à une logique de flux tendus. Symétriquement, le coût de la guerre au contact va croissant du fait :
  • de l’attrition liée à la multiplication et au perfectionnement des armements (IED, missiles) ;
  • du renchérissement des moyens de la mobilité tactique (hélicoptères, véhicules du programme Scorpion) ;
  • du coût des munitions de précision ;
  • de la problématique de la maîtrise de l’énergie ;
  • du développement de la robotique de combat.

Ce coût conduit l’amiral Casabianca à s’interroger : « mener une guerre à distance dans le temps long sera-t-il à notre portée demain ? Comment éviter qu’un engagement durable ne nous rende vulnérables et prédictibles ? ». 

4°) Le droit, l’éthique et la morale

La question du droit, des normes, des considérations éthiques et morales, définit les fondements de l’emploi des forces occidentales depuis la Seconde Guerre mondiale. Mais d’autres sociétés ou d’autres civilisations ne vont-elles pas leur imposer une évolution  de ces normes ? L’amiral Baduel estime que nous avons le devoir de nous préparer à cette dissymétrie et d’envisager cette question.

Le droit français encadre l’utilisation des robots et de l’intelligence artificielle. Le général Beaudouin rappelle que le droit français interdit de faire faire des choses à une entité qui n’est pas responsable (et un robot n’a pas de personnalité juridique autonome). Seul celui qui l’a programmé l’est. Il garde les conséquences d’une guerre à distance qui peut aussi avoir pour effet de tuer la vertu : « viendrait un moment, avec de tels systèmes autonomes, où l’on mènerait une guerre qui n’a plus de sens ».

En l’absence de traités internationaux, des extrémismes ou des autoritarismes déterminés pourraient en revanche s’affranchir de ces règles et utiliser les robots et l’intelligence artificielle pour basculer dans la violence pure.

5°) La problématique des armes autonomes

Les SALA sont conçus pour éliminer les adversaires tout en économisant des vies. Mais dans un monde où l’information a autant d’importance et d’influence que la force militaire, l’emploi de ceux-ci peut provoquer des effets secondaires contre- productifs et affecter voire remettre en cause la légitimité de l’action de la force. Pour Madame Castillo,  les SALA obligeront à une guerre limitée (« faute de quoi leur utilisation serait monstrueuse »), mesurée (« c’est-à-dire judiciarisée ») et à une guerre intelligente (« c’est-à-dire une guerre qui évitera l’inutile »). 

6°) Les proxys

La guerre à distance peut également être menée par procuration.  Les armées recourent aux proxys pour réduire le risque de pertes ou mener une stratégie indirecte dans le cadre de l’approche globale. La manœuvre en proxy présente  de nombreux avantages à court terme par l’apport de leur connaissance du théâtre, de sa population et de son patrimoine culturel, par le travail en réseaux. Pour le général Gallet, « cette stratégie réticulaire, qui progresse par tache d’huile, au contact des populations, permet, si l’on est suffisamment habile, si les conditions de pression et de température sont bonnes, de créer une masse critique et finalement former un mouvement populaire susceptible de l’emporter ».

Mais il convient d’être aussi particulièrement attentif aux éventuelles conséquences négatives de l’emploi de ces proxys. Le général Gallet évoque à cet égard les drames humains que le retrait de la force d’un territoire ou d’un pays peut provoquer alors que la solution politique n’est pas encore trouvée.

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