Le traité New Start sur les armes nucléaires stratégiques toujours dans l’ornière

Le traité New Start sur les armes nucléaires stratégiques toujours dans l’ornière

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Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – publié le 6 octobre 2020

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/


L’avenir du traité New Start (“Strategic Arms Reduction Treaty“) qui porte sur la réduction des armes nucléaires stratégiques a été évoqué hier lundi, en Finlande. Et cet avenir reste toujours aussi incertain, Russes et Américains n’étant pas parvenus, une fois de plus, à s’entendre. C’est “l’impasse”, comme l’écrivaient Kingston Reif and Shannon Bugos sur le site de l’Arms Control Association.

Ce traité, signé le 8 avril 2010 à Prague, est entré en vigueur le 5 février 2011 pour une durée de dix ans. Dans quatre mois, il sera caduc.

C’était tout l’enjeu de la réunion d’hier. On lira ici la déclaration, sans illusions, du président finlandais Niinistö sur ces discussions que le MAE russe a sobrement (platement) qualifiées “d’échanges sur la question du contrôle des armements”. Côté US, on parle de “progrès” sur la forme mais pas sur le fond, avec une possible prolongation du traité actuel. Sans citer la partie russe dont le drapeau ne figure sur le tweet de Marshall S. Billingslea, l’ambassadeur US chargé des négociations.

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“NEW START: prolongation et extension de mise pour éviter le début de la fin”, écrivais-je dans un post du 17 mai dernier. Effectivement, une option a minima serait de prolonger l’actuel traité, de façon à prolonger les discussions qui achoppent. Moscou serait prêt à une extension de 5 ans.

Washington a d’autres exigences:
– les nouvelles armes stratégiques russes doivent être incluses dans le traité. Pour le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, s’il “devait y avoir une extension du New START, nous devons nous assurer d’inclure toutes ces nouvelles armes que […] la Russie poursuit”.
–  la Chine doit être incluse dans ce traité. Ce que Pékin refuse, arguant que son arsenal nucléaire est bien inférieur à celui des principaux pays détenteurs d’armes nucléaires (il représenterait 3% des arsenaux mondiaux).

Une éventuelle défaite de Donald Trump rebattrait les cartes assurément. Mais, comme l’écrivait Alexander Chourreau sur le site de l’IDN, “si Trump n’était pas réélu, le nouveau président n’aurait cependant que quinze jours pour finaliser une nouvelle extension du traité, le jour de l’investiture présidentielle étant le 20 janvier“. 

En attendant une nouvelle rencontre entre envoyés russes et américains, un peu de lecture… Sur les arsenaux actuels des deux super-puissances, on lira une étude très récente de la Federation of American Scientists: “At 11th Hour, New START Data Reaffirms Importance of Extending Treaty” qui veut démontrer l’utilité de ce traité sur la réduction des arsenaux dont voici la composition au 1er septembre selon les chiffres officiels:

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Relations entre ruptures technologiques, pensée tactique et formation des élites, des expéditions coloniales à nos jours

Relations entre ruptures technologiques, pensée tactique et formation des élites, des expéditions coloniales à nos jours

Par le Chef d’escadron Roméo Dubrail et les Chefs de bataillon Antoine Mathey et Yann Queran- Cahiers de la pensée mili-Terre –
Saut de ligne
Saut de ligne

Bien que l’asymétrie remette en cause localement le paradigme de J.F.C. Fuller selon lequel pensée militaire et formation s’adaptent à l’innovation, le Chef d’escadron Roméo Dubrail et les Chefs de bataillon Antoine Mathey et Yann Queran montrent que cette analyse se vérifie, en France, sur la période de 1945 à nos jours. En effet, que ce soit pendant l’âge de l’atome ou celui des NTIC, la rupture technologique a initié une véritable redynamisation de la réflexion stratégique et tactique et, en conséquence, d’importantes modifications de la formation des élites. Inversement, la phase descendante de l’âge de l’atome a montré une sclérose de la pensée militaire autour de l’emploi de l’arme nucléaire.

La France doit désormais chercher à tracer les contours de la future rupture technologique majeure, tant par la recherche duale que par celle propre aux armées, pour en tirer des avantages intrinsèques dans tous les domaines, si elle veut rester une nation majeure sur la scène internationale.

Dans L’influence de l’armement sur l’histoire édité en 1946, J.F.C. Fuller[1] met en exergue les liens entre les civilisations, l’évolution de l’armement et les conséquences sur la conduite de la guerre. Il distingue clairement différentes périodes historiques au caractère cyclique, marquées par l’hégémonie de puissances qui ont su maîtriser les technologies de rupture. Il dénombre six cycles longs au cours de l’histoire. Tout comme pour les cycles longs économiques de Kondratieff, chacun est initié par une rupture technologique, puis a une phase ascendante et enfin une phase descendante.

Afin que la rupture technologique permette une rupture dans l’art de la guerre, les armées doivent en saisir toutes les applications à travers une réflexion de la pensée militaire aboutissant à une rupture de doctrine.

Selon J.F.C. Fuller, la pensée militaire et l’apprentissage de l’art de la guerre sont fondamentalement assujettis à l’innovation technologique et ce, également, dans un mouvement cyclique. Cette analyse de J.F.C. Fuller est-elle toujours pertinente? Depuis 1945, la pensée militaire, ainsi que la formation des élites continuent-elles à être assujetties à l’innovation technologique?

Christensen et M. Raynor ont été les premiers à définir clairement la notion de rupture technologique ou de technologie de rupture. Ils introduisent cette notion en 1997 dans «The Innovator’s solution»[2]L’innovation est considérée de rupture lorsqu’elle initie un nouveau cycle industriel et économique qui caractérise un cycle long Kondratieff. D’un point de vue militaire, une innovation de rupture doit initier une rupture de la pensée stratégique et de la formation des élites. Cette triple rupture s’inscrit dans un nouveau cycle de l’armement tel que décrit par J.F.C. Fuller.

Cette étude se limitera à l’armée française et à sa capacité, depuis 1945, à lier les trois cycles suivants: ruptures technologiques, formation des élites et pensée militaire.

Depuis 1945, l’assertion de J.F.C. Fuller, selon laquelle la pensée militaire et la formation s’adaptent aux cycles majeurs de l’armement, se vérifie et ce, à travers l’âge de l’atome mais aussi «l’âge des NTIC» débuté dans l’après-guerre froide.

Si les conflits asymétriques semblent remettre en cause l’adaptation de la pensée militaire et de la formation des élites à la rupture technologique, ces périodes s’intègrent au sein du cycle long, «l’âge de l’atome» ? débuté en 1945 ?, sans remettre en cause la pensée de J.F.C. Fuller. Aussi, cette adaptation reste pertinente à l’âge des NTIC ? qui a débuté dans les années 1990 ?, période durant laquelle la France cherche à faire concorder rupture technologique, doctrine et formation dans un même cycle.

 

Remise en cause de la subordination de la pensée militaire à la technologie dominante par les «petites guerres»

 

Les conflits asymétriques intervenant dans les cycles longs mettent en question l’hégémonie donnée par l’avance technologique aux grandes puissances. Afin de faire face à ces défis, la formation des élites militaires doit anticiper l’adaptation de la pensée militaire et développer des innovations face à la guérilla.

 

La force armée, préparée à la guerre de haute intensité, en difficulté face à l’asymétrie

L’avènement d’un nouvel âge issu de la rupture technologique doit permettre à l’armée maîtrisant cette innovation de faire face à tout le spectre de la guerre. La majorité de son instruction est tournée vers la préparation à la guerre de haute intensité qui engagerait tout son potentiel de combat. Mise en perspective par O. Entraygues dans son article «Fuller et le darwinisme militaire. Evolve or die»[3] en 2000, la guerre structure la vie sociale des hommes, selon J.F.C. Fuller. La recherche d’une technologie de rupture a pour objectif d’avoir la suprématie sur son adversaire dans une logique de conquête de richesses. Cette idée s’inscrit dans la guerre de haute intensité. Le but est de surclasser l’adversaire lors d’une bataille décisive. Ceux qui s’adaptent le plus rapidement aux changements matériels sont ceux qui ont le plus de chance de remporter la bataille.

Ramel et J.V. Holeindre, dans «La fin des guerres majeures»[4], présentent trois éléments pour définir une guerre majeure: étatique, choc des technologies et victoire stratégique. Or, ils remarquent que, dans les guerres asymétriques, les techniques de contournement de l’ennemi limitent la puissance du choc technologique qui peine à combattre avec cette technologie des organisations plus petites, plus mobiles et plus souples ayant trouvé la parade à cette technologie. L’adaptation systématique de la pensée militaire à l’innovation devient alors moins évidente, car la rupture technologique ne permet pas la victoire.

À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, la pensée militaire française se focalise sur la dissuasion nucléaire et la capacité à faire face à une invasion soviétique. Bien que possédant une armée mécanisée et une aviation puissante, la France se trouve en difficulté face au Vietminh et au FLN. Cet ennemi mobile, maîtrisant l’art de la dissimulation dans la jungle ou au sein des populations, contourne la puissance.

 

Les élites doivent être formées à l’adaptation de la doctrine à l’asymétrie

Les armées qui bénéficient d’un avantage technologique ne doivent pas négliger le développement de la guerre asymétrique. En effet, le changement de méthode de l’adversaire est automatiquement déduit de son incapacité à faire face de front. Bien que les armées maîtrisent l’outil technologique dominant sur un cycle long, différentes phases existent qui obligent son adaptation lors de cycles plus courts. Sûres de leurs armes, les armées deviennent alors victime d’une décorrélation intellectuelle entre l’utilisation de l’outil dominant et la réalité du terrain, voire de la société où elles agissent.

La technologie peut créer un carcan pour la pensée militaire et déforme la vision des décideurs. Afin d’éviter tout cantonnement des esprits, la formation des élites doit préserver l’imagination et la capacité novatrice. C. de Gaulle, dans «Le fil de l’épée»[5], dénonce «les doctrines d’écoles, que leur caractère spéculatif et absolu rend à la fois séduisantes et périlleuses». Plus que l’apprentissage d’une doctrine sous forme de dogme, l’enseignement doit inculquer aux officiers la capacité d’adaptation de la pensée militaire et l’avantage technologique à la réalité des opérations. La bonne formation des élites est celle qui prépare à toutes les guerres et pas seulement à la plus meurtrière.

Après un demi-siècle de guerre froide, puis les opérations de maintien de la paix qui ont caractérisé les décennies suivantes, l’armée française redécouvre la contre-insurrection en 2008 en Afghanistan. Comme en Algérie en 1957, il lui faut reprendre les écrits de J. Galliéni[6] et H. Lyautey[7] pour comprendre que la puissance technologique n’est qu’un outil dans la guerre au sein des populations. La culture militaire et l’esprit critique de la doctrine, inculqués lors de la formation, demeurent les véritables atouts des officiers français pour adapter la pensée militaire, entièrement tournée vers la coercition, à la conquête des cœurs et des esprits.

 

Face à l’asymétrie, la pensée militaire devance l’innovation technologique

Face à la guérilla, la technologie la plus avancée peut être facilement battue en brèche par des moyens simples. Ainsi, l’Etat dépense des sommes astronomiques dans un matériel peu adapté. L’armée la mieux préparée à s’adapter aux transformations tactiques aura une énorme supériorité sur toutes les autres. Cette préparation intellectuelle doit permettre de penser en dehors de l’innovation technologique pour, dans un premier temps, revenir aux fondamentaux du combat et aux obligations du terrain puis, dans un second temps, rechercher des adaptations technologiques.

Dès lors, le lien de subordination de pensée militaire à l’innovation technologique s’inverse. Le retour aux fondamentaux du combat pour faire face au facteur tactique constant s’accompagne d’une réflexion dans les armées, impulsée par ses élites, sur les innovations nécessaires pour faire face aux capacités de contre-technologie que met en œuvre l’adversaire asymétrique. La recherche militaire rentre alors dans une partie d’échec afin d’anticiper à chaque nouvelle innovation les mesures adverses qui pourraient la mettre en difficulté. Cette partie d’échec permanente explique le rythme très rapide des innovations en temps de guerre.

Goya, dans son article «L’innovation pendant la guerre américano-sunnite en Irak (2003-07)»[8], développe l’idée selon laquelle, en période d’affrontement, ce n’est plus l’innovation qui détermine la doctrine, mais l’inverse. Que ce soit lors des guerres de décolonisation ou lors de leur récent engagement en Afghanistan, les forces armées françaises ont dû aussi faire face à la menace des engins explosifs improvisés (EEI). La lutte contre les EEI a permis d’orienter la recherche militaire sur la robotisation après l’échec des brouilleurs face aux EEI à déclenchement déporté. Ainsi, ont été mis en œuvre successivement le minirogen (mini robot pour le génie), puis le drogen (drone du génie), afin d’exposer le moins possible les sapeurs.

L’idée de J.Y.C. Fuller selon laquelle, lors d’un cycle initié par une rupture technologique, la pensée militaire puis la formation des élites s’adaptent systématiquement à l’innovation, est plus difficilement perceptible dans les guerres asymétriques. Néanmoins, à l’image du Vietminh ou aujourd’hui de l’EI, les ennemis asymétriques portent en eux le souhait de devenir symétriques, comme le montre R. Trinquier[9].

 

Sur le temps long de l’âge de l’atome, l’adaptation reste valable 

L’asymétrie s’inscrit comme l’un des cycles moyens qui fluctuent dans le cycle long sans remettre en cause la pertinence de l’adaptation de la pensée militaire et de la formation des élites à la rupture technologique. L’âge de l’atome, qui débute en 1945, illustre ce paradigme.

 

 Les conflits asymétriques s’inscrivent dans le cycle long

Les conflits asymétriques liés à la décolonisation et à la participation aux opérations en Afghanistan peuvent s’inscrire comme des cycles moyens au sein des cycles longs définis par J.F.C. Fuller. Des phases similaires à celles développées par l’économiste J.C. Juglar sont perceptibles. La rupture technologique est au cœur de ce cycle:

  • crise (ennemi asymétrique contre lequel la force n’est pas adaptée en termes de structures et de moyens);
  • recul, régression (perte de l’initiative sur le terrain);
  • rebond d’origine technologique (parade par la création d’un concept d’emploi et de structures organisationnelles);
  • essor (reprise de l’initiative, victoires tactiques et modification de la formation des élites).

 

Les périodes de guerres asymétriques ne sont pas arides en innovations pour faire face à l’insurrection. Certes, si ces phases ne sont pas porteuses de rupture technologique, elles permettent l’adaptation de l’innovation dans des cycles plus courts qui viennent s’agréger au cycle long. Ainsi, la guerre d’Indochine voit l’utilisation des moyens liés à la 3ème dimension pour la projection de forces aéroportées. Lors du conflit algérien, l’utilisation de l’hélicoptère permet de sortir de l’impasse tactique en redonnant au chef tactique une capacité d’ubiquité sur le terrain.

Ces cycles courts permettent le développement d’une pensée militaire qui lui est associée. S’inscrivant pleinement dans la doctrine dominante (dominée par la rupture technologique du cycle long), la pensée militaire s’adapte. Initiée en Indochine puis approfondie face au FLN, la réflexion sur la contre-rébellion prend en compte les champs immatériels et, plus spécifiquement, l’adhésion de la population. Une véritable rupture dans la formation des élites en découle avec la création d’écoles régionales comme les centres d’instruction à la pacification et à la contre-guérilla (CIPCG) de Philippeville et Arzew dès 1958, ou par le biais de conférences d’officiers comme C. Lacheroy[10] dans les universités, ou encore au profit des formations politiques.

1945 ou le début de la phase ascendante de l’âge de l’atom

Un cycle long répond à une logique de préparation à l’affrontement symétrique. La rupture technologique apportée par le nucléaire initie une phase ascendante caractéristique d’un cycle long décrit par J.F.C. Fuller. L’atome va initier une véritable rupture de la pensée militaire avec une vraie continuité des réflexions sur la guerre de haute intensité, intégrant le «game changer» nucléaire dans celles-ci comme le remarqueront C. Ailleret ou R. Aron[11]. Cette période illustre parfaitement le paradigme de J.F.C. Fuller de l’adaptation de la pensée militaire et de la formation des élites à la rupture technologique.

 

Alors même que la priorité va à la reconstruction du pays, les perspectives stratégiques de l’atome sont identifiées. La création du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) par le Général de Gaulle, en 1945, ouvre une période de recherche à des fins civiles

et militaires. Ces débuts sont marqués par l’effervescence intellectuelle d’une génération d’officiers visionnaires tels que P.M. Gallois[12], A. Beaufre[13] et L. Poirier. Une véritable rupture de la pensée militaire voit le jour.

Ce dynamisme de la pensée est très largement influencé par les autorités militaires. Le Général de Lattre, dans son discours à l’École d’état-major le 31 janvier 1947, exhorte tout officier «au travail personnel et à la libre recherche»[14]. Cette période intense de réflexion militaire autour de la pensée stratégique est caractéristique d’une phase ascendante d’un cycle de l’armement. Cependant, il faudra attendre l’avènement de la Vème République pour que la stratégie française soit celle de la dissuasion nucléaire. La doctrine Ailleret sera en 1967 la traduction de cette vision stratégique instaurant le concept de «dissuasion tous azimuts». Cette réflexion sera la dernière porteuse d’une réelle stratégie de l’emploi de l’arme nucléaire, mettant fin à une véritable période de foisonnement intellectuel.

 

À partir de 1970: «la phase descendante» de l’âge de l’atome

Arme du non-emploi par excellence et pilier de la stratégie d’indépendance nationale, la sanctuarisation du feu nucléaire va geler la pensée militaire à partir des années 1970. L’incapacité à trouver des solutions innovantes face à une menace de guerre nucléaire réduit les forces terrestres à une mission de sacrifice ultime avant l’apocalypse. Cette impasse résulte du primat de la «toge sur le glaive» instauré par la Vème République. Ce paradigme réduit, voire annihile les initiatives des élites militaires et leur capacité d’influence. En outre, la gestion chaotique de la sortie de crise algérienne accentue ce phénomène.

Il en découlera au sein des armées un paradoxe entre la nécessité de désenclaver leurs élites et un dogmatisme qui va brider les initiatives personnelles, comme ce fut le cas pour G. Brossolet et son ouvrage Essai sur la non bataille[15] qui fut le précurseur de la «techno guérilla». Cette réflexion fut l’objet d’une vaste controverse à sa parution car non conforme à la pensée militaire de l’époque.

Cette fin de cycle laisse entrevoir certains signes de la sclérose de la pensée militaire liée à un effet castrateur de l’atome, comme si l’arme nucléaire pouvait être la ligne Maginot imaginaire de notre défense. Il en découle une myopie des élites militaires et civiles quant à la perspective de la chute du monde communiste et à la capacité de nos armées à faire face à un conflit majeur au-delà d’un affrontement avec l’URSS.

Ainsi, le paradigme de J.F.C. Fuller se vérifie dans la période de 1945 à 1970 dans la mesure où, à la manière des évolutions cycliques économiques, les ruptures technologiques dans le champ militaire entraînent bien une révolution stratégique, prise en compte dans la formation des élites, avec des phases ascendantes et descendantes. En outre, il permet de mieux expliciter le cycle actuel marqué par le développement des NTIC.

Un nouveau cycle induit par les NTIC validant l’adaptation de la pensée militaire à la technologie

La 3ème  révolution industrielle, qui a débuté dans les années 1980 avec les nouvelles technologies d’information et de communication, a induit une véritable rupture technologique au sein des armées et l’apparition d’un nouveau cycle long. La pensée militaire, puis la formation, se sont adaptées à cette innovation.

 

Un nouveau cycle pour les armées

Après les âges de la bravoure, de la poudre, de la vapeur, du pétrole et de l’énergie atomique, la théorie des cycles de J.F.C. Fuller semble se poursuivre avec les NTIC et leurs applications militaires. Ce nouveau cycle s’inscrit dans la dynamique économique des années 1990. Les armées, et en particulier celle des États-Unis, ont saisi dès la fin de la Seconde Guerre mondiale toutes les opportunités que leur offrait l’essor de l’informatique.

En 1966, l’armée américaine initiait le projet ARPANET, ancêtre de l’internet. En France, le projet RITA voit le jour en 1960, mais tout comme l’ARPANET, les applications concrètes n’ont vu le jour qu’au début des années 1980. Au milieu des années 1990, la révolution des affaires militaires (RAM), fondée sur les progrès technologiques en matière d’information et communication, vient modifier profondément la pensée militaire et la formation des élites.

Comme pour chacun des cycles énoncés par J.F.C. Fuller, la RAM, après des  victoires écrasantes en Irak en 1991, au Kosovo en 1999, en Afghanistan en 2001 et à nouveau en Irak en 2003, doit faire face au facteur tactique constant lors de guerres au sein des populations. Vincent Desportes, dans «Armées: technologisme ou juste technologie?»[16], y voit une tentation technologiste émanant non plus des militaires, mais du complexe militaro-industriel américain qui incite les armées à s’adapter à des technologies toujours plus onéreuses et rentables pour les entreprises. La technologie formate alors la pensée militaire et lui impose son utilisation alors même que son efficacité est mise en doute en Afghanistan.

 

Le renouveau de la pensée militaire et de la formation des élites 

L’application des NTIC vient modifier de fond en comble les notions de «command and control» (C2) au sein des armées. La pensée militaire s’en saisit pour en faire une doctrine. La notion de numérisation de l’espace de bataille (NEB) voit le jour en France à la fin des années 1990. Le programme FELIN n’est qu’un prolongement de la NEB. Après avoir interconnecté les postes de commandement de la brigade jusqu’au niveau de la section, c’est au tour du fantassin d’être connecté au sein de la «bulle». Néanmoins, il convient de s’interroger pour savoir si ces technologies ne s’inscrivent pas dans la phase descendante du cycle long des NTIC.

L’emploi de ces matériels impose une doctrine d’emploi qui bien va au-delà de l’arme. La doctrine doit englober l’interarmes, voire l’interarmées, que la NEB interconnecte. La pensée militaire ne peut plus réfléchir les armes indépendamment les unes des autres. La doctrine établie, il faut alors instruire le soldat sur l’emploi de ces matériels. L’erreur est d’imaginer que l’utilisation de ces matériels n’est du ressort que des simples exécutants et de réduire la doctrine à un équipement.

Toutes ces modifications de l’art de la guerre induites par les NTIC, mais aussi leurs applications dans des guerres au sein des populations, imposent de revoir la formation des élites. Cette rupture technologique modifie en profondeur l’enseignement dispensé aux jeunes officiers. Parce que l’information et la communication sont au cœur de cette innovation, l’homme d’arme n’est plus seulement le technicien de la guerre. Il lui faut appréhender les notions d’éthique et d’humanité afin que son avantage technologique soit efficient au sein des populations. Mais l’élite militaire n’est pas la seule concernée par cette rupture stratégique. Les élites civiles doivent apprendre les capacités de l’outil militaire afin de pouvoir en disposer efficacement. C’est dans cette optique qu’ont été créés la Fondation Saint-Cyr en 2006, l’IRSEM en 2010, et qu’a été réorganisé l’IHEDN en 2008.

 

L’anticipation d’un nouveau cycle: préparer la doctrine au défi de la robotisation. 

Les avancées en cours dans le domaine de la robotique présagent l’avènement d’un nouvel âge militaire autour d’une rupture technologique dans le domaine de l’intelligence artificielle. Bien que la propagande soit très forte dans le domaine des robots de combat, leur utilisation est devenue quotidienne. Dans la réalité, il s’agit essentiellement de robots télécommandés utilisés pour le renseignement ou pour l’intervention sur EEI. Cependant, à l’image du programme SLATE en France, des armements capables de détecter les départs de coups de feu et de riposter de façon automatique sont déjà en service dans certaines armées. Ces innovations imposent un renouveau de la pensée militaire.

Cette rupture technologique dans le domaine de l’intelligence artificielle sera aussi une rupture de la pensée militaire. Didier Danet et Jean-Paul Hanon, dans «La révolution du champ de bataille: évolution ou robolution?»[17], y voient une rupture encore plus profonde que celle née de l’invention de l’arme atomique, puisque la question ne sera plus «comment faire la guerre?» mais «qui fait la guerre?». La subordination de la pensée militaire et de la formation des élites à la rupture technologique est ainsi clairement établie. La robotisation modifie la doctrine et impose que les élites soient parfaitement conscientes, par une formation éthique, des limites morales d’emploi de ces nouvelles armes.

La force d’une armée moderne n’est pas de refuser la rupture technologique, mais de savoir y puiser les outils efficaces de la guerre demain. Ainsi, l’intelligence artificielle ne doit pas masquer le débat autour de la robotisation, d’autant plus que son application concrète ne semble pas voir le jour à moyen terme. Il est du devoir des élites militaires et civiles d’anticiper les innovations dans ce domaine pour, dans un premier temps, définir notre doctrine d’emploi et, dans un second temps, nous doter des capacités pour lutter contre les moyens robotisés que notre adversaire ne manquera pas de développer.

À l’âge de l’atome, décrit par J.F.C. Fuller, a succédé l’âge des NTIC. La phase ascendante de cette innovation a initié un renouveau de la pensée militaire et de la formation des élites tant militaires que civiles. Afin de conserver leur avance technologique, les armées étudient déjà les conséquences d’une rupture technologique dans le domaine de la doctrine et de la formation éthique.

 

Conclusion

Bien que l’asymétrie remette en cause localement le paradigme de J.F.C. Fuller selon lequel pensée militaire et formation s’adaptent à l’innovation, cette analyse se vérifie en France sur la période de 1945 à nos jours. En effet, que ce soit pendant l’âge de l’atome ou celui des NTIC, la rupture technologique a initié une véritable redynamisation de la réflexion stratégique et tactique et, en conséquence, d’importantes modifications de la formation des élites. Inversement, la phase descendante de l’âge de l’atome a montré une sclérose de la pensée militaire autour de l’emploi de l’arme nucléaire.

La France doit désormais chercher à tracer les contours de la future rupture technologique majeure, tant par la recherche duale que par celle propre aux armées, pour en tirer des avantages intrinsèques dans tous les domaines si elle veut rester une nation majeure sur la scène internationale.

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[1] Fuller John Frederick Charles, Armament and history, Eyre and Spottiswoode, Londres, 1946.

[2] Christensen Clayton et Raynor Michael, “The innovator’s solutionHarvard Business School Press, Boston, 2003.

[3] Entraygues Olivier «Fuller et le darwinisme militaire: Evolve or die», Défense et Sécurité internationale n°44; janvier 2009.

[4] Ravel Frédéric et Holeindre Jean-Vincent, La fin des guerres majeures ? Economica, Paris, 2010.

[5] Gaulle (de) Charles, «Le fil de l’épée», Paris, Berger-Levrault, 1932.

[6] Galliéni Joseph, «Rapport d’ensemble sur la pacification, l’organisation et la colonisation de Madagascar», Paris, Charles-Lavauzelle, 1900.

[7] Lyautey Hubert, «Du rôle colonial de l’armée», Paris, A. Colin, 1900.

[8] Goya Michel, «L’innovation pendant la guerre américo-sunnite en Irak (2003-2007)», article tiré de «La fin des guerres majeures?» Économica, Paris, 2010.

[9] Trinquier Roger, «La guerre moderne», Paris, La Table Ronde, 1961.

[10] Lacheroy Charles, «Action Viêt-Minh et communiste en Indochine ou une leçon de guerre révolutionnaire», conférence prononcée à l’IHEDN le 25 avril 1955.

[11] Aron Raymond, «Paix et guerre entre les nations», Paris, Calmann-Lévy, 1962.

[12] Gallois Pierre Marie, «Stratégie de l’âge nucléaire», Paris, Calmann-Lévy, 1960.

[13] Beaufre André, «Dissuasion et stratégie», Paris, Armand Colin, 1964.

[14] Lattre (de), discours à l’École d’état-major du 31 janvier 1947.

[15] Brossolet Guy, «Essai sur la non bataille», Paris, Belin, 1975.

[16] Desportes, Vincent, «Armées: technologisme ou juste technologie», Paris, Revue Politique étrangère 2009/2.

[17] Danet Didier, Hanon Jean-Paul et Boisboissel (de) Gérard, «Guerre et robotisation du champ de bataille», Paris, Économica, 2012

Dissuasion : L’Allemagne reçoit l’offre de dialogue stratégique proposée par M. Macron avec scepticisme

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Que faire de la cinquantaine de bombes nucléaires US stockées en Turquie depuis 60 ans?

Que faire de la cinquantaine de bombes nucléaires US stockées en Turquie depuis 60 ans?

Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – Publié le 22 octobre 2019

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/

 

Alors que certains experts et politiciens américains s’interrogent sur le maintien ou le retrait de la cinquantaine de bombes nucléaires stockées sur la base d’Incirlik (voir plus bas la vue aérienne), en Turquie, on fête cette année le 60e anniversaire du déploiement d’armes atomiques américaines sur le territoire turc. 

Si l’on reprend les données du livre History of the Custody and Deployment of Nuclear Weapons: July 1945 through September 1977 (cité dans un Bulletin of the Atomic Scientists de 1999), les premières bombes ont été acheminées en février 1959 puis des missiles Honest John en mai de la même année.

 

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Au début des années 2000, selon FAS (Federation of American Scientists), le site turc abritait environ 90 engins nucléaires pour une capacité de stockage maximale de 100 (en 1986, la capacité totale était de 120 engins). Le stock de quelque 50 bombes de type B61 actuellement emmagasinées sur place devrait être renforcés par les nouvelles B61-12. Sauf si…

Un retrait de Turquie de ces armes est souvent avancé, voire souhaité, mais rien n’a encore été fait (même en 2016 quand les relations se sont dégradés après le putsch avorté et les accusations d’Ankara contre Washington). Les tensions avec la Turquie depuis l’invasion du nord de la Syrie ont relancé le projet, selon le New York Times du 14 octobre.

Le problème n’est pas logistique. Une partie des stocks d’armes nucléaires US de Grèce et du Royaume-Uni a été évacuée en 2001 et 2006 sans problème. Les C-17 du 4th Airlift Squadron de la 62nd Airlift Wing pourraient facilement exfiltrer toutes les armes nucléaires d’Incirlik.

Le problème semble plutôt politique. Pour Hans M. Kristensen, le directeur du Nuclear Information Project de la Federation of American Scientists, un tel retrait signifierait la fin de la relation particulière entre Turcs et Américains, voire un éclatement de l’alliance qui pourrait conduire les Turcs à totalement fermer leurs bases aux Américains.

Si ces armes devaient quitter le sol turc mais rester en Europe pour des questions de dissuasion, elles pourraient facilement être réparties dans les zones de stockage de Belgique, Pays-Bas, Allemagne et Italie où une centaine de places sont disponibles dans les sites de stockage. Une centaine de bombes pourraient aussi être accueillies sur la base de la RAF, à Lakenheath.

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Les installations de stockage d’Incirlik sont protégées par le 39th Security Force Squadron. Le 29 septembre, le sous-chef d’état-major de l’USAF, le général Wilson, s’est rendu sur place et a rencontré les soldats de cette unité, les exhortant à poursuivre leur mission.

Cette unité aurait été renforcée il y a quelques semaines par des effectifs prélevés dans le 31st Security Forces Squadron basé à Aviano, en Italie.

“Les exigences d’une dissuasion globale” : Nouvelle lettre ASAF 19/09/2019

Les exigences d’une dissuasion globale” : Nouvelle lettre ASAF 19/09/2019

 

Le terme dissuasion est souvent associé à celui de nucléaire et celui-ci présente un caractère de grande actualité en cette année du 30e anniversaire de la fin de la Guerre froide (1).

 "Les exigences d’une dissuasion globale" : Nouvelle lettre ASAF 19/09 à découvrir

Le terme dissuasion est souvent associé à celui de nucléaire et celui-ci présente un caractère de grande actualité en cette année du 30e anniversaire de la fin de la Guerre froide (1).

En effet les tensions, suscitées ou entretenues par les États-Unis avec la Corée du Nord et l’Iran, la rupture de l’accord sur les armes nucléaires à portée intermédiaire (INF) (2), sans parler des nouvelles menaces – cyber et spatiales – qui sont susceptibles de peser sur nos intérêts vitaux, replacent la notion de dissuasion sur le devant de la politique internationale.

La dissuasion ne peut être que globale sauf à être contournée

Les menaces auxquelles notre pays doit se préparer à faire face exigent de disposer de capacités dissuasives à vaste spectre. En effet, l’arme nucléaire, qui peut dissuader une puissance nucléaire ou conventionnelle disposant d’une armée puissante, ne dissuadera pas des groupes terroristes, des milices ou un pays ayant des ambitions territoriales limitées loin d’Europe.
La dissuasion ne doit donc pas être seulement nucléaire mais aussi classique.

La France dispose aujourd’hui de capacités nucléaires crédibles : deux composantes – sous-marine et aéroportée – dont la fiabilité est régulièrement testée ; les armes le sont grâce à la simulation que permet le laser mégajoules, les vecteurs portant les charges et les leurres sont renouvelés à un rythme tel qu’il garantit les capacités de pénétration à travers les défenses adverses ; enfin les équipages sont entraînés et évalués lors d’exercices réguliers dont nombre d’aspects demeurent confidentiels. Le raid d’une durée de 11h30 effectué cette année par l’armée de l’Air de l’île de la Réunion jusqu’en Métropole à l’issue duquel un missile de croisière fut tiré avec succès dans le sud-ouest de la France conforte la crédibilité de cette composante au même titre que les patrouilles de SNLE effectuées sans discontinuité depuis le 21 mars 1972, date de la 1ère patrouille du Redoutable.

Mais la palette dissuasive doit être complétée par des capacités de frappe conventionnelle puissante et à longue distance.
La France dispose du Rafale équipé de missiles de croisière air-sol à charge conventionnelle et, depuis peu, de frégates multimissions (FREMM) et bientôt de sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) équipés de missiles de croisière navals (MdCN) d’une portée de plus de 1 000 km avec une précision métrique.
Enfin une dissuasion classique complète exige de pouvoir projeter rapidement une force interarmées puissante sur une zone éloignée soit pour renforcer des forces prépositionnées, soit pour mener une opération de rétorsion visant à restaurer une situation et la dissuasion en montrant sa force et sa détermination à agir par les armes, le cas échéant dans la durée.

Outre le nombre des personnels et le volume des matériels ainsi que leurs caractéristiques, ce sont la qualité des hommes et des femmes des Armées, leur niveau d’entraînement individuel et collectif, leur moral, leur sens du devoir, leur esprit de sacrifice qui concourent directement à la crédibilité de cette dissuasion globale.

La crédibilité de la dissuasion repose autant sur les capacités opérationnelles que sur la détermination des décideurs politiques et la cohésion de la Nation

Tout système de forces n’a de valeur que s’il est animé par la volonté politique et soutenu par la Nation. La crédibilité de la dissuasion repose sur ces deux autres piliers.

En France, le président de la République est le chef des Armées. C’est à lui que revient la décision d’emploi de l’arme nucléaire s’il estime que les intérêts vitaux sont menacés. Cette notion d’intérêts vitaux, jamais définie, pourrait inclure non seulement l’intégrité du territoire mais aussi celle de ses dispositifs spatial et informatique qui fondent aujourd’hui et plus encore demain l’indépendance de la Nation et la vie de la population (eau, énergie, …).
Cette crédibilité politique doit être validée au quotidien par la détermination dont doit faire preuve le chef de l’État pour tout ce qui a trait aux fonctions régaliennes.
Quelle crédibilité peut avoir un chef d’État s’il accepte l’existence de zones de non droit ? Que l’intégrité territoriale soit, de fait, remise en question dès le temps de paix par des citoyens ?
Qu’une minorité activiste puisse vivre hors la loi et dans une quasi impunité ?

Mais la population a également toute sa place dans la valeur de la dissuasion d’autant qu’il n’y a pas d’armée forte et de Défense crédible sans une nation unie, soudée et déterminée à rester indépendante. Elle doit le montrer à chaque occasion. À cet égard, les attentats ne doivent pas seulement susciter des vagues d’émotion mais inciter à mettre en œuvre des mesures à la hauteur du défi. La Nation doit accepter ces contraintes comme elle accepte les efforts financiers qu’elle fait pour disposer de forces armées bien équipées et toujours disponibles.

La France a une ambition à vocation mondiale et des responsabilités particulières. Elle doit en priorité remettre à niveau ses capacités militaires de dissuasion et d’action. Le président de la République a rappelé que les engagements budgétaires retenus dans la LPM seront rigoureusement respectés.
Mais il faut aussi qu’il s’engage sur la disparition des zones de non droit et la restauration de la cohésion nationale faute de quoi sa crédibilité et celle de la dissuasion seront considérablement amoindries.

 

La Rédaction de l’ASAF
www.asafrance.fr