Financement des OPEX : nouvelle guérilla en vue entre Bercy et l’hôtel de Brienne

Financement des OPEX : nouvelle guérilla en vue entre Bercy et l’hôtel de Brienne

Par Michel Cabirol  – La tribune – Publié le 
https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/financement-des-opex-nouvelle-guerilla-en-vue-entre-bercy-et-l-hotel-de-brienne-821561.html
“Ce sont 950 millions d’euros qui sont programmés cette année pour couvrir à la fois les opérations extérieures et les missions intérieures, notamment l’opération Sentinelle”, avait expliqué en octobre dernier la ministre des Armées, Florence Parly. (Crédits : Gonzalo Fuentes)

En 2019, la cour des comptes a confirmé une sous-budgétisation des opérations extérieures (OPEX) et des missions intérieures (MISSINT) de l’ordre de 400 à 600 millions d’euros.

Au cœur de l’été, l’habituelle guérilla entre Bercy et l’Hôtel de Brienne sur le financement des opérations extérieures (OPEX) et des missions intérieures (MISSINT) va reprendre et se prolongera à l’automne pour se terminer cet hiver. Si les enjeux financiers en 2019 sont bien moindres que les années précédentes, la Cour des comptes évoque dans son rapport sur “la situation et les perspectives des finances publiques” publié mardi, “une sous-budgétisation” des OPEX et des MISSINT. “Au total, le montant serait compris entre 0,4 et 0,6 milliard d’euros, précise-t-elle toutefois. Qui prendra en charge ce montant ? Le ministère des Armées ou sera-t-il financé en interministériel, comme le prévoit la loi de programmation militaire (LPM) ?.

Chaque année, cette mission (défense, ndlr) devrait connaître un dépassement budgétaire. Ce dépassement proviendrait pour 2019 comme pour les années précédentes d’une sous-budgétisation des opérations extérieures (OPEX) et des missions intérieures (MISSINT)”, constate-t-elle.

Une provision portée à 950 millions d’euros

Interrogé par la Cour, les ministres de l’Economie et des Comptes publics, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ont rappelé que la provision dédiée aux OPEX et aux MISSINT du ministère des armées avait fait “l’objet, cette année encore, d’une augmentation substantielle de 200 millions d’euros et atteindra 1,1 milliard à compter de 2020, contre 450 millions en 2017, conformément à la trajectoire prévue par la LPFP”, la loi de programmation des finances publiques. En 2019, la provision OPEX s’élève dans le budget des Armées en 2019 à 850 millions d’euros mais grâce à un tour de passe-passe budgétaire, elle a été portée à 950 millions.

Nous disposons ainsi de 850 millions d’euros pour la provision OPEX et MISSINT, soit 200 millions supplémentaires par rapport à 2018, auxquels s’ajoute une provision spécifique de 100 millions d’euros pour la masse salariale des MISSINT. Ce sont donc 950 millions d’euros qui sont programmés cette année pour couvrir à la fois les opérations extérieures et les missions intérieures, notamment l’opération Sentinelle“, avait expliqué en octobre dernier la ministre des Armées, Florence Parly.

 

Au Sénat, on redoute une « déconstruction lente » de la Loi de programmation militaire 2019-25

Au Sénat, on redoute une « déconstruction lente » de la Loi de programmation militaire 2019-25

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CaMo, un partenariat pour tourner la page du F-35 ?

CaMo, un partenariat pour tourner la page du F-35 ?

Soldats belges et français du 1er RTir et du bataillon 12/13 de Ligne à l’entraînement au CENZUB de Sissonne (Crédit photo: armée de Terre)

 


Va-t-on – enfin – tourner la page du F-35 belge, sélectionné en octobre 2018 au détriment du Rafale ? Réunie la semaine dernière pour discuter du projet de loi concrétisant le rapprochement des forces terrestres belge et française (CaMo), la Commission de la défense du Sénat a appelé pour la première fois à mesurer les critiques vis-à-vis de Bruxelles.

 

C’était, selon Emmanuel Macron un choix qui « stratégiquement va a contrario des intérêts européens ». La ministre des Armées Florence Parly avait quant à elle déploré « qu’un choix européen n’ait pas été retenu au moment où on doit avancer plus que jamais dans la construction de l’Europe de la défense ». Cinq mois plus tard, la Belgique a dorénavant confié à la France l’avenir des ses capacités blindée et de guerre des mines. Autrement dit, un pactole combiné d’un peu plus de 3,6Md€ pour la BITDS française, qui peut désormais s’appuyer sur le client belge pour étoffer son discours à l’export, et des décisions rejoignant résolument le discours européen. « Les critiques à l’encontre de la Belgique ne sont-elles pas malvenues ? », s’interroge donc le sénateur Olivier Cigolotti (UC), rapporteur du projet de loi relatif à CaMo.

Simpliste et souvent biaisé, le discours privilégié par la presse française se sera en effet globalement résumé à un slogan: en achetant américain, la Belgique trahit l’Europe de la défense. Rien n’est moins vrai. Hormi lesdits F-35, quelques radars et une poignée de sous-systèmes, la Défense belge peut s’enorgueillir de ne privilégier que du « Made in UE ». Voire du « Made in France », car aux véhicules Scorpion, missiles MMP et autre systèmes SICS viennent notamment s’ajouter l’artillerie (105 LG1, MO 120), le transport stratégique (A400M), les hélicoptères de manoeuvre (NH90) et le ravitaillement en vol (A330MRTT). Cet argument récurrent de l’inventaire s’avère d’autant plus ridicule qu’il participe à restreindre le partenariat franco-belge à un simple achat de matériels. Ce que CaMo n’est absolument pas, le volet « armements » n’étant que la base sur laquelle viendront s’appuyer les transformations de la Composante Terre belge en matière de doctrine, de formation et d’entraînement. Autant d’éléments essentiels mais pourtant mal compris parce que largement occultés par les médias, davantage concentrés sur les conséquences du remplacement des F-16 belges.

Entres autres aspects remarquables de ce programme, Cigolotti relève ainsi « le contraste frappant entre son importance considérable et le faible écho qu’il rencontre ». Et pourtant, CaMo cristallise la capacité qu’a la France de construire une collaboration « où l’autre pays est vu comme un allié plutôt que comme un client ». Et pourtant, CaMo se révèle être un choix doublement gagnant pour l’armée de Terre. Premièrement, le développement des synergies entre les armées belge et française et l’augmentation du volume des commandes « bénéficiera également à l’armée française, à des coûts inférieurs à ceux que prévoit la LPM ». Deuxièmement, ces commandes supplémentaires auront un effet positif sur l’amortissement des coûts fixes du programme, « au bénéfice des acheteurs ».

En définitive, cette volée de bois vert aura eu pour principale conséquence néfaste d’escamoter l’assise fondamentalement européenne d’un tel partenariat. « Nous avons souvent des aigreurs lorsque nous perdons des contrats ; il est d’autant plus opportun de souligner les réussites, et de ne pas se limiter à l’aspect économique de ces contrats », constatait Christian Cambon (LR). De fait, CaMo dépasse largement le seul angle industriel pour apparaître aujourd’hui comme « un exemple concret d’Europe de la défense qui se fait, sans grandes annonces, sur le fondement de la recherche de l’efficacité opérationnelle plus que de l’affichage politique ». Au travers de cet accord, les deux pays annoncent leur volonté de travailler de concert sur des projets ambitieux de long terme tout en contribuant à la sécurité collective. Or, rappelle Cigolotti, « le point de départ du projet européen n’était-il pas de défendre la paix ? ». Un projet pour lequel les grandes armées du Vieux Continent doivent forcément s’ouvrir aux plus petites, une nécessité à laquelle répond entièrement CaMo. Car, in fine, cet accord inédit permettra aussi à la France de dépasser le cadre restreint dans lequel elle établit ses partenariats militaires, trop souvent conclus avec des pays de taille équivalente. « Le programme CaMo montre à quel point cette opposition entre grands et petits pays est détachée des réalités concrètes », conclut-il.

Selon le commandant de la force d’action navale, un nouveau porte-avions coûterait au moins 5 milliards d’euros

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Dépenses de défense: 7 pays dans les clous selon les chiffres de l’Otan (2011-2018)

Dépenses de défense: 7 pays dans les clous selon les chiffres de l’Otan (2011-2018)

Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – Publié le 17 mars 2019

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/

L’Otan a diffusé jeudi des données sur les dépenses de défense des pays membres de l’Alliance (2011-2018). Le document complet est à consulter ici

Du fait des différences entre la définition Otan des dépenses de défense et les définitions nationales, les chiffres présentés dans le document peuvent s’écarter considérablement des chiffres correspondants qui sont cités par les médias, publiés par les autorités nationales ou qui figurent dans les budgets nationaux. Les dépenses d’équipement englobent les dépenses afférentes aux équipements majeurs et les dépenses de recherche et développement consacrées à ces équipements. Les dépenses de personnel incluent les pensions de retraite.