Pas de passage par la case législative pour l’actualisation de la LPM

Pas de passage par la case législative pour l’actualisation de la LPM


L’actualisation de la loi de programmation militaire 2019-2025 ne devrait pas passer par la case législative, annonçait la ministre des Armées Florence Parly, vendredi dernier face à la Commission défense de l’Assemblée nationale. Une perspective qui n’aura pas provoqué d’opposition particulière de la part des députés, ceux-ci souhaitant néanmoins rester force de proposition.

« Il n’est pour l’instant pas prévu de procéder à une actualisation législative de la loi de programmation militaire » telle que prévue à l’article 7 du texte de loi, annonçait Florence Parly. La raison invoquée est le manque de temps, l’agenda étant déjà très chargé et ne permettant donc pas d’envisager un débat parlementaire sur le sujet.

« Toutefois », ajoute la ministre des Armées, « nous procéderons à des ajustements en accélérant nos efforts sur certaines ambitions qui sont portées par la loi de programmation militaire ». Si aborder la trajectoire budgétaire pour 2024 et 2025 est prématuré, Florence Parly est revenue sur plusieurs futurs axes d’effort.

Pour la ministre, il s’agira avant tout d’améliorer la capacité des forces armées à détecter les menaces et à attribuer les agressions, notamment dans les nouveaux espaces de conflictualité. « Cela passe par un renforcement de nos capacités à collecter et à exploiter la multitude de données à des fins de cyberdéfense ou bien encore de renseignement ». Pour ce faire, les Armées auront besoin d’infrastructures de stockage sécurisées et d’algorithmes performants basés sur l’intelligence artificielle, détaillait Mme Parly.

L’effort portera aussi sur l’accélération de la protection des forces, du territoire et des populations dans le domaine des risques NRBC « ou bien encore de la lutte anti-drones ». « Nous allons, enfin, renforcer la préparation opérationnelle de nos Armées afin qu’elles puissent s’entraîner mieux pour faire face de manière plus complète et plus agile à l’ensemble du spectre des menaces, y compris dans la perspective de conflits de plus haute intensité. »

Autre enjeu : la consolidation de la BITD, qui représente aujourd’hui « 10% de l’industrie et 20% de la recherche et développement en France. Elle fait travailler 4000 entreprises de toutes tailles et génère 200 000 emplois directs et indirects ». De la poursuite d’une LPM ambitieuse dépendent aussi la relance d’un secteur touché par la crise, la sauvegarde des emplois et le maintien des compétences. « Nous allons donc poursuivre les adaptations capacitaires et les programmes d’avenir en cours », a réaffirmé la ministre des Armées.

Cette annonce n’a pas suscité de réelle inquiétude dans les rangs parlementaires. Tout au plus, quelques membres de la majorité ont invité l’exécutif à conserver un canal d’écoute. « Je prends note que le gouvernement n’envisage pas de texte législatif spécifique dans le cadre de l’actualisation de la LPM », commentait ainsi la présidente de la Commission défense, la députée LREM Françoise Dumas.

« Je note que ce travail d’actualisation n’a pas fait l’objet d’une réelle co-construction avec le Parlement. (…) Et je le regrette, de même que cette actualisation ne fasse pas l’objet d’un passage par la loi, par la transcription législative », relevait à son tour le député d’Agir Ensemble Jean-Charles Larsonneur.

Ce choix du gouvernement, « qui n’est pas une surprise eu égard à la période actuelle », ne doit cependant pas conduire à exclure totalement le Parlement de la réflexion. « Diverses voies restent possibles pour cette association et il y a déjà un petit moment que nous anticipons, nous aussi, un certains nombre d’évolutions législatives et de travaux. Nous allons évidemment, avec l’ensemble du bureau de notre Commission et de la Commission, y réfléchir », ajoutait Mme Dumas. Parmi les pistes à l’étude, la Commission défense prévoit le lancement de nouvelles missions d’information relatives aux drones et à la préparation aux conflits de haute intensité.

Image : armée de Terre

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Des Rafale pour la Grèce: Florence Parly à Athènes pour signer le contrat

Des Rafale pour la Grèce: Florence Parly à Athènes pour signer le contrat

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Après l’Egypte, l’Inde et le Qatar, la Grèce devient le quatrième pays à acquérir des Rafale photo ECPAD).


par Philippe Chapleau – Lignes de défense – publié le 25 janvier 2021

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/

Florence Parly est en Grèce ce lundi pour signer le contrat de vente de 18 avions Rafale (6 neufs et 12 d’occasion prélevés sur les stocks de l’armée de l’Air et qui seront remplacés en 2025), un contrat d’une valeur totale (avions, soutien et formation) de 2,5 milliards d’euros (dont 400 millions pour les avions d’occasion).

C’est la première fois qu’une armée européenne, hormis l’armée de l’Air et de l’Espace française, achète cet appareil fabriqué par Dassault. Et c’est le premier achat d’avions français par les Grecs en 20 ans (le dernier portait sur l’achat de 15 Mirage 2000-5 en l’an 2000).

Le Parlement grec avait approuvé cette commande le jeudi 14 janvier. Outre les avions dont les premières livraisons sont annoncés “pour l’été 2021”, les Grecs vont aussi acheter de l’armement: missiles Scalp EG, Mica IR et EM, AM-39, Metor

Le budget 2020 des Armées exécuté « quasiment à l’euro près »

Le budget 2020 des Armées exécuté « quasiment à l’euro près »


À l’euro près, ou presque. La totalité des crédits alloués à la mission défense en 2020 ont été consommés, a indiqué la ministre des Armées, Florence Parly, ce mercredi lors d’une audition au Sénat. L’occasion de revenir sur l’ « excellente exécution » menée en dépit de circonstances économiques défavorables.

« Malgré la crise sanitaire, malgré les perturbations très profondes que celle-ci a pu générer, nous avons réalisé, quasiment à l’euro près, en exécution les crédits dont nous disposions en loi de finances initiale ». C’est à dire les 37,5 Md€ accordés par LPM 2019-2025.

Le ministère des Armées aura bénéficié d’un dégel de crédits à hauteur de 800 M€ « dans le courant du mois de novembre, c’est à dire à une date bien plus anticipée que d’habitude ». La gestion budgétaire 2019, par exemple, s’était avérée autrement plus complexe à clôturer avec près de 200 M€ de crédits encore gelés à la mi-décembre.

Ce coup de pouce aura « facilité les choses pour pouvoir assurer l’exécution ». Le surcoût des OPEX et MISSINT, par exemple, provisionnés à hauteur de 1,2 Md€. La facture aura finalement atteint 1,46 Md€, révélait récemment La Tribune. Soit une hausse d’environ 60 M€ par rapport à 2019 malgré le renforcement de Barkhane en février, le lancement de Résilience le mois d’après et le soutien apporté au Liban dans le cadre de l’opération Amitié.

Crédits : ministère des Armées

Le 4e loi de finances rectificative avait permis le redéploiement d’une partie des crédits nécessaires pour couvrir les surcoûts non provisionnés. Plus de 164 M€ (214 M€ en 2019) ont ainsi été redirigés vers le programme 178 Préparation et emploi des forces, compensés par des annulations sans conséquences au sein des autres programmes de la mission Défense.

« C’est une taxation interministérielle qui a été surtout ministérielle », a commenté Florence Parly. Les différents réajustements ont en effet évité une nouvelle tentative de recours à la solidarité interministérielle, mise au frigo depuis plusieurs années. Un mécanisme d’autant plus difficile à invoquer du fait du contexte économique et de la trajectoire budgétaire dont bénéficient les Armées depuis trois ans.

Pour la ministre, le mérite revient tout particulièrement aux armées, directions et services. « Si cette exécution a été aussi satisfaisante », c’est notamment parce que les entités du ministère « se sont mobilisées de façon tout à fait exceptionnelle ».

« C’est une excellente exécution dont nous avons bénéficié en 2020, parce qu’arriver à consommer la totalité de nos crédits, pouvoir venir en aide à nos entreprises et pouvoir couvrir sans autre conséquences que celles-ci les surcoûts liés aux OPEX est un excellent bilan », a-t-elle conclu.

Image : ministère des Armées