L’armée française perd treize militaires dans un accident d’hélicoptères au Mali

L’armée française perd treize militaires dans un accident d’hélicoptères au Mali

 

Membres de la force « Barkhane », ils ont trouvé la mort dans une collision apparemment accidentelle lors d’une opération de combat contre des djihadistes.

Par Nathalie Guibert – Le Monde Publié le 26 novembre

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/26/treize-militaires-francais-tues-au-mali-dans-l-accident-de-deux-helicopteres_6020545_3212.html

 

L’armée française est en deuil à la suite d’un très grave accident d’hélicoptères qui a eu lieu lundi 25 novembre au Mali et a tué 13 militaires de la force « Barkhane ». Il s’agit de l’événement le plus meurtrier pour la mission française au Sahel depuis son déploiement au Mali en 2013, puis dans l’ensemble de la région en 2014 avec 4 500 hommes.

Vers 19 heures lundi, deux appareils (un Tigre et un Cougar) qui opéraient dans la région du Liptako, aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, se sont vraisemblablement percutés. Les soldats – relevant de plusieurs unités, et parmi lesquels figuraient des groupements commandos parachutistes et des troupes de montagne – étaient mobilisés dans une opération que l’état-major qualifie d’« opportunité » contre un groupe armé djihadiste, après un renseignement.

Dans un communiqué publié par l’Elysée mardi matin, le président de la République a fait part de sa « profonde tristesse ». Il a salué « avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires de l’armée de terre, six officiers, six sous-officiers, et un caporal-chef, tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel ». Emmanuel Macron « s’incline devant la douleur de leurs familles et de leurs proches et leur adresse ses plus sincères condoléances, en les assurant de l’indéfectible solidarité de la nation », poursuit le communiqué. Une prochaine cérémonie nationale d’hommage aux Invalides est d’ores et déjà évoquée par l’entourage du chef de l’Etat.

La ministre des armées a pour sa part rendu hommage, en citant leurs noms, aux treize soldats, issus du 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau, du 4e régiment de chasseurs de Gap et du 93e régiment d’artillerie de montagne de Varces. Un légionnaire du génie de Saint-Christol fait aussi partie des tués. Florence Parly précise qu’« une enquête est ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de ce drame ».

La région du Liptako, le centre des efforts

L’état-major précise le déroulé des faits. « Selon toute vraisemblance, un abordage entre les deux aéronefs évoluant à très basse altitude serait à l’origine de l’accident. Ils participaient à une opération d’appui aux commandos de la force “Barkhane” qui étaient au contact de groupes armés terroristes. » Le communiqué du général François Lecointre ajoute que les soldats étaient engagés au sol depuis quelques jours et « que les commandos traquaient un groupe de terroristes, décelés quelques heures plus tôt, qui évoluaient en pick-up et à motos. Très rapidement, ils ont été renforcés par des hélicoptères et une patrouille de Mirage 2000 ».

Le premier hélicoptère Cougar, avec à son bord six commandos de montagne et un chef de mission, « a alors été engagé pour coordonner l’ensemble des moyens, tout en étant en mesure d’intervenir pour assurer “l’extraction immédiate” d’un élément au sol », assure le communiqué. Et « vers 19 h 40, pendant la manœuvre destinée à préparer l’engagement de l’ennemi, l’hélicoptère Cougar et un Tigre sont entrés en collision, s’écrasant à courte distance l’un de l’autre ».

La région du Liptako est le centre des efforts de la force « Barkhane » depuis de longs mois. Le 1er novembre, l’organisation Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) y a mené une attaque retentissante contre la base militaire malienne d’Indelimane, tuant 49 soldats maliens. Les forces armées du pays, mais également, par ricochet, leurs alliés français et ceux de la Mission de stabilisation des Nations unies au Mali (Minusma), sont placés devant les limites de leurs capacités à stabiliser la zone, sillonnée par des groupes locaux liés à l’organisation Etat islamique (EI) ou à Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), en l’absence de toute présence sérieuse des autorités.

L’EIGS avait également revendiqué la pose de la bombe artisanale qui a tué le 2 novembre un soldat de « Barkhane ». Le véhicule blindé léger du brigadier Ronan Pointeau mort dans l’explosion faisait partie de l’escorte d’un convoi logistique qui achemine matériels et vivres entre la base de Gao et les points d’appui de l’armée française dans le nord du Mali. L’état-major français n’avait pas établi de lien entre cet événement tragique et celui d’Indelimane. Le brigadier Pointeau était le 28e soldat mort au Mali depuis le début de l’opération en 2013.

Le chef d’état-major des armées a affirmé à plusieurs reprises que « la sécurisation de la boucle du Niger prendra plusieurs années. Elle sera évidemment étroitement liée à la montée en puissance des forces partenaires et aux acteurs de la stabilisation ». Des forces encore trop faibles pour prendre le relais, et dont la présence est instrumentalisée par divers acteurs. En mars, au lendemain d’un massacre dans le village d’Ogossagou qui a tué 157 personnes, plusieurs dizaines de milliers de manifestants avaient défilé dans la capitale, Bamako, à l’appel de l’ancien président du Haut Conseil islamique du Mali, Mahmoud Dicko, une personnalité de premier plan. Ils dénonçaient l’impéritie du gouvernement malien, mais demandaient aussi le départ des soldats français et de la force de l’ONU, la Minusma.

Jean Morel, un des derniers survivants du commando Kieffer, est mort

Jean Morel, un des derniers survivants du commando Kieffer, est mort

 

Aux côtés des 177 fusiliers marins des Forces françaises libres du commando Kieffer, il avait participé au débarquement du 6 juin 1944 à Sword Beach.

 

Le Monde avec AFP Publié le 25 novembre 2019

https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2019/11/25/jean-morel-un-des-derniers-survivants-du-commando-kieffer-est-mort_6020390_3382.html

« Un de nos héros nous a quittés aujourd’hui. » Jean Morel, un des derniers survivants du commando Kieffer, est mort à l’âge de 97 ans, a annoncé dimanche 24 novembre au soir la secrétaire d’Etat auprès de la ministre des armées Geneviève Darrieussecq. « Jean Morel était parmi les Français libres du commando Kieffer qui participèrent au débarquement de Normandie le 6 juin 1944. Nous lui devons tellement. Toutes mes condoléances à sa famille et à ses proches », a-t-elle tweeté.

Les 177 fusiliers marins des Forces françaises libres du commando Kieffer, intégré au Royal Marine Commando no 4, sont les seuls Français en uniforme à avoir participé au débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944. Portant le nom du capitaine de corvette Philippe Kieffer, qui avait constitué ce groupe de volontaires, le commando, entraîné en Ecosse, avait débarqué le 6 juin 1944 à Sword Beach. Jean Morel était l’un des trois derniers survivants du commando, avec Léon Gautier et Hubert Faure.

Né le 27 septembre 1922 à Paris, Jean Morel avait 17 ans et préparait son engagement dans la marine lorsque la seconde guerre mondiale avait éclaté. Après la défaite française de 1940, il avait rejoint les Forces françaises libres (FFL) en Grande-Bretagne.

« Je suis parti pour combattre les Allemands qui occupaient la France, je voulais libérer mon pays et ma famille », racontait Jean Morel en juin dernier à Cols-Bleus, la revue de la marine nationale française. Philippe Kieffer « cherchait des hommes pour créer un corps franc, c’est ainsi que je me suis engagé ». « Avant de débarquer de la barge, j’étais très interrogatif sur le déroulement de la journée, mes sentiments étaient partagés entre une volonté de combattre, de gagner notre liberté, et la peur, poursuivait-il. Au moment du débarquement, j’ai sauté, j’ai couru sur la plage ensuite j’ai vu Kieffer blessé qui m’a dit : “Fais vite !” » 

Décès d’un caporal-chef du Groupe Militaire de Haute Montagne

Décès d’un caporal-chef du Groupe Militaire de Haute Montagne


Barkhane a rendu hommage à Ronan Pointeau dont le corps traversera le pont Alexandre III ce mardi

Barkhane a rendu hommage à Ronan Pointeau dont le corps traversera le pont Alexandre III ce mardi

Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – Publié le 4 novembre 2019

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/

 

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Cet après-midi, un hommage populaire sera rendu à 16h30 sur le pont Alexandre III afin d’honorer la mémoire du brigadier-chef Ronan Pointeau, tué au Mali le samedi 2 novembre. Ce spahi, fils de gendarme, a trouvé la mort lorsque le VBL où il se trouvait a été frappé par un IED et s’est retourné.

Ses deux camarades de l’équipage du VBL ont été blessés mais leur pronostic vital n’est pas engagé selon l’EMA.

Un brigadier du 1er Régiment de Spahis tué par un engin explosif improvisé au Mali

Un brigadier du 1er Régiment de Spahis tué par un engin explosif improvisé au Mali

http://www.opex360.com/2019/11/02/un-brigadier-du-1er-regiment-de-spahis-tue-par-un-engin-explosif-improvise-au-mali/