Elysée : l’amiral Rolland nommé chef d’état-major particulier

Elysée : l’amiral Rolland nommé chef d’état-major particulier

L’amiral Vandier est favori pour devenir Chef d’état-major de la marine.

Jean-Philippe Rolland

Jean-Philippe Rolland © Ministère de la défense

L’amiral Jean-Philippe Rolland a été nommé, le 4 juillet, chef d’état-major particulier du président de la République (CEMP). Il succèdera à l’amiral Bernard Rogel, à compter du 1er aout.

L’amiral Rolland, 56 ans, est actuellement Alfan, c’est-à-dire commandant de la Force d’action navale, à Toulon. Jean-Philippe Rolland est un « surfacier » : il a notamment commandé l’aviso Commandant Bouan, la frégate Lafayette et le porte-avions Charles de Gaulle. Il a participé à de nombreuses opérations.

L’amiral Rolland faisait partie de la short list des candidats pour le poste de CEMP ou de Chef d’état-major de la marine (CEMM).

L’affaire du Covid sur le porte-avions ne semble donc pas l’avoir affecté dans sa carrière.

L’amiral Bernard Rogel sera donc resté quatre ans à ce poste très stratégique et quittera le service actif fin juillet.

La nomination de l’amiral Rolland comme CEMP devrait permettre à l’amiral Pierre Vandier d’être nommé prochainement chef d’état-major de la marine (CEMM). Cet officier, lui aussi ancien pacha du porte-avions, est actuellement chef du cabinet militaire de la ministre des armées. Le nom de l’amiral Bernard-Antoine Morio de l’Isle, un sous-marinier, est également cité, mais il pourrait être nommé Inspecteur général (Marine). L’amiral Christophe Prazuck quittera son poste de chef d’état-major de la marine à la fin du mois d’aout.

Porte-avions de nouvelle génération : Rapport du Sénat du 24 juin 2020

Porte-avions de nouvelle génération : Rapport du Sénat du 24 juin 2020


Après 18 mois d’études sur le porte-avions de nouvelle génération, le dossier est aujourd’hui sur le bureau du Président de la République. Or ce choix concerne la sécurité des Français : il est urgent d’associer le Parlement et les citoyens au débat. C’est l’objet de ce rapport.

Facteur d’autonomie stratégique, le porte-avions est un outil politique, diplomatique et militaire sans équivalent. Il participe au maintien du rang de la France comme puissance diplomatique et militaire de premier rang, capable d’intervenir en opération pour défendre ses intérêts et de jouer un rôle actif dans des coalitions internationales. Avec la dissuasion nucléaire, c’est un symbole de l’exercice par la France de sa souveraineté.

Mondialisation, rivalités de puissances, « maritimisation » de l’économie : les tendances géostratégiques plaident pour ne pas désarmer en mer. La construction d’un – ou de deux – nouveaux porte-avions est probablement la première réponse, la plus significative, celle autour de laquelle doivent s’organiser toutes les autres. Dans ce rapport qui expose les enjeux, le Sénat apporte de premières réponses à un débat qui doit être ouvert.

Rapport d’information – Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées Sénat sur le porte-avion nouvelle génération 24 06 2020

Selon l’amiral Prazuck, il « faudra des mois » pour tirer les conséquences de l’incendie du SNA Perle

Selon l’amiral Prazuck, il « faudra des mois » pour tirer les conséquences de l’incendie du SNA Perle

par Laurent Lagneau – Zone militaire -Publié le 17 juin 2020

http://www.opex360.com/2020/06/17/selon-lamiral-prazuck-il-faudra-des-mois-pour-tirer-les-consequences-de-lincendie-du-sna-perle/

 

Il aura donc fallu 14 heures aux marins-pompiers de Toulon et de Marseille, aux pompiers du SDIS 83 ainsi qu’aux marins de l’Escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque [ESNA] et de l’École de navigation sous-marine et des bâtiments à propulsion nucléaire [ENSM-BPN] pour venir à bout de l’incendie qui s’était déclaré à bord du sous-marin nucléaire d’attaque [SNA] « Perle », lors de sa dernière Interruption pour entretien et réparations [IPER], le 12 juin.

Une telle intervention aura été des plus délicates, étant donné qu’il a fallu aux marins-pompiers progresser dans des espaces confinés malgré une intense chaleur, tout en veillant à éviter la propagation de l’incendie vers le compartiment abritant le réacteur nucléaire du sous-marin, qui, heureusement, avait été débarrassé de tout combustible.

Depuis, une enquête judiciaire a été ouverte et l’Inspection générale des armées a été saisie. Et des expertises seront menées afin de déterminer l’origine de l’incendie, qui a pris au niveau d’un compartiment situé à la proue du navire. Leurs résultats seront déterminants pour l’avenir de la Perle, pour lequel on peut nourrir quelques craintes, la forte chaleur produite ayant très probablement affecté l’acier de sa coque épaisse.

À Toulon, le 13 juin, la ministre des Armées, Florence Parly, a assuré que tout serait fait pour réparer le SNA si les analyses permettent de penser que cela est envisageable. Seulement, ces dernières risquent de prendre du temps. C’est, en tout cas, ce qu’a déclaré l’amiral Christophe Prazuck, le chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM], dans un message diffusé via les réseaux sociaux.

Après avoir salué le courage des marins-pompiers, l’amiral Prazuck a en effet affirmé qu’il « faudra maintenant des semaines d’expertise(s) technique(s) pour comprendre l’ampleur des dégâts et probablement des mois pour en tirer les conséquences. »

« Donc, pas de jugement à l’emporte-pièce, pas de désarroi », a demandé le CEMM. « Nous avons connu d’autres incendies et d’autres coups durs. Nous les avons toujours surmontés et nous surmonterons celui-là. Il nous faut de la compétence, de l’expertise, de la détermination et du courage comme celui qui a animé les pompiers et les marins qui sont intervenus sur la Perle », a-t-il conclu.

Si la coque épaisse a « travaillé » sous l’effet de la forte chaleur, alors il sera compliqué d’envisager un retour du SNA « Perle » en opération, alors qu’il était prévu de le désarmer en 2030. En revanche, et c’est le scénario le plus optimiste, il se pourrait qu’il n’y ait à remplacer que ce qui a brûlé… Soit, tout de même, des kilomètres de câbles et autres équipements. Mais ce ne sera pas une mince affaire…

Le SNA Saphir ayant été désarmé et le premier SNA de la classe Barracuda, le Suffren, étant encore en période d’essais, la Marine nationale aura à revoir quelques priorités. « L’impact sur 2020 est nul. Mais en 2021, cela va créer un trou de capacité opérationnel sur un parc de sous-marin déjà contraint », a admis le capitaine de vaisseau Éric Levault, le porte-parole de la Marine, cité par l’AFP.

Le format de la Force océanique stratégique [FOST] est de 4 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins [SNLE, sur lesquels repose une partie de la dissuasion] et de 6 SNA. Soit, pour ces derniers, un « costume taillé au plus juste » sachant que, initialement, il était prévu de construire 8 sous-marins de la classe Rubis, celle à laquelle appartient La Perle.

Or, si ils contribuent à la dissuasion nucléaire, les SNA assurent d’autres missions également importante, comme la protection du groupe aéronaval [GAN], la projection de forces ou encore le renseignement. « Tout le travail de planification va débuter pour faire rentrer l’édredon dans la valise », a commenté le capitaine de vaisseau Éric Levault.

Cela étant, par le passé, la disponibilité des six SNA de la classe Rubis n’a pas toujours été optimale. Depuis 2017, ce type d’information n’est plus communiquée ouvertement. Mais, selon les derniers chiffres connus, cette disponibilité était de 46,20% en 2014. Ce qui marquait une nette amélioration par rapport à d’autres années.

En effet, un rapport du Sénat, publié dix ans plus tôt, avait en effet déploré qu’un seul était alors opérationnel et que « la situation atteignait parfois de telles extrémités que les équipements étaient réaffectés d’un bâtiment à un autre, en fonction des besoins, afin d’assurer au mieux l’exécution du contrat opérationnel de la Marine nationale. »

Seulement, le contexte international a évolué depuis… avec une remise en cause des équilibres stratégiques, politiques, économiques, technologiques, énergétiques et militaires, laquelle va de pair une compétition entre puissances plus exacerbée. Ce qui ne fait qu’augmenter les risques d’incidents et les menaces. Aussi, mieux vaut ne pas avoir un  bouton de guêtres qui manque.

Illustration : C.NORMAND/Marine nationale

 

Covid-19 : comment l’épidémie a été gérée sur le Charles de Gaulle

Covid-19 : comment l’épidémie a été gérée sur le Charles de Gaulle


60% de l’équipage est positif au Covid. Le point sur le déroulement de l’affaire

 

Le Porte-avions Charles de Gaulle

Le Porte-avions Charles de Gaulle © Sipa Press

1 060 marins du porte-avions, sur les 1 760 qui étaient à bord, ont été testés positifs au Covid, soit 60 % d’entre eux, indique la Marine nationale. Près de la moitié des «  positifs  » sont asymptomatiques.

Au total, 24 marins sont actuellement hospitalisés, dont dix sous oxygène et un intubé. Ce dernier est l’un des trois marins évacués du bord par hélicoptère.

Alors que les rumeurs vont bon train, nous pouvons apporter des précisions, même si celles-ci sont partielles, sur la base d’informations de source navale. Deux enquêtes – épidémiologiques et de commandement – sont en cours et la ministre des armées a promis vendredi qu’elles seraient rendues publiques.

L’escale à Brest. Elle est au centre des interrogations sur l’origine de la contamination. Elle s’est déroulée du vendredi 13 au lundi 16 mars au matin. Il s’agit du week-end où tout a basculé en France, avant le confinement effectif le 17 mars en milieu de journée. Environ un tiers de l’équipage (notamment les personnels du groupe aérien embarqué) habite dans la région de Brest. Ces marins ont pu regagner leur domicile, même si la visite des familles à bord a été annulée par mesure de précaution. Au moment de l’escale, une trentaine de cas de Covid était identifiée dans le Finistère. Les marins ont reçu la consigne de ne pas se rendre dans le seul foyer épidémique (cluster) alors connu en Bretagne, la région d’Auray (Morbihan).

Les mesures prises à bord. Le porte-avions a quitté Brest le lundi 16 mars, avant l’intervention du président de la République le soir même, annonçant un très net durcissement des mesures déjà prises. A bord, un questionnaire a été rempli par tout l’équipage sur son état de santé et ses contacts durant l’escale. L’équipe médicale a alors identifié 350 marins qui devaient faire l’objet d’un suivi préventif, avec une prise de température deux fois par jour. La Marine reconnaît que «  100 % des marins n’ont pas été suivis  ». D’autres mesures ont été prises, comme le doublement (2 fois par jour) des postes de propreté ou la suppression des rassemblements du matin. Enfin, le bateau a «  évité  » toutes les venues à bord, même si du ravitaillement a été livré.

Les entrées et les sorties de l’infirmerie ont été l’indicateur d’alerte. Celles-ci sont restées normales, de l’ordre de la dizaine par jour, indique la Marine. Un seul cas suspect avait été identifié, mais un scanner des poumons, transmis à terre, a indiqué qu’il ne s’agissait pas du covid.

L’alerte et l’interruption de la mission. Tout a basculé le lundi 6 avril au soir, lorsque les entrées à l’infirmerie ont «  tout à coup  » fortement augmenté et se sont poursuivies durant la nuit, indique-t-on dans la Marine.

[Actualisé (1) : Interrogé sur TF1, le chef d’état-major des armées François Lecointre a précisé que le nombre de malades était brutalement passé de 18 le 5 avril à 36 le lendemain 6 avril. ]

Le commandant a aussitôt rendu compte et la décision d’interrompre la mission Foch a été prise le lendemain, mardi 7 avril, en accord entre le bord, l’état-major de la marine, le chef d’état-major des armées et la ministre des armées. Cette décision n’a été rendue publique que le jour suivant, le mercredi 8 avril.

L’armée française a indiqué, ce samedi, que 1 046 marins du porte-avions Charles-de-Gaulle ont été contaminés par le coronavirus

L’armée française a indiqué, ce samedi, que 1 046 marins du porte-avions Charles-de-Gaulle ont été contaminés par le coronavirus

Une équipe de désinfection sur le Charles-de-Gaulle à Toulon. ©Benoit Emile/EPA/MAXPPP (EPA)


Le Télégramme -Publié le 18 avril 2020

https://www.letelegramme.fr/france/1-046-cas-sur-le-charles-de-gaulle-bilan-definitif-selon-l-armee-18-04-2020-12540855.php


Le bilan est définitif : 1 046 marins du porte-avions français Charles-de-Gaulle ont été testés positifs au nouveau coronavirus sur un total de 1 760, selon l’armée française. Une immense majorité d’entre eux vient bien du bâtiment nucléaire lui-même, sur lequel le virus s’est répandu comme une traînée de poudre, touchant presque 60 % des effectifs.

Un major en réanimation

Près de 50 % des cas sont asymptomatiques. Entre 20 et 30 marins sont actuellement hospitalisés selon les jours, et un major d’une cinquantaine d’années est en réanimation. Son état est stationnaire et ses « réflexes respiratoires fonctionnent ».

Deux enquêtes ont été diligentées sur la gestion de la crise par l’encadrement militaire et le processus de contamination du bâtiment. Deux questions qui continuent de faire polémique, avec des témoignages qui dénoncent un encadrement dépassé par les évènements. La marine nationale a de nouveau dénoncé certaines informations « fausses ».