Sahel : Les jihadistes ont attaqué un poste malien avec un blindé; Intervention des moyens aériens de Barkhane

Sahel : Les jihadistes ont attaqué un poste malien avec un blindé; Intervention des moyens aériens de Barkhane

http://www.opex360.com/2021/02/04/sahel-les-jihadistes-ont-attaque-un-poste-malien-avec-un-blinde-intervention-des-moyens-aeriens-de-barkhane/

 

Une centaine de djihadistes tués lors d’une opération militaire franco-malienne

Une centaine de djihadistes tués lors d’une opération militaire franco-malienne

Selon les militaires français et maliens, une opération spéciale dans le centre du Mali a aussi abouti à la capture de combattants et à la saisie de matériel.

Le Monde – publié le 27 janvier 2021

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/01/27/une-centaine-de-djihadistes-tues-lors-d-une-operation-militaire-franco-malienne_6067742_3212.html

 

Des soldats de l’armée française surveillent une zone rurale pendant l’opération « Barkhane », dans le nord du Burkina Faso, le 12 novembre 2019.

Les armées française et malienne ont tué une centaine de djihadistes dans le centre du Mali durant l’opération « Eclipse », menée du 2 au 20 janvier par la force française « Barkhane » et l’armée malienne, a fait savoir cette dernière mardi 26 janvier. « Une vingtaine [de djihadistes ont été] capturés, ainsi que plusieurs motos et matériels de guerre saisis », ajoute l’armée malienne, dans un communiqué.

Paris avait affirmé la semaine dernière qu’une vingtaine de djihadistes avaient été tués mi-janvier par les militaires français et leurs partenaires locaux dans le nord du Burkina Faso, dans la zone dite des « trois frontières » (Burkina, Mali, Niger), lors d’une opération menée en coordination avec « Eclipse ».

« Au cœur de la fourmilière »

Au Mali, il s’agissait de « bouter l’ennemi hors de ses zones de refuge » dans le secteur Douentza-Hombori-Boulkessi, une région de forêts clairsemées et de brousses surplombées d’un massif rocheux, où sont implantés des éléments du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, ou Jnim en arabe), une alliance djihadiste affiliée à Al-Qaida. D’autres groupes, liés pour leur part à l’organisation Etat islamique (EI), sont également présents dans la région.

Paris combat les djihadistes au Sahel avec 5 100 hommes, déployés depuis 2013 aux côtés des armées du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Tchad, Burkina Faso, Niger). Ces armées revendiquent, cependant, rarement un bilan humain aussi important lors d’une seule opération face à des groupes qui ne compteraient dans leurs noyaux durs pas plus de quelques milliers d’hommes.

La zone des « trois frontières ». Infographie Le Monde

Le secteur reste toutefois dangereux pour les forces maliennes et françaises. Fin décembre, trois soldats français y ont été tués par l’explosion d’une mine artisanale près d’Hombori, une attaque revendiquée par le GSIM, tandis que six soldats maliens ont été tués le week-end dernier, lors d’attaques nocturnes simultanées contre les deux camps militaires de la zone, à Boulkessy et Mondoro. Les assaillants avaient été repoussés avec l’aide de l’aviation française, une riposte qui avait fait « une trentaine de morts côté terroristes », selon Bamako. « Avec “Eclipse”, [les soldats] sont vraiment au cœur de la fourmilière », a souligné, mardi, une source diplomatique occidentale dans la capitale malienne.

Ces opérations antidjihadistes n’échappent pas aux polémiques. Le chef d’état-major de l’armée malienne a ordonné mi-janvier une enquête sur les circonstances de la mort de trois djihadistes faits prisonniers pendant leur transfèrement vers un camp militaire.

Et plusieurs ONG réclament une enquête indépendante sur une frappe aérienne française près du village de Bounti. Des villageois et une association peule affirment que cette frappe a tué une vingtaine d’habitants, lors d’un mariage, le 3 janvier. Les autorités françaises et maliennes martèlent, pour leur part, que les avions de chasse français ont visé et éliminé des dizaines de djihadistes et qu’il n’y avait ni mariage, ni femmes, ni enfants.

Nouvelle force Takuba

Paris « espère vraisemblablement que la polémique se sera estompée à l’approche du sommet de N’Djamena [les 15 et 16 février], où le bilan de l’opération sera sans doute mis en avant », a déclaré, mardi, à l’AFP une source onusienne. Ce sommet, un an après celui de Pau, où les dirigeants français et sahéliens avaient décidé d’intensifier leur lutte dans la zone des « trois frontières », doit permettre de faire le point sur l’engagement français. Le président français Emmanuel Macron a, d’ores et déjà, prévenu qu’il comptait « ajuster les efforts » français dans la région.

Pour alléger son fardeau, Paris mise beaucoup sur la nouvelle force Takuba, un groupement de forces spéciales européennes chargé d’accompagner l’armée malienne au combat. Les hommes qui dirigent la transition au Mali, mise sur pied après le coup d’Etat qui a renversé en août le président Ibrahim Boubacar Keïta, pourront, par ailleurs, se prévaloir lors de ce sommet de la dissolution formelle, annoncée mardi, du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), l’organe formé par les militaires putschistes.

Le gouvernement de transition pourra également se targuer de participer à la mise en œuvre des accords de paix de 2015, un facteur essentiel d’un retour à la stabilité au Mali. Après avoir intégré d’ex-rebelles au gouvernement, une délégation ministérielle s’est rendue, lundi, pour la première fois depuis des mois à Kidal, bastion des ex-rebelles indépendantistes touareg dans le nord du pays.

L’armée malienne et Barkhane infligent de lourdes pertes aux jihadistes lors d’attaques à Boulikessi et Mondoro

L’armée malienne et Barkhane infligent de lourdes pertes aux jihadistes lors d’attaques à Boulikessi et Mondoro

http://www.opex360.com/2021/01/25/larmee-malienne-et-barkhane-infligent-de-lourdes-pertes-aux-jihadistes-lors-dattaques-a-boulikessi-et-mondoro/

Théorie du combat hybride

Théorie du combat hybride

https://lavoiedelepee.blogspot.com/

Défense et sécurité internationale n° 135, mai-juin 2018

En juin 2006, lorsque le colonel Gronski, commandant la 2e brigade de la 2e division d’infanterie de l’US Army, quitte la ville de Ramadi, son constat est sans appel : la capitale de la province irakienne d’Anbar et ses alentours ne peuvent être contrôlés sans la présence d’au moins trois brigades.

Il pointe alors du doigt la difficulté des armées professionnelles modernes, puissantes mais peu volumineuses, à occuper le terrain. Malgré son immense capital technologique et sa puissance de feu, le corps expéditionnaire américain en Irak n’a pas les effectifs nécessaires pour contrôler Bagdad et les villes sunnites.

Ramadi ne comprend pourtant que 400 000 habitants mais malgré des efforts considérables et la perte de 148 soldats américains en trois ans, c’est Al-Qaïda en Irak (AQI) qui y règne. Huit mois plus tard, AQI, devenu entre-temps l’État islamique en Irak (EEI), a été effectivement chassé de la ville et de ses alentours. Comme le souhaitait le colonel Gronski ce résultat a été obtenu grâce à un renforcement important, mais pas celui qu’il attendait.

Apaches, sections combinées et Fils de l’Irak

La guerre au milieu des populations est aussi affaire de masse critique. Les 15 à 20 brigades américaines présentes en Irak de 2003 à 2007 ont été comme des pièces de jeu d’échecs sur un plateau de Go. Elles ont toujours été capables d’écraser les pions ennemis dans n’importe quel secteur du pays, mais également incapables de tenir tous les secteurs en même temps. La nouvelle armée irakienne a représenté un renfort appréciable à partir de 2005, mais vraiment important qu’à partir de 2008. Cette armée régulière présentait également l’inconvénient majeur d’être massivement composé de chiites, souvent peu volontaires pour intervenir dans des provinces sunnites où ils apparaissaient comme un occupant supplémentaire.

Au bout du compte, le renforcement le plus important est venu sur place. A Ramadi, c’est en effet l’alliance entre les tribus sunnites de la région, excédées des exactions de l’EII, et de la nouvelle brigade américaine, la 1ère de la 1ère division blindée, qui a tout changé. En quelques mois, le nouveau mouvement du Réveil (Sahwa), coalition de tribus et organisations sunnites formée en septembre 2006, a fourni 4 000 combattants en renfort à la brigade du colonel Mac Farland.

Grâce à ce renfort, les Américains ont pu sortir des grandes bases extérieures où ils étaient confinés pour créer 24 postes de combat (Combat Outpost, COP), (l’équivalent de pions de jeu de Go). Ces COP associaient systématiquement soldats américains, Irakiens réguliers et supplétifs du Sahwa, les premiers apportant leurs moyens, les seconds leur nombre et surtout leur connaissance du milieu.

L’implantation progressive de ces postes mixtes vers le centre-ville, l’accumulation de petites victoires contre l’ennemi, les retombées économiques (soldes des miliciens, réduction du chômage, extension des actions civilo-militaires, reconstruction) dans les zones sécurisées ont modifié la perception générale de la situation. Le partenariat avec les Américains devenant visiblement à la fois efficace et rentable, les tribus et les groupes se sont ralliés de plus en plus nombreux et les recrutements se sont multipliés. Le succès, qui paraissait impossible quelques mois plus tôt, s’est accéléré jusqu’à l’étouffement de l’ennemi.

Cette expérience reprenait en réalité celles déjà réalisées depuis 2004 par le 3e Régiment de cavalerie à Tal Afar, sur la frontière de la Syrie, ou par plusieurs bataillons de Marines en Anbar. Les cavaliers, comme Mac Farland, ou Mac Master à Tal Afar, remettaient alors au goût du jour les méthodes du général Crook connu par avoir vaincu les Indiens apaches en Arizona en 1871 en intégrant justement des Apaches dans ses forces.

Les Marines, de leur côté, se référaient plutôt à leur expérience des Combined Action Platoons (CAP) au Vietnam, elle-même inspirée des expéditions du Corps en Amérique centrale dans l’entre-deux-guerres. De 1965 à 1971, le Corps des Marines avait en effet envoyé des groupes de combat de 13 hommes, 120 au total au plus fort de l’engagement, dans des villages vietnamiens pour s’y associer avec les forces de défense locales afin d’y constituer des sections mixtes (CAP). L’expérience avait été un grand succès. Aucun secteur tenu par une CAP n’a jamais été pris par l’ennemi et chaque soldat américain qui y était affecté était en moyenne deux fois plus efficace contre l’ennemi qui celui des bataillons dans les bases. Plus étonnant, il s’avérait que ce même soldat courait statistiquement moins de risque que celui qui vivait dans les bases et le tout pour un coût infiniment moins important. L’expérience des CAP, trop contraire à l’idée d’une armée moderne, mobile et offensive multipliant les « opérations de recherche et destruction » et surtout trop à la confluence de commandements différents et concurrents (civil et militaire, américain et vietnamien) est cependant restée très limitée.

En 2007, en revanche, et en partie grâce à des officiers pragmatiques (et d’une grande culture historique) comme le général Petraeus, nouveau commandant en chef en Irak, l’expérience de Ramadi est étendue à l’ensemble du théâtre. En juillet 2007, pour l’équivalent de moins de 40 millions d’euros de soldes par mois (moins de 1 % des dépenses américaines), la Force multinationale en Irak a pu disposer d’un renfort de 100 000 combattants locaux (sous l’appellation générale de « Fils de l’Irak ») intégrés dans son dispositif. Plus de la moitié d’entre eux ont été engagés dans les quartiers de Bagdad au sein de dix brigades américaines et aux côtés de 80 000 soldats ou policiers irakiens. Après l’échec de 2006, c’est seulement au prix de cet effort humain considérable que le quadrillage de la ville a pu être réalisé, que l’EII a pu en être chassé en 2007 et l’Armée du Mahdi contenue.

L’appel au recrutement local

Cette pratique du recrutement local n’est évidemment pas nouvelle. Les grandes campagnes françaises lointaines n’auraient jamais pu être menées sans elle. La guerre d’Indochine n’a été soutenable pendant huit ans que parce que le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient (CEFEO) était composé de bataillons et commandos autochtones divers encadrés par des Français, associés à des bataillons « français » qui eux-mêmes sont tous devenus mixtes avec le temps. Au total, autour d’un maximum de 60 000 Français métropolitains, ce sont 350 000 autochtones qui se sont portés volontaires pour combattre dans les rangs du CEFEO, sans parler des tirailleurs africains et des Légionnaires de toutes origines. Jamais probablement une armée n’a poussé aussi loin la fusion avec le milieu local. Tout cela s’est effectué en parallèle de la formation de l’armée nationale vietnamienne (où 2 500 cadres français œuvraient jusqu’à leur remplacement par des cadres vietnamiens). Si l’armée de terre française actuelle, avec sa capacité de déploiement de 15 000 soldats, recevait d’un seul coup la mission de remonter le temps et de combattre le Viet-Minh à la place du CEFEO, il est peu probable qu’elle puisse procéder autrement malgré l’accusation, qui ne manquerait pas de survenir, de reformer des bataillons coloniaux.

En ce début du XXIe siècle, jamais les armées occidentales professionnelles n’ont eu aussi peu de masse. La capacité de projection militaire réelle de la France est désormais de l’ordre d’une brigade pour 20 millions de ses habitants, un point bas historique. Avec ces moyens, il est sans doute possible en quelques semaines ou quelques mois de vaincre jusqu’à l’équivalent de trois brigades d’un groupe armé dans un espace plutôt ouvert, de deux brigades dans un espace urbain dense, d’une seule enfin bien armée, entraînée (de type Hezbollah, Hamas, ou même État islamique) et solidement retranchée.

Si le combat contre un groupe armé doit durer, le rapport de forces doit se calculer aussi face au potentiel de recrutement de l’ennemi. En Irak, cela a signifié très concrètement l’impossibilité de vaincre l’ennemi sans déployer au moins un soldat pour 50 habitants d’une ville sunnite. Dans ces conditions, la capacité maximale de contrôle des forces françaises se situe au maximum à moins d’un million d’habitants, deux fois la population de Kapisa-Surobi en Afghanistan, ou de Ramadi en Irak. Sans masse, il est vain d’espérer contrôler un espace humain important. Sans insertion dans le milieu, il est également vain d’espérer que ce contrôle soit efficace.

Dans les deux cas, il n’est guère d’autre solution que de faire appel aux forces locales. Cela peut, et doit, se faire avec les forces régulières du lieu, à condition que celles-ci soient elles-mêmes en nombre suffisant, un minimum efficaces et considérées comme légitimes. Lorsque ce n’est pas le cas, ce qui arrive fréquemment sinon il ne serait pas besoin de faire appel à une aide extérieure, il doit être possible de se renforcer directement avec des recrues locales. Le combat « couplé » avec un acteur politique autonome fait alors place, sans forcément être en concurrence, au combat « fusionné ».

Le sultan d’Oman n’aurait pas pu vaincre la rébellion dans le Dhofar sans la formation de forces irrégulières locales, les firqats, formées à partir de 1970 par le Special Air Service britannique avec des rebelles amnistiés. Quarante ans plus tard, les Forces spéciales américaines feront également de même en Afghanistan avec les Village Stability Operations, avec le même succès, mais d’une ampleur insuffisante cette fois pour être décisif. Limiter la fusion avec les forces locales aux forces spéciales, ce qui n’est pas par ailleurs forcément leur mission première, signifie aussi limiter l’ampleur de l’action.

Lors de la campagne du Tchad de 1969 à 1972, une des rares campagnes post-coloniales de contre-insurrection réussies, le corps expéditionnaire français, 2 500 hommes à son maximum, a en réalité constitué une force mixte franco-tchadienne. Outre des milices d’autodéfense, la France a formé des compagnies tchadiennes d’infanterie encadrées par un total de 650 Français et intégrées dans les groupements tactiques français. Comme les bataillons du CEFEO, le 6e Bataillon d’infanterie de marine comprenait par exemple deux unités françaises et une compagnie parachutiste locale. Par la suite, au fur et à mesure de la formation des cadres locaux, les unités tchadiennes ont repris leur autonomie et formé l’armée nationale.

Une recrue locale, c’est souvent un chômeur de moins, voire un ennemi potentiel de moins. C’est surtout quelqu’un qui connaît bien le pays, les gens, les lieux et parle la langue. C’est un atout tactique remarquable lorsqu’il est associé sur le terrain aux soldats français ou américains, puissants mais étrangers. En général, comme en Irak, plus le combat semble porter ses fruits et assurer réellement la sécurité des proches, et plus le recrutement s’avère facile, d’autant plus que la solde est souvent élevée selon les critères locaux, et, élément essentiel, assurée. Pour 20 % du coût de l’opération française Barkhane au Sahel il serait possible de disposer d’au moins 40 compagnies franco-africaines, sous commandement français ou local. On peut imaginer ainsi intégrer des soldats locaux dans nos compagnies ou inversement injecter un groupe de combat d’infanterie français, formé comme les CAP de volontaires, dans des compagnies.

La principale difficulté de cette fusion réside surtout lorsqu’il faut y mettre fin. Avec le retrait américain, les Fils de l’Irak devaient normalement être intégrés dans les forces de sécurité régulières ou dans des emplois publics. Cela n’a été que partiellement le cas, le pouvoir de Bagdad se méfiant énormément de ces miliciens sunnites. La frustration a été grande dans le mouvement du Sahwa qui espérait obtenir par son engagement plus de place pour la communauté sunnite et cela n’a pas été pour rien dans la nouvelle révolte de 2013 et la réimplantation de l’État islamique.

Encore s’agissait-il en 2008 en Irak d’une victoire. Le problème se pose avec beaucoup plus d’acuité lorsque la fin du contrat coïncide avec la défaite. À l’instar des Harkis d’Algérie, lorsque le corps expéditionnaire se replie la position de ses soldats recrutés localement qui restent sur place est très dangereuse. À ce moment-là, lorsque l’intelligence de prévoir tous les cas de figure n’a pas été au rendez-vous, c’est à l’honneur des nations qu’il faut faire appel. Il n’y a rien de pire pour la confiance des futurs alliés que le constat que les précédents ont été abandonnés, or, rappelons-le, sans eux aucune victoire n’est possible.

Un nouveau venu dans le ciel de Barkhane

Un nouveau venu dans le ciel de Barkhane


Déployé depuis peu au Mali, le nouveau système de mini-drones de reconnaissance (SMDR) de l’armée de Terre y enchaîne désormais les missions en appui de l’opération Barkhane.

Successeur du drone de reconnaissance au contact (DRAC), le SMDR « a réalisé plusieurs dizaines de vols depuis son arrivée fin 2020 », annonçait l’état-major des armées ce vendredi.

« Il permet, pendant plusieurs heures, de jour comme de nuit, d’effectuer à plusieurs dizaines de kilomètres des missions d’observations et de surveillance de zones à proximité de nos emprises mais également lors de nos déploiements », a ajouté l’EMA.

Produit par Thales sur son site d’Élancourt (Yvelines), le SMDR offre des performances accrues en matière de détection, de reconnaissance et d’identification grâce à la charge utile bi-capteur haute définition. Celle-ci a été développée par la PME française Merio suivant les spécifications fournies par Thales. Déployé en moins de 12 minutes, il dispose d’une autonomie de 2h30 et d’un rayon opérationnel de 30 km.

(Crédits : EMA)

L’armée de Terre a pris livraison en juin 2020 des trois premiers systèmes SMDR à trois vecteurs et une station sol. Ils ont été confiés à la Section technique de l’armée de Terre (STAT) à des fins d’expérimentation par des opérationnels. Une dizaine de systèmes supplémentaires étaient attendus l’an dernier. Le marché SMDR a été notifié en 2016 à Thales, associé à Aviation Design et Merio. Un contrat évalué à 100 M€ pour 70 systèmes, dont 35 en option.

Au moins un système avait été perçu début décembre par le 61e régiment d’artillerie de Chaumont, régiment de référence en matière de drones, en vue de leur projection en OPEX. Les Diables Noirs en seront les principaux utilisateurs avec les batteries d’acquisition et de surveillance des autres régiments d’artillerie.

Le SMDR vient compléter une trame drones en plein renouvellement et déjà composée de nano-drones Black Hornet 3 (DrOP) et micro-drones NX-70 Block II opérés depuis longtemps au Sahel. Le segment des micro-drone sera complété dans quelques mois par les premiers systèmes ANAFI USA, commandés cette semaine auprès du Français Parrot.

L’échelon supérieur de cette trame, le SDT Patroller, apportera une élongation et une capacité SA2R supérieures, ainsi que la possibilité de mettre en œuvre des armements. Après quelques déboires, deux systèmes SDT à cinq vecteurs devraient être livrés cette année pour respecter l’objectif d’une mise en service opérationnelle d’ici à 2022.

Image : EMA