L’hélicoptère, un élément clé des opérations militaires françaises

L’hélicoptère, un élément clé des opérations militaires françaises

Pour le transport ou le combat, les hélicoptères comme ceux qui sont entrés en collision lundi 25 novembre au soir, faisant 13 morts, ont un rôle central dans la stratégie militaire française.

 

Par Le Figaro –

Le NH 90 Caiman, hélicoptère dit de «nouvelle génération».
Le NH 90 Caiman, hélicoptère dit de «nouvelle génération». Benoit Tessier/REUTERS

Lundi soir, aux alentours de 19h40, deux hélicoptères de l’ALAT, l’Aviation légère de l’armée de terre française se percutaient, tuant les treize soldats embarqués à leurs bords. Les deux hélicoptères volaient manifestement avec un troisième engin, en formation serrée appelée «vol tactique», pour venir au secours d’un groupement commandos parachutistes (GCP) engagé avec des djihadistes.

Les hélicoptères jouent un «rôle stratégique majeur» au sein de l’armée française, comme le rappelle un rapport du Sénat de 2018. L’ALAT, s’est «avérée indispensable pour les forces spéciales, appuie le rapport, dans le cadre de l’opération Sabre [mission des forces spéciales au sein de l’opération Barkhane], et plus généralement en bande sahélo-saharienne (BSS), dans le cadre de l’opération Barkhane».

Depuis sa création en 1954, l’ALAT a évolué pour s’adapter aux formes de combats menés par l’armée française, et notamment à la contre-insurrection qu’elle a menée en Afghanistan et qu’elle mène aujourd’hui au Sahel. Pour Joseph Henrotin, chercheur spécialiste des questions de défense et rédacteur en chef de la revue Défense et Sécurité internationale, le rôle central accordé aux hélicoptères est dû à trois facteurs: sa rapidité, sa polyvalence et son affranchissement des dangers du sol.

Aller vite, loin, sans se soucier du terrain

Au Sahel, les 4500 hommes de Barkhane doivent couvrir une zone grande comme la moitié de l’Europe (environ 5 millions de km2). «L’hélicoptère permet une compression de l’espace, analyse ainsi Joseph Henrotin. Il permet d‘intervenir rapidement, et compense ainsi notre faible présence sur le terrain».

Par ailleurs, l’usage d’hélicoptères permet de s’affranchir des dangers du terrain. Voler, c’est éviter les routes et donc les embuscades et les IED (Improvised Explosive Device, engin explosif impovisé), ces mines artisanales utilisées par les djihadistes.

Ces avantages font que les aéronefs sont fortement utilisés: transport de troupes et de matériel, extraction de soldats, renseignement, appui-feu aux troupes aux sols, ou encore chasse aux ennemis. Au Sahel, 19 hélicoptères étaient déployés jusqu’à l’accident du 25 novembre, auxquels s’ajoutent les trois hélicoptères lourds Ch-47 Chinook britanniques, et deux hélicoptères de manœuvre danois .

Les escadrilles de Cougars et de Tigres du 5e RHC sont déployées en auto-relève en permanence depuis 2009

Commandant Brice, pilote de Tigre

Par conséquent, la mobilisation des régiments de l’ALAT est très importante. À titre d’exemple, «les escadrilles de Cougars et de Tigres du 5e RHC [le régiment concerné par l’accident] sont déployées en auto-relève en permanence depuis 2009», explique le commandant Brice, pilote de Tigre, qui s’est lui-même rendu cinq fois au Mali et une fois en Afghanistan entre 2012 et 2016.

Vol tactique au Mali. Sur la droite, un hélicoptère Tigre.
Vol tactique au Mali. Sur la droite, un hélicoptère Tigre. PASCAL GUYOT/AFP

Le vol tactique, un savoir-faire français

Le vol tactique est une des formations qui permet à l’ALAT d’exploiter son avantage sa vélocité. Pour le commandant Brice, pilote de Tigre, est typique du savoir-faire de l’ALAT, «son intérêt est double, on se protège en volant bas et vite, on ménage un effet de surprise». Cette formation suppose de voler entre 5 et 15 mètres au-dessus du sol selon le pilote, à une vitesse qui peut atteindre les 250km à l’heure. Elle suppose aussi de voler en formation plus ou moins serrée en fonction de l’effet voulu.

Les pilotes de l’ALAT sont capables de voler à très basse altitude

De jour, le vol tactique est difficile, mais on s’y fait. De nuit, c’est une autre paire de manches

Commandant Brice, pilote de Tigre

Les pilotes français sont parmi les seuls à savoir effectuer des vols tactiques de nuit, comme ce fut le cas lundi 25 novembre. Ce soir-là, les conditions sont particulièrement difficiles: l’obscurité est classée niveau 5 – le plus élevé sur l’échelle de mesure – une obscurité telle qu’il est quasiment impossible de la reproduire en France. «De jour, le vol tactique est difficile, mais on s’y fait. De nuit, c’est une autre paire de manches», confie le commandant Brice, qui insiste cependant sur l’excellente formation des pilotes. «D’après des conversations que j’ai pu avoir avec des médecins de l’École de guerre, poursuit-il, lors d’un vol tactique de nuit, on arrive aux limites de ce que le cerveau humain peut intégrer comme informations simultanées».

Pour autant, les causes de la collision du 25 novembre ne sont pas encore connues. Devant la presse, le général Lecointre a insisté sur l’expertise des pilotes impliqués, en attendant l’analyse des boîtes noires des deux appareils.

L’armée française perd treize militaires dans un accident d’hélicoptères au Mali

L’armée française perd treize militaires dans un accident d’hélicoptères au Mali

 

Membres de la force « Barkhane », ils ont trouvé la mort dans une collision apparemment accidentelle lors d’une opération de combat contre des djihadistes.

Par Nathalie Guibert – Le Monde Publié le 26 novembre

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/26/treize-militaires-francais-tues-au-mali-dans-l-accident-de-deux-helicopteres_6020545_3212.html

 

L’armée française est en deuil à la suite d’un très grave accident d’hélicoptères qui a eu lieu lundi 25 novembre au Mali et a tué 13 militaires de la force « Barkhane ». Il s’agit de l’événement le plus meurtrier pour la mission française au Sahel depuis son déploiement au Mali en 2013, puis dans l’ensemble de la région en 2014 avec 4 500 hommes.

Vers 19 heures lundi, deux appareils (un Tigre et un Cougar) qui opéraient dans la région du Liptako, aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, se sont vraisemblablement percutés. Les soldats – relevant de plusieurs unités, et parmi lesquels figuraient des groupements commandos parachutistes et des troupes de montagne – étaient mobilisés dans une opération que l’état-major qualifie d’« opportunité » contre un groupe armé djihadiste, après un renseignement.

Dans un communiqué publié par l’Elysée mardi matin, le président de la République a fait part de sa « profonde tristesse ». Il a salué « avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires de l’armée de terre, six officiers, six sous-officiers, et un caporal-chef, tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel ». Emmanuel Macron « s’incline devant la douleur de leurs familles et de leurs proches et leur adresse ses plus sincères condoléances, en les assurant de l’indéfectible solidarité de la nation », poursuit le communiqué. Une prochaine cérémonie nationale d’hommage aux Invalides est d’ores et déjà évoquée par l’entourage du chef de l’Etat.

La ministre des armées a pour sa part rendu hommage, en citant leurs noms, aux treize soldats, issus du 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau, du 4e régiment de chasseurs de Gap et du 93e régiment d’artillerie de montagne de Varces. Un légionnaire du génie de Saint-Christol fait aussi partie des tués. Florence Parly précise qu’« une enquête est ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de ce drame ».

La région du Liptako, le centre des efforts

L’état-major précise le déroulé des faits. « Selon toute vraisemblance, un abordage entre les deux aéronefs évoluant à très basse altitude serait à l’origine de l’accident. Ils participaient à une opération d’appui aux commandos de la force “Barkhane” qui étaient au contact de groupes armés terroristes. » Le communiqué du général François Lecointre ajoute que les soldats étaient engagés au sol depuis quelques jours et « que les commandos traquaient un groupe de terroristes, décelés quelques heures plus tôt, qui évoluaient en pick-up et à motos. Très rapidement, ils ont été renforcés par des hélicoptères et une patrouille de Mirage 2000 ».

Le premier hélicoptère Cougar, avec à son bord six commandos de montagne et un chef de mission, « a alors été engagé pour coordonner l’ensemble des moyens, tout en étant en mesure d’intervenir pour assurer “l’extraction immédiate” d’un élément au sol », assure le communiqué. Et « vers 19 h 40, pendant la manœuvre destinée à préparer l’engagement de l’ennemi, l’hélicoptère Cougar et un Tigre sont entrés en collision, s’écrasant à courte distance l’un de l’autre ».

La région du Liptako est le centre des efforts de la force « Barkhane » depuis de longs mois. Le 1er novembre, l’organisation Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) y a mené une attaque retentissante contre la base militaire malienne d’Indelimane, tuant 49 soldats maliens. Les forces armées du pays, mais également, par ricochet, leurs alliés français et ceux de la Mission de stabilisation des Nations unies au Mali (Minusma), sont placés devant les limites de leurs capacités à stabiliser la zone, sillonnée par des groupes locaux liés à l’organisation Etat islamique (EI) ou à Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), en l’absence de toute présence sérieuse des autorités.

L’EIGS avait également revendiqué la pose de la bombe artisanale qui a tué le 2 novembre un soldat de « Barkhane ». Le véhicule blindé léger du brigadier Ronan Pointeau mort dans l’explosion faisait partie de l’escorte d’un convoi logistique qui achemine matériels et vivres entre la base de Gao et les points d’appui de l’armée française dans le nord du Mali. L’état-major français n’avait pas établi de lien entre cet événement tragique et celui d’Indelimane. Le brigadier Pointeau était le 28e soldat mort au Mali depuis le début de l’opération en 2013.

Le chef d’état-major des armées a affirmé à plusieurs reprises que « la sécurisation de la boucle du Niger prendra plusieurs années. Elle sera évidemment étroitement liée à la montée en puissance des forces partenaires et aux acteurs de la stabilisation ». Des forces encore trop faibles pour prendre le relais, et dont la présence est instrumentalisée par divers acteurs. En mars, au lendemain d’un massacre dans le village d’Ogossagou qui a tué 157 personnes, plusieurs dizaines de milliers de manifestants avaient défilé dans la capitale, Bamako, à l’appel de l’ancien président du Haut Conseil islamique du Mali, Mahmoud Dicko, une personnalité de premier plan. Ils dénonçaient l’impéritie du gouvernement malien, mais demandaient aussi le départ des soldats français et de la force de l’ONU, la Minusma.

Des militaires russes bientôt au Mali?

Des militaires russes bientôt au Mali?


Barkhane a rendu hommage à Ronan Pointeau dont le corps traversera le pont Alexandre III ce mardi

Barkhane a rendu hommage à Ronan Pointeau dont le corps traversera le pont Alexandre III ce mardi

Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – Publié le 4 novembre 2019

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/

 

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Cet après-midi, un hommage populaire sera rendu à 16h30 sur le pont Alexandre III afin d’honorer la mémoire du brigadier-chef Ronan Pointeau, tué au Mali le samedi 2 novembre. Ce spahi, fils de gendarme, a trouvé la mort lorsque le VBL où il se trouvait a été frappé par un IED et s’est retourné.

Ses deux camarades de l’équipage du VBL ont été blessés mais leur pronostic vital n’est pas engagé selon l’EMA.

Un brigadier du 1er Régiment de Spahis tué par un engin explosif improvisé au Mali

Un brigadier du 1er Régiment de Spahis tué par un engin explosif improvisé au Mali

http://www.opex360.com/2019/11/02/un-brigadier-du-1er-regiment-de-spahis-tue-par-un-engin-explosif-improvise-au-mali/