Expérimentation – Vers une réserve de l’armée de Terre plus active ? (+ MAJ)

Expérimentation – Vers une réserve de l’armée de Terre plus active ? (+ MAJ)

Mars attaque – paru le 12 févrieer 2021

http://mars-attaque.blogspot.com/2021/02/reserves-armee-de-terre-vision-strategique-defense-operationelle-territoire-reservistes-territoire-national.html

Faut-il des batteries d’artillerie, des escadrons de transport logistiques, des escadrons de reconnaissance et d’investigation armés par des réservistes ?“, s’interrogeait le chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), le général Thierry Burkhard, lors d’une audition parlementaire en juin 2020. “Il faut prendre le temps de la réflexion avec le ministère et avec vous“, ajoutait-il ensuite. Si une réponse définitive ne semble pas avoir encore été apportée à la question, des expérimentations sont menées pour éclairer les choix.

Amener la réserve “à maturité“, pour disposer d’ “une masse de réserve”

Dans la Vision stratégique “Supériorité opérationnelle 2030” de l’armée de Terre dévoilée fin 2020, il est indiqué que : “L’armée de Terre doit disposer d’une réserve opérationnelle massive et engagée, sur laquelle repose davantage la contribution terrestre aux missions de protection du territoire national“. Un peu plus loin, parmi les 12 projets principaux dévoilés dans le document d’orientation, le n°2 (dans la catégorie “Des hommes à la hauteur des chocs futurs“), précise les axes de l’ambition opérationnelle pour la réserve (“qui nécessite une rénovation profonde“) :
  • Une masse de manœuvre plus nombreuse, plus autonome, mieux territorialisée ;
  • Une offre d’engagement mieux adaptée à la variété des modes de vie (urbains/ruraux, étudiants/vie active, mobilité géographique) ;
  • Une ambition haute : être apte à couvrir si nécessaire le contrat opérationnel “territoire national” et à s’engager à terme au-delà de la fonction protection“.

Dans des auditions parlementaires qui suivirent la publication (notamment en juin 2020), le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Thierry Burkhard, a précisé l’état de la réflexion sur le sujet du rôle envisageable pour les réserves : “soit la maintenir dans des missions de sécurisation du territoire, soit lui demander de faire quelque chose du type de la défense opérationnelle du territoire – ce qui nécessiterait de la former à d’autres missions, comme se battre contre un ennemi infiltré, des parachutistes, par exemple, ou défendre des points sensibles – soit être intégrée pour partie dans la relève des unités engagées dans un combat de haute intensité. […] Mais si des unités de réservistes devaient être engagées en opération en haute intensité, il faudrait les former et les équiper comme des soldats d’active, ce qui devrait être pris en compte dans la Loi de Programmation Militaire (LPM) suivante. Pour l’heure, la LPM actuelle ne le prévoit pas“. Ayant rappelé en préambule que : “Faute de moyens suffisants, il convient d’agir successivement. L’objectif à court terme est la remontée en puissance de l’armée d’active et c’est là-dessus que je fais porter mon effort. Dans cet intervalle, le meilleur appui que puisse m’apporter la réserve, c’est de continuer à fonctionner durant deux à trois ans en remplissant avec l’armée d’active les mêmes missions qu’aujourd’hui. Ce délai permettra de réfléchir au rôle qu’elle sera amenée à jouer dans un conflit de haute intensité“.

 

Il précisait ensuite dans une autre enceinte : “Nous ferons des propositions. Nous pouvons ne rien changer, avec une réserve maintenue dans un rôle de protection, et une formation militaire assez basique. Au contraire, nous pouvons souhaiter qu’elle s’engage plus avant. Nous reviendrions alors à des missions comparables à celles de la Défense opérationnelle du territoire (DOT), avec des régiments plus équipés et mieux entrainés. Enfin, nous pouvons envisager que dans la haute intensité, la réserve, au moins en partie, soit un complément à l’armée d’active. Cela impliquerait un effort budgétaire particulier dans la future LPM. La création d’une éventuelle batterie d’artillerie de réservistes exigerait par exemple des canons, des obus pour s’entraîner, et des formations spécifiques“. Une réflexion qui s’appuiera sur des expérimentations actuellement menées, qui permettent de tirer des enseignements, peser les avantages, les opportunités, les contraintes et les coûts.

 

Parallèlement, le document conceptuel Action terrestre future (ATF) retenait “la masse” parmi les 8 facteurs de supériorité opérationnelle (FSO) du combat aéroterrestre : “Au-delà du seul rapport de force, la masse se comprend comme la capacité à générer et entretenir les volumes de forces suffisants pour produire des effets de décision stratégique dans la durée, prenant en compte les impératifs dictés par le cadre espace/temps spécifique à chaque opération“. 

Explorer la voie de blinder la réserve

L’expérimentation actuelle menée par le 6ème escadron du 501ème régiment de chars de combat (RCC) de Mourmelon-le-Grand (rattaché à la 2ème brigade blindé (BB) d’Illkirch), avec la mise sur pied depuis l’année dernière d’une patrouille sur blindés légers de type VBL, est à ce titre particulièrement illustratif. Unité d’intervention de réserve (UIR) des “As de Champagne“, l’escadron (ex 5ème escadron depuis sa recréation en 1997 et jusqu’à la réorganisation des régiments dotés de chars Leclerc et l’ajout d’un escadron supplémentaire de reconnaissance) poursuit en 2021 l’expérimentation : après la patrouille aujourd’hui formée, il devrait être formé un peloton de recherche et d’investigation (PRI) pour fin 2021, avant la bascule en 2022 en escadron de recherche et d’investigation de réserve.

 

 

L’escadron de réserve du 501ème RCC reprend les traditions du 21ème bataillon de chars de combat (BCC). Son insigne intègre la Croix de Lorraine argentée rappelant les origines de son régiment de base (le 507e régiment de chars de combat, ayant tenu garnison à Montigny-lès-Metz), couvrant le heaume et les canons croisés de l’arme de la Cavalerie, et surmontant la devise de ce bataillon “Je passe”, avec un écu de 3 chiffres 7 (anagramme pour 21).

L’escadron est constitué à ce jour de trois pelotons de combat (la patrouille formée étant au sein du 1er peloton), d’un peloton d’instruction et d’un peloton de commandement et de logistique, avec environ 180 réservistes sous contrat (avec une forte montée en puissance (puisque comptant environ 130 réservistes fin 2019). Depuis 2020, au sein de son 1er peloton, est donc lancée une expérimentation de patrouille sur VBL. Pour cela, plusieurs formations collectives et individuelles ont eu lieu, comme des formations d’adaptation complémentaire qualifiante (FACQ) pour les adjoints de patrouille (brigadiers ou brigadiers chefs), avec des camarades d’active en juillet 2020. Ainsi que des exercices en terrain libre ou des exercices lors de rotations d’unités d’active au Centre d’entrainement au combat (CENTAC) à Mailly-le-Camp. Suite à cette première étape, jugée concluante, la décision a été prise de transformer progressivement cet escadron blindé de réserve (EBR) en escadron porté pour constituer un escadron de recherche et d’investigation de réserve, apte à mettre en œuvre des modes d’action et employer des matériels jusque-là réservés à des unités d’active.

Les défis à relever et les points à explorer sont nombreux en termes de formations et de qualifications individuelles ou collectives (pilote, tireur, maintenancier…), de rétention des réservistes et évitement d’une trop forte déperdition, intégration de militaires d’active (ayant l’avantage d’être déjà en partie formés) en fin de contrat (et donc l’éventuel lien avec la réserve opérationnelle de second niveau (RO2), composée des ex-militaires d’active, soumis à l’obligation de disponibilité pendant les 5 années suivant leur départ de l’armée de Terre), poursuite des autres activités (renforts de service au régiment, opérations Sentinelle ou Cuirasse, etc.) en parallèle de la montée en compétences, disponibilité des véhicules et équipements en nombre suffisant, gestion des priorités active/réserve, gestion des délai, alertes et réactivité, etc. Une bascule pour le moment relativement inédite au sein de l’armée de Terre, allant de pair avec une montée en compétences des ressources internes de l’escadron (moniteurs / instructeurs qualifiés) pour gagner en autonomie. Mais une bascule qui, si elle se révélait pertinente, pourrait en amener d’autres, par exemple, au niveau des batteries de réserve des régiments d’artillerie pour le service de pièces de mortiers, des compagnies de réserve des régiments d’infanterie pour du combat embarqué sous blindage, etc.

 

 

Combinaison de tankiste et béret noir à larges bords de tradition pour les chefs de corps montant et descendant du 501ème RCC. Porté depuis 1917, le béret noir n’est officiellement reconnu qu’en août 1919. Le général Estienne, premier directeur de “l’artillerie spéciale” (puis de “l’artillerie d’assaut” et enfin de “la cavalerie blindée”), voulait reconnaitre l’artilleur spécial ou le tankiste au premier coup d’œil, et dota ses équipages de bérets noirs brochés de la bombarde (“la puissance de l’artillerie avec la rapidité de la cavalerie”). 

MAJ : Du côté du 3ème régiment d’artillerie de Marine (RAMa) de Canjuers, la 5ème batterie de réserve monte également en gamme depuis l’année dernière, avec des périodes de service des pièces de mortiers de 120 mm Rayé Tracté.

 

 

Vers une DOT 2dot0 ?

Le cadre d’emploi possible et probable est un champ encore largement ouvert. Il sera, par exemple, apte à participer, notamment, à la Défense Opérationnelle du Territoire (DOT), conception datant de 1962. Selon le code de la défense (version du 16 novembre 2020), “La DOT, en liaison avec les autres formes de la défense militaire et avec la défense civile, concourt au maintien de la liberté et de la continuité d’action du Gouvernement, ainsi qu’à la sauvegarde des organes essentiels à la défense de la nation. Les autorités militaires auxquelles incombe son exécution ont pour mission :

  1. En tout temps, de participer à la protection des installations militaires et, en priorité, de celles de la force nucléaire stratégique ;
  2. En présence d’une menace extérieure reconnue par le conseil de défense et de sécurité nationale ou d’une agression […], d’assurer au sol la couverture générale du territoire national et de s’opposer aux actions ennemies à l’intérieur de ce territoire ;
  3. En cas d’invasion, de mener les opérations de résistance militaire qui, avec les autres formes de lutte, marquent la volonté nationale de refuser la loi de l’ennemi et de l’éliminer“.

Il s’agira de juger de la pertinence de faire de la réserve opérationnelle un apport d’Ultima ratio de la Nation en assurant la défense militaire du territoire, contribution différente en ambition du niveau d’emploi moyen actuel de 1.000 réservistes par jour participant aux opérations Sentinelle (protection du territoire), Cuirasse (protection des emprises militaires) et Résilience (crise sanitaire du Covid-19). Un emploi aujourd’hui en défense civile, c’est-à-dire un engagement sur la base d’une réquisition émise par l’autorité civile pour intervenir en appui des forces de sécurité intérieure ou des forces de sécurité civile. Une contribution majoritairement à des missions de protection, notamment dans la posture interarmées dite de posture de protection terrestre (PPT) qui recouvre l’ensemble des dispositions permanentes ou conjoncturelles prises par les armées dans le cadre de la fonction stratégique “protection” pour le milieu terrestre, et qui permet notamment de réagir en cas de crise majeure sur le territoire national (TN), en métropole et outre-mer. La participation des réservistes opérationnels représente à ce jour en moyenne 10% de l’engagement TN de l’armée de Terre (jusqu’à 20% en période estivale), engagement s’inscrivant dans la durée, avec des exigences fortes en termes de préparation opérationnelle. Les réflexions menées à ce jour consisteraient à dépasser la recherche d’une simple hausse des effectifs, en bâtissant une force de réserve plus agile, pouvant aller jusqu’à être capable d’un engagement opérationnel massif sur court préavis. A ce titre, le volet “réserves” de l’exercice Orion de niveau division prévu en 2023 (cf. article précédent à ce sujet) sera également un révélateur du niveau d’ambition.

 

Un axe majeur pour le commandement Terre pour le Territoire National (COMTN), créé officiellement en octobre 2017, l’un des 12 commandements divisionnaires du modèle d’armée de Terre “Au contact“. Ce récent état-major a pour ambition d’incarner “le rééquilibrage stratégique de l’armée de Terre” au profit de la protection du territoire national décidé notamment par les précédents chef d’état-major des armées et chef d’état-major de l’armée de Terre, notamment au travers de la posture de protection terrestre (PPT) : “de la défense de l’avant à la protection des Français sur le territoire national“. Le COMTN œuvrant à ce que l’armée de Terre soit “organisée, acculturée et préparée à un engagement sur le TN“, en se dotant d’une capacité d’anticipation et de transformation pour répondre au mieux aux exigences d’une crise majeure affectant la métropole comme les Outre-mer. Le COMTN est ainsi le réfèrent pour la réserve opérationnelle de l’armée de Terre (le Délégué aux réserves de l’armée de Terre, étant l’adjoint du COMTN), et participe à l’évolution de la réserve. Et pas uniquement en volume, même si des résultats ont été obtenus au cours des dernières années. Au 31 décembre 2019, 41.047 personnes avaient intégré la réserve opérationnelle de premier niveau, contre environ 26.000 en 2016, dont 24.885 pour l’armée de Terre (avec environ 41,6 jours/hommes réalisés). Ils étaient, fin 2018, 22.728 réservistes au sein de l’armée de Terre (et 38.529 au total), selon les Chiffres clés de la Défense. En parallèle, le budget des réserves (interarmées et interservices) est passé de 70 millions d’€ en 2016 à 170 millions d’€ en 2020.

Équilibre intervention / spécialisation

Dans le cadre du projet Réserve 2019 qui, en 2017, rénovait l’emploi des réservistes pour répondre aux besoins des armées face aux enjeux sécuritaires (et qui pourrait mériter d’être mis à jour avec les réflexions en cours), un des axes d’efforts portait sur les Unités Spécialisées de Réserve (USR), réparties notamment dans les régiments de Génie, du Train ou dans d’autres unités aux compétences particulières (par exemple : lutte nucléaire, radiologique, biologique ou chimique (NRBC), transit maritime, ou maintenance). A leur niveau, ces USR partagent des missions similaires à celles des unités d’active au sein de leur régiment d’appartenance, par exemple : travaux de chantier ou franchissement pour les USR des régiments du Génie, circulation ou transport routier pour les USR des régiments du Train, etc. A ce jour, l’armée de Terre en compte 16.

 

Ainsi, la 25ème compagnie de franchissement de réserve (CFR) du 6ème régiment du génie (RG) d’Angers, constitué d’une centaine de personnels, maitrise la mise en œuvre du pont flottant motorisé (PFM). Elle doit aussi être capable d’intervenir au profit de la population (dispositif Orsec) en cas de catastrophe naturelle ou d’inondation majeure (plan Neptune). Pour monter en compétences, elle renforcera la 23ème compagnie d’appui amphibie et de franchissement (CAAF) du 6ème RG pour des exercices interalliés en Belgique ou en Italie. Au sein du 19ème régiment du génie (RG) de Besançon, régiment d’appui de la 1ère division pour l’appui Génie au combat et l’appui au déploiement, la 53ème compagnie spécialisée de réserve, forte de 150 réservistes, est l’une des deux compagnies de réserve du régiment (en plus d’une UIR plus classique). En plus de l’entraînement et du développement des compétences militaires de base, elle est l’unique compagnie de réserve spécialisée dans les travaux de création/rénovation de routes civiles et militaires, création/rénovation de bâtiments, d’ouvrages et d’infrastructures (postes de combat, FOBs…), création/rénovation de voies ferrées, etc. Pour cela, elle est composée de 5 sections ayant chacune leurs spécificités : 1 section commandement, 1 section Route, 1 section ADL (Aide au Déploiement Lourd), 1 section VF (Voie Ferrée), 1 section Ouvrage, et 1 section Instruction (notamment pour les qualifications sur les engins bien particuliers). Les questions logistiques s’étant relevées prégnantes dans l’opération Résilience, l’apport de escadrons de circulation et d’escorte de réserve (ECE-Rés) de régiments du Train, comme au 503ème régiment du Train (RT) de Nimes ou 511ème RT d’Auxonne, sont également des sujets d’intérêts dès lors qu’ils sont convenablement dotés en véhicules (camions / moyens de chargement-déchargement, notamment).

Comme les autres unités de réserve, ces unités au format ProTerre ont pour vocation d’intervenir en cas de crise ou de catastrophe naturelle survenant sur le territoire national. Elles sont en mesure de remplir des missions d’aide à la population, d’appui à la sécurité générale et de protection de points d’intérêts vitaux. Pour les 86 autres unités élémentaires d’intervention (dont 4 appartenant au 24ème régiment d’Infanterie, unique régiment de réserve de l’armée de Terre) de type Proterre, pour “PROjection pour accomplir des missions principalement de PROtection, de PROfessionnels de l’armée de TERRE“, capables de renforcer toute unité pour des missions de sécurisation d’emprise ou du territoire national, les réflexions sont donc aussi ouvertes. En les rapprochant des spécificités de leur régiment d’appartenance, ou dans le cadre d’une plus forte spécialisation (logistique, maintenance, renseignement…). Sans forcément révolutionner les procédés génériques (escorte, patrouiller…) maitrisés dans le cadre des Missions Communes à l’Armée de Terre (MICAT) misent en œuvre : Surveiller, Soutenir, Boucler une zone, Tenir et Interdire. Un avenir à écrire pour la réserve opérationnelle de l’armée de Terre, 2nde composante, en termes d’effectifs, de la Garde nationale.

Remise du fanion à la Préparation militaire Marine

Remise du fanion à la Préparation militaire Marine

par le Lieutenant-colonel (h) Jean-Marc Noegelen – publié le 13 février 2021

Enfin, une cérémonie ouverte aux associations patriotiques le 30 janvier dernier à Saint Laurent d’Aigouze où la promotion P.M.M. 2020-2021 recevait le fanion.

A l’initiative de l’EV1 ® Paul Badre, initiative  fort bien accueillie par monsieur le maire Thierry Féline, la traditionnelle cérémonie eut lieu dans les arènes de la ville sous un ciel menaçant et avec une forte participation.

C’est ainsi que 24 stagiaires reçurent le fanion, symbole de la cohésion et de la solidarité de ses membres.

A l’issue d’une revue du dispositif, la promotion a été baptisée « Georges Cornu », maître compétent et sérieux qui a servi la Marine nationale durant de longues années.

Les stagiaires ont été accueillis par monsieur le maire, les membres du conseil municipal, le président de Terre Camargue Robert Crauste, le maire honoraire René Audemard, les sénateurs Vivette Lopez et Laurent Burgoa, et le député Nicolas Meizonnet.

Assistaient à la cérémonie les représentants du conseil municipal des jeunes, les délégations des armées et anciens combattants dont le président d’honneur de l’ADORAC Pierre Longobardi et le président, les porte drapeaux des associations patriotiques, les familles des stagiaires et la population de Saint Laurent d’Aigouze.

Le fanion fut remis solennellement par le LV Fabrice Gouezou, représentant le contre-amiral commandant la Marine nationale de Marseille.

Une remise de lettre de félicitations a été effectuée au profit de Thyffaine Vandenstraetten, matelot de 1ère classe, instructeur de la P.M.M., pour son exemplarité et sa participation active à la campagne J.N.R. 2020.

Une belle cérémonie gage de continuité du service à la patrie.

 

 

Biographie du parrain PMM 2020-2021 Maître Georges Cornu

Georges Cornu est né le 10 mars 1932 à Macon. Il choisit de s’engager à 17 ans dans la Marine nationale en juillet 1949. Après le Centre de formation maritime de Mimizan, il rejoint l’Ecole de manœuvre à Bret sur le « Tourville ». Matelot gabier, il se porte volontaire pour l’Indochine en juillet 19590 où il est affecté sur les engins d’assaut maritime des flottilles amphibies au Tonkin. Remarqué par sa combativité et ses qualités de pilote, il effectue en Cochinchine le cours accéléré de fusilier-marin commando. Il va ainsi servir au sein des commandos « Crève Cœur », « François » et « De Montfort ». Il participe pendant deux campagnes, soit près de cinq années dont six mois en baie  d’Ha Long, à de multiples opérations pour lesquelles il reçoit deux citations comportant l’attribution de la Crois de guerre TOE avec étoiles de bronze.

De retour en France en janvier 1955, George Cornu est affecté comme pilote aux Forces maritimes du Rhin et navigue en patrouille sur le fleuve comme chef d’embarcation. En janvier 1958, il embarque sur le destroyer « Somali » qu’il quittera en en juin 1959 pour rejoindre les opérations en Afrique du nord. Dans un premier temps au Maroc, il participe à la protection défense de l’unité marine Casablanca puis de la Base d’aéronautique navale de Port Lyautey sous les ordres du CC Langlet dit « Le Crabe tambour ». De juin 1961 à juin 1963, sur la Base d’aéronautique navale de Lartigue en Algérie près d’Oran, il assure cette même mission jusqu’à son retour en France. Par décret du 07 juillet 1964, la Médaille militaire est concédée à Georges Cornu.

En métropole, il est muté sur la Base d’aéronautique navale de Nîmes-Garons. Le maître Georges Cornu quitte l’uniforme le 1er décembre 1966 totalisant près de 18 ans de service actif. Il intègre au même lieu le contingent civil de la base en tant qu’ouvrier de la base, pour en devenir le responsable. Il dirigera en même temps l’école de conduite pour tout type de véhicule équipant le parc. Il quitte pour la seconde fois la Marine en 1992 après 43 années au sein de l’institution. Il laissera un souvenir indélébile d’un homme compétent, sérieux, disponible, aux valeurs intrinsèques exceptionnelles. Ses pairs et ses supérieurs lui auront assuré estime et respect. Il rejoint rapidement diverses associations patriotiques, maritimes ou autres, car très attaché à la condition militaire et fidèle à son passé. Il sera parmi d’autres prérogatives porte-drapeau départemental des Médaillés militaires du Gard, fonction qu’il assurera durant 25 ans avec dévouement et constance. Le maître Georges Cornu est fait chevalier de la Légion d’honneur le 31 mai 2007 le récompensant de l’ensemble des services rendus à son pays. Il s’éteint le 29 janvier 2017 à l’âge de 85 ans à Nîmes.

Source : EV1 Paul Badre.

Face à la montée des périls, l’Institut Montaigne propose de revoir le format des armées à la hausse

Face à la montée des périls, l’Institut Montaigne propose de revoir le format des armées à la hausse

http://www.opex360.com/2021/02/09/face-a-la-montee-des-perils-linstitut-montaigne-propose-de-revoir-le-format-des-armees-a-la-hausse/

La campagne de la Journée nationale du réserviste 2020

La campagne de la Journée nationale du réserviste 2020

Par le lieutenant-colonel (h) Jean-Marc Noegelen – publié le 9 février 2021

Face à un contexte difficile de situation sanitaire grave comportant des contraintes superposées, la campagne J.N.R. 2020, programmée entre le 10 octobre et le 12 novembre, s’est déroulée néanmoins avec un succès relatif.

Le thème proposé par les autorités « Fiers d’être réservistes et fiers de nos réservistes » correspondait bien à notre promotion de la réserve pour nos armées.

3 trois types d’activités étaient retenus par les responsables nationaux de la J.N.R. :

  • Interventions en établissements scolaires,
  • Journées de présentation en unités,
  • Interventions en entreprises.

Il s’agissait donc pour les intervenants interarmées du Gard de construire une nouvelle approche de la campagne en raison notamment des nominations récentes des responsables locaux en la matière :

  • Le lieutenant-colonel David Mazel entrait en fonctions de chef de la Délégation militaire départementale le 1er août 2020,
  • Monsieur Philippe Maheux, nouveau Directeur académique des services de l’Education nationale du Gard, avait été nommé le 1er juin 2020,
  • Le capitaine de corvette ® Pascal Anselme prenait en charge la coordination des actions à mener pour les trois armées en succédant au lieutenant-colonel (h) Jean-Marc Noegelen.

Le temps était donc compté pour la mise en place départementale de la campagne raccourcie de surcroit par les vacances scolaires de la Toussaint.

A cet effet, une réunion d’information eut lieu le 18 septembre à la D.M.D. afin de définir les axes d’interventions des  autorités citées plus haut :

  • Programmation du calendrier,
  • Présentation des séances dans les établissements scolaires.

Puis ce fut rapidement la phase des prises de contacts avec les proviseurs et chefs d’établissements visés (36 lycées). Il s’avérait alors nécessaire de recourir à une prolongation de la période définie en raison des contraintes sanitaires et des obligations de plannings des services de l’Education nationale du Gard.

Toutes ces démarches de préparation aboutirent à une programmation d’interventions auprès de 17 établissements et permirent le démarrage de l’opération dès le 13 octobre.

 

Comme les années précédentes, les représentants des armées étaient prêts à s’engager   dans cette action de rayonnement :

  • Le chef de la D.M.D.,
  • L’A.D.O.R.A.C., par son président,
  • l’A.N.O.R.A.A., par son président régional en zone Sud et membre du Secteur Gard-Lozère, et  par le trésorier du Secteur, 
  • L’adjoint au COMAR de Marseille, responsable des Préparations militaires Marine en Languedoc,
  • Les officiers adjoints réserves du 503èmeT., du 4ème R .Mat, du 1er R.E.G., du 2ème R.E.I.
  • Le directeur de la Préparation militaire marine du Gard et 10 stagiaires de la promotion 2020-2021.

Le bilan de la campagne, impacté par la conjoncture,  n’a pas permis  d’atteindre les objectifs, et a abouti aux  résultats suivants :

  • 19 réunions d’information tenues par un chef d’équipe assisté d’intervenants d’une durée d’une heure en moyenne avec :
  • Présentation de l’équipe,
  • Projection d’un diaporama de 20 minutes « La Garde nationale » et « le monde des réserves » avec courtes vidéos illustratives,
  • Témoignages de réservistes et de professeurs réservistes,
  • Réponses aux questions des élèves,
  • Entretiens particuliers avec les jeunes intéressés par un méfier de la Défense,
  • Distributions de documents et flyers « Réserves dans le Gard ».

      – Près de 1000  personnes rencontrées dont 979 élèves,

      – 41 proviseurs et chefs d’établissements et professeurs présents,

      – 1 militaire d’active, 20 réservistes opérationnels, 3 réservistes citoyens, 2 associations (A.N.O.R.A.A. et A.D.O.R.A.C.) intervenants,

  • 223 contacts sérieux ont été pris avec les lycéens. Parmi eux, 108 se déclaraient intéressés par la réserve militaire ou un engagement dans les armées  suivant la répartition :
  • Terre + Légion : 50 %,
  • AIR : 10 %,
  • Marine : 20 %
  • Service de santé : 1 %,
  • Gendarmerie : 8 %,
  • Réserves en général : 11 %.

Une campagne difficile marquée par la situation délicate  vécue (pandémie, terrorisme,….).

L’implication des unités, des réservistes, des associations, du D.A.S.E.N., n’aura pas résolu les obstacles rencontrés (période prescrite très courte et mal située dans le calendrier scolaire, priorités des établissements). Un besoin de souplesse d’action (meilleur créneau début/fin d’année) est ressenti par toutes les parties.

Malgré de nombreuses contraintes,  la campagne J.N.R. 2020 a été réalisée avec une complicité naturelle qui démontre le lien étroit existant entre les armées, la Nation et l’Education nationale du département du Gard.

 

 

 

Faut-il rétablir le service national ? (Dossier n°26 du G2S : “Vers un retour du combat de haute intensité”)

Faut-il rétablir le service national ? (Dossier n°26 du G2S : “Vers un retour du combat de haute intensité”)

Doit-on rétablir le service militaire pour faire face aux menaces qui montent ? Pour le GCA (2S) Alain BOUQUIN la réponse est clairement non, ce qui n’exclut pas de nous doter d’une organisation solide pour appuyer et relever le combattant de première ligne et pour compenser les pertes.

————————

Historiquement, la conscription a été conçue et mise en œuvre pour répondre aux défis posés par une menace existentielle : la « Patrie était en danger », il convenait d’opérer « une levée en masse » pour fournir les effectifs militaires nécessaires aux forces de « la Nation en armes ».

Mobilisation, gros corps de bataille, espaces d’entraînement, réserves, service militaire, puis national… sont devenus au fil des réformes les rouages majeurs d’une organisation visant à doter le pays d’une armée « de gros bataillons » apte à s’opposer à l’invasion du territoire national par un ennemi nombreux et puissant. La conscription était, dans la conscience collective nationale, la réponse incontournable du pays face à la menace d’un conflit majeur.

Mais avec le temps, la conscription est progressivement devenue également un outil éducatif : le lieu de l’apprentissage de l’esprit de défense. Elle a ainsi revêtu une double vocation, militaire et citoyenne : elle était l’endroit où on apprenait à se battre pour son pays, mais aussi celui où on découvrait, et on comprenait, pourquoi ce pays méritait qu’on se batte pour lui…

Si on réfléchit à doter à nouveau la France des capacités lui permettant de faire face à un conflit majeur de haute intensité, la question se pose donc presque naturellement : doit-on rétablir le service national sous une forme militaire ?

Il semble cependant que les conditions de son utilité aient changé. Et que la double vocation évoquée plus haut ait perdu une partie de son sens…

Aura-t-on besoin d’effectifs ?

Oui, mais pas autant que ce que l’on pense. Les armées contemporaines sont des outils de haute technologie ; les équipements modernes sont devenus très onéreux et leur nombre diminue au fur et à mesure que leur prix augmente. Elles sont ainsi devenues petites par la force des choses, du fait du poids des budgets qu’elles exigent : dans l’armée de terre, ce ne sont pas aujourd’hui les hommes qui font défaut mais les équipements dont il faudrait les doter ![1]

Même si on retrouve de la masse ― et cela est hautement souhaitable, ainsi que le rappellent les chefs militaires, car nos armées sont objectivement sous-dimensionnées ― même si on double ou on triple les dotations matérielles, on restera sur un format réduit. Il serait d’ailleurs intéressant d’identifier s’il existe un effet de seuil et une taille minimale pour la haute intensité… ce qui est un autre sujet.

Ces forces réduites n’ont donc plus vraiment besoin d’effectifs pléthoriques : à quoi servent les 800 000 jeunes d’une classe d’âge quand on n’a que 200 chars LECLERC à armer ? On serait très loin de pouvoir donner des emplois de combattants à toute la ressource humaine que permet la conscription. C’est ainsi : la taille des armées est désormais déterminée par la quantité des moyens dont on peut les doter. On ne doit donc pas se leurrer en parlant de masse : on ne retrouvera jamais celle qui fut la nôtre lors des grandes guerres du XXe siècle car son coût est devenu inaccessible, sauf à accepter un déclassement technologique dangereux…

La question des pertes et de leur remplacement doit en revanche être posée pour la haute intensité. C’est en fait la question de la durée et de l’aptitude à entretenir un effort de guerre de longue haleine. Il faudra probablement évaluer la ressource qui serait nécessaire pour reconstituer des forces ayant subi une forte attrition.  En rappelant que le volume total de la force opérationnelle terrestre est aujourd’hui de moins de 80 000 militaires… Les effectifs supplémentaires pourraient également servir à couvrir les missions de défense du territoire.

On peut imaginer diverses pistes : engagés, réservistes opérationnels, volontaires…

La priorité semble être d’accroître les effectifs d’engagés, pour atteindre un ratio raisonnable (de l’ordre de 1,2 à 1,3 à estimer finement) entre ressource humaine disponible et postes à honorer.

Il faut certainement aussi travailler sur une augmentation de la réserve et sur une adaptation des conditions de son emploi opérationnel. Car elle aura sans aucun doute, plus encore qu’aujourd’hui, sa place pour assurer le fonctionnement des bases arrière, reprendre à son compte des missions sur le territoire national, en lieu et place des soldats d’active, mais aussi sans doute pour recompléter les unités engagées qui subiront une forte attrition. La formation de nos réservistes, leurs équipements et leur concept d’emploi doivent donc être revus avec ces perspectives d’emploi.

L’organisation, les missions et le fonctionnement de la garde nationale des États-Unis pourraient servir de base de réflexion pour une telle réforme…

La composante réserve de type RO2[2] (réserve opérationnelle de deuxième niveau) sera la plus à même de combler les pertes subies dans les unités, en raison de la formation récente des personnels concernés. Il faudra cependant les remettre à niveau dans des centres d’entrainement dédiés à concevoir et à organiser en amont.

La réutilisation d’équipements récemment retirés du service peut être également une piste à explorer pour mieux équiper notre réserve, en lui donnant des moyens qu’elle n’a pas aujourd’hui pour remplir des missions sur le territoire national.

L’appel de volontaires est une troisième piste. Mais pour être opératoire, cette piste doit avoir été mise en forme et organisée au préalable. Le temps n’est sans doute plus où il suffisait d’accueillir dans nos casernes des étrangers qui voulaient servir la France attaquée en tant que « engagés pour la durée de la guerre » et qui n’avaient aucune formation militaire.

Et enfin il faut, dans les trois cas, se poser la question de la montée en puissance de cette ressource surnuméraire : doit-elle être permanente ? Ou faut-il prévoir de l’activer en cas de crise ? En espérant que le temps requis pour atteindre son aptitude opérationnelle n’excèdera pas celui de la dégradation de la situation internationale…

Aura-t-on besoin de rusticité, de résilience, d’esprit de défense ?

Ces dispositions collectives resteront indispensables pour que les forces armées conservent leur efficacité dans un contexte de conflit majeur. Or, plus que jamais, les jeunes Français ont besoin de repères et de convictions. Dans un monde qui cultive l’individualisme, le confort, la liberté… il sera vital qu’ils retrouvent les vertus qui ont été celles de leurs aïeux, grognards, poilus ou tirailleurs, si on veut faire d’eux des guerriers aptes à la haute intensité, aptes aux plus grandes épreuves collectives.

Dans des conditions extrêmes, lorsque le sang coulera, lorsque des moyens mécaniques puissants satureront le champ de bataille, lorsque la peur sera revenue, il faudra des hommes et des femmes éduqués à l’esprit guerrier. La résilience reprendra sa plus simple signification : rester capables de remplir sa mission quand tout va mal ! Et seuls ceux et celles qui auront des vertus de défense profondément ancrées en eux seront en mesure de pratiquer cette résilience élémentaire. Seuls ceux et celles qui savent pourquoi on combat, et pourquoi on meurt, resteront fermes dans l’enfer que constitue un combat de haute intensité poussé à son paroxysme.

Ces vertus sont connues : courage, esprit de sacrifice, sens du service, don de soi, endurance, rusticité… Elles ne sont pas innées ; il faut les susciter, les motiver, les inculquer, les entretenir. Et c’est précisément le rôle que le service national peut jouer au profit de la jeunesse. C’est dans cette perspective que le rétablissement, sous une forme à définir, d’un service national doit être envisagé.

Le Service national universel (SNU) voulu par le Président peut-il remplir ce rôle ? Cela dépendra de la forme, du contenu, de la durée qu’on lui donnera… Il ne pourra disposer les jeunes Français à combattre dans les environnements les plus violents et les situations les plus désespérées que s’il les prépare à affronter une certaine brutalité, à endurer l’insoutenable, à rester digne dans la tempête. Il doit donc comporter une dose de mise en condition permettant de forger les caractères et de durcir les corps… Il n’est pas certain que le SNU prenne cette direction… Alors qu’il est rassurant de constater qu’il ne manque pas grand-chose aux jeunes Français pour se réapproprier les vertus guerrières de leurs pères !

Une autre question est celle du « déficit générationnel » : le service national est suspendu depuis 1997. Une génération complète de Français (et de Françaises !) a « échappé » à cette contrainte et en a perdu les bénéfices. Combien faudrait-il de temps entre un éventuel rétablissement et de réels effets sur la volonté collective de ne pas subir en cas de situation exceptionnelle ou de conflit majeur ?

* * *

La question du rétablissement d’un service national, sous une forme éventuellement militaire, doit donc être examinée avec soin dans le cadre des travaux sur la haute intensité. C’est en fait la question de sa vocation profonde qui doit être posée : outil de génération de masse militaire et/ou outil d’éducation à l’esprit de défense résilient ?

Ce double besoin appelle peut-être une double réponse.

Sur la question des effectifs, il est évident que le combat de haute intensité est une activité consommatrice de ressources de toutes natures. Des recomplètements en hommes seront donc indispensables pour durer. Mais la conscription est probablement une réponse trop riche pour le besoin. Surnombre d’engagés, adaptation de la réserve et dispositif pour les volontaires sont des réponses mieux adaptées et en tout état de cause suffisantes.

Sur le sujet de la capacité morale du soldat, et plus globalement du niveau de préparation de nos concitoyens à un conflit majeur (« dans les cœurs et dans les esprits »), c’est de toute évidence une action pédagogique en profondeur qui est attendue. Le SNU a vocation à jouer une large part à cette action. Il est important de s’assurer que ses conditions de mise en œuvre (durée, cadre matériel, matières enseignées, rusticité, mise à l’épreuve…) correspondent bien à un objectif de résilience bâtie sur la volonté et l’endurance insufflées…

Dans ces deux directions, le facteur temps sera déterminant : le sursaut attendu pour redevenir capable de faire face aux grandes épreuves qui peuvent menacer l’existence de la Nation est une urgence, mais les dispositions à prendre n’auront pas d’effets immédiats…


NOTES :

[1] C’était déjà le cas dans les années 90, avant la professionnalisation : les besoins en appelés étaient très inférieurs aux ressources fournies par la partie masculine d’une classe d’âge.

[2] La réserve opérationnelle est composée d’une réserve opérationnelle de premier niveau (RO1), regroupant les citoyens français volontaires, issus de la société civile, avec ou sans expérience militaire et d’une réserve opérationnelle de deuxième niveau (RO2) constituée de tous les ex-militaires d’active soumis à une obligation de disponibilité durant les 5 ans suivant leur départ des forces armées