Les écoles d’officiers invitée à faire preuve de plus « d’ouverture sociale » par la ministre des Armées

Les écoles d’officiers invitée à faire preuve de plus « d’ouverture sociale » par la ministre des Armées

http://www.opex360.com/2019/10/15/les-ecoles-dofficiers-invitee-a-faire-preuve-de-plus-douverture-sociale-par-la-ministre-des-armees/

144 futurs officiers sous contrat encadrement (OSC-E) ont rejoint Coëtquidan

144 futurs officiers sous contrat encadrement (OSC-E) ont rejoint Coëtquidan

Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – Publié le 17 septembre 2019

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/

La rentrée de certains des nouveaux élèves du 4e bataillon de Coëtquidan (le bataillon des stages courts où se forment les OSCE-Pilotes de l’Alat par exemple) s’est effectué, cette année, d’une manière un peu inédite (photo Armée de Terre).

Samedi dernier, la rentrée des 144 futurs officiers sous contrat encadrement (dont 13 femmes) a eu lieu à Paris. 

C’est dans la cour de l’Ecole militaire que les futurs OSC-E ont signé leur contrat d’engagement; la cérémonie était présidée par le général de corps d’armée Frédéric Hingray, directeur des ressources humaines de l’armée de Terre (DRHAT), et par le général Collet, le nouveau patron des Ecoles.

A l’issue de cette cérémonie, ils ont rejoint Guer (Morbihan) pour plus de 8 mois de formation au sein du 4e bataillon. Depuis lundi, ils sont en phase d’incorporation; prochaine étape: passage au Bois du Loup pour la formation terrain.

Cette filière permet à de jeunes diplômés des universités ou écoles civiles (85% ont un niveau Bac+5) de devenir officiers et ainsi de commander des soldats pour l’ensemble des domaines de l’armée de Terre (combat, logistique…). Les OSC-E représentent 7% des effectifs officiers de l’armée de Terre et 27,3% des lieutenanats et jeunes capitaines

A l’issue de leur formation initiale, ils seront affectés durant trois mois en régiment, avant de se diriger vers les écoles de spécialité. Cette formation complémentaire d’un an permettra au nouvel officier de se spécialiser dans l’un des huit domaines d’activités que propose l’armée de Terre: maintenance, systèmes d’information et de communication, logistique, génie, gestion administrative, aéronautique, renseignement ou combat. 140 des élèves qui viennent d’intégrer Coëtquidan rejoindront l’armée de Terre et 4 le Service des essences des armées.

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Les 144 nouveaux élèves sont âgés de 21 à 31 ans, la plupart sont célibataires. Ils viennent d’horizons professionnels variés: “attachés en cabinet préfectoral, interne des hôpitaux, logisticiens, enseignants”, précise-t-on aux Ecoles.

“Oreille d’or dans un sous-marin, j’analyse les bruits sous la mer”

Oreille d’or dans un sous-marin, j’analyse les bruits sous la mer

Par Clément, 25 ans – Les Echos.fr – Publié le 
Lors d’un entrainement systèmes terre Marine Nationale, Clément, 25 ans, Second Maitre (son grade) exerce métier d’analyste guerre acoustique. En carrière, déjà savoir distinguer bruits d\'un bateau commerce d’un navire guerre, d’un sous-marin. En déterminer nation, classe nom bâtiment.
Lors d’un entrainement sur les systèmes à terre de la Marine Nationale, Clément, 25 ans, Second Maitre (son grade) exerce le métier d’analyste en guerre acoustique. En début de carrière, il doit déjà savoir distinguer les bruits d’un bateau de commerce d’un navire de guerre, ou encore d’un sous-marin. En déterminer la nation, la classe ou encore le nom du bâtiment. @Marine Nationale

TÉMOIGNAGE // Clément, 25 ans, est analyste en guerre acoustique, ou “oreille d’or”, rôle clé dans les sous-marins militaires notamment, comme l’a incarné le comédien français François Civil dans le film Le chant du Loup, avec Omar Sy et Mathieu Kassovitz. Il nous dit comment il est arrivé à ce métier, et à quoi ressemble son quotidien.


J’ai grandi dans le Sud-est de la France et en Bretagne. J’ai passé mon enfance à observer la mer… et à me demander ce qu’elle cachait. J’étais intrigué par le fait que quelque chose puisse nous voir et nous entendre sans que l’on sache ce dont il s’agissait. A l’âge de 18 ans, après mon bac, j’ai décidé de m’engager dans la Marine Nationale et de devenir détecteur anti sous-marins !

Pendant deux ans, j’ai appris le métier de marin à l’école de Maistrance, qui forme les officiers mariniers de la Marine nationale française. J’ai ensuite été formé à dissocier et reconnaître les bruits sous l’eau : un rêve se réalisait ! En amont, j’ai suivi une formation de pompier, car nous sommes les seuls habilités à pouvoir agir sur un sinistre si un incendie se déclare à bord.

La première fois

Je dois avouer que rentrer pour la première fois à bord d’un sous-marin est un moment tout aussi excitant que terrifiant ! De nombreuses interrogations m’ont traversées l’esprit avant mon premier départ : est-ce que je vais réussir à tenir autant de temps sous l’eau sans donner de nouvelles ? Comment vais-je gérer le fait d’être loin de ma famille, de mes amis et de ma copine ? Est-ce que ces quelques jours vont passer vite ?

Quelques heures après ces petites inquiétudes, je suis sous l’eau. A des profondeurs que je n’aurais jamais imaginé pouvoir atteindre un jour . Durant les premiers jours, l’ambiance n’était pas au beau fixe : tout le monde venait de quitter ses proches, il fallait un petit temps d’adaptation.

Mon quotidien en sous-marin

Une fois par semaine, nous recevions des familis : des lettres de 40 mots écrites par l’un de nos proches. Le plus difficile était que nous ne pouvions malheureusement pas y répondre. Ce moment (le plus attendu de la semaine !) est le seul moyen pour nous d’avoir des nouvelles d’eux et de s’isoler un peu, penser à autre chose.

Le quart des mes journées était occupée par mon rôle d’opérateur : je devais écouter et détecter avec mon casque tous les bruits qui nous entouraient. Il pouvait s’agir de navires de commerce, de voiliers, de pêcheurs, de biologistes qui circulent autour du sous-marin ou encore de phénomènes naturels, comme la pluie et les tremblements de terre.

Désormais dans un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA)

Après ces trois cycles de navigation, j’ai postulé au Brevet Supérieur d’Analyste en guerre acoustique. Deux années plus tard, le temps d’effectuer les démarches et de suivre un cours très exigeant, me voilà enfin analyste, plus communément appelé “Oreille d’Or”.

J’ai effectué ma première mission sur un SNA (Sous-marin Nucléaire d’Attaque) à peine 2 mois après ma sortie de cours. Autre sous-marin, autre ambiance. Plus rustique, moins d’espace, mais plus convivial et une mission totalement différente. Les missions peuvent durer jusqu’à 45 jours. A ce stade d’expertise dans l’interprétation et la reconnaissance des phénomènes acoustiques, je suis capable, dans un premier temps, de distinguer un bateau de commerce d’un navire de guerre, ou encore d’un sous-marin.

Ensuite, en utilisant certains critères acoustiques, je peux déterminer la nation, la classe ou encore le nom du bâtiment. A tout moment, on peut me demander de remonter au Central Opération lorsque les opérateurs ont un doute sur la classification d’un bâtiment.

Stress et concentration

C’est dans ces moments que le métier d’analyste prend tout son sens : le stress et la concentration ne me quittent pas ! Je sais que tout le monde à bord compte sur moi et attend une réponse précise de ma part pour agir. Je donne le maximum de moi-même à chaque classification, mais ce n’est pas une science exacte.

C’est aussi pour cet aspect que j’aime mon métier : il faut tout le temps être capable de se remettre en cause, entraîner son oreille et découvrir constamment de nouveaux navires de toutes les nations du monde. C’est un métier très intéressant dont on ne peut pas se lasser rapidement, tant il y a de nouvelles choses à découvrir à chaque escapade”.


La bande-annonce du film Le Chant du Loup, sorti en février 2019

L’attractivité des Armées minée par la croissance économique

L’attractivité des Armées minée par la croissance économique

(Crédit: I. Helies/armée de Terre)


« Engagez-vous, rengagez-vous qu’ils disaient… ». Le phénomène n’est pas neuf, le ministère des Armées éprouve depuis longtemps des difficultés à recruter et à fidéliser ses troupes. La croissance économique tend néanmoins à l’aggraver, forçant les Armées à redoubler d’inventivité pour se mesurer au secteur privé.L’équation se répète au gré des crises et accalmies financières: lorsque l’activité économique s’améliore, l’attractivité des carrières proposées dans la fonction publique s’érode, et vice versa. La période de contraction successive à la crise de 2008 a aujourd’hui laissé la place à une reprise dont les Armées ne profitent que trop peu. « Dans un environnement macroéconomique où la situation globale de l’emploi s’est améliorée dès l’année 2018, la tension sur les départs n’en a été que plus forte », alertait la ministre des Armées Florence Parly, la semaine passée en commission des Finances de l’Assemblée nationale. Et ce n’est pas près de s’améliorer car, selon les chiffres de l’Insse, la croissance économique s’est élevée à 1,7% en 2018 et devrait se maintenir en 2019. Rémunération élevées et conditions d’engagement avantageuses promises par les acteurs privés ont tôt fait d’étouffer dans l’oeuf l’éveil d’une vocation militaire, voire d’accentuer les départs.

La disette est telle qu’en 2018, la sous-exécution du titre 2 (dépenses de personnel) aura atteint près de 214M€, réalloués au financement des OPEX et OPINT. En d’autres termes, les départs tels qu’ils étaient prévus dans la LFI se sont avérés beaucoup plus importants que lors des prévisions. « En gros, il y a eu 4000 départs de plus que la Loi de finances initiale l’avait imaginé dans le schéma d’emploi qui sous-tendait le budget », explique la ministre des Armées. Dans ces départs supplémentaires, près de la moitié correspondent aux sous-officiers, « catégorie essentielle pour le bon fonctionnement de nos forces ». « Ces sous-officiers n’ont eu aucunes difficultés à répondre aux sirènes d’un certain nombre d’employeurs parce que les employeurs sont ravis de pouvoir trouver une main d’œuvre, si je puis dire, extrêmement formée », regrette-t-elle.

Alors oui, « la machine à recruter tourne à plein régime », rappelle la ministre des Armées, permettant de limiter le déficit à 583 ETP au 1er janvier 2019. Mais la situation reste des plus précaires dans quelques fonctions très spécialisées, tels que le cyber, le renseignement, les techniciens et mécaniciens. Attirer le chaland est d’autant plus compliqué pour ces deux dernières fonctions que le ministère doit désormais s’accommoder d’une BITD français elle-même appelée à engager massivement dans les mois et années à venir afin de répondre aux exigences de la LPM et à la bonne santé du marché export. « C’est une mauvaise nouvelle pour nos Armées parce que à court, moyen et long terme, si tout cela devait se reproduire, alors cela nous poserait une question d’attractivité », résume-t-elle.

 

Force de frappe, rémunérations et plan famille

Afin d’inverser la tendance, les Armées se sont dotées d’un plan d’attaque et d’une « force de frappe », une équipe entièrement dédiée à la compréhension des phénomènes précités. Dans l’immédiat, l’une des deux priorités sera de déterminer « ce que pouvons-nous faire pour réguler les départs ? ».

L’hôtel de Brienne planche premièrement sur l’amélioration de la dimension indemnitaire et de la flexibilité contractuelle. Par exemple, les spécialités soumises à de fortes tensions profitent depuis peu de la mise en place de primes de lien au service. Leur montant est variable et tient compte de « la loi du marché ». Son ampleur dépendra donc de l’offre et de la demande d’une spécialité précise. Dans des fonctions extrêmement critiques, le ministère des Armées prévoit l’allocation d’incitant financiers pouvant aller jusqu’à 25 000€ « afin d’essayer de les retenir au sein de l’institution militaire ». Les premiers effets de cette mesure ne sont pas attendus avant le deuxième semestre de cette année. D’autres procédures d’indemnisation devraient apparaître au fur et à mesure de l’implémentation de la LPM, dans le cadre d’une nouvelle politique de rémunération qui n’a pas encore été mise en oeuvre. « On y travaille », confirme Parly.

Autre mesure attendue: le renouvellement et l’adaptation des contrats. De fait, le ministère des Armées explore des pistes afin de proposer un engagement tenant aussi compte des projets que les militaires seraient susceptibles d’envisager à la suite de leur premier contrat. À cela s’ajoutent des mécanismes censés faciliter l’entrée dans la carrière pour un certain nombre de militaires contractuels, de même que la réforme du dispositif de retraite, source d’incertitude pour les militaires.

Selon Parly, la réponse résidera également dans les mesures promises par le plan famille, lancé en octobre 2017. Volet humain de la LPM 2019-2025, ce plan a vécu en 2018 une première année complète de mise en œuvre. Près de 80% des 46 mesures prévues ont connu des réalisations concrètes, tels que le Wifi gratuit en garnison, le portail e-social des Armées inauguré le 20 juin 2018 et l’installation des trois premières cellules d’information d’accueil des familles dans les bases de Nancy, Brest et Mourmelon. Et s’il fallait établir un palmarès des dispositifs ayant rencontré le plus grand succès: « le Wifi gratuit remporterait le concours haut la main ». Près de 108 000 « lits » en ont été équipés en 2018, et 137 000 d’ici 2020.

Nativement évolutif, le plan famille devrait prochainement connaître certains ajustements. Fin mars 2019, le ministère des Armées a ainsi lancé un appel à idées auprès de l’ensemble de la communauté militaire afin d’identifier les réagencements qui pourraient s’avérer nécessaires. L’objectif étant que chaque unité, chaque régiment, chaque base puisse bénéficier cette année d’un projet d’amélioration des conditions de vie relativement personnalisé. Les processus décisionnels devront pour cela s’approcher davantage du terrain et inclure directement les commandants de base.

 

Le SNU comme levier d’engagement ?

Et si la réponse aux soucis de recrutement résidait aussi dans la matérialisation du Service national universel ? Conçu, entre autres, pour « susciter une culture de l’engagement », le SNU pourrait devenir une « usine à vocations », à condition bien entendu d’en préciser le contour, les objectifs et le financement. Il devrait, à pleine vitesse, concerner 700 000 jeunes par an, ce que les Armées espèrent traduire par la signature de 10 000 contrats d’engagement.

« Malheureusement, il y a un risque qu’il faut dès à présent qu’on anticipe à la lumière des résultats de 2018, c’est l’âge du public ciblé par le SNU », déclarait le député LREM Thomas Gassilloud. Quand la Journée défense et citoyenneté (JDC) intervenait à la fin des études secondaire, soit en théorie à 18 ans, le SNU démarrera quant à lui à l’âge de 16 ans. « On aura beaucoup plus de mal à les recruter car ils pourront s’engager deux ans plus tôt, et à cet âge là on change beaucoup d’avis », s’inquiète-t-il.

La disparition de la JDC aggravera-t-elle la situation ? « Moi je ne le crois pas », tempère Parly. D’après celle-ci, quand bien même l’âge auquel le SNU sera ouvert, la durée de formation ou de sensibilisation aux questions de sécurité « sera très fortement enrichie ». « Certes, il y aura peut-être un petit délai entre le moment où nous aurons pu sensibiliser des jeunes et les intéresser à l’entrée dans une carrière militaire (…) Mais je pense que l’efficacité du dispositif sera beaucoup plus grande », ajoute-t-elle. Par ailleurs, pointe-t-elle, l’Armée recrute un nombre appréciable de jeunes avant 18 ans, « parce que nous avons, pour un certain nombre de postes, aucunes exigences en matière de formation préalable ».

L’armée de Terre « rénove » le recrutement interne de ses officiers de carrière