Qu’est-ce que le service sanitaire, bientôt effectué par les étudiants en santé ?

Qu’est-ce que le service sanitaire, bientôt effectué par les étudiants en santé ?

Europe 1 – le 26 février 2018

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Les étudiants en santé ne pratiqueront aucun acte de soin lors de ce service sanitaire. @ FRED DUFOUR / AFP

Dès la rentrée, 47.000 futurs médecins, sages-femmes ou infirmiers conduiront des missions de prévention, notamment dans les écoles, au cours d’un “service sanitaire”.

Obésité, cannabis, sédentarité : tous les étudiants en santé vont désormais faire de la prévention sur certains comportements à risque. Les ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur, Agnès Buzyn et Frédérique Vidal, ont présenté lundi le “service sanitaire”, rendu obligatoire dans les cursus médicaux et qui rentrera en vigueur dès la rentrée 2018. “Une première en Europe”, s’est félicité l’exécutif.

Le service sanitaire, c’est quoi ?

Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, le service sanitaire est un ensemble d’actions de prévention réalisées par les étudiants inscrits en filières de santé, et organisées notamment dans les collèges, lycées et universités, afin de “promouvoir les comportements favorables à la santé”, selon l’exécutif. L’idée est d’apprendre aux enfants, lors de cours ou d’ateliers, les bienfaits d’une alimentation équilibrée et de l’activité physique, faire de la prévention chez les adolescents sur les addictions comme le tabac et l’alcool, ou encore parler sexualité et contraception aux étudiants. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a indiqué lundi que ces quatre thèmes retenus sont prioritaires, mais d’autres suivront plus tard.

Pourquoi miser sur la prévention ?

Un jeune sur quatre qui fume quotidiennement, l’obésité qui touche 3,5 % des enfants, 80% d’adultes qui passent une grande partie de leur journée assis… “La fréquence des comportements à risque reste élevée en France”, particulièrement “chez les jeunes et parmi les publics les plus fragiles socialement”, ont relevé les deux ministres lundi. Ainsi, le gouvernement mise sur la prévention pour tenter de lutter contre la morbidité évitable, mais aussi pour réduire les coûts qu’ils génèrent pour l’État : 20,4 milliards d’euros pour l’obésité, 15 milliards pour l’alcool et 26,6 milliards pour le tabac. Si l’exécutif a fait de la prévention une “stratégie nationale de santé”, selon les mots d’Agnès Buzyn, il assure que le service sanitaire n’aura pas vocation à “se substituer” aux actions des associations.

Où auront lieu les missions ?

Dans un premier temps, le service sanitaire se fera auprès des élèves dans les collèges, les lycées et les universités. Mais le service sanitaire a également vocation à se déployer dans les Ehpad, les prisons, les structures médico-sociales, les entreprises publiques et privées… “Nous avons demandé aux Agences régionales de santé et aux recteurs d’académie de recenser les lieux de stage. Les offres ne manqueront pas et nous avons besoin de prévention partout”, a expliqué Frédérique Vidal.  

En outre, l’idée du service sanitaire est de lutter contre les déserts médicaux, où les populations bénéficient moins de prévention. Les étudiants “vont sortir des villes, aller dans les territoires ruraux. Nous veillerons à une bonne répartition territoriale”, a assuré la ministre de l’Enseignement supérieur. Ainsi, les étudiants pourront être amenés à réaliser leur service sanitaire loin de leur lieu d’études.

Qui est concerné par le service sanitaire ?

Tous les étudiants inscrits dans une filière médicale – futurs médecins, sages-femmes, infirmiers, pharmaciens, dentistes, kinésithérapeutes, etc. –  vont devoir accomplir leur service sanitaire. Ainsi, quelque 47.000 étudiants seront concernés dès la rentrée 2018. L’année prochaine, le dispositif sera étendu à l’ensemble des filières en santé, comme l’ergothérapie ou l’orthophonie, ce qui portera à 50.000 le nombre d’étudiants concernés. L’obtention du diplôme sera conditionnée à l’accomplissement de ce service obligatoire.

Le service sanitaire sera d’une durée équivalente à trois mois à mi-temps, à faire de manière continue ou non (six semaines à temps plein ou 60 demi-journées), sans rallonger la durée des études. Mais pour s’adapter aux emplois du temps des étudiants, le service sanitaire pourra par exemple se faire sur un ou deux ans. D’après L’Etudiant, le service national se fera en deuxième année pour les infirmiers, en quatrième année pour l’odontologie, en cinquième année pour les pharmaciens, et en troisième année pour les médecins.  

Combien va coûter le dispositif ?

Les étudiants ne seront pas rémunérés pour ce nouveau module obligatoire dans leurs études. Mais la ministre de la Santé l’a promis : “Cela ne coûtera rien aux étudiants.” Ainsi, si les missions de prévention ont lieu loin du domicile de l’étudiant, les frais de transports seront pris en charge. Dans un rapport du comité de pilotage de la réforme, le coût d’une telle mesure est estimée à 6,75 millions d’euros, si on respecte l’idée d’effectuer le service sanitaire jusque dans les endroits les plus reculés de l’Hexagone. Seul financement précisé par l’exécutif : une dotation de 400.000 euros pour mettre en place un “dispositif d’évaluation embarqué“, qui sera chargé de faire un bilan sur ce tout nouveau service sanitaire. 

 

 

Le manque d’effectifs fait peser un « risque important » sur le maintien des compétences du Service de santé des Armées

Le manque d’effectifs fait peser un « risque important » sur le maintien des compétences du Service de santé des Armées

par Laurent Lagneau, le 25-01-2018Zone militaire

opex360.com/2018/01/25/manque-deffectifs-peser-risque-important-maintien-competences-service-de-sante-armees/

Les indicateurs budgétaires et de « performance » sont une chose. Mais, comme le disait le philosophe et économiste Jean Bodin, ils ne doivent faire perdre de vue qu’ “il n’y a de richesses que d’hommes”. En l’occurrence, pour le Service de santé des Armées (SSA), de médecins, d’infirmiers, de pharmaciens et d’auxiliaires de santé.

Le plan SSA 2020 a été présenté en novembre 2013 dans un contexte marqué par de « fortes contraintes financières ». Afin de dégager des marges de manoeuvres budgétaires, il prévoit, entre autres, de concentrer et de densifier les moyens du SSA, d’ouvrir ce dernier au service public (une « nécessité » pour sa « performance technique » et son « efficience économique ») et de simplifier sa gouvernance. Le tout étant accompagné par des suppressions de postes. Depuis l’entrée en vigueur de l’actuelle Loi de programmation militaire (LPM), il a ainsi perdu 8% de ses effectifs.

Seulement, depuis l’élaboration du plan SSA 2020, la situation a beaucoup évolué. S’il a eu un léger répit, avec des déflations d’effectifs prévues en 2018 et 2019 finalement décalées de deux ans, il n’en reste pas moins que le SSA est sous une tension extrême. Situation, a récemment souligné un rapport du Sénat, qui « conduit à concentrer sur les mêmes personnels la charge de projection du service : ainsi les personnels projetés [sur un théâtre extérieur] effectuent 200% du contrat opérationnel. » Et il manque entre 7 et 14% de médecins à la médecine des forces [entre 50 et 100 sur 700, ndlr].

Entendue par les députés de la commission de la Défense, Mme le médecin général des armées Maryline Gygax Généro, directrice centrale du service de santé des armées, a affirmé que « dès son origine, le modèle ‘SSA 2020’ a été conçu pour être robuste, résistant et résilient face aux évolutions et à la variation de la pression opérationnelle. » Toutefois, a-t-elle admis, « l’environnement a lui aussi changé et certaines de ses évolutions, souvent imprévisibles au départ, constituent des contraintes qui viennent interférer avec la démarche, ou en tout cas qu’il faut prendre en compte. »

Hôpital : Le pôle d’excellence du traitement des brûlés de l’hôpital militaire de Percy menacé !

Hôpital : Le pôle d’excellence du traitement des brûlés de l’hôpital militaire de Percy menacé !

Libre opinion du Médecin général Hervé CARSIN.

ASAF-  Posté le vendredi 12 janvier 2018

http://www.asafrance.fr/item/hopital-reflexions-concernant-l-evolution-du-centre-de-traitement-des-brules-de-l-hia-percy.html

 

Le centre de traitement des brûlés de L’HIA Percy a été ouvert en 1961 dans une ancienne structure aujourd’hui disparue. Un nouveau centre bâti à l’emplacement du terrain de football de l’ancien hôpital a été inauguré en 1981, 20 lits dédiés aux brûlés.
L’ancien centre n’était pas encore totalement désaffecté qu’il a fallu le réactiver en complément du nouveau centre pour faire face aux victimes de l’attentat d’Orly (17 brûlés polytraumatisés admis le 15 juillet 1983).

Le choix du site de Percy était alors lié à la proximité du centre de transfusion et à la présence du centre de recherche du SSA, le tout (avec la présence du service d’hématologie) permettant une prise en charge optimale des brûlés et des victimes d’accidents radiologiques ou chimiques.

C’est cette même logique qui a présidé à la construction du nouvel hôpital Percy inauguré en 1996 et orienté vers la traumatologie de guerre. La piste d’atterrissage des hélicoptères est plus récente, liée à la volonté du président de la république de disposer d’une aire de poser dans un hôpital, les évacuations se faisant sur Issy les Moulineaux, cause d’un retard parfois préjudiciable (cf évacuation de  Nevers d’un ancien premier ministre victime d’une plaie par balle de la tête).  

Le centre de traitement des brûlés inauguré en 1981 était un modèle d’architecture hospitalière copié par bien des centres français et étrangers. Il était bâti autour d’une serre tropicale dans laquelle était rejeté l’air chaud du centre dont l’énergie était en partie recyclée. Cette serre qui offrait des conditions d’hospitalisation exceptionnelle présentait le défaut originel de n’être pas nettoyable et n’a donc pas été entretenue.
En 2009, le choix a été fait de démolir la structure et de la rebâtir, solution qui semblait moins onéreuse qu’une réhabilitation. 

Le choix de la capacité du centre a tenu compte de l’activité du centre existant, de la nécessité de pouvoir disposer de lits immédiatement disponibles et de la décision de l’APHP de regrouper les 2 centres de St Antoine et Cochin sur le seul centre de St Louis avec une diminution du nombre de lits de réanimation de brûlés.

L’apport du CTB à la connaissance des brûlures est indéniable : il a été le premier centre français choisi par les américains pour utiliser les techniques de cultures de kératinocytes en 1981. Depuis plus de 40 patients brûlés sur des surfaces supérieures à 80% voire 90 % ont pu bénéficier de cette technique avec une survie de 90 %, le centre était considéré par le professeur Green de Harvard, père de la technique de culture comme l’un des meilleurs au monde dans l’application de sa technique.

En association avec le laboratoire de Yann Barrandon à l’ENS le développement de cultures de kératinocytes sur fibrine a été mis au point, c’est ce type de cultures qui a été utilisé avec succès pour un transfert génétique dans le traitement d’épidermolyse bulleuse par une équipe allemande en association avec une équipe italienne.  Les laboratoires de l’Oréal ont proposé un support de recherche et un mécénat qui a permis de financer en partie le laboratoire de culture situé au CTSA.

Certains observateurs se sont étonnés du battage médiatique fait récemment autour du faux exploit de l’équipe du centre de St Louis et le silence de cette même presse concernant l’inauguration du nouveau centre de Percy!

C’est à Percy, en1996, qu’a été utilisé pour la première fois en France une peau artificielle.

C’est à Percy en 2007 que, pour la première fois au monde, étaient utilisées les cellules souches mésenchymateuses dans le traitement des nécroses cutanées radiologiques, résultat d’une association du centre de traitement des brûlés, du service d’hématologie, du CEA et du CTSA. Le centre de traitement des brûlés est depuis de très nombreuses années reconnu par l’AIEA comme centre de référence pour la prise en charge de ce type de patients.

Le CTB Percy a toujours répondu présent lors des différents évènements qui ont engendré un nombre important  de brûlés : attentat d’Orly,  bombes dans les grands magasins, attentats dans le métro, incendies d’hôtel,  incendies de cars ou de bateaux, explosion de gazoduc en Belgique… Mais aussi pour la prise en charge de brûlures particulières : irradiés de Forbach, brûlures à l’Ypérite de Verdun.

Cette parfaite connaissance du brûlé sert au quotidien les victimes militaires dont on sait qu’elles représentent un pourcentage important des blessés lors d’un conflit conventionnel. L’armée doit pouvoir disposer en permanence d’un centre capable d’accueillir un nombre de victimes important, aucun centre civil ne la fera pour elle.

Les accidents où coexistent 5 à 10 victimes  gravement brûlées ne sont pas rares (explosion d’un canon dans le désert irakien,  chute de l’hélicoptère présidentiel en exercice, accident d’aéronefs en Espagne), il nous faut enfin attirer l’attention sur le fait que le CTB supporte la BSPP où le risque de brûlures est  majeur.

Il me paraît important d’insister sur la très grande fragilité de la filière « Brûlés » française. La mise en place des inter-régions s’est traduite par une diminution du nombre de lits de brûlés dans un but de meilleure efficacité. Il existe théoriquement un centre par inter-région. La vérité est que ces centres ont les plus grandes difficultés à exister obligeant les administrations à des organisations qui vont à l’encontre des décrets d’août 2007 sur l’organisation des centres de Brûlés. Ainsi le centre de Bordeaux est dans la plus grande difficulté pour constituer une équipe médicale après le départ de certains médecins en retraite, le centre de Tours vivote et a été fermé pendant plusieurs mois, le centre de Montpellier a été éclaté entre plusieurs autres services, la fusion des 2 centres lyonnais se passe très mal et aboutira à une diminution des capacités d’accueil, le centre de Lille n’a pas de réelle équipe de réanimation etc. etc.

 Il faut 10 ans pour mettre en place et fidéliser une équipe de spécialistes des brûlés, il ne faut que quelques semaines pour la détruire. Il s’agit d’une spécialité très intéressante pour peu que le service où l’on travaille présente un certain dynamisme et que l’on vous reconnaisse dans votre travail. Il n’y a pas de secteur privé  et il est difficile d’attirer les jeunes médecins sans une certitude de carrière.

 Le CTB Percy est une véritable école, choisie par les jeunes médecins c’est un honneur d’y travailler, le profil des gens qui y exercent est en compète  adéquation avec l’esprit militaire, c’est un terrain de formation comme on ne peut pas en trouver ailleurs.

Le nouveau centre est parfaitement fonctionnel,  sans luxe indispensable, adapté à la pathologie qui doit y être soigné, il est le produit de tout le savoir faire des différentes générations qui se sont succédées.

Il est donc particulièrement déprimant d’assister à une inauguration où l’état d’esprit qui préside (et que l’on évite soigneusement d’évoquer publiquement) consiste à découper ce service nouvellement ouvert pour y associer le service de réanimation ce qui, à terme, aboutira à une disparition des brûlés et à la démotivation de l’équipe en place.

Les motifs invoqués sont

  • économiques : c’est un faux argument car le service est remboursé  des soins effectués.  Les lits mis à disposition pour les évènements civils  ne sont jamais facturés ni la disponibilité des équipes ;
  • démographiques : le nombre de brûlés militaires est insuffisant pour le justifier : le nombre total de blessés en service ne justifie pas un hôpital et le maintien de la compétence justifie l’activité au profit du secteur civil.

 La fermeture partielle du Centre de Traitement des Brûlés serait un très mauvais signe pour tous les personnels qui y verrait brader une partie de l’activité service où l’on est encore leader. Sans doute un prélude à la disparition des hôpitaux militaires.

MGI (2S) Hervé CARSIN

 

Barkhane : Trois militaires français blessés lors d’une attaque commise avec un véhicule piégé

Barkhane : Trois militaires français blessés lors d’une attaque commise avec un véhicule piégé

par Laurent Lagneau, le 12-01-2018 – Zone militaire

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Photo : EMA / Archives

La date de cette attaque ne doit rien au hasard. Le 11 janvier, soit cinq ans après le début de l’opération Serval, au Mali,

un véhicule de l’avant blindé (VAB) français a été la cible d’un VBIED (Vehicle Borne Improvised Explosive Devices) alors qu’il faisait partie d’un convoi circulant entre Ménaka et Indélimane, près de Gao.

L’explosion a fait trois blessés parmi les occupants du VAB, dont un sérieusement touché. Ce dernier a été rapatrié dans la nuit pour être admis dans un hôpital d’instruction des armées (HIA). Son pronostic vital ne serait pas engagé.

Le mode opératoire de cette attaque, vraisemblablement commise par le Jamaat Nosrat al-Islam wal-Mouslimin (Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans – GSIM), qui réunit plusieurs groupes jihadistes sous l’autorité de Ilyad ag Ghaly, ou l’État islamique pour le grand Sahara (EIGS) est plutôt rare au Mali.

Selon les données disponibles, et avant celle contre Barkhane, la dernière attaque ayant utilisé un VBIED remonte au 18 janvier 2017. Ce jour-là, un véhicule rempli d’explosif avait visé, à Gao, le Mécanisme opérationnel de coordination (MOC), c’est à dire l’organisme chargé d’organiser les patrouilles conjointes entre les ex-rebelles touareg et les miliciens pro-gouvernementaux prévues par l’accord de paix d’Alger. Cet attentat, qui fit plus de 60 tués, avait été revendiqué par le groupe al-Mourabitoune, intégré désormais au GSIM.

Quoi qu’il en soit, cette attaque contre la force Barkhane est survenu au lendemain de l’arrestation, à Menaka, de plusieurs « membres de groupes armés terroristes sévissant dans cette région frontalière du Niger » par les militaires français.

« Dans le strict respect du droit international, les commandos ont procédé à des fouilles permettant de saisir de l’armement, du matériel et des documents. Des personnes ont également été capturées afin de lever le doute sur leur contribution aux actions des groupes armés terroristes de cette région », a expliqué l’État-major des armées.