Les réservistes et les anciens de l’armée de terre sollicités pour encadrer le SNU

Les réservistes et les anciens de l’armée de terre sollicités pour encadrer le SNU

 

Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – Publié le 8 mars 2019

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2019/03/07/les-reservistes-et-les-anciens-de-l-armee-de-terre-sollicite-20081.html

 

Ce n’est pas surprenant… Le ministère des Armées est en recherche de cadres pour le SNU, même si “la contribution des Armées est en cours d’affinage”.

On se souviendra que le recrutement des jeunes volontaires pour le service national universel (SNU) est officiellement lancé depuis lundi, avec un site dédié qui permet à des jeunes de participer à une première phase test au mois de juin. Entre 2 000 et 3 000 volontaires participeront à la première phase du service national universel du 16 au 28 juin prochain, en internat. Puis ils réaliseront une mission d’intérêt général auprès d’associations, de collectivités, ou de corps en uniforme pendant deux semaines entre juillet 2019 et juin 2020. 

Pour cette phase test, la première quinzaine se déroulera en internat ou dans des bâtiments de l’armée. Les jeunes en uniforme seront encadrés par des militaires et éducateurs rémunérés.

Pour prendre les devants, un appel a été lancé par le MinArm pour sensibiliser les réservistes et les anciens militaires pour qu’ils encadrent “la préfiguration du SNU”:

 

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Le commandement des forces terrestres, par exemple, a diffusé cette note, le 26 février, pour lancer un appel aux volontaires. 

Les sénateurs peu convaincus par le SNU

Les sénateurs peu convaincus par le SNU

Réformer la JDC et/ou le service civique au lieu d’instaurer un SNU coûteux et potentiellement redondant ? (Crédit photo: SGA/DSNJ/ESN NE)

À quelques mois d’une première phase pilote, le Service national universel « peine à nous convaincre », estimait le sénateur Christan Cambon le 3 décembre lors d’une audition du général Daniel Ménaouine, directeur du Service national et de la jeunesse et ancien rapporteur du groupe de travail du SNU, dissout le 19 novembre.

Après les partis d’opposition, les associations de jeunesse et une partie non négligeable de la presse, c’est au tour des membres de la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat d’exprimer leur inquiétude concernant le SNU. « Hasardeux », « coûteux », « peu consistant »: les sénateurs, « oubliés » des consultations préliminaires, n’ont pas caché leur inquiétude vis à vis d’un projet nécessitant d’urgence un effort de clarté. Parce qu’il nous est impossible de traiter la salve de questions dans son ensemble, penchons-nous sur celle, immuable et amplifiée par un contexte budgétaire tendu, du financement.

L’enjeu est d’autant plus important qu’une expérimentation du SNU est prévue pour juin 2019 dans dix départements avec quelques centaines ou milliers de jeunes, sans que ce dispositif ne soit budgétisé dans le PLF 2019. Plus encore, c’est la facture  globale du dispositif qui reste sans destinataire. Dans un rapport publié le 20 novembre, l’ancien groupe de travail du SNU estime à 1,7Md€ l’investissement initial, puis à 1,6Md€ le budget de fonctionnement annuel.

Un chiffre qui s’avère inférieur à ceux annoncés par le Sénat en 2015 (3Mds€) et en avril par le ministère des Armées, à savoir une fourchette d’ « un à dix milliards » par an en fonction des options retenues. Rappelons, en outre, que le président de la République avait quant à lui évoqué un budget de « 15 à 20 milliards d’euros » pour les infrastructures et de « 2 à 3 milliards d’euros par an en régime de croisière ». Il faudra maintenant attendre les derniers arbitrages du gouvernement, en janvier prochain, pour espérer obtenir un chiffre précis.

Mais si l’attente d’un montant définitif est une chose, déterminer qui, in fine, passera à la caisse en est une autre. Face au flou en vigueur, la Commission défense du Sénat à, elle, déjà voté un article de la LPM 2019-2025 excluant que celle-ci finance le SNU. In fine, les finances publiques dans leur globalité peuvent-elles supporter un tel coût dans un contexte budgétaire conflictuel ? « Pas sûr que l’on ait les moyens », a résumé la sénatrice LR Joëlle Garriaud-Maylam.

De son côté, le général Ménaouine a bien concédé que ce coût « sera certes important » mais a également invité à faire preuve de patience en évoquant « une mise en place qui prendrait du temps ». Confronté à l’insistance de l’auditoire, il a par ailleurs rappelé que « le coût évité d’un jeune en service militaire volontaire est estimé à 73.000 euros ». Autrement dit, un jeune « formé » au travers du SNU pourrait à son tour réduire son empreinte sur la collectivité. Sauf que… le SMV dure de 6 à 12 mois sans interruption et se veut avant tout être un tremplin vers l’emploi, quand le SNU est un service obligatoire à caractère civique et dont la durée est limitée à un mois par an. Difficile, dès lors, de comparer l’impact sociétal d’un dispositif long, professionnalisant et, surtout, basé sur l’engagement et la motivation, à celui d’un service universel contraignant, à l’épaisseur temporelle limitée et dont les objectifs restent confus*.

Avec la dissolution du groupe de travail du SNU se pose maintenant la question de définir l’interlocuteur légitime susceptible d’harmoniser la cacophonie ambiante pour qu’elle puisse accoucher d’une budgétisation solide et cohérente. Sera-ce le nouveau secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation, Gabriel Attal ? L’Élysée ? Attendue initialement pour décembre, l’annonce présidentielle relative au rapport sur le SNU devrait encore glisser au vu du contexte actuel. En attendant une clarification présidentielle, ne reste qu’une seule alternative pour les 800.000 jeunes potentiellement concernés : ronger son frein sans gâcher les fêtes de fin d’année.

 

*Pour dépasser le simple volet budgétaire et comprendre au mieux les aspects sociétaux du SNU, nous vous renvoyons vers l’excellent travail de Bénédicte Chéron, historienne et chercheuse spécialisée des relations armées-société. Cfr., entre autres, la note de recherche n°53 de l’IRSEM (ici).

Service national universel : ce qui attend les jeunes de 16 ans

Service national universel : ce qui attend les jeunes de 16 ans

Par Romain Baheux – Le Parisien – publié le 18 novembre 2018

Le secrétaire d’Etat en charge de la jeunesse, Gabriel Attal, nous dévoile ce que va être le service national universel. Dès l’an prochain, les volontaires pourront le faire dans des départements tests.

Le secrétaire d’Etat chargé du dossier, Gabriel Attal, parle de la « réforme de société la plus puissante depuis de nombreuses années ». Promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron, le service national universel prend un peu plus forme ce lundi avec la remise au président de la République du rapport préparé par le groupe de travail dédié au sujet. Une nouvelle étape pour lever un peu plus les nombreuses interrogations qui entourent encore le service national universel (SNU), dont les premières expérimentations, comme nous le dévoilons, sont attendues pour le mois de juin.

Ce qui est sûr ? Chaque année, les quelque 800 000 jeunes de 16 ans, garçons et filles, d’une même classe d’âge seront convoqués pendant un mois, dont quinze jours en hébergement collectif. Une partie obligatoire, suivie d’un nouvel engagement de minimum trois mois, facultatif cette fois, pour ceux qui souhaiteraient prolonger l’expérience. Objectif : fédérer la jeunesse autour de valeurs communes et créer un « sentiment d’unité nationale ».

« Avoir quelque chose de contraignant autour de valeurs comme la solidarité et l’engagement, ça me paraît contradictoire, juge le sociologue de la jeunesse et directeur de recherche au CNRS, Olivier Galland. Cette mesure, c’est aussi un aveu d’échec pour l’école, qui serait censé tenir ce rôle si on lui laissait vraiment l’occasion. »

Faire oublier le service militaire

Autre chantier des défenseurs du SNU : couper les liens avec le service militaire, aboli par Jacques Chirac en 1996, et crispant pour une bonne partie des futurs concernés. Un numéro d’équilibriste puisqu’une partie des jeunes seront accueillis dans des casernes et que des militaires feront partie de l’encadrement. Sans oublier une communication gouvernementale axée sur la nécessité de rétablir ce « moment de brassage social » qui aurait été enterré avec la fin de la conscription.

« C’est un peu une image d’Epinal, juge l’historienne et auteure du Soldat méconnu : les Français et leurs armées, état des lieux (Armand Colin), Bénédicte Chéron. Avec la disparition de la nécessité de se défendre contre un ennemi aux frontières, l’Etat a réformé le système pour faire son service dans d’autres corps que dans l’armée. Le mélange social s’est peu à peu estompé et en 1997, un garçon sur deux fait un vrai service militaire. »

Pour faire simple, le gouvernement va devoir jouer très serré pour contenter les jeunes tout en faisant de son SNU un symbole de leur reprise en main. « Il reste des points à trancher dans ce dossier et ça va être délicat », souligne un membre du groupe de travail. Les arbitrages d’Emmanuel Macron sont attendus d’ici janvier notamment sur le calendrier du stage pratique ou les départements tests. Le point le plus crucial ? Le budget. Pour l’instant, le gouvernement s’est refusé à chiffrer son service national universel même si une estimation l’évalue à 1,6 milliard d’euros par an une fois son rythme de croisière trouvé. Mais d’ici là, le chemin est encore long.

Dossier thématique sur le Service National Universel (SNU) par l’ASAF

Dossier thématique sur le Service National Universel (SNU)

Par l’ASAF – Mise à jour 22 octobre 2018

https://www.asafrance.fr/dossiers-asaf/item/dossier-thematique-sur-le-service-national-universel-snu-a-lire-telecharger-et-diffuser.html

Voici l’excellent dossier thématique sur le Service National Universel (SNU) constitué par les réflexions publiées depuis un an dans la revue Engagement réalisé par nos amis de l’ASAF.

Pour le lire, téléchargez : Dossier thématique sur le Service National Universel asaf MAJ 22 10 2018

Vers “l’égalité” entre réservistes et militaires d’active

Vers “l’égalité” entre réservistes et militaires d’active

Reuters

PARIS (Reuters) – La ministre des Armées s’est engagée samedi, à l’occasion du 2e anniversaire de la Garde nationale, à favoriser un régime d’égalité entre les militaires d’active et les réservistes qui, au nombre de quelque 75.000 aujourd’hui, apportent un appui de taille aux forces de sécurité en France.

Créée le 13 octobre 2016 pour renforcer la sécurité du territoire à la suite des attentats de 2015, la Garde nationale compte plus de 37.000 membres sous la houlette du ministère des Armées et un nombre équivalent dépendant du ministère de l’Intérieur.

Anciens militaires, salariés, fonctionnaires, étudiants… ils sont 7.000 engagés quotidiennement. L’objectif est de porter leur nombre à 85.000 fin 2018, dont 40.000 relevant du ministère des Armées avec la mobilisation de 9.250 volontaires par jour.

La loi de programmation militaire 2019-2025 prévoit un budget annuel en hausse pour la réserve, avec 200 millions d’euros par an (dont 153 millions d’euros pour la masse salariale hors cotisations sociales).

Elle introduit des mesures pour renforcer l’attractivité de cet “engagement au service de la Nation” (amélioration de la couverture sociale, augmentation du seuil de la durée d’activité de 30 à 60 jours, etc.) qui s’ajoutent aux primes décidées en 2017, comme l’allocation d’étude mensuelle de 100 euros par mois et la participation au financement du permis de conduire à hauteur de 1.000 euros pour les étudiants.

Nous devons aider la réserve, la pousser aussi loin que possible, la rendre toujours plus attractive, et chercher aussi à aider nos réservistes“, a déclaré Florence Parly lors des Assises de la Garde nationale, à Paris.

Un rouage du SNU ?

Le principe est simple: entre les réservistes et les militaires d’active, il faut aller vers l’égalité”, a souligné la ministre des Armées. “L’égalité dans le traitement, l’égalité dans les équipements, l’égalité dans la considération.

Non seulement nous devons vous donner les moyens de servir mais nous devons vous donner aussi les moyens et l’envie de rester“, a-t-elle dit.

La ministre a de nouveau lancé un appel aux entreprises, qui sont plus de 500 à avoir signé une convention avec le ministère des Armées, en les qualifiant d'”alliés précieux” pour la montée en puissance et la pérennité de la réserve opérationnelle.

Depuis février 2017, les entreprises qui mettent à disposition des salariés réservistes bénéficient d’une réduction d’impôts au titre du mécénat ou des dons en faveur d’œuvres et organismes.

Florence Parly et le secrétaire d’Etat aux Armées, Geneviève Darrieussecq, ont déclaré samedi que la Garde nationale serait un rouage de la mise en oeuvre du Service national universel (SNU) qui, selon certains médias, bénéficiera d’un secrétariat d’Etat dédié dans le prochain gouvernement d’Edouard Philippe.

La Garde nationale pourra être amenée à jouer un rôle dans ce dispositif d’envergure“, a précisé Geneviève Darrieussecq en clôturant les Assises.

Les ponts sont en effet évidents, et nous définirons ensemble comment la richesse des femmes et des hommes de la Garde nationale pourra se mettre au service de ce projet de société“, a dit Florence Parly.