Sahel : La France espère que les États-Unis seront assez « lucides » pour maintenir leur soutien à Barkhane

Sahel : La France espère que les États-Unis seront assez « lucides » pour maintenir leur soutien à Barkhane

7 423 missiles et bombes tirés sur des cibles afghanes en 2019

7 423 missiles et bombes tirés sur des cibles afghanes en 2019

 

reaper1000w_q95.jpg

 

Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – Publié le 27 janvier 2020

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/

 

L’AFCent (le commandement Centre de l’Air Force) a diffusé les derniers chiffres concernant ses activités au cours de l’année 2019. Ces chiffres portent sur le nombre de sorties aériennes effectuées en Afghanistan, le nombre de sorties pendant laquelle un tir ou un largage de munitions a eu lieu et le nombre de munitions tirées:

 

weapons.jpg

Les chiffres de 2019 sont éloquents: c’est l’an dernier que le nombre de munitions tirées a été le plus important (7423), non seulement depuis 2013 mais aussi depuis 2009 (voir ci-dessous), soit sur dix ans:

Année Sorties  Vols avec tirs Nombre de munitions tirées
2009 27815 2050 4147
2010 32928 2517 5100
2011 34282 2678 5411
2012 28640 1974 4082

 

Le général Cottereau devient n°2 de la 3e DI américaine

Le général Cottereau devient n°2 de la 3e DI américaine

Le général Hubert Cottereau lors de son accueil officiel au sein de la 3e DI américaine, le 15 août (Crédit: 3e DI, sergent-major Shelia Cooper)

 

Le général Hubert Cottereau a été officiellement accueilli à Fort Stewart (Géorgie), où il officie désormais en tant que commandant adjoint de la 3e division d’infanterie américaine. Il devient par la même occasion le premier officier général français à servir au sein d’une division d’active de l’US Army.

 

« Nous accueillions formellement un officier extrêmement brillant et sa famille au sein de la 3e division d’infanterie, » a déclaré son chef de corps, le général Antonio Aguto, le 15 août lors d’une cérémonie officielle. « Son service ici témoigne de la relation unique et spéciale entre nos deux pays et nos alliés de l’OTAN, » a-t-il ajouté, avant de rappeler que « Cottereau est le premier officier général français à servir dans l’une de nos 10 divisions d’active ».

« Quatre mots me viennent à l’esprit en ce jour particulier: honneur, challenge, enthousiasme et obstination, » a pour sa part souligné le général Coterreau. En tant que numéro 2, celui-ci aura la charge du volet « opérations » du « Rocher de la Marne », auquel il apportera un regard nouveau fondé sur l’expérience acquise au sein des forces armées françaises. « Je comprends parfaitement l’étendue de ce défi, car je supervise l’état de préparation d’une division appelée à se déployer dans un délai très court, » a-t-il précisé. « Pour un officier étranger, il s’agit d’une tâche noble et exigeante qui nécessite un effort supplémentaire pour comprendre pleinement la doctrine, les procédures et le style de combat, mais le tout requiert une connaissance approfondie des hommes et des femmes qui composent cette division, » a conclu le général français. Et le rythme s’annonce soutenu pour ce dernier, la 3e DI étant sur le point déployer sa brigade d’aérocombat « Falcon » – soit 1700 soldats et 80 hélicoptères – pour une rotation de neuf mois sur le sol européen.

Approuvé en avril dernier par l’armée américaine, cette affectation s’inscrit dans le cadre du Programme d’échange du personnel militaire (MPEP) de l’US Army. Le général Cottereau devient par ailleurs le second officier général étranger associé à ce programme, après l’intégration d’un militaire britannique en 2015. Ce genre d’échange dure généralement entre deux et trois ans, précise l’US Army.

Après avoir commandé le 2e régiment de hussards de Haguenau entre 2009 et 2011, le général Cottereau a exercé au sein du commandement allié Transformation de l’OTAN (ACT) jusqu’en 2013. Il est ensuite affecté au centre de planification et de conduite des opérations de l’EMA, puis devient chef d’ État-major de la Force de la MINUSMA en juillet 2018 avant d’être officiellement nommé le 19 juin dernier au sein de la 3e DI américaine. Sa nomination est effective depuis le 2 août.

Si elle s’avère inédite avec l’armée américaine, une telle expérience a déjà été menée par l’armée de Terre avec son homologue britannique. Ainsi, d’août 2016 à septembre 2018, la 1ère division française aura eu pour commandant adjoint le général Nick Nottingham, tandis qu’un général français franchissait la Manche pour intégrer la 1ère division de l’armée britannique.

Catastrophes et guerres: l’Amérique s’entraîne au Muscatatuck Urban Training Center

Catastrophes et guerres: l’Amérique s’entraîne au Muscatatuck Urban Training Center

Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – Publié le 24 juin 2019

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/


Prenez 400 ha et bâtissez-y un centre de préparation aux interventions de crise et au combat urbain, voire au cybercombat, et plongez-y vos primo-intervenants civils,  secouristes, pompiers,  sapeurs (comme sur la photo ci-dessus prise lors de Guardian Response 19), marines, fantassins, spécialistes NBC et transmetteurs… Bienvenu au Muscatatuck Urban Training Center, l’une des composantes du complexe de formation et d’entraînement d’Atterbury-Muscatatuck, un complexe de 14 000 ha situé dans l’Indiana.

Le Muscatatuck Urban Training Complex (ou MUTC, voir son Facebook ici) est dédié aux opérations urbaines de secours et de combat. Ainsi, du 1er au 7 juin, 1 500 pompiers s’y sont formés dans le cadre d’un  tremblement de terre fictif (lire ici). Simultanément, s’y formaient des secouristes US, sud-africains et israéliens.

Ses 1 000 acres (400 ha) abrite 200 bâtiments en dur pour l’entraînement au combat urbain, un espace aérien dédié fréquenté par des hélicoptères et des drones, 2,5 km de tunnels (photo ci-dessous), un centre de gestion des opérations conjointes(le Combined Arms Collective Training Facility ou CACTF) et un environnement cyber (le CyberTropolis) pour des actions offensives et défensives… 

tunnel2.jpg

C’est là que se sont entraînés, il y a quelques mois, les soldats de la compagnie Echo, du 2 bataillon du 6e régiment de Marines (photo tout en haut) et ceux de la 3e brigade de la 101e division aéroportée. Et c’est là qu’en août prochain, vont se déployer ceux de la compagnie Kilo du 3e bataillon du 8e régiment des Marines. Des Marines qui seront déployés avec leurs camarades britanniques pour s’entraîner au combat urbain rapproché et à manoeuvrer dans un environnement où drones et robots seront présents.

4961239.jpg

Ils s’entraîneront sous la supervision du Marine Corps Warfighting Laboratory, basé à Quantico, en Virginie. Ce “Lab” a lancé un vaste programme baptisé “Projet Metropolis 2.0” pour mieux former les combattants au combat urbain et robotisé, comme le demandait un document de 2016, le Marine Corps’ Operating Concept.

Quand l’US Army se prépare pour “un combat à la loyal”, ça tourne au carnage

Quand l’US Army se prépare pour “un combat à la loyal”, ça tourne au carnage

Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – Publié le 22 mai 2019

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/

 

 

 

Il y a trois ans, le Chairman of the Joint Chiefs of Staff (l’équivalent du CEMA aux USA), le général Dunford, préconisait de ne pas envoyer les troupes américaines dans des “fair fights“, des combats “équitables”, “à la loyale”, aucunement asymétriques mais opposant des adversaires aux moyens et tactiques conventionnels. Lire ici.

Devant une commission du Sénat, Dunford avertissait que les troupes américaines devaient s’engager dans un combat conventionnel seulement si elles étaient plus flexibles, puissantes, entraînées et réactives et seulement si elles disposaient d’un avantage initial (meilleur équipement, meilleur entraînement, meilleur moral, meilleur soutien etc). 

abct bis.jpg

Aujourd’hui, les troupes US s’entraînent “pour ce qu’elles redoutent: un combat à la loyale” comme le dit un article paru dans Military.com. Cet article aborde la question de l’entraînement de l’US Army pour préparer ses unités à affronter des adversaires russes ou chinois dans un engagement conventionnel de haute intensité. Il s’agit tout simplement de l’emporter dans une bataille où l’ennemi peut lancer des attaques terrestres, aériennes, cyber et électromagnétique.

L’auteur a passé une semaine au National Training Center de Fort Irwin, en Californie, avec les soldats de la 2e ABCT (Armored Brigade Combat Team) de la 3e division d’infanterie. 

Son article est captivant; il décrit le réalisme d’un exercice récent où l’unité blindée s’est fait étriller par l’OPFOR constitué par le 11e régiment de cavalerie blindé, équipé de 200 véhicules, de 40 drones et d’hélicoptères de combat (photo ci-dessous de ses M113 avec tourelle):

 

11e horse.jpg

La résistance du 11e régiment (le Black Horse) a été féroce, comme l’ont reconnu les officiers de la 2e ABCT.

Un lieutenant-colonel admettait que son bataillon a été réduit à deux Bradley, lors de la prise de la ville fictive de Razish: “Cet endroit est fait pour nous vaincre“. 

Le même constat est fait par un capitaine: “C’était le chaos. Un peu horrible même“; les 15 blindés de sa compagnie ont été mis hors-jeu (détruits donc) et les pertes ont été terribles. Des pertes que les directeurs de l’exercice n’ont pas voulu préciser au journaliste de Military.com

A voir ici une vidéo de l’entrainement: