Le chef de la British Army affirme que la menace russe est « bien plus grande » que celle des groupes jihadistes

Le chef de la British Army affirme que la menace russe est « bien plus grande » que celle des groupes jihadistes

http://www.opex360.com/2018/11/25/le-chef-de-la-british-army-affirme-que-la-menace-russe-est-bien-plus-grande-que-celle-des-groupes-jihadistes/

Alors désigné pour devenir le prochain chef d’état-major interarmées américain, le général Joseph Dunford avait affirmé, lors d’une audition au Sénat pour confirmer sa nomination, que la Russie posait « la plus grave menace, à court terme, pour la stabilité du monde entier ». Et d’expliquer qu’il s’agissait d’une « puissance nucléaire » qui n’hésitait pas à de « violer » la souveraineté de pays indépendants [comme celle de l’Ukraine] tout en ayant un comportement « imprévisible », voir « agressif ».

Cette analyse a depuis été confortée par la nouvelle stratégie de défense américaine, pour qui la priorité doit être donnée aux « menaces croissantes » de « puissances révisionnistes » qui, comme la Russie et la Chine, « tentent de créer un monde compatible à leurs modèles autoritaires. » De fait, la lutte contre les groupes terroristes d’inspiration jihadiste est passée au second plan, même si les forces américaines continueront d’y être impliquées.

Au Royaume-Uni, responsables politiques et militaires pensent la même chose. Alors chef de la British Army et pressenti pour devenir le prochain chef d’état-major des armées britanniques, le général Nick Carter avait estimé, en janvier, que la modernisation des capacités militaires du Royaume-Uni devaient « tenir compte » de la menace russe.

« Les menaces auxquelles nous sommes confrontés ne sont pas à des milliers de kilomètres mais sont maintenant aux portes de l’Europe. Nous avons vu comment la guerre informatique peut être menée sur le champ de bataille et perturber la vie des gens. Au Royaume-Uni, nous ne sommes pas à l’abri de cela », avait affirmé le général Carter.

Son successeur à la tête de la British Army, le général Mark Carleton-Smith, a tenu des propos similaires dans un entretien donné au quotidien The Daily Telegraph [il l’avait aussi fait en juin, lors d’une intervention devant le Royal United Services Institute, ndlr]. « La Russie aujourd’hui représente indiscutablement une menace bien plus grande pour notre sécurité nationale que les menaces extrémistes islamistes que représentent al-Qaïda et le groupe État islamique », a-t-il dit.

Ainsi, a-t-il expliqué, la « Russie a montré qu’elle était prête à utiliser la force militaire pour défendre et développer ses propres intérêts nationaux » et elle « cherche à exploiter la vulnérabilité et la faiblesse partout où elle la détecte ». En outre, a-t-il ajouté, cette menace russe concerne des domaines « non traditionnels », comme le cyberespace, l’espace et la guerre sous-marine. Dans le même temps, a-t-il poursuivi, la « menace islamiste » s’est estompée avec la « destruction » du groupe État islamique au Levant.

Sur ce point, un rapport des Nations unies publié cet été n’est pas aussi affirmatif que le général britannique. Les « moteurs sous-jacents du terrorisme sont toujours présents et peut-être plus raffinés que jamais », y était-il avancé. Et cette situation pourrait durer jusqu’à ce que « l’EI se réorganise et qu’al-Qaïda augmente son activité terroriste internationale ou que d’autres organisations émergent dans l’arène terroriste ».

L’État islamique est « une hydre dont il faudra en permanence contrôler qu’elle ne soit pas en train de se réveiller », avait également estimé le général François Lecointre, le chef d’état-major des armées [CEMA], lors d’une audition parlementaire, en mai dernier.

Reste que les propos du chef de la British Army ont suscité des commentaires acerbes de la part de Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères. « En ce qui concerne les déclarations [du général Carleton-Smith], nous ne pouvons pas interdire à quelqu’un de mettre en évidence ses capacités intellectuelles », a-t-il ironisé.

« J’ai déjà entendu beaucoup de déclarations de ce genre de la part du ministre de la Défense [Gavin Williamson, ndlr] du Royaume-Uni », a continué M. Lavrov. « Nous ne pouvons pas influencer les décisions du gouvernement britannique concernant les personnes désignées pour diriger leurs forces armées », a-t-il poursuivi. « Affirmer que la Russie est une menace plus importante que Daesh n’est pas une déclaration originale. Le président Obama avait dit la même chose à l’Assemblée générale de l’ONU quand il a placé la Russie au même niveau que le virus Ebola », a-t-il conclu.

Cela étant, les sujets de contentieux entre le Royaume-Uni et la Russie se sont multipliés ces derniers mois (et années). Des navires et des avions militaires russes sont régulièrement envoyés patrouiller non loin des côtes britanniques tandis que Londres accuse Moscou d’être à l’origine de cyberattaques et de « cartographier » ses infrastructrures critiques. Et puis l’affaire de la tentative d’empoisonnement au Novitchok du colonel Sergueï Skripal, à Salisbury, n’a pu que détériorer les relations entre les deux pays.

Par ailleurs, pour répondre à la menace russe qu’il a décrite, le général Carleton-Smith a affirmé qu’il ne soutiendrait « aucune initiative qui diluerait l’efficacité de l’Otan », qui représente « le centre de gravité de la sécurité européenne ».

Lourd, lourd: comment réduire la charge du combattant?

Lourd, lourd: comment réduire la charge du combattant?

Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – 28 septembre 2018

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/

L’USMC vient de commander 225 886 porte-plaques pour une valeur de 62,6 millions de dollars. La commande a été passée à une société inconnue du New Jersey: Vertical Protective Apparel LLC qui va fournir des porte-plaques de génération III.

Voici l’avis d’attribution:
Vertical Protective Apparel LLC,* Shrewsbury, New Jersey, is awarded a ceiling $62,612,464 five-year, firm-fixed-price, indefinite-delivery/indefinite-quantity contract for the purchase of up to a maximum 225,886 Plate Carrier Generation IIIs and data reports. Work will be performed in Shrewsbury, New Jersey, and is expected to be complete by September 2023. Fiscal 2018 operations and maintenance (Marine Corps) funds in the amount of $2,952,438 will be obligated on the first delivery order immediately following contract award and funds will expire the end of the current fiscal year. This contract was competitively procured via the Federal Business Opportunities website, with four offers received. The Marine Corps Systems Command, Quantico, Virginia, is the contracting activity (M67854-18-D-1309).”

Elles pèsent 25% de moins que les actuels porte-plaques en dotation au sein de l’USMC. 8 tailles seront disponibles à partir de juin 2019.

Cette commande intervient alors que le Pentagone se repenche sur la question du poids des équipements de ses soldats. On a vu ses efforts pour faire mettre au point des robots de transport, des “mules” capables de décharger le combattant de charges individuelles ou collectives.

Pour sa part, CNAS vient de publier une étude intitulée “The Soldier’s Heavy Load”; elle s’inscrit dans la série “Super Soldiers”  commandée par l’Army Research Laboratory à ce Think Tank proche du parti républicain.

CNAS a publié des chiffres éloquens, comme par exemple le poids des équipements susceptibles d’être portés:

poids équipte.jpg

CNAS a aussi évalué le poids par fonction et démontré que la barre des 50 livres est en moyenne toujours dépassée:

charge combattant.jpg

Même si certains chiffres du rapport de CNAS sont dépassés (le poids des casques par exemple), les données illustrent bien, et une fois encore, le problème de la surcharge qui ralentit les soldats, limite leurs performances et provoque de nombreuses blessures parmi les soldats en opération.

Ce rapport est à consulter ici.

L’armée américaine a un énorme problème avec les… Américains

L’armée américaine a un énorme problème avec les… Américains

Au premier semestre, le Pentagone n’a pas réussi à recruter suffisamment de candidats – AFP Photo/Brendan Smialowski

Raphaël Bloch – Les Echos – Publié le 17/8/2018

https://www.lesechos.fr/monde/etats-unis/0302127917495-larmee-americaine-a-un-enorme-probleme-avec-les-americains-2198541.php

Obésité, diplômes, casiers judiciaires… Faute de candidats recevables, la première armée du monde peine à recruter.

« Too fat to fight ». Ces quatre mots pourraient être tout droit sortis du célèbre film américain « Full Metal Jacket » (1987). Et pourtant. Ils proviennent en réalité d’un rapport de l’administration américaine sur la difficulté du pays à recruter de nouveaux militaires.

Le problème n’est pas nouveau. Depuis des années, la première armée du monde peine à embaucher. Mais comme le souligne, le « Daily News », qui a mis la main sur ce document interne, le problème s’est fortement accentué ces dernières années. A tel point que, début 2018, le Pentagone n’a même pas réussi à atteindre ses objectifs de recrutement.

Une obésité endémique

La principale cause de ce problème provient essentiellement de l’obésité des Américains. Aujourd’hui, 40 % de la population est concernée par le phénomène, sans compter les millions d’Américains en surpoids. Une situation que l’on retrouve évidemment chez les 34 millions de 18-24 ans, qui constituent le vivier des recrues de l’armée.

Un candidat sur trois est ainsi concerné par l’obésité, selon l’administration américaine. Conséquence directe de ce phénomène, sur les six premiers mois de l’année, l’armée n’a retenu que 28.000 personnes, alors que Trump, qui vient d’augmenter de 7 % le budget de l’armée, avait fixé pour objectif l’embauche de 80.000 personnes sur la période.

Drogues, diplômes, casiers judiciaires

L’obésité n’est pas pour autant seule responsable de ce manque d’effectifs. Selon l’administration américaine, plusieurs éléments comme la consommation de drogue ou l’existence d’un casier judiciaire empêchent certains volontaires d’être retenus. Cela concerne environ 10 % des candidatures.

Autre obstacle – et non des moindres – souligné par le rapport : le niveau d’éducation des candidats. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à ne pas disposer des diplômes nécessaires, équivalents au BAC, pour pouvoir s’engager dans l’armée. Ce problème concerne un quart des candidats.

 

Le Concept américain de la bataille multi-domaines

Le Concept américain de la bataille multi-domaines

 

 

Centre de la Doctrine et d’Enseignement du Commandement (CDEC)

Lettre CDEC N°11 – Juin 2018

https://www.penseemiliterre.fr/lettre-de-la-doctrine-n-11_3009102.html

Le concept Multi-Domain Battle

Que peut-on déduire des études de l’US Army et l’US Marine Corps sur l’évolution du combat interarmes au XXIe siècle ?

Comparaison n’est pas raison” dit le proverbe. Certes… mais comme l’affirmait également le politicien allemand du début du XXe siècle, Walter Rathenau, « Denken heißt Vergleichen ! » : Penser signifie comparer !

Au travers du RETEX et des échanges doctrinaux avec ses partenaires internationaux, le CDEC assure une veille orientée sur nos principaux alliés et bien entendu sur de potentiels adversaires. Cette démarche vise deux objectifs.

Il s’agit d’une part de conduire une observation comparative permettant au Centre d’évaluer ses méthodes et ses thématiques explorées dans le cadre des réflexions conduites par l’armée de Terre en matière d’emploi des forces.

D’autre part, cette démarche faite d’études et de recueil de bonnes pratiques, vise à garantir une meilleure compréhension des acteurs, alliés ou ennemis, qui seront engagés et impliqués dans nos opérations futures. Les conclusions tirées de ces études sont directement opératoires. Elles permettent d’évaluer une partie de nos propres réflexions prospectives et doctrinales et de mobiliser nos réseaux afin d’orienter nos nouvelles recherches d’informations, notamment par le biais de nos officiers de liaison à l’étranger et de ceux insérés au CDEC. Ce processus permanent concourt à la réactivité du Centre pour explorer des pistes non encore envisagées ou en réfuter d’autres qui ne correspondent ni à nos ambitions, ni à nos capacités.

Dans ce cadre, cette lettre propose de jeter un regard sur les réflexions actuellement menées par les armées américaines dans le domaine de l’emploi des forces terrestres, à l’horizon 2025-2040. Sans être en rupture totale avec la doctrine Air-Land Battle, qui prévalait jusqu’au début des années 2000, les orientations prises par l’US Army et par l’US Marine corps prennent résolument en compte les impératifs posés par les nouvelles formes de conflictualité et l’évolution des techniques.

Les mêmes causes, nouveaux ennemis, nouvelles technologies, nouvelles conflictualités, produisant les mêmes effets, l’armée de Terre française a conduit la même démarche et a dépassé le stade des orientations ou de la réflexion. Le programme Scorpion qui arrive dans les forces est, en effet, porteur d’une nouvelle pratique d’un combat interarmes collaboratif réellement « info valorisé » et d’une réelle capacité technique permettant à l’armée de terre d’asseoir sa capacité intégratrice au combat.

Bonne lecture.

Général Pascal Facon

Lire et télécharger : Le Concept américain de la bataille multi-domaines (Lettre CDEC N°11) – Juin 2018

La composante réserve de l’US Army

La composante réserve de l’US Army

Par le lieutenant-colonel Paul Guyot* – Cahier de la pensée mili-Terre – Pbilié le 21 juin 2018
*Le Lieutenant-colonel Paul GUYOT a choisi l’arme du génie à sa sortie de Saint-Cyr en 1991. Il a servi durant la plus grande partie de sa carrière dans des unités de la Légion étrangère, 4ème RE, puis 6ème REG comme chef de section, commandant de compagnie, officier supérieur adjoint et officier traitant au bureau opérations instruction. Il a participé à de nombreuses opérations extérieures, FORPRONU puis FRR à Sarajevo en 1995, mission d’instruction au Cambodge puis en Afghanistan en 2004 (Enduring Freedom), Côte d’Ivoire en 2006, MINURSO au Sahara occidental en 2010. Il est diplômé de l’École d’état-major, et sert depuis trois ans comme officier de liaison à Fort Leonardwood auprès de l’école du génie de l’US Army.

En cette période troublée de restrictions budgétaires drastiques, l’US Army, à l’image du reste du Department of Defense, est amenée à s’interroger sur l’avenir qu’il faut donner à sa réserve. La question est sensible à de nombreux points de vue et révèle une situation qui est difficilement comparable avec celle de la France.

Les forces de réserve de l’Army sont composées de deux entités aux caractéristiques bien distinctes: la Reserve, fédérale, aux ordres du président des États-Unis et la National Guard, aux ordres des gouverneurs des États. Ces deux composantes sont passées, en moins d’un quart de siècle, d’un statut exclusif de réserve stratégique à une force opérationnelle expérimentée reconnue qui veut conserver ce nouveau statut.

Pour bien comprendre cette problématique, il est nécessaire de brosser un rapide historique de l’armée de terre des États-Unis au sein de laquelle les réserves ont joué un rôle essentiel. Un aperçu de la situation actuelle précédera ensuite l’exposé du défi qui attend l’Army au travers de l’emploi de ses réserves dans les années à venir.

Lire ou télécharger la suite de l’article : La composante réserve de l’US Army cahier de la pensée mili-Terre