Moscou va renforcer son district militaire occidental pour répondre à l’adhésion de la Finlande à l’Otan

Moscou va renforcer son district militaire occidental pour répondre à l’adhésion de la Finlande à l’Otan

 

http://www.opex360.com/2022/05/20/moscou-va-renforcer-son-district-militaire-occidental-pour-repondre-a-ladhesion-de-la-finlande-a-lotan/


 

« Les unités des forces armées russes, avec les divisions de la milice populaire des républiques populaires de Louhansk et Donetsk, continuent d’accroître le contrôle sur les territoires du Donbass. La ‘libération’ de la république populaire de Loughansk est presque achevée », a en effet affirmé M. Choïgou, dont les apparitions médiatiques ont été rares depuis le 24 février dernier, ce qui a donné lieu à des rumeurs sur son état de santé.

À noter qu’il en est allé de même pour le général Valeri Gerasimov, le chef d’état-major des forces armées russes, dont l’absence lors des célébrations du « Jour de la Victoire », à Moscou le 9 mai, a été abondamment commentée, certains ayant avancé qu’il avait été blessé lors d’une attaque contre un poste de commandement russe alors établi dans la ville d’Izium. Or, l’intéressé s’est entretenu au téléphone avec son homologue américain, le général Mark Milley, le 19 mai. Ce qui n’était plus arrivé depuis le début de l’offensive russe contre l’Ukraine. Ils ont « discuté de plusieurs sujets de préoccupation liés à la sécurité et sont convenus de maintenir les lignes de communication ouvertes », a indiqué le Pentagone.

Quoi qu’il en soit, et pour le moment, la conquête de la région de Louhansk paraît être un gain bien maigre au regard de l’ampleur de l’offensive russe… Et surtout de ses conséquences géopolitiques. Si l’objectif était d’empêcher l’élargissement de l’Alliance atlantique à ses frontières, la Russie aura obtenu l’effet inverse…

En effet, plus que celle de la Suède, l’adhésion de la Finlande à l’Otan – qui reste cependant suspendue à un veto possible de la Turquie – pose un défi d’une toute autre nature pour Moscou étant donné que ce pays partage une frontière de 1300 km avec la Russie.

En outre, la Finlande offre une capacité d’accueil des troupes de l’Organisation atlantique sans commune mesure avec celle des trois pays baltes, également frontaliers avec la Russie. Cependant, et sur ce point son président, Sauli Niinistö, a dit que son pays veut « rester flexible sur la tenue d’exercices conjoints » avec l’Otan ainsi que le déploiement d’équipements militaires sur son territoire. Et cela afin d’éviter des frictions avec Moscou.

« La flexibilité, c’est le plus important actuellement. De garder un œil sur la situation, de ne pas surréagir ou de donner à quiconque de raison de surréagir, tout en étant capable de réagir immédiatement », a en effet expliqué M. Niinistö, à l’issue d’un entretien avec son homologue américain, Joe Biden, le 19 mai.

Cela étant, si la candidature de la Finlande est acceptée, alors l’Otan sera à deux pas du port militaire de Mourmansk, siège de la Flotte russe du Nord. Or, celui est essentiel à la stratégie de Moscou pour le Grand Nord et il offre un accès direct à l’Atlantique. En outre, l’Alliance pourrait couper la Russie de la mer Baltique, ce qui aurait pour conséquence d’entraver les échanges commerciaux avec l’Europe ainsi que les mouvements des forces navales russes. En outre, l’accès à l’enclave de Kaliningrad par voie maritime serait empêché. Enfin, Moscou pourrait estimer que le gazoduc Nord Stream 1, qui part de la ville de Vyborg, finisse par être menacé.

S’il a qualifié la candidature à l’Otan de la Finlande [et celle de la Suède] « d’erreur », le Kremlin a cependant estimé qu’elle n’allait « pas constituer une menace immédiate » pour la Russie. Cependant, a prévenu le président russe, Vladimir Poutine, « le déploiement d’infrastructures militaires [de l’Otan] sur les territoires de ces pays entraînera bien sûr une réponse ».

Finalement, et sans attendre l’admission officielle de la Finlande et de la Suède au sein de l’Otan, Moscou a d’ores et déjà pris des mesures « militaro-techniques ».

Ainsi, M. Choïgou a annoncé la création de douze nouvelles bases militaires dans le district militaire de l’Ouest afin de faire face à la « croissance des menaces militaires aux frontières russe » comme l’illustrent, selon lui, les manoeuvres « Defender Europe », actuellement en cours, ainsi que la hausse du nombre de vols de bombardiers stratégiques américains en Europe et les déploiements de navires de l’US Navy dans la région de la Baltique, en particulier le long du secteur de Kaliningrad.

La création de ces douze nouvelles bases, d’ici la fin de cette année, sera « synchronisée avec la fournitures d’armes et d’équipements modernes aux troupes », a assuré M. Choïgou, sans donner plus de détails sur les capacités appelées à être ainsi renforcées.

Guerre en Ukraine, jour 86 : les défenseurs d’Azovstal reçoivent l’ordre d’arrêter de combattre

Guerre en Ukraine, jour 86 : les défenseurs d’Azovstal reçoivent l’ordre d’arrêter de combattre

Les faits

Au 86e jour de l’invasion russe de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky a déclaré que le Donbass était devenu un « enfer ». Les derniers soldats ukrainiens retranchés dans l’aciérie Azovstal à Marioupol ont reçu l’ordre de Kiev d’« arrêter de défendre la ville » vendredi 20 mai.

Les défenseurs d’Azovstal ont reçu l’ordre de Kiev d’arrêter de combattre

Les défenseurs d’Azovstal ont reçu l’ordre de Kiev d’arrêter de combattre, alors que la Russie a annoncé vendredi que 1 908 militaires ukrainiens retranchés depuis des semaines sur le site sidérurgique de Marioupol s’étaient rendus. « Le commandement militaire supérieur a donné l’ordre de sauver les vies des militaires de notre garnison et d’arrêter de défendre la ville », a déclaré dans un message vidéo Denys Prokopenko, commandant du régiment Azov, une des unités ukrainiennes présentes dans l’aciérie.

Moscou a rendu publiques des images montrant des cohortes d’hommes en tenue de combat émergeant, certains avec des béquilles ou des bandages, après une longue bataille devenue un symbole de la résistance ukrainienne à l’invasion russe. Selon Kiev, cette Marioupol a été à 90 % détruite et au moins 20 000 personnes y ont péri. Ces soldats, parmi lesquels 80 blessés, « se sont constitués prisonniers », a souligné le ministère russe de la défense.

Dans une vidéo publiée jeudi, Sviatoslav Palamar, commandant adjoint du régiment Azov, avait confirmé être toujours dans l’usine avec le reste du commandement, refusant de dévoiler les détails de l’« opération » en cours.

« Enfer » dans le Donbass, Moscou dit avoir presque achevé la conquête de Lougansk

Les forces russes accentuent la pression dans le Donbass, dans l’est de l’Ukraine, qu’elles ont transformé en « enfer », a affirmé vendredi le président ukrainien Volodymyr Zelensky, au 86e jour de l’invasion russe.

Les bombardements russes ont fait 12 morts et 40 blessés jeudi à Severodonetsk, dans la région de Lougansk (est), selon le gouverneur local. Il a affirmé que la plupart des tirs avaient touché des immeubles d’habitation, et que le bilan pourrait s’alourdir.

Le ministre russe de la défense a assuré vendredi que la conquête de la région ukrainienne de Lougansk était presque achevée. Severodonetsk et Lyssytchansk constituent la dernière poche de résistance ukrainienne dans la région. Les Russes encerclent ces deux localités, séparées par une rivière, et les bombardent sans relâche.

Le soldat russe jugé pour crime de guerre « pas coupable » selon son avocat

Le soldat russe jugé à Kiev pour crime de guerre en Ukraine « n’est pas coupable », a affirmé son avocat au troisième jour de ce premier procès du genre depuis le début de l’invasion russe dont le verdict sera annoncé lundi 23 mai.

« Compte tenu de toutes les preuves et témoignages, je crois que M. Chichimarine n’est pas coupable du crime dont il est accusé », a plaidé Viktor Ovsiannykov demandant aux juges « d’acquitter (son) client ». « Je suis sincèrement désolé », a dit quelques minutes plus tard le sergent Vadim Chichimarine, 21 ans, qui avait reconnu mercredi avoir tué un civil de 62 ans, le 28 février dans le nord-est de l’Ukraine.

« Je regrette ce que j’ai fait », a ajouté le jeune homme, crâne rasé, depuis sa cage de verre. « J’étais nerveux dans cette situation. Je ne voulais pas tuer ».

Le risque alimentaire

La guerre menace d’aggraver la crise alimentaire mondiale car elle perturbe gravement l’activité agricole et les exportations céréalières de l’Ukraine, pays qui était jusque-là le quatrième exportateur mondial de maïs et en passe de devenir le troisième exportateur de blé.

« Arrêtez de bloquer les ports de la mer Noire ! Autorisez la libre circulation des navires, des trains et des camions transportant de la nourriture hors d’Ukraine », a lancé jeudi soir le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU. L’ambassadeur russe à l’ONU a rétorqué en dénonçant une volonté occidentale « de faire porter le chapeau à la Russie pour tous les problèmes du monde ».

LRM et LRU : le passage de la saturation à la précision

LRM et LRU : le passage de la saturation à la précision

par le Chef de bataillon (TA) Alban Coevoet – Revue militaire général n°58 –

Histoire & stratégie
Saut de ligne
Saut de ligne

Prenant le virage de la précision face au type d’ennemi considéré comme le plus probable à la fin des années 2000, le passage du lance-roquettes multiples (LRM) au lance-roquette unitaire (LRU) a su intégrer l’évolution de la conflictualité et les nouveaux impératifs associés. La perspective d’un retour à la haute intensité face à un ennemi « à parité » interroge pourtant sur la nécessité de retrouver une capacité de saturation du champ de bataille. Pour compenser la perte de volume, des solutions technologiques existent, allant de la munition « thermobarique » à la munition « rodeuse », capables de recréer un effet de masse. Par l’utilisation de ces moyens innovants, l’artillerie s’inscrit dans une approche plus large combinant effets matériels (destruction, neutralisation) et immatériels (dissuasion, sidération, déception).

La roquette unitaire : contrainte politique et impératif stratégique.

En décembre 2008, la France signait la convention d’Oslo visant à interdire « l’utilisation, la production, le stockage et le transfert de toutes les armes à sous-munitions définies comme telles ». Selon un rapport d’information du Sénat de la même année, la ratification de cette convention devait logiquement entraîner le retrait du système d’arme LRM, ce dernier « ne [paraissant] pas répondre aux hypothèses d’engagement les plus courantes ». Conçu pour disperser à distance d’importantes quantités de grenades sur une force ennemie menant une offensive de grande envergure, ce système fut déclaré non opérationnel à partir du retrait de la roquette M26 décidé par la France en 2008. Selon le même rapport, la fiabilité des sous-munitions incorporées dans les roquettes était jugée notoirement insuffisante. N’explosant pas toutes, il était avéré que ces munitions généralement utilisées pour « saturer » une zone définie occasionnaient de nombreuses victimes post-conflit.

Pour beaucoup, le LRM restait un équipement correspondant typiquement aux scénarios d’emploi de la guerre froide, à savoir l’action face à une attaque massive d’éléments blindés. Dès le mois de mai 2008 lors de la conférence de Dublin, les autorités françaises avaient en réalité déjà annoncé le retrait de ce système d’armes. C’est donc très logiquement que la LPM 2009-2014 confirma le remplacement des roquettes à sous-munitions par des roquettes de précision à charge unitaire. Aux 57 lanceurs LRM devaient succéder ainsi 26 lanceurs à charge unitaire (LRU). Car à l’inverse du LRM, le LRU est destiné à neutraliser des objectifs ponctuels avec des effets collatéraux réduits au maximum. Finalement, c’est un marché de modification de 13 LRM français en LRU qui a été passé en 2011 avec la société Krauss Maffei Wegmann (KMW).

Dans un contexte stratégique marqué par la contre-insurrection (Irak, Afghanistan, BSS), l’impératif de précision semble prévaloir sur tout autre aptitude du tir indirect. Dans des engagements expéditionnaires où nos intérêts vitaux ne sont pas directement menacés, l’un des principaux enjeux politiques pour les démocraties occidentales consiste en effet à convaincre l’opinion du bien-fondé de leur intervention. Coûteuse pour le contribuable, payée au prix du sang, plus que jamais la guerre pour être comprise et acceptée se doit d’être juste et circonscrite au maximum. Dans les années 90, cette pression populaire et médiatique exercée sur les décideurs politiques est à l’origine du mythe de la « guerre propre », de la guerre « zéro mort », laquelle reposerait exclusivement sur des frappes dites « chirurgicales » visant à supprimer tout risque de dommages collatéraux. L’expérience acquise au cours de la réalité des différents engagements que la France a connus depuis, nous permet de très largement relativiser ce concept.

Par ailleurs, la prégnance d’affrontements asymétriques ces dernières années tend à désigner les populations comme centre de gravité de l’adversaire. Elles constituent toujours le refuge à partir duquel les groupes armés tirent leur soutien moral et financier. Dès lors qu’il s’agit de « gagner les cœurs et les esprits », on ne peut raisonnablement obtenir de gain stratégique à travers l’utilisation d’armements qui provoquent des pertes « collatérales » au sein de la population.

“Une vision pour la France de demain : la grande absente du débat présidentiel” : Lettre ASAF du mois de mai 2022

 

Une vision pour la France de demain : la grande absente du débat présidentiel” : Lettre ASAF du mois de mai 2022

 

Le pouvoir d’achat, l’âge de la retraite, le prix de l’énergie et des produits alimentaires, le poids de la fiscalité, certes, voilà des sujets qui intéressent le quotidien des Français. Mais, nous aurions aimé que les candidats à l’élection présidentielle et, en particulier, les deux finalistes, nous parlent aussi de la France et nous décrivent les contours envisagés …

"Une vision pour la France de demain : la grande absente du débat présidentiel" : Lettre ASAF du mois de mai 2022

Le pouvoir d’achat, l’âge de la retraite, le prix de l’énergie et des produits alimentaires, le poids de la fiscalité, certes, voilà des sujets qui intéressent le quotidien des Français. Mais, nous aurions aimé que les candidats à l’élection présidentielle et, en particulier, les deux finalistes, nous parlent aussi de la France et nous décrivent les contours qu’ils envisageaient pour elle à un horizon de cinq, dix ou quinze ans.

Aujourd’hui la France représente moins de 1 % de la population mondiale et moins de 5 % des richesses produites sur la planète. Mais on ne peut résumer le rang d’un pays dans le monde à partir de ces seules données quantitatives. Pour ce qui concerne notre pays, détenteur de l’arme nucléaire et membre permanent du Conseil de sécurité, il pèse plus, aujourd’hui, que le poids de ces simples chiffres. Il est, en réalité, une puissance moyenne ou, plus exactement, une puissance médiane.

En effet, notre pays bénéficie, avec six ou sept autres, du fait de leur poids économique, de leur rayonnement culturel, de leurs capacités militaires ou encore de leur appartenance au G8 ou au Conseil de sécurité, d’un facteur démultiplicateur par rapport à sa puissance stricto sensu. La liste de ces pays pourrait inclure, outre les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Russie, la Chine, le Japon, voire l’Inde. Mais certains d’entre eux pourraient ne pas faire éternellement partie de ce cénacle et nous n’avons pas entendu nos candidats nous proposer les politiques qui nous permettraient de toujours appartenir à ce club restreint à moyen ou long terme.

Les atouts de la France, unanimement reconnus, à quelques exceptions près, par le reste du monde, sont, outre son armement nucléaire, son indépendance, l’influence qu’elle exerce dans un esprit de recherche d’équilibre et l’universalité de son discours qui a la particularité d’être audible par tous. Aucun des candidats à l’élection présidentielle n’a développé les possibilités ouvertes par l’utilisation, à bon escient, de ces outils qui permettent à notre pays de tenir une place singulière dans le monde.

Il est apparu parfois à l’étranger et, en particulier, chez certains de nos partenaires, notamment lorsque le général de Gaulle était président de la République, que la France péchait par excès de prétention. Ce « péché » a toutefois permis à notre pays de se reconstruire tout en se dotant de l’arme nucléaire et de devenir une puissance économique en trente ans (« Les trente glorieuses »). À l’époque du général de Gaulle, ce péché d’orgueil reposait sur un axiome cher à ce dernier qui ne manquait pas de lucidité : « Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ». Cette prise en compte du principe de réalité est en effet un préalable à toute action efficace. Mais aujourd’hui, nous sommes tombés dans l’excès inverse, celui de l’auto-dépréciation qui fait les délices des partisans de la repentance.

Les questions (qui d’ailleurs n’ont pas été posées) et leurs réponses, que les citoyens français soucieux de l’avenir de leur pays et faisant passer l’intérêt général avant les intérêts catégoriels qu’une période électorale a pour naturelle vocation à mettre en exergue, attendaient, sont les suivantes : quels intérêts doit défendre notre pays ? Quelles positions doit-il faire valoir, et quelles valeurs doit-il promouvoir ? Enfin, quels moyens doit-il mettre en œuvre pour y parvenir ?

Ces questions et leurs réponses sont d’autant plus prégnantes qu’une guerre de haute intensité entre deux États à la frontière de l’Europe, que d’aucuns croyaient à jamais éradiquée, a surgi. Dans ce contexte, comment la France qui a toujours plaidé en faveur d’une « Europe puissance », terme qu’elle a inventé, qui ne se limiterait pas à ses seules dimensions économique et commerciale mais manifesterait une véritable volonté politique à peser sur les affaires du monde, compte-t-elle favoriser sa réalisation ?

Dans le domaine de la Défense, nous aurions aimé entendre les prétendants à la fonction suprême de chef des Armées françaises nous livrer leurs intentions quant à un nécessaire véritable réarmement de notre pays exigeant une hausse significative du budget de la Défense à l’instar de ce que nos amis allemands ont décidé dès l’attaque de l’Ukraine par la Russie. De même, nous aurions aimé connaître leur sentiment sur la notion d’Europe de la défense, serpent de mer qui alimente les gazettes spécialisées depuis des lustres. Sont-ils contre ou sont-ils pour et, dans ce cas, jusqu’à quel degré d’intégration ? Considèrent-ils que cette Europe de la défense doit être autonome, non dépendante de l’OTAN, ou, au contraire, qu’elle doit en constituer l’un des deux piliers, l’autre étant américain ?

Une autre question néanmoins plus ou moins connexe se pose : dans quelle mesure les textes et les institutions forgés dans la seconde moitié du XXe siècle et qui furent les conséquences de la Seconde Guerre mondiale sont-ils encore pertinents pour traiter les problèmes du monde d’aujourd’hui ? L’attitude de la Russie démontre, s’il en était besoin, que les imperfections de ces instruments constituent un prétexte pour rejeter le système de sécurité collective existant et ainsi légitimer des logiques de puissance unilatérale. Comment faire en sorte que les seules règles du jeu jusqu’ici communément admises, comme celles de la Charte des Nations unies, demeurent pertinentes et donc respectées ? La question corollaire est celle de l’emploi de la force. Peut-on ou doit-on rejeter toujours l’usage préventif de la force quand il s’agit de protéger des populations dont la survie est menacée ?

Quand un pays victime d’une agression comme l’Ukraine voit ses villes détruites et sa population mourir sous les bombardements, alors il mesure combien les petites querelles politiciennes sur le montant des retraites ou la fiscalité sur le carburant sont dérisoires. « La défense ! C’est la première raison d’être de l’État. Il n’y peut manquer sans se détruire lui-même [1]».

D’une réflexion approfondie sur ces problématiques et alors que les problèmes de sécurité dans le  monde sont graves et que les menaces n’ont jamais été si pressantes, la campagne présidentielle a été privée. Une élection présidentielle devrait être pourtant un moment de réflexion collective face à la complexité croissante du monde et portant sur la cohérence et l’efficacité de nos outils. Au contraire, celle que nous venons de vivre a donné le sentiment que, frappés par l’accélération de l’Histoire, les candidats étaient démunis et que les événements semblaient leur échapper.

Pourtant, aujourd’hui plus que jamais, nous devons nous souvenir que rien ne nous est dû et que  notre place  dans le monde sera de plus en plus fonction de ce que nous ferons, de ce que nous serons et de moins en moins de ce que nous sommes.

 

[1] Charles de Gaulle – Deuxième discours de Bayeux-1952. 

 

La RÉDACTION de l’ASAF
www.asafrance.fr

La base aérienne d’Orange-Caritat gagne une escadre avant de perdre provisoirement un escadron

La base aérienne d’Orange-Caritat gagne une escadre avant de perdre provisoirement un escadron

 

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Cela étant, cet escadron devrait rapidement revenir dans l’ordre de bataille de l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE] une fois que sa transformation sur Rafale C sera effective. C’est à dire, au plus tard, en 2024. D’ici là, et si les plans sont maintenus, d’importants travaux d’infrastructure devront être effectués sur la BA 115.

Si celle-ci va perdre un escadron, elle vient de gagner une escadre. Via les réseaux sociaux, le Commandement des forces aériennes [CFA] a en effet annoncé que la 65e Escadre d’hélicoptères venait d’y être réactivée, après un sommeil de 67 ans…

En effet, créée le 1er juillet 1954 à Saïgon à partir de deux unités engagées à Dien Bien Phu et relevant des escadrilles de liaison aérienne 52 et 53, la 65e escadre mixte d’hélicoptères aura connu une existence brève puisqu’elle fut dissoute le 30 septembre 1955, une fois la guerre d’Indochine terminée. Ayant compté des militaires de l’armée de Terre dans ses rangs, elle était dotée d’hélicoptères légers [Hiller H-23] et moyens [Sikorzky S-55].

Dans le détail, cette 65e escadre chapeaute l’Escadron d’hélicoptères [EH] 1/65 Alpilles [ex-5/67], doté de Fennec, l’Escadron de transformation opérationnelle « hélicoptères légers » et de l’Escadron des services techniques et aéronautiques.

L »une des tâches de la 65e Escadre d’hélicoptères sera de préparer l’arrivée du H160 Guépard, dont 40 exemplaires [sur les 169 commandés] seront destinés à l’AAE.

« Les conflits modernes imposeront une grande capacité d’adaptation des systèmes d’armes et une réactivité accrue des équipages », a souligné, à ce sujet, le général Fabrice Feola, le commandant de la Brigade aérienne d’appui et de projection [BAAP], lors d’un séminaire organisé sur la BA 115 sur l’avenir de la composante « hélicoptère » au sein de l’AAE. « Deux capacités majeures seront développées et appuyées dans le parcours de formation: la connectivité et l’interopérabilité. Le H160 Guépard permettra aux équipages d’évoluer en opérations dans des environnements aériens complexes », a-t-il ajouté.

À noter que, dans le cadre de son plan « Altaïr », l’AAE a l’intention de transférer à Orange sa Brigade Brigade des Forces spéciales Air, qui y rejoindra ainsi le Commando Parachutiste de l’Air [CPA] 20 et le Centre de préparation opérationnelle du combattant de l’armée de l’Air [CPOCAA].