L’Inspection générale de la Gendarmerie au rapport

L’Inspection générale de la Gendarmerie au rapport

Le général de corps d’armée Alain Pidoux, son chef depuis un an, a présenté ce jeudi le rapport 2020 de l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale. C’est la deuxième année que ce rapport est rendu public. L’IGGN qui doit encore monter en puissance, surtout gagner des effectifs d’enquêteurs, pour faire face aux saisines des magistrats a notamment renforcé son maillage territorial par la création de trois nouvelles antennes déconcentrées (ADIGGN), à Rennes, Lille et Metz.

En préambule du rapport mis en ligne ce jeudi, le général Pidoux rappelle que le “métier de Gendarme, exigeant par nature, impose le respect des valeurs déontologiques qui figurent dans le code de la sécurité intérieure et que garante du respect de ces valeurs, l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) veille, par son positionnement hors hiérarchie, à la bonne marche des unités”.

“Le Gendarme a besoin de directives claires mais aussi de repères solides pour exercer au mieux ses missions, la déontologie guide ainsi son action quotidienne au service du public mais aussi dans ses relations étroites avec ses camarades” dit encore le chef de l’IGGN en estimant que “la hiérarchie qui est constamment présente pour que chacun garde le cap face à l’adversité doit aussi donner du sens, prendre du recul, résoudre les difficultés et soutenir le groupe pour en obtenir le meilleur au bénéfice du bien commun.

Objectifs tenus malgré la crise sanitaire

Concernant le bilan de l’année 2020, malgré la crise sanitaire, l’IGGN qui a poursuivi sa montée en puissance avec la création des trois antennes déconcentrées supplémentaires à Rennes, Lille et Metz est parvenue explique le chef de l’IGGN “à tenir ses objectifs, tout en développant de nouvelles initiatives.

Ainsi l’écoute active interne (Stop-Discri) et externe (signalements des particuliers) s’est maintenue à son niveau nominal et les enquêtes internes, administratives et judiciaires, ont pu se poursuivre grâce à l’usage accru de l’audition à distance.

Par ailleurs, le programme d’audit, respecté dans l’ensemble, a été adapté pour se réorienter vers davantage d’accompagnement à distance par visio-conférence.

L’IGGN qui a aussi formalisé les concepts de “déconfliction” et d’“audit flash” a également accru son ouverture vers l’extérieur “pour afficher la transparence et l’objectivité de son action”.

Aucune observation des magistrats et du Défenseur des droits

L’IGGN peut mettre en avant le satisfecit que lui accordent “les magistrats qui garantissent les libertés publiques” et le Défenseur des droits puisque ceux-ci “n’ont formulé aucune observation quant au travail de l’IGGN qu’ils sont chargés de contrôler.”

De même, ajoute l’IGGN, le GRECO, instance du Conseil de l’Europe, a évalué la Gendarmerie sur la question de l’intégrité de ses personnels et n’a eu que des recommandations mineures à formuler.

Le projet IGGN 20-24, appelé ainsi pour être en cohérence avec le projet GEND 20-24 du DGGN, “ambitionne pour 2021 de poursuivre et d’amplifier cet élan pour but de garantir l’excellence de engagement de l’IGGN et de lui obtenir des moyens supplémentaires pour répondre aux sollicitations croissantes” commente Alain Pidoux.

Ce dernier estime “qu’il convient aussi d’aller au-delà des missions d’audit et de contrôle pour promouvoir une démarche pédagogique structurée en matière de déontologie.”

Enfin, à la rentrée de septembre, le Beauvau de la sécurité consacré au contrôle interne est une étape importante pour l’IGGN. Ses conclusions sont très attendues par la Gendarmerie.

Trois chantiers majeurs en 2020

En conclusion du rapport, l’IGGN détaille les trois chantiers majeurs engagés en 2020 et qui aboutiront en 2021.

1 : élaborer un plan d’actions visant à maîtriser les risques déontologiques, après étude et cartographie des risques identifiés.

La cartographie des risques déontologiques portée, par le chef de l’IGGN, représente un volet thématique et transversal de la cartographie des risques de la Gendarmerie.

Au final, ce sont 20 risques déontologiques qui ont été identifiés et hiérarchisés. Le prolongement opérationnel à cette cartographie est un plan de maîtrise destiné à “réduire la surface des risques rencontrés”.

2 : mettre en place une gouvernance stratégique numérique en Gendarmerie et garantir la protection des données.

Dans le contexte d’investissement massif de la Gendarmerie dans le numérique, la gestion des données devient un objectif stratégique et la préparation aux crises numériques, un impératif estime l’IGGN. Ainsi, la Gendarmerie met en place une véritable gouvernance des données pour mieux prendre en compte la sensibilité de leur traitement et l’augmentation de leur volume d’échange. Cette organisation vise à valoriser les données partagées, à la hauteur des enjeux et dans le strict respect des lois et règlements, en s’assurant de la résilience des mesures de protection. Dans cette perspective, une réflexion est en cours au sein de la gendarmerie pour définir l’architecture de la future structure appelée à assurer la protection des données en gendarmerie. L’IGGN aura vocation à auditer l’efficience de cette structure.

3: mettre en place une structure à compétence nationale pour animer la fonction sûreté sous l’égide de l’IGGN

Dans un contexte de crise régulière et de forte adversité, la Gendarmerie réaffirme l’impératif de protéger ses intérêts humains et physiques et adapte sa posture aux circonstances. Depuis plusieurs années, elle a consenti des efforts conséquents notamment pour renforcer la protection de ses personnels et la sûreté de ses emprises. En août 2018, la désignation d’un coordonnateur national de la protection a permis de confirmer la pertinence des premières mesures prises et de les prolonger. Enfin, en décembre 2020, il a été décidé de créer une structure spécifique en vue d’institutionnaliser la fonction de “protection”. Organe d’animation à compétence nationale, cette structure aura vocation à mobiliser l’expertise nécessaire en liaison avec tous les acteurs concernés et de servir de référent unique, tant en interne que vis-à-vis des interlocuteurs externes. Selon les circonstances, elle sera notamment amenée à exercer les fonctions de conseil et d’expertise au profit du directeur général ; conduire des missions d’évaluation ou y participer; viser les projets de textes normatifs rédigés en matière de sûreté par la Direction générale ou en proposer la rédaction de nouveaux.

Actuellement en phase de préfiguration, l’entité devrait être créée à l’été 2021 et rattachée à l’IGGN.

Les réclamations de particuliers en hausse

Concernant le bilan proprement dit, le rapport de l’IGGN est très riche et ne recense pas que les manquements des Gendarmes mais comptabilise aussi les blessures en service, qu’elles soient accidentelles ou volontaires. Les audits ce sont aussi les conditions d’accueil des brigades et des évacuations inopinées d’unités.

68 saisines de l’autorité judiciaire

En matière d’enquêtes internes (Division des enquêtes internes) :

• Le bureau des enquêtes judiciaires (BEJ) a reçu 68 saisines de l’autorité judiciaire contre 63 en 2019, ce qui constitue une hausse non négligeable. Elles concernent quatre grandes familles d’infractions précise le général Thierry Caer, chef de la division des enquêtes internes.

1 (un tiers des saisines) : les violences commises en mission contre des tiers (usage des armes ou de techniques de maîtrise sans arme de l’adversaire, accidents graves ou mortels de la circulation, etc) dont la victime est extérieure à l’Arme, qu’elles soient commises au maintien de l’ordre ou non.

2 : les infractions liées au fonctionnement des unités (harcèlement moral et violences sexuelles, certaines atteintes à la probité, etc). Un nombre substantiel d’enquêtes concerne des suspicions de harcèlement et parfois de violences sexuelles commis au sein des unités. (Les Gendarmes adjoints volontaires et les jeunes Gendarmes féminins apparaissent au fil des enquêtes comme les principales victimes.

3 : les infractions commises dans la sphère privée (violences intra-familiales, violences sexuelles, consultations illicites de fichiers à des fins privées, malversations, etc). A cet égard, uncertain nombre d’affaires révèlent des mésusages du fichier des permis de conduire pourconsulter le nombre de points de membre de sa famille ou de connaissances, qui résultent del’absence d’un service grand public offrant la possibilité d’une telle consultation.

4 : les autres infractions commises à l’occasion de l’exercice de missions de police administrative ou judiciaire (faux en écriture publique et usage, violation du secret professionnel ou de l’enquête).

17 usages mortels d’armes à feu de 2017 à 2020

Le bureau des enquêtes judiciaires a procédé à un focus sur les usages des armes mortels de 2017 à 2020 dont celui effectué par une antenne du GIGN dans le cadre de l’attaque terroriste de Trèbes le24 mars 2018. (pistolet automatique, pistolet mitrailleur et fusil de précision).

Aucune grenade utilisée au maintien de l’ordre, tir au lanceur de balle de défense (LBD) ou au pistolet à impulsion électrique (PIE) n’a cependant eu de conséquence mortelle sur la période étudiée.

De 2017 à 2020, les militaires de la Gendarmerie ont fait mortellement usage de leur arme à 17 reprises, dont 15 pour des tirs volontaires, entraînant la mort de 17 personnes. Il y a en moyenne 4,25 usages des armes mortels par an. Dans plus de la moitié des cas, la personne décédée présente des troubles psychologiques ou psychiatriques relevant dans la majorité des cas de troubles schizophréniques. Le BEJ a enquêté dans 16 cas sur 17 (le 17ème étant celui del’attentat de Trèbes, le 23 mars 2018, enquête non confiée au BEJ).

33 enquêtes administratives conduites

• Le bureau des enquêtes administratives (BEA) et les ADIGGN ont été mandatés pour mener un total de 33 enquêtes administratives contre 24 en 2019.

Concernant la typologie des dossiers en saisine, 75 % portent sur des problèmes comportementaux, comme en 2019. Les saisines 2020 se sont réparties de la manière suivante :

10 enquêtes pour des suspicions de harcèlement moral au travail, de propos et comportements inadaptés dénoncés par signalements “Stop-Discri” ou par l’intermédiaire de la hiérarchie.

Dénonciations infondées dans 5 dossiers

A noter qu’au terme des investigations, les dénonciations se sont avérées infondées dans 5 dossiers et qu’elles ne l’étaient que partiellement dans les 2 autres cas. Une seule enquête a confirmé une attitude inadaptée d’un commandant de compagnie, sans toutefois permettre d’objectiver un harcèlement

3 enquêtes ont concerné de possibles fautes professionnelles et manquements déontologiques dans l’exercice des fonctions. L’une d’entre elles, portant sur le recrutement d’un candidat dans la réserve opérationnelle, a été classifiée “confidentiel défense” ; les suspicions ayant justifié l’engagement du BEA n’ont en l’espèce pas été confirmées. Dans un autre cas, les fautes ont été confirmées et dans le dernier cas les investigations font apparaître un défaut d’exemplarité et un manque de transparence de la part d’officiers en responsabilité.

• 1783 réclamations de particuliers ont été adressées à l’IGGN (signalements externes) pour plus de 2 millions d’interventions soit une augmentation de 23 % en un an (1444 réclamations en 2019). Au final, environ 10 % révèlent effectivement des manquements déontologiques ;

• 242 signalements (signalements internes) ont été effectués auprès de la plateforme Stop discri de l’IGGN contre 202 en 2019, pour des situations potentielles de harcèlement moral au travail, harcèlement sexuel, agissements sexistes, discriminations et violences.

2277 sanctions prononcées

2277 sanctions ont été prononcées en 2020. Les “manquements” les plus sanctionnés sont la manière de servir (438), les infractions au règlement (371), les ivresses (222), les fautes de comportement (201) puis les insultes ou insolences (151) et la sécurité de l’armement (138). Les usages ou détention de stupéfiants sont rarissimes (7) tout comme les “relations ayant provoqué un scandale » avec 4 cas.

A noter aucune absence injustifiée ni désertion.

Le détail des sanctions

2239 du groupe I dont 120 avertissements, 1795 arrêts et 50 blâmes du ministre.

11 du groupe II dont 8 exclusions temporaires de fonction et 3 radiations du tableau d’avancement.

27 du groupe III dont 8 retraits d’emploi, 15 radiations des cadres, et 4 résiliations de contrat d’engagement.

7 procédures de déconflixion

En vue de prévenir les conflits profonds et durables au sein des unités, l’IGGN a également mis au point une modalité sui generis de résolution des différends interpersonnels : la “déconfliction”. Ce nouveau mode de règlement des conflits peut être mis en œuvre en amont d’une saisine de la plateforme Stop-discri. Ainsi, en 2020, les ADIGGN ont mis en œuvre 7 procédures de déconfliction ;

• L’IGGN a été destinataire de 17 nouvelles saisines du Défenseur des droits dont 14 en matière de déontologie de la sécurité et 3 en matière de lutte contre les discriminations et promotion de l’égalité

• Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté a procédé à la visite de 9 unités de gendarmerie afin de s’assurer de la conformité des conditions de garde à vue.

337 unités de Gendarmerie évaluées inopinément

En matière d’audits et d’inspections (Division des audits, inspections et études et Division des audits et expertises techniques) :

• 27 audits et études réalisés ;

• 337 unités de gendarmerie départementale ont vu les conditions d’accueil qu’elles réservaient à nos concitoyens faire l’objet d’une évaluation inopinée sur site par des contrôleurs mandatés par l’IGGN ;

• 387 unités de gendarmerie départementale ont également fait l’objet d’une évaluation inopinée quant à leurs conditions de garde à vue, par des contrôleurs mandatés par l’IGGN ;

• Des audits ont été réalisés, parfois conjointement avec d’autres inspections (co-saisines par exemple avec IGA, IGPN, IGF, IGJ), sur instruction du ministre de l’Intérieur ou du DGGN). Ils portaient sur l’adéquation de la répartition des effectifs Police-Gendarmerie aux besoins des territoires, les homicides conjugaux en ZGN (volet intégré aux différents travaux réalisés au niveau interministériel dans le cadre du Grenelle sur les violences intrafamiliales)… etc ;

Une quatrième division

• L’année 2020, a également été l’occasion de faire évoluer la fonction audit, par la création d’une quatrième division au sein de l’IGGN, la Division des audits et expertises techniques, composée d’experts dans leurs domaines. Ainsi, des audits techniques ont été menés dans différents domaines : soutien administratif, logistique, financier, santé et sécurité au travail, sécurité des systèmes d’information et protection des données. C’est le général de division Philippe Guichard qui est à la tête de cette division.

Les agressions contre les Gendarmes en hausse de 23% mais blessures en baisse

Le bilan statistique annuel 2020 en matière de militaires de la Gendarmerie victimes dans l’exercice de leurs fonctions s’établit comme suit :

7 militaires sont décédés dans l’exercice de leurs fonctions.

Le volume des agressions au 31 décembre 2020 est en forte hausse, de plus de 23 %, en comparaison avec l’année 2019 sur la même période (4479 en 2020 contre 3631 en 2019).

Le volume des demandes de protection fonctionnelle est en hausse également de plus de 5 % (4816 en 2020 contre 4548 en 2019).

Le volume global du nombre de blessés est en baisse de plus de 20 % par rapport à 2019 (6553 blessés en 2020 contre 8230 en 2019). Cette baisse s’explique notamment par les effets dus au confinement.

S’agissant des blessés en mission, le volume au 31 décembre 2020 est en baisse, de 14 % en comparaison avec l’année 2019 (3284 en 2020 contre 3818 en 2019). Le nombre de blessés par agression diminue (2144 en 2020 contre 2309 en 2019) et le nombre de blessés par arme diminue légèrement (665 en 2020 contre 687 en 2019).

S’agissant des blessés en service, le volume des blessés en service, notamment pour les accidents de sport et EPMS/IP, est en forte baisse de près de 26 % (3269 blessés en 2020 contre 4412 blessés en 2019 à la même période).

S’agissant plus précisément des blessés accidents corporels de la circulation routière (ACCR), leur nombre , que ce soit en service ou en mission, reste stable (342 en 2020 contre 338 en 2019).

Une expertise à la réflexion au profit de la DGGN

Avec sa connaissance fine et précise de la Gendarmerie, de son organisation et de ses modes d’action acquise au fil des audits, l’IGGN peut aussi éclairer le DGGN sur des sujets divers.

Ainsi, au-delà des mandats d’audits qu’elle reçoit, l’IGGN bénéficie également d’un pouvoir d’initiative qui lui permet d’engager des réflexions juridiques ou prospectives à l’attention de la haute hiérarchie de la Gendarmerie, “qui conserve toute latitude pour les exploiter” précise l’IGGN.

Une étude sur la brigade du futur

Ainsi, en 2020, l’IGGN a “planché » sur différents sujets comme la brigade du futur en réalisant une étude de ce que pourrait être la brigade de Gendarmerie en 2030 dans un environnement en constante mutation, au sein duquel elle devra conserver les fondamentaux de ses missions de sécurité publique, tout en intégrant les nouvelles évolutions technologiques et numériques. Le modèle proposé vise à travailler plus efficacement tout en conservant pour nos concitoyens une offre de sécurité et de proximité sur-mesure et en adoptant les principes de modularité et de flexibilité qui découlent de l’intelligence territoriale.

Les autres sujets sont :

  • Une étude sur le contrôle en Gendarmerie : le gendarme dispose en effet de prérogatives exorbitantes du droit commun qui lui permettent, si nécessaire, de faire usage de la force. Son action isolée ou en formation constituée fait déjà l’objet d’un contrôle interne et externe, assumé, transparent, attentif, permanent, partagé et redondant. Pour autant, ce contrôle est régulièrement sujet à critiques publiques, largement relayées par les médias, ce qui nécessite de le faire évoluer. Des propositions ont donc été formulées en ce sens par l’IGGN.
  • Une étude sur les dysfonctionnements internes : elle a pour but d’identifier les principaux manquements qui peuvent provoquer des dysfonctionnements internes dans les unités mais surtout fragiliser le lien de confiance avec la population. Cette étude permettra d’élaborer en 2021 une cartographie des risques déontologiques qui a vocation à se traduire par un plan d’action. Parmi les principaux risques ainsi identifiés figurent l’atteinte à la réputation et à l’image de la Gendarmerie, le manquement au besoin et au droit d’en connaître et le comportement discourtois, irrespectueux ou indigne envers la population.
  • Une étude relative au pilotage stratégique de la donnée : la Gendarmerie n’est pas à l’abri d’une crise numérique malgré toutes les précautions qu’elle prend pour sécuriser ses nombreux systèmes d’information dont la plupart contiennent des données sensibles. Des propositions ont ainsi été formulées pour adopter une stratégie robuste et incontestée, garantissant à la fois sécurité informatique et sécurité juridique.Une évaluation du soutien logistique de crise : en 2020, la crise sanitaire liée au COVID 19 a fortement mis à contribution les chaînes de soutien logistique.

Les innovations militaires à l’époque de la guerre de 1870

Les innovations militaires à l’époque de la guerre de 1870

 

Publié par Michel Goya La voie de l’épée – le 17/07/2021

https://lavoiedelepee.blogspot.com/


La guerre de 1870 survient au début d’une révolution militaire qui s’étend du milieu des années 1840 à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et qui voit la manière de combattre se transformer radicalement sous les poussées successives de plusieurs groupes d’innovations. De manière complètement inédite, le changement permanent devient alors un paramètre que les militaires doivent prendre en compte absolument. Jusqu’au début de la Révolution industrielle, on pouvait faire toute une carrière sans se remettre en question. C’est désormais impossible. Toutes les armées occidentales sont désormais soumises à des turbulences. Certaines les appréhendent mieux que d’autres et leur affrontement, comme celui de 1870 entre la France et la confédération allemande, est toujours un terrible révélateur des efforts d’adaptation réalisés par les uns et les autres.

La révolution du fusil et ses conséquences

Jusqu’aux années 1840, l’espace de combat dans lequel les forces terrestres s’affrontaient est toujours resté très étroit du fait de la faible portée des armes, mais aussi de la faible mobilité des troupes, limitée à la marche ou au transport à cheval, ainsi que de la lente transmission des informations.

Pourvu qu’il soit bien placé, le chef d’armée peut alors savoir où est l’ennemi et même le voir avant de subir les effets de ses armes. Il est donc presque toujours possible de manœuvrer et de s’organiser avant le combat dans un « rayon de commandement » de quelques kilomètres. C’est ainsi que l’on retrouve la Grande Armée le 18 juin 1815 à Waterloo avec six corps d’armée mis en place dans un rectangle de trois kilomètres de front et deux kilomètres de profondeur.

Tout bascule lorsqu’on commence à concevoir des fusils qui associe un canon à âme rayée, qui fait tourner la balle et lui donne une plus grande portée pratique, et un armement par la culasse avec des cartouches complètes. Cela paraît anodin, mais cela change tout. En 1815, un bataillon d’infanterie pouvait tirer en une minute près de 2 000 coups à une portée pratique 100 mètres. En 1850, le même bataillon équipé du fusil prussien Dreyse peut en envoyer 4 000 à 400 m.

Comme parallèlement à cette augmentation de puissance de feu on continue à se déplacer à pied ou à cheval, aborder l’ennemi impose de franchir un mur de milliers de projectiles de plus en plus dense et profond. En 1815, on s’approchait, on tirait et puis on pouvait aborder l’ennemi en subissant au maximum un tir de sa part. Face aux nouveaux fusils, il faut faire face à huit tirs successifs avant d’arriver au contact de la ligne ennemie, ce qui est évidemment une autre affaire. À cheval il ne faudra peut-être faire face qu’à quatre tirs, mais comme on constitue une cible beaucoup plus importante qu’un fantassin, le défi est encore plus rédhibitoire.

Certains vont considérer que pour aborder l’ennemi, il suffira de rester groupé et d’aller plus vite. C’est en partie l’origine du « pas chasseur » plus rapide que les autres ou de l’habitude des Bersagliers de défiler en courant. Les balles persistant à aller beaucoup plus vite que les hommes, c’est une approche qui trouve vite des limites. D’autres estiment qu’il faut s’avancer dispersé en tirailleurs afin de mieux échapper aux feux et de soi-même mieux tirer, mais on s’aperçoit que les soldats échappent alors rapidement au contrôle des officiers et qu’on n’arrive jamais au contact de l’ennemi de cette façon. Ce problème tactique ne trouvera de solution que pendant la Première Guerre mondiale.

En attendant, on se trouve dans toutes les armées dans une position où il devient très difficile d’aborder l’ennemi. Il est donc encore plus difficile de percer son dispositif et de le disloquer. Or, sans dislocation, il n’y a pas de résultat décisif mettant fin au combat, mais une usure des deux camps. L’attaque de flanc sur le plateau de Pratzen à Austerlitz en 1805 ou la charge de la colonne Mac Donald à Wagram en 1809 deviennent des souvenirs. L’infanterie française parvient bien à percer le centre autrichien à Solférino, en 1859, mais elle ne réussit que parce que l’infanterie autrichienne n’est pas encore équipée de ce qui se fait de mieux. Lorsque les Autrichiens tentent d’imiter les Français à Sadowa en 1866, ils se font massacrer par les Prussiens. Et avec le fusil Chassepot adopté à la même époque, les fantassins français sont encore mieux armés que les Prussiens.

Devant une telle augmentation de la puissance de feu, il n’est plus besoin, ni même souhaitable de conserver les mêmes densités de troupes que sous la période napoléonienne, sous peine là encore de massacres comme lors de la bataille de Shiloh aux États-Unis en 1862 où plus de soldats américains tombent en deux jours que pendant toute la guerre de 1812-1814 contre l’Angleterre. La dispersion et l’adaptation au terrain s’imposent. Là où on met six corps d’armée à Waterloo, il n’y en plus qu’un seul en 1870.

Dans le même temps, le nombre des unités de combat ne cesse d’augmenter grâce à la démographie, la conscription généralisée et la capacité de soutien des économies industrialisées. L’armée prussienne mobilisée en 1870 est trois fois plus importante que celle de 1815. La combinaison de la moindre densité des forces sur le front et de l’augmentation du nombre d’unités entraine mécaniquement une augmentation de la largeur des fronts. Cette extension est d’autant plus importante que l’on a de plus en plus tendance à ne plus distribuer les forces en profondeur pour essayer de percer le front ennemi, mais plutôt latéralement pour essayer de le contourner. On aboutit ainsi à une dilatation des espaces de batailles. Une campagne moyenne ne se déroule plus avec une armée de 100 000 hommes finissant pas se regrouper dans un carré de 10 km2 pour combattre, mais avec deux à quatre armées qui forment chacune un rectangle de 100 km2 au contact de l’ennemi. Lorsque de tels rectangles opposés se rencontrent sans pouvoir se disloquer, il est également difficile d’obtenir une décision dans une seule journée. Les batailles tendent donc aussi à s’étendre sur plusieurs jours.

Cette dilatation de l’espace-temps pose de nouveaux problèmes de commandement. Grâce au chemin de fer et au télégraphe cela se passe plutôt mieux qu’avant au niveau opérationnel. Il est plus facile de mouvoir ces armées de manœuvre que les corps d’armée de Napoléon, mais seulement avant la rencontre avec l’ennemi. Dès qu’il y a contact en revanche, les choses sont plus compliquées. Il est désormais beaucoup plus difficile, sinon impossible pour le chef de voir l’ennemi avant de se faire tirer dessus et les combats débutent souvent dès qu’une partie des troupes rencontre l’ennemi. L’agencement des forces se fait dans l’action et non plus avant, alors que la circulation de l’information repose toujours sur la vitesse du messager à cheval ou à pied sous le feu de l’ennemi.

Les dispositifs dilatés avec des forces plus dispersés et des fantassins qui peuvent tirer à distance à genoux ou couchés deviennent moins visibles. Les comptes rendus qui remontent jusqu’au commandant d’armée désormais plus en arrière de la ligne de contact sont lents et imparfaits. La prise de décision est difficile et les ordres descendants tout aussi lents. Pour pouvoir fonctionner quand même efficacement, il n’est guère d’autre solution que de redistribuer le commandement et décentraliser la conception des ordres de manœuvre. Cela suppose de surmonter des réticences internes à ce qui s’apparente à des pertes de pouvoir. Cela induit aussi un effort proportionnel et donc considérable de formation des cadres jusqu’au plus petit échelon.

En résumé, en juillet 1870 lorsque la France et la coalition allemande entrent en guerre, l’art de la guerre consiste à être capable d’organiser et de faire manœuvrer ensemble plusieurs armées de 100/150 000 hommes face à des armées équivalentes qu’il va falloir non pas détruire par dislocation mais étouffer par encerclement. Très clairement, une des deux armées y est mieux préparée que l’autre.

La guerre comme révélateur de problèmes non résolus

 

Avant même de tirer un coup de feu, la première bataille, celle de la mobilisation des forces est gagnée par la Prusse et ses alliés. Dans cette guerre industrielle de masse, la majorité des forces sont des forces mobilisées et non permanentes, et celui qui termine le premier sa mobilisation a l’initiative des opérations. C’est un phénomène assez nouveau que maitrise parfaitement la Prusse. Le Grand État-major prussien et le corps d’état-major est en effet d’abord un organe de mobilisation et de gestion des forces. C’est la première technostructure moderne.

La France découvre de son côté que la mobilisation ne s’improvise pas. L’intendance, qui est dotée d’une organisation distincte de celle des forces de combat, est saturée et les axes de communications, principalement les voies ferrées, sont bouchés. Les régiments français partent à la frontière sans attendre leurs réservistes, il est vrai beaucoup moins nombreux que les Allemands. Au total, la France ne réunit que 350 000 hommes au total, pour la plupart en cours de réunion dans deux armées, d’Alsace et de Lorraine, de part et d’autre des Vosges avec 7 corps d’armée. En face, Prussiens et autres Allemands, réunissent 550 000 hommes en première ligne et 400 000 en deuxième échelon dans la Landwehr. L’ensemble, certes plus hétérogène puisqu’il intègre plusieurs armées nationales, forme 15 corps d’armée. La plupart sont réunis au sein de trois armées placées à l’ouest du Rhin au plus près de la frontière.

Les Français découvrent ensuite qu’ils sont incapables de manœuvrer ces grandes forces avec la même souplesse que les Prussiens. Contrairement à ces derniers, et à l’exception de la Garde impériale qui avait une structure de commandement permanente, tous les états-majors de divisions, de corps d’armée et des armées de Mac Mahon en Alsace et Bazaine en Lorraine sont constitués pendant la mobilisation.

Au niveau le plus élevé, les deux maréchaux français se jalousent, coopèrent mal et sont peu disciplinés, tout le contraire des commandants d’armées prussiennes. Les officiers français ont tous ou presque une expérience du combat, en Algérie, Italie ou ailleurs, mais pas du tout l’habitude de manœuvrer à une telle échelle. Les officiers d’état-major prussien ont peut-être peu fait la guerre, mais ils ont fait l’école de guerre, la Kriegsakademie. Ils sont bien formés, s’appuient tous sur une doctrine commune et se connaissent suffisamment pour savoir ce que va faire le voisin et comment se coordonner avec lui. À l’intérieur des rectangles de 100 km2 des armées prussiennes, on se meut donc beaucoup plus rapidement qu’à l’intérieur des armées françaises. On s’y meut d’autant plus rapidement, et notamment face à l’ennemi, que les Prussiens ont su transformer leur cavalerie en organe de reconnaissance, là où les Français, malgré les enseignements de tous les conflits récents, ont conservé une cavalerie de choc et rupture qui bien sûr se brise inutilement sur les feux modernes. Il y 65 régiments de cavalerie français au début de la guerre, ils ne sont plus que 11 le 1er septembre. Pendant tout ce temps, les corps d’armée français auront été myopes et ne cesseront de se faire surprendre.

Aussi n’est-il guère étonnant que la rencontre des Français avec les trois armées ennemies sur la frontière se passe mal pour eux. Sur les deux points de contact, le scénario est le même. Deux corps d’armée ennemis se rencontrent et se stoppent. Les Allemands, mieux renseignés et plus entreprenants, s’efforcent ensuite de contourner les Français, qui finissent par se replier sans avoir été renforcés à temps. Il n’y a pas de dislocation, mais une série de combats indécis et meurtriers d’une dizaine d’heures sur plusieurs points qui aboutissent à des reculs sous la pression.

La 3e armée allemande pénètre le 4 août à Wissembourg dans le Bas-Rhin et repousse ainsi l’armée de Mac Mahon, le 6, à Frœschwiller-Wœrth. Mac Mahon conserve encore suffisamment de liberté d’action pour se replier sur Chalons. Il n’en est pas de même plus au nord où les 1re et 2e armées allemandes recherchent le contact avec l’armée Bazaine qui, refusant de se replier sur Chalons, a placé ses corps d’armée en position défensive. Le terrain de ces positions aurait pu être préparé si on avait un peu étudié les combats en Virginie en 1864-1865, mais on se contente de faire confiance à la puissance de feu du Chassepot. Le Chassepot fait effectivement des ravages et les pertes prussiennes sont parfois terribles, comme à Saint-Privat ou un tiers de la Garde prussienne est fauché. Les Français sont aussi les seuls à utiliser des mitrailleuses. Le problème est que les artilleurs qui ont la responsabilité de ces armes n’ont pas eu le temps de se les approprier. Ils les utilisent donc comme des canons, en batterie, à découvert et souvent trop loin de l’ennemi. C’est parfois très meurtrier, mais cela a peu d’influence sur les évènements.

Grâce à leur culture du retour d’expérience les Prussiens s’adaptent. Ils allègent leur dispositif au contact, où on ne combat plus effectivement qu’avec une seule ligne de tirailleurs. Surtout, ils font appel aux canons Krupp en acier, l’équivalent dans l’artillerie des fusils à âme rayée armés par la culasse. L’artillerie prussienne fait des ravages sur les dispositifs statiques français. Après trois combats du 14 au 18 août autour de Metz qui sont autant de poussées, les armées allemandes finissent par bloquer l’armée de Bazaine dans la ville. C’est le premier encerclement d’armée réussie, même s’il n’aboutit pas sur une reddition immédiate.

Pendant ce temps, l’armée de Mac Mahon, rejoint par Napoléon III qui prend le commandement fait mouvement vers Sedan. Le 24 août, apprenant la nouvelle, Moltke fait basculer l’axe des progressions de ses armées de Paris vers Sedan. Le centre de gravité, pour employer un terme clausewitzien, n’est pas la capitale mais l’armée ennemie et son chef, le dernier chef d’État français à conduire une armée sur le champ de bataille. Il suffit de cinq jours pour que les 3e et la nouvelle 4e armée formée en cours d’action avec des éléments des 1re et 2e, soit 250 000 hommes au total, pivotent complètement sur un front de 90 km. Les commandants d’armées et les chefs d’état-major prussiens, tous nourris à la même doctrine, avaient en réalité tous anticipé ce changement de cap.

Le 31 août, huit corps d’armée allemands sont déployés sur 17 km autour d’un adversaire immobile à Sedan coincé dans un triangle de 4 km de côté. Le 2 septembre, Napoléon III et l’armée de Mac Mahon sont obligés de capituler. Il aura donc suffi d’un mois de combat pour écraser l’armée qui était alors considérée comme la plus puissante du monde.

Cela avait suffi en 1866 à vaincre l’empire autrichien qui dès le lendemain du désastre de Sadowa avait demandé à négocier la paix. Ce n’est pas le cas en France, où la capture du Napoléon III est l’occasion d’un changement de régime qui décide de poursuivre la guerre. Le gouvernement de Défense nationale parvient même dans l’improvisation la plus totale et la ferveur patriotique à mobiliser 600 000 hommes et à former trois nouvelles armées. On voit également apparaître des francs-tireurs qui harcèlent l’ennemi. C’est une grande surprise pour les Prussiens qui redoutent le spectre de la guerre révolutionnaire et populaire.

Étonnamment, là où l’armée impériale avait tenu un mois, ces nouvelles armées françaises improvisées résistent cinq fois plus longtemps. Il est vrai que de larges forces allemandes sont fixées autour de Belfort, Metz et de Paris, assiégée depuis le 19 septembre, mais d’autres arrivent. À la fin de l’année 1870, il y a un million de soldats allemands en France, un chiffre qui aurait paru incroyable quelques dizaines d’années plus tôt.

Pour autant, aucune des trois nouvelles armées françaises, du Nord, de l’Est de la Loire, ne subit le sort de celles de Bazaine et de Mac Mahon. La leçon a été apprise et le théâtre des opérations s’étend à presque tout le territoire situé au nord de la Loire et les batailles elles-mêmes, menées par des armées de même volume et recherchant l’enveloppement, se dilatent. La bataille d’anéantissement par encerclement comme à Sadowa ou Sedan devient plus difficile à mener.

On assiste donc plutôt à une succession de batailles indécises au cours desquelles les nouvelles armées françaises, qui imitent les méthodes simplifiées allemandes, sont plus mobiles que les troupes impériales, avec quelques innovations de méthodes comme l’abandon par l’artillerie des fusées à deux durées au profit des obus percutants. Elles sont également — car elles manquent cruellement d’encadrement et de logistique — beaucoup moins solides que les unités impériales et rompent le combat pour des taux de pertes trois fois inférieurs.

La capitulation de Bazaine à Metz fin octobre, soit un mois avant l’épuisement total de ces vivres, constitue le deuxième évènement décisif de la guerre, car il libère de nombreuses forces allemandes. La supériorité ennemie devient écrasante. La place de Paris capitule fin janvier. Le 26 février, les préliminaires de paix sont signés à Versailles. Le traité de paix est signé à Francfort le 18 mai 1871. L’avance prise par les Prussiens dans l’adaptation à la révolution militaire industrielle n’aura jamais pu être rattrapée.

L’armée française forcée de respecter les 35 heures par l’UE: ce qu’il faut comprendre de la polémique

L’armée française forcée de respecter les 35 heures par l’UE: ce qu’il faut comprendre de la polémique


EXPLIQUEZ-NOUS – L’armée française crie au scandale depuis un arrêt de la cour de justice européenne jeudi dernier, qui affirme que les militaires, quand ils ne sont pas en mission, sont des travailleurs comme les autres.

L’agence française de cybersécurité dénonce une attaque informatique « virulente » d’origine chinoise

L’agence française de cybersécurité dénonce une attaque informatique « virulente » d’origine chinoise

http://www.opex360.com/2021/07/22/lagence-francaise-de-cybersecurite-denonce-une-attaque-informatique-virulente-dorigine-chinoise/

Comme annoncé, le budget des Armées en hausse de 1,7 Md€ en 2022

Comme annoncé, le budget des Armées en hausse de 1,7 Md€ en 2022

– Forces Opérations Blog – publié le

Le ministère des Armées sera encore une fois le principal bénéficiaire du prochain exercice budgétaire. Conformément à la loi de programmation militaire 2019-2025, ses crédits augmenteront à nouveau de 1,7 Md€ pour plafonner à 40,9 Md€ en 2022.

Malgré dette publique en forte hausse en raison de la crise sanitaire, le gouvernement n’entend pas revenir sur les dépenses prioritaires dont les moyens ont été consolidés en début de quinquennat. C’est le cas de la mission Défense, tel que promis en janvier dernier par le président de la République Emmanuel Macron.

En tête des renforcements budgétaires avec l’Enseignement scolaire, la mission Défense verra ses crédits progresser de 1,7 Md€. Soit une évolution qui porterait à 8,6 Md€ (+26%) l’effort consenti depuis le début du quinquennat.

Selon le ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance, cela permettra « de financer la poursuite de la réforme du maintien en condition opérationnelle (MCO), de nouveaux programmes d’armement mais aussi l’investissement en faveur de la défense spatiale, de l’innovation et du renseignement ». Et soutiendra également la montée en puissance de la cybersécurité et le renforcement des effectifs.

Restera à obtenir l’aval des parlementaires, pour grande majorité favorable à l’impulsion fixée dans la LPM. Le projet de loi de finances sera débattu dans le courant du mois d’octobre. Son adoption définitive devra intervenir avant la mi-décembre. La trajectoire financière des Armées est a priori consolidée jusqu’en 2023, date à laquelle interviendra une première « marche » majeure de 3 Md€ qui portera l’enveloppe à près de 44 Md€.

Pour la suite, mystère. Il appartiendra à la prochaine équipe gouvernementale de déterminer le cadre pour 2024 et 2025, en tenant compte des conséquences économiques de la crise sanitaire. D’après les dernières prévisions, la croissance s’établirait à +6% en 2021. Le rebond espéré permettrait d’atteindre l’an prochain un niveau d’activité supérieur à celui enregistré en 2019.