La piste d’un sabotage n’est pas exclue pour expliquer les fuites apparues sur les gazoducs NordStream 1 et 2

La piste d’un sabotage n’est pas exclue pour expliquer les fuites apparues sur les gazoducs NordStream 1 et 2

 

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Or, le 26 septembre, une fuite a été décelée sur le NordStream 2. Puis, le lendemain, il est apparu que le NordStream 1 était également touché par deux fuites de gaz. Toutes ont été repérées par les forces armées danoises.

« Nord Stream 1 a deux fuites au nord-est de Bornholm, Nord Stream 2 a une fuite au sud de Dueodde. Les fuites ont été découvertes par l’unité d’intervention d’interception F-16 de la Défense danoise », a en effet indiqué l’état-major des forces armées danoises. Et de préciser que des « bouillonnements allant de 200 à 1’000 mètres de diamètres » ont pu être observés.

L’une des fuites de NordStream 1 a été localisée dans la zone exclusive économique danoises, l’autre dans celle de la Suède. Elles font l’objet de mesures de sécurité, les secteurs où elles ont été découvertes étant désormais interdits à la navigation [dans un rayon de cinq nautiques. De même que leur survol.

Évidemment, le fait que ces fuites soient survenues quasiment au même moment interroge… D’autant plus que le Réseau national sismique suédois a dit avoir enregistré deux explosions sous-marines, « très probablement dues à des détonations », peu avant la détection des fuites des gazoducs Nord Stream 1 et 2.

« Une première émission massive d’énergie d’une magnitude de 1,9 a été enregistrée dans la nuit de dimanche à lundi à 02H03 [00H03 GMT] au sud-est de l’île danoise de Bornholm, puis une autre de magnitude 2,3 à 19H04 [17H04 GMT] lundi soir au nord-est de l’île. […] Nous l’interprétons comme provenant avec la plus grande probabilité d’une forme de détonation », a indiqué Peter Schmidt, de l’Institut sismique suédois. « Avec des émissions d’énergie aussi importantes, il n’y a pas grand chose d’autre qu’une explosion qui peut l’avoir provoqué », a-t-il ajouté.

 

Les observations de ce dernier ont été corroborées par le NORSAR, l’institut indépendant de séismologie norvégien. L’explosion survenue le 26 septembre au soir était « d’importance » et « il est tentant de penser que c’était le fait de quelqu’un qui savait ce qu’il faisait », a estimé Anne Strømmen Lycke, sa directrice.

L’hypothèse d’un acte malveillant a été évoquée par Mette Frederiksen, la cheffe du gouvernement suédois. « Il est difficile d’imaginer que c’est accidentel et un sabotage ne doit pas être exclu », a-t-elle dit, ce 27 septembre.

À Moscou, où l’on n’écarte pas l’hypothèse d’un sabotage, le porte-paole du Kremlin, Dmitri Peskov, a parlé d’une « situation totalement inédite qui nécessite une enquête urgente ». Et d’ajouter : « Nous sommes extrêmement préoccupés par cette nouvelle ».

Les États-Unis, qui ont toujours été vent debout contre la construction de NordStream 2, se sont dits « prêts » à soutenir les Européens. « Cela illustre l’importance de nos efforts conjoints pour trouver des approvisionnements de gaz alternatifs pour l’Europe », a fait valoir un porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.

Si la piste d’un sabotage est avérée, plusieurs questions se posent. Quels moyens ont été mis en oeuvre, sachant que les deux gazoducs reposent à 80/100 mètres de profondeur? Quels pays en disposent? Et, surtout, à qui le « crime » profite?

Évidemment, ces gazoducs lui appartenant, il est difficile d’imaginer que la Russie soit responsable de ces actes présumés de sabotage. Et pourtant, l’hypothèse d’une possible opération sous « faux drapeau » a été avancée par le journal allemand Tagesspiegel, le but étant de pousser les prix du gaz à la hausse, d’exacerber les tensions sur l’énergie en Europe et de permettre à Gazprom d’invoquer un cas de force majeure pour cesser définitivement [et sans indemnités] ses livraisons, NordStream1 n’étant pas visé par les sanctions de l’Union européenne.

En tout cas, le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Marcin Przydacz, a repris cette explication à son compte.

« Nous sommes dans une situation de haute tension internationale. Malheureusement, notre voisin de l’Est mène constamment une politique agressive. S’il est capable d’une politique militaire agressive en Ukraine, alors il est évident qu’aucune provocation ne peut être exclue, y compris en Europe occidentale », a en effet déclaré M. Przydacz.

Photo : Ministère de la Défense du royaume de Danemark

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