Lancement des grandes manoeuvres pour le futur Engin du génie de combat

Lancement des grandes manœuvres pour le futur Engin du génie de combat


Comme pressenti durant Eurosatory, le ministère des Armées a lancé les grandes manœuvres au profit du génie de combat. La Direction générale de l’armement (DGA) explore désormais le marché pour répondre aux besoins du programme d’« Engin du génie de combat » (EGC).

Renouveler le génie de combat

Quelque peu « oublié » dans la loi de programmation militaire 2019-2025, le renouvellement des matériels majeurs du génie de combat est encore revenu en filigrane lors de récentes auditions parlementaires. Le sujet est maintenant l’objet d’une demande d’informations, étape préalable au lancement d’une procédure d’acquisition en bonne et due forme. 

Mission essentiellement assurée par des engins blindés du génie dont l’âge moyen est aussi élevé que leur taux de disponibilité est faible et, dans une moindre mesure, par l’engin du génie rapide de protection (EGRAP) et l’engin du génie d’aménagement (EGAME). Peu protégés, les deux derniers ne peuvent être considérés comme des engins de combat, pointe la DGA. 

Avec l’EGC, il s’agira de rationaliser cette capacité d’appui au contact « en adaptant les technologies les plus récentes aux contraintes des engagements futurs ». Ses mission principales ? Garantir le maintien du rythme du groupement tactique interarmes (GTIA) en appuyant les manoeuvres offensives et défensives et le déploiement d’urgence. 

Entre un système unique, un ensemble de plateformes distinctes, des véhicules à roues ou à chenilles, l’adaptation d’une base civile ou le développement d’un véhicule militaire, la question reste ouverte. La DGA n’exclut pas d’adopter une démarche incrémentale au cours de laquelle l’EGC incorporerait progressivement des innovations issues du secteur civil, notamment en matières d’énergie et d’automatisation. 

Deux industriels français se sont déjà positionnés. CNIM Systèmes Industriels (CSI), en coopération avec Texelis et Nexter, devrait proposer une solution dévoilée durant le dernier salon Eurosatory. Moins prolixe sur le sujet, Arquus annonçait en mars 2021 préparer une réponse en partenariat avec Volvo.

Ni le calendrier, ni les cibles du programme ne sont connus, mais le scénario du lancement d’un appel d’offres l’an prochain semble se confirmer. Il pourrait être suivi par la notification d’un contrat en 2024. Les commandes pourraient porter sur entre 70 et 150 exemplaires, estimait-on il y a peu dans les rangs industriels. 

Les performances attendues

Pour la DGA, le principal défi sera de trouver le bon équilibre entre « l’aptitude à réaliser des travaux de terrassement », « une mobilité tactique suffisante permettant d’accompagner due déplacement des unités appuyées » et « une capacité à agir sous le feu ». Aux industriels de parvenir à concilier les exigences de puissance, de mobilité et de protection.

Côté performances, c’est peu dire si le trio piloté par CSI avait visé juste en planchant sur sa solution. Les fonctions du futur EGC restent liées aux travaux du génie. Il devra donc principalement être en mesure de creuser une position de tir pour char lourd en moins d’une heure, de creuser 15 m de fossé anti-char ou de tranchée en une heure, ou encore de lever et déplacer une charge d’au moins 3 tonnes.  

L’aérotransportabilité par A400M en un seul fardeau devra être assurée, limitant le poids de l’ensemble du système à environ 30 tonnes. Pour tenir la cadence du GTIA, l’EGC sera capable d’évoluer à 60 km/h sur route durant plus de 350 km, et avec une autonomie maximale de 600 km. En terrains boueux ou sablonneux, la vitesse moyenne descend à 20 km/h sur six heures consécutives. Ses capacités de franchissement seront similaires aux véhicules 4×4 et 6×6 mobilisés par les GTIA de l’armée de Terre.

Quant à la survivabilité, l’EGC présentera nativement un bon niveau de protection contre les menaces balistiques, potentiellement renforcé au moyen de kits additionnels selon les missions, et d’un très bon niveau contre les mines. L’ajout d’un tourelleau téléopéré SCORPION de 12,7 mm, donc a priori le modèle T2 déjà monté sur Griffon, est envisagé. L’intégration dans la bulle SCORPION et, plus tard, dans TITAN, sera assurée par l’intégration d’équipements communs comme la radio CONTACT et le système d’information SICS. 

D’autres opérations majeures sont prévues au profit des sapeurs. Le franchissement et le bréchage, par exemple, ont été cités au rang des rattrapages prioritaires par le CEMAT, le général Schill. « Nous avions prévu d’acquérir plus tard des capacités de bréchage et de franchissement. Il nous faudra probablement le faire maintenant, car nous avons vu combien les Russes ont eu de difficultés à franchir les cours d’eau et les zones minées », expliquait-il fin juillet aux députés de la commission défense. Attendu en 2021, le lancement de l’opération SYFRALL a été reporté à 2022. 

Crédits image : 13e RG

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