Le prochaine mission du porte-avions Charles de Gaulle se concentrera sur la Méditerranée et la mer Noire

Le prochaine mission du porte-avions Charles de Gaulle se concentrera sur la Méditerranée et la mer Noire

 

http://www.opex360.com/2022/01/21/le-prochaine-mission-du-porte-avions-charles-de-gaulle-se-concentrera-sur-la-mediterranee-et-la-mer-noire/


La mission Clemenceau 2022 que s’apprête à mener le groupe aéronaval français [GAN, encore appelé Task Force 473 ou bien encore, et c’est nouveau, « French Carrier Strike Group »] aura un profil particulier par rapport à celles qui ont été conduites durent ces dernières années.

En effet, le porte-avions Charles de Gaulle n’aura pas à traverser le Canal de Suez pour naviguer, avec son escorte, dans l’océan Indien ou dans le golfe Persique… Pas plus qu’il ne se rendra dans l’Atlantique Nord, comme en 2020. Et pour cause : il ne quittera pas la Méditerranée. Et ce n’est pas une surprise, quand on se souvient des propos tenus par le président Macron, le 13 juillet 2020.

« La zone Méditerranée sera le défi des prochaines années tant les facteurs de crise qui s’y conjuguent sont nombreux : contestation des zones maritimes, affrontements entre pays riverains, déstabilisation de la Libye, migrations, trafics, accès aux ressources », avait résumé le locataire de l’Élysée, avant d’en appeler à une « véritable politique européenne pour la Méditerranée ».

Et d’insister : « La Méditerranée ne peut construire une paix durable sans nous, nous ne pouvons accepter que notre avenir soit construit par d’autres puissances ».

Lors du point presse du minsitère des Armées, le 20 janvier, l’amiral Gilles Boidevezi, commandant de la zone maritime Méditerranée [CECMED], a rappelé que, au-delà des conflits et des tensions, cette mer, qui ne représente que 1% de la surface des océans, est le lieu de transit de « nombreux flux, tant licites [25% du trafic mondial et 65% de flux énergétiques des pays de l’Union européenne] qu’illicites [migrations, stupéfiants, armes, traite d’êtres humains], ce qui n’est pas sans conséquence(s) sur la sécurité du Vieux Continent.

« La présence française dans la zone s’avère donc nécessaire pour défendre nos intérêts économiques et sécuritaires » ainsi que pour « réaffirmer notre attachement à la liberté de circulation aérienne et maritime comme au respect du droit international », a expliqué l’amiral Boidevezi.

Le porte-avions Charles de Gaulle appareillera de Toulon au début du mois de février, avec, à son bord, un groupe aérien embarqué [GAé] composé d’une vingtaine de Rafale M F3R des Flotilles 12F et 17F, de deux E-2C Hawkeye de la Flottille 4F et de plusieurs hélicoptères [Dauphin de la 35F et Panther de la 36F]. L’un des quatre NH-90 NFH belges devrait le rejoindre en cours de mission.

D’ailleurs, la composition de son escorte n’est pas figée. Au départ, celle-ci réunira la Frégate multimissions à capacité de défense aérienne renforcée [FREMM DA] « Alsace », récemment admise en service, ainsi que la Frégate de défense aérienne [FDA] « Forbin », la FREMM « Normandie », le pétrolier-ravitailleur « Marne » [avec un hélicoptère Alouette III de la 34F] et un sous-marin nucléaire d’attaque [SNA].

La présence de ce dernier devant être intermittente, il sera suppléé par un avion de patrouille maritime Atlantique 2 basé à Chypre ou en Crète et un sous-marin grec, dont le type n’a pas été précisé.

Au fil de sa mission, le porte-avions Charles de Gaulle sera aussi rejoint par le « destroyer » américain USS Ross et par la frégate espagnol SPS Juan de Borbon [classe F-100] et une frégate grecque. En outre, des officiers allemands, italiens et canadiens seront insérés au sein de l’état-major du GAN.

Le programme de la mission Clemenceau 2022 sera assez copieux. Il se résume en cinq points : lutter contre le terrorisme, renforcer la capacité autonome française d’appréciation de la situation, affirmer la liberté de navigation, tant maritime qu’aérienne, appuyer l’effort de défense européen, coopérer avec les alliés et partenaires de la France.

Ainsi; le groupe aéronaval sera engagé dans l’opération Chammal [nom de la participation française à l’opération Inherent Resolve dirigée, au Levant, par les États-Unis contre l’État islamique]. Puis, il prendra part à la mission européenne Irini, laquelle consiste à faire appliquer l’embargo sur les armes décidé par les Nations unies à l’égard de la Libye. Il se rendra en mer Adriatique, où des actions de coopération avec des pays de la région, notamment la Croatie, sont prévues.

Toujours au chapitre des coopérations, le GAN se rendra en Grèce puis à Chypre. Et le Charles de Gaulle aura à manœuvrer avec le porte-aéronefs italien Cavour [désormais en mesure d’accueillir des avions F-35B] et un porte-avions américain.

Mais l’une des parties de ce déploiement qui sera sans doute la plus délicate, au regard des tensions avec la Russie, sera la « coopération en mer Noire », où certains « moyens navals et aériens » du GAN se déploieront au début du mois d’avril, pour des exercices avec les forces roumaines.

Pour rappel, lors de son premier déploiement, l’an passé, le groupe aéronaval britannique formé autour du porte-avions HMS Queen Elizabeth avait fait la même chose. Et cela avait donné lieu à un incident ayant opposé le « destroyer » HMS Defender à la marine russe.

À noter, d’ailleurs, que le début de la mission Clemenceau 2022 coïncidera avec des exercices navals russes de grande ampleur, lesquels se tiendront dans toutes les zones d’intérêt de Moscou. La Méditerranée et la mer Noire en font partie.

Photo : Marine nationale

La ministre des Armées à Marignane pour lancer le Guépard et booster la disponibilité

La ministre des Armées à Marignane pour lancer le Guépard et booster la disponibilité


– Forces opérations blog – publié le

La ministre des Armées Florence Parly était de retour vendredi dernier sur le site de Marignane d’Airbus Helicopters. Cette visite, la troisième depuis mai 2019, avait un double enjeu : officialiser le lancement du programme HIL et s’assurer de la poursuite de l’effort en matière de soutien des flottes d’hélicoptères français.

Une commande historique

Moins de trois ans après s’être rendue dans les Bouches-du-Rhône pour annoncer l’accélération du programme HIL, Florence Parly y revenait cette fois pour officialiser « la plus grande commande d’hélicoptères jamais faite de l’histoire des armées françaises ». Le contrat annoncé fin décembre est en effet « historique par son volume », déclarait à son tour le PDG d’Airbus Helicopters.

Au total, la France achète 180 hélicoptères H160 et H160M : 170 Guépard pour les trois Armées, dont un modèle « banc d’essai » pour DGA Essais en vol, et 10 H160 civils modifiés pour la Gendarmerie nationale et financés grâce au plan de soutien aéronautique. Du côté des Armées, une tranche de 30 appareils est d’ores et déjà affermie, dont 21 sont destinés à l’armée de Terre. 

Évalué à 10 Mds€ par le ministère des Armées, le programme HIL assure une quinzaine d’années de visibilité à l’hélicoptériste. À lui seul, il pérennise 2000 emplois dans toute la filière française et soutiendra la création de 400 postes sur le site de Marignane avec des effets concrets dès cette année, essentiellement dans les bureaux d’étude et en ingénierie dans un premier temps.

Poussée par les commandes civiles, la chaîne d’assemblage H160/H160M est aujourd’hui en pleine montée en puissance

La Marine nationale, premier opérateur français du H160

Cette notification est un signal fort de l’engagement du ministère des Armées « pour soutenir notre industrie aéronautique de défense » et « pour rappeler l’importance du besoin pour un hélicoptère interarmées léger, pour lequel le H160M a été sélectionné », insistait Bruno Even.

Poussée par la cinquantaine de commandes civiles, la chaîne d’assemblage H160 est maintenant en plein « ramp up ». Il faudra cependant attendre 2027 pour les premières livraisons de série aux Armées. Elles bénéficieront en premier lieu à l’armée de Terre, dotée à terme de 80 Guépard. Suivront l’Armée de l’Air et de l’Espace en 2029 (40 exemplaires) puis, un an plus tard, la Marine nationale (49 exemplaires).

Si l’armée de Terre est en pointe sur le Guépard, la Marine nationale sera le premier opérateur étatique français du H160. En l’attente du Guépard, elle recevra une flotte intérimaire de six H160 loués auprès du groupe britannique Babcock pour soulager le Caïman Marine lors des opérations de secours en mer. Le premier a réalisé plusieurs vols d’essai et sera livré cette année. Le second est dans la chaîne d’assemblage. Avant livraison, ces appareils transiteront par Babcock pour être modifiés et recevoir plusieurs systèmes de mission, telle qu’une boule optronique Euroflir 410.

Des perspectives à l’export

Cette commande, précédée de peu par l’acquisition de 12 Caracal par les Émirats arabes unis, aura permis à Airbus Helicopters de clôturer 2021 sur les chapeaux de roues et d’aborder la suite avec un carnet de commandes bien rempli.

« L’année 2022 s’annonce sous les meilleurs augures pour Airbus Helicopters », estimait la ministre des Armées en marge de sa visite. L’industriel peut désormais jouer la carte « France » pour appuyer le H160M à l’export. « Son potentiel est immense, nous y croyons fermement », assurait Bruno Even. Ce dernier attend par ailleurs une bonne nouvelle concernant la rénovation à mi-vie de l’hélicoptère Tigre, sujet hautement symbolique pour ce programme de coopération franco-allemand à l’origine de la création d’Eurocopter, il y a pile 30 ans.

Le partenaire allemand s’est pour l’instant désengagé de l’avenir du Tigre mais, pour Bruno Even, le prochain objectif reste bien de « lancer la nouvelle version de cet appareil au standard Mk 3 avec la France et l’Espagne, tout en espérant convaincre l’Allemagne ». Bientôt notifié, le marché Tigre Mk3 est estimé à plus de 4 Mds€ pour la modernisation de 18 Tigre HAD espagnols et de 67 Tigre HAD français. Côté allemand, il ne faut pas attendre de réponse définitive avant la mi-2022 « au plus tôt », selon un rapport de la Défense allemande publié hier matin.

Une maquette 1:1 du H160M présentée vendredi dernier à Marignane. Le pod HMP400 est l’un des armements retenus pour la variante “Terre” du Guépard.

Le système de soutien intégré nativement

« Il est important que la maintenance soit prise en compte dès le lancement des programmes. Les aéronefs les plus faciles à soutenir sont ceux dont le soutien a été pris en compte dès la conception », soulignait début janvier la directrice de la maintenance aéronautique (DMAé), l’ingénieure générale hors classe (IGHCA) Monique Legrand-Larroche.

De ce futur Guépard, Florence Parly en attend « une bien plus grande disponibilité à un moindre coût ». Message reçu. Airbus Helicopters « a intégré d’emblée le contrat de maintien en conditions opérationnelles ». Le développement Ce contrat conclu pour 10 ans permet de responsabiliser l’industriel sur un engagement dans la durée.

En remplaçant cinq types d’hélicoptères par une plateforme unique dérivée d’un modèle civil, les Guépard sont fondé sur « deux facteurs qui contribueront à une standardisation de leur soutien et à l’amélioration globale de la disponibilité des hélicoptères des forces françaises », soulignait Bruno Even.

Hormis les plateformes, Airbus Helicopters livrera ainsi un système de soutien intégré dès les premières phases de conception du Guépard. Ce système sera testé tout au long du développement « de manière à garantir une maturité élevée de l’appareil dès son entrée en service ». Il bénéficiera aussi des retours d’expérience issus de la flotte intérimaire de la Marine nationale.

Des contrats verticalisés qui commencent à payer

Développer et produire des hélicoptères est une chose, mais « encore faut-il les entretenir pour pouvoir les faire voler ! », rappelait dans un second temps la ministre des Armées. Celle-ci a lancé en 2017 un plan de refonte du MCO aéronautique « fondé sur le constat que moins de la moitié de nos aéronefs, tous types confondus, étaient capables de voler ». Quatre ans plus tard, elle est « venue constater (…) à la fois les premiers effets, qui sont encourageants (…), et partager, comme on le fait toujours, ce qui va moins bien et voir comment nous pouvions remédier à cette situation ».

Florence Parly a fait du soutien « un enjeu fort pour lesquels les contrats de verticalisation lancés dans le cadre de la transformation du MCO aéronautique commencent à porter leurs fruits » grâce au « travail considérable réalisé ces quatre dernières années ».

Le contrat CHELEM (Contrat pour les HElicoptères Lourds et de Manoeuvre)  par exemple, notifié en novembre 2019 pour les flottes de Cougar, Caracal et Super Puma, a permis de faire passer la disponibilité « de 25% à 40% en 2021 ». Idem pour le Tigre, dont la disponibilité a grimpé de 25% en 2017 à 35% en 2021, voire à « plus de 40% sur les derniers mois de l’année 2021 ». 

La DTO des Caïman dans le viseur ministériel

Si la refonte du MCO livre de premiers résultats encourageants, « le combat de la remontée du taux de disponibilité de nos appareils est un combat quotidien, et il faut le poursuivre. Il y a notamment une flotte où tant reste à faire : c’est celle du NH90 Caïman, qui est indispensable aux missions de la Marine nationale », complétait Florence Parly.

Seuls sept des 27 Caïman Marine sont aujourd’hui en capacité de voler. « J’attends donc de meilleurs résultats sur la disponibilité de cet hélicoptère et je continuerai à être très attentive à vos efforts en ce sens. Il en va de notre capacité à agir, mais aussi de l’image d’Airbus Helicopters dans un environnement que nous savons tous très concurrentiel », soulignait Florence Parly.

La situation « n’est pas acceptable » pour le PDG d’Airbus Helicopters, qui a « bien conscience, et vous l’avez rappelé ce matin de manière très claire et très ferme, que nous avons encore du travail à faire (…) et en particulier pour la version Marine du Caïman ». Pour franchir l’écueil, l’hélicoptériste a mis en place un plan d’action à court, moyen et long termes engagé dès 2022. « On voit déjà sur ce début d’année 2022 par rapport à l’automne, une légère amélioration. Ce n’est pas suffisant, il faut qu’on continue », expliquait le patron d’Airbus Helicopters.

Bruno Even a assuré la ministre des Armées de l’« engagement total » de ses équipes. Le plan de transformation lancé par NHIndustries, pilote du programme NH90, les actions de soutien et la collaboration instaurée avec le SIAé et la Marine Nationale « contribueront fortement à l’amélioration des performances dès 2022. (…) C’est notre engagement le plus ferme », concluait le PDG.

Anticipation sur l’emploi des robots militaires

Anticipation sur l’emploi des robots militaires

Sciences & technologies
Saut de ligne

par le Lieutenant-colonel Arnaud Ledez – CDEC- Etudes et prospective –

Ce court texte d’anticipation par analepse explore les missions robotisées de la logistique opérationnelle. Par un discours d’anniversaire, le général COMFT revient sur la création des premiers régiments de logistique automatisée de combat (RLAC). De la profondeur stratégique « jusqu’aux derniers centimètres », cette logistique prédictive repose sur une combinaison de drones et sur des logisticiens toujours au cœur de la bataille.

 

L’EMPLOI DES ROBOTS MILITAIRES

Le général COMFT s’adresse au régiment après son chef de corps.

« Je vous remercie, mon colonel, de cette présentation des hommes et des femmes du 1er régiment de logistique automatisée de combat (RLAC) et je tiens à vous dire tout de suite le plaisir que j’éprouve à m’exprimer une nouvelle fois devant votre régiment dont je sais la qualité et qui incarne le lien fondamental entre le soldat et les nouvelles technologies. J’aime à dire que votre régiment symbolise notre nouvelle armée issue de Titan et de Vulcain.

Mes premières pensées vont vers celles et ceux qui ont donné leur vie ou ont été blessés dans l’accomplissement de leur mission. Une armée massivement robotisée n’est pas une armée sans risque, sans sueur, sans le sang parfois versé pour l’accomplissement de nos missions. Leur sacrifice est l’expression ultime de leur engagement. Je leur rends un hommage solennel et j’exprime à leurs familles mon affection et la solidarité des forces terrestres.

Je salue aussi les 8 900 hommes et femmes des forces terrestres qui sont en ce moment engagés sur le territoire national ou en opération extérieure, et puisque cela sera l’objet de mon discours, nous ne pouvons plus dissocier leurs missions des 38 000 robots militaires actuellement en opérations, dont 4 700 viennent du 1er RLAC.

Il y a 20 ans le général COMFT créait le 1er RLAC par scission du 1er RTP qui était porteur des traditions du 1errégiment de livraison par air dissous en 1997.

Dans un contexte de massification rendu nécessaire par de nouveaux conflits aux pourtours de la Méditerranée et à l’est de l’Europe, et bénéficiant des travaux déjà initiés lors des expérimentations de SCORPION (synergie du contact renforcée par la polyvalence et l’infovalorisation), l’arrivée des drones dans la logistique allait considérablement faire évoluer le soutien des combattants. La logistique au combat est aujourd’hui massivement robotisée, l’humain restant toujours dans ou sur la boucle de décision.

Aujourd’hui, je peux le dire devant tous sans crainte, la logistique de combat n’est plus une inquiétude pour les combattants face à l’ennemi. Ils savent que, dans les pires conditions environnementales, climatiques et sous le feu de la haute intensité, ils auront toujours un robot qui n’attendra qu’un ultime ordre de leur part pour leur délivrer munitions, énergie, eau, nourriture ou tout le nécessaire aux combattants dans l’accomplissement de leur mission.

Pour le public qui ne serait pas au fait des missions de votre régiment, permettez-moi de rappeler les prouesses de celui-ci au feu, prouesses qui ont considérablement changé notre manière de concevoir les missions de combat.

J’associe bien évidemment à cette prouesse nos trois autres régiments de logistique automatisée de combat créés depuis le 1er RLAC et nos quatre régiments de logistique automatisée dans la profondeur, les RLAP, qui planifient et conduisent initialement cette noria de robots. J’associe encore le 5e RMat de Nancy également recréé pour soutenir l’ensemble de vos robots et assurer une disponibilité essentielle à la réussite de votre mission.

Tout commence par les missions des régiments de la logistique automatisée de la profondeur dont la création est issue du constat que notre profondeur stratégique n’était plus acquise et qu’il faut aussi protéger nos flux logistiques.

Dotés de drones lourds, à vocation interarmées, et armés par des militaires de l’armée de Terre, de l‘armée de l’Air et de l’Espace et de la Marine nationale, ils assurent la livraison automatisée de charges lourdes entre nos bases logistiques en métropole, mais aussi le plus souvent maintenant depuis la France outre-mer et ses dépôts de résilience, vers les POD logistiques de théâtre. Le regroupement de l’impression 3D dans ces POD LOG a permis une agilité et une limitation significative de l’empreinte logistique des théâtres.

A partir de ces POD logistiques de théâtre, qui ressemblent à des montages de casiers de livraison que l’on connaît dans nos villes françaises, le défi logistique du 1er RLAC commence alors. La logistique de robot lourd se transforme en une logistique de robot du segment moyen et du segment léger.

L’humain reste au cœur de la logistique automatisée de combat, et je tiens à saluer les hommes et les femmes qui, dans la compagnie de commandement et de logistique automatisée, planifient et conduisent cette manœuvre si essentielle à la victoire tactique. Grâce à des calculateurs, à nos coéquipiers numériques d’intelligence artificielle et au soutien pour les faire fonctionner, vos soldats connaissent exactement le besoin en équipements et supervisent la manœuvre des robots pour assurer les flux logistiques jusqu’aux derniers centimètres.

En effet, chaque arme, légère ou lourde, intègre dorénavant un module numérique de logistique transmettant sa consommation et un bref état de bon fonctionnement. C’est donc l’arme qui demande des munitions maintenant. Chaque combattant peut aussi, grâce à ses nouveaux équipements de transmission du programme Vulcain, ou par son drone individuel de combat, émettre son besoin en eau, nourriture, complément de paquetage, petit matériel, etc. Tout ceci remonte vers vos postes de commandement et est fusionné avec la cartographie de la situation ennemie et amie. Je ne peux pas non plus ne pas avoir une pensée pour la manœuvre de renseignement automatisé de combat qui, grâce à d’autres robots, permet l’acquisition d’une visibilité du champ de bataille comme jamais vu jusqu’alors.

Fusionnant les prédictions de consommation des armes et des véhicules, les besoins émis par les soldats, prédisant des besoins complémentaires grâce au renseignement tactique, intégrant également notre manœuvre, les calculateurs initient et orientent les robots au plus proche des besoins.

Vos compagnies de robots logistiques intermédiaires, qui furent, dans l’armée de Terre, les premières compagnies en 2048 comprenant plus de drones que de soldats (une vraie révolution à l’époque) vont d’abord transporter cette logistique vers des POD intermédiaires au plus proche des combats. Combinant la roue et l’hélice, ils acheminent sur terre et dans les airs tout ce qui permet aux combattants de durer, sous la protection d’autres robots de combat, de robots de renseignement, de robots de transmission et de robots de commandement, par une véritable manœuvre interarmes et aéroterrestre.

Puis, vos compagnies de robots logistiques légers finalisent le transport. Ils transportent au plus près, par des drones plus légers et plus discrets, les équipements nécessaires. Après un vol tactique, vos robots se posent à quelques dizaines de mètres à l’abri, prêt à bondir dès que nécessaire pour rejoindre le combattant exactement au moment où celui-ci estimera pouvoir assurer sa réception.

Tout combattant sait aujourd’hui qu’il a toujours derrière lui un équipier robot de logistique de combat, qu’il peut appeler quand il est en mesure de le recevoir, simplement en appuyant sur l’écran de son transcommutateur Vulcain. Celui-ci arrive en quelques secondes, ce qui relevait auparavant du miracle.

S’il est vrai qu’au début il ne s’agissait que de petites quantités de munitions ou de matériels, les progrès immenses des techniques de robotique, la puissance actuelle des moteurs et l’ingénierie de l’énergie associée aux travaux sur des hélices silencieuses, permettent d’avoir des robots légers, robustes, y compris face à la guerre électronique ou aux attaques cyber et pouvant transporter des missiles, des obus, voire même aujourd’hui des drones légers de combat à chenilles. Les innovations énergétiques ont été une véritable révolution, permettant encore la supériorité de notre force terrestre face à de nombreux adversaires.

Le combat des blindés ou de l’artillerie s’en est trouvé changé, car maintenant ces unités peuvent être alimentées en munitions ou en énergie quand leurs calculateurs pensent que cela devient nécessaire, et partout où elles se trouvent, car vos robots savent où elles sont. Nos véhicules blindés de l’avant de tout type sont aujourd’hui ravitaillés en munitions et énergie directement pendant les combats, en modules électroniques de dépannage et en équipements divers par vos robots, le plus souvent sans que l’humain n’ait demandé quoi que ce soit. Les machines commandent aux machines, l’humain supervise et interfère parfois en redirigeant si besoin.

Combien de fois ai-je entendu que la logistique de combat n’est plus un problème ? Les hommes et les femmes, et permettez-moi cet amalgame, les robots de votre régiment, peuvent en être fiers.

Alors je tiens encore à vous remercier et à vous rappeler l’importance de la mission du 1er RLAC et ma satisfaction vis-à-vis des hommes et des femmes au combat, c’est le plus important.

Je profite enfin de l’honneur qui m’est fait de pouvoir vous parler pour faire quelques annonces.

Votre retour d’expérience, vos modes d’action et vos matériels nous ont permis de développer une compagnie de robots par régiment médical de l’armée de Terre. Dotés des robots les plus rapides, ils pourront transporter tous les médicaments nécessaires vers nos blessés. Les transcommutateurs Vulcain que vous avez au poignet sont aujourd’hui dotés d’un module médical établissant en permanence votre analyse individuelle médicale, mais aussi pouvant en cas de besoin requérir l’acheminement de produits médicaux si spécifiques.

Mais encore, dans un avenir très proche, ces compagnies auront une section de robots d’évacuation que vous avez pu expérimenter en exercice, et qui sont capables d’assurer l’évacuation rapide de nos soldats blessés dans un cocon stabilisateur vers les rôles 2 ou 3. C’est une vraie avancée qui n’aurait pu exister sans votre engagement dans la phase d’expérimentation.

Je sais pouvoir compter sur vous pour continuer à insuffler vigoureusement l’exigence de résultat au sein des armées, votre dynamisme et votre modernité.

Tout en vous renouvelant mes salutations les plus sincères, je vous demande de vous faire mon interprète auprès des femmes et des hommes des forces terrestres, pour leur exprimer toute ma confiance et mon estime. 

Et par saint Christophe, vive le 1er RLAC ! »

Barkhane : Le Mali veut revoir les accords de défense conclus avec la France

Barkhane : Le Mali veut revoir les accords de défense conclus avec la France

 

 

http://www.opex360.com/2022/01/17/barkhane-le-mali-veut-revoir-les-accords-de-defense-conclus-avec-la-france/


La semaine passée, le gouvernement malien de transition a dénoncé la violation de son espace aérien par un avion militaire de transport français A400M « Atlas » ayant assuré une liaison entre Abidjan [Côte d’Ivoire] et Gao [Mali], alors qu’il venait de fermer ses frontières en réponse aux sanctions prises à son égard par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest [Cédéao].

Sauf que, comme l’a rappelé le général Laurent Michon, l’actuel commandant de la force française Barkhane, les accords militaires conclus entre Bamako et Paris, en particulier celui du 7 mars 2013 sous forme « d’échange de lettres » entre les deux gouvernements, garantissent une « pleine liberté de circulation sur le territoire et dans l’espace aérien malien des véhicules et des aéronefs, militaires et civils, du personnel du détachement français ainsi que des détachements non français de la force [européenne] Takuba ».

En outre, et s’agissant plus précisément des mouvements d’aéronefs, une part croissante des sorties aériennes de Barkhane se font au profit des Forces armées maliennes [FAMa].

Aussi, la protestation du gouvernement malien de transition pouvait alors être perçue comme un mouvement d’humeur à l’égard de la France, le président Macron ayant approuvé les sanctions de la Cédéao.

Cela étant, et alors que la présence de « formateurs » militaires russes aux côtés des FAMa est de plus en plus visible, les relations entre Bamako et Paris tendent à devenir « explosives ». Et les propos qu’a tenus Choguel Kokalla Maïga, le Premier ministre malien, dans un entretien diffusé le 16 janvier par l’Office de radiodiffusion télévision du Mali [ORTM], risquent bien de mettre le feu aux poudres.

Ainsi, M. Maïga a revisité les faits qui ont conduit à déclencher l’opération française Serval, le 11 janvier 2013. Pour rappel, celle-ci avait été lancée contre les groupes jihadistes qui occupaient le nord du Mali, à la suite d’une demande d’aide adressée la veille par Dioncounda Traoré, alors président du Mali par intérim, à la France et au Conseil de sécurité de l’ONU, au titre de l’article 51 de la charte des Nations unies relatif à la légitime défense.

Jusqu’alors, les relations militaires entre la France et le Mali relevaient d’un simple accord de coopération technique, signé en 1985 et dont le champ d’application se limitaire à la formation des militaires maliens dans les écoles militaires françaises. Aussi était-il insuffisant pour encadrer l’opération Serval.

D’où la signature d’un nouvel accord par échanges de lettres les 7 et 8 mars 2013. Celle-ci a ensuite été suivie par un traité [.pdf] afin de refonder le cadre juridique de la coopération entre la France et le Mali en matière de défense. Signé le 16 juillet 2014, ce texte a été ratifié deux ans plus tard.

Et, le dernier de ses 26 articles précise que ce traité est « conclu pour une durée de cinq ans » et qu’il est « renouvelable par tacite reconduction pour de nouvelles périodes de cinq ans, à moins que l’une des Parties notifie à l’autre son intention de mettre un au traité six mois avant son expiration ».

Lors de son entretien à l’ORTM, M. Maïga a surtout évoqué la lettre envoyée par M. Traoré pour demander l’aide de la France. Et d’assurer qu’ »aucune copie n’existe ni à la présidence, ni au ministère des Affaires étrangères », l’original étant en France. « Quant on a eu besoin récemment, c’est sur le site du Sénat Français qu’on l’a trouvé. Parce que nous voulions relire les Accords, qu’il estime « déséquilibrés » car ils font « de nous un État qui ne peut même pas survoler son territoire sans l’autorisation de la France ».

En réalité, et même si la force aérienne malienne est faible, il s’agit d’éviter un incident entre ses aéronefs et ceux de Barkhane dans une région donnée. C’est ce que l’on appelle un « accord de déconfliction ».

Se référant toujours à la lettre du « 11 janvier 2013 » [qui a donc été envoyée la veille], M. Maïga a assuré qu’elle indiquait « clairement » un « appui aérien et en renseignement » qu’elle ne prévoyait « pas des militaires français sur notre terre ». Et d’ajouter : « Ils ont amené 4000 militaires français […]. Ils ont fait venir d’autres Africains, ils ont fait venir la MINUSMA, interdit à l’armée malienne d’accéder à une partie de son territoire, alors qu’ils proclament que c’est pour recouvrer l’intégrité du territoire. Donc, il y a un discours apaisant, lénifiant, en attendant le réveil brutal et la réalité ».

Aussi, a conclu M. Maïga, le gouvernement « a décidé que nous n’allons plus demander d’autorisation à qui que ce soit pour survoler notre territoire. Et à moins de 7 mois de la rectification de la transition, nous avons les moyens de survoler et aller partout sur notre territoire sans autorisation ».

 

Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a confirmé à Wassim Nasr, de France24, la volonté de Bamako de revoir les accords de défense conclu avec Paris. « Le Mali a demandé la révision du Traité en matière de défense qui le lie à la France. Les amendements ont été formellement soumis », a-t-il dit. « Certaines dispositions violent la souveraineté du Mali et notre Constitution. Par exemple, l’Etat Malien ne peut survoler certaines parties de notre propre territoire. Le gouvernement a cessé d’observer cette disposition », a-t-il ajouté.

Pour le moment, les autorités françaises n’ont pas encore réagi aux propos de M. Maïga et à cette demande de « révision » des accords de défense liant la France au Mali. Sans doute que les « Vœux aux Armées » seront l’occasion pour le président Macron de faire une mise au point.

Photo : EMA

Quatre soldats français blessés par un IED dans le nord du Burkina Faso (actualisé)

Quatre soldats français blessés par un IED dans le nord du Burkina Faso (actualisé)

par Philippe Chapleau – Lignes de défense – publié le 19 janvier 2022

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/


Quatre soldats français ont été blessés au Burkina Faso lors de l’explosion d’un engin explosif improvisé (IED) au passage de leur véhicule. L’explosion a eu lieu dans le nord du pays, a annoncé à l’AFP mardi soir l’état-major français.

Le véhicule tout-terrain a explosé sur un IED à la sortie de l’aéroport de Ouahigouya“, a indiqué l’état-major, précisant qu’il s’agissait d’une “unité de Barkhane en mission de reconnaissance”.

Cet aéroport a été attaqué dans la nuit du 12 au 13 janvier:

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Quatre soldats ont été blessés dont un grièvement. “Ils ont été immédiatement évacués vers Gao”, au Mali. Deux de ces soldats ont été évacués vers la France. Pour les deux autres, la décision n’avait pas encore été prise ce mercredi matin.

La zone au sud des Trois frontières est plutôt fréquentée par les djihadistes du GSIM (ou JNIM, nébuleuse jihadiste affiliée à Al-Qaïda). Mais “c’est une zone de transit, nous n’avons pas de certitudes” sur l’origine de l’engin, a précisé l’EMA. Le Sahel est aussi la proie des jihadistes de l’EIGS, liés au groupe Etat islamique.

Actualisé.  Il circule une rumeur ce matin disant que c’est un véhicule tactique Polaris MRZR qui aurait été touché. Ce type d’équipement appartient aux FS, dans ce cas probablement de la TF Sabre. Pas de commentaires du ministère des Armées.