La ministre des Armées à Marignane pour lancer le Guépard et booster la disponibilité

La ministre des Armées à Marignane pour lancer le Guépard et booster la disponibilité


– Forces opérations blog – publié le

La ministre des Armées Florence Parly était de retour vendredi dernier sur le site de Marignane d’Airbus Helicopters. Cette visite, la troisième depuis mai 2019, avait un double enjeu : officialiser le lancement du programme HIL et s’assurer de la poursuite de l’effort en matière de soutien des flottes d’hélicoptères français.

Une commande historique

Moins de trois ans après s’être rendue dans les Bouches-du-Rhône pour annoncer l’accélération du programme HIL, Florence Parly y revenait cette fois pour officialiser « la plus grande commande d’hélicoptères jamais faite de l’histoire des armées françaises ». Le contrat annoncé fin décembre est en effet « historique par son volume », déclarait à son tour le PDG d’Airbus Helicopters.

Au total, la France achète 180 hélicoptères H160 et H160M : 170 Guépard pour les trois Armées, dont un modèle « banc d’essai » pour DGA Essais en vol, et 10 H160 civils modifiés pour la Gendarmerie nationale et financés grâce au plan de soutien aéronautique. Du côté des Armées, une tranche de 30 appareils est d’ores et déjà affermie, dont 21 sont destinés à l’armée de Terre. 

Évalué à 10 Mds€ par le ministère des Armées, le programme HIL assure une quinzaine d’années de visibilité à l’hélicoptériste. À lui seul, il pérennise 2000 emplois dans toute la filière française et soutiendra la création de 400 postes sur le site de Marignane avec des effets concrets dès cette année, essentiellement dans les bureaux d’étude et en ingénierie dans un premier temps.

Poussée par les commandes civiles, la chaîne d’assemblage H160/H160M est aujourd’hui en pleine montée en puissance

La Marine nationale, premier opérateur français du H160

Cette notification est un signal fort de l’engagement du ministère des Armées « pour soutenir notre industrie aéronautique de défense » et « pour rappeler l’importance du besoin pour un hélicoptère interarmées léger, pour lequel le H160M a été sélectionné », insistait Bruno Even.

Poussée par la cinquantaine de commandes civiles, la chaîne d’assemblage H160 est maintenant en plein « ramp up ». Il faudra cependant attendre 2027 pour les premières livraisons de série aux Armées. Elles bénéficieront en premier lieu à l’armée de Terre, dotée à terme de 80 Guépard. Suivront l’Armée de l’Air et de l’Espace en 2029 (40 exemplaires) puis, un an plus tard, la Marine nationale (49 exemplaires).

Si l’armée de Terre est en pointe sur le Guépard, la Marine nationale sera le premier opérateur étatique français du H160. En l’attente du Guépard, elle recevra une flotte intérimaire de six H160 loués auprès du groupe britannique Babcock pour soulager le Caïman Marine lors des opérations de secours en mer. Le premier a réalisé plusieurs vols d’essai et sera livré cette année. Le second est dans la chaîne d’assemblage. Avant livraison, ces appareils transiteront par Babcock pour être modifiés et recevoir plusieurs systèmes de mission, telle qu’une boule optronique Euroflir 410.

Des perspectives à l’export

Cette commande, précédée de peu par l’acquisition de 12 Caracal par les Émirats arabes unis, aura permis à Airbus Helicopters de clôturer 2021 sur les chapeaux de roues et d’aborder la suite avec un carnet de commandes bien rempli.

« L’année 2022 s’annonce sous les meilleurs augures pour Airbus Helicopters », estimait la ministre des Armées en marge de sa visite. L’industriel peut désormais jouer la carte « France » pour appuyer le H160M à l’export. « Son potentiel est immense, nous y croyons fermement », assurait Bruno Even. Ce dernier attend par ailleurs une bonne nouvelle concernant la rénovation à mi-vie de l’hélicoptère Tigre, sujet hautement symbolique pour ce programme de coopération franco-allemand à l’origine de la création d’Eurocopter, il y a pile 30 ans.

Le partenaire allemand s’est pour l’instant désengagé de l’avenir du Tigre mais, pour Bruno Even, le prochain objectif reste bien de « lancer la nouvelle version de cet appareil au standard Mk 3 avec la France et l’Espagne, tout en espérant convaincre l’Allemagne ». Bientôt notifié, le marché Tigre Mk3 est estimé à plus de 4 Mds€ pour la modernisation de 18 Tigre HAD espagnols et de 67 Tigre HAD français. Côté allemand, il ne faut pas attendre de réponse définitive avant la mi-2022 « au plus tôt », selon un rapport de la Défense allemande publié hier matin.

Une maquette 1:1 du H160M présentée vendredi dernier à Marignane. Le pod HMP400 est l’un des armements retenus pour la variante “Terre” du Guépard.

Le système de soutien intégré nativement

« Il est important que la maintenance soit prise en compte dès le lancement des programmes. Les aéronefs les plus faciles à soutenir sont ceux dont le soutien a été pris en compte dès la conception », soulignait début janvier la directrice de la maintenance aéronautique (DMAé), l’ingénieure générale hors classe (IGHCA) Monique Legrand-Larroche.

De ce futur Guépard, Florence Parly en attend « une bien plus grande disponibilité à un moindre coût ». Message reçu. Airbus Helicopters « a intégré d’emblée le contrat de maintien en conditions opérationnelles ». Le développement Ce contrat conclu pour 10 ans permet de responsabiliser l’industriel sur un engagement dans la durée.

En remplaçant cinq types d’hélicoptères par une plateforme unique dérivée d’un modèle civil, les Guépard sont fondé sur « deux facteurs qui contribueront à une standardisation de leur soutien et à l’amélioration globale de la disponibilité des hélicoptères des forces françaises », soulignait Bruno Even.

Hormis les plateformes, Airbus Helicopters livrera ainsi un système de soutien intégré dès les premières phases de conception du Guépard. Ce système sera testé tout au long du développement « de manière à garantir une maturité élevée de l’appareil dès son entrée en service ». Il bénéficiera aussi des retours d’expérience issus de la flotte intérimaire de la Marine nationale.

Des contrats verticalisés qui commencent à payer

Développer et produire des hélicoptères est une chose, mais « encore faut-il les entretenir pour pouvoir les faire voler ! », rappelait dans un second temps la ministre des Armées. Celle-ci a lancé en 2017 un plan de refonte du MCO aéronautique « fondé sur le constat que moins de la moitié de nos aéronefs, tous types confondus, étaient capables de voler ». Quatre ans plus tard, elle est « venue constater (…) à la fois les premiers effets, qui sont encourageants (…), et partager, comme on le fait toujours, ce qui va moins bien et voir comment nous pouvions remédier à cette situation ».

Florence Parly a fait du soutien « un enjeu fort pour lesquels les contrats de verticalisation lancés dans le cadre de la transformation du MCO aéronautique commencent à porter leurs fruits » grâce au « travail considérable réalisé ces quatre dernières années ».

Le contrat CHELEM (Contrat pour les HElicoptères Lourds et de Manoeuvre)  par exemple, notifié en novembre 2019 pour les flottes de Cougar, Caracal et Super Puma, a permis de faire passer la disponibilité « de 25% à 40% en 2021 ». Idem pour le Tigre, dont la disponibilité a grimpé de 25% en 2017 à 35% en 2021, voire à « plus de 40% sur les derniers mois de l’année 2021 ». 

La DTO des Caïman dans le viseur ministériel

Si la refonte du MCO livre de premiers résultats encourageants, « le combat de la remontée du taux de disponibilité de nos appareils est un combat quotidien, et il faut le poursuivre. Il y a notamment une flotte où tant reste à faire : c’est celle du NH90 Caïman, qui est indispensable aux missions de la Marine nationale », complétait Florence Parly.

Seuls sept des 27 Caïman Marine sont aujourd’hui en capacité de voler. « J’attends donc de meilleurs résultats sur la disponibilité de cet hélicoptère et je continuerai à être très attentive à vos efforts en ce sens. Il en va de notre capacité à agir, mais aussi de l’image d’Airbus Helicopters dans un environnement que nous savons tous très concurrentiel », soulignait Florence Parly.

La situation « n’est pas acceptable » pour le PDG d’Airbus Helicopters, qui a « bien conscience, et vous l’avez rappelé ce matin de manière très claire et très ferme, que nous avons encore du travail à faire (…) et en particulier pour la version Marine du Caïman ». Pour franchir l’écueil, l’hélicoptériste a mis en place un plan d’action à court, moyen et long termes engagé dès 2022. « On voit déjà sur ce début d’année 2022 par rapport à l’automne, une légère amélioration. Ce n’est pas suffisant, il faut qu’on continue », expliquait le patron d’Airbus Helicopters.

Bruno Even a assuré la ministre des Armées de l’« engagement total » de ses équipes. Le plan de transformation lancé par NHIndustries, pilote du programme NH90, les actions de soutien et la collaboration instaurée avec le SIAé et la Marine Nationale « contribueront fortement à l’amélioration des performances dès 2022. (…) C’est notre engagement le plus ferme », concluait le PDG.

Anticipation sur l’emploi des robots militaires

Anticipation sur l’emploi des robots militaires

Sciences & technologies
Saut de ligne

par le Lieutenant-colonel Arnaud Ledez – CDEC- Etudes et prospective –

Ce court texte d’anticipation par analepse explore les missions robotisées de la logistique opérationnelle. Par un discours d’anniversaire, le général COMFT revient sur la création des premiers régiments de logistique automatisée de combat (RLAC). De la profondeur stratégique « jusqu’aux derniers centimètres », cette logistique prédictive repose sur une combinaison de drones et sur des logisticiens toujours au cœur de la bataille.

 

L’EMPLOI DES ROBOTS MILITAIRES

Le général COMFT s’adresse au régiment après son chef de corps.

« Je vous remercie, mon colonel, de cette présentation des hommes et des femmes du 1er régiment de logistique automatisée de combat (RLAC) et je tiens à vous dire tout de suite le plaisir que j’éprouve à m’exprimer une nouvelle fois devant votre régiment dont je sais la qualité et qui incarne le lien fondamental entre le soldat et les nouvelles technologies. J’aime à dire que votre régiment symbolise notre nouvelle armée issue de Titan et de Vulcain.

Mes premières pensées vont vers celles et ceux qui ont donné leur vie ou ont été blessés dans l’accomplissement de leur mission. Une armée massivement robotisée n’est pas une armée sans risque, sans sueur, sans le sang parfois versé pour l’accomplissement de nos missions. Leur sacrifice est l’expression ultime de leur engagement. Je leur rends un hommage solennel et j’exprime à leurs familles mon affection et la solidarité des forces terrestres.

Je salue aussi les 8 900 hommes et femmes des forces terrestres qui sont en ce moment engagés sur le territoire national ou en opération extérieure, et puisque cela sera l’objet de mon discours, nous ne pouvons plus dissocier leurs missions des 38 000 robots militaires actuellement en opérations, dont 4 700 viennent du 1er RLAC.

Il y a 20 ans le général COMFT créait le 1er RLAC par scission du 1er RTP qui était porteur des traditions du 1errégiment de livraison par air dissous en 1997.

Dans un contexte de massification rendu nécessaire par de nouveaux conflits aux pourtours de la Méditerranée et à l’est de l’Europe, et bénéficiant des travaux déjà initiés lors des expérimentations de SCORPION (synergie du contact renforcée par la polyvalence et l’infovalorisation), l’arrivée des drones dans la logistique allait considérablement faire évoluer le soutien des combattants. La logistique au combat est aujourd’hui massivement robotisée, l’humain restant toujours dans ou sur la boucle de décision.

Aujourd’hui, je peux le dire devant tous sans crainte, la logistique de combat n’est plus une inquiétude pour les combattants face à l’ennemi. Ils savent que, dans les pires conditions environnementales, climatiques et sous le feu de la haute intensité, ils auront toujours un robot qui n’attendra qu’un ultime ordre de leur part pour leur délivrer munitions, énergie, eau, nourriture ou tout le nécessaire aux combattants dans l’accomplissement de leur mission.

Pour le public qui ne serait pas au fait des missions de votre régiment, permettez-moi de rappeler les prouesses de celui-ci au feu, prouesses qui ont considérablement changé notre manière de concevoir les missions de combat.

J’associe bien évidemment à cette prouesse nos trois autres régiments de logistique automatisée de combat créés depuis le 1er RLAC et nos quatre régiments de logistique automatisée dans la profondeur, les RLAP, qui planifient et conduisent initialement cette noria de robots. J’associe encore le 5e RMat de Nancy également recréé pour soutenir l’ensemble de vos robots et assurer une disponibilité essentielle à la réussite de votre mission.

Tout commence par les missions des régiments de la logistique automatisée de la profondeur dont la création est issue du constat que notre profondeur stratégique n’était plus acquise et qu’il faut aussi protéger nos flux logistiques.

Dotés de drones lourds, à vocation interarmées, et armés par des militaires de l’armée de Terre, de l‘armée de l’Air et de l’Espace et de la Marine nationale, ils assurent la livraison automatisée de charges lourdes entre nos bases logistiques en métropole, mais aussi le plus souvent maintenant depuis la France outre-mer et ses dépôts de résilience, vers les POD logistiques de théâtre. Le regroupement de l’impression 3D dans ces POD LOG a permis une agilité et une limitation significative de l’empreinte logistique des théâtres.

A partir de ces POD logistiques de théâtre, qui ressemblent à des montages de casiers de livraison que l’on connaît dans nos villes françaises, le défi logistique du 1er RLAC commence alors. La logistique de robot lourd se transforme en une logistique de robot du segment moyen et du segment léger.

L’humain reste au cœur de la logistique automatisée de combat, et je tiens à saluer les hommes et les femmes qui, dans la compagnie de commandement et de logistique automatisée, planifient et conduisent cette manœuvre si essentielle à la victoire tactique. Grâce à des calculateurs, à nos coéquipiers numériques d’intelligence artificielle et au soutien pour les faire fonctionner, vos soldats connaissent exactement le besoin en équipements et supervisent la manœuvre des robots pour assurer les flux logistiques jusqu’aux derniers centimètres.

En effet, chaque arme, légère ou lourde, intègre dorénavant un module numérique de logistique transmettant sa consommation et un bref état de bon fonctionnement. C’est donc l’arme qui demande des munitions maintenant. Chaque combattant peut aussi, grâce à ses nouveaux équipements de transmission du programme Vulcain, ou par son drone individuel de combat, émettre son besoin en eau, nourriture, complément de paquetage, petit matériel, etc. Tout ceci remonte vers vos postes de commandement et est fusionné avec la cartographie de la situation ennemie et amie. Je ne peux pas non plus ne pas avoir une pensée pour la manœuvre de renseignement automatisé de combat qui, grâce à d’autres robots, permet l’acquisition d’une visibilité du champ de bataille comme jamais vu jusqu’alors.

Fusionnant les prédictions de consommation des armes et des véhicules, les besoins émis par les soldats, prédisant des besoins complémentaires grâce au renseignement tactique, intégrant également notre manœuvre, les calculateurs initient et orientent les robots au plus proche des besoins.

Vos compagnies de robots logistiques intermédiaires, qui furent, dans l’armée de Terre, les premières compagnies en 2048 comprenant plus de drones que de soldats (une vraie révolution à l’époque) vont d’abord transporter cette logistique vers des POD intermédiaires au plus proche des combats. Combinant la roue et l’hélice, ils acheminent sur terre et dans les airs tout ce qui permet aux combattants de durer, sous la protection d’autres robots de combat, de robots de renseignement, de robots de transmission et de robots de commandement, par une véritable manœuvre interarmes et aéroterrestre.

Puis, vos compagnies de robots logistiques légers finalisent le transport. Ils transportent au plus près, par des drones plus légers et plus discrets, les équipements nécessaires. Après un vol tactique, vos robots se posent à quelques dizaines de mètres à l’abri, prêt à bondir dès que nécessaire pour rejoindre le combattant exactement au moment où celui-ci estimera pouvoir assurer sa réception.

Tout combattant sait aujourd’hui qu’il a toujours derrière lui un équipier robot de logistique de combat, qu’il peut appeler quand il est en mesure de le recevoir, simplement en appuyant sur l’écran de son transcommutateur Vulcain. Celui-ci arrive en quelques secondes, ce qui relevait auparavant du miracle.

S’il est vrai qu’au début il ne s’agissait que de petites quantités de munitions ou de matériels, les progrès immenses des techniques de robotique, la puissance actuelle des moteurs et l’ingénierie de l’énergie associée aux travaux sur des hélices silencieuses, permettent d’avoir des robots légers, robustes, y compris face à la guerre électronique ou aux attaques cyber et pouvant transporter des missiles, des obus, voire même aujourd’hui des drones légers de combat à chenilles. Les innovations énergétiques ont été une véritable révolution, permettant encore la supériorité de notre force terrestre face à de nombreux adversaires.

Le combat des blindés ou de l’artillerie s’en est trouvé changé, car maintenant ces unités peuvent être alimentées en munitions ou en énergie quand leurs calculateurs pensent que cela devient nécessaire, et partout où elles se trouvent, car vos robots savent où elles sont. Nos véhicules blindés de l’avant de tout type sont aujourd’hui ravitaillés en munitions et énergie directement pendant les combats, en modules électroniques de dépannage et en équipements divers par vos robots, le plus souvent sans que l’humain n’ait demandé quoi que ce soit. Les machines commandent aux machines, l’humain supervise et interfère parfois en redirigeant si besoin.

Combien de fois ai-je entendu que la logistique de combat n’est plus un problème ? Les hommes et les femmes, et permettez-moi cet amalgame, les robots de votre régiment, peuvent en être fiers.

Alors je tiens encore à vous remercier et à vous rappeler l’importance de la mission du 1er RLAC et ma satisfaction vis-à-vis des hommes et des femmes au combat, c’est le plus important.

Je profite enfin de l’honneur qui m’est fait de pouvoir vous parler pour faire quelques annonces.

Votre retour d’expérience, vos modes d’action et vos matériels nous ont permis de développer une compagnie de robots par régiment médical de l’armée de Terre. Dotés des robots les plus rapides, ils pourront transporter tous les médicaments nécessaires vers nos blessés. Les transcommutateurs Vulcain que vous avez au poignet sont aujourd’hui dotés d’un module médical établissant en permanence votre analyse individuelle médicale, mais aussi pouvant en cas de besoin requérir l’acheminement de produits médicaux si spécifiques.

Mais encore, dans un avenir très proche, ces compagnies auront une section de robots d’évacuation que vous avez pu expérimenter en exercice, et qui sont capables d’assurer l’évacuation rapide de nos soldats blessés dans un cocon stabilisateur vers les rôles 2 ou 3. C’est une vraie avancée qui n’aurait pu exister sans votre engagement dans la phase d’expérimentation.

Je sais pouvoir compter sur vous pour continuer à insuffler vigoureusement l’exigence de résultat au sein des armées, votre dynamisme et votre modernité.

Tout en vous renouvelant mes salutations les plus sincères, je vous demande de vous faire mon interprète auprès des femmes et des hommes des forces terrestres, pour leur exprimer toute ma confiance et mon estime. 

Et par saint Christophe, vive le 1er RLAC ! »

Safran équipera l’hélicoptère interarmées léger (HIL) Guépard

Safran équipera l’hélicoptère interarmées léger (HIL) Guépard

 

Safran participe significativement au programme H160M Guépard, développé dans le cadre du programme d’hélicoptère interarmées léger (HIL), et destiné à remplacer cinq types d’hélicoptères actuellement en service dans les forces armées françaises (Gazelle, Alouette III, Dauphin, Panther et Fennec). Une première tranche ferme de 30 appareils sur un total de 169 hélicoptères a été notifiée tout récemment à Airbus par la Direction générale de l’armement, maitre d’ouvrage du programme HIL. Le marché comprend également la commande de dix hélicoptères H160 pour la Gendarmerie nationale, décidée dans le cadre du plan de soutien français à l’industrie aéronautique.

Une des principales contributions de Safran à ces hélicoptères sera l’Arrano, un moteur de nouvelle génération d’une puissance de 1300 cv qui intègre le meilleur de la technologie en matière de moteurs aéronautiques. Il offre une consommation en carburant réduite d’environ 20 % par rapport aux moteurs des hélicoptères qu’il va remplacer dans les forces françaises, et peut incorporer jusqu’à 50% de carburant d’aviation durable (SAF). L’Arrano a reçu sa certification EASA (Agence Européenne de la Sécurité Aérienne) en juin 2019.

 

                                                                              Crédit : Safran.
                           Crédit : Safran.

Autre équipement majeur, le système optronique Euroflir 410 de Safran qui apportera des performances d’observation inégalées aux hélicoptères Guépard et aux H160 de la Gendarmerie nationale. Grâce à un champ de vision large et une observation très longue portée, l’Euroflir 410 permet aux pilotes d’opérer à distance, de jour comme de nuit, pour identifier, rapidement et en toute sécurité, des personnes en danger ou différents types de menaces.

Safran équipera ces hélicoptères de systèmes performants nécessaires au pilotage et à la stabilité de l’aéronef, dont les actionneurs électromécaniques TRIM et SEMA (Smart Electro Mechanical Actuator) ainsi que des éléments de cockpit et les systèmes d’essuie-glace, ainsi que la la distribution électrique.

Safran fournira également les systèmes de sécurité (systèmes de flottabilités, radeaux de sauvetage), de gestion du carburant et de refroidissement.

 « Nous accueillons cette commande du ministère des Armées avec beaucoup de fierté et de satisfaction. Les moteurs Arrano seront fabriqués, assemblés et réparés en France. Cette commande témoigne de la confiance renouvelée de l’Etat français, notre premier client, avec 1 600 moteurs d’hélicoptères en service au sein de ses flottes. Au nom de toutes les sociétés du Groupe impliquées dans ce programme, je renouvelle notre soutien à notre partenaire Airbus dans la poursuite du développement de ces hélicoptères », a déclaré Franck Saudo, Président de Safran Helicopter Engines.

La structure modulaire balistique 2.0 arrive dans l’armée de Terre

La structure modulaire balistique 2.0 arrive dans l’armée de Terre


Une version « 2.0 » de la structure modulaire balistique est en cours de réception par le ministère des Armées. Cette première tranche de près de 6000 exemplaires permettra d’équiper entièrement 62 unités de l’armée de Terre.

Dès 2017, le ministère des Armés avait mis au point et déployé une nouvelle génération de gilet pare-balles : la structure modulaire balistique (SMB), qui combine gilet de protection balistique et système de transport des matériels de combat.

« Nous avions déjà déployé 60 000 gilets pare-balles de cette première version », rappelait hier le porte-parole du ministère des Armées, Hervé Grandjean, lors d’un point presse hebdomadaire. La totalité de ces SMB V1 seront portées au standard V2 au cours du 1er semestre 2022.

La SMB V2 est le fruit des recommandations remontées depuis 2017 des opérationnels, essentiellement de la spécialité combat débarqué, vers la Section technique de l’armée de Terre (STAT). Il avait fait l’objet d’un appel d’offres lancé en janvier 2019, remporté en juin 2020 par le groupe norvégien NFM. Le budget alloué pour ce marché de cinq ans était alors de 46,6 M€, dont 41,6 M€ pour les SMB V2 proprement dites et 5 M€ pour les accessoires.

(Crédits : ministère des Armées)

Cette nouvelle version à la « modularité démultipliée » intègre notamment un sac d’hydratation, un porte-chargeur de fusil HK 416F, des kits platine ventrale et dos, des poches de délestage et porte-grenades, une protection de cou modifiée, etc.

« Ces améliorations s’inscrivent dans la politique de renouvellement des petits équipements du combattant, qui est voulue par Florence Parly et par le président de la République », commentait Hervé Grandjean.

Avec ces 5900 SMB V2 en cours de perception, la cible fixée dans la LPM 2019-2025 est aujourd’hui atteinte à 82%. L’armée de Terre disposera de 80 000 SMB V2 à l’horizon 2024.

La différenciation – Études et prospective – Engagement opérationnel

La différenciation – Études et prospective – Engagement opérationnel


par le Lieutenant-colonel Emmanuel Meyer – CDEC – publié le 4 janvier 2022Saut de ligne

 

La différenciation amène une spécialisation des unités tant par l’équipement que par l’adaptation aux besoins opérationnels, qu’il s’agisse de combattre dans un milieu particulier ou de répondre à une innovation adverse.

Lorsqu’en décembre 2020 l’EMAT a arrêté le plan d’équipement, c’est-à-dire la distribution des différents engins de combat de la gamme SCORPION (synergie du contact renforcée par la polyvalence et l’infovalorisation), c’est une décision de différenciation qui fut prise, a contrario des études ayant cherché l’uniformisation par leur répartition homogène au sein de la force opérationnelle terrestre.

Cette décision a clos un long travail d’état-major dominé par les aspects capacitaires. Or c’est bien souvent sous cet angle que la différenciation est comprise et abordée, par le biais des ressources acquises, ou pouvant l’être, et de leur répartition. Elle n’en revêt pas moins des aspects opérationnels, qu’il s’agisse de s’adapter au milieu, avec des implications capacitaires et doctrinales, ou encore de transformer une force ou une opération pour l’adapter aux évolutions du contexte opérationnel.

 

1. ÉQUIPER.

Au regard de l’équipement, la différenciation est au moins aussi vieille que les armées constituées, voire les a précédées. Il n’est qu’à penser à l’obligation faite aux citoyens grecs de s’équiper à leur frais pour prendre rang dans l’armée de la cité, induisant de fait une différence entre l’infanterie « lourde » des hoplites et les peltastes, « voltigeurs » issus des franges les moins aisées de la société des hommes libres.

L’un des premiers ressorts de cette pratique est financier : plus un équipement est performant, plus il est coûteux, plus la formation de l’équipage est à la fois longue et onéreuse. Les contraintes budgétaires jouent donc à plein pour limiter les achats, obligeant de facto à établir un distinguo dans l’équipement des unités notamment quand le nombre, le facteur masse, s’avère déterminant. On peut alors jouer sur la qualité du matériel, sa technicité ou encore sur sa répartition, voire sur toutes les variables.

Les circonstances ayant présidé à la conception du VAB l’illustrent, quand il a fallu construire un « half-track NG » pour doter l’infanterie motorisée d’un transport protecteur d’un coût inférieur à celui des gammes AMX 10 et 13. Initialement palliative et conçue comme transitoire, cette solution s’est finalement avérée d’une adaptabilité et d’une longévité remarquables, montrant au passage qu’il est possible de différencier, spécialiser « au fil de l’eau » un engin aux caractéristiques initialement limitatives. On la retrouve à l’œuvre dans la définition technique des nouveaux engins Griffon et Serval, par exemple.

La différenciation par la répartition est une autre pratique. En constituant des parcs techniquement différents, elle offre une alternative aux limites quantitatives pour résoudre le dilemme du rapport entre budget et cible réalisable. Cette logique avait présidé à la concentration de nos matériels blindés et chenillés face à la menace principale dans les années 1970-1980, les forces du pacte de Varsovie, ce pour établir un équilibre, une forme de « parité capacitaire » de part et d’autre du Mur.

Cette clef de différenciation dans la constitution de la masse n’est pas sans conséquences sur l’emploi. Une fois encore, l’équipement des divisions soviétiques au tournant des années 1980, segmenté en trois catégories A, B, C l’illustre. Celles de catégories A recevaient les équipements les plus modernes quand celles cotées C se voyaient équipées de matériel tiré des stocks de la seconde guerre mondiale, B ménageant la transition avec un équipement de génération intermédiaire[1]. Si ces divisions étaient principalement destinées à opérer sur des fronts considérés comme secondaires, elles pouvaient aussi être engagées en premier échelon dans des secteurs primordiaux afin de saturer les défenses adverses et provoquer leur usure prématurée.

L’Armée populaire de libération (APL) ne procède pas autrement en transformant en drone ses chasseurs J6 Shenyang[2] pour les masser face à Taïwan dans un but que l’on peut supposer similaire dans l’espace aéromaritime.

 

2. ADAPTER.

Les caractéristiques matérielles se combinent souvent à des considérations technico-opérationnelles pour aboutir à une différenciation par les aptitudes. Une fois encore, il ne s’agit pas d’un phénomène récent : ainsi des ailes de cavalerie gauloises ou germaines, des formations d’archers berbères ou de frondeurs baléares donnant aux légions des capacités dont elles étaient initialement dépourvues.

Cette deuxième façon de différencier procède de l’observation, quand un équipement, un modus operandi ou une articulation particulière permet de combler un manque ou d’acquérir si ce n’est la supériorité opérationnelle, au moins un avantage décisif. Cette forme de différenciation aboutit à une double spécialisation des unités dans l’équipement et dans l’entraînement. On pensera ici aux troupes de montagne, recrutées, équipées et entraînées pour agir dans un milieu particulier. En effet, les chasseurs alpins sont apparus en réaction la menace militaire italienne poussant à adapter des formations d’infanterie légère, les chasseurs à pied puis à les différencier en reproduisant le modèle des Alpini. Les études sur les opérations en milieu souterrain, appuyées sur des troupes prédisposées comme les plongeurs de combat du génie, relèvent d’une logique similaire.

Cette pratique marque très nettement l’organisation et le fonctionnement des armées occidentales à qui elle confère une agilité intrinsèque. Forgée dans la succession des réformes initiées au XVIIe siècle, elle se traduit par un modèle ternaire avec d’un côté des formations « lourdes » pour la « grande guerre », légères pour la « petite guerre » et les opérations de sûreté, enfin des unités ancillaires. Les innovations des révolutions industrielles ont élargi ce modèle en ajoutant de nouveaux services, souvent techniques à l’instar des transmissions, ou de nouvelles armées comme celle de l’Air, mais sans fondamentalement le remettre en cause. Depuis le tournant des années 1930, l’articulation des armées de terre reste dirigée par le diptyque « grands unités d’infanterie » ou « formations blindées », celles des forces aériennes par la distinction entre escadres de chasse, de bombardement et de transport. Plus loin dans le temps, les forces navales sont toujours pensées au prisme du distinguo entre unités de ligne (unités navales de 1er rang), de course (de 2e rang) et navires cargo. Là encore, la distinction au filtre du triptyque lourd-léger-technique reste pertinent.

Cette forme de différenciation découle aussi d’une adaptation aux évolutions du champ de bataille. Tout à la fois dynamique et dialectique, ce mouvement vise à contrer tout avantage technico-opérationnel pris par l’adversaire et lui conférant à un moment une forme de supériorité dans la lutte. Il se traduit souvent d’un côté par un processus capacitaire, au départ appuyé sur le « recyclage » de l’existant pour réagir et niveler puis innover et reprendre l’ascendant, de l’autre une adaptation organisationnelle qui voit des unités se transformer pour s’adapter puis se différencier par l’emploi et la manœuvre.

Au fil de la première guerre mondiale, confrontée une menace croissante exercée directement ou indirectement depuis les airs, l’artillerie a donné naissance à des unités spécifiques de défense surface-air progressivement différenciées, au fil du temps non seulement du fait d’un équipement propre (mitrailleuses jumelées puis canons spéciaux, enfin missiles) mais aussi par des tactiques particulières, donc un entraînement idoine.

Cette forme de différenciation empirique, par l’observation et l’adaptation perdure. Les échanges entre alliés la confortent avec pour résultat paradoxal une relative homogénéisation des organisations militaires. L’exemple du génie et l’adaptation aux impératifs de lutte contre les engins explosifs improvisés le montre.

De la même façon, l’insertion de la robotique, domaine encore balbutiant et extrêmement sensible au regard des implications éthiques qu’il porte, répondrait à une logique similaire d’adaptation de l’appareil militaire aux évolutions du contexte d’emploi. La machine[3] se substituerait alors au soldat pour certaines tâches ancillaires, voire pour des actions au contact de l’adversaire. Et si les fonctions opérationnelles au tropisme technique, comme la défense surface-air, y sont naturellement intéressées, le saut à accomplir concerne prioritairement celles de contact et d’acquisition du renseignement ; nos armées y retrouveraient ainsi de la masse, de l’épaisseur autant humaine que technique.

 

3. DOMINER

L’élargissement du champ de bataille, l’apparition de nouveaux domaines de lutte, le « retour d’expérience » ou l’analyse après action, surtout en cas d’échec patent, conduisent aussi à des mécanismes d’adaptation et de différenciation.

L’apparition des unités amphibies en est l’illustration patente. Les unités de fusiliers embarquées apparaissent avec les formations navales réglées : troupes de marine françaises ; Marines britanniques ou Marinier Korps néerlandais. La différenciation dans l’emploi et l’équipement est une conséquence directe de l’échec cuisant du débarquement de Gallipoli[4]. Deux modèles ont fini par apparaître pour combattre à l’interface des milieux aéroterrestres et aéromaritimes. Le premier est intégré, c’est l’United States Marine Corps ; le second est circonstanciel à l’instar de la composante amphibie française articulée autour d’une unité navale spécialisée, la flottille amphibie (FLOPHIB) et deux brigades terrestres (6e BLB et 9e BIMa). Ces unités sont liées par une doctrine commune et entraînées à manœuvrer de conserve. Dans les deux cas, ces formations, soient-elles organiques ou circonstancielles, sont différenciées par l’équipement, l’entraînement et la doctrine, qui intègrent les particularités du milieu d’emploi. Un même schéma vaut pour les opérations aéroportées.

L’émergence de forces différenciées peut aussi résulter d’une logique de contournement. Dérivées des forces légères essentiellement dédiées à la « petite guerre », les forces spéciales ont trouvé leur coloration actuelle d’abord dans les combats du « faible au fort » menés par les Britanniques les premières années de la deuxième guerre mondiale. Il s’est d’abord agi de localiser et de clouer au sol les aéronefs des forces de l’Axe[5] et ainsi assurer la supériorité non seulement des branches de la Royal Air Force mais aussi de l’artillerie alliée ; elles se sont ensuite adaptées au contexte particulier de contre-insurrection des guerres de décolonisation puis au contre-terrorisme. Elles sont donc différenciées par essence, répondant à un cadre d’emploi particulier et limitatif, équipées et entraînées pour ce faire, notamment pour agir depuis et en étroite association avec les unités opérant dans la troisième dimension.

Plus récente, l’apparition des « cyberforces » relève de l’adaptation du modèle militaire, plus généralement sécuritaire[6], à l’émergence d’un nouveau milieu, l’espace cybernétique. Provenant de toutes les armées et services, les « cybercombattants » forment à l’évidence une troupe, et non un service technique, nativement différenciée par son cadre d’emploi, ses armes, et la doctrine en réglant l’emploi. En France, celle-ci couvre désormais l’ensemble du spectre pour répondre à la menace dans son intégralité.

La différenciation est une pratique consubstantielle aux armées qui s’étend d’ailleurs plus largement à l’ensemble de l’appareil sécuritaire : il n’est qu’à considérer la structuration des forces de l’ordre en tenue, entre unités territoriales, d’intervention, forces mobiles et spéciales.

Elle relève autant de considérations techniques de par les équipements que d’une logique d’aptitude opérationnelle qui combine matériel, entraînement et adaptation au milieu. Elle contribue donc en ce sens à maintenir si ce n’est une suprématie de nos forces, au moins une forme de supériorité permettant de dissuader ou de contrer l’opposant, voire de l’user, en phase de contestation, ou de lui porter des coups décisifs dans les périodes paroxystiques d’affrontement. En ce sens, l’insertion de formations robotisées, intrinsèquement différentes, s’insérerait dans cette logique pour redonner de la masse aux armées françaises en accroissant et élargissant leur potentiel de combat.

Surtout, consubstantielle aux pratiques organisationnelles des armées occidentales, la différentiation s’immisce désormais dans la conception des opérations sous la forme de l’adaptation des dispositifs. L’opération d’assistance « Amitié », navale et terrestre et pour cette composante articulée autour du génie, ou encore les glissements opérés au Sahel l’illustrent. Sur ce théâtre, l’opération fut d’abord nationale et coercitive, engageant des forces conventionnelles pour contrer une menace globalement dévoilée et concentrée. Elle a ensuite évolué pour prendre une dimension stabilisatrice régionale et interalliée et incluant un volet « réforme du secteur de sécurité – formation ». Elle évolue maintenant vers le contre-terrorisme et les opérations spéciales. A chaque changement, le dispositif s’est différencié dans son articulation et sa disposition pour s’adapter aux évolutions du contexte opérationnel et ainsi, conserver une forme de supériorité sur les adversaires, au moins rester en adéquation avec leur évolution.

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[1] Cette pratique est à distinguer des transitions qui font coexister différentes générations de matériel au sein d’une même unité le temps des livraisons.

[2] F6 Farmer dans la nomenclature occidentale, il s’agit d’une version chinoise du chasseur russe MiG19. In www.opex360.com, « la Chine aurait transformé d’anciens avions de combat J6 en drones », Laurent Lagneau, 22/10/2021.

[3] Sous forme de système d’armes létaux intégrant de l’autonomie (SALIA) pour tenir compte des limites déontologiques et légales fixées par le gouvernement.

[4] On pourra se référer, entre autres, à Max Schiavon, le front d’Orient : du désastre des Dardanelles à la victoire finale 1915-1918, Paris, Tallandier (coll. Texto), 2016.

[5] L’apparition des forces spéciales soviétiques, les spetsnaz du GRU, a répondu à une logique similaire de localisation et de neutralisation des armes nucléaires tactiques occidentales comme de leur commandement.

[6] Confrontés à cette même apparition, les services de renseignement tout comme les forces de l’ordre se sont dotés d’unités spécifiques pour agir dans ce milieu très particulier.