La DGA souhaite accélérer « un peu » sur les canons électromagnétiques

La DGA souhaite accélérer « un peu » sur les canons électromagnétiques


Les affrontements en Ukraine le rappellent presque quotidiennement : un effort quantitatif et qualitatif sur les feux longue portée est devenu inévitable. Le développement de canons électromagnétiques reste l’une des réponses envisagées, un sujet pour lequel la Direction générale de l’armement souhaite maintenant accélérer le tempo.

Le principe du canon électromagnétique, le délégué général pour l’armement, Emmanuel Chiva, le résumait mieux que personne lors d’une récente audition parlementaire relative aux RETEX du conflit russo-ukrainien. « Il s’agit d’envoyer un projectile entre deux rails dans lesquels on fait circuler une différence de potentiel électrique très importante. La charge n’est pas explosive mais elle va tellement vite qu’elle ionise l’atmosphère ». Résultat : jusqu’à 200 km de portée, une vitesse hypersonique donc une réduction du temps de vol, et une énergie cinétique à l’impact plus importante. Sans parler de l’absence de tête militaire et de poudre propulsive contribuant à la sécurité du lanceur et du personnel.

Avec de tels arguments, cette technologie reste « une arme extrêmement intéressante » pour combler le trou entre l’artillerie conventionnelle, dont la portée est limitée à 70-80 km, et les missiles, capables de frapper à plusieurs centaines de kilomètres mais très coûteux donc réservés à certaines cibles. Seul hic : les quelques initiatives européennes n’ont pas encore quitté l’enceinte du laboratoire. Et PILUM, seule solution européenne visible actuellement, a fixé l’horizon du premier démonstrateur à taille réelle à 2028. Trop loin si l’on en croit le DGA.

« Nous aimerions accélérer un peu la feuille de route en la matière », souligne-t-il. Pour lui, le canon électromagnétique relève en effet des « démonstrateurs ‘signants’ ». Autrement dit, des dispositifs qu’il souhaite introduire dans une future loi de programmation militaire pour 2024-2030 « qui a certes pour objet de permettre la remontée en puissance de nos armées, mais aussi d’éclairer l’avenir : il s’agit de préparer les guerres du futur avec du matériel de demain et non d’hier ou d’aujourd’hui ».

« Le défi, s’agissant de l’avenir de cette technologie, réside dans le passage à l’échelle ». La traduction en applications se heurte en effet à plusieurs obstacles. Parmi ceux-ci, l’énergie. Chaque tir en requiert une très grande quantité durant un laps de temps très court. « Lorsqu’on a besoin d’un mur entier de condensateurs pour pouvoir stocker et libérer une grande quantité d’énergie de manière quasi instantanée – comme c’est le cas, d’une façon générale, pour les armes à énergie dirigée, qu’il s’agisse de lasers ou de systèmes électromagnétiques – cela suppose des infrastructures adaptées », souligne Emmanuel Chiva.

Alors, en l’état actuel des choses, l’intégration sur plateforme navale reste la plus à même d’émerger en premier. Toute application terrestre, sur un camion par exemple, nécessitera de progresser sur la miniaturisation des sources d’énergie. « Toutes les pistes sont à l’étude, y compris celle du nouveau nucléaire », mentionne à ce titre le DGA.

La voie électromagnétique, seuls quelques pays sont en mesure de la poursuivre aujourd’hui. Ce sont, par exemple, les États-Unis, bien qu’en retrait au profit des missiles hypersoniques, le Japon, mais aussi la France. Les deux derniers ont d’ailleurs décidé de coopérer sur le sujet, signale le DGA. Paris mise pour sa part sur les travaux de PILUM, consortium mené depuis avril 2021 par l’Institut franco-allemand de recherches de Saint-Louis (ISL) et financé via le dispositif d’action préparatoire sur la recherche en matière de défense (PADR). Il doit s’achever cette année. Le Fonds européen de la défense (FEDef) prendra le relais via un appel à projets lancé à l’été dernier et clôturé en novembre.

La finalité recherchée par l’Europe ? Un canon de moyen calibre pour des applications navales et terrestres. Sa mission principale relèvera de la défense antiaérienne et en particulier face aux missiles et menaces de type RAM, l’artillerie venant dans un second temps. La masse du projectile est pour l’instant évaluée à entre 3 et 5 kg pour une vitesse de bouche de 2000 m/s (ou 7200 km/h). Deux modèles sont envisagés : un pénétrateur cinétique et une charge à fragmentation/airburst. L’apport en énergie sera modulaire et reposera sur une technologie XRAM maîtrisée, entre autres, par l’ISL. Aux futurs acteurs retenus de plancher sur deux modules différents en optimisant leurs taille, poids et performances.

L’Europe en est consciente, la recherche dans ce domaine s’inscrit dans le temps long. La démonstration d’un système complet annoncée par PILUM dépasse le champ d’un appel à projets dont l’objet est surtout de faire progresser en maturité les composants critiques et tout particulièrement le volet énergétique. Les moyens alloués doivent néanmoins permettre un changement d’échelle. Quand le PADR avait octroyé 1,5 M€ sur deux ans aux neuf partenaires de PILUM, le FEDef prévoit une enveloppe de 15 M€. Une preuve parmi d’autres que le sujet reste pertinent. Reste à voir si la volonté d’accélération sera partagée par tous ou si la France devra faire cavalier seul, effort financier supplémentaire à la clef.

Le 61e Régiment d’Artillerie va entrer en « phase d’appropriation » du drone tactique Patroller

Le 61e Régiment d’Artillerie va entrer en « phase d’appropriation » du drone tactique Patroller

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En effet, conçu à partir du motoplanneur allemand Stemme S15, le Patroller doit afficher des performances proches de celles d’un drone MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance], avec la capacité d’évoluer à une altitude de 20’000 pieds pendant 20 heures. Et cela n’est pas sans conséquence sur la formation des « télépilotes » du 61e RA, ceux-ci devant alors se préparer à la licence de pilote privé « avion ».

Une « partie du travail consistera à former les opérateurs – les pilotes de systèmes de drones. […] Mais le vol n’est qu’une première étape : il faut aussi une parfaite intégration en termes de coordination 3D avec aussi les différents intervenants des armées et principalement avec l’armée de l’Air », avait expliqué le général Thierry Burkhard, quand il était encore chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], en 2019. Il sera « également essentiel de bien orienter ces capteurs, dans les bonnes zones » et il y aura « également le travail d’analyse des images qui nécessite toute une chaîne d’exploitation », avait-il ajouté.

Seulement, l’accident d’un Patroller lors d’un « vol de réception industrielle », en décembre 2019, a remis en cause le calendrier des livraisons étant donné qu’il a fallu en trouver la cause et y remédier.

Quoi qu’il en soit, le projet de finances pour 2022 annonçait la livraison des 14 drones tactiques attendus par le 61e RA. Mais cet objectif fut revu à la baisse par Joël Barre, le Délégué général pour l’armement [DGA], lors d’une audition au Sénat. « Le Patroller a repris ses essais en Finlande avec succès. Depuis, la dernière version logicielle a revolé sur un prototype piloté. Nous attendons les premières livraisons fin 2022 avec 10 appareils sur les 14 prévus », avait-il dit.

Combien de drones ont effectivement été livrés? Difficile à dire puisque, sauf erreur, leur livraison n’a fait l’objet d’aucune annonce officielle. En tout cas, le 61e RA en dispose de quelques exemplaires, si l’on en juge par de récentes photographies publiées sur les réseaux sociaux.

Mieux encore : les « Diables Noirs » vont pouvoir, enfin, entamer la « phase d’appropriation » du Patroller. C’est en effet ce qu’indique le calendrier des activités que l’armée de Terre a publié pour le premier semestre 2023.

« L’armée de Terre s’est lancée en 2019 dans une phase de renouvellement de ses capacités drones [‘Ambition drones’], dont l’objectif est notamment de déployer dans chaque entité tactique un système drones adapté à ses besoins [autoprotections, surveillance, acquisition d’objectifs etc.]. Le cycle 2022-2023 est principalement marqué par la livraison des premiers drones SDT Patroller au 61e RA, clef de voute de la trame drones de l’armée de Terre », lit-on dans le document.

Par rapport au SDTI, dont la fiabilité n’a pas toujours été au rendez-vous, le Patroller va permettre à l’armée de Terre de récupérer certaines capacités, comme la surveillance du champ de bataille au moyens de radars, assurées, fut un temps, par le Cougar HORIZON [Hélicoptère d’observation radar et d’investigation sur zone]. En effet, le drone de Safran est équipé de radar PicoSAR AESA qui, fourni par l’italien Leonardo, permet de « détecter des cibles mobiles terrestres et collecter des images grâce au radar à synthèse d’ouverture [RSO ou SAR, pour Synthetic Aperture Radar] ».

Par ailleurs, la boule optronique Euroflir 410, le Patroller pourra emporter une charge de guerre électronique [mais pas dans l’immédiat..] ainsi qu’une nacelle de désignation laser… pour les obus guidés proposés par Nexter, savoir le MPM [Metric Precision Munition] de 155 mm et le MPM de 120 mm. Enfin, il sera éventuellement armé [roquettes et/ou missiles Akeron].

La livraison de radars GM-200 et le soutien des CAESAr ont été au menu de la visite de M. Lecornu à Kiev

La livraison de radars GM-200 et le soutien des CAESAr ont été au menu de la visite de M. Lecornu à Kiev

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En revanche, ce déplacement a été l’occasion pour M. Lecornu d’évoquer avec Oleksii Reznikov, son homologue ukrainien, ainsi qu’avec le président Volodymyr Zelenski, les capacités qui font actuellement défaut aux forces ukrainiennes.

Il s’est agi de « bâtir un agenda de soutien militaire de la France à l’Ukraine pour les prochaines semaines et les prochains mois. J’ai des propositions à faire au président de la République, d’une part, et d’autre part, […] on a créé un fonds de soutien, assez inédit d’ailleurs [car] on est le seul pays à l’avoir mis en place, de 200 millions d’euros […] qui permettra à l’Ukraine de directement s’approvisionner auprès des industries de défense françaises. C’était l’occasion de faire un point d’étape important sur ce sujet », a en effet expliqué M. Lecornu, sur les ondes de RTL, ce 29 décembre.

Mais au-delà d’éventuelles livraisons d’équipements militaires, l’un des enjeux majeurs est d’assurer le maintien en condition opérationnelle [MCO] de ceux qui ont déjà été envoyés aux forces ukrainiennes. À commencer par les 18 Camions équipés d’un système d’artillerie [CAESAr], prélevés sur la dotation de l’armée de Terre française. Or, ces pièces d’artillerie ont été intensivement utilisées.

« Certains dégâts deviennent sérieux sur les CAESAr », a admis M. Lecornu, d’après Le Figaro. Et leur taux de disponibilité « inquiète » l’armée ukrainienne. On savait que l’un d’entre-eux avait récemment été touché par une munition rôdeuse russe de type « Lancet » [et il est désormais hors d’usage]. Mais d’autres, avance le quotidien, sont « immobilisés pour maintenance ». Et d’ajouter : « La partie ‘camion’ a souffert. Des tourelles doivent parfois être remplacées. Les tubes des canons vont aussi bientôt devoir être réparés ».

A priori, l’idée est de permettre à l’Ukraine, quand c’est possible, d’assurer elle-même la maintenance des CAESAr. Sur ce point, M. Reznikov a dit souhaiter « davantage de coopération avec les entreprises françaises pour faciliter les réparations » sur place.

Cela étant, et comme l’a encore montré la nouvelle vague de 120 missiles russes tirés contre des infrastructures essentielles ukrainiennes, ce 29 décembre, l’urgent pour Kiev est de renforcer ses capacités de défense aérienne. Déjà, l’Ukraine a déjà reçu des systèmes IRIS-T SLM, Hawk et NASAMS de la part de certains de ses partenaires. Et les États-Unis lui ont promis une batterie Patriot PAC-3 qui ne sera cependant opérationnelle d’ici plusieurs semaines.

« On a besoin de donner des moyens de légitime défense à l’Ukraine. On n’est pas sur des moyens offensifs mais bien sur des moyens défensifs », a fait valoir M. Lecornu auprès de RTL. « Donc, on l’a fait avec des batteries de missiles CROTALE récemment [deux unités, pour la défense à courte portée, ndlr] ainsi qu’avec des missiles MISTRAL [à très courte portée, ndlr] », a-t-il ensuite rappelé.

Ces moyens devraient être complétés par au moins un radar de détection aérienne GM-200 [ou Ground Master 200], produit par Thales. En tout cas, Kiev en a fait la demande auprès de la France.

« On a évidemment des discussions sur les radars de longue portée, comme le radar de Thales GM-200. C’est un des dossiers qu’on a fait aboutir lors de ce déplacement à Kiev », a affirmé le ministre des Armées.

Selon Thales, le GM-200 est un radar de moyenne portée qui « couvre une gamme complète de menaces, depuis les engins volant à faible vitesse et basse altitude, jusqu’aux objectifs furtifs et hautement manœuvrants » et il « peut également détecter les hélicoptères dissimulés derrière le relief ou la végétation et pouvant surgir inopinément ».

Ce radar, basé sur le GM400α [de longue portée, ndlr], possède de « capacités de détection et d’alerte » offrant aussi aux combattants une « protection face aux roquettes, aux tirs d’artillerie et de mortiers ». En outre, il permet également de disposer « simultanément des coordonnées des tirs et des impacts pour de multiples menaces ».

Par ailleurs, l’Ukraine souhaite également obtenir au moins un un système franco-italien Sol-Air Moyenne Portée / Terrestre [SAM/T] « Mamba ». Récemment, M. Reznikov a assuré que « Paris avait réagi positivement » à cette demande… Mais qu’il restait à convaincre l’Italie, qui n’en possède que cinq exemplaires.

A priori, la président du conseil italien, Georgia Meloni, qui vient de débloquer une nouvelle aide de 10 millions d’euros en faveur de l’Ukraine, a promis des systèmes de défense aérienne à M. Zelensky. Mais sous réserve, à précisé son ministre de la Défense, Guido Crosetto, que cela « n’affaiblisse pas les capacités » des forces transalpines.

En tout cas, selon M. Lecornu, des discussions sont encore en cours avec l’Italie sur ce sujet. Mais, a-t-il dit, « il est encore trop tôt pour se prononcer ». Cela étant, a-t-il continué, le président Macron « nous a justement demandé des schémas du possible mais ce sont des unités dont a besoin pour protéger le sol et le ciel français ». Pour rappel, l’armée de l’Air & de l’Espace ne dispose que de huit systèmes Mamba.

Artillerie : L’Ukraine dit avoir reçu au moins un des deux Lance-roquettes unitaires promis par la France

Artillerie : L’Ukraine dit avoir reçu au moins un des deux Lance-roquettes unitaires promis par la France

 

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Cela étant, pour conserver une capacité de « feux dans la profondeur », il fut décider de transformer 13 de ces LRM en « Lance-roquettes unitaires », capables d’expédier des roquettes à charge explosive unitaire M31 sur des cibles situées à 70 km de distance, avec une très grande précision. Mis en oeuvre par le 1er Régiment d’Artillerie [RA], ce système n’a depuis été engagé qu’une seule fois en opération, au Sahel en l’occurence, dans le cadre de Barkhane. Et, selon le sénateur Cédric Perrin, seulement huit exemplaires seraient encore opérationnels.

 

Pour rappel, le LRU est issu d’un programme ayant associé les États-Unis, qui ont fourni le châssis chenillé BRADLEY M, la France, l’Allemagne [avec Krauss-Maffei Wegmann pour maître d’oeuvre industriel] et le Royaume-Uni.

Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, le 20 novembre, Sébastien Lecornu, le ministre des Armées, avait confirmé la livraison de deux LRU, « pour la frappe terrestre en profondeur », aux forces armées ukrainiennes, au titre de l’aide militaire française à l’Ukraine. Et cette promesse a été tenue.

En effet, via Twitter, ce 29 novembre, Oleksii Reznikov, le ministre ukrainien de la Défense, s’est félicité de la livraison de LRU à Kiev [sans toutefois en préciser le nombre].

 

« Le LRU français est arrivé en Ukraine. L’armée ukrainienne est maintenant encore plus puissante pour dissuader et détruire l’ennemi. C’est un résultat visible de l’amitié entre les président Zelensky et Macron. Merci à Sébastien Lecornu, au gouvernement et aux habitants de la France », a ainsi déclaré M. Reznikov.

Outre les M142 HIMARS américains, l’Ukraine a également reçu un certain nombre de MLRS de la part du Royaume-Uni [au moins quatre], de l’Allemagne [sous la désignation « MARS II », quatre unités] et de l’Italie [nombre non précisé].

L’aide française, qui devrait s’enrichir d’un fonds spécial doté de 200 millions d’euros, prévoit la livraison de deux systèmes de défense aérienne CROTALE NG et de radars, a priori, de contre-batterie. Pour le moment, ces équipements n’ont apparemment pas été encore envoyés en Ukraine.

Quant à l’armée de Terre, elle a l’intention de remplacer les LRU qui lui reste d’ici à 2027, soit avant leur fin de vie. « La guerre en Ukraine nous enseigne que les feux très longue portée sont décisifs : il nous faut réfléchir sur la solution à retenir », a en effet récemment déclaré le général Pierre Schill, son chef d’état-major, devant les sénateurs.

Les gagnants et perdants de l’ajustement budgétaire 2022 des armées

Les gagnants et perdants de l’ajustement budgétaire 2022 des armées

par – Forces opérations Blog – publié le

Entre deux données sur le prochain budget des armées, les rapports parlementaires détaillent pour la première fois certaines décisions prises lors de l’ajustement annuel de la programmation militaire (A2PM) 2022. Au rang des « gagnants » du volet terrestre, le drone Patroller et les feux longue portée.

L’exercice se répète chaque année et tient compte du contexte en plus de l’évolution classique de la « vie des programmes ». L’A2PM 2021 avait ainsi intégré les conséquences de la crise sanitaire et les conclusions de l’actualisation stratégique. L’A2PM 2022 rebat à son tour quelques cartes et ajoute des besoins nouveaux parfois corrélés aux premières leçons tirées du conflit en Ukraine.  

Derrière le financement des éléments de connectivité aéronautique pour le MRTT et le Rafale, derrière l’accélération de la préparation de la rénovation à mi-vie des frégates de défense aérienne pour s’aligner avec l’Italie, l’A2PM 2022 formalisait l’ajout de nouveaux sujets dans la programmation. Parmi ceux-ci, la « frappe longue portée terrestre ». Les affrontements en Ukraine ont révélé le caractère échantillonaire des moyens en service dans l’armée de Terre dans ce segment, limités à huit lance-roquettes unitaires (LRU) opérationnels sur les 12 disponibles.

De ce programme relatif aux feux longue portée, les rapports parlementaires n’en disent pas plus. Ces courtes mentions viennent néanmoins s’ajouter aux autres signaux allant dans le sens d’une inflexion majeure dans la prochaine loi de programmation militaire 2024-2030. « Les feux à longue portée reposent aujourd’hui sur les LRU qui arriveront en fin de vie en 2027 et devront être remplacés par des capacités similaires. La guerre en Ukraine nous enseigne que les feux très longue portée sont décisifs : il nous faut réfléchir sur la solution à retenir », indiquait à ce titre le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Pierre Schill, le mois dernier lors d’une audition sénatoriale.

Autre point de fragilité mis en lumière par le conflit russo-ukrainien, une défense sol-air réduite dans l’armée de Terre aux postes Mistral et à une poignée de canons de 20 mm, de fusils anti-drones et de VAB ARLAD. « Le contexte a changé, et il n’est pas exclu pour l’armée de Terre ou pour la Marine de devoir intervenir dans un environnement où la supériorité aérienne n’est plus durablement acquise », soulignait le chef d’état-major des armées, le général Thierry Burkhard, mi-octobre devant les sénateurs. Selon le député Renaissance Jean-René Cazeneuve, « une remontée en puissance des investissements dès 2023 a été décidée » dans le cadre de la dernière A2PM.

Ici aussi, pas de détails mais des échos à prendre avec des pincettes. Fin septembre, le cas des stocks de Mistral était ainsi évoqué par le ministre des Armées, Sébastien Lecornu. « Le retour d’expérience du conflit en Ukraine nous enseigne que nous devrons compléter nos stocks en 2023 », avait-il déclaré aux députés, ajoutant que « nous procéderons à un réassort important en munitions ». Sans toutefois relier explicitement cette annonce à l’ajustement réalisé cette année.

Dernier gagnant cité, le système de drones tactiques (SDT) Patroller. L’A2PM 2021 avait acté le décalage du lancement de l’étape 2 du programme de 2024 à 2025. L’A2PM 2022 semble être celui du rétropédalage partiel avec l’anticipation des premières commandes de la seconde phase. Une volonté retranscrite dans le PLF 2023, qui prévoit l’engagement de 175 M€ pour couvrir notamment « les compléments pour atteindre cinq systèmes opérationnels, le soutien initial, l’acquisition d’équipements de mission complémentaires ».

Comme d’accoutumée, le lancement ou l’accélération d’un programme implique d’en décaler d’autres pour maintenir l’équilibre budgétaire. Et, comme en 2021, cette logique déteint sur la conduite du programme phare de l’armée de Terre, le renouvellement du segment médian via les véhicules et matériels SCORPION.

Première conséquence : le décalage des commandes de véhicules Serval, heureusement « sans impact sur le calendrier de livraison ». D’après le projet de loi de finances, 420 véhicules seront commandés et 119 livrés l’an prochain. Ne resteront que 194 exemplaires à acquérir après 2023 pour atteindre la cible de 978 véhicules dans les forces d’ici à 2025.

Seconde conséquence : l’ajustement de la répartition du jalon intermédiaire de la cible SCORPION entre les Griffon, Jaguar, Serval et le char Leclerc rénové. Fixé à 50% des véhicules livrés à l’horizon 2025, ce jalon a été ramené à 45% l’an dernier, entre autres en raison d’impératifs industriels et pour financer la pérennisation du char Leclerc. L’objectif des 122 chars Leclerc XLR livrés à fin 2025 serait donc, du moins à première vue, lui aussi revu à la baisse. Le chiffre de 90 exemplaires fournis aux forces au lieu de 110 avait été évoqué dès la fin 2021.

Enfin, la soutenabilité de l’A2PM 2022 et la reconstitution des stocks cédés à l’Ukraine a été assurée par le report du programme VLTP non protégé version sanitaire (SAN). Son lancement en réalisation, à l’origine prévu pour cette année, attendra un peu. Cette décision n’aura pas empêché la publication d’un appel d’offres pour le développement et la fourniture d’une centaine de véhicules, dont les 50 premiers devaient initialement être commandés en 2022.

Artillerie : L’armée de Terre voudrait remplacer ses lance-roquettes unitaires d’ici 2027

Artillerie : L’armée de Terre voudrait remplacer ses lance-roquettes unitaires d’ici 2027

http://www.opex360.com/2022/11/22/artillerie-larmee-de-terre-voudrait-remplacer-ses-lance-roquettes-unitaires-dici-2027/


 

En effet, en janvier 2021, dans une réponse à une question écrite posée par le député Patrick Hetzel, le ministère des Armées avait expliqué que le renouvellement de cette capacité, à l’horizon 2030, devait se faire dans le cadre d’un « dialogue » avec l’Allemagne, celle-ci étant également dotée d’un système similaire. Et il avait aussi souligné l’importance des projets européens FIRES [Future Indirect fiRes European Solutions] et E-COLORSS [European COmmon LOng Range indirect Fire Support System], lesquelles visent à accroitre la portée et la précision des pièces d’artillerie tout en réduisant leurs vulnérabilités.

Ces projets, en particulier E-COLORSS, pourraient « notamment permettre de préparer une solution européenne pour le remplacement du châssis et de la conduite de tir LRU à l’hozizon 2030 », avait indiqué le ministère. Ce qui suggérait alors qu’une « régénération » de ces systèmes d’artillerie serait privilégiée… En outre, rien n’avait été dit au sujet des munitions, alors que, outre-Rhin, des travaux étaient en cours dans ce domaine. Travaux dont les résultats ont depuis été présentés lors du dernier salon EuroSatory, avec le Joint Fire Support Missile [JFS-M] de MBDA Deutschland…

Quoi qu’il en soit, la guerre en Ukraine a changé la donne… bien que la prédominance de l’artillerie dans les combats peut s’expliquer par l’absence de supériorité aérienne pour les deux belligérants. Cela « a eu pour conséquence un retour au combat classique pour les forces au sol, avec la violence et l’attrition associées », a récemment estimé le général Stéphane Mille, le chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace [CEMAAE], prechant ainsi pour sa « paroisse ».

Le général Charles Brown [son homologue américain, ndlr] « l’analyse de façon simple et une caricaturale en disant qu’en l’absence de maîtrise du ciel, la guerre reprend les caractéristiques de la première guerre mondiale, marquée par la prédominance de l’artillerie », a dit le CEMAAE aux députés, lors de son passage devant le commission de la Défense, en octobre.

En tout cas, s’agissant du LRU, la « guerre en Ukraine montre combien les feux dans la profondeur prennent de l’importance, l’arme aérienne intervenant également en complémentarité », a fait valoir le général Thierry Burkhard, le chef d’état-major des armées [CEMA], lors d’une audition au Sénat. « Le programme de l’armée de Terre prévoyait de remplacer le LRU, déjà vieux d’une vingtaine d’années, et que les États-Unis ont déjà remplacé [par le M142 HIMARS]. Il est essentiel que nous disposions d’une capacité de feux dans la profondeur », a-t-il ajouté.

Devant la même commission sénatoriale, le général Pierre Schill, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT] a été plus précis dans ses attentes, évoquant également les CAESAr [Camions équipés d’un système d’artillerie], dont le renouvellement est également prévu dans le cadre d’une coopération avec l’Allemagne, avec le programme « Common Indirect Fire System » [CIFS], lequel ne se concrétisera pas avant… 2045.

« Tout d’abord, le champ de bataille peut devenir transparent en fonction des moyens en notre possession », a d’abord souligné le CEMAT. Ensuite, a-t-il continué, « dès que la transparence est acquise, l’enjeu est celui de la létalité », c’est à dire qu’il faut « frapper » dès que l’information sur une cible est reçue.

« Notre objectif est fixé à 109 canons CAESAr couplés à l’acquisition de munitions ciblées », a enchaîné le général Schill. Quant aux « feux à longue portée », ils « devront être remplacés par des capacités similaires » quand les LRU « arriveront en fin de vie en 2027 », a-t-il précisé. « La guerre en Ukraine nous enseigne que les feux très longue portée sont décisifs : il nous faut réfléchir sur la solution à retenir », a-t-il conclu, avant de souligner l’importance de disposer de drones armés, de munitions téléopérées et de capacités « consolidées » d’infiltration et de frappe longue portée des hélicoptères de l’Aviation légère de l’armée de Terre [ALAT].

Un canon CAESAR fourni aux Ukrainiens touché par une munitions rôdeuse russe

Un canon CAESAR fourni aux Ukrainiens touché par une munitions rôdeuse russe

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par Philippe Chapleau – Lignes de défense – publié le 16 novembre 2022

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/


Un des 18 canons Caesar fournis par la France aux forces armées ukrainiennes a été touché par une munition rodeuse Lancet. Une vidéo en témoigne. Elle est à voir ici.

Merci à @Harry_Boone

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Une partie des servants a réussi à échapper à la frappe; on les voit s’éloigner en courant. 

“1st blood” 1er SPH Caesar ukrainien touché par une munition rodeuse Lancet. On soulignera quand même la survivabilité de la bête passée entre les gouttes depuis plusieurs mois.

Des HIMARS pour la France ?

Des HIMARS pour la France ?

– Forces opérations Blog -publié le

Des lance-roquettes multiples HIMARS pour la France ? L’idée, qui aurait paru saugrenue il y a un an et fera bondir les partisans du principe de souveraineté, est désormais évoquée dans les rangs politiques. Principal argument avancé : le renouvellement et le renforcement anticipé des capacités de frappe dans la profondeur de l’armée de Terre.  

C’est peut-être, à l’instar du missile antichar Javelin, l’un des armements les plus emblématiques parmi tous ceux fournis à l’Ukraine pour la soutenir dans son combat face à la Russie. Le HIMARS, ce lance-roquettes multiples fabriqué aux États-Unis par Lockheed Martin et livré à une vingtaine d’exemplaires aux forces ukrainiennes suscite toujours plus d’intérêt de la part des armées de l’OTAN. Jusqu’en France ? Un scénario en apparence impensable mais que le député François Cormier-Bouligeon (Renaissance) n’hésite pas à mentionner dans son rapport pour avis pour le projet de loi de finances 2023. 

Dans son rapport sur les crédits alloués aux équipements, celui-ci relève que les personnes auditionnées « se sont, par ailleurs, accordées sur la nécessité de prioriser les équipements qui devront faire l’objet d’un effort rapide dans la prochaine loi de programmation militaire ». Il en ressort qu’un effort à court terme devrait porter sur les feux dans la profondeur. Un constat en partie partagé par l’État-major de l’armée de Terre (EMAT), qui, dans un document daté de juillet dernier, classe les feux dans les capacités « à acquérir en nombre suffisant ». La frappe dans la profondeur y repose sur deux piliers : la rénovation à mi-vie du lance-roquettes unitaire (RMV LRU) et les « feux longue portée terrestres ». 

Des LRU français, il n’en reste en théorie que 13 exemplaires en service au sein du 1er régiment d’artillerie, voire probablement moins selon certains parlementaires. Trois d’entre eux pourraient être donnés à l’Ukraine. Est-il donc toujours opportun de lancer un programme de rénovation pour une poignée de véhicules ? D’après François Cormier-Bouligeon, il ressort des échanges menés en vue de son rapport « qu’un des objectifs de la prochaine LPM devrait être d’anticiper leur renouvellement, afin d’être en mesure d’acquérir une nouvelle capacité plus rapidement, à l’image des lance-roquettes M142 HIMARS américains, qui disposent d’une portée de 300 km (contre 40 km pour les systèmes de canons CAESAr) ». 

L’idée d’un « HIMARS français » a un temps été étudié dans les rangs industriels français. Mais le projet, construit semble-t-il à partir d’un châssis de CAESAR, n’a pas dépassé le stade de la planche à dessin. Aujourd’hui, une solution nationale ne paraît pouvoir émerger avant au moins une quinzaine d’années, horizon d’ailleurs fixé pour le programme franco-allemand d’artillerie du futur (CIFS) supposé succéder aux CAESAR et LRU. Seul l’HIMARS est dès lors à même de répondre à l’urgence. 

Reste que, à supposer que la France franchisse ce pas dans sa LPM 2024-2030, elle ne fera que s’ajouter à une liste déjà longue de clients. Dès le mois de mai, la Pologne a engagé un processus visant à l’acquisition de 500 exemplaires. D’autres ont suivi le mouvement, à commencer par les trois pays baltes. Tallinn en souhaite 36, Vilnius 8 et Riga 6. Et c’est sans compter sur les autres contrats à l’export en cours de réalisation et les besoins accrus du client national. 

Face à une demande croissante, Lockheed Martin a décider de retrousser ses manches. Mi-octobre, son PDG, James Taiclet, a annoncé la mise en place d’un plan d’accélération en coordination avec sa chaîne de sous-traitance. Le géant américain a ainsi déjà investi 65 M$ sur fonds propres pour réduire les délais. Il espère à terme doubler sa capacité de production pour parvenir à sortir jusqu’à 96 HIMARS par an à compter de l’été prochain, contre 48 début 2022. 

Le retrait du Transall ne sera que « partiellement compensé » par la montée en puissance de l’A400M en 2023

Le retrait du Transall ne sera que « partiellement compensé » par la montée en puissance de l’A400M en 2023

 

http://www.opex360.com/2022/10/06/le-retrait-du-transall-ne-sera-que-partiellement-compense-par-la-montee-en-puissance-de-la400m-en-2023/


 

En effet, ce document donne la disponibilité des grandes catégories d’équipements par rapport « aux exigences des contrats opérationnels » de chaque armée, sans pour autant entrer dans les détails. Plus précisément, cet indicateur « mesure le ratio du niveau de matériels effectivement disponibles rapporté au besoin généré par les contrats opérationnels les plus dimensionnants et au besoin organique [formation, entraînement, plastron, essais…]. Et le « matériel qui répond aux exigences de sa finalité principale est considéré comme disponible ».

Ainsi, le PAP pour le programme 178 précise les taux de disponibilités pour les deux années précédentes ainsi que les prévisions – souvent optimistes – pour celle en cours et les suivantes. Et selon le document annexé au PLF 2023, on constate que certains équipements connaissent encore des difficultés… Tel est le cas des hélicoptères de l’Aviation légére de l’armée de Terre et de la Marine nationale.

Ainsi, le taux de disponibilité des hélicoptères de manœuvre et d’assaut [HMA] de l’ALAT [NH-90, Cougar, etc] a été de 43% en 2021, l’objectif étant qu’il soit de 58% en 2025. « La révision à la baisse de l’activité a conduit à décider une baisse de la disponibilité prévisionnelle associée aux flottes HMA. Toutefois, les efforts des unités de maintenance de l’armée de Terre et les performances des contrats ‘verticalisés’ CHELEM [Cougar-Caracal] et NOS [NH-90 Caïman] visent une hausse de la disponibilité dès 2025 », est-il avancé dans le PAP.

S’agissant toujours de l’armée de Terre, la disponibilité des pièces d’artillerie de 155 mm est logiquement attendue en forte baisse [de 76% à 59% en 2025], après la cession de 18 CAESAr à l’armée ukrainienne. Ce qui, selon le document, « impose de maintenir au mieux le parc [d’obusiers] AUF1 en attendant le recomplètement des CAESAr cédés et ensuite la livraison des 33 CAESAr supplémentaires pour atteindre la cible du format à 109 canons ». Et d’ajouter : « Les données fournies ici ne tiennent pas compte des efforts consentis dans le cadre des travaux sur ‘l’économie de guerre’ et des engagements des industriels à accélérer les livraisons. L’augmentation du parc de canons de 155mm qui devrait en résulter en 2024 et 2025 n’est à ce stade pas chiffrable ».

Pour en revenir aux hélicoptères, ceux de la Marine nationale ont affiché un taux de disponibilité de 46% en 2021. Ce qui n’est pas surprenant au regard des difficultés des NH-90 NFH… « La cible 2023 est revue à la baisse [56%, ndlr], principalement en raison d’un fort taux d’immobilisation au Soutien Industriel [retards persistants des chantiers capacitaires], auquel s’ajoutent les retards de livraison de la flotte intérimaire et, pour la flotte Caïman, la lourdeur du plan de maintenance et des difficultés technico-logistiques notamment liées à la corrosion. Au regard de cette situation et en dépit de la baisse évoquée, l’objectif de disponibilité envisagé correspond cependant aux attentes fortes d’une amélioration des résultats », note le PAP du programme 178.

Les situation des hélicoptères de l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE] est meilleure, avec un taux de disponibilité de 72% en 2021 [mais qui était de 88% en 2020…]. Le PAP prévoit une hausse de cette indicateur pour la période 2022-25, « notamment suite à la montée en puissance progressive de la flotte Caracal et celle de la flotte MFHM [Modernisation de la Flotte Hélicoptères de Manœuvre], qui palliera partiellement la déflation des appareils plus anciens [Puma, Super Puma].

Cela étant, l’AAE a d’autres soucis. Comme son état-major a déjà eu l’occasion de le préciser, la cession de Rafale d’occasion à la Grèce et à la Croatie ainsi que le retrait des Mirage 2000C ont pour conséquence une « baisse de la disponibilité » des avions de combat « par rapport aux exigences des contrats opérationnels ». Mais pas seulement.

« L’aptitude de l’AAE à intervenir dans le cadre d’un engagement majeur sous six mois dépend du niveau de préparation opérationnelle des forces dans le cadre de la montée en puissance, de la capacité à redéployer les moyens engagés en gestion de crise, du volume de projection de force [difficultés de recourir à l’affrètement aérien), de l’utilisation d’avions ravitailleurs alliés et de l’approvisionnement de certaines ressources », rappelle le PAP.

Et d’ajouter : « Les inflexions à compter de l’année 2023 s’expliquent notamment par les retraits des flottes C160 Transall et Mirage 2000C, conjugué à l’export de Rafale Air d’occasion. Ces réductions des flottes d’avions de chasse et de transport tactique viennent accroître le besoin de régénération des forces aériennes dans l’hypothèse d’un engagement majeur ».

Concernant les avions de combat, le PAP prévoit une évolution à la hausse de leur disponibilité, grâce à « la performance des contrats verticaux [Rafale et moteur du Mirage 2000] », à « l’adossement du soutien au Service industriel de l’aéronautique [SIAé] », aux « mesures prises pour remédier à la crise logistique sur Mirage 2000 » ainsi qu’aux « mesures d’optimisation internes ». En outre, la reprise des livraisons de Rafale [13 exemplaires en 2023] contribuera à améliorer le « contrat intervention » en 2025.

Pour le transport aérien tactique, la principale difficulté vient de baisse de la disponibilité des flottes d’avions de transport [passée de 65% en 2020 à 60% en 2021], que le PAP explique par le retrait du service des Transall C-160, alors que la montée en puissance de la flotte d’A400M n’est pas achevée.

« Les conséquences du retrait de service des C160 Transall ne sont que partiellement compensées en 2023 par la montée en puissance des A400M », avance en effet le PAP. Cependant, celui-ci prévoit une hausse significative de la disponibilité des avions de transport de l’AAE [80% en 2025] grâce à la « poursuite de la montée en puissance de la flotte A400M et la finalisation de son soutien ».

Publié en juillet dernier, le rapport annuel de performance annexé au projet de loi de règlement du budget et d’approbation des comptes pour 2021, avait toutefois relevé que le « principal inducteur d’indisponibilité » pour les avions de transport tactique était lié à « l’allongement de la durée des chantiers industriels ». Et d’ajouter : « C’est notamment le cas sur les flottes C-130H. La faible disponibilité de cet agrégat fait l’objet de plans d’actions de haut niveau. Le 2ème semestre 2021 a été encourageant pour la flotte A400M ».

Cela étant, l’état-major de l’AAE a assumé le retrait des Transall, y compris celui des deux Transall C-160G « Gabriel », dédiés au recueil du renseignement électromagnétique.

« Je suis le responsable de l’arrêt des Transall ‘Gabriel’ et je l’assume : dix Transall nous coûtaient plus de 80 millions d’euros par an, pour une disponibilité de 20 %. Plutôt que de faire des coupes ailleurs, j’ai choisi de les retirer du service », avait en effet déclaré le général Frédéric Parisot, le major général de l’AAE, lors d’une audition parlementaire, en juillet.

La France prépare de nouvelles livraisons d’armements à l’Ukraine

La France prépare de nouvelles livraisons d’armements à l’Ukraine

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par Philippe Chapleau – Lignes de défense – Lu sur le fil de l’AFP – publié le 3 octobre 2022

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/

 

La France envisage de nouvelles livraisons de matériels militaires à l’Ukraine, notamment 6 à 12 canons Caesar prélevés sur une commande destinée au Danemark, a-t-on appris lundi de source proche du dossier, confirmant une information du Monde. L’opération, en discussions entre les trois gouvernements, n’est pas finalisée à ce stade, selon cette source.

Paris a déjà livré 18 exemplaires de ce canon de 155 mm monté sur camion, amputant de près d’un quart le parc de l’armée de Terre française. Ces canons supplémentaires produits par Nexter seraient prélevés sur une commande de 19 Caesar passée en 2017 par le Danemark, selon Le Monde. Les Caesar destinés au Danemark sont équipés d’une cabine blindée et de huit roues, quand les modèles équipant l’armée française, plus légers car non blindés, n’ont que six roues. Ils emportent également davantage d’obus (30 contre 18), qui peuvent être tirés à 40 kilomètres.

Paris envisage également de fournir à Kiev 20 véhicules blindés Bastion selon une autre source proche du dossier, confirmant une information de La Tribune.

La commande serait passée par le ministère des Armées qui les transférerait ensuite à l’Ukraine. Celle-ci pourrait être mise en oeuvre rapidement, d’autant que le fabricant Arquus dispose de plusieurs de ces blindés de transport de troupes déjà produits.