Var : le parquet militaire ouvre une enquête après le tir ayant déclenché un incendie

Var : le parquet militaire ouvre une enquête après le tir ayant déclenché un incendie

Le feu s’est déclenché samedi, après un exercice d’artillerie au camp militaire de Canjuers (Var). Toujours actif ce lundi, il a décimé 700 ha de végétation sans faire de blessés.

 

L’incendie de Canjuers vu depuis un avion reliant Paris à Nice. LP/Matthieu de Martignac
L’incendie de Canjuers vu depuis un avion reliant Paris à Nice. LP/Matthieu de Martignac
20 juin 2022
https://www.leparisien.fr/faits-divers/var-le-parquet-militaire-ouvre-une-enquete-apres-le-tir-ayant-declenche-un-incendie-20-06-2022-2WVASFRCCBCK3D6JPODSLKLPBA.php


Alors que les pompiers sont toujours à pied d’œuvre pour tenter d’éteindre le violent incendie qui s’est déclenché samedi dans le camp militaire de Canjuers (Var) après un exercice d’artillerie, le parquet militaire de Marseille s’est saisi d’une enquête, a appris ce lundi Var-Matin de source judiciaire.

Les investigations confiées à la gendarmerie devraient notamment porter sur les conditions de sécurité dans lesquelles les manœuvres militaires ont été effectuées ce jour-là, précise le journal régional.

Le feu, qui s’est déclaré samedi à l’intérieur de ce vaste camp d’entraînement de l’armée française à la suite d’un tir d’artillerie, était toujours actif dimanche soir et a brûlé quelque 700 ha de végétation, a-t-on appris auprès des pompiers.

« Grosse reprise » dimanche

Samedi dans la soirée, l’incendie était « presque fixé », c’est-à-dire qu’il n’avançait plus, avait indiqué la préfecture du Var, mais dimanche après-midi « on a assisté à une grosse reprise », a indiqué dimanche soir le capitaine des pompiers du Var Stéphane Nepper.

Quelque 100 ha supplémentaires d’herbe ont été brûlés dimanche après-midi et étaient « en cours de traitement » grâce notamment à sept avions bombardiers d’eau, a précisé vers 20 heures le service communication des pompiers du Var.

Depuis samedi, environ 300 pompiers sont mobilisés, certains venant de départements voisins, pour éteindre les flammes – circonscrites dans l’enceinte du camp – et 85 véhicules ont été déployés. Isolé, le complexe militaire de Canjuers se situe à des dizaines de kilomètres des habitations.

À noter que le département du Var ne faisait pas partie des zones placées en vigilance canicule samedi, au moment du tir, mais comptait deux communes en crise sécheresse et 96 en alerte sécheresse et les températures étaient particulièrement élevées. Le risque d’incendie était cependant qualifié de « modéré ».

Un événement similaire s’était déjà produit en juillet 2009 dans le sud de la France. Aux portes de Marseille, un énorme incendie provoqué par des tirs d’entraînement avec des balles traçantes – munies d’un dispositif pyrotechnique -, s’était déclaré dans le camp militaire de Carpiagne, au-dessus des calanques.

Le feu, qui avait parcouru quelque 1 300 ha, s’était propagé dans les collines surplombant la deuxième ville de France, et n’avait été circonscrit qu’au bout de trois jours, faisant deux blessés. Les autorités avaient dénoncé « l’imbécillité du geste » des militaires. Un légionnaire qui avait ordonné les tirs avait été condamné en 2015 à six mois de prison avec sursis.

Six Caesar de plus (soit 18) et des munitions pour les Ukrainiens

Six Caesar de plus (soit 18) et des munitions pour les Ukrainiens

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Quelques précisions sur l’annonce du président Macron sur l’envoi de canons CAESAR supplémentaires à l’Ukraine.

Comme l’a rappelé le ministère des Armées, “aujourd’hui, les Ukrainiens subissent des tirs massifs de l’artillerie russe qui les pilonnent des jours durant pour les faire reculer encore davantage. Pour que l’Ukraine ne perde pas son territoire, le renfort en moyens d’artillerie est un point cardinal. Le président Zelensky a dit que le CAESAR faisait la différence sur le terrain, par la précision de ses tirs et par sa capacité à échapper aux ripostes adverses.

Le choix de leur donner six CAESAR supplémentaires, soit 18 au total, répond à une “nécessité immédiate de survie des Ukrainiens face aux Russes“.

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Ces 18 CAESAR proviennent des réserves de l’armée de Terre, selon le cabinet du ministre des Armées qui a précisé que des munitions seront aussi livrées (aucun chiffre donné, en revanche)..

En amont de son déplacement à Kiev, le président Macron a demandé au PDG de Nexter, entreprise qui fabrique le CAESAR, de revoir son organisation afin de pouvoir travailler sur un mode “de guerre” pour être capable de produire des CAESAR beaucoup plus rapidement pour l’armée française dont le parc diminue et qui ne sait toujours pas si elle percevra des CAESAR NG ou des versions rénovées des canons actuellement en parc (ou un mix).

En parallèle, il a inscrit l’artillerie dans les sujets qui constitueront une priorité d’examen pour la prochaine loi de programmation militaire. 

Eurosatory 2022 : l’obus LU 220 de Nexter Arrowtech, un coup de punch pour l’artillerie de 155 mm

Eurosatory 2022 : l’obus LU 220 de Nexter Arrowtech, un coup de punch pour l’artillerie de 155 mm


Un peu plus loin et deux fois plus détonant. Voici les évolutions proposées par le nouvel obus d’artillerie de 155 mm LU 220 HE dévoilé par Nexter durant le salon Eurosatory, une évolution majeur du LU 211 HE en service depuis une quinzaine d’années en France.

Une évolution de l’obus LU211

Derrière la LU220 HE, un effort de renouvellement de la munition LU 211 HE, livré à 150 000 exemplaires au cours de la dernière décennie. Des munitions essentiellement utilisées par l’armée de Terre, qui en a exploité tout le potentiel en Afghanistan, en Irak et au Mali. L’une de ses variantes, le LU 211 HE, emporte une poudre spécifique permettant sa « muratisation », autrement dit son insensibilité à une agression extérieure. Une poudre dont la capacité de détonation se trouvait néanmoins amoindrie. L’enjeu pour Nexter Arrowtech était dès lors de parvenir à maximiser à nouveau l’effet terminal tout en augmentant sensiblement la portée au passage. Une équation résolue en retravaillant la forme de l’obus sans occasionner de « prise de poids » conséquente. 

À première vue, différencier le LU 220 HE du LU 211 HE s’avère compliqué. Le premier est pourtant reprofilé. Plus long de quelques centimètres, il profite d’un corps plus effilé qui permet de réduire la trainée et, in fine, d’augmenter la portée maximale. « Nous avons travaillé le profil aérodynamique pour que la dispersion reste identique à celle du LU 211 », nous explique-t-on. Résultat : une portée validée à 44 km lors des premiers tirs d’expérimentation, contre 40 km pour le LU 211 HE. Le tout, sans diminuer la précision et augmentant sensiblement l’effet terminal. 

Influer positivement sur la logistique

Si cette nouvelle munition ne double pas la portée, elle est par contre « deux fois plus efficace », avance Nexter. Autre conséquence de ce changement de profil, l’obus LU 220 HE emporte en effet d’avantage de poudre explosive, 11 kg contre 8,8 kg pour la LU 211 HE. De quoi compenser l’usage d’explosif insensible, nécessaire pour « muratiser » la munition mais diminuant le pouvoir détonant. 

En résulte une surface moyenne effective multipliée par deux lors de la détonation. Nexter Arrowtech est donc parvenu à compenser la perte de pouvoir brisant d’un explosif insensible et à dépasser l’efficacité constatée avec le LU 211 HE. Néanmoins, « ce que l’on cherche, ce n’est pas de créer un cratère deux fois plus large, mais de tirer deux fois moins d’obus ». Une meilleure performance induit directement une économie logistique, un atout lorsqu’on souhaite mener des feux de saturation gourmands en munitions.

Bien entendu, le diamètre du LU 220 HE ne change pas pour répondre au standard JB MOU (Joint Ballistic Memorandum of Understanding) de l’OTAN et rester parfaitement compatible avec les pièce de 155 mm / 52 cal aujourd’hui en service, comme les CAESAR, RCH 155 et PzH 2000 produits par KNDS.

Troisième en partant de la gauche, l’obus LU 220 HE en cours de développement chez Nexter Arrowtech

Objectif 2025

Soutenu par la Direction générale de l’armement (DGA), le développement du LU 220 « a fait l’objet de tests poussés au cours des deux dernières années », explique Nexter. Plusieurs ont eu lieu l’été dernier au Bofors Test Center (BTC) de Karlskoga, en Suède, et à DGA Techniques Terrestres. Cette munition atteint maintenant un niveau de maturité TRL 6. La phase d’étude menée pour et avec la DGA est maintenant achevée et doit prochainement livrer des résultats qui alimenteront la suite du développement.

Nexter Arrowtech est cependant déjà disposé à accepter des commandes. « Tous les choix technologiques et la maturité sont actés, il n’y a plus qu’à appuyer sur le bouton pour finaliser le développement », souligne le munitionnaire. Un produit final pourrait être livré aux armées françaises et étrangères à l’horizon 2025.   

L’histoire de la « famille LU » n’est pas achevée. Derrière, Nexter Arrowtech planche sur un obus LU 320, un nouvel ajout qui permettrait, « avec un ceinturage de nouvelle définition d’envisager des vitesses de bouche supérieures à 1000 m/s et une portée de 50 km avec une correction de trajectoire ».

Artillerie : La France pourrait prochainement livrer six CAESAr de plus à l’Ukraine

Artillerie : La France pourrait prochainement livrer six CAESAr de plus à l’Ukraine

 

http://www.opex360.com/2022/06/08/artillerie-la-france-pourrait-prochainement-livrer-six-caesar-de-plus-a-lukraine/


 

 

 

Selon France2, les forces ukrainiennes disposeraient de dix-huit CAESAr au total. Or, lors d’une audition au Sénat, en mai, le Délégué général pour l’armement [DGA], Joël Barre, avait indiqué que seulement six exemplaires, prélevés sur la dotation de l’armée de Terre, avaient été envoyés en Ukraine pour le moment.

Lors d’un déplacement à Kiev, la semaine passée, la ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, n’a guère été précise au sujet de l’aide militaire fournie par la France à l’Ukraine.

« Le président de la République a indiqué à M. Zelenski [son homologue ukrainien, ndlr] que la France poursuivrait et renforcerait ses livraisons d’armements dans le cadre d’un dialogue dont je rappellerai qu’il était ancien et qui permettait tout à la fois d’évaluer les besoins de l’Ukraine et nos capacités à y répondre. Ça a été traduit rapidement dans les faits […] avec l’arrivée de CAESAr. D’autres sont attendus. Nous n’avons pas pour habitude de parler de ces questions ouvertement sur la place publique. Nous en parlons entre amis », a déclaré Mme Colonna, avant d’assurer que l’on pourra constater de nouvelles livraisons d’armes dans les « quelques semaines qui viennent ».

Cela étant, et d’après une information d’Europe1, six autres CAESAr devraient prochainement prendre la direction de l’Ukraine, une annonce officielle devant probablement être faite à l’occasion d’un déplacement de M. Macron à Kiev.

« Il est le bienvenu, peu importe quand. Il serait bon que M. Macron vienne pendant la présidence française de l’UE [Union européenne, ndlr], et le meilleur serait qu’il vienne avec d’autres livraisons d’armes pour l’Ukraine, voici l’aide la plus précieuse que nous pouvons recevoir de la France », a d’ailleurs affirmé Dmytro Kouleba, le chef de la diplomatie ukrainienne, le 30 mai.

Comme l’avait expliqué M. Barre, les CAESAr destinés aux forces ukrainiennes ne sont pas exactement les mêmes que ceux utilisés par l’armée de Terre qui, si cette nouvelle aide se confirme, n’en comptera plus que 64 exemplaires [soit une réduction capacitaire de -16%]. À ce propos, dans un entretien publié par la presse régionale, le 4 juin, M. Macron a assuré que « ces livraisons [à l’Ukraine] seront compensées ». Et d’ajouter : « Et j’ai demandé à nos industriels d’accélérer la production d’armements, il ne s’agit pas seulement de reconstituer nos stocks mais aussi de renforcer notre indépendance. »

Quoi qu’il en soit, avant d’être envoyés en Ukraine, ces CAESAr prélevés sur l’inventaire de l’armée de Terre doivent être adaptés aux « systèmes de commandement ukrainiens ». Un travail qui a été confié à Nexter, selon M. Barre.

Par rapport à l’aide militaire fournie par d’autres pays [comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la Pologne ou encore la République tchèque], celle de la France se limite à de « petits volumes », souligne Europe1. « La raison principale, selon plusieurs sources militaires, est la résistance politique. Avec ce sujet des armes, Emmanuel Macron avance sur une ligne de crête. D’un côté, il refuse d’apparaître comme belligérant aux yeux des Russes. De l’autre, il souhaite montrer que le rôle de la France ne se limite pas à de l’aide humanitaire, à des livraisons de camions de pompiers ou l’envoi de gendarmes pour enquêter sur les crimes de guerre », avance-t-elle.

Le Royaume-Uni va fournir à l’Ukraine des systèmes d’artillerie à longue portée M270 MLRS

Le Royaume-Uni va fournir à l’Ukraine des systèmes d’artillerie à longue portée M270 MLRS

 

 

http://www.opex360.com/2022/06/06/le-royaume-uni-va-fournir-a-lukraine-des-systemes-dartillerie-a-longue-portee-m270-mlrs/


« Nous perdons de 60 à 100 soldats par jour, tués au combat, et environ 500 sont blessés », a admis le président ukrainien, Volodymyr Zelenski, la semaine passée. À titre de comparaison, en 1968, soit l’année la plus meurtrière de la guerre du Vietnam, les pertes quotidiennes infligées aux forces américaines s’étaient élevées, en moyenne à peu moins de 50 tués.

Quoi qu’il en soit, et en prenant en compte les blessés, mis hors de combat, temporairement ou non, la questuon est de savoir si les forces ukrainiennes pourront tenir dans la durée, alors qu’elles comptaient 250’000 hommes avant le déclenchement des hostilités…

« C’est l’un des moments critiques de la guerre, mais ce n’est pas le pic », a commenté le général général Viktor Muzhenko, ancien chef d’état-major des forces armées ukrainiennes [de 2014 à 2019, ndlr], auprès de l’agence Associated Press. « C’est le conflit le plus important en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Cela explique le niveau élevé des pertes. Afin de les réduire, l’Ukraine a maintenant besoin d’armes puissantes, qui égalent ou même dépassent celles des Russes », a-t-il estimé.

D’où la demande pressante de Kiev pour obtenir des systèmes d’artillerie à longue portée ainsi que les munitions guidées associées. Les États-Unis y ont répondu favorablement, promettant de livrer aux forces ukrainiennes quatre M142 HIMARS [High Mobility Artillery Rocket System], pouvant tirer des salves de six roquettes à guidage GPS/inertiel M30 [à sous-munitions] ou M31 de 227 mm contre des cibles situées à plus de 70 km. En revanche, la fourniture d’un autre modèle de lance-roquettes multiples, le M270 MRLS [Multiple Launch Rocket System] a pour le moment été exclue par Washington.

Cela étant, quatre M142 HIMARS ne permettront pas d’inverser le rapport de forces sur le terrain… Mais ils seront complétés par des M270 MLRS cédés par le Royaume-Uni.

En effet, via un communiqué publié ce 6 juin, le ministère britannique de la Défense [MoD] a annoncé son intention de fournir à l’Ukraine des systèmes de lance-roquettes multiples et une grande quantité de roquettes M31A1 afin de « l’aider à se défendre contre l’agression russe ». Et de préciser que cette décision est « étroitement coordonnée » avec celle des États-Unis relative à la livraison des M142 HIMARS.

« La décision de Ben Wallace [le ministre britannique de la Défense, nldr] fait suite aux demandes des forces ukrainiennes au sujet d’armes de précision à plus longue portée afin de se défendre contre l’artillerie lourde russe, qui a été utilisée avec des effets dévastateurs dans la région orientale du Donbass », fait valoir le MoD.

« À mesure que la tactique de la Russie change, notre soutien à l’Ukraine doit également changer. Ces systèmes de lance-roquettes multiples hautement performants permettront à nos amis ukrainiens de mieux se protéger contre l’utilisation brutale de l’artillerie à longue portée, que les forces de Poutine ont utilisée sans discernement pour raser les villes », a justifié M. Wallace.

Les artilleurs ukrainiens seront formés à l’utilisation des M270 MLRS au Royaume-Uni, comme cela a été le cas pour la livraison à Kiev des blindés Mastiff, Husky et Wolfhound.

Cependant, le MoD n’a pas précisé le nombre de MLRS concernés par cette nouvelle aide britannique. Actuellement, la British Army en dispose de 44 exemplaires. Et un programme visant à les moderniser pour les maintenir en service jusqu’en 2050 vient d’être lancé.

Il est ainsi question de les doter d’une nouvelle cabine blindée, de chenilles en caoutchouc composite, d’un système de caméra et de radar et d’un nouveau système de conduite de tir, développé dans le cadre d’un partenariat avec les États-Unis, l’Italie et la Finlande. Et, surtout, ils pourront tirer la roquette guidée GMLRS-ER, d’une portée de 150 km, ainsi que le futur missile américain PrSM [Precision Strike Missile, avec 499 km de portée] à partir de 2024.

L’annonce britannique concernant les MLRS promis à l’Ukraine a été faite moins de vingt-quatre heures après que le président russe, Vladimir Poutine, a mis en garde contre toute nouvelle livraison d’armes aux forces ukrainiennes.

S’exprimant après des frappes contre des dépôts de chars T-72 et de blindés fournis par des « pays d’Europe de l’Est » situés près de Kiev, le chef du Kremlin a prévenu que si des missiles de longue portée venaient à être livrés à l’Ukraine, alors Moscou « en tirera les conclusions appropriées » et « utilisera » ses « armes […] pour frapper des sites » qui n’ont « pas été visés jusqu’à présent ».