Vidéo. « Parade », le nouveau dispositif de l’armée française pour contrer la menace des mini-drones

Vidéo. « Parade », le nouveau dispositif de l’armée française pour contrer la menace des mini-drones

À quelques mois de la Coupe du monde de rugby et des JO en France, le système de lutte anti-drones « Parade » cible les engins de petite taille.

 

5 décembre 2022

https://www.leparisien.fr/video/video-parade-le-nouveau-dispositif-de-larmee-francais-pour-contrer-la-menace-des-mini-drones-05-12-2022-HD6IVLXWUNHYBMUVJNEQXWXU74.php


Coupe du monde de rugby 2023, JO de Paris 2 024… A quelques mois de ces événements sportifs majeurs qui se dérouleront en France, le ministère des Armées va voir son dispositif anti-drones s’étoffer. Thales et CS Group ont présenté, mi-octobre à Brétigny-sur-Orge (Essonne), lors d’une démonstration et d’un exercice simulé, leur système baptisé « Parade ». Ce dernier vise à neutraliser les micros et mini-drones dont le poids varie de quelques centaines de grammes à 25 kg, comme ceux que l’on peut trouver dans le commerce.

« Le danger a différents niveaux », explique Thierry Bon, directeur des solutions anti-drones chez Thales. « Cela peut être un pilote de loisirs qui a son drone et qui, sans le faire exprès, va pénétrer dans une zone qui est interdite ; il peut y avoir aussi des drones qui veulent faire de la reconnaissance, du renseignement, avec des caméras, sur des sites qui ne sont pas autorisés ; et puis il y a le drone qui pourrait avoir certains types de charges et qui serait donc beaucoup plus dangereux… »



Ces petits drones, transformés ou non, sont de plus en plus utilisés, comme lors de la guerre en Ukraine par exemple, pour faire de la reconnaissance ou même larguer des projectiles. « On se rend compte que, plus on descend dans le poids des drones et surtout leur grosseur, plus c’est plus compliqué de pouvoir les détecter, les identifier et les neutraliser, poursuit Thierry Bon. Donc il y avait besoin, à ce niveau-là, de compléter la sécurisation de cette couche de l’espace aérien et contre ce type de drones. »

Le système Parade se définit comme « multicouches » : il fusionne les données fournies par un radar, un goniomètre (qui détecte les fréquences), une caméra électro optique et infra-rouge, et les présente, via une interface unique, à un opérateur. En cas de menace, cet opérateur peut alors activer un brouilleur, qui coupe le lien entre le drone et la télécommande du pilote. Dans ce cas, le drone change de direction ou se pose.

« C’est un contrat sur onze ans, qui prévoit des évolutions », précise Thierry Bon. « Il y a une anticipation qui est déjà faite pour pouvoir adapter ce système en fonction des nouvelles menaces (…) Ce n’est pas infaillible mais on fait tout pour préparer l’avenir ». « Parade » est par ailleurs conçu pour éventuellement intégrer d’autres méthodes d’interception.

Un laser, le Helma-P de la société Cilas, capable de griller en moins de dix secondes un drone à 1 000 m, doit être disponible en 2024 ; Thales travaille sur un « effecteur électromagnétique », sorte de grosse boule qui émet une onde puissante à plusieurs centaines de mètres contre un drone, le rendant inopérant en une seconde. D’autres ajouts potentiels pourraient être des drones intercepteurs qui jetteraient un filet sur le drone hostile ou des drones brouilleurs.

Les gagnants et perdants de l’ajustement budgétaire 2022 des armées

Les gagnants et perdants de l’ajustement budgétaire 2022 des armées

par – Forces opérations Blog – publié le

Entre deux données sur le prochain budget des armées, les rapports parlementaires détaillent pour la première fois certaines décisions prises lors de l’ajustement annuel de la programmation militaire (A2PM) 2022. Au rang des « gagnants » du volet terrestre, le drone Patroller et les feux longue portée.

L’exercice se répète chaque année et tient compte du contexte en plus de l’évolution classique de la « vie des programmes ». L’A2PM 2021 avait ainsi intégré les conséquences de la crise sanitaire et les conclusions de l’actualisation stratégique. L’A2PM 2022 rebat à son tour quelques cartes et ajoute des besoins nouveaux parfois corrélés aux premières leçons tirées du conflit en Ukraine.  

Derrière le financement des éléments de connectivité aéronautique pour le MRTT et le Rafale, derrière l’accélération de la préparation de la rénovation à mi-vie des frégates de défense aérienne pour s’aligner avec l’Italie, l’A2PM 2022 formalisait l’ajout de nouveaux sujets dans la programmation. Parmi ceux-ci, la « frappe longue portée terrestre ». Les affrontements en Ukraine ont révélé le caractère échantillonaire des moyens en service dans l’armée de Terre dans ce segment, limités à huit lance-roquettes unitaires (LRU) opérationnels sur les 12 disponibles.

De ce programme relatif aux feux longue portée, les rapports parlementaires n’en disent pas plus. Ces courtes mentions viennent néanmoins s’ajouter aux autres signaux allant dans le sens d’une inflexion majeure dans la prochaine loi de programmation militaire 2024-2030. « Les feux à longue portée reposent aujourd’hui sur les LRU qui arriveront en fin de vie en 2027 et devront être remplacés par des capacités similaires. La guerre en Ukraine nous enseigne que les feux très longue portée sont décisifs : il nous faut réfléchir sur la solution à retenir », indiquait à ce titre le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Pierre Schill, le mois dernier lors d’une audition sénatoriale.

Autre point de fragilité mis en lumière par le conflit russo-ukrainien, une défense sol-air réduite dans l’armée de Terre aux postes Mistral et à une poignée de canons de 20 mm, de fusils anti-drones et de VAB ARLAD. « Le contexte a changé, et il n’est pas exclu pour l’armée de Terre ou pour la Marine de devoir intervenir dans un environnement où la supériorité aérienne n’est plus durablement acquise », soulignait le chef d’état-major des armées, le général Thierry Burkhard, mi-octobre devant les sénateurs. Selon le député Renaissance Jean-René Cazeneuve, « une remontée en puissance des investissements dès 2023 a été décidée » dans le cadre de la dernière A2PM.

Ici aussi, pas de détails mais des échos à prendre avec des pincettes. Fin septembre, le cas des stocks de Mistral était ainsi évoqué par le ministre des Armées, Sébastien Lecornu. « Le retour d’expérience du conflit en Ukraine nous enseigne que nous devrons compléter nos stocks en 2023 », avait-il déclaré aux députés, ajoutant que « nous procéderons à un réassort important en munitions ». Sans toutefois relier explicitement cette annonce à l’ajustement réalisé cette année.

Dernier gagnant cité, le système de drones tactiques (SDT) Patroller. L’A2PM 2021 avait acté le décalage du lancement de l’étape 2 du programme de 2024 à 2025. L’A2PM 2022 semble être celui du rétropédalage partiel avec l’anticipation des premières commandes de la seconde phase. Une volonté retranscrite dans le PLF 2023, qui prévoit l’engagement de 175 M€ pour couvrir notamment « les compléments pour atteindre cinq systèmes opérationnels, le soutien initial, l’acquisition d’équipements de mission complémentaires ».

Comme d’accoutumée, le lancement ou l’accélération d’un programme implique d’en décaler d’autres pour maintenir l’équilibre budgétaire. Et, comme en 2021, cette logique déteint sur la conduite du programme phare de l’armée de Terre, le renouvellement du segment médian via les véhicules et matériels SCORPION.

Première conséquence : le décalage des commandes de véhicules Serval, heureusement « sans impact sur le calendrier de livraison ». D’après le projet de loi de finances, 420 véhicules seront commandés et 119 livrés l’an prochain. Ne resteront que 194 exemplaires à acquérir après 2023 pour atteindre la cible de 978 véhicules dans les forces d’ici à 2025.

Seconde conséquence : l’ajustement de la répartition du jalon intermédiaire de la cible SCORPION entre les Griffon, Jaguar, Serval et le char Leclerc rénové. Fixé à 50% des véhicules livrés à l’horizon 2025, ce jalon a été ramené à 45% l’an dernier, entre autres en raison d’impératifs industriels et pour financer la pérennisation du char Leclerc. L’objectif des 122 chars Leclerc XLR livrés à fin 2025 serait donc, du moins à première vue, lui aussi revu à la baisse. Le chiffre de 90 exemplaires fournis aux forces au lieu de 110 avait été évoqué dès la fin 2021.

Enfin, la soutenabilité de l’A2PM 2022 et la reconstitution des stocks cédés à l’Ukraine a été assurée par le report du programme VLTP non protégé version sanitaire (SAN). Son lancement en réalisation, à l’origine prévu pour cette année, attendra un peu. Cette décision n’aura pas empêché la publication d’un appel d’offres pour le développement et la fourniture d’une centaine de véhicules, dont les 50 premiers devaient initialement être commandés en 2022.

Économie de guerre : Un député appelle à cesser de faire adopter aux armées des normes issues du monde civil

Économie de guerre : Un député appelle à cesser de faire adopter aux armées des normes issues du monde civil

 

http://www.opex360.com/2022/10/31/economie-de-guerre-un-depute-appelle-a-cesser-de-faire-adopter-aux-armees-des-normes-issues-du-monde-civil/


 

En effet, il ressort des auditions qu’il a menées pour les besoins de son rapport que « l’inflation normative et les contraintes entraînées par celle-ci sur le développement des programmes d’armement génèrent des coûts et des délais supplémentaires… Et cela alors que, pour la plupart, ces normes « ne sont pas nécessairement adaptées aux équipements militaires ».

Et de donner quelques exemples assez éloquents. « Est-il indispensable d’équiper le canon Caesar de la solution AdBlue, additif anti-pollution? », a ainsi demandé le député, qui s’interroge aussi sur la « certification de nature civile pour le parachutage militaire depuis un A400M » ou encore sur la qualification du drone tactique Patroller [destiné à l’armée de Terre] sous la norme dite Stanag 4671.

Sur ce dernier point, celle-ci vise à permettre aux aéronefs télépilotés d’opérer dans l’espace aérien d’autres membres de l’Otan. Ce qui n’est pas forcément inutile… En revanche, d’autres réglementations, comme l’arrêté du 24 décembre 2013, lequel impose « que tout drone de plus de deux kilogrammes soit certifié dès lors qu’il est opéré en dehors de la portée visuelle de son téléopérateur ».

Selon le M. Belhamiti, une telle exigence « conduit à devoir appliquer un processus de certification complet pour des drones dont la mission ne les conduira à survoler aucune population, telles que par exemple les drones utilisés par la marine ».

Toujours dans le même domaine, le député appelle à revoir les règles de navigabilité qui, issues du monde civil, s’imposent aux aéronefs militaires, comme le prévoit un décret publié en avril 2013 [et ayant depuis fait l’objet de six arrêtés].

« Cette réglementation est génératrice d’une grande complexité en ce qu’elle a été appliquée rétroactivement à des aéronefs qui n’étaient pas conçus initialement pour répondre à de telles exigences. Ainsi, un grand nombre de pièces d’aéronefs ne sont pas conformes aux exigences de la réglementation navigabilité », souligne M. Belhamiti.

Ainsi, s’agissant des seuls Mirage 2000, 215’000 pièces – neuves – seraient devenus inutilisables depuis que cette réglementation est entrée en vigueur. « Cette immobilisation des stocks conduit à multiplier les prélèvements des pièces compatibles avec la réglementation navigabilité sur d’autres aéronefs, ce qui affecte au final la disponibilité globale des avions », note le député.

Aussi, avance-t-il, cet exemple est « symptomatique des contraintes que nous nous sommes auto-imposées, et ce pour une faible valeur ajoutée » étant donné qu’il y a « fort à parier que le Mirage 2000 volerait dans des conditions de sécurité appropriées avec ses 215 000 pièces non reconnues par la nouvelle réglementation ».

Selon M. Belhamiti, si de telles normes pouvaient se justifier quand il s’agissait de « profiter des dividendes de la paix », elles constituent désormais un « véritable frein pour la mise en place d’une économie de guerre ». Et d’insister sur le fait que ces « contraintes auto-imposées » et souvent non justifiées, génèrent « non seulement des délais supplémentaires – plus d’une année pour la certification de certains drones par exemple –, mais constitue également un facteur de coûts non négligeable ».

Aussi plaide-t-il pour une réforme qui donnerait plus d’autonome aux « autorités d’emploi », en particulier en matière de navigabilité aérienne, les forces armées étant les mieux placées pour « décider si un aéronef est apte au vol, nonobstant le fait que certains éléments conformes dudit aéronef ne soient pas strictement conformes aux exigences de la réglementation ».

Plus généralement, le député estime nécessaire de « modifier notre culture du risque », en « passant du ‘zéro risque’ à une approche fondée sur une maîtrise raisonnée du risque ». En clair, il faudrait « réinterroger les contraintes imposées lors de la qualification du matériel à l’aune des conditions d’emploi dudit matériel », précise-t-il, soulignant que les travaux sur l’économie de guerre sont une « véritable opportunité pour changer de paradigme » et « mettre fin à cette inflation normative ».

Cela étant, le problème soulevé par le parlementaire n’est pas nouveau… Et il avait même été évoqué, en des termes plus généraux, par la Revue stratégique actualisée [en janvier 2021, ndlr], celle-ci ayant souligné que les armées étaient de « façon croissante assujetties à des normes de droit qui ignorent parfois la singularité du métier militaire ».

Après le croiseur Moskva, la marine ukrainienne a visé le nouveau navire amiral de flotte russe de la mer Noire

Après le croiseur Moskva, la marine ukrainienne a visé le nouveau navire amiral de flotte russe de la mer Noire

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Par la suite, les autorités russes ont fait part de leur décision de suspendre l’accord sur les exportations ukrainiennes de céréales et de leur intention de mettre à l’ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations unies l’attaque contre Sébastopol ainsi que celle ayant visé les gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2, pour laquelle la partie russe prétend que le Royaume-Uni y a aussi tenu un rôle.

« La partie russe entend attirer l’attention de la communauté internationale, notamment par l’intermédiaire du Conseil de sécurité des Nations unies, sur la série d’attaques terroristes perpétrées contre la Russie en mer Noire et en mer Baltique, y compris avec l’implication de la Grande-Bretagne », a en effet déclaré Maria Zakharova, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.

Quoi qu’il en soit, l’attaque ayant visé la baie de Sébastopol, qui n’a pas [encore] été revendiquée par Kiev, a probablement fait plus de dégâts que ceux admis par Moscou. Du moins, c’est ce que suggèrent plusieurs vidéos diffusées via les réseaux sociaux.

L’une d’elles se compose de deux séquences. Sur la première, on voit un drone naval [ou USV – Unmanned Surface Vessel] s’approcher d’une frégate appartenant à la classe « Amiral Grigorovich », probablement « l’Amiral Makarov », qui n’est autre que le navire amiral de la Flotte russe de la mer Noire depuis la perte du croiseur Moskva, en avril dernier. Selon ces images, on constate que le navire n’a mis en oeuvre aucune contre-mesure pour se défendre… Quant à la second, elle débute par un plan sur le dragueur de mines « Ivan Goloubets », qui a donc subi des dommages, comme l’a admis Moscou.

Un autre document montre un hélicoptère russe tirer en direction d’un drone naval supposé se diriger vers un navire croisant au large. Puis selon la séquence suivante, on le voit [ou est-ce un autre USV?] frôler un bateau de pêche. La vidéo se termine par une explosion au large de Sébastopol.

 

 

Selon des affirmations du ministère russe de la Défense, l’un des drones aurait été détruit après avoir été repéré par un marin de la frégate Ladny [classe Krivak], alors qu’il se dirigeait vers la baie de Sébastopol.

Pour le moment, il n’est pas possible de connaître les résultats des attaques lancées contre les navires russes visés par ces drones navals kamikazes. Cependant, et malgré un rapport de forces largement défavorable, la marine ukrainienne a visé à deux reprises le navire amiral d’une puissante force navale. Reste à voir si effectivement, la frégate « Amiral Makarov » a subi des dommages… À noter que ce navire a fait l’objet de plusieurs rumeurs au cours de ces derniers mois. Rumeurs qui n’étaient pas fondées.

Par ailleurs, et alors que les forces russes savent que la marine ukrainienne utilise des drones navals, comme en témoigne celui qu’elles ont récupéré sur une plage de Crimée, en septembre dernier, il est étonnant qu’aucune mesure n’ait été prise pour écarter une telle menace.

Cela étant, la suspension de l’accord sur les exportations de céréales ukraniennes serait motivée, selon Moscou, par le fait que les drones navals auraient navigué dans la « zone de sécurité du corridor céréalier »… Et que l’un d’eux aurait été mis à l’eau par « l’un des navires civils affrétés par Kiev ou ses maîtres occidentaux pour l’exportation de produits agricoles depuis les ports d’Ukraine ». Enfin, le ministère russe de la Défense a également affirmé que ces USV étaient équipés d’un module de navigation produit au Canada.

Pour la première fois, un drone MQ-9 Reaper a largué des bombes GBU-12 en France

Pour la première fois, un drone MQ-9 Reaper a largué des bombes GBU-12 en France

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Depuis, d’autres expérimentations du même genre ont été menées au Niger, notamment pour éprouver les capacités du MQ-9 Reaper porté au standard block 5. Mais, jusqu’à récemment, jamais un tel appareil n’avait tiré la moindre munition sur le territoire national, l’une des limites à cet exercice ayant été, pendant un temps, l’intégration d’un aéronef piloté à distance dans l’espace aérien civil. Ce qui était de nature à compliquer la formation et la préparation opérationnelle des pilotes de drones de la 33e Escadre de surveillance, de reconnaissance et d’attaque [ESRA]

En outre, les drones MQ-9 Reaper et, bientôt, EuroMALE [qui emporteront des missiles Akeron LP] ne seront pas toujours engagés dans des environnements permissifs comme au Sahel.

D’où la campagne que vient de superviser la Direction générale de l’armement [DGA] et l’équipe de marque ISR [renseignement, surveillance et reconnaissance] du Centre d’expertise aérienne militaire [CEAM] de Mont-de-Marsan.

« DGA Essais en vol a réalisé en coopération avec l’armée de l’Air et de l’Espace deux tirs d’essais de bombes guidées laser [GBU-12] sur le site de Cazaux », a en effet annoncé la DGA, ce 12 octobre. Et de préciser : « Cette campagne de tests a permis de valider un type d’itinéraire et des procédures qui seront utilisées dans l’avenir par les drones Reaper » de la 33e ESRA pour « futurs entrainements sur le champ de tir de Captieux ».

Ainsi, après un vol de « répétition » effectué le 30 septembre, un drone Reaper a procédé à un « tir balistique » le 5 octobre, lequel a été suivi, deux jours plus tard, par un « tir guidé laser ».

Pour rappel, le MQ-9 Reaper Block 5 peut également emporter des missiles Hellfire et des bombes à guidage laser GBU-49 [cette capacité a été testée par un appareil de la 33e ESRA aux États-Unis, en février dernier].

Le SDT Patroller « en courte finale » vers le lancement des évaluations technico-opérationnelles

Le SDT Patroller « en courte finale » vers le lancement des évaluations technico-opérationnelles


Cette fois-ci, c’est la bonne. Tous les signaux sont au vert pour la livraison d’un premier système de drones tactiques (SDT) Patroller d’ici la fin de l’année, nous explique un officier de marque du groupement renseignement de la Section technique de l’armée de Terre (STAT).

Atterrissage en fin d’année à Chaumont

« Aujourd’hui, nous sommes en courte finale », avance la STAT. Son équipe et le maître d’œuvre industriel, Safran Electronics and Defense, ont « beaucoup progressé sur ce drone » depuis l’accident intervenu en décembre 2019 à Istres. Suffisamment en tout cas pour autoriser la livraison du premier système au 61e régiment d’artillerie de Chaumont (Haute-Marne) au cours de l’hiver 2022.

Ce système restera dans les mains de la STAT qui, avec l’appui du 61e RA, entamera les évaluations technico-opérationnelles (EVTO) au printemps 2023. Composé de cinq vecteurs et de deux stations sol, ce SDT intègre un premier échelon de capacités avec la boule optronique Euroflir 410NG et le radar GMTI/SAR (Ground Moving Target Indicator /Synthetic Aperture Radar).

Il comprendra aussi deux canaux de transmission des données vers le sol. Hormis le système ROVER axé vers les JTAC et JFAC, le SDT inclut un Remove Video Terminal conçu par Safran à partir d’un écran durci. Il fournira aux unités au sol une recopie d’écran géoréférencée en temps réel. Idem pour la liaison 16 et l’entrée dans la bulle Scorpion grâce au SICS, disponibles dès le premier système. « Étant donné que l’on sort du seul domaine aéronautique, ce sera le rôle de la STAT de vérifier que tout se déroule conformément au cahier des charges ».

Le dédoublement des stations sol donnera à l’utilisateur « la capacité de faire du transfert de contrôle pour passer de 150 km à 400 km d’élongation maximale ». Une configuration qui doit répondre à la contrainte de décollage depuis une piste sommaire ou non tout en étant en mesure de suivre la progression d’une division ou d’un corps d’armée.

Difficile de manquer le SDT Patroller lors de la dernière présentation des capacités de l’armée de Terre, organisée le 6 octobre à Satory. Un signe parmi d’autres que la livraison du premier système, attendue de longue date, est désormais une question de semaines.

Un passage au dessus de l’exercice Orion ?

Les aménagements subsistants « sont marginaux » et « ce qu’il nous manque, ce ne sont pas des développements mais des qualifications, c’est à dire des validations notamment techniques et sécuritaires de la part de la Direction générale de l’armement ». Ces validations n’étant pas encore effectives, la marge de manœuvre restera encore limitée durant plusieurs semaines.

Seule unité de l’armée de Terre appelée à opérer le SDT, le 61e RA dispose pour l’instant de deux vecteurs appartenant à l’industriel ainsi que de moyens de formation développés en interne pour lui permettre d’avancer sur le sujet. Les Diables Noirs deviendront autonomes dans la conduite des formations et des entraînements à l’été 2023 suite à la réception du second système. L’armée de Terre réceptionnera un troisième exemplaire environ six mois plus tard. Limité à quatre vecteurs, celui-ci sera principalement dévolu à la formation et à l’entraînement des équipages.

Pour l’armée de Terre, l’un des enjeux sera d’être au rendez-vous d’Orion 2023, un exercice d’hypothèse d’engagement majeur (HEMEX) dont une séquence majeure sera jouée à proximité de Chaumont. « Aujourd’hui, l’une des ambitions fortes est d’y participer, tout dépendra de l’atteinte des prochains jalons en matières de livraison et de formation », précise la STAT.

Crédits : Safran E&D

Lancer l’étape 2

Derrière les EVTO et Orion, d’autres capacités ne sont pas encore disponibles et seront implémentées et évaluées « lors d’étapes ultérieures ». C’est le cas de la charge de renseignement d’origine électro-magnétique (ROEM). La question de l’armement, ensuite, « est redevenue une priorité ». « Nous avons constaté un revirement avec la prise en compte de l’hypothèse d’engagement majeur et de ce qui a été constaté sur des théâtres récents », souligne la STAT.

Safran avait été mandaté fin 2019 par la DGA pour mener une étude de levée de risques à partir de la roquette guidée laser de 68 mm de Thales, tirs d’évaluation au sol à la clef. « Nous avons regardé la cinématique, le comportement et l’impact », précise la STAT. Résultat : il n’y a plus de risque technique sur l’appareil. Mais, si « toute les planètes sont alignées », manque encore une contractualisation auprès des industriels concernés.  

L’horizon de la fonction armement n’est donc pas connu, mais le sujet pourrait recevoir un coup d’accélérateur dès l’an prochain. Le ministère des Armées prévoit en effet d’engager l’étape 2 du programme en 2023, un jalon qui semblait pourtant repoussé à 2025 après les ajustements réalisés l’an dernier. Un peu plus de 175 M€ en autorisations d’engagement sont inscrits dans le dernier projet de loi de finances pour acquérir des SDT supplémentaires et parvenir à l’objectif initial de cinq systèmes opérationnels à l’horizon 2030. L’effort alimentera également une tranche de soutien initial et l’acquisition d’équipements de mission complémentaires.

AVATAR, une expérimentation pour progresser sur les drones armés

AVATAR, une expérimentation pour progresser sur les drones armés


Non, Avatar n’est pas qu’une franchise cinématographique à succès. C’est aussi une expérimentation sur les drone armés conduite par le Battle Lab Terre, et en coopération avec DGA Techniques terrestres, afin d’alimenter les réflexions sur la robotique de demain. 

Drone et fusil d’assaut

« Nous savons que certains systèmes de ce genre sont utilisés, mais ce sont surtout des bricolages de garage », nous explique Aymeric, architecte armes et munitions d’infanterie et coordinateur technique du segment drones armés au sein de DGA TT. Quelques entreprises étrangères s’y sont essayées aussi. Les armées françaises, elles, partent de zéro. « Aujourd’hui, la doctrine est assez floue. Nous n’avons pas de systèmes en service, nous ne savons pas quelles sont les performances accessibles à ce type de système », ajoute-t-il.

Alors, pour progresser, le Battle Lab Terre s’est rapproché du département robotique et mini-drones de DGA TT et de l’Agence de l’innovation de défense pour lancer le projet « Action par Vecteur Aérien de Tir d’Armement Robotisé » (AVATAR). Derrière cet acronyme, une expérimentation « 100% maison » qui « apportera des réponses » à l’ensemble des acteurs. 

Entamés en juin 2021, les travaux ont débouché sur un premier démonstrateur, fruit de l’assemblage d’un drone commercial et d’un armement qualifiés. Le besoin étant pressant, il fallait « être réactif donc nous avons tout fait en interne ». Pour l’armement, DGA TT est parti d’un fusil d’assaut HK 416 FC modifié, modèle court du nouveau fusil d’assaut des armées françaises. Le système emporte plusieurs capteurs ainsi que deux liaisons séparées, l’une pour le pilotage et l’autre, chiffrée, pour le déclenchement du tir. Soit un niveau de sécurité suffisant pour envisager, « d’ici à la fin de l’année », des tirs à partir de munitions réelles. 

Sur le volet technique, les premiers résultats obtenus à partir de simunitions et de balles à blanc démontrent que les vrais facteurs limitants résident dans la stabilité du drone et dans les moyens de visée. « Entre la stabilité de la plateforme et le champ de vision, cela permettrait d’envisager des tirs discriminés jusqu’à une distance de 100-150 mètres », pointe DGA TT. Plusieurs idées émergent déjà, comme la possibilité de créer des manœuvres de diversion en envoyant le drone générer du bruit et de la fumée sur des angles où l’adversaire ne s’attend pas à être attaqué.

Avec ses capteurs embarqués et son tir laser, AVATAR est conçu comme un vrai simulateur de tir de combat

Spécifier, expérimenter, entraîner

DGA TT insiste, « l’objectif n’est absolument pas de livrer un système opérationnel, mais bien un démonstrateur qui nous permettra de mieux comprendre les capacités d’un tel système ». In fine, l’opération s’avérera bénéfique pour tous. Côté DGA TT, AVATAR aura participé à défricher le terrains normatif, réglementaires et de spécification d’un matériel. Monter un armement sur un drone est une manipulation inédite en France et « il a donc fallu vérifier auprès de nos autorités de tutelle ce qui est permis et ne l’est pas ». L’expérience acquise contribue également à construire les futurs modes opératoires des essais portant sur des systèmes de drones armés.

Côté armée de Terre, AVATAR appuiera les travaux technico-opérationnels qui serviront à mieux comprendre les avantages et inconvénients tactiques de tels systèmes. Désormais « en phase de finition », le démonstrateur sera livré au Battle Lab Terre d’ici décembre prochain. Il sera ensuite confié à la section Vulcain, unité expérimentale précurseure sur la question robotique. Ses militaires déploieront AVATAR lors de mises en situation aux CENTAC et CENZUB. Grâce à ses capteurs et à son tir laser, AVATAR deviendrait alors un joueur parmi d’autres, participant lui aussi à la manœuvre en tant qu’ami ou ennemi et entraînant les combattants à « lever le nez ». 

Comme au cinéma, l’AVATAR français pourrait avoir une suite, toujours à l’initiative du Battle Lab Terre et de l’AID. Le sujet est naissant côté français et la plateforme, malgré un emport limité, peut encore évoluer. Après le tir cinétique, le largage de munitions, par exemple, est un scénario envisagé pour la suite.

Armée de Terre – A propos de la prochaine sortie du bois sur le sujet robotique

Armée de Terre – A propos de la prochaine sortie du bois sur le sujet robotique

 

Mars attaque – publié le 8 septembre 2022
Le responsable du sujet robotique au sein du bureau Plans (en charge de l’avenir à moyen-long terme, pour résumé) de l’état-major de l’armée de Terre (EMAT) est récemment revenu sur la construction et l’intégration progressives d’une capacité robotique au sein des forces terrestres françaises.
La grande étape à venir étant la formalisation et la présentation d’ici la fin de l’année des besoins de l’armée de Terre pour de tels équipements. Etape de « sortie du bois » sur le besoin opérationnel, le fondement de toute action, après une intense phase de maturation et d’exploration, en lien notamment avec le Battle Lab Terre, et d’expérimentation, notamment avec la section exploratoire robotique (SOR) Vulcain.
Un besoin opérationnel qui ne remet pas en cause fondamentalement les grandes réflexions actuelles quant à l’avenir des forces terrestres, mais permet à la fois d’apporter un plus sur certains facteurs de supériorité opérationnels (FSO), notamment l’endurance et la masse, ouvre de nouvelles perspectives à travailler, notamment en termes de coopération, et son lot de défis (notamment pour la compréhension).
Le tout en intégrant la responsabilité éthique, avec non pas des SALA (qui ne seront pas développés pour les armées françaises), mais des SALIA (systèmes d’armes létaux intégrant de l’autonomie), comme présentés notamment dans l’avis émis par le comité d’éthique de la défense en avril 2021. CE qui conduit au fait que le commandement conservera l’appréciation de situation permettant la poursuite de mission, sera responsable de l’emploi des robots, et supervisera les fonctions critiques. Des grands principes qui demandent concrètement de s’assurer, avec les industriels, que cela est réalisable techniquement, dans les situations rencontrées en opérations.
Au final, le projet Vulcain, sur les aspects de robotique, permet d’espérer intervenir sur 2 axes forts : augmenter la profondeur tactique des effets (en distance de frappe, en capacités de renseignement, etc.), et augmente les possibilités de saturation sur l’adversaire (physique, électronique, cognitive…). Encore faut-il alors passer chacune des capacités selon le double prisme du : Qu’est-ce que je veux en faire ? L’analyse fonctionnelle. Et combien cela va me coûter ? L’analyse de la valeur. Une équipe robotisée de désignation des feux dans la profondeur peut avoir un sens tactiquement, mais peut perdre tout avantage dès lors que les contraintes et les coûts s’envolent. A quels couts permets-t-elle d’entrer dans la bulle adverse, de se prendre des coups et d’y rester ? Notamment parce que, pour le moment, une capacité robotisée coute globalement, via son empreinte RH, plus chère qu’une capacité non robotisée. D’où le besoin de laisser maturer la partie automatisation jusqu’en 2030, pour espérer faire de réelles économies, en atteignant de réelles plus-value. La charge cognitive consentie doit être acceptable, soit une notion d’efficacité forte : « si je mobilise 3 personnels sur la gestion du robot, il faut que cela apporte beaucoup ». Heureusement, « il existe des systèmes à haute VA qui sont atteignables avec une autonomie réduite ».
Ainsi, selon l’armée de Terre, dans le domaine, les forces terrestres sont à un carrefour dans le choix des effets à atteindre, et les décisions qui sont en train d’être prises conditionneront l’architecture générale qui sera retenue et sur laquelle les besoins seront travaillés conjointement avec la Direction Générale de l’Armement (DGA). Notamment quant au choix de l’architecture générale entre : unités entièrement robotisées, unités mixtes, robotique comme outil de l’arrière, robotique tactique, opérative ou stratégique, etc.
C’est dans ce cadre que le projet Vulcain est lancé, projet qui a vocation à nourrir l’expression du besoin robotique de l’armée de Terre (sans être un programme d’armement en tant que tel), pour permettre de mettre en œuvre une capacité de robotique tactique à l’horizon 2040. Pour la préparation de l’avenir, il doit orienter les travaux de préparation de l’avenir et tout particulièrement les aspects robotique du projet Titan, visant la modernisation de la composante « lourde » des forces terrestres, ainsi que la cohérence et la connectivité interarmées (et non plus uniquement interarmes). Pour sa part, le programme MGCS intègrera une robotique qui lui est propre (des ailiers autonomes, et une capacité d’agression), qui est réfléchit pour la cohérence dans l’approche Vulcain, mais qui est bien pour le coup une opération d’armement en tant que tel.
Le 1er palier s’intéressera à ce qui marche (“la technologie étant plus mure pour ce qui vole par rapport à ce qui roule“), pas cher et en qui les forces peuvent avoir entièrement confiance. La logique choisie, à priori, sera de ne pas prendre une fonction opérationnelle robotique, mais bien de raisonner robotique dans les fonctions opérationnelles existantes. En partant, à ce jour, d’un drone Niveau 0 (ou presque) de l’autonomie, puis demain, une autonomisation plus importante. Classiquement, la réflexion est faite en termes d’effets à obtenir, et ne présuppose pas du modèle de drone.
A ce jour, il n’a pas été encore comparé à grande échelle, par l’armée de Terre des unités totalement non dotées de robots et des unités mixtes ou à forte densité de robots. Néanmoins, en Janvier 2022, un 1er exercice de simulation a été mené (via les capacités de simulation notamment de la DGA) avec des unités hybrides (dotées notamment de munitions télé opérées et pouvant réaliser une défense statiques robotisée) ; il est indiqué que « de ce qui a été vu, il a été identifié de forts intérêts opérationnels, avec de bons résultats obtenus, du moins en simulation ».
Mais l’armée de Terre n’a pas encore clairement exprimé ses besoins en robotique. Jusqu’à présent, il a été vu du positif et également du négatif (cf. ici). Le vrai défi étant celui de la technologie appliquée à la réalité du terrain : l’acheminement en zone opérationnelle et la logistique afférente (MCO + énergie), l’IHM, la connectivité et l’intégration tactique, la chaine feu sécurisée, le changement de milieu, de posture et de mode d’action (passer d’un robot intégré à un convoi en rase campagne à un robot participant à du combat débarqué en pleine ville) , la prise en compte de l’environnement, la mobilité en milieu déstructuré, etc.
Un tel environnement se définissant comme :
  • « Visibilité dégradée par des épisodes de fortes pluies, tempête de sable, etc. ;
  • Difficulté de localisation : signal GNSS de faible qualité, voire absent, ou intentionnellement brouillé ;
  • Chemins non viabilisés ;
  • Obstacles divers par leur nature et leurs caractéristiques ;
  • Choix des trajectoires contraint par la mission, la présence de dispositifs visant à empêcher la progression voire la présence de forces hostiles ;
  • Evolution dans des zones dont les infrastructures ont été endommagées voire détruites et perturbent l’élaboration et le suivi d’une trajectoire ».
Ainsi, comme explicité, « il a fallu évacuer le fantasme, identifier le souhaitable et travailler l’accessible », et placer un double curseur :
  • Quant au degré d’autonomie entre un système entièrement télé opéré (techniquement simple, car aujourd’hui la télé opération, même à grande vitesse, est techniquement accessible, avec des interfaces homme-machine à ce jour d’un bon niveau, mais qui donnent une charge cognitive élevée, avec effet tunnel liée) et un système totalement autonome (techniquement complexe mais qui donne une charge cognitive plus faible). Un domaine où il ne faut pas se laisser arrêter par une autonomie relative, car en soit ajustable, et où la valeur opérationnelle du robot est intrinsèquement liée à la synergie homme machine du système ;
  • Quant au niveau d’intégration entre un système qui remonte toutes les données captées avec un traitement de données centralisé (qui sature les réseaux mais ne nécessite pas d’IA embarqué) et un système qui remonte les données choisies et qui les traite en décentralisé (pour une frugalité numérique, mais un besoin fort en IA embarqué), tout en étant encore en mesure de garantir la supervision humaine des fonctions critiques (les fonctions non critiques pouvant elles avoir une autonomie plus forte, donc être moins intégrées, avec alors une connectivité choisie). Ainsi, des robots se débrouillent à ce jour « pas trop mal même en étant brouillés ».
Le dernier point étant la confiance, dans l’exécution et la supervision des fonctions critiques. Mais aussi « un socle de confiance technique et tactique » qui conditionne l’acceptation opérationnelle et humaine de tels systèmes. Le socle de crédibilité étant celui de la mobilité semi autonome dans le milieu, la performance et la régularité dans l’exécution de la tâche, le côté « combat compatible » (rusticité, MCO, logistique….), l’entraînement en situation réelle, et la sécurité (fonctionnement, cyber, etc.). Ces 4 points étant présentés comme « non négociables », car le but n’est pas de faire une démonstration technologique, mais bien de remplir une mission, de les intégrer dans une unité. D’où l’urgence d’atteindre un 1er socle de crédibilité. L’envoi de 4 plateformes terrestres robotisées à Gao en 2021, « avec des modules d’autonomie très légers », a été utile pour savoir comment on projette des robots et ce que cela implique. Par contre, ils sont restés à l’intérieur de la plateforme opérationnelle désert de Gao, car les militaires qui les ont reçu n’avaient pas été assez entraînés avec (ndlr : le retard dans les livraisons a obligé à changer en cours de route l’unité qui les utilisera, celle s’étant entraînée avec en France étant déployée sur le mandat précédent à l’unité finalement utilisatrice), et la confiance n’était pas suffisante pour que le chef tactique prenne le risque de les emmener sur le terrain, en patrouille.
Pour atteindre ce socle, une démarche progressive a été choisie, avec des objectifs et une déclinaison annuelle. Entre une phase initiale jusqu’en 2024 (et une primo capacité en via une plateforme polyvalente aérienne évolutive PPAE), une phase de montée en puissance (notamment avec une plateforme polyvalente terrestre évolutive PPTE), puis le changement d’échelle en 2030. Après l’unité expérimentatrice mise en place pour les réflexions « tactique robotique », les grandes étapes attendues sont :
  • Des unités pilotes (encore à identifier) en 2025 dans chaque fonction opérationnelle, soit peu de temps après le 3ème incrément Scorpion (un élément important, rapport au sujet connectivité et transmissions via SICS et autres) ;
  • L’arrivée de la robotique transverse en 2030, et des unités opérationnelles en 2030 ;
  • Une robotique intégrée à d’autres programmes à partir de 2034-2035 (que cela soit MGCS, système anti-aérien du futur – SAAF, autant de programmes d’armement au sein du grand volet Titan).
Avec également une progression entre systèmes autonomes juxtaposées, intégrés et équipiers : des robots juxtaposés dès aujourd’hui, notamment pour reconnaissance et renseignement, demain sureté, agression et logistique, plus tard en mobilité et contre-mobilité ; puis des robots intégrées (en transmissions, reconnaissance, renseignement, etc. ; et enfin des robots équipiers post 2030.
Et des marches à passer, comme le concept d’emploi des systèmes automatisés publié en juin 2022, les études prospectives en ciblerie robotisée attendues pour octobre, l’expression du besoin des unités pilotes pour le 1er décembre 2022, les phases exploratoires comme le Probot avec 12,7 pour un poste de tir mobile jusqu’à la fin de l’année, de nouveaux drones aériens comme le Tundra d’Hexadrone (intéressant pour sa modularité), etc. Le défi Cohoma est également présenté comme particulièrement riche d’enseignements, et beaucoup est attendu de l’appel à projets Colibri et Larinae qui représenté un premier incrément dans une capacité robotisée d’agression via des systèmes bas coût de neutralisation.
Pour conclure, il est présenté un cap donné, une méthode assumée des « petits pas », et des avancées qui doivent être crédibles et démontrer de pertinence en analyse fonctionnelle comme en analyse de la valeur. En contournant, si nécessaire, les limitations techniques actuelles.

Joe Biden annonce la mort du chef d’Al-Qaida, tué par une frappe américaine

Joe Biden annonce la mort du chef d’Al-Qaida, tué par une frappe américaine

Les faits

Joe Biden a annoncé lundi soir 1er août qu’une frappe aérienne américaine à Kaboul, en Afghanistan, a tué le leader d’Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri. « Justice a été rendue et ce dirigeant terroriste n’est plus », a déclaré le président américain.

La Croix (avec AFP) – publié le

https://www.la-croix.com/Etats-Unis-tue-chef-Al-Qaida-Zawahiri-medias-2022-08-01-1301227312


 

Le chef d’Al-Qaida, l’Égyptien Ayman al-Zawahiri, a été tué dans la nuit de samedi à dimanche en Afghanistan par une frappe de drone américain, a annoncé lundi 1er août en direct à la télévision le président américain Joe Biden.

« Samedi, sur mes ordres, les États-Unis ont mené à bien une frappe aérienne sur Kaboul, en Afghanistan, qui a tué l’émir d’Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri », a-t-il lancé lors d’une courte allocution depuis la Maison-Blanche. « Justice a été rendue et ce dirigeant terroriste n’est plus », a ajouté Joe Biden.

Ayman al-Zawahiri était l’un des terroristes les plus recherchés au monde et les États-Unis promettaient 25 millions de dollars pour tout renseignement permettant de le retrouver. Il avait pris la tête de la nébuleuse djihadiste en 2011, après la mort d’Oussama Ben Laden, tué par un commando américain au Pakistan. Introuvable depuis plus de dix ans, il était considéré comme un des cerveaux des attentats du 11-Septembre, qui avaient fait près de 3 000 morts aux États-Unis.

« Tourner la page »

Sa mort permettra aux familles de victimes tuées le 11 septembre 2001 dans les tours jumelles du World Trade Center, à New York, et au siège du Pentagone près de Washington, « de tourner la page », a déclaré le président démocrate.

L’Arabie saoudite s’est pour sa part félicitée « de la mort du chef terroriste d’Al-Qaida » responsable de « la planification et l’exécution d’odieuses opérations terroristes aux États-Unis, en Arabie saoudite et dans plusieurs autres pays du monde », selon un communiqué du ministère des affaires étrangères.

L’attaque au drone a été menée à l’aide de deux missiles Hellfire et sans aucune présence militaire américaine au sol, a précisé un responsable américain, preuve selon lui de la capacité des États-Unis « d’identifier et de localiser même les terroristes les plus recherchés au monde et de prendre des mesures afin de les éliminer ». Ayman al-Zawahiri avait été repéré « à de multiples reprises et pour de longues durées sur le balcon où il a finalement été touché » par la frappe dans la capitale afghane, a-t-il ajouté.

Violation des accords conclus à Doha

Au cours du week-end, le ministre afghan de l’intérieur avait démenti les informations faisant état d’une frappe de drone à Kaboul, indiquant qu’une roquette avait touché « une maison vide » de la capitale. Dans un communiqué publié lundi sur Twitter avant l’intervention de Joe Biden, le porte-parole des talibans avait toutefois reconnu l’existence d’une « attaque aérienne », attribuée à un « drone américain ». Joe Biden a précisé lors de son allocution que l’opération n’avait fait « aucune victime civile ».

La présence d’Ayman al-Zawahiri à Kaboul constitue par ailleurs une « violation claire » des accords conclus à Doha en 2020 avec les talibans, qui s’étaient engagés à ne pas accueillir Al-Qaida sur leur sol, a noté le haut responsable américain. Dans leur communiqué, les islamistes afghans ont également accusé les États-Unis d’avoir dérogé à ces accords, en conduisant une frappe sur leur territoire.

« Nous disons encore clairement ce soir que peu importe le temps que cela prendra, peu importe où vous vous cachez, si vous constituez une menace contre notre population, les États-Unis vous trouveront et vous élimineront », a martelé Joe Biden.

Certaines bases aériennes françaises seraient « régulièrement survolées » par des drones indésirables

Certaines bases aériennes françaises seraient « régulièrement survolées » par des drones indésirables

http://www.opex360.com/2022/07/30/certaines-bases-aeriennes-francaises-seraient-regulierement-survolees-par-des-drones-indesirables/


 

Les réformes menées entre 2008 et 2015 [Révision générale des politiques publiques, Modernisation de l’action publique, etc] ont conduit à une réduction assez significative du format de l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE], celle-ci ayant perdu 30% de son effectif et fermé 17 bases aériennes. Si toutes les spécialités ont eté impactées, certaines l’ont été plus que d’autre… comme celle des fusiliers commandos de l’Air.

En 2017, le général André Lanata, alors chef d’état-major de l’armée de l’Air [et de l’Espace], s’en était inquiété. « À la suite des diminutions d’effectifs décidées dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, 40 % des sites de l’armée de l’Air ne disposent plus de personnel de protection dédié », avait-il affirmé lors d’une audition parlementaire.

En outre, le surengagement des fusiliers de l’Air ne pouvait qu’avoir des conséquences sur leur fidélisation, 70% d’entre eux n’ayant pas renouvelé leur premier contrat à l’époque. Aussi, « nous sommes obligés de recourir des tours de garde par le personnel de toutes spécialités pour assurer la sécurité et la protection de nos emprises », avait expliqué le général Lanata.

Cela étant, selon la Loi de programmation militaire [LPM] 2019-25, l’AAE devrait recruter 900 aviateurs supplémentaires, étant donné que l’effort qui lui avait été demandé lors de la précédente décennie était allé beaucoup trop loin.

« Il faut toutefois convenir que cet effort a été excessif et qu’il est aujourd’hui impératif de rééquilibrer le modèle », a d’ailleurs fait valoir le général Frédéric Parisot, le major général de l’AAE, lors d’une audition parlementaire, le 20 juillet dernier.

« La LPM en cours prévoit d’augmenter nos effectifs de 900 personnes entre 2023 et 2025 pour pouvoir honorer nos missions actuelles avec l’efficacité que nos concitoyens attendent. Ces 900 effectifs représentent trois quarts des augmentations des effectifs air prévus sur l’ensemble de la LPM. Une révision à la baisse de ces objectifs ne serait pas soutenable », a continué le MGAAE.

Interrogé sur la répartition de ces 900 postes, le général Parisot a répondu qu’ils seraient orientés vers l’espace et le cyber, mais aussi « vers le commandement et le contrôle » [C2], notamment au Centre air de planification et de conduite des opérations [CAPCO] de Lyon, ainsi que vers « des spécialités un peu trop élaguées au moment de la révision générale des politiques publiques », dont celle des fusiliers commandos de l’Air.

Sur ce dernier point, le général Parisot en a trop dit… ou pas assez. En effet, cet effort en faveur des fusiliers commandos de l’Air vise à accroître la protection des emprises de l’AAE et à renforcer la lutte anti-drones, qui « devient une mission à part entière, tant pour protéger les grands événements que nos bases aériennes dont certaines sont survolées très régulièrement », a-t-il expliqué.

Et d’ajouter : « Cela nous laisse à penser que les ‘agresseurs’ sont bien renseignés, ou ont une bonne idée de ce qui se passe sur la base aérienne ».

Cela d’autant plus que, pour l’AAE, la base aérienne est pensée comme un « outil de combat » à part entière.

L’audition du MGAAE s’étant déroulée à huis clos, son compte-rendu a probablementt été expurgée des éléments n’ayant pas vocation a être mis sur la place publique. Aussi, on n’en saura guère plus sur ces drones qui s’intéressent d’un peu trop près à certaines bases [qui ne sont pas nécessairement celles à vocation nucléaire, ces survols pouvant concerner celles abritant des radars – comme par exemple, le détachement air 928 de Brest-Loperhet – ou celles implantées en outre-Mer et à l’étranger].

Cela étant, un rapport publié par le Sénat en novembre 2019 avait évoqué des « actions de reconnaissance des emprises militaires par des individus aux motivations présentant un risque » qui étaient alors « très fréquentes ». Mais là encore, ses auteurs se gardèrent d’entrer dans les détails.

Peut-être que ces survols dont le général Parisot a fait état ont un lien avec un phénomène observé au Royaume-Uni, impliquant probablement le renseignement chinois… Ainsi, selon un rapport obtenu par le quotidien « The Daily Record » en vertu de la loi britannique sur la liberté d’information, 18 vols de drones ont été constatés entre 2019 et 2021, aux abords de sites sensibles d’outre-Manche, en particulier dans les environs de la base navale de Faslane, qui abrite les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins [SNLE] de la Royal Navy.

Photo : Vue aérienne de la BA 116 de Luxeuil