Décès accidentel d’un officier du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale lors d’un stage

Décès accidentel d’un officier du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale lors d’un stage

http://www.opex360.com/2022/07/02/deces-accidentel-dun-officier-du-groupe-dintervention-de-la-gendarmerie-nationale-lors-dun-stage/


 

« Douleur et vive émotion suite au décès de notre camarade du GIGN [Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale] lors d’un stage de formation. Âgé de 33 ans, il était marié et père de famille. Nos sincères condoléances et tout notre soutien à sa famille, ses proches et à ses camarades », a fait savoir la Gendarmerie, via les réseaux sociaux.

Plus tard, témoignant de « son plus vif soutien à sa famille », le GIGN a précisé qu’il s’agissait du capitaine Jérôme Favier, chef de la section 3 de sa Force intervention. Cet « officier de 33 ans, brevet GIGN n°1311, chuteur opérationnel, laisse d’ores et déjà un vide qui ne pourra se combler », a déploré l’unité d’élite de la Gendarmerie.

Après des études de droit, Jérôme Favier avait suivi les traces de son père, le général Denis Favier, figure du GIGN qu’il commanda à deux reprises [1992/1997 et 2007/2011], avant d’être nommé directeur de la Gendarmerie.

Ayant intégré l’École d’officiers de la Gendarmerie nationale [EOGN] en 2015, Jérôme Favier avait d’abord servi au sein de la gendarmerie mobile, avant de passer avec succès la sélection du GIGN en 2018. Lors des adieux aux armes de son père, il avait été le porte-drapeau de l’Arme, rappelle l’Essor de la Gendarmerie.

D’après les informations de l’Écho Républicain, l’accident qui a coûté la vie au capitaine Favier est survenu alors qu’il était à deux jours de passer son brevet de pilote, dans le cadre d’une formation assurée par « Uranus Paramoteur ». Afin d’en déterminer les circonstances exactes et les causes, des investigations seront conduites par la Gendarmerie des transports aériens [GTA] ainsi que par le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile.

Une quinzaine de gendarmes de l’IRCGN sont arrivés en Ukraine

Une quinzaine de gendarmes de l’IRCGN sont arrivés en Ukraine

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par Philippe Chapleau – Lignes de défense – publié le 11 avril 2022

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/


Suite de mon post de la semaine dernière sur l’aide française aux autorités ukrainiennes.

À la suite des exactions commises à Bucha, une équipe technique du ministère de l’Intérieur chargée d’apporter son expertise en matière d’identification et de recueil de preuves aux autorités ukrainiennes est arrivée en Ukraine ce lundi matin. En accord avec les autorités ukrainiennes, elle pourra également contribuer à l’enquête de la CPI.

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Elle est composée de deux médecins légistes et d’une quinzaine de gendarmes de l’Institut de recherches criminelles de la Gendarmerie Nationale (IRCGN), experts des scènes de crime et d’identification des victimes. Ils disposent notamment de compétences reconnues en balistique, explosifs, prélèvement et traitement ADN, et empreintes digitales. Cette équipe sera en mesure de mettre en place une chaîne d’examen et d’identification de corps. Elle déploiera enfin un LAB’ADN, dispositif d’analyses génétiques rapide et projetable. Ce matériel a été développé par l’IRCGN.

Guerre en Ukraine, les enjeux oubliés et pourtant déterminants de l’ordre public

Guerre en Ukraine, les enjeux oubliés et pourtant déterminants de l’ordre public


Coopération entre le CNEF de Saint-Astier et la garde nationale ukrainienne (Photo Ambassade de France en Ukraine)https://ua.ambafrance.org/Cooperation-entre-la-Gendarmerie-nationale-et-la-Garde-nationale-d-Ukraine

Le colonel (ER) Philippe Cholous, spécialiste du maintien de l’ordre, auteur du livre “l’ordre et la liberté, approche militaire de l”‘art méconnu du maintien de l’ordre”, et conseiller de “La Voix du Gendarme” se penche sur un aspect quelque peu oublié des commentateurs et experts : les enjeux déterminants de l’ordre public dans la guerre en Ukraine.

Tribune du colonel Philippe Cholous

La situation actuelle en Ukraine marque le retour d’un conflit armé international en Europe pour la première fois depuis 1999, à seulement 1 000 kilomètres de la France. Pour l’opinion internationale, cette guerre de haute intensité conventionnelle et symétrique, replace logiquement le nécessaire respect du droit des conflits armés au cœur des préoccupations sécuritaires sur ce théâtre. Par ailleurs, la protection des populations de la zone de contact et l’assistance aux déplacés de la région, sont également des soucis majeurs pour les acteurs diplomatiques et humanitaires.

Pour autant, au-delà de ces enjeux évidents, l’indispensable respect du droit ukrainien et du droit international des droits de l’homme par les autorités en charge de l’application des lois, ne doit surtout pas être perdu de vue. L’Ukraine est un pays immense et par conséquent, les régions occupées et contrôlées par des forces armées excèdent de loin les seules zones d’affrontement. C’est pourquoi, les autorités politico-militaires russes comme ukrainiennes se doivent dès à présent de prendre en compte :

D’une part le fait que loin de suspendre les activités criminelles, les conflits armés facilitent au contraire leur développement ;

D’autre part le fait que dans ce type de crise, le maintien de l’ordre et l’application de la loi, reviennent souvent et par défaut à des autorités militaires, paramilitaires, civilo-militaires ou de circonstance. 

 

Centre d’entraînement de formation internationale de la garde nationale d’Ukraine de STARE au sud-est de Kiev. L’instructeur CNEFG teste le bouclier Ukrainien…(Photo Facebook CNEFG)

 

Or, dans un monde médiatisé et judiciarisé, la prise en compte par les parties au conflit du maintien de l’ordre, de la sécurité publique, de la police aux armées et de la police judiciaire, constituent autant de conditions impératives du succès final de leurs opérations militaires.

La question de la mise en œuvre du volet policier des missions de contrôle de zone imparties à chacun.

Il ne nous appartient bien évidemment pas ici de prendre partie ni de juger nos frères ukrainiens ni nos frères russes dans un affrontement géopolitique global dont les enjeux nous dépassent.

En revanche et s’agissant du conflit actuel, il nous faut souligner un réel danger d’exactions parce qu’il peut y avoir un flou dans la répartition des responsabilités régaliennes ou d’occupation. En premier lieu, il convient de noter que tant les forces armées ukrainiennes que russes, sont organisées selon un modèle qui a longtemps prévalu en Europe de l’Est et qui diffère de celui existant en Europe de l’Ouest. En effet, ces deux pays disposent de forces hybrides, ne disposant pas de l’étendue des compétences des forces de type Gendarmerie et en cela distinctes, certaines à statut militaire et d’autres à statut civil, pouvant légalement intervenir soit au combat, soit dans des missions de police (par exemple, la Garde nationale en Ukraine, les Troupes de l’intérieur de la Fédération de Russie, ou encore les OMON). A ces forces, s’ajoutent à l’Ouest des unités de combattants volontaires internationaux et à l’Est des milices de défense issues des populations russophones. Or ce type de forces non institutionnelles et non conventionnelles, sont par nature partisanes. Elles ne sont par ailleurs ni formées au droit des conflits armés, ni au droit international des droits de l’homme, ni au droit national, encore moins aux exigences de l’ordre public ou de la police judiciaire élémentaire.

A l’heure où les forces russes semblent avoir atteint leurs objectifs initiaux et où s’engagent les batailles décisives d’une part pour le contrôle de la côte Sud, d’autre part entre le principal corps de bataille ukrainien et l’armée russe à l’Ouest du Donbass, va commencer à se poser avec une acuité grandissante la question de la mise en œuvre du volet policier des missions de contrôle de zone imparties à chacun. Ne nous y trompons pas, il s’agit là d’un facteur second mais essentiel de la projection de puissance, qui contribuera à décider à moyen ou long terme, de la défaite ou de la victoire des uns et des autres sur la scène internationale. 

Pourquoi le GIGN est-il en Ukraine?

Pourquoi le GIGN est-il en Ukraine?


GIGN FSP
La force de sécurité et de protection à l’entraînement dernièrement (Photo Fabrice Balsamo DICOM)

Un détachement de Gendarmes du GIGN (groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale) est en Ukraine depuis bientôt une semaine. Huit militaires de la Force Sécurité/Protection (FSP) sont arrivés mercredi dernier à l’ambassade de France à Kiev où sont affectés en permanence cinq gardes de sécurité diplomatique (GSD) en charge de la protection de l’ambassade et du personnel diplomatique. Ce détachement du GIGN est parti mardi 22 février, par la route, depuis sa base de Satory (Yvelines). 

Ce lundi, ces Gendarmes ont accompagné et sécurisé le déménagement de l’ambassade de France qui s’est déplacée de Kiev à Lviv, dans l’ouest du pays, du fait des “risques et des menaces” qui pèsent sur la capitale ukrainienne. 

Les Gendarmes déployés appartiennent majoritairement à la Force Sécurité/Protection (FSP). Ils sont accompagnés, selon nos informations, d’autres militaires du groupe spécialisés, notamment dans les communications.

Le GIGN peut être sollicité pour un plan RESEVAC

Les Gendarmes de FSP, surnommée dans le jargon du GIGN la “protec” sont rodés à ce type de mission à haut risque. Ce sont ces mêmes militaires qui sont projetés “en tout lieu” et en “tout temps” partout dans le monde pour préserver les intérêts diplomatiques français. Interopérables avec leurs camarades des autres armées, ils sont déployés en permanence en Irak, Lybie, Mali, Arabie saoudite, Centrafrique ou encore Burkina Faso, détaille Gendinfo qui a consacré un reportage à la “protect” du GIGN. Ces Gendarmes veillent à la sécurité des ambassades et des diplomates, mais également à celles des ressortissants français lorsque la situation le commande. En cas de déclenchement d’un plan RESEVAC (Évacuation des ressortissants), le GIGN peut être sollicité pour s’occuper de nos compatriotes et les sécuriser au sein de l’ambassade, en attendant leur rapatriement.

Un an et demi de formation

Les membres de la “Protec” ont une formation spécifique.

“Pour former un membre de la Protec, il faut environ un an et demi. Après, c’est de la formation continue et de l’entraînement. Quand on n’est pas en mission, on suit des stages permettant d’acquérir des capacités qui seront indispensables à l’étranger : conduite rapide, investigation, secourisme, parachutisme, neutralisation de colis piégés, sports de combat ou encore télé-pilotage de drone, et bien d’autres. Les besoins sont énormes, car nous sommes le plus souvent déployés en petites équipes autonomes, sans soutien direct, et nous devons donc savoir nous débrouiller par nous-mêmes dans des situations dégradées”, explique Sébastien, un membre du groupe dans Gendinfo.

Les Gendarmes de la FSP interviennent aussi depuis l’année dernière dans la formation des gardes de sécurité diplomatique (GSD) avec un module spécifique.

Les réservistes de la Gendarmerie et de la Police OPJ pendant 5 ans

Les réservistes de la Gendarmerie et de la Police OPJ pendant 5 ans


Réserviste en train de procéder aux opérations de contrôle personnel de sécurité sur un MASG1 avant un départ en mission (Photo d’illustration LVDG)

Les retraités réservistes opérationnels de la Gendarmerie et de la Police qui avaient la qualité d’officier de police judiciaire (OPJ) en activité vont pouvoir la conserver pour une durée de 5 ans à compter de leur départ à la retraite. Poussée par le député (UDI) Christophe Naegelen, sollicité par l’APNM Gendarmes & Citoyens, cette disposition réclamée par les retraités n’avait pas été incluse dans la loi sur la sécurité globale mais a été insérée par le ministère de l’Intérieur dans la nouvelle loi sur la responsabilité pénale et la sécurité intérieure.

Cette disposition, déposée sous forme d’une proposition de loi en mars 2020 portée par le député des Vosges (UDI, Agir, indépendant) Christophe Naegelen, sollicité par l’APNM Gendarmes & Citoyens est donc désormais une réalité.

Sur le même thème : Un député et Gendarmes & Citoyens demandent le maintien de la qualification OPJ pour les réservistes anciens de l’Arme

Jusqu’à maintenant, les réservistes anciens de l’arme perdaient leur habilitation d’OPJ et n’étaient que agents de police judiciaire (APJ), tandis que les autres réservistes qui ne sont pas anciens de l’Arme, sont agents de police judiciaire adjoints (APJA).

Le président de Gendarmes & Citoyens fier de cette évolution majeure

Dans un précédent article consacré à ce dispositif, l’adjudant Thierry Guerrero, président de l’Association professionnelle nationale militaire Gendarmes & Citoyens, qui porte ce projet depuis plusieurs années, s’était dit “particulièrement fier de cette évolution majeure pour notre institution”.

Un maintien soumis à conditions

Pour conserver cette qualité, les OPJ devront néanmoins respecter quelques conditions. Ils devront d’abord effectuer une actualisation de leurs connaissances.

 Art. 16-1 A.Lorsqu’ils servent dans la réserve opérationnelle de la police nationale ou dans la réserve opérationnelle de la Gendarmerie nationale, les fonctionnaires de la police nationale et les militaires de la Gendarmerie nationale actifs ou à la retraite ayant eu durant leur activité la qualité d’officier de police judiciaire peuvent, après une actualisation de leurs connaissances et dès lors qu’est établi qu’ils réunissent les conditions d’expérience et d’aptitude requises, conserver la qualité d’officier de police judiciaire pour une durée de cinq ans à compter de la date de leur départ à la retraite.
Toutefois, ils ne peuvent exercer effectivement les attributions attachées à leur qualité d’officier de police judiciaire et se prévaloir de cette qualité que s’ils sont affectés à des missions comportant l’exercice de ces attributions et en application d’une décision du procureur général près la cour d’appel les y habilitant personnellement. 
L’habilitation est délivrée par le procureur général près la cour d’appel dans le ressort de laquelle intervient la première affectation du réserviste. Sous réserve du premier alinéa, elle est valable pour toute la durée de l’engagement dans la réserve, y compris en cas de changement d’affectation. Le procureur général peut prononcer le retrait de l’habilitation ou sa suspension pour une durée déterminée
.”

Texte de loi sur la responsabilité pénale et la sécurité intérieure

Safran équipera l’hélicoptère interarmées léger (HIL) Guépard

Safran équipera l’hélicoptère interarmées léger (HIL) Guépard

 

Safran participe significativement au programme H160M Guépard, développé dans le cadre du programme d’hélicoptère interarmées léger (HIL), et destiné à remplacer cinq types d’hélicoptères actuellement en service dans les forces armées françaises (Gazelle, Alouette III, Dauphin, Panther et Fennec). Une première tranche ferme de 30 appareils sur un total de 169 hélicoptères a été notifiée tout récemment à Airbus par la Direction générale de l’armement, maitre d’ouvrage du programme HIL. Le marché comprend également la commande de dix hélicoptères H160 pour la Gendarmerie nationale, décidée dans le cadre du plan de soutien français à l’industrie aéronautique.

Une des principales contributions de Safran à ces hélicoptères sera l’Arrano, un moteur de nouvelle génération d’une puissance de 1300 cv qui intègre le meilleur de la technologie en matière de moteurs aéronautiques. Il offre une consommation en carburant réduite d’environ 20 % par rapport aux moteurs des hélicoptères qu’il va remplacer dans les forces françaises, et peut incorporer jusqu’à 50% de carburant d’aviation durable (SAF). L’Arrano a reçu sa certification EASA (Agence Européenne de la Sécurité Aérienne) en juin 2019.

 

                                                                              Crédit : Safran.
                           Crédit : Safran.

Autre équipement majeur, le système optronique Euroflir 410 de Safran qui apportera des performances d’observation inégalées aux hélicoptères Guépard et aux H160 de la Gendarmerie nationale. Grâce à un champ de vision large et une observation très longue portée, l’Euroflir 410 permet aux pilotes d’opérer à distance, de jour comme de nuit, pour identifier, rapidement et en toute sécurité, des personnes en danger ou différents types de menaces.

Safran équipera ces hélicoptères de systèmes performants nécessaires au pilotage et à la stabilité de l’aéronef, dont les actionneurs électromécaniques TRIM et SEMA (Smart Electro Mechanical Actuator) ainsi que des éléments de cockpit et les systèmes d’essuie-glace, ainsi que la la distribution électrique.

Safran fournira également les systèmes de sécurité (systèmes de flottabilités, radeaux de sauvetage), de gestion du carburant et de refroidissement.

 « Nous accueillons cette commande du ministère des Armées avec beaucoup de fierté et de satisfaction. Les moteurs Arrano seront fabriqués, assemblés et réparés en France. Cette commande témoigne de la confiance renouvelée de l’Etat français, notre premier client, avec 1 600 moteurs d’hélicoptères en service au sein de ses flottes. Au nom de toutes les sociétés du Groupe impliquées dans ce programme, je renouvelle notre soutien à notre partenaire Airbus dans la poursuite du développement de ces hélicoptères », a déclaré Franck Saudo, Président de Safran Helicopter Engines.

Qui sont les futurs généraux de Gendarmerie ?

Qui sont les futurs généraux de Gendarmerie ?


Montage LVDG

29 colonels, dont une femme,  Florence Guillaume, qui sera le premier général de Gendarmerie de moins de 48 ans, sont inscrits sur la liste d’aptitude des généraux pour 2022. La Voix du Gendarme vous les présente.

Les colonels (par ordre alphabétique).

1ere section

Loïc Baras, adjoint au sous-directeur de l’emploi des forces. Saint-Cyrien, il a notamment été commandant du groupement des Yvelines, commandant de la compagnie de Saint-Martin (Guadeloupe) et de la compagnie de Grasse (06).

Il a aussi été adjoint au chef du bureau de la sécurité publique, responsable pédagogique à l’EOGN et conseiller du directeur général de l’association des maires de France.

Christian Borie, chef du service ressources humaines et finances de région de Gendarmerie Nouvelle Aquitaine. Il présente la particularité d’un passage dans le privé pendant deux ans comme directeur d’exploitation des taxis G7.

Olivier Capelle, commandant la Gendarmerie de Mayotte, ancien commandant du groupement de Gendarmerie mobile  mobile IV-7 de Dijon. Saint-Cyrien, il a été adjoint au chef de la division des opérations de la région de Gendarmerie d’Alsace à Strasbourg, chef du bureau de la performance et de la cohérence opérationnelle de la région de Gendarmerie d’Alsace.

Olivier Capelle (Photo Comgend Mayotte)

Ce spécialiste du maintien de l’ordre a été chef de bureau à la DGGN, responsable de la section doctrine de l’ordre public pour la Gendarmerie nationale. Il a aussi commandé la compagnie d’Agen. Il est ancien combattant et notamment titulaire de la croix de la valeur militaire.

Constant Caylus, inspection générale de la Gendarmerie, ancien chef d’état-major de l’inspecteur général des armées Gendarmerie. Ce saint-cyrien a notamment commandé regroupement du Haut-Rhin et a été détaché à EDF.

Eric Delain, chef du bureau personnel officiers de la Gendarmerie. Ce spécialiste des resources humaines qui a été conseiller ressources au cabinet du Directeur général, a été commandant de la compagnie d’Arcachon et du groupement de Maine-et-Loire.

Christian Fillon, inspecteur, chargé de mission à l’iGGN, ancien directeur adjoint de l’institut de recherches criminelles de la Gendarmerie. Physicien de formation, il a servi à plusieurs reprises à l’IRCGN notamment en qualité de chef de la division physique chimie, chef de l’Unic (unité nationale d’investigation criminelle) mais a aussi commandé le groupement des Ardennes et la compagnie de Montauban.

Arnault Girault, commandant en second la région de gendarmerie Poitou-Charentes, commandant le groupement de la Vienne. Issu de l’école militaire interarmes, ce “dolo”, qui a servi 13 ans dans l’armée de Terre a commandé l’escadron de Gendarmerie mobile de Valenciennes, la compagnie de Dunkerque, une promotion de l’EOGN, le groupement de la Manche et a été chef de la division de l’appui opérationnel de la région de Gendarmerie des Hauts-de-France.

Florence Guillaume, conseiller Gendarmerie du 1er ministre. 

Florence Guillaume (Photo LVDG)

Elle est la seule officière de Gendarmerie dont on dit qu’elle a le potentiel pour être la première Directrice générale. Elle aura 48 ans en décembre 2022, et sera ainsi le premier général avant ses 48 ans. Première femme à avoir intégré le centre des hautes études militaires (CHEM), ancienne commandante du groupement de l’Ain, commandante de la compagnie de la Tour-du-Pin (38), ancienne chargée de mission du DGGN Denis Favier,  elle a été adjoint du conseiller Gendarmerie auprès du ministère de l’Intérieur, aide de camp du DGGN Guy Parayre, chargée de mission du DGGN Saint-Cyrienne, fils d’un officier de l’armée de terre passé en Gendarmerie et ayant intégré le corps préfectoral, elle a débuté en Gendarmerie mobile comme commandant du peloton d’intervention de l’escadron d’Arras, puis a servi au Sirpa comme officier de presse. Femme d’action, elle est titulaire du brevet parachutiste français, du brevet de parachutiste allemand, et des brevets d’alpiniste et de skieur militaire.

Laurent Haas, commandant de la Gendarmerie prévôtale. Admis en Gendarmerie parle biais du concours ouvert aux officiers de réserve (Infanterie), il est ancien commandant du groupement du Gard, de la compagnie de Saint-Gaudens (31), et du PGHM de Briançon. Plongeur, il a aussi commandé le centre national d’instruction nautique de la Gendarmerie (CNING) à Antibes et a été attaché de sécurité intérieure en Italie. Il est titulaire de la médaille du secours en montagne.

Pascal Julien, adjoint du “pôle tratégie capacitaire” de la DGGN. Saint-cyrien, il a intégré la Gendarmerie au grade de capitaine après une première partie de carrière dans l’armée de Terre comme chef de section et commandant adjoint de compagnie de combat du génie, il a commandé l’escadron de Bayonne, la compagnie de Montpellier, le groupement de la Sarthe, le bureau des effectifs de la DGGN, et a été à l’état-major de l’inspecteur général des armées-Gendarmerie.(IGAG).

Thibault Lagrange, conseiller du DGGN pour les sujets de transformation, de numérique, de systèmes d’information et de cybersécurité. Ce saint cyrien, ceinture noire de judo 2ème dan, est aussi un ingénieur diplômé de télécom Paris.

Thibaut Lagrange (Photo Facebook GGD 69)

Il a débuté comme commandant du peloton d’intervention de l’EGM 34/7 de Troyes qu’il a commandé ensuite. Après avoir été chef de projet Télécom, il a commandé la compagnie d’Aubagne, a fait un long passage au Service des technologies et des systèmes d’information de la sécurité intérieure (ST(SI)2 avant de commander le groupement du Rhône.

Vincent Lamballe, commandant la Gendarmerie de la Guadeloupe. Saint-Cyrien, ce Breton de 50 ans a débuté dans l’armée de Terre (train) comme commandant de pelotons de circulation à Besançon et Arras. Après une opération extérieure à Sarajevo d’avril à août 1999, il a intégré la Gendarmerie au grade de capitaine. A sa sortie de l’EOGN, il a commandé l’EGM de Châtellerault (Vienne) qui l’a vu être projeté plusieurs fois outre-mer, puis la compagnie de Quimper (Finistère).

Vincent Lamballe (Photo Comgend Guadeloupe)

Après l’École de guerre, il a été à la tête de la section veille et éléments de langage du Sirpa, puis a commandé le groupement du Jura avant d’être chargé de mission après du directeur du personnel puis sous-directeur adjoint de la direction du personnel. Disposant de qualifications en dialogue social et en communication, moniteur commando, chef de combat en montagne, il est chevalier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite, titulaire de la médaille de la Gendarmerie avec citation à l’ordre du régiment et de la croix du combattant.

Dominique Lambert, chef de l’office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI). Ce “pjiste” a commandé deux sections de recherche, Marseille et Dijon, a été chef de la section “prospective pénale et pratique judiciaire”, puis adjoint au chef du bureau de la Police judiciaire, chef de la section “relations internationales, relations extérieures et formation”,  de l’office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC). Montagnard, il a débuté comme commandant du peloton montagne de l’escadron 34/2 de gendarmerie mobile de Saint-Gaudens (31) avant de commander la compagnie montagne de Saint-Girons (09).

Jean-Luc Lefour, chargé de mission à la représentation de la France à l’ONU. Saint-Cyrien, ce pilote, ancien de l’aviation légère de l’armée de terre ayant servi au Cambodge et en Ex-Yougoslavie comme chef d’escacrille dans un régiment d’hélicoptères de combat, a intégré la Gendarmerie via le concours des officiers des armées (OA). Après avoir commandé un escadron de Gendarmerie mobile, il a pris la tête d’une section aérienne de la Gendarmerie, puis a été chargé de mission sûreté des transports au ministère de l’écologie, du développement durable, et de l’énergie. Breveté de l’École de guerre, il a ensuite commandé le groupement nord de la Gendarmerie des transports aériens (GTA) avant d’être directeur adjoint du bureau enquête accidents défense air (BEADA).

Samuel Machac, attaché de sécurité intérieure au Canada. Ancien commandant du groupement de la Savoie et chef du bureau de l’analyse et de l’anticipation à la DGGN, il a été rapporteur à la cour des comptes.

Samuel Machac (Photo Facebook GGD 73)

Saint-Cyrien, il a débuté par le commandement du peloton montagne de l’escadron de gendarmerie mobile de Grenoble (38) avant de prendre la tête de la compagnie de Saint-Gaudens (31). Il a été aussi instructeur à l’EOGN et chargé de projets à la DGGN.

François-Xavier Martin,  commandant adjoint de la région de gendarmerie des Hauts-de-France, commandant la formation administrative de Picardie et le groupement de la Somme. Il a notamment commandé le groupement de l’Ain puis a été chef du bureau de l’analyse et de l’anticipation des politiques de ressources humaines à la DGGN.

Jacques Martin, chef de la mission du systeme d’information Agorha (DSI-RH). Cet ingénieur informatique de Telecom Paris-Tech, ancien de l’armée de l’air, a été commandant en second de la Gendarmerie de l’air, conseiller du commandant supérieur de la Gendarmerie de la République de Côte d’Ivoire, a commandé la compagnie d’Ambroise. Il a aussi servi au ministère des armées à la direction des services d’information et de communication (devenue DNUM). 

Nicolas Matthéos, commandant en second la Gendarmerie de Nouvelle-Calédonie.

Saint-cyrien, il a débuté comme commandant de peloton à l’escadron 21/6 de gendarmerie mobile de Hyères, avant de rejoindre l’Hérault comme commandant de l’escadron départemental de sécurité routière. 

Nicolas Matthéos (Photo Facebook GGD 71)

Il a commandé la compagnie de Nouméa et des îles Loyauté, a été adjoint du secrétaire général du conseil de la fonction militaire Gendarmerie, puis officier supérieur adjoint du directeur des personnels militaires de la Gendarmerie. Il aussi été chef d’état-major de la Gendarmerie de Guadeloupe et a commandé le groupement de Saône-et-Loire (71).

Jean-Marc Michelet, sous-directeur administratif et financier à la DGGN. Issu de l’EMIA, ce spécialiste des finances et du budget a alterné les postes à la DGGN et sur le terrain. Il a notamment commandé le groupement de l’Essonne (91) et la compagnie de Cergy (95).

Frédéric Monin, directeur du Centre de Formation des Dirigeants de la Gendarmerie (CDDG) à Melun. (anciennement centre d’enseignement supérieur de la Gendarmerie en charge de la formation continue des officiers et du MBA spécialisé “management de la sécurité” ouvert aux officiers et aux cadres du privé.

Frédéric Monin lors de son départ du Maine-et-Loire (Photo Facebook GGD Maine-et-Loire)

Il a notamment commandé la compagnie de Dinan, a été chargé de mission à EDF, cadre professeur à l’École de guerre, a commandé le groupement du Maine-et-Loire avant d’être chargé de mission à la direction des personnels militaires où il a notamment piloté le pôle transition professionnelle de la Gendarmerie.

Patrick Perrot, coordinateur de l’intelligence artificielle au service de la transformation de la Gendarmerie. 

Ingénieur en Télécoms, docteur en intelligence artificielle, titulaire d’un mastère de l’école nationale supérieure des Télécoms, Patrick Perrot, a d’abord effectué son service comme officier de marine sur le “Monge”, puis a travaillé comme ingénieur chez Lucent technologies avant d’intégrer l’EOGN via le concours sur titre, réservé aux officiers de réserve.

Patrick Perrot (Photo Sirpa Gendarmerie)

Il a commandé le peloton d’ intervention de l’EGM de Bourgoin- Jallieu (38) avant de rejoindre, pour 8 ans, le département signal- image-parole de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie Nationale où il a travaillé comme expert en biométrie, notamment en reconnaissance faciale, en reconnaissance de locuteur ou dans la détection de comportements et a promu l’analyse en 3D des scènes de crime.

Il a ensuite commandé la compagnie de Saint-Jean d’Angely (17) avant de revenir à l’IRCGN comme chef de division analyse et investigation criminelles au service central de renseignement criminel. En charge de l’animation et de la coordination de la fonction de renseignement criminel, il a développé le concept d’analyse anticipative de la délinquance fondé sur des méthodes d’intelligence artificielle en lien avec la CNIL. Il a été en charge de la direction de programme inter- services relative à l’analyse décisionnelle. Il a commandé le groupement de la Haute-Marne de 2017 à 2020. 

François Santarelli, commandant le centre de planification et de gestion de crise (CPGC) . Ancien commandant du groupement de la Charente, il a d’abord servi comme officier de réserve en situation d’activité (ORSA) dans l’armée de terre (train), avant d’intégrer la Gendarmerie. A sa sortie de l’EOGN, il a été commandant de peloton de Gendarmerie mobile à Marseille. Il a ensuite commandé la compagnie de Villefranche-de-Rouergue (12), a servi au bureau de l’analyse statistique et de l’évaluation de l’activité du service des opérations et de l’emploi, au bureau défense, et a été chef de bureau à la direction des opérations et de l’emploi.

Jean-Christophe Sintive, conseiller défense et sécurité et adjoint Gendarmerie au cabinet militaire de la ministre des armées. Saint-Cyrien, il a débuté comme commandant de peloton à l’escadron de gendarmerie mobile de Chatellerault avec lequel il a été projeté au Kosovo, a été ensuite cadre professeur à l’école Polytechnique avant de commander la compagnie de Béziers (34).

Le colonel Jean-Christophe Sintive (Photo Facebook GGD 33)

Chargé de mission à l’inspection générale de l’administration, il a enchaîné comme chargé de mission à l’IGGN avant d’être en charge de la gestion des officiers à la DGGN. Il a commandé le groupement de la Gironde (33) puis a suivi le centre des hautes études militaires (CHEM).

Emmanuel Valot, sous-directeur de la politique des ressources humaines. Saint-Cyrien, il a commandé le peloton d’intervention de l’escadron de gendarmerie mobile de Roanne (42), la compagnie de Quimper (29) a été instructeur à Polytechnique, et commandé le groupement de l’Eure. Il a aussi servi comme chargé de mission sur le volet “soutien financier” au cabinet du DGGN.

2ème section

Stéphane Daudrix, mission de liaison avec la Police nationale. Il présente la particularité d’être le seul officier de Gendarmerie à avoir été officier de la Police nationale! Il a choisi de bifurquer dans la Gendarmerie par le biais du concours ouvert aux officiers de réserve, ayant effectué son service comme officier, aide de camp du gouverneur militaire de Metz. Il a notamment commandé le groupement du Gers.

Philippe du Hommet, du corps technique et administratif. Secrétaire général adjoint du SGAMI Rhône-Alpes. Il a notamment été chef d’état-major de la Gendarmerie des transports aériens.

François Gaultier, chef de la division de l’appui opérationnel de la région Rhône-Alpes Auvergne. Il a été chef des ressources humaines de la région Auvergne Rhone-Alpes et chef du bureau de la chancellerie à la DGGN.

Alexandre Korsakoff, commandant en second la Gendarmerie d’Alsace et le groupement du Bas-Rhin.

Issu de l’armée de terre, éclaireur de montagne formé à l’EMHM, il a servi au 27 ème BCA comme sergent et a intégré à l’EMIA. A sa sortie, il a servi comme chef de section au regretté 159ème régiment d’infanterie alpine de Briançon avec lequel il a été projeté au Liban au sein du 420 ème détachement de soutien logistique. Il a ensuite encadré des sections d’élèves officiers aux école de Saint-Cyr Coëtquidan (promotion “cadets de Cherchell” et “lieutenant Schaffar”) avant d’entrer en Gendarmerie au grade de capitaine.

Le colonel Korsakoff (Photo Facebook GGD 67)

Il a commandé l’escadron 25/6 de gendarmerie mobile de montagne de Digne puis a retrouvé Briançon comme commandant de la compagnie. Il a ensuite retrouvé les armées comme officier rédacteur à l’état-major des armées avant de commander le groupement des Alpes de Haute-Provence puis d’être cadre professeur à l’École de guerre dont il est breveté. Il a aussi été officier communication en Bretagne.

Eric Vankerrebrouck, attaché de sécurité intérieure en Centrafrique. Il a notamment commandé le groupement II/1 de Gendarmerie mobile de Maisons-Alfort.

 

 

Le recrutement prévu de 20000 réservistes de la Gendarmerie n’est pas financé pour le moment

Le recrutement prévu de 20000 réservistes de la Gendarmerie n’est pas financé pour le moment

http://www.opex360.com/2021/11/29/le-recrutement-prevu-de-20000-reservistes-de-la-gendarmerie-nest-pas-finance-pour-le-moment/

Pourquoi l’objectif de 50 000 réservistes d’Emmanuel Macron est (pour l’instant) “du flan”…

Pourquoi l’objectif de 50 000 réservistes d’Emmanuel Macron est (pour l’instant) “du flan”…

Pour le moment, la hausse du nombre de réservistes ne s’est pas traduite budgétairement.

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L’Essor – publié le 22/11/2021

https://lessor.org/societe/pourquoi-lobjectif-de-50-000-reservistes-demmanuel-est-du-flan


C’était l’une des mesures fortes annoncées par Emmanuel Macron lors de la clôture, en septembre dernier, du “Beauvau de la sécurité”, cette série de tables rondes sur l’avenir de la Gendarmerie et de la Police. Le président avait alors rappelé l’objectif, déjà mentionné au printemps, d’une réserve de la Gendarmerie de 50.000 personnes. 

Une annonce qui avait laissé dubitatif, alors que la Gendarmerie peine à financer sa réserve actuelle, dimensionnée autour de 30.000 personnes. Une réserve sur les réserves partagée par les sénateurs Philippe Paul (Finistère, LR) et Gisèle Jourda (Aude, PS). Dans leur rapport pour avis sur les crédits de l’Arme, les deux élus notent qu’il aurait fallu, pour atteindre l’objectif de 50.000 réservistes à 30 jours de mission par an, au moins doubler l’enveloppe budgétaire prévue pour 2022”, de 70,7 millions d’euros. 


Crédibilité des annonces

“Pour le moment, la montée en puissance prévue n’est donc pas engagée sur le plan budgétaire”, ajoutent les deux sénateurs. Une manière de dire poliment que l’annonce présidentielle en reste pour le moment au coup de communication. Notre questionnement porte plutôt sur la crédibilité de cette montée en puissance d’un point de vue budgétaire”, souligne Philippe Paul. Et l’élu de rappeler que le nombre de jours de réserve annuel, 24, est inférieur à celui des Armées, actuellement de 30. Une différence qui compte dans la fidélisation des réservistes. 

Faute de nouveaux crédits suffisants, comme le craint la sénatrice Gisèle Jourda, il y a un risque que l’augmentation du nombre de réservistes ne s’accompagne d’un “ajustement à la baisse des jours de mission”. Si les heures sombres semblent du passé – en 2018, faute de crédits, la réserve avait été mise en pause, par exemple -, la situation budgétaire reste toujours délicate. “Les engagements opérationnels effectués en fin d’année voient toujours leur mise en paiement réalisée en début d’année suivante, entraînant des reports de rémunérations”, remarque ainsi Gisèle Jourda.

Les réservistes sont pourtant très attendus. Parmi les pistes évoquées, celle de réservistes de proximité qui pourraient devenir des primo-arrivants auprès des maires lors d’événements imprévus. Les réservistes pourraient également avoir un rôle accru dans la gestion des violences intrafamiliales et auprès des personnes âgées.

Mutualisations Police Gendarmerie : le général Cavallier démonte les propositions du député Fauvergue, ancien “patron” du Raid

Mutualisations Police Gendarmerie : le général Cavallier démonte les propositions du député Fauvergue, ancien “patron” du Raid


Place Beauvau

Dans une tribune parue dans “Le Monde”, (1) le député Jean-Michel Fauvergue, ex-patron du RAID, préconise des mutualisations poussées au sein des deux forces de sécurité intérieure, Police nationale et Gendarmerie nationale et la création d’un état-major de la sécurité intérieure. Le général de division (2s) Bertrand Cavallier, conseiller de “La Voix du Gendarme” répond point par point à ces propositions qui “peuvent être séduisantes mais ne résistent pas à une analyse de fond accessible à tout un chacun”. (Cette tribune a d’abord été réservée aux abonnés de la Voix du Gendarme dans le numéro de novembre)

Tribune du général (2s) Bertrand Cavallier

Tout d’abord, Jean-Michel Fauvergue déplore le manque d’unicité – qu’il faut entendre comme un système totalement intégré- au sein du ministère de l’Intérieur. Ensuite, au sujet de ce manque d’unicité, il déplore l’absence “de corpus intellectuel de la sécurité intérieure qui structure l’édifice et le stabilise face aux fluctuations des anciens dogmes politiques de droite et de gauche et à l’omnipotence d’administrations par définition craintives et rétives au changement”. Et de citer “l’exemple du Beauvau de la sécurité et le discours du président de la République, à cette occasion, qui ouvre enfin cette voie vertueuse.

Le général (2S) Bertrand Cavallier, spécialiste du maintien de l’ordre (Photo DR)

Enfin, il propose comme solution, la voie d’une mutualisation très poussée avec un état-major de sécurité intérieure et des directions « métier » (investigation, maintien de l’ordre etc.) regroupant les personnels de la Police, de Gendarmerie et de la Préfecture de police de Paris! Ces directions, également positionnées au niveau territorial avec des salles de commandement fusionnées, seraient sous l’autorité en alternance d’un policier ou d’un Gendarme.

Une idée fixe chez certains cadres de la Police

L’intégration de toutes les forces au sein d’un même état major est une idée fixe chez certains cadres de la Police nationale. La formulation de cette idée rend aisée la contre-argumentation. Cette volonté se heurte tout d’abord à l’alliance difficile d’institutions ne partageant pas la même sémantique ni la même philosophie de fonctionnement. Les armées de Terre, de Mer et de l’Air n’ont pas ces difficultés de culture pour se parler. Si l’on comprend la sécurité intérieure sous tout son spectre, dénommé “continuum” par le député Fauvergue, il faut également y associer la sécurité privée, les polices municipales. Vouloir une unicité de voix dans la sécurité intérieure après avoir théorisé puis organisé son éclatement, il faut oser ! (2)

L’unicité Place Beauvau est déjà une réalité

Dans la forme, l’unicité au sein du ministère de l’Intérieur est déjà une réalité. En effet, outre le rattachement de la Gendarmerie, mesure historique et de portée systémique qui a permis de rassembler l’ensemble des forces sous l’autorité d’un même ministère, la synergie entre les trois composantes de fait, soit la PN, la GN, et la PP est bien assurée par différentes mesures :

◆ la colocalisation des cabinets des DGGN et DGPN à Beauvau ;

◆ la participation systématique des directeurs généraux et du préfet de police aux réunions de niveau politico-stratégique ;

◆ la mise en place structures mixtes du type service des technologies et des systèmes d’information de la Sécurité intérieure dit ST(SI)2, le service de l’achat, de l’innovation et de la logistique du ministère de l’Intérieur.

◆ des structures telles que l’unité nationale de coordination des forces mobiles (UCFM), qui effectue la répartition des unités en fonction des missions.

Le corpus intellectuel de la sécurité intérieure ? Mais parlons-en !

Le corpus intellectuel de la sécurité intérieure ? Mais parlons-en !
En s’appuyant notamment sur le discours du président de la République lors de la clôture du Beauvau de la sécurité. Rappelons tout d’abord que ces travaux ont été motivés par des constats lourds dans la fonction policière. Désignés comme les sept péchés capitaux, dont l’absence d’engagement des cadres sur le terrain, un déficit structurel de formation…, ils ne concernaient pas au premier chef la Gendarmerie. Emmanuel Macron, loin de cette formule alambiquée de corpus intellectuel, a concentré son propos sur des évidences et s’est inscrit dans le temps long.

Tout d’abord, comme je l’ai déjà souligné dans “ La Voix du Gendarme”, il faut rappeler le sens premier de la mission des Gendarmes et policiers, la spécificité de leur engagement et leur raison d’être : servir le citoyen et assurer la protection de la population. Ce rééquilibrage me semblait nécessaire après un discours, y compris en Gendarmerie, qui a été pendant des années, centré sur le bien-être des personnels.

Ensuite, au sujet de l’objectif opérationnel de doubler la présence de “bleu” sur le terrain. Le défi majeur est aujourd’hui de rendre les forces de l’ordre plus présentes sur la voie publique, pour mieux rassurer et mieux dissuader. Il faut, en priorité, refonder ce qui constitue le socle de la fonction de sécurité, soit cette action du quotidien qui exige avant tout de la présence, de la proximité et de la continuité dans la relation avec la population. C’est cette capacité constante à réguler, renseigner, qui peut être appréhendée au travers de la fonction de sécurité publique, qui permet l’action en cohérence, en tant que de besoin, des autres composantes de la Gendarmerie, de la police, voire de services spécialisés.

Deux questions centrales : le temps de travail et l’organisation du service

Évidemment, et j’ai eu l’occasion de le marteler dans différents articles, cet objectif renvoie aux deux questions centrales, qui sont liées, celles du temps de travail et de l’organisation du service.

Si ces sujets ont été clairement posés, et ce à plusieurs reprises, par la Cour des Comptes, sans aucune réponse, c’est la première fois qu’un homme politique, et qui plus est le chef de l’état, ose aborder la nécessité de mettre à plat des règles complexes, voire illisibles, qui pèchent par leur improductivité : combien d’agents sur le terrain ? Quelle empreinte au sol réelle ? Mais également quelle adaptation pour synchroniser les cycles de travail avec l’activité de la délinquance ?

Il s’agit des cadres espace-temps dans lesquels il faudrait concentrer les efforts pour produire plus de sécurité. D’ailleurs, même si cela relève du non-dit, le développement des polices municipales ne révélerait-il pas une déficience des forces étatiques ? Dans nombre de municipalités d’importance, ce sont bien ces forces qui occupent largement le segment de la sécurité publique, dans tout le spectre de ses fonctions, y compris d’intervention !

L’hégémonie de la Police nationale

Concernant la mutualisation et l’intégration dans des organismes communs, l’expérience démontre qu’elle est toujours exercée dans un sens unique, soit celui de l’hégémonie de la Police nationale, étape préalable à la marginalisation, puis à la disparition de la Gendarmerie. Mais trois arguments plaident pour refuser cette manœuvre de mutualisation, voire la réduire car en certains domaines comme celui des soutiens automobiles, elle s’est révélée nuisible sur le plan de la réactivité opérationnelle :

◆ premièrement, le rappel que, de par la loi du 3 août 2009, donc de par la volonté des représentants du peuple français, la Gendarmerie est une force armée, certes à vocation première de sécurité intérieure mais avec un mandat particulier dans l’ensemble du spectre sécurité-défense, de par son essence, son organisation et sa culture militaires. Ainsi, au regard des nouvelles menaces, c’est plutôt la question d’une meilleure synergie avec les autres forces armées, dont notamment l’Armée de terre, qui pourrait être évoquée ;

◆ deuxièmement, et s’appuyant sur les atouts inhérents à une force armée,

c’est tout le modèle gendarmique qui doit être préservé, voire revitalisé, en stoppant cette tendance au mimétisme avec la Police nationale. S’il est évident que cette institution comprend des personnels valeureux, elle ne peut cependant être exonérée de constats fonctionnels préoccupants auxquels la Gendarmerie échappe encore de par sa spécificité militaire, laquelle doit être comprise qu’au regard premier de ce qu’elle apporte à la Nation, à la population, tant dans la sécurité du quotidien que dans la crise avec une capacité de montée en puissance inégalée et une véritable résilience.

Est d’ailleurs à souligner le volontarisme du général Rodriguez, DGGN, de revigorer la militarité au sein de l’Arme. En la matière, le retour à plus de rigueur, au repositionnement indispensable de la hiérarchie de contact, et à l’exigence de robustesse, semblent initiés. Cependant la clarification sur la question essentielle de la disponibilité reste à être démontrée en se conformant à la position du président de la République et à celle du ministre des armées au sujet de l’arrêt de la Cour européenne de justice européenne (CJUE) sur le temps de travail.

◆ enfin, et c’est là un argument de taille qui ne peut laisser personne indifférent. L’édification d’un môle de plus en plus homogène de sécurité intérieure consacrerait, de façon mécanique, l’émergence d’une force unique, et surtout réduirait, au mieux, la Gendarmerie, à une simple composante de sécurité publique de la ruralité.

La dualité des forces de sécurité intérieure est un gage de démocratie irremplaçable.

(1) Tribune de Jean-Michel Fauvergue dans le Monde

(2) Rapport « D’un continuum de sécurité vers une sécurité globale » des députés Jean-Michel Fauvergue (LREM) et Alice Thourot (LREM)