Qui sont les 25 nouveaux commandants de groupement de Gendarmerie départementale?

Qui sont les 25 nouveaux commandants de groupement de Gendarmerie départementale? (actualisé)

La Voix du gendarme – publié le 18 août 2021

Prise de commandement d’un commandant de groupement (Photo d’illustration UNPRG/LVDG)

25 groupements de gendarmerie départementale ont changé de commandant en août prochain. La Voix du Gendarme vous présente en avant-première les nouveaux commandants de groupement. Après les Bouches-du-Rhône, l’Isère, le Pas-de-Calais, la Meurthe-et-Moselle, le Gard sera commandé par un général.

Alpes-Maritimes (06) : le colonel Sébastien Thomas, qui était au cabinet du Directeur général comme chargé de mission soutien finances succède au colonel Nasser Boualam, qui réintègre le cabinet du DG. Chef du bureau de la synthèse budgétaire, rapporteur à la cour des comptes, le colonel Thomas est aussi un spécialiste de l’organisation du secours en montagne, ce qui tombe bien pour un département où le conflit larvé entre CRS et Gendarmes d’un côté et sapeurs-pompiers de l’autre est loin d’être éteint. Chef d’unité haute montagne, il a commandé l’escadron de gendarmerie mobile de Chambéry avant d’être à la tête de la compagnie de Toulouse. Saint Cyrien, il a débuté à la tête d’un peloton de l’EGM de Toulouse.

Eure (27) : le colonel Emmanuel Gros, chargé de mission cabinet du ministre de l’Intérieur succède au colonel Cédric Collard.

Breveté de l’Ecole de guerre, diplômé de sciences politiques, le colonel Gros a commandé le peloton d’intervention de l’EGM 53/7 de Besançon, a été commandant en second de la compagnie de Saint-Omer (62), commandant de la compagnie de Lure (70), et conseiller technique à EDF.

Finistère (29) : la colonelle Charlotte Tournant, chargée de mission à l’inspection générale de l’administration, succède au colonel Nicolas Duvinage. De recrutement universitaire, elle a commandé un peloton de l’EGM de Strasbourg, a été officier rapporteur à la commission de recours des militaires, officier concepteur à la DGGN avant de commander la compagnie d’Orange (Vaucluse). Après l’École de guerre, elle a rejoint le cabinet du ministre de l’Intérieur.

Gard (30)le colonel Eric Chuberre (inscrit sur la liste d’aptitude pour être général), haut fonctionnaire de défense et de sécurité au ministère de la Justice, succède au colonel Laurent Haas. Âgé de 52 ans, de recrutement universitaire, il a commandé la compagnie de La Roche sur Yon (85) avant d’être chef département éthique et déontologie à l’EOGN. Il a ensuite été chargé de projet doctrine, planification, gestion de crise à la DGGN avant de commander le groupement du Loir-et-Cher. Il a ensuite rejoint l’IGGN avant d’être détaché au ministère de la Justice comme haut fonctionnaire de défense.

Haute-Savoie (74) : le colonel Benoît Tonanny, 38 ans, conseiller stratégie, changement et innovation au cabinet du DGGN après avoir été adjoint du conseiller Gendarmerie du ministre de l’Intérieur succède au colonel Nicolas Marsol. Saint-Cyrien, Benoît Tonnany a commandé le peloton d’intervention de l’escadron 35/2 de Tarbes (64), a été chef adjoint du PGHM de Chamonix, commandant de la compagnie de Puget-Theniers (06), avant de rejoindre l’École de guerre. Il est titulaire des brevets de chef de caravane de secours et de commandant des opérations d’enquêtes et de secours en montagne (BCOES).

Var (83) : le colonel Guillaume Dinh, cabinet du DGGN succède au colonel Alexandre Malo, nommé sous-directeur de la Police judiciaire. Conseiller affaires européennes et internationales au cabinet du Directeur général, Guillaume Dinh, Saint-Cyrien, diplômé de Sciences-Po, a commandé l’EGM de la Réole (33), la compagnie de Vitré (35). Il aussi été conseiller du ministre de l’Intérieur après l’École de guerre.

Allier (03) : la colonelle Isabelle Orefice, qui vient des ressources humaines du ministère des armées succède au colonel André Deméocq.

Après hypokhâgne et khâgne, l’institut d’études politiques d’Aix-en-Provence et un diplôme d’études approfondies (DEA) d’histoire militaire et de défense nationale, Isabelle Orefice a débuté dans l’armée de Terre avec l’Ecole militaire du corps technique et administratif (EMCTA) à Coëtquidan. Après une spécialisation à Montpellier, cette “glouglou” a servi dans la gestion des ressources humaines à Montpellier. Elle a été chef de section administrative à Rueil-Malmaison avant de servir en OPEX d’abord au Monténégro puis en Bosnie et au Kosovo en janvier 2003. Après deux années à l’école nationale des sous-officiers d’active à Saint-Maixent, elle a choisi de rentrer en Gendarmerie par le biais du concours des officiers des armes (OA), le concours des capitaines. A sa sortie de l’EOGN, elle a été commandant en second de la compagnie de Quimper pendant deux ans avant de commander la compagnie pendant 4 ans. Elle a ensuite servi aux ressources humaines de l’état-major de la région de Gendarmerie à Rouen (76) avant de suivre l’École de guerre.

Aube (10) : le colonel François Goetz, qui vient du ministère des armées, succède au colonel Thomas Bourgerie.

Saint-Cyrien, après des débuts dans l’armée de terre, il a intégré la Gendarmerie au grade de capitaine par le concours des officiers des armées. Il a commandé la compagnie de Villefranche-de-Lauragais après en avoir été commandant en second.  Il a ensuite rejoint la cellule renseignements de la Direction générale avant de suivre l’École de guerre, puis le le ministère des armées dans le cadre de la mobilité extérieure.

Aude (11) : le colonel Olivier Berger, chef du bureau adjoint à la sous direction du personnel après avoir été chef de l’analyse et de l’anticipation à la Direction générale succède au colonel Marc Gonnet. Âgé de 40 ans, Saint-Cyrien, il a été commandant en second de la compagnie de Ploermel, cadre à l’EOGN, commandant de la compagnie de Nice (06) puis a rejoint la direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) pour sa mobilité extérieure après l’École de guerre.

Charente-Maritime (17) : le colonel Remi de Gouvion-Saint- Cyr, conseiller systèmes d’information au cabinet du DGGN succède au colonel Bruno Makary. Âgé de 41 ans, Saint-Cyrien, ingénieur informatique diplômé de l’école nationale supérieure des techniques avancées (ENSTA), il a notamment commandé la compagnie de Salon-de-Provence (13) après avoir été commandant en second de l’EDSR de Metz (57) et a été chef de la section des systèmes de commandement au service des technologies des systèmes d’information de la sécurité intérieure (STSI2).

Le colonel Xavier Lefevre (Photo DR)

Correze (19) : le colonel Xavier Lefevre, commandant en second du groupement des Pyrénées- Orientales succède à la colonelle Armelle Valentin qui a rejoint l’IGGN comme chargée de mission. Après des études et une formation de pilote de ligne aux Etats-Unis, il est revenu effectuer son service militaire en France avec l’objectif d’intégrer l’armée de l’air mais c’est la Gendarmerie qu’il a rejoint. A sa sortie de l’EOGN, Il a été adjoint à l’EDSR de la Somme (1999-2003) avant de commander celui de la Gironde (2003-2006). Il a ensuite pris la tête de la compagnie de Kourou. Aide de camp du DGGN, il est devenu son chef de bureau du cabinet.

Après un séjour au Gabon comme conseiller du directeur général de la Gendarmerie Gabonaise, chef de projet appui à la sécurité intérieure, il a été commandant en second du groupement des Pyrénées Orientales.

Eure-et-Loir (28) : le colonel Stéphane Tourtin chef du bureau de la sécurité routière, des formations et des moyens spécialisés à la DGGN succède au colonel Georges Pierrini nommé chef d’état-major du pole judiciaire de la Gendarmerie à Pontoise (95). D’abord marin de 1995 à 2001, il a choisi la Gendarmerie à sa sortie de l’école militaire de la flotte. Après avoir été commandant en second de l’EDSR de Beauvais (60), il a retrouvé la mer comme commandant en second d’un patrouilleur de la Gendarmerie maritime à Lorient puis a été “pacha” du patrouilleur de la Gendarmerie maritime Glaive à Cherbourg avant de commander la compagnie de Guingamp (22). Il a rejoint la DGGN après sa scolarité à l’École de guerre.

Gers (32) : le colonel Sébastien Mahey, commandant en second du groupement de l’Oise succède au colonel Jean-Luc Vezin. Ancien sous-officier dans les Troupes de marine passé par l’EMIA, il a d’abord servi dans l’armée de Terre avant d’intégrer la Gendarmerie.

Indre (36) : le colonel Laurent Texier, diplômé de l’École de guerre, chef du bureau défense et sécurité nationale succède au colonel Christian Prunier. A sa sortie de l’EOGN, Laurent Texier a commandé le peloton d’intervention de l’EGM 14/6, l’EDSR du Finistère, la compagnie de Mantes-la-Jolie (78), puis il a rejoint EDF comme officier de liaison, chef du pôle de sécurité des missions à l’étranger.

Lot-et-Garonne (47) : le colonel Emmanuel Houzé, officier de liaison au ministère de l’environnement, succède au colonel Laurent Villieras, nommé à l’école de Montluçon. Saint-Cyrien, Emmanuel Houzé a commandé le peloton d’intervention de EGM 32/3 de Luçon (85), l’EGM 13/1 de Versailles Satory, a été chef de bureau à la Direction de la coopération internationale puis a commandé la compagnie de Nouméa (Nouvelle-Calédonie) après l’École de guerre.

Lozère (48) : le colonel Cédric Michel, chef du centre analyse et exploitation de la sous-direction de l’anticipation opérationnelle à DGGN, ce spécialiste de la radicalisation qui a écrit à ce sujet dans la Revue de la Gendarmerie succède au colonel Philippe Trinckel. Issu de l’école de l’air, officier contrôleur aérien à la BA 901 de Drachenbronn Birlenbach, il a rejoint la Gendarmerie par le biais du concours des officiers des armes. Il a commandé l’EGM 24/8 de Macon, avant d’être gestionnaire financier à la DGGN puis de commander la compagnie de Rouen (76).

Mayenne (53) : le colonel Pierre-Yves le Trong, chef de division création, de l’application et du contrôle des programmes de formation au commandement des écoles de la Gendarmerie succède au colonel Denis Aubert, nommé à l’IGGN. Ancien du lycée militaire d’aucun, officier de réserve formé à l’école d’application de l’arme blindée et de la cavalerie de Saumur, il a été chef de peloton AMX 30B2 au 1er régiment de cuirassiers à Saint-Wendel (RFA), puis officier de réserve en situation d’activité au 13ème BCA de Chambéry. Officier sous contrat, il a été officier adjoint d’ escadron au 3ème régiment de Cuirassiers à Lunéville (54) jusqu’à sa dissolution, puis officier adjoint en escadron d’instruction au 4ème régiment de hussards à Metz (57). A sa sortie de l’EOGN, il a commandé un peloton d’intervention à la garde républicaine puis a été commandant en second de la compagnie de Nantes avec un séjour de 7 mois au Kosovo, et a commandé la compagnie de Verdun. Il a ensuite été professeur à deux reprises à l’EOGN, en sécurité publique générale puis comme responsable de l’enseignement tactique après l’École de guerre.

Meurthe-et-Moselle (54) : le colonel Frédéric Dantin, attaché de sécurité intérieure ambassade de France à Djibouti succède au colonel Frédéric Dordhain. fonctions de commandant de la compagnie de gendarmerie de Meaux, hier. Âgé de 44 ans, A 35 ans, diplômé de l’école militaire interarmes de Saint-Cyr Coëtquidan (Morbihan), il arrive de Nouvelle-Calédonie où il était chef de la section de recherche. Fait rare, il enchaîne deux commandements de suite. Ce père de deux enfants connaît déjà bien le département pour avoir enseigné la police judiciaire dominante à l’école des officiers de la gendarmerie nationale, à Melun. Né dans la Marne, il a débuté à la section de recherche de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme)

Pyrénées-Orientales (66) : le colonel Arnaud Goudard, attaché de sécurité intérieur adjoint ambassade de France en Espagne, succède au colonel Guillaume Poumeau de Lafforest. Il a notamment commandé la compagnie de La Flèche, (Sarthe).

Haute-Saône (70) : colonel Thierry Crampé chef du bureau de l’organisation à la direction des soutiens et des finances DGGN. Il succède au colonel Sung Dae Faucon. Il a notamment commandé la compagnie de Dax (40).

Le colonel Laurent de la Follye de Joux (Photo UNPRG)

Sarthe (72): le colonel Laurent de la Follye de Joux, chef du bureau de la formation succède au colonel Thibault Lucazeau qui rejoint la direction des opérations et de l’emploi et plus précisément le pôle stratégie capacitaire.

Agé de 45 ans, né à Rennes, marié et père de 5 enfants, le colonel de la Folie de Joux arrive de la Direction Générale où il assurait les fonctions de chef du bureau de la formation.

Ancien du Prytanée national militaire de La Flèche, il est Saint-Cyrien et après l’école d’application du Génie d’Angers a servi au 1er régiment du génie comme chef de section et officier adjoint et a été projeté en Serbie et au Liban. Recruté par le biais du concours des officiers des armes (OA), il a servi à Besançon puis à Melun en tant qu’instructeur puis a commandé la compagnie de Rennes avant de rejoindre la DGGN en 2017.

Diplômé de l’École de guerre, il est ancien combattant.

Deux-Sèvres (79) : Le colonel Ludovic Vestieu, chef d’état-major du commandement de la Gendarmerie de Polynésie Française succède au colonel Jean-Pascal Château.

Titulaire d’un DEA d’histoire, analyse politique et stratégique et diplômé de sciences-po Toulouse, Ludovic Vestieu a débuté de manière atypique comme chercheur au sein du service historique sur l’histoire contemporaine de la Gendarmerie avant d’intégrer l’EOGN. Après avoir commandé un peloton de l’escadron de gendarmerie mobile de Moulins avec lequel il a été projeté en Côte d’Ivoire pour l’opération Licorne, il a été adjoint au commandant de compagnie de Bourgoin-Jaillieu puis a été officier adjoint renseignement du groupement des Landes. Il a ensuite commandé la compagnie de Castres dans le Tarn. Après l’École de guerre, il a été chargé de projets à la sous-direction de l’anticipation opérationnelle.

Vosges (88) : le colonel Frédéric Avy, commandant en second du groupement de la Savoie succède au colonel Brice Mangou, nommé au service de la transformation de la Gendarmerie. Frédéric Avy a notamment commandé la compagnie de Nîmes après avoir été à la tête de l’Escadron départementale de sécurité routière à Lyon. Saint-Cyrien, il a débuté dans l’arme du Train avant d’intégrer la Gendarmerie au grade de capitaine.

Essonne (91) : colonel Hugues Sublet, commandant du 1er groupement d’instruction EOGN. Il succède à la colonelle Karine Lejeune qui part suivre la scolarité du Centre des hautes études militaires (CHEM).

Le colonel Hugues Sublet a commandé le 1er groupement de l’EOGN et la 126 ème promotion de l’EOGN “Légion d’honneur”. Saint-Cyrien, il a notamment commandé la compagnie de Lucé (Eure-et-Loire).

Val d’Oise (95) : le colonel Quentin Petit, du service des ressources humaines du ministère de l’Intérieur succède au colonel Stéphane Brunet nommé chargé de mission à la direction des opérations et de l’emploi. Saint-Cyrien, il a commandé un peloton de gendarmerie mobile et la compagnie de Wissembourg en Alsace.

Flics de l’Histoire : Sur les traces du Gallois de Fougières, le premier gendarme mort au combat… en 1415

Flics de l’Histoire : Sur les traces du Gallois de Fougières, le premier gendarme mort au combat… en 1415

Un stèle rendant hommage au Gallois de Fougières a été inaugurée le 20 avril 2016 — Association Genz d’armes 1415


AU NOM DE LA LOI (1/4) Ce prévôt des maréchaux, les ancêtres des gendarmes, a été tué lors de la bataille d’Azincourt. Sa tombe a été découverte cinq siècles plus tard

par Thibaut Chevillard – 20 minutes- publié le 3 août 2021

https://www.20minutes.fr/societe/3092731-20210803-flics-histoire-traces-gallois-fougieres-premier-gendarme-mort-combat-1415

 

  • Cet été, 20 Minutes raconte l’histoire des grandes figures de la police et de la gendarmerie.
  • Le premier volet de notre série est consacré à Gallois de Fougières, le premier gendarme tué au combat, en 1415, lors de la bataille d’Azincourt.
  • La tombe du prévôt des maréchaux a été retrouvée en 1936, par un officier de gendarmerie à la retraite passionné d’Histoire.

C’est un drôle de cadavre que cherchent les gendarmes. La victime, un homme d’une soixantaine d’années, a été tuée il y a plus de cinq siècles. Ce 12 septembre 1936, l’équipe du capitaine Georges Benoît-Guyod s’affaire à creuser le sol de l’abbatiale d’Auchy-lès-Hesdin, dans l’actuel département du Pas-de-Calais. Depuis deux ans, cet officier de gendarmerie à la retraite, passionné d’Histoire, recherche inlassablement la tombe du premier gendarme mort au combat, en 1415, lors de la bataille d’Azincourt : Gallois de Fougières.

Il a découvert les indices qui lui manquaient pour arriver à son but en déchiffrant des documents vieux de 521 ans, provenant de la bibliothèque des ducs de Brabant, à Bruxelles, rassemblés au XVIIe siècle par la famille Chifflet. Et rapidement, les fouilles entreprises par le comité d’exhumation permettent de découvrir, à 1m50 de profondeur, les corps de quatre chevaliers.

« Normalement, il ne devait pas combattre »

Le prévôt des maréchaux, Gallois de Fougières, repose aux côtés du petit Hollandes, un adolescent tué d’un coup de hache le 25 octobre 1415. Ce jour-là, dans une clairière détrempée par la pluie, entre les bois d’Azincourt et de Tramecourt, l’armée du roi anglais Henri V, pourtant inférieure en nombre, a mis en déroute la fine fleur de la chevalerie française. Sur le champ de bataille, gisent les corps d’un millier de Français, décimés par les flèches des archers britanniques ou massacrés après avoir été faits prisonniers.

La commission d'exhumation devant l'église-abbatiale d'Auchy-lès-Hesdin
La commission d’exhumation devant l’église-abbatiale d’Auchy-lès-Hesdin – Association Projet Gallois de Fougières

C’est une défaite cinglante que la perfide Albion a infligée au Royaume de France, avec lequel elle est en guerre depuis soixante-dix-huit ans. Le corps de Gallois de Fougières, qui a combattu en première ligne, est retrouvé à côté de ceux de ses compagnons d’armes : le connétable Charles d’Albret, Jacques de Châtillon, les ducs de Brabant, d’Alençon et de Bar.

« Normalement, il ne devait pas combattre », nous explique Christophe Gilliot, ancien directeur du centre Azincourt 1415 et directeur du pôle culture-patrimoine-tourisme de la communauté de communes des 7 vallées. En tant que prévôt des maréchaux, l’Auvergnat d’une soixantaine d’années, issu de la petite noblesse, a pour mission « d’empêcher les débordements, de s’assurer que les soldats soient bien payés et qu’ils ne s’en prennent pas à la population civile », précise ce passionné d’Histoire médiévale.

Progressivement, les compétences de la maréchaussée seront étendues à la quasi-totalité de la population et du territoire français. Mais ce n’est qu’en 1791 qu’elle prendra le nom de gendarmerie nationale. Gallois de Fougières en est donc probablement l’un de ses plus vieux ancêtres. « Il est l’incarnation de la bravoure et de la dévotion, estime Christophe Gilliot. Il symbolise le don de soi. Non seulement il protégeait les populations civiles, mais il a donné sa vie pour son roi, pour son royaume ».

Environ 1.000 combattants français tués

C’est par l’intermédiaire du duc de Bourgogne, Jean sans peur, dont il est proche, que Gallois de Fougières a rencontré le maréchal de France, Jehan le Meingre, dit Boucicaut. Ce dernier est chargé de représenter le roi sur les champs de bataille. « Il est le pendant du connétable qui, lui, est chargé du recrutement des armées. Il a le droit d’avoir un ou plusieurs prévôts qui sont ses représentants », explique le médiéviste. Après avoir combattu à ses côtés en Italie, Gallois de Fougières suivra une nouvelle fois Boucicaut en août 1415, lorsque les troupes d’Henry V, qui ​​revendique le titre de roi de France, débarquent en Normandie. Frappés par la dysenterie, les Anglais décident de rejoindre Calais, qui leur appartient. Mais l’armée française, forte de 12.000 à 15.000 hommes, entend lui barrer la route près du village d’Azincourt.

Elle sera, on l’a dit, taillée en pièces. Si le nombre de morts français a été très largement exagéré par William Shakespeare, il n’en demeure pas moins qu’environ 1.000 combattants français ont été tués, contre 400 côté anglais, selon les dernières estimations des historiens. La noblesse française est meurtrie. Les corps de Gallois de Fougières et de 12 autres chevaliers sont amenés à Auchy-lès-Hesdin pour être inhumés dans l’église abbatiale. Ils y resteront plus de cinq siècles.

Caché sous un escalier

En 1936, afin de rendre hommage à celui qu’elle considère comme le premier gendarme tué au combat, la gendarmerie décide d’exhumer son corps et de le transférer sous l’hypogée à la gloire de l’institution, à Versailles, dans les Yvelines. Mais rien ne se passe comme prévu. La construction de ce monument est d’abord retardée en raison de sombres problèmes administratifs. Puis vient la Seconde Guerre mondiale. Les ossements du chevalier, placés dans une boîte en bois, « passent la guerre cachée sous un escalier, dans le village d’Auchy, chez un menuisier », raconte Christophe Gilliot.

Gallois de Fougières repose désormais sous le monument national de la gendarmerie à Versailles
Gallois de Fougières repose désormais sous le monument national de la gendarmerie à Versailles – Anne-Sophie Chevillard

Le transfert est finalement réalisé en grande pompe le 22 septembre 1945. Depuis, Gallois de Fougières a donné son nom, en 2002, à une promotion de l’École des officiers de la gendarmerie nationale, ainsi qu’à une caserne dans le Pas-de-Calais. En 2016, deux jeunes gendarmes ont décidé de lui rendre hommage à travers leur association, « Projet Gallois de Fougières ». L’un d’eux a même incarné le prévôt lors de la reconstitution de la bataille d’Azincourt, organisée 600 ans après la défaite. L’une des dernières de la guerre de 100 ans.

JO : pluie de médailles pour les Gendarmes aux JO de Tokyo

JO : pluie de médailles pour les Gendarmes aux JO de Tokyo

La Voix du Gendarme – publié le 2 août 2021

Les Jeux Olympiques de Tokyo réussissent bien aux Gendarmes. Quatre d’entre eux ont remporté une médaille d’or et même deux pour Clarisse Agbégnénou (judo), sacrée en individuel et par équipes. Jean Quicampoix s’est paré d’or en tir au pistolet vitesse tandis que Maxime Pauty est champion olympique de fleuret par équipes.

Manon Brunet a remporté une médaille de bronze en individuel au sabre et une d’argent par équipes.

Médaille d’or pour la Gendarme et judokate Clarisse Agbégnénou

Multiple championne du monde, l’ancienne médaillée d’argent aux Jeux Olympiques de Rio s’est illustrée ce mardi 27 juillet en s’emparant de la médaille d’or chez les moins de 63 kg. Dans les dernières secondes du combat dit “golden score”, la Française inflige un waza-ari à la Slovène Tina Trstenjak. Cette championne au palmarès plus que rempli n’était cependant jamais arrivée au titre de championne olympique.

JO Tokyo - Clarisse Agbégnénou
Capture d’écran – Instagram Clarisse Agbégnénou

Sur son compte Instagram et Twitter, la championne olympique ne cache pas sa joie. Pour elle, ce moment est “ENFIIIIIIIN” arrivé. Une victoire saluée sur les réseaux par de nombreux supporters et fans tels que le décuple champion du monde de judo Teddy Riner, le président de la République Emmanuel Macron, le premier ministre Jean Castex, le ministère de l’intérieur et également de plusieurs unités de Gendarmerie.

Ce samedi 31 juillet, la judoka française a remporté une deuxième médaille d’or par équipe mixte, la première pour cette nouvelle discipline.

Manon Brunet, la “lame fatale” remporte la médaille de bronze

La médaille de bronze de sabre de cette 32ème édition des Jeux Olympiques a été remportée par la maréchal des logis Manon Brunet. A 25 ans, la jeune Lyonnaise se place sur la 3ème marche du podium après avoir terminé 4ème lors des précédents jeux à Rio cinq ans plus tôt. Décrite comme la “lame fatale” de la Gendarmerie par Gendinfo, Manon Brunet a su s’imposer en épreuve individuelle et dominer la Hongroise Anna Marton avec 15 touches à 6.

Par cette victoire, saluée par le CEMA, le général Burkhard, la sabreuse devient la première Française à remporter une médaille olympique dans sa catégorie. Manon Brunet a récidivé avec une belle médaille d’argent par équipes ce samedi 31 juillet.

Jean Quicampoix se pare d’or olympique

Le maréchal des logis Jean Quicampoix, déjà médaille d’argent à Rio en 2016, a remporté le titre olympique du pistolet rapide à Tokyo. Il apporte à la délégation française une 22e médaille, la 6ème en or. Après un début de finale sérieux, le pistolier de 25 ans a assommé la concurrence en enchaînant deux 5 sur 5 de suite, puis deux 4 sur 4

L’Inspection générale de la Gendarmerie au rapport

L’Inspection générale de la Gendarmerie au rapport

Le général de corps d’armée Alain Pidoux, son chef depuis un an, a présenté ce jeudi le rapport 2020 de l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale. C’est la deuxième année que ce rapport est rendu public. L’IGGN qui doit encore monter en puissance, surtout gagner des effectifs d’enquêteurs, pour faire face aux saisines des magistrats a notamment renforcé son maillage territorial par la création de trois nouvelles antennes déconcentrées (ADIGGN), à Rennes, Lille et Metz.

En préambule du rapport mis en ligne ce jeudi, le général Pidoux rappelle que le “métier de Gendarme, exigeant par nature, impose le respect des valeurs déontologiques qui figurent dans le code de la sécurité intérieure et que garante du respect de ces valeurs, l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) veille, par son positionnement hors hiérarchie, à la bonne marche des unités”.

“Le Gendarme a besoin de directives claires mais aussi de repères solides pour exercer au mieux ses missions, la déontologie guide ainsi son action quotidienne au service du public mais aussi dans ses relations étroites avec ses camarades” dit encore le chef de l’IGGN en estimant que “la hiérarchie qui est constamment présente pour que chacun garde le cap face à l’adversité doit aussi donner du sens, prendre du recul, résoudre les difficultés et soutenir le groupe pour en obtenir le meilleur au bénéfice du bien commun.

Objectifs tenus malgré la crise sanitaire

Concernant le bilan de l’année 2020, malgré la crise sanitaire, l’IGGN qui a poursuivi sa montée en puissance avec la création des trois antennes déconcentrées supplémentaires à Rennes, Lille et Metz est parvenue explique le chef de l’IGGN “à tenir ses objectifs, tout en développant de nouvelles initiatives.

Ainsi l’écoute active interne (Stop-Discri) et externe (signalements des particuliers) s’est maintenue à son niveau nominal et les enquêtes internes, administratives et judiciaires, ont pu se poursuivre grâce à l’usage accru de l’audition à distance.

Par ailleurs, le programme d’audit, respecté dans l’ensemble, a été adapté pour se réorienter vers davantage d’accompagnement à distance par visio-conférence.

L’IGGN qui a aussi formalisé les concepts de “déconfliction” et d’“audit flash” a également accru son ouverture vers l’extérieur “pour afficher la transparence et l’objectivité de son action”.

Aucune observation des magistrats et du Défenseur des droits

L’IGGN peut mettre en avant le satisfecit que lui accordent “les magistrats qui garantissent les libertés publiques” et le Défenseur des droits puisque ceux-ci “n’ont formulé aucune observation quant au travail de l’IGGN qu’ils sont chargés de contrôler.”

De même, ajoute l’IGGN, le GRECO, instance du Conseil de l’Europe, a évalué la Gendarmerie sur la question de l’intégrité de ses personnels et n’a eu que des recommandations mineures à formuler.

Le projet IGGN 20-24, appelé ainsi pour être en cohérence avec le projet GEND 20-24 du DGGN, “ambitionne pour 2021 de poursuivre et d’amplifier cet élan pour but de garantir l’excellence de engagement de l’IGGN et de lui obtenir des moyens supplémentaires pour répondre aux sollicitations croissantes” commente Alain Pidoux.

Ce dernier estime “qu’il convient aussi d’aller au-delà des missions d’audit et de contrôle pour promouvoir une démarche pédagogique structurée en matière de déontologie.”

Enfin, à la rentrée de septembre, le Beauvau de la sécurité consacré au contrôle interne est une étape importante pour l’IGGN. Ses conclusions sont très attendues par la Gendarmerie.

Trois chantiers majeurs en 2020

En conclusion du rapport, l’IGGN détaille les trois chantiers majeurs engagés en 2020 et qui aboutiront en 2021.

1 : élaborer un plan d’actions visant à maîtriser les risques déontologiques, après étude et cartographie des risques identifiés.

La cartographie des risques déontologiques portée, par le chef de l’IGGN, représente un volet thématique et transversal de la cartographie des risques de la Gendarmerie.

Au final, ce sont 20 risques déontologiques qui ont été identifiés et hiérarchisés. Le prolongement opérationnel à cette cartographie est un plan de maîtrise destiné à “réduire la surface des risques rencontrés”.

2 : mettre en place une gouvernance stratégique numérique en Gendarmerie et garantir la protection des données.

Dans le contexte d’investissement massif de la Gendarmerie dans le numérique, la gestion des données devient un objectif stratégique et la préparation aux crises numériques, un impératif estime l’IGGN. Ainsi, la Gendarmerie met en place une véritable gouvernance des données pour mieux prendre en compte la sensibilité de leur traitement et l’augmentation de leur volume d’échange. Cette organisation vise à valoriser les données partagées, à la hauteur des enjeux et dans le strict respect des lois et règlements, en s’assurant de la résilience des mesures de protection. Dans cette perspective, une réflexion est en cours au sein de la gendarmerie pour définir l’architecture de la future structure appelée à assurer la protection des données en gendarmerie. L’IGGN aura vocation à auditer l’efficience de cette structure.

3: mettre en place une structure à compétence nationale pour animer la fonction sûreté sous l’égide de l’IGGN

Dans un contexte de crise régulière et de forte adversité, la Gendarmerie réaffirme l’impératif de protéger ses intérêts humains et physiques et adapte sa posture aux circonstances. Depuis plusieurs années, elle a consenti des efforts conséquents notamment pour renforcer la protection de ses personnels et la sûreté de ses emprises. En août 2018, la désignation d’un coordonnateur national de la protection a permis de confirmer la pertinence des premières mesures prises et de les prolonger. Enfin, en décembre 2020, il a été décidé de créer une structure spécifique en vue d’institutionnaliser la fonction de “protection”. Organe d’animation à compétence nationale, cette structure aura vocation à mobiliser l’expertise nécessaire en liaison avec tous les acteurs concernés et de servir de référent unique, tant en interne que vis-à-vis des interlocuteurs externes. Selon les circonstances, elle sera notamment amenée à exercer les fonctions de conseil et d’expertise au profit du directeur général ; conduire des missions d’évaluation ou y participer; viser les projets de textes normatifs rédigés en matière de sûreté par la Direction générale ou en proposer la rédaction de nouveaux.

Actuellement en phase de préfiguration, l’entité devrait être créée à l’été 2021 et rattachée à l’IGGN.

Les réclamations de particuliers en hausse

Concernant le bilan proprement dit, le rapport de l’IGGN est très riche et ne recense pas que les manquements des Gendarmes mais comptabilise aussi les blessures en service, qu’elles soient accidentelles ou volontaires. Les audits ce sont aussi les conditions d’accueil des brigades et des évacuations inopinées d’unités.

68 saisines de l’autorité judiciaire

En matière d’enquêtes internes (Division des enquêtes internes) :

• Le bureau des enquêtes judiciaires (BEJ) a reçu 68 saisines de l’autorité judiciaire contre 63 en 2019, ce qui constitue une hausse non négligeable. Elles concernent quatre grandes familles d’infractions précise le général Thierry Caer, chef de la division des enquêtes internes.

1 (un tiers des saisines) : les violences commises en mission contre des tiers (usage des armes ou de techniques de maîtrise sans arme de l’adversaire, accidents graves ou mortels de la circulation, etc) dont la victime est extérieure à l’Arme, qu’elles soient commises au maintien de l’ordre ou non.

2 : les infractions liées au fonctionnement des unités (harcèlement moral et violences sexuelles, certaines atteintes à la probité, etc). Un nombre substantiel d’enquêtes concerne des suspicions de harcèlement et parfois de violences sexuelles commis au sein des unités. (Les Gendarmes adjoints volontaires et les jeunes Gendarmes féminins apparaissent au fil des enquêtes comme les principales victimes.

3 : les infractions commises dans la sphère privée (violences intra-familiales, violences sexuelles, consultations illicites de fichiers à des fins privées, malversations, etc). A cet égard, uncertain nombre d’affaires révèlent des mésusages du fichier des permis de conduire pourconsulter le nombre de points de membre de sa famille ou de connaissances, qui résultent del’absence d’un service grand public offrant la possibilité d’une telle consultation.

4 : les autres infractions commises à l’occasion de l’exercice de missions de police administrative ou judiciaire (faux en écriture publique et usage, violation du secret professionnel ou de l’enquête).

17 usages mortels d’armes à feu de 2017 à 2020

Le bureau des enquêtes judiciaires a procédé à un focus sur les usages des armes mortels de 2017 à 2020 dont celui effectué par une antenne du GIGN dans le cadre de l’attaque terroriste de Trèbes le24 mars 2018. (pistolet automatique, pistolet mitrailleur et fusil de précision).

Aucune grenade utilisée au maintien de l’ordre, tir au lanceur de balle de défense (LBD) ou au pistolet à impulsion électrique (PIE) n’a cependant eu de conséquence mortelle sur la période étudiée.

De 2017 à 2020, les militaires de la Gendarmerie ont fait mortellement usage de leur arme à 17 reprises, dont 15 pour des tirs volontaires, entraînant la mort de 17 personnes. Il y a en moyenne 4,25 usages des armes mortels par an. Dans plus de la moitié des cas, la personne décédée présente des troubles psychologiques ou psychiatriques relevant dans la majorité des cas de troubles schizophréniques. Le BEJ a enquêté dans 16 cas sur 17 (le 17ème étant celui del’attentat de Trèbes, le 23 mars 2018, enquête non confiée au BEJ).

33 enquêtes administratives conduites

• Le bureau des enquêtes administratives (BEA) et les ADIGGN ont été mandatés pour mener un total de 33 enquêtes administratives contre 24 en 2019.

Concernant la typologie des dossiers en saisine, 75 % portent sur des problèmes comportementaux, comme en 2019. Les saisines 2020 se sont réparties de la manière suivante :

10 enquêtes pour des suspicions de harcèlement moral au travail, de propos et comportements inadaptés dénoncés par signalements “Stop-Discri” ou par l’intermédiaire de la hiérarchie.

Dénonciations infondées dans 5 dossiers

A noter qu’au terme des investigations, les dénonciations se sont avérées infondées dans 5 dossiers et qu’elles ne l’étaient que partiellement dans les 2 autres cas. Une seule enquête a confirmé une attitude inadaptée d’un commandant de compagnie, sans toutefois permettre d’objectiver un harcèlement

3 enquêtes ont concerné de possibles fautes professionnelles et manquements déontologiques dans l’exercice des fonctions. L’une d’entre elles, portant sur le recrutement d’un candidat dans la réserve opérationnelle, a été classifiée “confidentiel défense” ; les suspicions ayant justifié l’engagement du BEA n’ont en l’espèce pas été confirmées. Dans un autre cas, les fautes ont été confirmées et dans le dernier cas les investigations font apparaître un défaut d’exemplarité et un manque de transparence de la part d’officiers en responsabilité.

• 1783 réclamations de particuliers ont été adressées à l’IGGN (signalements externes) pour plus de 2 millions d’interventions soit une augmentation de 23 % en un an (1444 réclamations en 2019). Au final, environ 10 % révèlent effectivement des manquements déontologiques ;

• 242 signalements (signalements internes) ont été effectués auprès de la plateforme Stop discri de l’IGGN contre 202 en 2019, pour des situations potentielles de harcèlement moral au travail, harcèlement sexuel, agissements sexistes, discriminations et violences.

2277 sanctions prononcées

2277 sanctions ont été prononcées en 2020. Les “manquements” les plus sanctionnés sont la manière de servir (438), les infractions au règlement (371), les ivresses (222), les fautes de comportement (201) puis les insultes ou insolences (151) et la sécurité de l’armement (138). Les usages ou détention de stupéfiants sont rarissimes (7) tout comme les “relations ayant provoqué un scandale » avec 4 cas.

A noter aucune absence injustifiée ni désertion.

Le détail des sanctions

2239 du groupe I dont 120 avertissements, 1795 arrêts et 50 blâmes du ministre.

11 du groupe II dont 8 exclusions temporaires de fonction et 3 radiations du tableau d’avancement.

27 du groupe III dont 8 retraits d’emploi, 15 radiations des cadres, et 4 résiliations de contrat d’engagement.

7 procédures de déconflixion

En vue de prévenir les conflits profonds et durables au sein des unités, l’IGGN a également mis au point une modalité sui generis de résolution des différends interpersonnels : la “déconfliction”. Ce nouveau mode de règlement des conflits peut être mis en œuvre en amont d’une saisine de la plateforme Stop-discri. Ainsi, en 2020, les ADIGGN ont mis en œuvre 7 procédures de déconfliction ;

• L’IGGN a été destinataire de 17 nouvelles saisines du Défenseur des droits dont 14 en matière de déontologie de la sécurité et 3 en matière de lutte contre les discriminations et promotion de l’égalité

• Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté a procédé à la visite de 9 unités de gendarmerie afin de s’assurer de la conformité des conditions de garde à vue.

337 unités de Gendarmerie évaluées inopinément

En matière d’audits et d’inspections (Division des audits, inspections et études et Division des audits et expertises techniques) :

• 27 audits et études réalisés ;

• 337 unités de gendarmerie départementale ont vu les conditions d’accueil qu’elles réservaient à nos concitoyens faire l’objet d’une évaluation inopinée sur site par des contrôleurs mandatés par l’IGGN ;

• 387 unités de gendarmerie départementale ont également fait l’objet d’une évaluation inopinée quant à leurs conditions de garde à vue, par des contrôleurs mandatés par l’IGGN ;

• Des audits ont été réalisés, parfois conjointement avec d’autres inspections (co-saisines par exemple avec IGA, IGPN, IGF, IGJ), sur instruction du ministre de l’Intérieur ou du DGGN). Ils portaient sur l’adéquation de la répartition des effectifs Police-Gendarmerie aux besoins des territoires, les homicides conjugaux en ZGN (volet intégré aux différents travaux réalisés au niveau interministériel dans le cadre du Grenelle sur les violences intrafamiliales)… etc ;

Une quatrième division

• L’année 2020, a également été l’occasion de faire évoluer la fonction audit, par la création d’une quatrième division au sein de l’IGGN, la Division des audits et expertises techniques, composée d’experts dans leurs domaines. Ainsi, des audits techniques ont été menés dans différents domaines : soutien administratif, logistique, financier, santé et sécurité au travail, sécurité des systèmes d’information et protection des données. C’est le général de division Philippe Guichard qui est à la tête de cette division.

Les agressions contre les Gendarmes en hausse de 23% mais blessures en baisse

Le bilan statistique annuel 2020 en matière de militaires de la Gendarmerie victimes dans l’exercice de leurs fonctions s’établit comme suit :

7 militaires sont décédés dans l’exercice de leurs fonctions.

Le volume des agressions au 31 décembre 2020 est en forte hausse, de plus de 23 %, en comparaison avec l’année 2019 sur la même période (4479 en 2020 contre 3631 en 2019).

Le volume des demandes de protection fonctionnelle est en hausse également de plus de 5 % (4816 en 2020 contre 4548 en 2019).

Le volume global du nombre de blessés est en baisse de plus de 20 % par rapport à 2019 (6553 blessés en 2020 contre 8230 en 2019). Cette baisse s’explique notamment par les effets dus au confinement.

S’agissant des blessés en mission, le volume au 31 décembre 2020 est en baisse, de 14 % en comparaison avec l’année 2019 (3284 en 2020 contre 3818 en 2019). Le nombre de blessés par agression diminue (2144 en 2020 contre 2309 en 2019) et le nombre de blessés par arme diminue légèrement (665 en 2020 contre 687 en 2019).

S’agissant des blessés en service, le volume des blessés en service, notamment pour les accidents de sport et EPMS/IP, est en forte baisse de près de 26 % (3269 blessés en 2020 contre 4412 blessés en 2019 à la même période).

S’agissant plus précisément des blessés accidents corporels de la circulation routière (ACCR), leur nombre , que ce soit en service ou en mission, reste stable (342 en 2020 contre 338 en 2019).

Une expertise à la réflexion au profit de la DGGN

Avec sa connaissance fine et précise de la Gendarmerie, de son organisation et de ses modes d’action acquise au fil des audits, l’IGGN peut aussi éclairer le DGGN sur des sujets divers.

Ainsi, au-delà des mandats d’audits qu’elle reçoit, l’IGGN bénéficie également d’un pouvoir d’initiative qui lui permet d’engager des réflexions juridiques ou prospectives à l’attention de la haute hiérarchie de la Gendarmerie, “qui conserve toute latitude pour les exploiter” précise l’IGGN.

Une étude sur la brigade du futur

Ainsi, en 2020, l’IGGN a “planché » sur différents sujets comme la brigade du futur en réalisant une étude de ce que pourrait être la brigade de Gendarmerie en 2030 dans un environnement en constante mutation, au sein duquel elle devra conserver les fondamentaux de ses missions de sécurité publique, tout en intégrant les nouvelles évolutions technologiques et numériques. Le modèle proposé vise à travailler plus efficacement tout en conservant pour nos concitoyens une offre de sécurité et de proximité sur-mesure et en adoptant les principes de modularité et de flexibilité qui découlent de l’intelligence territoriale.

Les autres sujets sont :

  • Une étude sur le contrôle en Gendarmerie : le gendarme dispose en effet de prérogatives exorbitantes du droit commun qui lui permettent, si nécessaire, de faire usage de la force. Son action isolée ou en formation constituée fait déjà l’objet d’un contrôle interne et externe, assumé, transparent, attentif, permanent, partagé et redondant. Pour autant, ce contrôle est régulièrement sujet à critiques publiques, largement relayées par les médias, ce qui nécessite de le faire évoluer. Des propositions ont donc été formulées en ce sens par l’IGGN.
  • Une étude sur les dysfonctionnements internes : elle a pour but d’identifier les principaux manquements qui peuvent provoquer des dysfonctionnements internes dans les unités mais surtout fragiliser le lien de confiance avec la population. Cette étude permettra d’élaborer en 2021 une cartographie des risques déontologiques qui a vocation à se traduire par un plan d’action. Parmi les principaux risques ainsi identifiés figurent l’atteinte à la réputation et à l’image de la Gendarmerie, le manquement au besoin et au droit d’en connaître et le comportement discourtois, irrespectueux ou indigne envers la population.
  • Une étude relative au pilotage stratégique de la donnée : la Gendarmerie n’est pas à l’abri d’une crise numérique malgré toutes les précautions qu’elle prend pour sécuriser ses nombreux systèmes d’information dont la plupart contiennent des données sensibles. Des propositions ont ainsi été formulées pour adopter une stratégie robuste et incontestée, garantissant à la fois sécurité informatique et sécurité juridique.Une évaluation du soutien logistique de crise : en 2020, la crise sanitaire liée au COVID 19 a fortement mis à contribution les chaînes de soutien logistique.

Schéma du maintien de l’ordre partiellement retoqué : pour le général Cavallier, le Conseil d’État s’immisce dans le domaine technico-tactique

Schéma du maintien de l’ordre partiellement retoqué : pour le général Cavallier, le Conseil d’État s’immisce dans le domaine technico-tactique


Saisi par plusieurs associations et syndicats, le Conseil d’État, plus haute juridiction de l’ordre administratif, juge illégaux ce 10 juin plusieurs points du nouveau schéma national du maintien de l’ordre (SNMO) en vigueur depuis le 16 septembre 2020. Appelée par la préfecture de police technique de la Nasse, la possibilité de recourir à l’encerclement des manifestants” est notamment rétoquée par les sages du Palais Royal “en l’absence de conditions suffisamment précises”.

Ces derniers annulent également certaines règles concernant les journalistes : l’obligation de s’éloigner en cas d’ordre de dispersion et de disposer d’une accréditation pour accéder à des informations en temps réel ou les conditions de port d’équipements de protection.

Le général (2s) Bertrand Cavallier avec les gendarmes du groupement II/1 de Maisons-Alfort devant l’arc de Triomphe pendant la crise des Gilets Jaunes (Photo Lt-col Christian Gojard)

Le général de division (2S) Bertrand Cavallier, expert en maintien de l’ordre, ancien commandant du CNEFG de Saint-Astier (24), “l’école du maintien de l’ordre”, conseiller de La Voix du Gendarme, consultant de plusieurs médias dont Cnews et Atlantico commente cette décision et estime en particulier, que le Conseil d’État “s’immisce dans le domaine technico-tactique.”

Tribune du général (2S) Bertrand Cavallier

Avant de formuler quelques remarques sur ces décisions du Conseil d’État, il est utile de rappeler que le SNMO n’est pas réellement un texte doctrinal véritablement construit comme tel, encore moins un texte à valeur réglementaire. C’est davantage un inventaire à la Prévert, énumérant un certain nombre de propositions, qui a été rédigé suite à la crise des “gilets jaunes” dont la gestion dans le domaine du maintien de l’ordre est apparue, en particulier sur à Paris, problématique à deux titres principaux:

  • la récurrence d’usages non maîtrisés de la force, avec notamment un emploi débridé du LBD ayant occasionné de nombreuses blessures graves ;
  • une insuffisance dans les conceptions de manœuvre ainsi que dans la conduite des opérations.

Je me suis déjà exprimé dans La Voix du Gendarme, pour soulever certains points qui méritent impérativement d’être éclaircis dont notamment ces notions de DSO (Directeur du service d’ordre) et de CSO (Chef de secteur opérationnel), (au demeurant assez rébarbatives pour un public non initié) car posant la question de la marge de décision du commandant de l’unité engagée. 

Ainsi, “Le DSO ou CSO fixe au commandant de la force publique (CFP) la mission et les objectifs afférents. Le CFP conseille utilement le DSO/CSO dans la préparation des manoeuvres envisagées. Le concours absolu et continu que doivent se prêter mutuellement DSO/ CSO et CFP est une condition première de l’efficacité d’une opération de maintien de l’ordre. Le DSO/CSO conserve le contrôle du développement des mesures mises en oeuvre et peut à tout moment modifier, suspendre ou annuler ses instructions en fonction de l’évolution de la situation. Le CFP met en oeuvre les moyens dans le cadre des objectifs et des limites qui lui sont fixés par le DSO/CSO”. 

A titre comparatif, intéressons-nous au contenu de l’Instruction Interministérielle N° 500 du 9 mai 1995, relative à la participation des forces armées au maintien de l’ordre dont relevait la Gendarmerie et qui a été abrogée : l’autorité civile fixe “le but à atteindre par les forces armées” (article 9) et “conserve le contrôle de développement des mesures mises en œuvre” sans toutefois “s’immiscer dans leur exécution par les forces armées” (article 10). Ainsi, “l’autorité militaire est responsable de l’exécution des réquisitions” et “tant que dure l’effet de la réquisition, elle est seule juge des moyens à mettre en œuvre” (article 12). 

La latitude du commandant de la force publique n’est pas bien délimitée.

L’on constate bien, outre la disparition à mon avis contestable des réquisitions pour la Gendarmerie, que la latitude du commandant de la force publique, soit le commandant d’un EGM ou d’une CRS, n’est pas bien délimitée.

Ainsi, dans la formation dispensée, notamment au CNEFG de Saint-Astier, il apparaît opportun, en s’inspirant de ce qui s’est passé à Nice, où un commandant d’escadron a refusé d’obéir à l’ordre de charger d’un commissaire (mis en examen) (Affaire Geneviève Legay), d’inciter fortement l’officier de toujours s’interroger sur la légalité de “l’ordre” donné, et d’agir avec ce discernement qui est la marque des unités professionnelles.

La “nasse”, mode d’action vivement critiqué par la Gendarmerie et les CRS

S’agissant de la fameuse “nasse”, ce vocable ne figure pas dans le SNMO. C’est toutefois un terme très usité au sein de la préfecture de police de Paris qui a correspondu encore récemment à un schéma tactique culturel au sein de la PP. Mode d’action vivement critiqué par la Gendarmerie et les CRS car très problématique à plusieurs titres comme l’expérience l’a démontré, sans évoquer son caractère attentatoire au principe premier de la liberté de manifester. Moi-même, j’ai pu exprimé sur certains plateaux de télévision de sérieuses réserves sur cette méthode contre productive.

En effet, si le ralentissement d’un cortège peut se comprendre, son blocage quasi-hermétique ne peut que susciter l’exaspération des manifestants et in fine provoquer des affrontements.

Pour autant, la formulation de l’article 3.1.4 du SNMO m’apparaît très intéressante en ceci qu’elle ne permet plus cette technique de la nasse telle que pratiquée par la PP, notamment en imposant systématiquement un point de sortie aux manifestants. Par ailleurs, elle précise bien les motifs pourtant justifier, juste le temps nécessaire un mode d’action d’encerclement, soit une capacité de fixer des adversaires dangereux, ayant commis des infractions graves…Une autre formulation pourra donc être proposée.

Mais attention au jésuitisme sémantique car si la préoccupation du Conseil d’État est fort légitimement de garantir la liberté de manifester, il ne faudrait pas qu’une immixtion dans le domaine technico-tactique limite la capacité d’agir de la force publique pour neutraliser ceux qui portent atteinte à cette liberté de manifester que sont les extrémistes, agitateurs…

Mais surtout, trois choses me semblent fondamentales :

  • que le politique conserve le contrôle de “l’outil policier” ;
  • qu’il y ait des conceptions de manœuvre cohérentes et formalisées;
  • que la haute hiérarchie des professsionnels du MO, GM et CRS, soit davantage intégrés dans la préparation opérationnelle et dans la conduite effective de la manœuvre, selon une logique de subsidiarité. En effet, seule cette subsidiarité exercée au niveau des commandants de groupement tactique Gendarmerie ou de groupement opérationnel CRS – soit en cas de déploiement important, le premier niveau de cohérence tactique –  permet d’apporter une contribution indispensable à l’appréciation de situation, certes complémentaire à celle de la salle opérationnelle qui opère via des écrans. Là encore, c’est la proximité – avec sa capacité de dialogue et de finesse d’analyse- et l’expérience de terrain qui permettent le discernement.
  • Concernant la presse, le Conseil considère que les journalistes “n’ont pas à quitter les lieux lorsqu’un attroupement est dispersé » et qu’ils n’ont pas « l’obligation d’obéir aux ordres de dispersion des forces de l’ordre. “Les journalistes doivent pouvoir continuer d’exercer librement leur mission d’information, même lors de la dispersion d’un attroupement”. “Ils ne peuvent donc être tenus de quitter les lieux, dès lors qu’ils se placent de telle sorte qu’ils ne puissent être confondus avec les manifestants ou faire obstacle à l’action des forces de l’ordre”, ajoute le Conseil. Les membres du Conseil d’État considèrent en outre que le “ministre de l’Intérieur ne peut pas imposer des conditions au port de protections par les journalistes”.

Selon eux, dans une circulaire sur le maintien de l’ordre, le ministre ne peut “pas édicter ce type de règles à l’attention des journalistes comme de toute personne participant ou assistant à une manifestation”.

Je suis de ceux qui défendent le principe premier de la liberté de la presse. Ainsi, en la matière, j’ai exprimé publiquement ma plus vive préoccupation, suite à l’audition par l’IGPN d’une journaliste de Médiapart, le 26 mai 2020, à Paris, dans le cadre de l’enquête sur l’affaire Geneviève Legay. Je prône aussi la totale transparence et j’ai accueilli en 2006, en tant que commandant du CNEFG de Saint-Astier, le premier stage immersif de journalistes venus à la demande de l’association des journalistes de la défense (AJD) -désormais régulièrement organisé par la Gendarmerie- découvrir la doctrine et les techniques de maintien de l’ordre. Il est en effet fondamental que les journalistes comprennent les manoeuvres des opérateurs afin d’anticiper et adapter leurs déplacements et ne pas s’exposer dangereusement.

Pour autant, et sans revenir sur le principe d’égalité des citoyens devant la loi qui mériterait une discussion, l’esprit de sagesse impose de prendre en compte la réalité pratique. Prenons en compte une situation assez classique caractérisée par la présence de manifestants violents, et de journalistes à proximité immédiate, voire mêlés à ces derniers. Comment, alors qu’il faut disperser ces éléments violents qui s’en prennent aux forces de l’ordre ou commettent des dégradations, en interpeller certains, opérer avec une présence de journalistes qui parfois est massive? Ajoutons à cela l’usage des gaz lacrymogènes, qui restreint la vision, et parfois la confusion de la mêlée quand des manifestants violents vont au contact. 

Le bon sens devrait prévaloir

Comment gérer une telle situation sans risquer de blesser un journaliste ?  Qui assumera ce risque ? Il est évident que le compromis recherché doit être de permettre aux journalistes d’effectuer leur mission d’information en sécurité et aussi longtemps qu’ils le souhaitent sans que leur présence n’obère les capacités des opérateurs de maintien de l’ordre à disperser et interpeller les fauteurs de trouble surtout lorsqu’ils menacent l’intégrité physique des reporters.

En tant qu’ancien praticien du maintien de l’ordre, cette formulation du Conseil d’Etat me semble donc relever d’une approche distancée et très théorique des choses. Le bon sens devrait prévaloir.

Et à la place d’un commandant d’unité, je m’interrogerais à deux fois avant d’effectuer une charge qui serait indispensable compte tenu de violences graves, dans de telles conditions.