Manticore 2022 : le 2e REP entre troisième dimension et champs immatériels

Manticore 2022 : le 2e REP entre troisième dimension et champs immatériels

– Forces opérations Blog – publié le

Mission accomplie pour les légionnaires du 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP) impliqués dans l’exercice Manticore. Durant trois semaines, ceux-ci ont travaillé leur spécialité, le combat dans la profondeur par la 3e dimension, face à un ennemi à parité et dans un contexte d’engagement majeur. Un rendez-vous exigeant au cours duquel certains d’entre eux ont expérimenté de nouveaux outils et modes opératoires générateurs d’effets dans les champs immatériels. 

De projection en reprojection

L’espace d’une journée, le ciel au-dessus de Rodez aura vécu au rythme de l’exercice Manticore. Sans le savoir, les habitants de Rodez et des environs ont assisté à une nouvelle phase de cet exercice majeur : le largage de 400 légionnaires du 2e REP et de leurs appuis de la 11e brigade parachutiste. Près de 3000 militaires de la 11e BP, de la 4e brigade d’aérocombat (4e BAC), du Commandement des forces spéciales terre (CFST), du Commandement du renseignement (COMRENS) et d’armées alliées sont sur la brèche depuis mi-septembre pour protéger la Septimanie, pays allié fictif envahi par un ennemi tout aussi fictif, Mercure.

Si le scénario est connu, le format est inédit. Manticore réunit pour la première fois les exercices Baccarat de la 4e BAC, Gorgone du CFST et Acinonyx de la 11e BP au sein d’une seule et grande manœuvre. Un regroupement logique pour des unités qui ont cela de commun d’avoir la profondeur du champ de bataille pour espace naturel. À moins de six mois de l’exercice majeur Orion 2023, le format était idéal pour travailler les savoir-faire 3D en territoire ennemi en format interarmes, interarmées et interalliés.

« Pour la brigade, l’un des axes d’effort était de travailler la reprojection de force », explique le colonel Baptiste Thomas, commandant le 2e REP depuis cet été. Manticore était un rendez-vous important pour le 2e REP, qui y aura engagé un tiers des ses effectifs avec les 1e et 3e compagnies, la compagnie d’appui et la compagnie de commandement et de logistique. Des compagnies restantes, l’une est mobilisée au profit de la mission Sentinelle et une autre est déployée en Nouvelle-Calédonie.

Crédits : 2e REP

Pour le GTIA constitué autour du 2e REP, ce saut sur Rodez représentait la quatrième et dernière phase majeure en 10 jours de combats. Partis de Calvi à la mi-septembre, les légionnaires et leurs appuis ont débuté Manticore par la prise de l’aéroport de Castres. Une opération complexe durant laquelle la brigade aura déployé l’ensemble des ses moyens, dont les matériels du 17e régiment du génie parachutiste, un hôpital rôle 2 et une antenne de chirurgie de sauvetage (ACS).

La zone aéroportuaire de Castres prise et sécurisée, le 2e REP a pu s’en servir pour une première reprojection vers Cahors, où les légionnaires se sont emparés de l’aérodrome et ont détruit les plots ennemis via un poser d’assaut. Un second point d’appui à partir duquel ils ont pu opérer une nouvelle reprojection dans la région ruthénoise, 100 km plus à l’est. Objectif : détruire un PC de brigade puis prendre appui le long de l’Aveyron aux côtés du 3e régiment de parachutistes d’infanterie de marine (3e RPIMa). Une action précédée de l’infiltration sous voile de commandos parachutistes (GCP), largués en pleine nuit d’un CASA pour s’enfoncer dans le dispositif adverse et renseigner, neutraliser d’éventuelles menaces sol-air et protéger la zone de largage.

Crédits : 2e REP

Et si la sécheresse aura interdit l’usage de munitions d’entraînement, le 2e REP aura participé à renforcer le niveau de réalisme. Jusqu’à mobiliser son GCP pour former de faux partisans locaux aux fondamentaux du combat PROTERRE. Des forces partenaires jouées par le 3e régiment du matériel (3e RMAT), seul régiment de maintenance à vocation parachutiste de l’armée de Terre. Et pour parfaire le tableau, ces partisans s’exprimaient en serbe, le dialogue ne pouvant se faire que par l’entremise d’un « légionnaire traducteur », tandis que le chef de corps du 2e REP simulait une rencontre avec leur commandant.

L’une des particularités de Manticore, c’est sa durée. Celle-ci permet d’appuyer sur le facteur « fatigue », conformément au retour à la rusticité souhaité par l’ex-chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), le général Thierry Burkhard, et poursuivi par son successeur, le général Pierre Schill. « La rusticité, c’est un axe d’effort permanent du régiment. Deux choses y concourent lors de Manticore : la durée et le fait de combattre à pied », souligne le colonel Thomas.

« Un exercice de trois semaines, c’est assez rare et difficile à conduire pour un régiment seul. Ici, le fait d’être durant trois semaines sous les ordres de la brigade est très intéressant et notamment pour notre poste de commandement, qui cette fois a un rôle de joueur et non d’animateur. C’est à la fois passionnant et enrichissant pour un PC qui vient tout juste d’accueillir de nouveaux personnels ».

Un laboratoire pour les opérations PSYOPS

Pour la 11e BP, Manticore était l’occasion de se projeter sur de nouveaux espaces de conflictualité. Derrière les actions de combat, l’exercice est aussi un laboratoire pour progresser sur la question des effets dans les champs immatériels (ECIm) au niveau tactique et dans le cadre d’un engagement majeur. Exemple parmi d’autres, l’usage des fake news est devenu un moyen supplémentaire d’obtenir la supériorité sans recourir à un confrontation directe. La maîtrise de l’espace informationnel est donc devenu un enjeu stratégique pour l’armée de Terre. Sous l’impulsion de son commandant, le général Benoît Desmeulles, la 11e BP a été désignée l’an dernier pour tester l’intégration d’équipes images régimentaires (EIR), rappelle le lieutenant Rodolphe. À la fois officier communication du 2e REP et responsable ECIm, celui-ci gère les équipes PSYOPS et EIR déployées pour Manticore.

La compétence ECIm est nouvelle mais essentielle pour le 2e REP, un régiment dont l’action se déroule généralement au coeur des populations civiles. Sa « Combat Camera Team » (CCT), formée en EIR, rassemble un sergent et deux caporaux autour d’une mission : dégainer caméra et appareil photo pour capter et traiter les images indispensables à la communication opérationnelle. Chaque image devient alors une « arme » potentielle contribuant à contrer la propagande ennemie et à rassurer la population sur les intentions des forces alliées.

La CCT du 2e REP en action lors d’un saut au cours de Manticore
Crédits : 2e REP

Ces nouveaux leviers d’influence ont été conjugués avec d’autres plus traditionnels. Les paras ont ainsi réalisé du tractage, un moyen régulièrement mobilisé en opération extérieure. Le groupe PSYOPS du 2e REP a lui eu recours à deux canons à sons prêtés par le Centre Interarmées des Actions sur l’Environnement (CIAE), créé il y a 10 ans à Lyon. L’un, un canon HyperSpike HS-18 sur trépied, produit jusqu’à 156 db et porte à 2000 mètres. Porté à pleine puissance, il est capable de « sonner » un adversaire proche. L’autre, un modèle LRAD-X plus compact et léger, produit 137 db mais dans un rayon réduit à 600 mètres. Et la combinaison de différents outils permet de maximiser les effets. Parmi les nombreux scénarios joués, une alerte invitant la population à éviter un bâtiment miné traité par un élément de fouille opérationnelle spécialisé (FOS) du 17e RGP. La CCT/EIR a ensuite produit des « images preuves » de la pose de mines antipersonnel par l’ennemi.

« En Afghanistan, cela était surtout utilisé pour s’adresser aux foules. Aujourd’hui, on a élargi le champ d’usages », nous explique l’adjudant-chef Festim, 28 ans au 2e REP et rompu depuis quatre ans aux opérations PSYOPS. Grâce à leur banque de sons préenregistrés, ces haut-parleurs participent aussi à désorienter l’adversaire. Le modèle le plus léger peut, par exemple, être installé sur un véhicule. Il permet notamment au groupe de suivre la section de reconnaissance régimentaire (SRR) sur véhicule P4 et de diffuser des sons de véhicules blindés, de chiens ou d’hélicoptères pour « faire croire à l’ennemi que l’on se déplace dans une direction avec beaucoup de monde alors que l’action principale a lieu ailleurs » ou, en cas d’infériorité, pour fausser le rapport de force.

Les canons à sons utilisés par l’équipe PSYOPS du 2e REP durant Manticore

« Et ça marche », estime l’adjudant-chef Festim. « Nous multiplions les preuves d’intérêt pour ce type de matériel depuis deux semaines. Je croise des familles qui sont persuadées que nous avons des chiens, que nous réalisons des manœuvres en hélicoptères sans que ce soit réellement le cas », commente-t-il. « Nous ferons un gros RETEX sur ce qu’il faut améliorer. Pour les PSYOPS, ce sera de travailler sur l’allégement de l’équipement. Pour la CCT, ce sera d’accélérer la remontée d’images tout en garantissant la protection des flux de données », complète le lieutenant Rodolphe.

D’autres outils PSYOPS déployés durant Manticore ne visaient que les forces adverses. C’est le cas du leurrage, une technique ancienne remise au goût du jour par la 11e BP. Un peu partout, ses régiments ont mobilisé leur imagination pour produire un large panel de leurres susceptibles de tromper l’adversaire, du camion GBC 180 camouflé en canon CAESAR aux faux mortiers de 81 mm, en passant par des véhicules légers PVP « VBCI » et un leurre gonflable représentatif d’un char, encore au stade expérimental. Et d’autres solutions conçues grâce à l’impression 3D par le 17e RGP, mais dont la sensibilité interdit d’entrer davantage dans les détails.

SCORPION : Le 1er Régiment Étranger de Cavalerie a reçu ses premiers blindés Jaguar

SCORPION : Le 1er Régiment Étranger de Cavalerie a reçu ses premiers blindés Jaguar

http://www.opex360.com/2022/08/25/scorpion-le-1er-regiment-etranger-de-cavalerie-a-recu-ses-premiers-blindes-jaguar/


 

Ainsi, 38 légionnaires du 1er Régiment Étranger de Cavalerie [REC], dont 18 pilotes et tireurs ainsi que 20 chefs d’engins, étaient attendus en mai dernier à Canjuers pour débuter leur formation « Jaguar ».

« L’équipage au complet [chef d’engin, pilote et tireur] doit se rendre au 1er RCA pour six semaines d’instruction. Une fois que l’ensemble du personnel d’une unité élémentaire sera formé, les régiments viendront percevoir les Jaguar », avait alors expliqué l’armée de Terre.

Cette phase est désormais derrière le 1e REC puisque cette unité de la Légion étrangère vient de recevoir ses deux premiers EBRC Jaguar, ce qui marque une nouvelle étape pour le programme SCORPION, après la mise en service des Véhicules blindés multi-rôles lourds [VBMR] Griffon.

 

« Une nouvelle ère s’ouvre au 1er REC. Les Jaguar arrivent au camp de Carpiagne. Le Royal Étranger devient le premier régiment des forces à s’équiper de cette nouvelle génération de blindé », s’est réjoui le colonel Henri Leinekugel Le Cocq, son chef de corps.

D’une masse d’environ 25 tonnes, aérotransportable, le Jaguar est armé d’un canon de canon 40 mm télescopé, de missiles Akeron MP [ex-MMP, fournis par MBDA, ndlr] et d’une mitrailleuse téléopérée de 7,62 mm. Affichant une excellente mobilité grâce à ses six roues motrices et un train arrière directeur, il est doté d’une protection élévée contre les mines, les engins explosifs improvisés [EEI] et autres menaces balistiques.

Mis en œuvre par un pilote, un tireur et un chef d’engin, le Jaguar dispose d’une autonomie de 800 km et peut rouler à la vitesse de 90 km/h sur route. « Bénéficiant de technologies innovantes en matière d’équipements et de capteurs, il a pour vocation de prendre part à des combats en zones urbaines ou montagneuses », souligne le ministère des Armées.

Selon la Loi de finances 2022, le groupement d’entreprises formé par Nexter, Arquus et Thales doit livrer 18 Jaguar de plus à l’armée de Terre d’ici la fin de cette année. Le programme SCORPION prévoit d’en mettre 300 exemplaires en service d’ici 2030. Le Régiment d’Infanterie Chars de Marine [RICM] devrait être la prochaine unité à troquer ses AMX-10 RCR contre des Jaguar.

Photo : 1er REC

Barkhane : Le Groupement tactique « Monclar » déjoue une attaque jihadiste sur l’axe Gao-Niamey

Barkhane : Le Groupement tactique « Monclar » déjoue une attaque jihadiste sur l’axe Gao-Niamey

par Laurent Lagneau – Zone militaire – publié le 13 août 2022

http://www.opex360.com/2022/08/13/barkhane-le-groupement-tactique-monclar-dejoue-une-attaque-jihadiste-sur-laxe-gao-niamey/


 

Peu avant de céder le commandement de la force Barkhane au général Bruno Baratz, le général Laurent Michon avait dit craindre un « coup d’éclat » des groupes armés terroristes [GAT] dans les derniers jours du retrait des troupes françaises du Mali.

Ce 13 août, et alors que celui-ci est sur le point de s’achever [avec, la semaine passée, le transfert de 150 conteneurs et d’un quarantaine de véhicules de Gao vers Niamey, au Niger], le Groupement tactique « Monclar », armé par la 13e Demi-Brigade de Légion étrangère [DBLE] a repéré un groupe de combattants jihadistes dans les environs de la localité de Tassiga, située sur à une quarantaine de kilomètres de la frontière nigérienne.

Armés de fusils-mitrailleurs et se déplaçant à motos, les jihadistes cherchaient à se renseigner sur le dispositif de sécurité déployé par les militaires français dans le secteur. Mais ils n’ont guère eu le temps de poursuivre leur activité. Une fois repérés, ils ont ouvert le feu sur les légionnaires du GTD Monclar, qui ont immédiatement riposté.

« Dans sa riposte, Barkhane a mis hors de combat deux d’entre-eux, n’essuyant aucune perte de son côté », a indiqué l’État-major des armées [EMA], peu après cet accrochage. Et d’ajouter : « La mission première de Barkhane de lutter contre les groupes armés terroristes se poursuit aux côtés de ses partenaires sahéliens, en parallèle de la ré-articulation en bon ordre et en sécurité de son dispositif hors du Mali ».

Il s’agit de la seconde intervention de Barkhane contre un GAT en une semaine. En effet, dans la soirée du 6 août, la force française a mené une opération dans la région de Talataï, située à environ 200 km au nord-est de Gao, pour « neutraliser » un cadre du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans [GSIM, JNIM ou RVIM, lié à al-Qaïda].

Par ailleurs, selon le dernier compte-rendu hebdomadaire des opérations de l’EMA, le GTD Monclar a mené, la semaine passée, une opération de sécurisation de la ville de Gao et de ses alentours, l’objectif étant de « protéger la force, dans le cadre de la ré-articulation du dispositif, ainsi que la population contre de potentielles exactions des GAT présents dans la région ». Cette mission a reposé un « dispositif léger et discret », composé de deux groupes d’infanterie et d’une unité de tireurs d’élité, appuyé par un hélicoptère d’attaque Tigre.

« Si la réarticulation prend du temps, c’est parce que nous souhaitons le faire en sécurité, en bon ordre et selon le mode d’action que nous avons déterminés, nous ne nous faisons rien imposer. […] Nous faisons les choses extrêmement sereinement », a récemment fait valoir le général Pascal Ianni, le porte-parole de l’EMA, à l’antenne de franceinfo.

Photo : État-major des armées

Sur une base nigérienne reculée, les légionnaires français se font discrets

Sur une base nigérienne reculée, les légionnaires français se font discrets



Sur une base nigérienne reculée, les légionnaires français se font discrets
©   AFP/BERTRAND GUAY

Le Point – Source AFP – Publié le https://www.lepoint.fr/monde/sur-une-base-nigerienne-reculee-les-legionnaires-francais-se-font-discrets-16-07-2022-2483473_24.php


Qui est “Major Gérald”, l’influenceur star de l’armée française

Qui est “Major Gérald”, l’influenceur star de l’armée française

Depuis près de trois ans, Gérald Michiara, un officier de la Légion étrangère, fait la promotion de son corps d’armée à l’aide de vidéos YouTube. Le succès est retentissant.

Major Gerald à l'entraînement
Major Gerald à l’entraînement
Crédit : Nicolas TUCAT / AFP

par Alexandre Bozio – RTL –

Voici un domaine où ce type de promotion n’était pas attendu. Pourtant, depuis trois ans, “Major Gerald” est devenu le visage d’internet de la légion étrangère. Cet officier originaire de Biarritz et issu d’une famille de militaires, propose dans ces vidéos de nombreux tutoriels sportifs comme : comment grimper à la corde, l’entraînement aux tractions, le parcours du combattant ou encore des parcours nautiques. Son but : renvoyer “une image plus accessible de la Légion”. Ses tutoriels ont déjà été visionnés entre 100.000 et 900.000 fois sur la chaîne YouTube de la Légion étrangère.

Il a offert à ce corps de l’armée une image alternative qui fonctionne et séduit. 
Les gens me reconnaissent dans la rue, on m’interpelle, on me demande des photos“, s’amuse ainsi Gérald Michiara, officier des sports au premier régiment étranger d’Aubagne. Pour le défilé militaire du 14 juillet à Paris, il animera même un parcours d’obstacle aux Invalides.  

Mais derrière les tutoriels, ses vidéos ont aussi pour vocation d’encourager l’engagement et le recrutement de nouvelles recrues. Une vidéo diffusée en février 2021 et consacrée à l’engagement au sein de la Légion étrangère, avait même atteint plus de deux millions de vues. 

“L’objectif des vidéos, c’était de dynamiser la chaîne YouTube de la Légion et de générer du recrutement, il a été rempli. Quand les candidats s’engagent, il y a un formulaire à remplir et ils doivent notamment dire comment ils ont connu la Légion. L’année dernière, huit candidats sur dix ont répondu “Major Gérald”.

Le Premier ministre malien insulte la Légion étrangère

 

 

Si le Mali n’a actuellement plus d’ambassadeur en France depuis février 2020, c’est parce que celui qui occupait cette fonction, Toumani Djimé Diallo à l’époque n’a pas été remplacé après son rappel à Bamako pour avoir tenu des propos offensants à l’égard de la Légion étrangère, lors d’une audition au Sénat.

« Je n’ai pas l’habitude de la langue de bois. Je vais vous parler franchement. Dans les forces [françaises], il y a les officiers, il y a l’armée normale mais il y a aussi la Légion étrangère. Et c’est là le problème. Je vous dis, en vous regardant droit dans les yeux, qu par moment, dans les ‘Pigalle’ de Bamako, vous les y retrouvez, tatoués sur tout le corps, en train de rendre une image qui n’est pas celle que nous connaissons de l’armée nationale du Mali. Alors, ça fait peur, ça intrigue et ça pose des questionnements », avait en effet affirmé le diplomate.

Sauf que, à Bamako, la présence militaire française se limitait alors à la « Représentation militaire Barkhane au Mali » [RMBM]… et que les légionnaires n’y ont jamais été déployés. Ce que l’֤État-major des armées [EMA] rappela après la déclaration de l’ambassadeur malien. « Ils n’ont pas vocation à y aller et n’ont ni quartier libre ni temps de repos hors des bases opérationnelles », avait-il insisté.

« Plutôt que de véhiculer et de propager de fausses accusations, nous attendons de l’ambassadeur du Mali qu’il mobilise toute son action pour la mise en oeuvre des décisions du sommet de Pau et la réussite de tous », avait réagi le cabinet de Florence Parly, la ministre des Armées, soulignant à son tour qu’il n’y avait « quasiment plus de soldats français stationnés à Bamako » depuis août 2014. Et d’insister : « Cette mise en cause est non seulement fausse mais inacceptable. Inacceptable et indécente quand la France s’est résolument engagée pour combattre les groupes terroristes qui menacent les populations du Sahel. »

À l’époque, et à l’issue du sommet de Pau, qui avait réuni la France et les pays du G5 Sahel [Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Tchad et Niger], il avait décidé de renforcer la présence militaire française dans la région dite des trois frontières, avec l’envoi d’unités du 2e Régiment Étranger de Parachutistes [REP], du 2e Régiment Étranger d’Infanterie, du 1er Régiment Étranger de Cavalerie [REC] et du 1er Régiment Étranger de Genie.

Depuis, la situation politique au Mali n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était alors, une junte ayant pris le pouvoir à la faveur d’un coup d’État exécuté en deux temps. Et celle-ci ne nourrit pas les meilleurs sentiments qui soient à l’endroit de la France, le chef du gouvernement dit de transition, Choguel Kokalla Maïga, ayant multiplié les déclarations désobligeantes.

Comme encore le 7 février. Alors qu’il est reproché à la junte malienne d’avoir sollicité les services du groupe paramilitaire russe Wagner, M. Maïga a de nouveau reproché à la France d’avoir cherché la partition de son pays, lors d’une allocution prononcée devant des diplomates en poste à Bamako.

« Après [un] temps d’allégresse [en 2013, avec l’opération Serval], l’intervention s’est muée dans un deuxième temps en une opération de partition de fait du Mali qui a [consisté dans] la sanctuarisation d’une partie de notre territoire, où les terroristes ont eu le temps de se réfugier, de se réorganiser pour revenir en force à partir de 2014 », a déclaré M. Maïga, en prenant quelques libertés avec les faits.

En outre, le Premier ministre de transition a implicitement demandé le départ forces françaises et européennes [celles du groupement de forces spéciales « Takuba », ndlr], après avoir accusé Paris de néo-colonalisme, pour avoir soutenu les sanctions prises par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest [Cédéao] à l’égard de Bamako.

« Les Américains n’ont-ils pas libéré la France? […] Quand les Français ont jugé que [la présence américaine en France] n’était plus nécessaire, ils ont dit aux Américains de partir, est-ce que les Américains se sont mis à insulter les Français? », a-t-il demandé. Sur ce point, la France a effectivement quitté le commandement militaire intégré de l’Otan en… 1966, ce qui s’était traduit par le départ des forces américaines. Pour autant, on ne peut pas dire que Washington ait épargné le général de Gaulle par la suite…

Puis M. Maïga s’en est pris à la force européenne Takuba, dont le nom « n’a pas été pris au hasard » puisqu’il signifie « sabre » en tamasheq. Et d’y voir, encore, la volonté de « diviser » le Mali.

Enfin, et pour répondre reproches faits à la junte au sujet de son appel à au groupe Wagner, le Premier ministre malien a terminé son propos par une critique du rappel à Bamako de Toumani Djimé Diallo, en soulignant qu’il avait été demandé par Paris « sur la base de simples déclarations […] sur le comportement peu orthodoxe de certains légionnaires français au Mali, j’allais dire mercenaires ».

Ainsi, non seulement M. Maïga a repris à son compte la déclaration de l’ancien ambassadeur du Mali en France au sujet du « comportement » de légionnaires qui n’ont jamais mis les pieds à Bamako tout en les assimilant à des mercenaires, ce qu’ils ne sont pas.

En effet, la Légion étrangère est un corps d’armée qui a son histoire, son drapeau et ses traditions. Ses actions sont revendiquées par la France et sont soumises au droit international [et à celui des conflits armés]. En clair, le légionnaire a un statut qui n’a rien à voir avec celui d’un mercenaire, qui n’a de compte à rendre qu’à son « employeur », lequel monnaye ses services au plus offrant. Le cas de Wagner est un peu différent, dans la mesure où ce groupe paramilitaire fait coïncider ses intérêts avec ceux de la Russie.

En tout cas, la présence de la Légion étrangère au Mali n’aura rien coûté aux finances publiques maliennes… Ce qui ne sera pas le cas de celle de Wagner, qui, a priori, facture son intervention 10 millons de dollars par mois.

Biographie du colonel Geoffroy Desgrées du Loû, Chef de corps du 2 ème R.E.I.

Biographie du colonel Geoffroy Desgrées du Loû, Chef de corps du 2 ème R.E.I.

La carrière du colonel Desgrées du Loû se réparti entre des affectations en corps de troupe au sein de la Légion étrangère, des postes de responsabilité en états-majors, principalement de l’administration centrale et des formations.

A l’issue de sa formation initiale à Saint-Cyr et à l’Ecole d’application de l’infanterie, il choisit de servir au 2ème Régiment étranger d’infanterie où, entre 2001 et 2008, il occupe successivement les postes de chef de section de combat et officier adjoint à la 2ème compagnie puis officier adjoint et commandant d’unité de la 4ème compagnie. Durant cette période, il participe à deux reprise à l’opération Trident au Kosovo en 2001 et 2002, à l’opération Licorne en Côte d’Ivoire en 2003, à l’opération Boali en République Centrafricaine en 2007 et effectue deux missions de courte durée à la 13ème Demi-brigade de légion étrangère à Djibouti en 2004 et 2006. De 2014 à 2016, il est affecté comme chef du bureau instruction emploi du 4ème Régiment étranger de Castelnaudary, régiment de formation de la Légion étrangère alors pleinement impliqué dans la manœuvre de remontée en puissance des effectifs de la Légion étrangère.

Outre ces affectations en corps de troupe, il a servi en administration centrale comme officier traitant à la section technique de l’armée de Terre de 2008 à 2011, où il contribue notamment aux travaux préliminaires du programme SCORPION, puis à l’état-major de l’armée de Terre de 2016 à 2018 au bureau programmes et systèmes d’armes en charge du pilotage des programmes d’armement et de la politique d’équipement de la fonction combat débarqué. En 2018, il rejoint l’état-major des Armées au sein de la division plans programmation évaluation contribuant, notamment dans le domaine financier, aux travaux de programmation militaire pour les programmes d’armement du Ministère des armées.

Le Colonel DESGRÉES du LOÜ est ingénieur de formation, titulaire d’un mastère spécialisé de l’Ecole Centrale-Supélec dans le domaine du management des grands projets industriels, diplômé du cours supérieur d’état-major et breveté de l’Ecole de Guerre. Durant ses formations, il a également effectué en 2011 un renfort de six mois au sein d’un état-major opérationnel interarmées de l’OTAN, et en 2014 un stage de trois mois au sein de la direction de la stratégie d’un groupe industriel de défense.

Agé de 44 ans, il a reçu le commandement du 2ème Régiment étranger d’infanterie le 5 août 2020.

Marié et père de six enfants, le colonel Geoffroy Desgrées du Loû est chevalier de la Légion d’honneur, chevalier dans l’ordre national du Mérite et titulaire de la croix de la Valeur militaire.

En visite au 1er REG, la secrétaire d’État aux armées naturalise trois légionnaires

En visite au 1er REG, la secrétaire d’État aux armées naturalise trois légionnaires

Thierry Allard – Objectif Gard – Publié le 15 mars 2019

https://www.objectifgard.com/2019/03/15/laudun-lardoise-en-visite-au-1er-reg-la-secretaire-detat-aux-armees-naturalise-trois-legionnaires/

La secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq a remis leur décret de naturalisation à trois légionnaires du 1er REG (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard),

La secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq, est en visite dans le Gard rhodanien ce vendredi. Une visite qui a commencé à la mi-journée par le 1er Régiment étranger de génie de la Légion étrangère de Laudun-l’Ardoise.

Sur place, la secrétaire d’État a remis leur décret de naturalisation à trois légionnaires du régiment. Il s’agit du caporal-chef Catalin, 27 ans, originaire de Roumanie, engagé dans la Légion depuis 2012, et qui a servi au Mali, en Guyane ou encore à Mayotte comme auxiliaire sanitaire ; du caporal Damien, 27 ans, originaire d’Ukraine, engagé dans la Légion depuis 2014, qui a servi dans le cadre de l’opération Sentinelle sur le territoire national et en Côte d’Ivoire, il sert aujourd’hui au sein du groupement des ressources humaines du régiment ; et du caporal Malalaniaina, 33 ans, originaire de Madagascar, engagé dans la Légion depuis 2014, qui a servi en Mauritanie, puis dans le cadre de l’opération Sentinelle, il sert depuis peu au groupement des ressources humaines du régiment.

La secrétaire d’État auprès de la ministre des armées, Geneviève Darrieussecq, a remis leur décret de naturalisation à trois légionnaires du 1er REG (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Tous trois sont donc officiellement devenus Français ce matin, au cours d’une cérémonie brève, mais forte. Geneviève Darrieussecq leur a lu un message de félicitations rédigé par le président Macron : « Je tiens à vous féliciter chaleureusement pour avoir fait le choix de vous inscrire dans le projet d’une France sans cesse en mouvement. Notre république et l’Europe ont besoin de votre participation active pour faire vivre la démocratie. Aujourd’hui la France est fière et heureuse de vous accueillir. »

« C’est une cérémonie simple dans son format mais très symbolique », estime pour sa part la secrétaire d’État, qui voit dans la remise de ces décrets de naturalisation « la reconnaissance de leur valeur d’hommes et de militaires. » Sur les visages des légionnaires naturalisés, des sourires pudiques. « Je suis très heureux, très fier d’être Français », glisse le caporal Damien. « Nous avons servi cette patrie, nous sommes contents de nous intégrer à la société française », ajoute le caporal-chef Catalin.

Tous n’avaient pas l’objectif d’obtenir la nationalité en s’engageant dans la Légion, mais pas le caporal Malalaniaina : « J’avais cet objectif de devenir Français. Je suis attaché à ce pays. Je suis parti de chez moi pour avoir une nouvelle vie. » Tous ont l’envie de continuer à servir la Légion. « La nationalité, c’est la cerise sur le gâteau », résume le caporal Malalaniaina.

La secrétaire d’État auprès de la ministre des armées ,Geneviève Darrieussecq ,était en visite au 1er REG de Laudun-l’Ardoise ce vendredi (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

La secrétaire d’État était également au 1er REG « pour les remercier pour leur engagement et leur bravoure. Ils contribuent à la sécurité de notre pays. Ils sont largement mobilisés sur des opérations extérieures et sur le territoire national. » Cette visite était également l’occasion pour Geneviève Darrieussecq « aussi de voir avec le chef de corps et les familles de militaires la déclinaison du plan famille. »

Un plan qui vise à accompagner les familles des militaires, via « des soutiens directs aux familles quand un soldat part opération extérieure ou en mission de moyenne ou longue durée », explique la ministre. Un plan qui compte des mesures en faveur de la garde d’enfant ou encore un meilleur accompagnement à la mobilité, avec notamment une offre de logements améliorée. Des mesures « très attendues dans les unités », ajoute la secrétaire d’État. Plus d’informations ici.

En visite au 1er REG, la secrétaire d’État aux armées naturalise trois légionnaires

En visite au 1er REG, la secrétaire d’État aux armées naturalise trois légionnaires

Thierry Allard – Objectif Gard – Publié le 15 mars 2019

https://www.objectifgard.com/2019/03/15/laudun-lardoise-en-visite-au-1er-reg-la-secretaire-detat-aux-armees-naturalise-trois-legionnaires/

 

La secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq a remis leur décret de naturalisation à trois légionnaires du 1er REG (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard),

 

La secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq, est en visite dans le Gard rhodanien ce vendredi. Une visite qui a commencé à la mi-journée par le 1er Régiment étranger de génie de la Légion étrangère de Laudun-l’Ardoise.

 

Sur place, la secrétaire d’État a remis leur décret de naturalisation à trois légionnaires du régiment. Il s’agit du caporal-chef Catalin, 27 ans, originaire de Roumanie, engagé dans la Légion depuis 2012, et qui a servi au Mali, en Guyane ou encore à Mayotte comme auxiliaire sanitaire ; du caporal Damien, 27 ans, originaire d’Ukraine, engagé dans la Légion depuis 2014, qui a servi dans le cadre de l’opération Sentinelle sur le territoire national et en Côte d’Ivoire, il sert aujourd’hui au sein du groupement des ressources humaines du régiment ; et du caporal Malalaniaina, 33 ans, originaire de Madagascar, engagé dans la Légion depuis 2014, qui a servi en Mauritanie, puis dans le cadre de l’opération Sentinelle, il sert depuis peu au groupement des ressources humaines du régiment.

La secrétaire d’État auprès de la ministre des armées, Geneviève Darrieussecq, a remis leur décret de naturalisation à trois légionnaires du 1er REG (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Tous trois sont donc officiellement devenus Français ce matin, au cours d’une cérémonie brève, mais forte. Geneviève Darrieussecq leur a lu un message de félicitations rédigé par le président Macron : « Je tiens à vous féliciter chaleureusement pour avoir fait le choix de vous inscrire dans le projet d’une France sans cesse en mouvement. Notre république et l’Europe ont besoin de votre participation active pour faire vivre la démocratie. Aujourd’hui la France est fière et heureuse de vous accueillir. »

« C’est une cérémonie simple dans son format mais très symbolique », estime pour sa part la secrétaire d’État, qui voit dans la remise de ces décrets de naturalisation « la reconnaissance de leur valeur d’hommes et de militaires. » Sur les visages des légionnaires naturalisés, des sourires pudiques. « Je suis très heureux, très fier d’être Français », glisse le caporal Damien. « Nous avons servi cette patrie, nous sommes contents de nous intégrer à la société française », ajoute le caporal-chef Catalin.

Tous n’avaient pas l’objectif d’obtenir la nationalité en s’engageant dans la Légion, mais pas le caporal Malalaniaina : « J’avais cet objectif de devenir Français. Je suis attaché à ce pays. Je suis parti de chez moi pour avoir une nouvelle vie. » Tous ont l’envie de continuer à servir la Légion. « La nationalité, c’est la cerise sur le gâteau », résume le caporal Malalaniaina.

La secrétaire d’État auprès de la ministre des armées ,Geneviève Darrieussecq ,était en visite au 1er REG de Laudun-l’Ardoise ce vendredi (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

La secrétaire d’État était également au 1er REG « pour les remercier pour leur engagement et leur bravoure. Ils contribuent à la sécurité de notre pays. Ils sont largement mobilisés sur des opérations extérieures et sur le territoire national. » Cette visite était également l’occasion pour Geneviève Darrieussecq « aussi de voir avec le chef de corps et les familles de militaires la déclinaison du plan famille. »

Un plan qui vise à accompagner les familles des militaires, via « des soutiens directs aux familles quand un soldat part opération extérieure ou en mission de moyenne ou longue durée », explique la ministre. Un plan qui compte des mesures en faveur de la garde d’enfant ou encore un meilleur accompagnement à la mobilité, avec notamment une offre de logements améliorée. Des mesures « très attendues dans les unités », ajoute la secrétaire d’État. Plus d’informations ici.

 

 

L’arrivée des légionnaires sur le plateau du Larzac est une bouffée d’oxygène pour l’économie locale

L’arrivée des légionnaires sur le plateau du Larzac est une bouffée d’oxygène pour l’économie locale

http://www.opex360.com/2019/02/19/larrivee-des-legionnaires-sur-le-plateau-du-larzac-est-une-bouffee-doxygene-pour-leconomie-locale/