Avec la fin annoncée de Barkhane, le Mali dénonce un « abandon en plein vol » de la France

Avec la fin annoncée de Barkhane, le Mali dénonce un « abandon en plein vol » de la France


 

Un caporal-chef du 7e BCA tué au combat au Mali

Un caporal-chef du 7e BCA tué au combat au Mali

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par Philippe Chapleau – Lignes de défense – publié le 24 septembre 2021

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2021/09/24/un-caporal-chef-du-7e-bca-tue-au-combat-au-mali-22446.html


Le caporal-chef Maxime Blasco, du 7e BCA, a été tué ce vendredi matin lors d’une opération de combat à 50km à l’est de Hombori et à 15km de la frontière avec le Burkina, dans la forêt de N’Daki.

Ce matin, selon l’EMA, un drone Reaper a localisé un GAT d’une dizaine d’hommes vers 8h50 (heure française). Des Tigre venant de Gao ont lancé une frappe et simultanément un groupe de commandos de montagne d’une trentaine d’hommes a été héliporté pour effectuer une reconnaissance de la zone.

Cette reconnaissance s’est déroulée vers 11h (heure française). Trente minutes après le posé du GCM, un tireur embusqué a ouvert le feu sur les soldats française et a touché le caporal-chef Blasco qui, touché à la tête, est décédé de ses blessures.

Son corps a été évacué vers Gao à 13h30 alors que des actions aériennes étaient en cours. Un drone Reaper a largué une bombe GBU12 et une patrouille de deux Mirage 2000 a procédé à deux frappes. L’EMA n’était pas en mesure hier soir de préciser le volume des pertes ennemies.

Le caporal-chef Blasco était âgé de 34 ans, titulaire de quatre citations. Il en était à son 4e déploiement sur Barkhane. Il s’était distingué en juin 2019 alors que la Gazelle dans laquelle il se trouvait, en tant que tireur d’élite, s’était écrasée. Il avait extrait le pilote et le copilote et avait réussi à les extraire via un hélicoptère Tigre.

Sa mort porte à 58 le nombre de soldats français mort au Sahel depuis 2013.

Sa biographie.
Né le 4 décembre 1986 à Grenoble, le caporal-chef Maxime BLASCO a accompli toute sa carrière au 7e bataillon de chasseurs alpins. Il s’y engage le 1er août 2012 et se distingue rapidement au cours de sa formation initiale, par son excellent état d’esprit et ses compétences.

Il devient tour à tour tireur de précision puis tireur d’élite du groupe commando montagne (GCM). Il est projeté en juin 2014 en République centrafricaine, au Tchad et au Sénégal dans le cadre des opérations SANGARIS et BARKHANE comme tireur de précision. Il se distingue à chaque reprise dans des actions de combat par sa précision et son sang-froid. Cela lui vaudra d’être décoré de la croix de la Valeur militaire avec étoile de bronze. De septembre 2016 à janvier 2017, il est projeté au Mali dans le cadre de l’opération BARKHANE en tant que tireur d’élite du GCM.

Il est ainsi engagé dans plusieurs missions d’infiltration en profondeur où, ses actions courageuses permettront l’arrestation ou la neutralisation de groupes armés terroristes (GAT). Son engagement lui vaudra l’attribution d’un témoignage de satisfaction. Il est à nouveau projeté sur l’opération BARKHANE de septembre 2017 à janvier 2018 où il s’illustrera à deux reprises. D’abord, en participant de nuit à l’assaut d’une maison abritant cinq djihadistes armés où, en tête du dispositif d’assaut, il se trouve face à quatre ennemis qu’il fait prisonniers. Il contribue plus tard à la saisie d’un dépôt important d’armes et d’explosifs où, après une infiltration en zone hostile, il participe à l’immobilisation des sentinelles ennemies. Il sera alors à nouveau décoré de la croix de la Valeur militaire avec étoile de bronze. Lors de sa projection sur BARKHANE de mai à septembre 2018, tireur embarqué sur hélicoptère Gazelle, il appuie avec efficacité les troupes au sol, et renseigne sur les positions amies et ennemies tout en appliquant des feux précis, empêchant à plusieurs reprises, la réorganisation d’un groupe armé terroriste dans une zone boisée très dense. Par ses tirs précis, il parvient également à neutraliser un convoi de véhicules. Il est décoré pour la troisième fois de la croix de la Valeur militaire avec étoile de bronze.

Projeté sur BARKHANE pour la quatrième fois de suite en mai 2019, il connait une action de feu d’une rare intensité dans la nuit du 13 au 14 juin. Engagé en tant que tireur embarqué depuis un hélicoptère Gazelle suite à la détection d’un regroupement de terroristes dans une zone boisée, il applique des tirs de neutralisation sur un groupe d’une trentaine de terroristes embusqués. Touché par des tirs ennemis, l’hélicoptère est contraint de se poser en urgence et le CCH BLASCO est éjecté à l’impact. Malgré de graves blessures et la proximité immédiate des ennemis, il n’hésite pas à extraire le pilote ainsi que le chef de bord, blessés et encastrés dans l’aéronef en feu. Il les traine jusqu’à une zone dégagée sur près de cinquante mètres puis, toujours sous le feu ennemi, les arrime par une manœuvre de fortune sur un hélicoptère Tigre venu en renfort avant de s’accrocher par la seule force des bras au train d’atterrissage. Son action permettra le sauvetage et la survie de l’équipage de l’hélicoptère. Blessé au dos et souffrant de multiples fractures vertébrales, il est rapatrié en France le 18 juin 2019.

En récompense de ses services exceptionnels, il est décoré de la croix de la Valeur militaire avec étoile de Vermeil puis de la Médaille Militaire des mains du Président de la République.
Le caporal-chef Maxime BLASCO était pacsé et père d’un enfant

APAGAN : Face au risque d’attaque, un A400M français largue des leurres anti-missiles en décollant de Kaboul

APAGAN : Face au risque d’attaque, un A400M français largue des leurres anti-missiles en décollant de Kaboul

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Afghanistan : 90 soldats français morts inutilement ?    

Afghanistan : 90 soldats français morts inutilement ?    

par Gilles Robinet – ASAF – Posté le lundi 23 août 2021

AFGHANISTAN : 90 soldats français morts inutilement ?    

Source photo : Laure FANJEAU / ASAF – Tous droits réservés


À partir de fin 2001, des  forces militaires françaises sont intervenues en Afghanistan dans deux opérations internationales distinctes : la force internationale d’assistance et de sécurité (ISAF), sous commandement de l’OTAN, et l’opération Enduring Freedom sous commandement américain. En 2010, la France était la quatrième nation contributrice de la coalition avant de se retirer à partir de fin 2012.

Au cours de cet engagement, ce sont près de 60 000 soldats français qui ont été déployés sur ce théâtre d’opérations. 90 d’entre eux sont morts au combat et l’on estime le nombre de blessés à près de 700. On se souvient, en particulier, de la nuit du 18 au 19 août 2008 où, à Uzbin, dans une embuscade, 10 soldats français ont été tués.

Il se trouve que le retrait des Américains d’Afghanistan correspond à cette date anniversaire estivale pour nous. Mais c’est aussi une date anniversaire pour eux puisqu’ils ont permis que, à quelques jours près, vingt ans après les attentats du 11 septembre, les talibans s’emparent de Kaboul.

L’Afghanistan, considéré comme un carrefour de l’Asie centrale, a toujours eu une histoire mouvementée. Cependant, pendant vingt ans de présence militaire étrangère, le peuple afghan a pu s’ouvrir à une forme de démocratie. Les fillettes se rendaient à l’école souriantes, confiantes, comme leurs parents, en nos promesses d’émancipation. D’après le témoignage d’un médecin civil français ayant servi, avec beaucoup d’autres, comme volontaire à l’hôpital de Kaboul, on pouvait croiser un marchand de tapis parlant impeccablement notre langue apprise au lycée français ou encore un directeur de l’hôpital de l’Armée nationale afghane, formé au Val-de-Grâce et chaleureusement francophile. Enfin, que dire de ces interprètes qui nous suivaient partout et dont la vie est, de ce fait, aujourd’hui menacée.

Même si les raisons de notre intervention militaire apparaissent légitimes, car il s’agissait alors, comme au Liban où nous participons depuis des années à la stabilisation d’une frontière explosive ou encore au Mali aujourd’hui, de venir au secours de populations en danger, le résultat est là : une débandade militaire et une multitude de drames humains à venir.

Si nous voulons que nos soldats ne soient pas morts pour rien, nous devons commencer par tirer les leçons de leur sacrifice, pour l’immédiat et pour le plus long terme. Ce sera là une façon de leur rendre hommage et de leur exprimer notre reconnaissance.

Pour l’immédiat, interrogeons-nous pour savoir si ce qui vient de se passer en Afghanistan ne préfigure pas ce qui nous attend au Sahel ? En Afghanistan, en dehors des grandes villes, les villageois ne faisaient pas confiance aux militaires étrangers qu’ils souhaitaient voir partir et à qui ils ne fournissaient aucune information. L’ennemi n’était pas clairement identifié et la preuve a été donnée que dans une guérilla, l’ennemi gagne par le seul fait de ne pas perdre. La situation au Sahel est-elle très différente ?

Plus généralement, il faut bien se rendre compte que ce fiasco américain a généré une véritable victoire stratégique pour la Russie et la Chine, sans parler de l’Iran et du Pakistan. Or, les Russes s’implantent déjà en Centrafrique, territoire appartenant jadis au pré carré de l’ex- Françafrique, et les Chinois sont présents dans de nombreux pays africains avec un effort particulier en Afrique du Nord. L’influence de la France sur ce continent est donc fortement diminuée. Une nouvelle politique est-elle en cours d’élaboration ou continuera-t-on, comme hier, à jouer les pompiers en Afrique en risquant la vie de nos soldats ?

Peut-on, en Afghanistan, en Irak ou au Mali, protéger des populations à la place de leurs gouvernements corrompus ? Il ne sert à rien de déverser des milliards de dollars ou d’euros pour équiper, former et entraîner des armées locales, parfois fantômes, car dès lors que les subsides sont proportionnels aux effectifs, des bataillons n’existent que sur le papier. Ces armées, à l’image de leurs gouvernants, manquent singulièrement de motivation. À Kaboul, comment en vouloir aux militaires afghans d’avoir livré la ville sans combattre alors que leur gouvernement avait pris la fuite ?

Une autre leçon pour l’avenir, mais celui-ci commence aujourd’hui et s’écrit tous les jours sur le terrain, c’est la difficulté à trouver des alliés pour des opérations extérieures et la fragilité de toute alliance quand surgissent les épreuves. Si nous prenons le cas de l’Union européenne, force est de constater que très peu de pays investissent pour leur défense. Le Fonds européen de défense, qui devait être doté de 13 milliards d’euros, n’en recevra que 7. La France qui n’a pas réussi à gagner cette bataille budgétaire devrait au moins utiliser sa prochaine présidence pour optimiser les moyens et les concentrer sur deux ou trois dossiers qui le méritent.

Cela doit nous conduire à nous rappeler que sur le plan strictement militaire nous pouvons nous retrouver seuls, d’où la nécessité de garantir notre autonomie stratégique en durcissant nos capacités et en en développant de nouvelles dans de nouveaux espaces de conflictualité comme le cyber ou le spatial.

Le dernier enseignement est géopolitique. Les Américains seuls ou avec des alliés ne parviendront pas à modeler selon leurs désirs le monde islamique. L’action militaire ne suffit pas à régler les conflits si elle ne s’inscrit pas dans un contexte politique global visant à endiguer les menaces ou, mieux, à les prévenir.  Depuis des décennies désormais, de nombreuses interventions militaires occidentales se sont terminées dans le pourrissement ou la débandade. Les Russes ont d’ailleurs tiré la leçon de leur enlisement en Afghanistan précisément et ont, depuis, mis en œuvre des moyens diplomatiques de contournement plutôt que d’affrontement militaire. Quand ils entrent néanmoins dans le conflit, comme en Syrie, c’est sous la forme d’actions aériennes ou par l’emploi de sociétés militaires privées, c’est-à-dire en exposant très peu la vie de leurs soldats.

Il est toujours beaucoup plus difficile de terminer une guerre que de la commencer et, répétons- le, si nous l’avons oublié, le Sahel risque de nous le rappeler. Cela est d’autant plus vrai quand les buts de guerre ne sont pas définis et que les militaires eux-mêmes, sur le terrain, s’interrogent sur la finalité de leur action. L’urgence peut commander une action militaire immédiate, mais dès la situation est stabilisée, doivent être définies les conditions politiques d’un futur retrait, ce qui, en France, pourrait faire l’objet d’un vote du Parlement. C’est faute d’avoir fixé, il y a vingt ans, des objectifs clairs et limités dans le temps que l’Afghanistan a de nouveau été livré aux talibans. Tout ça pour ça ?

Last but not least, reste à prendre en compte un domaine capital, surtout au cœur des soldats, celui de l’honneur. C’est parce que nous avions abandonné ceux qui nous avaient aidés en Indochine comme en Algérie et que nous appelions pudiquement des supplétifs, que des officiers, comme le commandant Hélie de Saint Marc, se sont révoltés. En Afghanistan, ce serait plus de 800 Afghans qui auraient collaboré avec nos troupes. Il est de notre devoir de les rapatrier tous, avec leurs familles, et de leur proposer la citoyenneté française. En les sauvant, nous sauverons notre honneur et pourrons continuer à croire à une certaine idée de la France.

 Gilbert Robinet
Secrétaire général de l’ASAF

L’armée de Terre cherche à améliorer la disponibilité de ses réservistes opérationnels

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