Selon la Marine, le sous-marin nucléaire Perle a été victime d’une « combustion sans flamme »

Selon la Marine, le sous-marin nucléaire Perle a été victime d’une « combustion sans flamme »

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Le 26 septembre, à 12h42, un nouvel incendie s’est déclaré dans un compartiment dédié au stockage des vivre situé au niveau de la proue du sous-marin nucléaire d’attaque [SNA] Perle, alors en maintenance à la base navale de Toulon. « Le feu reste circonscrit dans le local concerné par l’évènement initial et aucun risque radiologique n’est à craindre », a expliqué la préfecture maritime de la Méditerranée.

Le Plan d’urgence interne [PUI] ayant été déclenché, les marins-pompiers de la base naval sont immédiatement intervenu, avant de recevoir le renfort d’une cinquantaine de leurs camarades du Bataillon des marins-pompiers de Marseille [BMPM].

Selon un nouveau communiqué publié dans la soirée par la préfecture maritime, l’incendie a été déclaré éteint à 21h19. Un travail de pompage des eaux d’extinction et de refroidissement ayant été entrepris, des « investigations plus poussées à l’intérieur de la Perle » ont « permis de s’assurer de l’absence de points chauds résiduels », a précisé le texte.

S’il a été mis fin au PUI, le sous-marin est cependant resté sous la surveillance des équipes d’intervention.

Pour rappel, l’avant du SNA Perle avait déjà été ravagé par un incendie en juin 2020, alors qu’il se trouvait en cale sèche pour son dernier arrêt technique majeur. Après un examen des dégâts, il fut décidé de le réparer en remplaçant sa proue par celle du SNA Saphir, désarmé quelques mois plus tôt. Cette opération, très compliquée, avait été réalisée à Cherbourg, par Naval Group.

Quoi qu’il en soit, le porte-parole de la préfecture maritime, le capitaine de frégate Pierre-Louis Josselin, a par la suite donné quelques précisions. Se gardant de parler d’un « incendie », celui-ci a expliqué que la Perle avait été victime d’une « combustion sans flamme […] a priori de matériaux isolants ».

Selon le laboratoire national de métrologie et d’essais, un feu couvant est « un processus de combustion lente, sans flamme ni émission de lumière. Les principaux risques de cette combustion ‘invisible’ proviennent du fait qu’elle peut être facilement déclenchée par des sources de chaleur trop faibles pour allumer des flammes. Ce phénomène opère sur certains matériaux fibreux ou poreux. La plupart des isolants thermiques sont donc tout naturellement sujets à ce type de feu ».

Cette combustion lente à bord de la Perle a donc pu être détectée à temps… « Ce sinistre n’était pas comparable à celui de 2020, qui était un feu industriel, avec des flammes importantes », a insisté le capitaine de frégate Josselin.

Pour le moment, les causes de cet incident n’ont pas encore été déterminées. Et on ignore quelles en seront les conséquences sur le cycle opérationnel du sous-marin, celui devant reprendre la mer au cours du premier semestre 2023.

Photo : Préfecture maritime de Méditerranée

Le sous-marin nucléaire d’attaque Suffren aperçu pour la première fois en Écosse

Le sous-marin nucléaire d’attaque Suffren aperçu pour la première fois en Écosse

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En revanche, elle est un peu moins discrète lorsqu’il s’agit d’évoquer les déploiements de ses sous-marins nucléaires d’attaque [SNA]. Une telle attitude permet ainsi de donner plus de poids aux messages que la France cherche à faire passer, comme ce fut le cas en 2003, lorsque le Casabianca fit une visite à Severomorsk, l’objectif étant alors de montrer que Paris et Moscou avaient fini par tourner la page de la Guerre Froide pour entretenir un « dialogue constructif ». On n’est plus là aujourd’hui…

Plus récemment, le ministre des Armées a fait grand cas de la mission « Marianne », menée en Indo-Pacifique par le SNA Émeraude, accompagné par le Bâtiment de soutien et d’assistance métropolitains [BSAM] Seine. L’objectif était d’affirmer l’attachement de la France au droit maritime international et à la liberté de navigation, de démontrer sa capacités de protéger ses intérêts dans la zone et de renforcer ses liens militaires avec ses principaux partenaires régionaux.

Cela étant, cette approche n’a pas été celle de la mission « Confiance », qui a mobilisé le SNA Améthyste durant plus de six mois dans l’océan Indien. Ce n’est qu’après le retour du sous-marin à Toulon que la Marine nationale l’a officiellement évoquée.

Cependant, au même moment, quelques indiscrétions et déductions ont permis de savoir que le SNA Rubis avait été affecté au groupe aéronaval du porte-avions Charles de Gaulle et que les SNA Casabianca et Émeraude patrouillaient en Atlantique Nord. D’ailleurs, l’un deux fut repéré dans les eaux de la base navale de Faslane [ou HMNB Clyde] en avril dernier, peu avant l’arrivée du sous-marin américain USS Indiana [classe Virginia].

La Marine nationale – sauf erreur – ne fit aucun commentaire à ce sujet. Mais les Britanniques ne s’en privèrent pas, notamment via les réseaux sociaux, les approches de Faslane étant apparemment fréquentées par quelques photographes… Il faut dire que la Royal Navy communique souvent au sujet des mouvements de ses SNA, comme, du reste, l’US Navy.

Étant donné que la France, le Royaume-Uni et les États-Unis sont les seuls pays membre de l’Otan à dotés de sous-marins nucléaires, cette « réunion » de Faslane pouvait alors être vue comme un message adressé à la Russie, laquelle envoie régulièrement ses sous-marins patrouiller dans le passage appelé « GIUK » [Groenland, Islande, Royaume-Uni], crucial pour les lignes d’approvisionnement entre l’Amérique du Nord et l’Europe.

Quoi qu’il en soit, près de six mois plus tard, et d’après des photographies publiées sur les réseaux sociaux, le SNA Suffren, admis au service actif en juin dernier, est arrivé à Faslane, le 22 septembre. Il s’agit donc de sa première visite en Écosse. Et l’on peut donc supposer qu’il vient de patrouiller en Atlantique [ou qu’il s’apprête à la faire].

Pour rappel, premier d’une série de six sous-marins de type Barracuda, le Suffren affiche un déplacement de 5.300 tonnes en plongée. Il est reconnaissable par les barres en X de son appareil à gouverner. Mis en œuvre par 60 sous-mariniers, il est équipé des technologies les plus récentes marines [automatisation, mât optronique, numérisation, recours à l’intelligence artificielle, etc]. Plus discret et plus manœuvrable qu’un SNA de la classe Rubis, il peut emporter des missiles de croisière navale [MdCN], des missiles antinavires Exocet SM39 modernisés, des torpilles lourdes filoguidées F-21 et des mines.

Le Suffren « est l’outil de combat par excellence face à un ennemi symétrique. Il possède deux capacités différentielles essentielles que n’avaient pas les sous-marins précédents : il peut frapper loin et discrètement, avec des missiles de croisière – c’est une première en France – et conduire une opération spéciale en plongée, grâce au hangar de pont qui peut héberger des commandos ou des drones. Ce bateau a un panel d’actions bien plus important que ses prédécesseurs », a récemment résumé l’amiral Pierre Vandier, le chef d’état-major de la Marine nationale, lors d’une audition parlementaire.

La Marine nationale veut un drone sous-marin océanique mis en œuvre depuis un navire de surface

La Marine nationale veut un drone sous-marin océanique mis en œuvre depuis un navire de surface

 

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« On l’a conçu comme un système de renseignement », avait expliqué, à l’époque, Cyril Lévy, directeur des programmes « drones » chez Naval Group. En effet, grâce à ses capteurs [radar, caméra, sonar], ce DSMO pourrait être utilisé pour patrouiller au large d’une base navale afin d’identifier d’éventuelles menaces ou bien servir d’éclaireur pour un groupe aéronaval.

Cela étant, interrogé au sujet de ce projet de Naval Group lors d’une audition au Sénat, quelques semaines plus tard, le chef d’état-major de la Marine nationale, l’amiral Pierre Vandier, s’était montré plutôt réservé à son égard.

« Il n’y a pas eu de discussion entre la Marine et Naval Group sur le drone sous-marin. C’est un projet intéressant pour les marines du Golfe persique par exemple puisqu’il s’agit d’un mini sous-marin à qui on peut confier des missions non éloignées des côtes. La Marine nationale n’a pas exprimé de besoins dans ce domaine-là », avait estimé l’amiral Vandier. « En revanche, avait-il continué, on regarde avec intérêts les développements technologiques de ce projet dans la mesure où ils pourraient converger un jour avec nos besoins militaires ».

Visiblement, la réflexion sur les drones sous-marins océaniques a avancé. En effet, le projet d’en doter la Marine nationale figure la dernière version du Document de référence de l’orientiation de l’innovation de défense [DrOID], publiée cette semaine par l’Agence de l’Innovation de Défense [AID].

« L’enjeu majeur est la capacité à faire évoluer les frégates de premier rang existantes et les sous-marins de la classe Suffren dans tous leurs domaines de lutte respectifs », explique l’AID au sujet des développements capacitaires intéressant la Marine nationale.

« Les autres enjeux concernent l’amélioration des capacités de lutte sous la mer avec des travaux sur les sonars ainsi que l’accroissement des performances de guerre électronique, des futurs moyens de guerre des mines et des futurs moyens d’interdiction », poursuit l’agence, qui n’oublie pas de citer les travaux relatifs à un nouveau système de lutte anti-torpilles, au renouvellement de la composante « porte-avions » et à la capacité de patrouille maritime aéroportée.

En outre, il s’agit également de développer davantage les technologies ayant trait au combat collaboratif, en particulier pour les navires de premier rang.

Ainsi, le DrOID évoque le développement de technologies permettant de « contrer les menaces antinavires les plus modernes tels que les missiles hypervéloces », d’optimiser la « capacité de lutte sous-marine des bâtiments de surface et des aéronefs », d’améliorer le « leurrage sonar » ou encore d’améliorer la « sécurité incendie, la résilience au choc et la maîtrise des signatures des plateformes et des navires ».

Le document insiste sur la poursuite des recherches sur les technologies nécessaires pour la maîtrise des grands fonds marins [jusqu’à – 6000 mètres], conformément à la stratégie récemment dévoilée par le ministère des Armées pour ce domaine. Ce qui suppose des efforts en matière de robotique.

À ce propos, le DrOID mentionne des « travaux de montée en maturité des technologies préparant les premières démonstrations » de drones [dont le type n’est pas précisé, ndlr] mis en oeuvre depuis un sous-marin à l’horizon 2025-26. Et il est aussi question d’un « démonstrateur de drone sous-marin océanique longue endurance pouvant être mis en œuvre et récupéré à partir d’un bâtiment de surface ». Faut-il en conclure que Naval Group a su convaincre de l’utilité de son DSMO?

Quoi qu’il en soit, lors de l’édition 2022 de « l’opération i-Naval« , organisée le 7 juillet dernier à base navale de Toulon par la Direction générale de l’armement [DGA] – Techniques Navales et l’Université de Toulon, il a été fait grand cas du « combat connecté sous-marin »… et donc de l’apport du DSMO de Naval Group mais aussi celui d’un relais acoustique sous-marin développé par Thales et Sercel Défense, d’un système de détection de menaces par la génération d’un champ électrique mis au point par Elwave, du mât hybride multicapteurs 360 [MTT1] de Photospace et de la technologie de guidage acoustique d’Arkeocean, laquelle permet de déployer un essaim de drones sous-marins.

Par ailleurs, Naval Group affiche de grandes ambitions dans le domaine des drones sous-marins, lesquelles vont se concrétiser par un investissement de 140 millions d’euros pour créer un « centre d’excellence des drones, systèmes autonomes et armes sous-marines » sur le site des Bormettes, dans le Var.

SNA Rubis : dernière prise de commandement et ultime mission avant retrait du service

SNA Rubis : dernière prise de commandement et ultime mission avant retrait du service

© FRANCIS JACQUOT

Par Vincent Groizeleau -Mer et Marine – publié le 01/07/2022

Doyen des sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) de la Marine nationale et vénérable quadragénaire, le Rubis a débuté son ultime mission avant son retrait du service, prévu à la fin de cette année. Avant son appareillage de Toulon, une cérémonie s’est déroulée le mercredi 29 juin, à l’occasion de la dernière prise de commandement du bâtiment. Le vice-amiral d’escadre Jean-Philippe Chaineau, commandant les forces sous-marines et la Force océanique stratégique (FOST) a fait reconnaitre le capitaine de corvette Laurent Falhun comme nouveau et dernier pacha du Rubis. L’officier, qui succède au capitaine de frégate Nicolas Maigné, a pris la tête de l’équipage Rouge avec lequel le sous-marin va achever sa carrière (les SNA sont armés alternativement par deux équipages, le Bleu et le Rouge). La cérémonie de mercredi avait aussi pour but de rendre hommage au Rubis, premier SNA de la flotte française, qu’il sert depuis 39 ans. A cette occasion, la plupart de ses anciens commandants étaient présents, dont le vice-amiral d’escadre Hubert Foillard qui fut le premier d’entre eux.

Le Suffren, premier sous-marin nucléaire français nouvelle génération, mis en service à Brest ce vendredi

Le Suffren, premier sous-marin nucléaire français nouvelle génération, mis en service à Brest ce vendredi

  • La cérémonie officielle de mise à l'eau du Suffren à Brest, en présence d'Emmanuel Macron, le 12 juillet 2019.
    La cérémonie officielle de mise à l’eau du Suffren à Brest, en présence d’Emmanuel Macron, le 12 juillet 2019. AFP – LUDOVIC MARIN
La Dépêche – Publié le

Le premier sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) français de nouvelle génération, le Suffren, sera mis en service à Brest ce vendredi 3 juin. Il sera inauguré en présence du nouveau ministre des Armées Sébastien Lecornu.

C’est le dernier-né de la flotte sous-marine française. Ce vendredi 3 juin verra se tenir à Brest (Bretagne) l’admission au service actif du premier sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de nouvelle génération, le Suffren. Inauguré en présence du ministre des Armées Sébastien Le Cornu, le Suffren est le premier de sa génération, conçu dans le cadre du programme Barracuda.

A lire aussi : Embarquez à bord du Suffren, le nouveau sous-marin nucléaire d’attaque français lancé aujourd’hui

Long de 99 mètres pour un diamètre de 8,8 mètres, ce bâtiment à propulsion nucléaire, lourd de 5300 tonnes, peut accueillir jusqu’à 65 hommes à son bord et dispose d’une autonomie de 70 jours. Il embarque aussi tout un arsenal dernier cri : missiles de croisière navale, antinavires, torpilles lourdes, mines… Néanmoins, contrairement aux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), le Suffren ne transporte pas d’arme nucléaire.

Six nouveaux bâtiments

Ce bâtiment s’inscrit dans un projet à long terme de renouvellement de la flotte française, comme l’explique sur franceinfo Vincent Groizeleau, rédacteur en chef du site meretmarine.com : “Jusqu’ici, la Marine avait des sous-marins qui datent pour les plus anciens – les sous-marins d’attaque – du début des années 1980. Donc il devenait urgent de les remplacer. Cette nouvelle génération, six nouveaux bâtiments qui vont remplacer les anciens, sont carrément d’une autre gamme.”

Mis à l’eau en 2019 à Cherbourg, il a fallu 3 ans au Suffren pour être admis au sein du service actif de la flotte française. Cinq autres sous-marins du programme Barracuda devraient bientôt prendre la mer. Le second SNA de la classe Barracuda, le Dugay-Trouin, devrait être mis à l’eau d’ici la fin de l’été prochain, et pourrait être livré à la Marine nationale au mieux d’ici 2023.

Embarquez à bord du Suffren, le nouveau sous-marin nucléaire d’attaque français lancé aujourd’hui

Embarquez à bord du Suffren, le nouveau sous-marin nucléaire d’attaque français lancé aujourd’hui

  • Le Suffren est le premier d'une série de six nouveaux sous-marins nucléaires d'attaque.
    Le Suffren est le premier d’une série de six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque. PHOTO DR NAVAL GROUP
Publié le

https://www.ladepeche.fr/2019/07/12/embarquez-a-bord-du-suffren-le-nouveau-sous-marin-nucleaire-dattaque-francais-lance-aujourdhui,8309454.php

 

C’est le premier lancement de sous-marin français depuis plus de dix ans: Emmanuel Macron a célébré vendredi matin à Cherbourg la fin de la construction du Suffren, premier d’une série de six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque (SNA), plus discrets et polyvalents. 

La cérémonie sur le site du constructeur français Naval Group à Cherbourgs’est déroulé en fin de matinée en présence du chef de l’Etat, qui a prononcé à cette occasion une allocution consacrée à la Défense. 

Vous construisez ici notre indépendance, notre souveraineté, notre liberté d’action. Au nom de tout le pays, je veux vous dire ma fierté et vous remercier”, a lancé le président aux collaborateurs de Naval Group.

Le monstre d’acier noir de 99 mètres de long tient son nom de Pierre-André Suffren, un amiral qui s’est illustré face aux Anglais au XVIIIe siècle. Il repose en ce moment sur son dispositif de mise à l’eau, sorte d’ascenseur à bateau. La mise à l’eau proprement dite n’aura lieu que fin juillet, avec trois ans de retard, avant des essais à quai, puis en mer, et sa livraison à la Marine nationale à Toulon avant l’été 2020. 

 

Le Suffren est le premier d'une série de six nouveaux sous-marins nucléaires d'attaque.
Le Suffren est le premier d’une série de six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque. PHOTO DR NAVAL GROUP

 

D’un coût de 9,1 milliards d’euros, le programme Barracuda, dont le Suffren est le premier exemplaire, vise à remplacer les six sous-marins de classe Rubis entrés en service à partir du début des années 1980. Un premier Rubis, le Saphir, vient de rejoindre Cherbourg pour y être désarmé. 
Les Barracuda, dont le dernier devrait entrer en service en 2030, sont beaucoup plus imposants que leurs prédécesseurs –5.300 tonnes en plongée contre 2.670 pour les Rubis– et offrent un “vrai saut générationnel” à la Marine nationale, observe Patrick van den Ende, spécialiste des sous-marins. 
“C’est un outil militaire qui arrive à un moment absolument indispensable”, estime le chef d’état-major interarmées, le général François Lecointre. “On passe de la (Peugeot) 207 à la Formule 1”, se félicite le capitaine de vaisseau Bertrand Dumoulin, porte-parole de la Marine nationale. 

Un sous marin sans périscope ni missile nucléaire

Particularité du Suffren : il n’a pas de périscope, élément emblématique de la guerre sous la mer. Pour voir ce qu’il se passe à la surface, plus de tube coulissant traversant la coque, ce qui en faisait un point de vulnérabilité, mais des caméras placées en haut d’un mât qui retransmettent les images sur les écrans des sous-mariniers. 

 

Le Suffren est le premier d'une série de six nouveaux sous-marins nucléaires d'attaque.
Le Suffren est le premier d’une série de six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque. PHOTO DR NAVAL GROUP

 

Les SNA n’emportent pas de missiles nucléaires, contrairement aux quatre sous-marins lanceurs d’engins français (SNLE) qu’ils sont notamment chargés de protéger. Ils sont qualifiés de “sous-marins nucléaires” car leur propulsion provient d’un réacteur nucléaire compact, qui leur assure autonomie et discrétion acoustique par rapport aux sous-marins conventionnels à propulsion diesel-électrique. 

 

Le Suffren est le premier d'une série de six nouveaux sous-marins nucléaires d'attaque.
Le Suffren est le premier d’une série de six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque. PHOTO DR NAVAL GROUP

Cette discrétion devrait être “presque 10 fois” supérieure à celle des Rubis, selon Bertrand Dumoulin. 
La mission du SNA consiste à protéger les bâtiments précieux comme le porte-avions  Charles-de-Gaulle et les SNLE, traquer les sous-marins ennemis et recueillir du renseignement au plus près des côtes ennemies. Le Suffren pourra aussi déployer des forces spéciales via un hangar de pont amovible.  
“C’est une base avancée secrète et immergée pour les nageurs de combat et leur équipement, dont un mini-sous-marin”, explique Bertrand Dumoulin. 
Et il aura enfin la capacité de tirer des missiles de croisière navals (MdCN), d’une portée de 1.000 kilomètres, contre des cibles terrestres.  

70 jours d’autonomie

 

Le Suffren est le premier d'une série de six nouveaux sous-marins nucléaires d'attaque.
Le Suffren est le premier d’une série de six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque. PHOTO DR NAVAL GROUP

 

“S‘il devait se reproduire un raid du type de celui que nous avons dû conduire lors de l’opération Hamilton, commandée par le président de la République l’an dernier contre des installations chimiques en Syrie, on pourrait employer ce type d’armes tirées à des centaines de kilomètres depuis le dessous de la mer”, selon le général Lecointre. Le Suffren pourra naviguer jusqu’à 70 jours en parfaite autonomie à 350 mètres de profondeur, selon la Direction générale de l’Armement. 

Son lancement intervient dans un contexte d’augmentation mondiale du nombre de sous-marins (+6% en 5 ans). Il y en aujourd’hui plus de 450. Si les États-Unis, la Russie, la Chine et le Royaume-Uni sont les seuls avec la France à être dotés de SNA, de nombreux pays renouvellent leur flotte conventionnelle (Inde, Australie) et d’autres s’en dotent pour la première fois (Malaisie, Bangladesh, Vietnam). 
“En Asie du Sud et du Sud-Est, la menace chinoise incite les Etats à se doter de ces capacités parce qu’elles constituent un excellent moyen de défense, de déni d’accès et de protection des infrastructures stratégiques”, explique Patrick van den Ende. Proposé aux Pays-Bas, le Barracuda est déjà un succès à l’export dans une version à propulsion diesel-électrique: 12 exemplaires ont été vendus à l’Australie.

Amiral Vandier : « Avec la pression croissante exercée par les Russes en Atlantique, le besoin de frégates augmente »

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Réparé après son incendie, le sous-marin nucléaire d’attaque Perle est en route vers Toulon

Réparé après son incendie, le sous-marin nucléaire d’attaque Perle est en route vers Toulon

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La sous-marinade boit la tasse: l’Australie dénonce le contrat avec Naval Group

La sous-marinade boit la tasse: l’Australie dénonce le contrat avec Naval Group

 

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Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – publié le 15 septembre 2021

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/


Le gigantesque contrat de 50 milliards de dollars australiens (environ 35 milliards d’euros) remporté en 2016 par le français Naval Group pour fournir douze sous-marins à propulsion conventionnelle (diesel) à l’Australie va être abandonné, au profit d’un programme qui verrait l’Australie se doter de sous-marins à propulsion nucléaire (mais sans armes nucléaires) et équipés de technologies américaines et britanniques.


Cette annonce a bien sûr provoqué “une grande déception” chez Naval Group dont les collaborateurs avaient été prévenus d’une prochaine annonce lourde de conséquences. 

Mercredi soir, le Premier ministre australien Scott Morrison a confirmé que son pays allait se doter de sous-marins à propulsion nucléaire dans le cadre d’un nouveau partenariat dans la région indo-pacifique de concert avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Petit retour en arrière.
Français et Australiens ont signé, en 2016, un méga-contrat portant sur la fourniture de 12 sous-marins de la classe Barracuda pour remplacer les bâtiments vieillissants de la classe Collins. Pour ces 12 sous-marins, la facture s’élevait à 34 milliards d’euros. Le début de la construction du premier sous-marin était alors prévu pour 2023 et la première livraison escomptée à l’horizon 2030. Le 11 février 2019, a été signé l’accord de partenariat stratégique par le Commonwealth d’Australie et Naval Group. Cet accord, signé après 16 mois de discussions âpres, encadrait la coopération entre les deux partenaires pour les 50 prochaines années, mais aussi tous les futurs contrats du projet. La prochaine étape devait être la signature en 2023 d’un troisième contrat portant sur la fabrication des douze sous-marins. Cette signature devait coïncider avec le début du chantier de construction du premier sous-marin de la future classe Attack.

Axe anglo-saxon
Exit donc Naval Group et la France.

Place à un axe d’abord industriel anglo-australo-américain surnommé “AUKUS”. C’est pourquoi le président américain Joe Biden s’est fendu, mercredi soir, d’une déclaration sur “une initiative de sécurité nationale“. Il a été rejoint, en virtuel, par le Premier ministre australien Scott Morrison et le Premier ministre britannique Boris Johnson qui se sont félicités de ce partenariat stratégique et industriel qui garantira “la liberté dans la zone indo-pacifique”.

Seul Biden a cité la France, un “allié et un partenaire-clé” mais sans faire une allusion au contrat perdu par Naval Group. Le président US a annoncé une période d’études de 18 mois entre les trois pays pour lancer le programme des futurs sous-marins à propulsion nucléaire qui équiperont la RAN.

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Un communiqué a, peu après, été diffusé par la Maison Blanche (cliquer sur l’image pour l’agrandir):

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Naval Group, coulé!
L’équipementier français est accusé de dépassements de budget (le coût du programme serait passé de 50 à 90 milliards de dollars australiens, soit 50 milliards d’euros environ) et de retards, ce dont se défend l’industriel. Ajoutons que le choix de sous-marins français n’a jamais fait l’unanimité en Australie et que des campagnes médiatiques intenses et répétées ont été lancées pour critiquer le choix gouvernemental et dénoncer les conditions du marché. Ces campagnes n’étaient pas que le fait de l’opposition travailliste.

Stupeur dans le Cotentin.
A Cherbourg, selon mes confrères de la rédaction locale, la fin du contrat constituera un petit séisme social et économique : “Ce contrat a marqué le moment où ça a basculé ici, en matière de relais de croissance, notamment immobilière”, avance-t-on dans l’entourage du maire de Cherbourg, Benoît Arrivé.

Ce dernier a été informé de ce possible rebondissement par les dirigeants de Naval Group, et une prochaine rencontre afin d’évoquer les conséquences potentielles du désengagement de Canberra s’annonce. Loin de l’euphorie qui prédominait en 2017, un an après la signature impliquant construction et transfert de technologie. Cette convention, cadre de coopération décentralisée entre Adélaïde et le grand port du Nord-Cotentin, avait justifié le lyrisme du maire, saluant “cette collaboration qui s’étirera sur plusieurs décennies et nous ressentons une envie sincère des autorités australiennes de voir des liens d’amitié se tisser entre nos deux peuples”.

Une fois réparé, le sous-marin nucléaire d’attaque Perle sera plus long d’un mètre et plus lourd de 68 tonnes

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