33 sites pour stocker le matériel de guerre prépositionné par le Pentagone

33 sites pour stocker le matériel de guerre prépositionné par le Pentagone

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par Philippe Chapleau – Lignes de défense – publié le 29 novembre 2021

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L’annonce britannique de l’envoi des matériels d’une brigade blindés en Allemagne m’incite à refaire le point sur les fameux “pre-positioned war reserve materiel” (PWRM) américains. On lira ici un document doctrinal US sur ces stocks.

Ces stocks prépositionnés d’armement, munitions, carburant, véhicules (comme ces 650 JLTV en Allemagne, photo ci-dessus) et pièces de rechange constituent un des trois vecteurs de renforcement US avec les vecteurs aériens et maritimes qui permettent d’acheminer hommes et équipements sur des théâtres d’opération et d’y renforcer les moyens déjà déployés. 

Actuellement, il existe 33 sites de PWRM comme le montre cette carte du CRS:

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L’USMC en dispose de trois dont un en Norvège et deux embarqués dans les navires des maritime prepositioning ship squadrons (un MPSRON dans l’océan Indien, l’autre dans le Pacifique).

L’US Army dispose de 7 Army Pre-Positioned Stocks (APS):
– le 1 aux USA
– le 2 en Europe de l’Ouest (pour l’année fiscale 2022, l’US Army va consacrer 1,2 milliard de $ à cet APS)
– le 3 embarqué, dans l’océan Indien
– le 4, au Japon et en Corée
– le 5, au Koweït et au Qatar
– le 6 dans les Caraïbes
– le 7 en Italie, au profit de l’US Army Africa.

L’USAF (les points bleus sur la carte) a aménagé 23 sites de prépositionnement. Pas d’aéronefs dans ces sites, mais du matériel roulant, de levage, de ravitaillement, du carburant etc. Pour les sites de l’USAF, lire le récent rapport de la Rand Corporation. Il s’intitule: “Analysis of Global Management of Air Force War Reserve Materiel to Support Operations in Contested and Degraded Environments”.

Un rapport du GAO de mars 2021: “DOD Needs a Complete Picture of the Military Services’ Prepositioning Programs“, détaille les stocks du DoD, tout en avertissant que leur gestion n’est pas toujours satisfaisante (une critique émise à plusieurs reprises et déjà dans un rapport de ce même GAO en 2005), que la disponibilité de certains équipements n’est pas bonne et que le stockage est parfois insuffisant ou inadapté…

Externalisation
Dernier point à rappeler: la gestion et l’entretien de ces réserves sont externalisés. 

Ainsi, l’APS-2 (Allemagne) et l’APS-5 (Koweït et Qatar) sont en partie gérés par l’entreprise britannique M&E Global. L’APS-2 est également soutenu par des personnels d’Amentum (photo ci-dessous) et d’URS Federal Services Inc.

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KBR se charge de l’APS-3 et de certaines opérations à l’APS-4.

Catastrophes et guerres: l’Amérique s’entraîne au Muscatatuck Urban Training Center

Catastrophes et guerres: l’Amérique s’entraîne au Muscatatuck Urban Training Center

Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – Publié le 24 juin 2019

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Prenez 400 ha et bâtissez-y un centre de préparation aux interventions de crise et au combat urbain, voire au cybercombat, et plongez-y vos primo-intervenants civils,  secouristes, pompiers,  sapeurs (comme sur la photo ci-dessus prise lors de Guardian Response 19), marines, fantassins, spécialistes NBC et transmetteurs… Bienvenu au Muscatatuck Urban Training Center, l’une des composantes du complexe de formation et d’entraînement d’Atterbury-Muscatatuck, un complexe de 14 000 ha situé dans l’Indiana.

Le Muscatatuck Urban Training Complex (ou MUTC, voir son Facebook ici) est dédié aux opérations urbaines de secours et de combat. Ainsi, du 1er au 7 juin, 1 500 pompiers s’y sont formés dans le cadre d’un  tremblement de terre fictif (lire ici). Simultanément, s’y formaient des secouristes US, sud-africains et israéliens.

Ses 1 000 acres (400 ha) abrite 200 bâtiments en dur pour l’entraînement au combat urbain, un espace aérien dédié fréquenté par des hélicoptères et des drones, 2,5 km de tunnels (photo ci-dessous), un centre de gestion des opérations conjointes(le Combined Arms Collective Training Facility ou CACTF) et un environnement cyber (le CyberTropolis) pour des actions offensives et défensives… 

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C’est là que se sont entraînés, il y a quelques mois, les soldats de la compagnie Echo, du 2 bataillon du 6e régiment de Marines (photo tout en haut) et ceux de la 3e brigade de la 101e division aéroportée. Et c’est là qu’en août prochain, vont se déployer ceux de la compagnie Kilo du 3e bataillon du 8e régiment des Marines. Des Marines qui seront déployés avec leurs camarades britanniques pour s’entraîner au combat urbain rapproché et à manoeuvrer dans un environnement où drones et robots seront présents.

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Ils s’entraîneront sous la supervision du Marine Corps Warfighting Laboratory, basé à Quantico, en Virginie. Ce “Lab” a lancé un vaste programme baptisé “Projet Metropolis 2.0” pour mieux former les combattants au combat urbain et robotisé, comme le demandait un document de 2016, le Marine Corps’ Operating Concept.

Des “marines” américains s’entraînent à Saint-Astier avec les “moblos”

Des “marines” américains s’entraînent à Saint-Astier avec les “moblos”

 

Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – Publié le 26 janvier 2019

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Des US Marines du “Special Purpose Marine Air-Ground Task Force-Crisis Response-Africa” ont passé quelques jours au Centre national d’entraînement de la gendarmerie à Saint-Astier. Ils se sont entraînés avec des gendarmes mobiles dans le cadre d’un scénario incluant une émeute et la protection d’une emprise diplomatique US.

Ce type de formation n’est pas nouveau. Depuis déjà plusieurs années, des unités de l’USMC travaillent avec les gendarmes mobiles français sur les questions de contrôle des foules.

 

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La SPMAGTF-CR-AF est une force de réaction rapide de l’USMC (US Marine Corps photo, 2nd Lt. Taylor Cox). Ces photos ont été prises le 18 janvier.

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Lourd, lourd: comment réduire la charge du combattant?

Lourd, lourd: comment réduire la charge du combattant?

Par Philippe Chapleau – Lignes de défense – 28 septembre 2018

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L’USMC vient de commander 225 886 porte-plaques pour une valeur de 62,6 millions de dollars. La commande a été passée à une société inconnue du New Jersey: Vertical Protective Apparel LLC qui va fournir des porte-plaques de génération III.

Voici l’avis d’attribution:
Vertical Protective Apparel LLC,* Shrewsbury, New Jersey, is awarded a ceiling $62,612,464 five-year, firm-fixed-price, indefinite-delivery/indefinite-quantity contract for the purchase of up to a maximum 225,886 Plate Carrier Generation IIIs and data reports. Work will be performed in Shrewsbury, New Jersey, and is expected to be complete by September 2023. Fiscal 2018 operations and maintenance (Marine Corps) funds in the amount of $2,952,438 will be obligated on the first delivery order immediately following contract award and funds will expire the end of the current fiscal year. This contract was competitively procured via the Federal Business Opportunities website, with four offers received. The Marine Corps Systems Command, Quantico, Virginia, is the contracting activity (M67854-18-D-1309).”

Elles pèsent 25% de moins que les actuels porte-plaques en dotation au sein de l’USMC. 8 tailles seront disponibles à partir de juin 2019.

Cette commande intervient alors que le Pentagone se repenche sur la question du poids des équipements de ses soldats. On a vu ses efforts pour faire mettre au point des robots de transport, des “mules” capables de décharger le combattant de charges individuelles ou collectives.

Pour sa part, CNAS vient de publier une étude intitulée “The Soldier’s Heavy Load”; elle s’inscrit dans la série “Super Soldiers”  commandée par l’Army Research Laboratory à ce Think Tank proche du parti républicain.

CNAS a publié des chiffres éloquens, comme par exemple le poids des équipements susceptibles d’être portés:

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CNAS a aussi évalué le poids par fonction et démontré que la barre des 50 livres est en moyenne toujours dépassée:

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Même si certains chiffres du rapport de CNAS sont dépassés (le poids des casques par exemple), les données illustrent bien, et une fois encore, le problème de la surcharge qui ralentit les soldats, limite leurs performances et provoque de nombreuses blessures parmi les soldats en opération.

Ce rapport est à consulter ici.

Le Concept américain de la bataille multi-domaines

Le Concept américain de la bataille multi-domaines

 

 

Centre de la Doctrine et d’Enseignement du Commandement (CDEC)

Lettre CDEC N°11 – Juin 2018

https://www.penseemiliterre.fr/lettre-de-la-doctrine-n-11_3009102.html

Le concept Multi-Domain Battle

Que peut-on déduire des études de l’US Army et l’US Marine Corps sur l’évolution du combat interarmes au XXIe siècle ?

Comparaison n’est pas raison” dit le proverbe. Certes… mais comme l’affirmait également le politicien allemand du début du XXe siècle, Walter Rathenau, « Denken heißt Vergleichen ! » : Penser signifie comparer !

Au travers du RETEX et des échanges doctrinaux avec ses partenaires internationaux, le CDEC assure une veille orientée sur nos principaux alliés et bien entendu sur de potentiels adversaires. Cette démarche vise deux objectifs.

Il s’agit d’une part de conduire une observation comparative permettant au Centre d’évaluer ses méthodes et ses thématiques explorées dans le cadre des réflexions conduites par l’armée de Terre en matière d’emploi des forces.

D’autre part, cette démarche faite d’études et de recueil de bonnes pratiques, vise à garantir une meilleure compréhension des acteurs, alliés ou ennemis, qui seront engagés et impliqués dans nos opérations futures. Les conclusions tirées de ces études sont directement opératoires. Elles permettent d’évaluer une partie de nos propres réflexions prospectives et doctrinales et de mobiliser nos réseaux afin d’orienter nos nouvelles recherches d’informations, notamment par le biais de nos officiers de liaison à l’étranger et de ceux insérés au CDEC. Ce processus permanent concourt à la réactivité du Centre pour explorer des pistes non encore envisagées ou en réfuter d’autres qui ne correspondent ni à nos ambitions, ni à nos capacités.

Dans ce cadre, cette lettre propose de jeter un regard sur les réflexions actuellement menées par les armées américaines dans le domaine de l’emploi des forces terrestres, à l’horizon 2025-2040. Sans être en rupture totale avec la doctrine Air-Land Battle, qui prévalait jusqu’au début des années 2000, les orientations prises par l’US Army et par l’US Marine corps prennent résolument en compte les impératifs posés par les nouvelles formes de conflictualité et l’évolution des techniques.

Les mêmes causes, nouveaux ennemis, nouvelles technologies, nouvelles conflictualités, produisant les mêmes effets, l’armée de Terre française a conduit la même démarche et a dépassé le stade des orientations ou de la réflexion. Le programme Scorpion qui arrive dans les forces est, en effet, porteur d’une nouvelle pratique d’un combat interarmes collaboratif réellement « info valorisé » et d’une réelle capacité technique permettant à l’armée de terre d’asseoir sa capacité intégratrice au combat.

Bonne lecture.

Général Pascal Facon

Lire et télécharger : Le Concept américain de la bataille multi-domaines (Lettre CDEC N°11) – Juin 2018