Artillerie : Le ministère des Armées remet les pendules à l’heure après des critiques sur le CAESAr

Artillerie : Le ministère des Armées remet les pendules à l’heure après des critiques sur le CAESAr

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Il « tire très vite et avec une précision d’orfèvre. Mais je l’utilise très peu parce qu’il est très vulnérable et mal adapté aux réalités de la guerre », avait en effet affirmé cet officier. « Si je le sors en terrain découvert pour tirer, il devient la cible de tirs de contrebatterie au bout de trois à quatre minutes. Tandis qu’avec [l’obusier tracté américain] M777, je peux tirer 300 obus par jour en moyenne. Avec le Caesar, si j’en tire cinq, c’est bien. Le M777 est facile à dissimuler, et je peux installer une carcasse métallique autour pour le protéger du [drone kamikaze russe] Lancet », avait-il ajouté.

Pour rappel, selon l’armée de Terre, un CAESAr n’a besoin que d’une minute pour tirer six obus sur une cible située à 40 km de distance, la mise en batterie et la sortie en batterie se faisant en seulement deux minutes. D’où l’étonnement suscité par les propos du colonel Iatsychen, lequel était sans doute peu familier avec la doctrine d’emploi de l’obusier automoteur français.

Mais celui-ci ne s’en était pas tenu là. Le CAESAr « aime trop la propreté. Ses opérateurs sont comme des chirurgiens, toujours avec des gants et des couvre-chaussures, contraints de dormir dedans pour ne pas la salir », avait-il ajouté.

En outre, il avait aussi expliqué qu’il ne pouvait pas « cacher le CAESAr » pour ne pas « dégrader sa liaison satellite, sans laquelle il devient impossible de guider le tir ». Selon lui, « il faudrait soit pouvoir guide le tir en mode manuel, soit que l’antenne satellite soit détachable ». Là encore, cette critique était étonnante étant donné que les paramètres de tir sont fournis par une centrale inertielle…

Cela étant, l’officier fut désavoué par sa hiérarchie quelques jours plus tard, le ministère ukrainien de la Défense ayant publié un communiqué pour louer la « grande efficacité » et la « grande précision au combat » du CAESAr. Mieux : il fit savoir que des travaux allaient être menés pour améliorer sa conduite de tir grâce à l’intelligence artificielle, afin de réduire de 30 % l’utilisation d’obus de 155 mm.

Quoi qu’il en soit, les critiques formulées par le colonel Iatsychen jetèrent un trouble que le ministre français des Armées a eu l’occasion de dissiper en répondant à une question écrite que la députée Caroline Colombier [RN] lui a adressé après la diffusion du reportage du Monde.

« Le ministère de la Défense ukrainien a exprimé à plusieurs reprises sa pleine satisfaction vis-à-vis du système d’artillerie CAESAr utilisé dans le cadre du conflit qui oppose l’Ukraine à la Russie. Compte tenu de ces retours d’expérience du front, l’Ukraine a fait l’acquisition, fin 2023, de 6 canons CAESAr supplémentaires et a exprimé un nouveau besoin important de plusieurs CAESAr », a-t-il rappelé, avant de contester une par une les allégations du colonel Iatsychen.

« Grâce à sa mobilité, le CAESAr est moins vulnérable aux tirs d’artillerie adverses que les canons fixes. Équipé d’une centrale inertielle pour la navigation et le pointage du canon, le CAESAr n’a pas besoin de liaison satellitaire permanente pour tirer ses munitions », a fait valoir le ministère des Armées.

Et de souligner que, par ailleurs, le CAESAr « a également démontré un bon niveau de rusticité, comparé notamment aux systèmes d’artillerie chenillés automatisés fournis par d’autres pays occidentaux à l’Ukraine », comme le PzH2000 allemand et le M109 américain.

Cependant, et comme l’a reconnu le ministère des Armées, la limite des CAESAr livrés à l’armée ukrainienne se situe au niveau de leur Maintien en condition opérationnelle [MCO], compte tenu de leur sollicitation sur le ligne de front.

« L’intense utilisation de ce système par les forces armées ukrainiennes exige une maintenance particulièrement performante et amène le ministère de la Défense ukrainien à commander régulièrement les outillages, rechanges et services nécessaires à son entretien auprès de Nexter [ou KNDS France] », a-t-il admis. C’est pour cette raison que des composants du CAESAr seront produits sur le sol ukrainien afin de rendre le MCO plus rapide.

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