Une opération de sauvetage hors normes-actualisé

Une opération de sauvetage hors normes-actualisé

 

par Blablachars – publié le 31 mars 2025

https://blablachars.blogspot.com/2025/03/une-operation-de-sauvetage-hors-normes.html


Il y a quatre jours, un communiqué de presse du commandement américain pour l’Europe et l’Afrique faisait état de la disparition de quatre soldats appartenant à la 1ère ABCT (Armored Brigade Combat Team) au cours d’un exercice tactique dans la région de Pabradė, en Lituanie. Les recherches entreprises par les soldats américains aidés de moyens lituaniens menées dans les jours qui ont suivi cette disparition ont permis de retrouver l’engin, un char de dépannage M88 Hercules « immergé » dans une pièce d’eau située sur le terrain de manœuvre. Les équipes de recherche ont immédiatement commencé à creuser pour pouvoir atteindre l’engin situé à une profondeur de cinq mètres. EN dépit de cette découvert, le Ministre de la Défense lituanien indiquait jeudi n’avoir aucune « preuve ou information sur le sort de l’équipage. »

Des travaux de terrassement ont permis de créer des digues visant à empêcher l’eau de recouvrir le site en cours d’asséchement grâce à l’action de puissantes pompes. Parallèlement à cette opération, d’importants moyens étaient acheminés sur le site parmi lesquels des sapeurs polonais, ainsi que des plongeurs de la Marine américaine. Ces hommes appartenant à la Task Force 68 sont arrivés sur place hier matin, ont été acheminés dans la nuit par Hercules C-130 depuis la base américaine de la Rota et l’aéroport de Vilnius où ils sont arrivé le 28 matin. Ils ont été transportés avec leur équipement sur les lieux à bord d’hélicoptères CH-47 appartenant à la Brigade d’Aviation de la 1ère Division blindée. Leur objectif est de cartographier avec précision l’environnement du M88 et de trouver des points d’accrochage potentiels sur le blindé grâce à l’utilisation d’un submersible téléopéré et d’un sonar portable Artemis. 

 

La zone de l’accident (Photo by Staff Sgt. Christopher Saunders)

 

Des sapeurs du Army Corps of Engineers sont également arrivés sur place pour l’organisation des opérations de sauvetage assisté dans leur tâche par des ingénieurs civils lituaniens. Les 55 sapeurs et experts polonais ont amené 13 véhicules dont quatre camions de dépannage lourd, un camion atelier et trois WZT-3, véhicule chenillé de dépannage, similaire au M-88. A ces véhicules s’ajoutent trois hélicoptères Chinook chargés de l’acheminement des équipements lourds, deux Uh-60M Blackhawk médicalisés ainsi que trois autres UH-60 destinés à la liaison et au commandement des opérations. Le dernier équipement arrivé sur le site est le système RAIL pour Rapidly Available Trans-Loading, équivalent du quai en bout démontable français que les sauveteurs veulent installer pour stabiliser le sol autour de l’engin. Le RAIL est acheminé depuis Kaiserslautern par le 21ème Theater Sustainement Command (TSC). 

 

Le système RAIL (Photo DVIDS)

 

Les soldats dont les identités n’ont pas été communiquées n’ont toujours pas été retrouvés en dépit des moyens mis en œuvre pour sortir l’engin de la poche de boue liquide dans laquelle il est coincé depuis mardi soir. Au moment où nous écrivons ces lignes, ces opérations hors-normes se poursuivent sur la zone de l’accident, qui reste unique dans les annales des blindés tout comme l’opération de sauvetage en cours. 

Ci-dessous, le dernier communiqué sur l’évolution de la situation.

 

« Nous devons prendre au sérieux le plan de Trump sur le Groenland ». Kristian Søby Kristensen

« Nous devons prendre au sérieux le plan de Trump sur le Groenland ». Kristian Søby Kristensen

An Airbus A330 of Air Greenland lands in airport of Nuuk, Greenland, March 12, 2025. (AP Photo/Evgeniy Maloletka)/MAL102/25071541094829/STAND ALONE /2503121616

Danemark et Groenland sont sous les feux de l’actualité à la suite des propos de Donald Trump. Comment les interpréter et comment les Européens doivent-ils réagir ? Analyse de Kristian Søby Kristensen

par Kristian Søby Kristensen*- par Geopolitika – Revue Conflits – publié le 31 mars 2025

https://www.revueconflits.com/nous-devons-prendre-au-serieux-le-plan-de-trump-sur-le-groenland-kristian-soby-kristensen/

*directeur de l’Institut danois pour la Stratégie et les Études de Guerre. Propos recueillis par Henrik Werenskiold.


Lorsque des alliés traditionnels commencent à ressembler à des adversaires, il faut réévaluer d’anciennes stratégies. Le Danemark se trouve à un carrefour géopolitique à la lumière des récentes déclarations de Trump sur le Groenland.

Les multiples déclarations de Donald Trump au sujet de l’achat du Groenland ont provoqué une onde de choc dans la politique étrangère danoise – et révélé de profondes tensions dans les relations entre le Danemark et les États-Unis. Ce qui, au départ, semblait n’être qu’une mauvaise plaisanterie est devenu une réalité géopolitique qui oblige à la fois Copenhague et Nuuk à repenser leur position.

Alors que le Groenland voit dans les investissements étrangers la clé de son indépendance économique, le Danemark craint que la pression américaine ne compromette l’avenir de la communauté du royaume. Pour la première fois depuis 1949, les autorités danoises se sentent directement menacées par leur principal garant de sécurité.

Face à cette incertitude, le Danemark tente de renforcer ses liens avec l’OTAN, ses voisins nordiques et les puissances européennes. Mais la question demeure : Que veulent réellement les États-Unis – et pendant combien de temps l’Europe peut-elle compter sur la garantie de sécurité américaine ?

Dans cet entretien, Kristian Søby Kristensen, qui vient de prendre ses fonctions de directeur de l’Institut pour la Stratégie et les Études de Guerre au sein de l’Académie de Défense danoise, tente de faire le tri dans tout le bruit ambiant.

Que pensez-vous de l’avenir politique du Groenland, à la lumière des dernières déclarations de Trump ?

C’est une excellente question. Je crois que le gouvernement danois était conscient, déjà avant l’entrée en fonction de Trump, que le Groenland pourrait devenir un sujet pendant sa présidence. Mais qu’il occuperait une place aussi centrale, qu’il y reviendrait si souvent et exercerait une pression aussi forte sur le Danemark, cela a été une surprise.

Et le fait que cela façonne désormais le débat américain sur la présidence de Trump a également surpris le gouvernement danois. C’est une crise de politique étrangère de grande ampleur pour la nation danoise, car il est question de l’avenir de la communauté du royaume danois.

Le Danemark se retrouve dans une situation surréaliste, où il se sent menacé – et cela par la puissance qui, depuis 1949, garantit la sécurité et la souveraineté danoises. Je pense que cela a causé de nombreuses nuits blanches chez les diplomates et les fonctionnaires du système étatique et de la politique étrangère. Le problème, c’est que beaucoup disent de Donald Trump : « Oui, oui, il tient des propos hors norme, mais les choses finissent par se calmer, et au fond, c’est autre chose qu’il cherche. »

Mais il a été extrêmement difficile pour les responsables politiques danois de comprendre ce qu’il voulait vraiment. Les Américains ont déclaré qu’il s’agissait de sécurité militaire et de ressources naturelles, en estimant que la région arctique va prendre une importance stratégique croissante. S’ils s’intéressent aux ressources naturelles du Groenland, ils sont les bienvenus pour s’impliquer financièrement dans leur exploitation.

Cela fait partie intégrante de la stratégie économique de l’autonomie groenlandaise de faire venir des investissements étrangers dans le secteur minier. De plus, il existe un accord de défense entre le Danemark et les États-Unis datant de 1951, qui accorde aux États-Unis des droits militaires étendus au Groenland. Ainsi, l’économie leur est grande ouverte, de même que la coopération militaire, et on commence donc à penser, au Danemark, que c’est précisément l’objectif américain.

Que ce n’était pas une demande excessive visant seulement à ouvrir des négociations, mais que Trump envisageait réellement de prendre possession du Groenland. Il y a aussi cette idée que le Danemark n’a pas été à la hauteur ou n’a pas les capacités suffisantes pour répondre aux actions américaines au Groenland.

Mon analyse est que lorsque Trump dit qu’il veut récupérer le canal de Panama, faire du Canada le 51e État et que le Groenland devrait lui aussi faire partie des États-Unis, il le pense vraiment. C’est pourquoi nous sommes contraints de le prendre au sérieux.

Le Danemark a également investi 15 milliards de couronnes supplémentaires après que Trump est devenu le 47e président des États-Unis. Savez-vous à quoi ces fonds seront précisément affectés ?

Oui, c’est important. Une partie des critiques américaines portent sur le fait que le Danemark n’a pas fait assez. Mais si nous regardons ce que les États-Unis ont fait, ils n’ont pas non plus accompli grand-chose. L’accord de défense précise – comme les deux parties le reconnaissent que le Danemark ne peut pas, à lui seul, défendre le Groenland. Il s’agit donc d’une responsabilité partagée, avec une répartition des tâches entre le Danemark et les États-Unis concernant la défense du Groenland. Il est donc vrai que le Danemark n’est pas en mesure de tout assurer.

C’est la raison pour laquelle les États-Unis sont engagés dès le départ. Certes, ils ont souhaité un engagement militaire danois plus important sur le Groenland, mais cela fait partie d’une demande américaine plus générale à l’égard de l’Europe et du Danemark : augmenter les dépenses militaires et respecter l’objectif de 2 % au sein de l’OTAN. C’est du moins ainsi que c’est interprété au Danemark.

l est exact que le Danemark, dès 2021, avait déjà alloué davantage de ressources à l’Arctique. Avec le nouveau plan d’investissements de janvier, encore plus de moyens y ont été consacrés. D’autres suivront, mais tout cela était déjà prévu dans le cadre du renforcement général de la défense danoise, qui inclut aussi la région arctique.

Le principal défi pour le Danemark consiste à décider du degré de priorité à accorder à son propre territoire et à la mer Baltique, par rapport à l’Atlantique Nord, à l’Arctique, aux îles Féroé et au Groenland. On s’est d’abord concentré sur la mer Baltique, puis sur l’Arctique. Le nouveau plan inclut le remplacement des navires d’inspection renforcés pour évoluer dans les glaces, l’achat de drones de surveillance à longue portée et quelques autres éléments plus modestes. Je ne sais pas ce qui pourrait figurer dans un prochain plan. Peut-être des investissements supplémentaires dans les infrastructures.

Concernant le volet militaire, il a également été un peu difficile de savoir quelles étaient les priorités des Américains en matière de capacités danoises. Au départ, il était question d’une présence renforcée en mer Baltique, puis d’un renforcement général des capacités militaires conventionnelles danoises : défense antiaérienne, navires, contrôle des détroits danois, surveillance de l’espace aérien au Groenland, capacités de lutte anti-sous-marine dans le passage GIUK (entre le Groenland, l’Islande et le Royaume-Uni) ou encore des installations de base supplémentaires. Quel était l’objectif principal ?

Il a également été ardu, du point de vue danois, de déterminer comment répondre aux exigences américaines, qui préexistaient à Trump. Je pense que les Américains ont raison de dire qu’il existe un certain mécontentement quant à la manière dont le Danemark a tenté de prendre sa part de la défense militaire du Groenland.

Comment la Norvège, le reste des pays nordiques et les autres pays européens peuvent-ils coopérer avec le Danemark sur la question du Groenland ?

De manière générale, la coopération militaire nordique traverse actuellement une phase de renforcement dans presque tous les domaines, et la Norvège et le Danemark ont un intérêt commun pour l’Atlantique Nord et la zone qui s’étend jusqu’en mer de Barents, entre le Groenland et les côtes norvégiennes. Il existe déjà une collaboration entre la Norvège, le Danemark, l’Islande, le Royaume-Uni, le Canada et les États-Unis.

Mais la coopération militaire dépend aussi de la contribution de chacun. Le Danemark ne dispose pas des mêmes capacités que, par exemple, la Norvège. Nous n’avons pas d’avion de surveillance maritime digne de ce nom, comme le P8. Cela pourrait figurer dans un prochain plan pour l’Arctique. Il existe déjà une forme de coopération, et je pense qu’elle va s’intensifier.

L’une des stratégies danoises pour faire face à la pression américaine a consisté à demander aux alliés européens du Danemark de protester contre l’inacceptabilité du comportement américain, tout en cherchant aussi des solutions. L’une d’entre elles consiste à solliciter la France pour qu’elle déclare qu’il est nécessaire que l’OTAN joue un rôle plus important. Autrement dit, multilatéraliser le problème. Lorsque les Américains réclament une présence militaire accrue, le Danemark répond : « Oui, bien sûr, mais nous voulons aussi que l’OTAN assume davantage de responsabilités. »

Il a été question par exemple d’une présence militaire permanente de l’OTAN au Groenland comme un moyen de répondre aux demandes américaines. Concernant la coopération nordique, elle se renforçait déjà avant le 24 février 2022. Mais avec l’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN, certains des derniers obstacles à une coopération approfondie ont disparu. Il existe désormais une collaboration très étroite – y compris au niveau politique.

Vous avez sans doute vu cette photo de Mette Frederiksen qui avait invité les quatre Premiers ministres nordiques chez elle, tous dans une ambiance très détendue, avec un intérieur au design minimaliste. Pas de cravate, pas d’apparat – juste des amis nordiques réunis pour un dîner dominical. C’est la même chose à tous les échelons, y compris dans l’armée : on se rencontre souvent et on entretient des relations confiantes et bien établies.

Pourriez-vous expliquer un peu comment le Danemark collabore militairement avec les différents pays nordiques, et comment nous pourrions mieux nous compléter afin de renforcer encore cette coopération ?

Il est évident que la géographie joue un rôle essentiel dans cette collaboration, puisque la sécurité de chaque pays est en jeu. La logique est différente d’une coopération visant à envoyer des troupes en Afghanistan. Bien entendu, des facteurs culturels et politiques rapprochent les pays nordiques. Mais en plus de la coopération politique, le Danemark occupe traditionnellement la position qui consiste à contrôler l’accès à la mer Baltique. C’est une collaboration naturelle avec la Suède et la Norvège, tandis que la Suède, la Norvège et la Finlande s’occupent davantage de la région autour de la Laponie.

On peut donc dire qu’il existe deux coopérations trilatérales dans le cadre nordique, déterminées par la géographie. Mais il existe également une collaboration plus générale, qui se renforce encore du fait que la Suède et la Finlande rejoignent l’OTAN. L’Islande en fait partie, même si c’est selon d’autres modalités.

On ne sait pas encore très bien à quoi ressemblera concrètement cette coopération au sein de l’OTAN. Pour l’instant, il semble que les quatre pays nordiques soient intégrés au commandement de Norfolk, tandis que les pays baltes, la Pologne et l’Allemagne relèvent de Brunssum. Le Danemark, la Finlande, la Norvège, la Suède et l’Islande sont rattachés à Norfolk. Cela pose des défis, car les forces terrestres danoises, par exemple, devraient être gérées par Brunssum – on prévoit qu’elles seraient envoyées en Estonie –, tandis que la marine et l’armée de l’air relèveront de Norfolk.

Vous avez mentionné que le Danemark ne dispose pas des mêmes capacités que la Norvège. Comment pourrions-nous simplifier l’organisation des forces nordiques et éviter les chevauchements inutiles, un problème répandu en Europe ?

La solution la plus simple serait peut-être d’acquérir les mêmes capacités que la Norvège, si l’on parle par exemple de l’avion P8. Certains, au Danemark, ont proposé de louer un des avions norvégiens à titre temporaire, ou au moins de profiter de leur expérience et de leurs installations. La Norvège met actuellement en service des hélicoptères Seahawk, un modèle déjà utilisé par le Danemark. Le personnel norvégien s’entraîne sur des bases danoises avant de les recevoir, de sorte qu’il soit rapidement opérationnel.

Si le Danemark décide d’acquérir le P8, j’imagine que nos pilotes et techniciens s’entraîneront sur les bases aériennes norvégiennes. Au niveau opérationnel, on peut se remplacer mutuellement, et cela se fait déjà dans une certaine mesure. Je peux très bien imaginer que, pour répondre aux nouvelles exigences de l’OTAN en matière de ravitaillement en vol, les pays nordiques puissent envisager un achat groupé, parce que c’est un investissement coûteux qui de toute façon serait utilisé collectivement. Il existe déjà une collaboration plus modeste, surtout dans le domaine aérien, où les quatre forces aériennes nordiques sont assez étroitement intégrées.

De plus, la coopération nordique prend aussi en compte la géographie : la Suède, la Norvège et la Finlande coopèrent autour de la Laponie, tandis que la Suède et le Danemark, pour leur part, doivent s’assurer que l’Øresund reste accessible aux forces alliées se rendant dans la mer Baltique. Les tâches opérationnelles sont nombreuses, et je pense que cette coopération se renforcera, pas à pas.

Est-ce que l’objectif final serait de créer une force de défense nordique intégrée, ou quelle est l’ambition ?

Non, je ne le crois pas. Les pays nordiques se caractérisent par le fait qu’aucun d’entre eux n’est une grande puissance militaire. Ils coopèrent tous étroitement, mais cherchent aussi, de diverses façons, à impliquer ou à tenir à distance les puissances environnantes, en particulier la Russie. Je pense que nous allons assister à un renforcement de la coopération nordique, mais toujours dans le cadre de l’OTAN, afin de s’intégrer avec le reste de l’Alliance. En outre, tous les pays nordiques cherchent à associer des puissances extérieures. Le Royaume-Uni, par exemple, dispose de la Joint Expeditionary Force (JEF), qui rassemble notamment les pays nordiques et les Pays-Bas. Je ne pense donc pas que nous verrons une force de défense nordique complètement autonome et entièrement intégrée.

Il est impossible de prévoir ce que fera Trump, ni de saisir ses intentions, y compris à propos de l’OTAN. Existe-t-il un plan au cas où les États-Unis décideraient de se retirer de l’Alliance ?

Pas à ma connaissance, du moins rien d’officiel. Mais une grande partie de ce qui se passe en Europe s’apparente à une tentative de se préparer à l’éventualité que les États-Unis ne soient plus aussi disposés à garantir la sécurité du continent. La dernière fois que Trump était président, j’ai rédigé un rapport de recherche sur la façon dont les pays européens géraient cette incertitude stratégique. Nous avions parlé d’« attente active » : on ne veut pas se couper des États-Unis, mais on essaie de se mettre dans une position permettant de gérer l’imprévisibilité qu’ils engendrent.

Il s’agit d’une stratégie à deux volets : d’un côté, renforcer la coopération avec les Américains ; de l’autre, consolider la coopération nordique et les relations bilatérales avec les puissances européennes. Nous le constatons à nouveau aujourd’hui, à la fois en raison de la menace russe et de l’incertitude grandissante autour des intentions américaines. Prenons la Norvège : elle mise sur le concept de la JEF, mais a aussi conclu un accord avec l’Allemagne pour l’achat de sous-marins. C’est un bon exemple de démarche visant à s’allier à la fois avec des puissances régionales et de grandes puissances européennes.

Les États-Unis réclament que l’Europe investisse davantage dans sa défense, ce qui génère de nombreux achats d’armement. Du point de vue européen, on préférerait peut-être acheter européen. Comment les pays nordiques pourraient-ils unifier ou coordonner leurs industries de défense pour défendre leurs propres intérêts ?

C’est une bonne question. En tant que petits pays, nous risquons d’être écrasés entre les grands. Mais on peut aussi se replier sur une logique strictement nationale pour notre industrie de défense, afin de s’assurer un retour sur ces importants investissements. Dans ce cas, nous perdons les avantages d’échelle et la possibilité de rationaliser. C’est un équilibre.

Depuis des années, on discute de l’amélioration du partage des achats d’armement en Europe. Parfois on y parvient, d’autres fois moins. Il y a par exemple eu un achat groupé d’hélicoptères nordiques qui s’est terminé avec de gros retards, des problèmes techniques et des divergences sur les exigences et spécifications.

Il faut aussi disposer de la technologie pour concevoir et produire des équipements perfectionnés, souvent d’origine américaine. Par exemple, la défense européenne dépend beaucoup des données américaines et de leur surveillance par satellite. Sans ces ressources, nous nous trouverions affaiblis. Les avions F-35 sont, eux aussi, conçus pour être reliés aux systèmes d’information et de commandement américains. Nous dépendons donc très fortement des États-Unis.

Étant donné que l’avenir des États-Unis au sein de l’OTAN est aujourd’hui plus incertain que jamais, dans quelle mesure devrions-nous chercher à nous affranchir des composants américains dans nos équipements militaires ?

C’est un équilibre délicat. Si l’on devient trop indépendant, on risque d’éloigner les Américains, et de ce fait, de perdre l’engagement des États-Unis, lequel constitue depuis longtemps un pilier de la sécurité européenne. Le Danemark et la Norvège entretiennent traditionnellement des liens très étroits avec les États-Unis et comptent parmi les alliés les plus fidèles de l’Alliance. Dans le même temps, la présidence de Trump et l’invasion de l’Ukraine ont enclenché des processus plus profonds en Europe. Plusieurs pays européens – surtout les plus grands – s’interrogent de plus en plus sérieusement sur la capacité de s’appuyer davantage sur leurs propres moyens militaires, sans dépendre complètement des États-Unis.

Le Danemark et la Norvège ont depuis longtemps été très proches de Washington, mais aujourd’hui, on voit naître en Europe une prise de conscience : il faut être capable de défendre davantage nos propres intérêts si jamais le lien transatlantique se fragilise.

C’est un processus de longue haleine, car il faut du temps, une industrie solide, une volonté politique et des ressources financières. Mais l’incertitude autour de la stabilité et de la fiabilité des États-Unis, et leur attention croissante pour la région indo-pacifique et la Chine, ne disparaîtra pas, quel que soit le président en place à la Maison-Blanche. Nous voyons donc se dessiner en Europe une reconnaissance nouvelle : il sera nécessaire d’assurer nous-mêmes davantage de nos intérêts de sécurité si le lien transatlantique devait s’affaiblir.

Point de vue. Quelle Europe nucléaire ?

Point de vue. Quelle Europe nucléaire ?

Longtemps, l’Europe a vécu à l’ombre du parapluie nucléaire américain. La France bénéficiait de surcroît de la protection assurée par sa propre dissuasion. Certes, le visage hideux de l’apocalypse n’était jamais très loin. Ce ne fut pas un long fleuve tranquille. Mais en Europe, la guerre restait froide grâce à la dissuasion et à nos alliances, souligne François Heisbourg, auteur d’« Un monde sans l’Amérique » paru chez Odile Jacob.

La classe Suffren, issue du programme Barracuda, est la deuxième génération de sous-marins nucléaires d’attaque de la Marine nationale française. Ici, le 6 novembre 2020, dans la rade de Toulon.
La classe Suffren, issue du programme Barracuda, est la deuxième génération de sous-marins nucléaires d’attaque de la Marine nationale française. Ici, le 6 novembre 2020, dans la rade de Toulon. | ARCHIVES NICOLAS TUCAT, AFP

Longtemps, l’Europe a vécu à l’ombre du parapluie nucléaire américain. La France bénéficiait de surcroît de la protection assurée par sa propre dissuasion. Certes, le visage hideux de l’apocalypse n’était jamais très loin. Ce ne fut pas un long fleuve tranquille. Mais en Europe, la guerre restait froide grâce à la dissuasion et à nos alliances.

Avec la guerre contre l’Ukraine, les menaces atomiques d’une Russie néo-impériale en marche et le départ désormais inéluctable des États-Unis, cet édifice a vécu. Les pays membres de l’Union Européenne, tels la Pologne, les États baltes et la Scandinavie, qui ressentent le plus vivement la menace du grand voisin russe, cherchent désormais, parfois avec fébrilité, une dissuasion qui puisse prendre le relais.

Plusieurs voies d’inégales valeurs se présentent. Devant son Parlement, le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a esquissé il y a quelques jours l’hypothèse d’une force de dissuasion nationale. En Suède, pays qui avait engagé des travaux en ce sens pendant la Guerre froide, des chercheurs y songent, tout comme leurs collègues dans une Finlande qui partage une frontière de 1 300 kilomètres avec la Russie de Vladimir Poutine. Au nom de quoi la France héritière de la « force de frappe » du général de Gaulle s’y opposerait-elle ? Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais.

Pourtant, ce serait une catastrophe annoncée. Depuis plus d’un demi-siècle, l’accord quasi universel qu’est le Traité de non-prolifération l’interdit expressément. Violer l’un des derniers et peut-être le plus important élément de ce qui reste d’un ordre international ouvrirait la voie à un chaos nucléaire mondial, de l’Arabie saoudite et du Japon à la Turquie ou à la Corée du Sud. Dans une telle anarchie, le nucléaire passerait trop aisément de la dissuasion mutuelle à l’emploi mortifère d’armes à la puissance de destruction infinie. À éviter donc…

Jouer la dissuasion française

Le président polonais demande pour sa part que les États-Unis déploient dans son pays des armes nucléaires américaines, à la manière de ce qui existe déjà de longue date en Allemagne, Italie, Belgique et aux Pays-Bas. Pourquoi pas ? Mais l’Amérique de Donald Trump le voudrait-elle ? Et qui prendrait au sérieux la garantie d’un pays qui paraît désormais plus proche de l’envahisseur russe que de ses partenaires de naguère, plus prompt aussi à annexer le Canada ou le Groenland qu’à épauler ses alliés ?

Les Jeux olympiques de Paris 2024 ont-ils amélioré l’image de la France à l’international ?

Mieux vaut tenter de faire jouer la dissuasion française de façon explicite et organisée, le cas échéant aux côtés de l’allié britannique. Il est en effet clair que l’invasion de pays membres de l’Union mettrait en jeu nos intérêts vitaux. Au premier chef, la Pologne, mais aussi l’Allemagne et les États baltes qui ont tout récemment manifesté leur intérêt. D’autres, des Pays-Bas à l’Italie, y réfléchissent. Le champ de la discussion pourra être large en termes d’appréciation des moyens qu’il faudrait mobiliser, de réflexion sur leurs lieux de déploiement, de participation à des exercices, d’évaluation commune des menaces, de doctrines partagées. La décision d’emploi devrait, elle, rester nationale pour la bonne et simple raison que la meilleure façon d’apporter une garantie crédible serait d’éviter qu’elle ne soit engluée dans des procédures improbables.

Les dénonciations des initiatives françaises par les responsables russes montrent que Moscou y croit, à sa façon. C’est paradoxalement encourageant…

L’armée de Terre cherche sa nouvelle dépanneuse blindée

L’armée de Terre cherche sa nouvelle dépanneuse blindée

– Forces opérations Blog – publié le

L’armée de Terre cherche une nouvelle dépanneuse blindée. Jusqu’à 150 exemplaires pourraient être acquis via une compétition engagée hier par la Direction générale de l’armement (DGA). 

Derrière cette mise en concurrence, des « engins lourds de dépannage (ELD) destinés au dépannage de véhicules tactiques au profit des armées ». À commencer par les Serval, Jaguar et Griffon de la famille SCORPION, des engins à roues de 17 à 25 tonnes progressivement livrés à l’armée de Terre. 

Cet ELD sera composé d’un camion doté d’une cabine blindée, d’une grue et d’une fonction de levage avec lesquelles il pourra extraire et récupérer les véhicules SCORPION au contact sur route ou hors route tout en contribuant aux opérations de maintenance. 

La cible envisagée par ce futur accord-cadre conclu pour une durée de cinq ans ? Quelque 150 ELD, dont 20 en tranche ferme. Les cinq premiers seront livrés au maximum 18 mois après la notification du contrat. Les 15 suivants sont attendus dans les six mois qui suivront ce lot initial. L’envergure de l’investissement n’est pas connue. 

L’annonce devrait intéresser au moins un acteur français : SOFRAME. Cette filiale du groupe Lohr aurait plusieurs cartes à jouer. D’une part, un porteur poids lourd de dépannage (PPLD) développé avec Iveco et en service dans l’armée de Terre. D’autre part, un Protected Recovery Vehicle (PRV) acquis en 2019 par la Composante Terre belge. Suivre cette voie, ce serait donc renforcer l’interopérabilité matérielle engagée avec un partenaire stratégique. 

Crédits image : SOFRAME

Le char Leclerc XLR sera doté d’une intelligence artificielle pour détecter et identifier les cibles

Le char Leclerc XLR sera doté d’une intelligence artificielle pour détecter et identifier les cibles


Le 28 janvier, la Direction générale de l’armement a fait savoir qu’elle venait de notifier à KNDS France un contrat portant sur la modernisation de 100 chars Leclerc supplémentaires, ceux-ci devant être portés au standard XLR. Pour rappel, l’armée de Terre devra en aligner 160 exemplaires en 2030 et 200 en 2035.

Cette opération vise à doter le Leclerc de l’ensemble des équipements nécessaires au combat collaboratif [Système d’information du combat SCORPION, radio CONTACT], d’un tourelleau téléopéré de 7,62 mm, d’un brouilleur BARAGE pour renforcer sa protection contre les engins explosifs improvisés [EEI ou IED].

En outre, il s’agit également d’améliorer sa conduite de tir, grâce à des viseurs « PASEO », fournis par Safran Electronics & Defense. Seulement, les premiers Leclerc XLR remis à l’armée de Terre [34 l’avaient été au 10 décembre 2024] ne disposent pas de cette fonctionnalité… puisque celle-ci ne sera pas disponible avant 2028.

Le contrat relatif à l’intégration des viseurs PASEO a été attribué à KNDS France et à Safran Electronics & Defense par la DGA en février 2024.

« Ces viseurs sont les deux systèmes d’observation et d’engagement principaux du char Leclerc qui permettent à l’équipage de détecter, d’identifier et de cibler un objectif à plusieurs kilomètres avant de l’engager », avaient alors expliqué les deux industriels. Et d’ajouter que l’objectif était de « numériser le cœur optronique du système d’arme du char » afin d’accroître le « flux de données » et de « fournir des images de très haute qualité dans toutes les conditions ».

Cela étant, en juin de la même année, à l’occasion du salon de l’armement aéroterrestre EuroSatory, Safran dévoila sa solution d’intelligence artificielle ACE [pour « Advanced Cognitive Engine »], celle-ci devant être intégrée à l’ensemble de ses produits, dont les viseurs PASEO.

« ACE permet notamment d’augmenter les capacités de détection, de classification et d’identification des cibles en corrigeant les effets générés par les conditions environnementales comme la turbulence atmosphérique ou la faible luminosité », avait expliqué l’industriel.

Et de préciser que « d’autres fonctions telles que le suivi avancé de pistes ou la détection d’objets d’intérêts aideront les utilisateurs à accomplir leurs missions en allégeant leur charge cognitive ».

Cette avancée a conduit la DGA à notifier un autre contrat au groupement momentané d’entreprises MODVIS, formé par KNDS France et Safran.

« Le GME Modernisation des Viseurs du char Leclerc rénové [MODVIS] vient d’être notifié par la DGA de l’intégration de fonctions avancées d’Observation au Viseur Chef », a en effet annoncé KNDS France, le 28 mars, via les réseaux sociaux X et LinkedIn.

« S’appuyant sur l’Intelligence Artificielle de Safran Electronics & Defense, ces dernières améliorent significativement les capacités de surveillance, de détection et de classification de cibles », a-t-il poursuivi, avant de rappeler que le GME MODVIS a « pour objectif d’améliorer la performance des viseurs du char [viseur Tireur et viseur Chef], notamment en remplaçant le viseur Chef par un viseur PASEO ».

Houthis : le retour de la menace  

Houthis : le retour de la menace

YEMEN USA ISRAEL PROTEST/ Houthi supporters hold up guns and chant slogans during an anti-USA and anti-Israel protest in Sana a, Yemen, 13 December 2024.IMAGO/ Sanaa Yemen Copyright: xHamzaxAlix//IMAGO_12330931/Credit:IMAGO/Hamza Ali/SIPA/2412141454

par Edouard Chaplault-Maestracci – Revue Conflits – publié le 29 mars 2025

https://www.revueconflits.com/houthis-le-retour-de-la-menace/


Fuite de documents aux États-Unis, attaques en mer Rouge : les houthis représentent toujours une menace majeure pour le trafic commercial

La guerre que se livrent Israël et le Hamas dans la bande de Gaza est intimement mêlée à un conflit plus large opposant la République islamique d’Iran à l’état hébreu et constituant une menace existentielle pour ce dernier. Un conflit qui se déroule dans l’ombre, à l’exception d’un échange inédit de tirs de missiles initiés par Téhéran le 1er octobre 2024 auquel a riposté Tel-Aviv le 26 du même mois. Tandis que le Mossad cherche, aux moyens d’assassinats ciblés, à s’assurer que l’Iran ne devienne pas une puissance nucléaire, l’État perse recourt de son côté aux services de proxys pour attaquer Israël. Ces principaux relais iraniens sont le Hamas dans la bande de Gaza, le Hezbollah au Liban, mais aussi les rebelles Houthis qui opèrent depuis le Yémen. Si Tsahal a mis le Hezbollah hors d’état de nuire et a considérablement affaibli le Hamas, les Houthis ont conservé l’intégralité de leur potentiel de nuisance. La menace qu’ils représentent est redevenue une préoccupation majeure autant que d’actualité depuis le 11 mars dernier.

Un potentiel de nuisance considérable

Avant de régner sur la quasi-totalité des 40 millions d’habitants que compte le Yémen, les Houthis constituaient un simple groupe de rebelles confiné dans le nord du pays et opposé au président Ali Abdullah Saleh. D’obédience chiite et affichant déjà des positions anti-occidentales, le groupe a résisté aux bombardements provenant d’Arabie Saoudite et des Émirats arabes unis, des puissances majoritairement sunnites, et s’est allié à Saleh afin de prendre Sanaa, la capitale, et de ce fait, le contrôle d’une grande partie du pays en 2014. Ce dernier a finalement été assassiné par les houthistes en 2017 après avoir tenté de s’allier aux Saoudiens.

Financés et formés par l’Iran, avec qui les Houthis partagent un agenda anti-occidental et un islam chiite, les miliciens houthistes se chargent depuis de promouvoir les intérêts iraniens dans la région. Cette haine partagée de l’Occident, qui se décline localement en la détestation d’Israël, s’est matérialisée au lendemain du pogrom du 7 octobre et a pris une ampleur telle que la réputation des Houthis et devenue mondiale.

À la tête d’une puissance comparable à « une puissante organisation militaire », selon un rapport de l’ONU cité par le Wall Street Journal[1], les Houthis ont profité de l’éclatement du conflit à Gaza pour harceler Israël aux moyens de missiles et de drones. Si ces attaques ont pour la grande majorité d’entre-elles été interceptées par le Dôme de fer israélien, c’est surtout par l’insécurité croissante que les Houthis font peser sur le commerce maritime transitant par la mer Rouge que ces derniers ont attiré l’attention de la communauté internationale, et notamment celle des États-Unis. L’administration Biden, confiante dans sa capacité à endiguer la menace houthiste, s’est trouvée confrontée à un ennemi plus coriace que prévu qui, en tirant à vue ses missiles et drones sur tout navire battant pavillon occidental, a durablement perturbé l’activité commerciale régionale, qui représente en temps normal 15% des échanges maritimes mondiaux. Cette instabilité a notamment engendré une hausse continue du cours du pétrole brut tout au long de l’année 2024[2].

En raison de la dégradation des conditions sécuritaires dans la mer Rouge, le coût d’acheminement des marchandises en provenance de Chine à destination de l’Occident a doublé. Tous les navires occidentaux sont devenus des cibles pour les miliciens houthistes qui n’ont pas hésité à procéder à des captures de bâtiments, comme ce fut le cas en novembre 2023 lorsque les terroristes se sont emparés du navire britannique baptisé le « Galaxy Leader ». Il aura fallu attendre le 22 janvier 2025 pour que les 25 membres d’équipage soient libérés.

Outre les pertes humaines, quatre marins ont été tués selon le ministère de la Défense américain[3], matérielles et économiques, l’Égypte accuse ainsi un manque à gagner de 800 millions de dollars par mois depuis novembre 2023 selon son Président[4], les attaques incessantes diligentées par les Houthis ont également fait craindre des dégâts environnementaux conséquents. Ce fut notamment le cas lorsqu’un navire pétrolier, le Sounion, qui transportait plus de 150.000 tonnes de pétrole brut, a été pris pour cible, engendrant la perspective imminente d’une catastrophe écologique[5].

À l’arrêt depuis le 19 janvier 2025, date du début de la fragile trêve à Gaza, les Houthis ont annoncé le 11 mars dernier leur volonté de cibler à nouveau les navires de commerce qu’ils considèrent comme liés à Israël, déclenchant aussitôt la réaction de l’administration Trump.

Les Houthis à l’épreuve de la méthode Donald Trump

De tous les proxys mis à contribution par l’Iran dans sa guerre indirecte face à Israël, les houthistes sont ceux qui ont subi le moins de pertes humaines et matérielles. Tsahal a rempli sa part du deal informel passé entre Joe Biden et Benyamin Netanyahou au début de la guerre de Gaza. Les forces israéliennes se sont en effet employé à décapiter le Hezbollah avec la mort de son chef Hassan Nasrallah et à considérablement affaiblir le Hamas en supprimant notamment Ismaïl Haniyeh, son chef politique, et Yahya Sinwar, cerveau des attaques terroristes du 7 octobre, ainsi qu’un nombre conséquent de militants du groupe terroriste ; environ 20.000 selon certaines sources[6].

Relativement épargnés par la stratégie de Joe Biden, les Houthis ont pu constater un changement d’approche dès le 15 mars et l’action militaire décisive et puissante déclenchée par Donald Trump à la suite des menaces proférées par le groupe terroriste le 11 mars. Le président américain avait prévenu les Houthis via son réseau Truth Social : « Vos attaques doivent s’arrêter dès aujourd’hui. Sinon, l’enfer va s’abattre sur vous d’une manière que vous n’avez jamais vue ».

Cette annonce s’est aussitôt traduite par de terribles frappes s’abattant sur plusieurs bastions des Houthis, faisant 53 morts et 98 blessés selon le ministère de la Santé du Yémen, contrôlé par les rebelles. Washington, qui affirme par ailleurs avoir éliminé plusieurs hauts responsables Houthis, a annoncé par la voix de Donald Trump sa volonté d’anéantir complètement le mouvement en ordonnant de nouvelles frappes. Trump a également intimé à l’Iran de cesser tout soutien au groupe yéménite.

Les Houthis, qui ont riposté en prenant pour cible, sans l’atteindre, le porte-avions américain USS Harry Truman, ont subi de nouvelles frappes le 20 mars touchant Hodeïda et Saada[7]. Ce revirement de l’administration américaine signifie également pour l’Iran la fin de l’approche Biden et donc celle de la stricte application de la « loi Obama[8] » en vertu de laquelle « L’Iran peut attaquer, mais personne ne peut attaquer l’Iran ».

La stratégie de Donald Trump, qualifié par de nombreux médias de « meilleur ami d’Israël », vise effectivement à annihiler les Houthis de manière à amoindrir la puissance de feu de la République islamique d’Iran et la menace existentielle qu’elle fait peser sur l’état hébreu. Le risque d’une hausse du cours du pétrole brut en cas de nouvelles perturbations du commerce maritime dans la mer Rouge n’a pas non plus échappé au 47e président des États-Unis, qui ne se départit jamais d’une approche transactionnelle des évènements internationaux. Désireux d’éviter un tel scénario pouvant faire resurgir le spectre de l’inflation, Donald Trump pourrait également profiter de la situation au Yémen pour définitivement éradiquer les Houthis.

Selon le magazine Foreign Policy[9], la mainmise des Houthis sur le pays est contestée par d’autres factions depuis deux ans. Les difficultés économiques traversées par le groupe terroriste ne lui permettront pas de subir les bombardements américains tout en luttant contre des factions rivales locales. De quoi provoquer la fin de la menace Houthis ? Certains observateurs leur prédisent un destin similaire à celui du Hezbollah ou du régime de Bachar el-Assad en Syrie.


[1] https://www.wsj.com/world/middle-east/how-the-houthis-went-from-ragtag-rebels-to-global-threat-5aa268d0?mod=Searchresults_pos15&page=2

[2] https://www.europe1.fr/economie/les-prix-du-petrole-montent-pousses-par-le-risque-geopolitique-en-mer-rouge-4222991

[3] https://www.cfr.org/article/siege-red-sea

[4] https://www.reuters.com/world/africa/egypt-suez-canal-monthly-revenue-losses-around-800-million-sisi-says-2025-03-17/

[5] https://www.ft.com/content/7f886279-fecb-4410-b402-fbf85b9411b1

[6] https://www.reuters.com/world/middle-east/how-many-palestinians-has-israels-gaza-offensive-killed-2025-01-15/

[7] https://www.timesofisrael.com/us-pounds-houthi-stronghold-as-group-claims-4th-attack-on-aircraft-carrier-group/

[8] https://www.wsj.com/opinion/trump-threatens-iran-with-the-end-of-obamas-law-threat-houthis-appeasement-768073fc

[9] https://foreignpolicy.com/2025/03/19/houthi-yemen-trump-iran-hezbollah-assad-gaza-airstrikes/

La Russie met à l’eau un nouveau sous-marin nucléaire, équipé du missile hypersonique Zircon

La Russie met à l’eau un nouveau sous-marin nucléaire, équipé du missile hypersonique Zircon


Le Perm, cinquième sous-marin nucléaire de la classe Yasen-M, devrait rejoindre la marine russe l’année prochaine. C’est un actif stratégique pour le Kremlin, qui cherche à maintenir la présence de sa flotte dans l’océan mondial malgré la guerre en Ukraine.

Pendant que tous les regards sont tournés vers les plaines d’Ukraine et que l’industrie de guerre russe tourne à plein régime pour abreuver le front en chars, blindés et canons d’artillerie, la Russie poursuit le renouvellement de sa flotte de sous-marins à propulsion nucléaire, actifs stratégiques pour le Kremlin face à l’US Navy et aux marines de l’Otan. Ce jeudi 28 mars, le cinquième sous-marin d’attaque de classe Yasen-M, baptisé Perm, a été mis à l’eau à Sevmash, le seul chantier naval russe qui produit encore de nouveaux sous-marins nucléaires, dans la ville portuaire de Severodvinsk, devant la mer Blanche et à proximité du cercle arctique. Il devrait être admis au service actif au sein de la flotte du Pacifique l’année prochaine après plusieurs mois d’essais à quai et en mer.

Les Yasen-M, dont la première unité, le Kazan, a été commissionnée en 2021, sont suivis de près par les marines occidentales, car ils symbolisent une nouvelle génération de navires, beaucoup plus modernes, discrets et plus redoutablement armés que les précédents sous-marins nucléaires russes issus de la fin de la période soviétique et qui constituent encore une large part de la flotte russe. «Les Yasen et Yasen-M représentent un risque important pour les forces occidentales. La combinaison de leur silence et de leurs capacités de frappe à longue portée pose un défi inédit aux défenseurs occidentaux, tant sur mer que sur terre», écrivait dans une note dès 2021 le prestigieux RUSI (Royal United Services Institute), plus vieux think tank britannique.

Missile hypersonique Zircon

En 2018, déjà, le département d’État américain avait reconnu qu’il n’était pas parvenu, pendant plusieurs semaines, à détecter le Severodvinsk lors de sa première mission dans l’océan Atlantique. Et encore, il ne s’agissait que du seul et unique exemplaire de la classe Yasen, simple étape transitoire vers la classe Yasen-M, redessinée et équipée d’un réacteur nucléaire de quatrième génération qui rend le bâtiment encore plus discret. Depuis, la presse américaine qualifie souvent ces sous-marins de «cauchemar» de l’Otan.

Sous-marin russe de classe Yasen-M. GoodFon

Le Perm, mis à l’eau ce jeudi, ajoute une innovation supplémentaire. «Je voudrais souligner qu’il est devenu le premier sous-marin polyvalent armé de missiles de croisière hypersoniques Zircon», a ainsi précisé le président russe Vladimir Poutine qui assistait en vidéoconférence au lancement du navire. Le Zircon est une nouvelle génération de missile dévoilée par la Russie en 2018 : si ses performances réelles restent sujettes à caution, il est, sur le papier du moins, le premier missile de croisière hypersonique au monde, c’est-à-dire offrant une vitesse maximale supérieure à Mach 5 – les autorités russes évoquent au moins Mach 8, soit près de 10.000 km/h – avec en plus des capacités manoeuvrantes. Le Zircon peut être tiré depuis des navires de surface (par exemple les nouvelles frégates Gorchkov ), des sous-marins et sans doute à terme des batteries terrestres, à l’image du missile supersonique Onyx qu’il complète. Conçu d’abord comme un missile antinavire, il existe aussi en version de frappe au sol et dispose d’une portée d’un millier de kilomètres. 

Le Zircon, jugé par les autorités russes impossible à intercepter, est donc au cœur de la stratégie du Kremlin qui entend bâtir une dissuasion conventionnelle en complément de sa traditionnelle dissuasion nucléaire. Des rumeurs venues d’experts ukrainiens et rapportés par la presse américaine ont fait état de son utilisation pour la première fois en février 2024 en Ukraine, ce qui n’a pas été confirmé officiellement ni par Kiev ni par Moscou. Dans le conflit en Ukraine, un autre nouveau missile hypersonique, le Kinjal, tiré depuis les airs, a été utilisé plus massivement par les Russes : en août, l’armée ukrainienne affirmait avoir intercepté 25% d’entre eux, un chiffre bien supérieur à celui de l’interception des missiles balistiques plus classiques comme l’Iskander-M (moins de 5%).

Les performances réelles du Zircon sont donc à prendre avec les réserves d’usage tant les données relatives à ce type d’armements stratégiques sont nimbées de secret. Ce nouveau missile représente malgré tout une inquiétude supplémentaire pour les marines occidentales et renforce indubitablement l’arsenal des Yasen-M, qui comptait surtout jusque-là sur les missiles de la famille Kalibr, moins rapides et moins véloces. «Le missile de croisière Kalibr, dans sa version de frappe au sol, a donné des résultats mitigés en Ukraine, avec un taux d’interception élevé», confirme une source militaire française au Figaro. Si le Perm est le premier Yasen-M à être compatible dès sa mise en service avec le Zircon, ses prédécesseurs devraient l’être aussi à l’avenir. «Les seuls tirs documentés du Zircon ont d’ailleurs été réalisés par le Yasen, qui a servi de navire-laboratoire, et les quatre autres Yasen-M devraient passer en ’retrofit’ pour l’emporter», explique au Figaro Benjamin Gravisse, spécialiste de la marine russe, auteur du blog de référence Red Samovar.

Route maritime du Nord

La mise à l’eau du Perm confirme enfin que le renouvellement de la flotte de sous-marins stratégiques russes s’accélère, ce que l’on observe depuis 2021. Alors que la construction des Yasen-M a commencé dès 2009 et que la première guerre en Ukraine (2014-2015) a représenté une gageure pour les chantiers navals russes en termes de substitution aux importations, un rythme de croisière a été trouvé depuis cinq ans. En 2026, cinq Yasen-M auront été mis en service en cinq ans. Dans le même temps, cinq sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de nouvelle génération, Boreï-A, chargés de la dissuasion nucléaire, devraient rejoindre la flotte russe. Soit un rythme soutenu de près de deux sous-marins nucléaires par an. Ce n’est pas anecdotique : sans compter qu’il s’agit de navires complexes à propulsion nucléaire, ce sont aussi d’imposants bâtiments (14.000 tonnes pour les Yasen et même 24.000 pour les Boreï).

Sous-marin nucléaire lanceur d’engins de classe Boreï. ALEXEY NIKOLSKY / AFP

La marine, parent pauvre de la modernisation des forces armées russes depuis 20 ans, connaît une exception : tous les efforts financiers et industriels ont été concentrés dans la construction de nouveaux sous-marins nucléaires, un chantier prioritaire pour le Kremlin. Dans son discours, Vladimir Poutine a mis en avant cette «composante stratégique» de la marine afin, notamment, de «protéger les intérêts nationaux dans diverses zones de l’océan mondial, y compris dans la zone Arctique qui, dans le contexte d’intensification de la concurrence mondiale, acquiert une très grande importance». Les sous-marins nucléaires russes, basés à la fois dans la flotte du Nord et dans celle du Pacifique, sont déployés aux deux bouts de la fameuse «route maritime du Nord» traversant l’Arctique, que cite également Vladimir Poutine. 

Pour la Russie, l’accès à l’océan mondial ne passe plus seulement par l’accès aux mers chaudes, qui est l’un des enjeux stratégiques de la guerre en Ukraine, mais aussi par les eaux plus froides que convoitent en même temps Américains et Chinois. Lors d’une conférence à Mourmansk, mercredi, sur l’Arctique, Vladimir Poutine a jugé «sérieux» les plans de Trump qui veut récupérer le Groenland où son vice-président J.D. Vance est en visite ce vendredi malgré la polémique qu’il suscite. «Les pays de l’Otan considèrent de plus en plus le Grand Nord comme un tremplin pour d’éventuels conflits», a assuré le président russe, qui a annoncé un renforcement des capacités militaires russes dans cette région.

Avec quelles nouvelles armes la France prépare son effort de défense ?

Avec quelles nouvelles armes la France prépare son effort de défense ?

L’effort de défense pour l’Armée française se traduit par des commandes de matériels militaires plus importantes et adaptés aux conflits actuels.

par Frédéric Delmonte – mesinfos.fr – publié le

https://mesinfos.fr/avec-quelles-nouvelles-armes-la-france-prepare-son-effort-de-defense-219056.html

@Dassault Aviation - Dassault Aviation travaille sur un drone de combat, qui sera furtif et accompagnera en mission le Rafale. Du combat collaboratif.

@Dassault Aviation – Dassault Aviation travaille sur un drone de combat, qui sera furtif et accompagnera en mission le Rafale. Du combat collaboratif.

L’effort de défense de la France passe par des commandes d’équipements militaires pour moderniser l’arsenal des nos armées et surtout le renforcer. L’objectif est de mettre à niveau les capacités militaires de la France dans le cadre d’un conflit de haute intensité, qui nécessiterait des réserves importantes de munitions et un nombre plus conséquent d’armes et de véhicules militaires.

Si cette question des capacités de défense de la France est revenue sur le devant de la scène politique ces dernières semaines, à la suite des évolutions géopolitiques à la suite de l’élection de Donald Trump, elle se posait déjà bien avant l’attaque de la Russie contre l’Ukraine.

Pour comprendre quels sont les besoins en armes, munitions et hommes des armées françaises et quelle est sa doctrine, il se faut d’abord se pencher sur les Lois de programmation militaires. Parce qu’au delà des discours politiques de circonstance, protéger la France et les Français, c’est planifier .

 

2019-2025. Une Loi de programmation militaire dans un contexte de terrorisme

Cet effort, dans la mise à niveau des capacités de défense et d’intervention des armées françaises, s’est  concrétisé par la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025. Votée en 2018 elle a permis de réparer et moderniser nos armées après des décennies de coupes budgétaires.

Cette dernière a été élaborée dans un contexte géopolitiques plus belliqueux, marqué par le retour des attentats contre la France. L’objectif est d’engager 10 000 soldats sur le territoire national, dans le cadre de l’opération Sentinelle est d’accélérer les actions offensives contre Daech en Irak et en Syrie. A cette période aussi, les stratèges militaires regardent aussi les actions des séparatistes Russes du côté du Donbass et de la Crimée.

2024-2030. Une LPM pour envisager un conflit de haute intensité.

Cette politique de réarmement de la France s’est poursuivie avec la LPM 2024-2030 qui a été adoptée en 2022 avec un objectif fort : organiser nos armées face aux nouvelles menaces. Cette dernière loi LPM a pris en compte la nouvelle réalité sécuritaire, notamment avec la guerre en Ukraine et les tensions avec la Russie, la situation en Afrique, ou dans le Pacifique avec les prétentions territoriales de la Chine. Il s’agit de muscler les troupes françaises et de les préparer à la haute intensité face à un adversaire aussi puissant, voir plus puissant.

« Notre armée, je la compare à un bonsaï, à une armée américaine en version bonsaï. C’est-à-dire que nous avons, comme les Etats-Unis, une armée qui sait tout faire. Sauf que comme nous ne sommes pas les États-Unis, nous l’avons en petit. En version bonsaï. C’est efficace, ça marche, mais ça ne permet pas de faire les choses pendant longtemps et ça ne permet pas de faire les choses de manière massive » analysait sur France Info Jean-Dominique Merchet, journaliste, spécialiste des questions militaires et stratégiques.

La France entend renforcer sa dissuasion, notamment nucléaire

Avec cette LPM 2024-2030, « les commandes de 2023, et plus spécifiquement celles de décembre 2023 sont destinées à renouveler et moderniser les capacités des forces armées dans tous les domaines : aérien, terrestre, naval et spatial » rappelle le ministère de la Défense. La dernière PLM entend « maintenir la crédibilité de notre dissuasion » en renforçant « la résilience sur le territoire national, notamment les Outre-mer, et l’affirmation de notre souveraineté ».

Cette PLM prend en compte l’hypothèse qu’un « conflit de haute intensité ne peut plus être exclue« .

La dissuasion passe par un effort important dans le renouvellement des équipements nucléaires. Une grosse partie des 413 milliards, atour de 60%, va partir dans la modernisation des armes nucléaires, mais aussi des porteurs de cette arme, comme les Rafales ou les sous-marins.

Financer et préparer l’effort de guerre

Pour poursuivre cet « effort de guerre » comme l’a présenté Emmanuel Macron, la France cherche des financements. Le ministre de l’Economie, Éric Lombard, a appelé les investisseurs privés à soutenir l’industrie de défense, soulignant l’importance stratégique et économique du secteur. L’Etat réfléchit également à un placement citoyen pour financer les nouvelles armes de la France.

Concrètement, quels sont les équipements militaires commandés par les armées françaises à la base industrielle et technologique de défense ? Cette BITD regroupe entre 2 000 et 4 000 entreprises. Parce que l’objectif est également d’acheter des armes produites en France, ou en Europe. mesinfos.fr a essayé de faire un état des lieux des nouvelles armes qui arrivent dans nos casernes.

Des véhicules blindés légers et modernes pour l’Armée de terre

La guerre de haute intensité qui se joue entre la Russie et l’Ukraine rappelle la nécessité de disposer d’un nombre plus important de véhicules militaires à aligner sur une ligne de front étendue. Des véhicules adaptés aux nouveaux besoins et menaces, comme les drones. 

@Armée de Terre – le Jaguar est un engin blindé de l’Armée de terre.

La France est engagée depuis quelques années dans un programme de remplacement de ses véhicules blindés légers. C’est le cas avec le Griffon qui remplace progressivement les 2 700 véhicules de l’avant blindés (VAB). 1 872 Griffon sont livrés depuis 2019 souligne le ministère de la Défense.

En compléments, 35 EBRC Jaguar vont être livrés en 2024, soit 95 depuis 2021. 103 VBMR-L Serval seront livrés également en 2024, soit 292 depuis 2022.

@Armée de terre – La France dispose de plus de 600 VBCI.

La France dispose également de plus de 600 VBCI, livrés entre 2015 et 2018. Ce véhicule blindé à roues 8×8 « doit pouvoir être engagé, de nuit comme de jour, sous la menace des armes d’infanterie ou d’artillerie, en ambiance NBC tout en assurant la capacité à durer au personnel embarqué » détaille l’Armée de terre.

Du lourd avec la modernisation des chars de combat Leclerc

La France dispose de 241 chars Leclerc en service, mais seulement 147 chars sont disponibles. Ces chars, mis en service au début des années quatre-vingt-dix est vieillissant.

@Armée de terre – Le char Leclerc est modernisé pour répondre aux nouveaux enjeux militaires.

Plus d’un millions d’euros d’investissement dans la modernisation du char Leclerc qui arrive au milieu de sa vie. La Direction générale de l’armement (DGA) a validé en 2024 la rénovation de 100 chars Leclerc (XLR), portant à 200 le nombre de chars rénovés commandés. Les travaux de rénovation sont réalisés sur le site de l’industriel KNDS France à Roanne.

L’artillerie passe par plus de canon Caesar

Plus que la poudre, le canon Caesar a fait parler de lui dans le cadre de sa livraison aux forces armées ukrainiennes. Pour remplacer ses équipements et les compléter, 109 canons Caesar nouvelle génération sont commandés au profit de l’Armée de terre.

@Ministère de la défense – Les qualités du canon Caesar ont fait leurs preuves en Ukraine.

Pour répondre à cette demande, les cadences de la chaîne de production des Caesar, fabriqué par KNDS à Roanne, ont augmenté pour passer à 6 Caesar par mois. Il faut 15 mois pour fabriquer ce canon contre 30 auparavant.

En complément, 54 mortiers embarqués pour l’appui au contact ont été commandés entre 2025 et 2028

Des camions pour transporter des armes et du carburant

La logistique des armées françaises fait aussi partie des priorités. Ainsi, l’Armée de terre va bénéficier de 165 camions citernes de nouvelle génération à partir de 2027 et de 1 110 camions logistique de 6 tonnes à partir de 2028.

Des munitions pour éviter à l’Armée française de tirer à blanc

Avoir des canons et des chars mais pas suffisamment de munitions ? Alors que les Russes tirent autour de 10 000 obus par jour en Ukraine, la France est au défi de renforcer ses stocks.

Cela passe par plusieurs commandes : 260 millions d’euros de commandes de missiles anti-char ont été valisés entre 2022 et 2025, 75 millions d’euros d’investissements en défense sol-air ont été injectés depuis 2022, 750 millions d’euros de minutions d’artillerie ont aussi été validés depuis 2022…

L’Armée de l’air et de l’espace complète sa flotte de Rafale

Fin décembre 2023, la Direction générale de l’armement (DGA) a notifié à Dassault Aviation une commande de 42 avions de combat Rafale, dite « tranche 5 » à destination de l’armée de l’Air et de l’Espace.

© Shutterstock – Dassault Aviation espère livrer 25 Rafale en 2025.

La nécessité de renforcer l’Armée de l’air a été soulignée par Emmanuel Macron, lors de la visite de la base aérienne de Luxeuil-les-Bains, au sujet de la dissuasion nucléaire de la France.

En complément, 47 Mirages 2000D ont été rénovés en 2024.

Ces commandes de l’Armée françaises ou d’armées étrangères dopent les résultats de Dassault Aviation. En 2021, l’armée de l’Air et de l’Espace comptait 211 avions de chasse du groupe Dassault, les Rafale et Mirage 2000.

Des hélicoptères NH90 pour les forces spéciales

Les forces spéciales des l’Armée de terre font pouvoir être projetées sur des théâtres d’opération par 18 hélicoptères NH90 de plus. L’hélicoptère effectue des missions de transport tactique de troupes et de matériel ainsi que des évacuations sanitaires. 

@Ministère de l’intérieur – Le NH90 en version marine.

« Avec le retrait progressif des PUMA, les NH90 Caïman TTH constituent désormais la principale flotte d’hélicoptères de manœuvre et d’assaut des forces, aux côtés des Cougar rénovés et des Caracal, avec 63 appareils en service au sein de l’armée de Terre et 27 au sein de la Marine nationale » rappelle le ministère de la Défense.

Des hélicoptères en renfort des Gendarmes et des pompiers

La Direction générale de l’armenent A a passé commande en janvier 2024 de 42 hélicoptères H145-D3 FR auprès d’Airbus Helicopters pour les forces de Gendarmerie et les secours, comme les pompiers. Le contrat prévoit une option pour 22 hélicoptères supplémentaires pour la DGGN. Ces nouveaux hélicoptères amélioreront l’efficacité et la sécurité des missions d’assistance aux personnes, de sécurité publique et d’appui aux forces de l’ordre.

Drones, missiles… Le danger vient du ciel

@Ministère de la défense – Un fusil Nerod de lutte contre les drônes.

La Direction générale de l’armement a commandé, en décembre 2024, de nouveaux systèmes de défense surface-air et de lutte anti-drones au profit des trois armées. « D’un montant global de l’ordre de 600 M€, ces commandes s’inscrivent dans le cadre de la Loi de programmation militaire 2024-2030 qui prévoit de renforcer et moderniser les capacités des forces dans ces domaines stratégiques » rappelle le ministère de la Défense.*

Concrètement la défense sol-air de la France va passer de 8 systèmes SAMP Manba à 12 pour 2035, de 2 VL MICA à 16 en 2029, puis 24 en 2035. En 2035, 18 systèmes bi-couche basés sur le couple SAMP NG et VL MICA seront en service. La lutte anti-drone s’étoffe avec l’arrivée de 3 nouveaux systèmes laser en 2024 et un quatrième en 2025 et 4 systèmes PARADE en 2026.

Ravitailleurs, avions espions, satellites, la flotte de l’Armée de l’air et de l’espace s’étoffe

En 2026 une troisième avion léger de surveillance va entrer en service. A l’horizon 2026-2027, la France va tester deux démonstrateurs de satellites patrouilleurs-guetteurs pour protéger les moyens spatiaux de la France.

Adjudant D.THERBY – Une image aérienne du 1er terminal militaire de la base aérienne 125 d’Istres.

Pour améliorer la projetions de ses avions l’Armée de l’air et de l’espace va compter sur 15 nouveaux exemplaires de l’A330 MRTT Phénix qui est un avion ravitailleurs. Ils sont notamment basés à la BA 125d’Istres qui devient le premier terminal militaire de France. Cette année, la flotte des 24 avions de transports va recevoir un nouveau A400M Atlas pour arriver à 37 appareils en 2030.

Un plan pour le futur porte-avion français et un chantier à Toulon

L’arme la plus imposante des armées françaises reste le porte-avions de nouvelle génération [PA NG] que la France va commander pour remplacer à terme le porte avion Charles-de-Gaulle. « L’année 2025 sera celle de la passation de commande du porte-avions de nouvelle génération » a confirmé Sébastien Lecornu, le ministre de la Défense.

@D. R – Le futur porte-avions de la Marine nationale sera plus imposant que le Charles-de-Gaulle.

Difficile d’avoir un budget exact, mais l’investissement prévu devrait s’élever à « une dizaine de milliards d’euros« , selon Cols Bleus, le magazine de la Marine nationale. La construction du futur porte-avions sera réalisée par la MO-Porte-avions, la coentreprise créée par Naval Group, les Chantiers de l’Atlantique et TechnicAtome.

@K. Sarrazin – La base navale de Toulon est en chantier pour accueillir le futur porte-avions.

D’une capacité de déplacement de 80 000 tonnes, sa longueur sera de 310 mètres. Pour accueillir ce géant des mers, la base navale de Toulon a déjà lancé un chantier colossal. Elle va construire des quais et un bassin dédié au futur navire amiral de la Marine nationale.

Des sous-marins de nouvelle génération dans la Marine

La Marine nationale renouvelle sa flotte de sous-marins nucléaire.

Elle va notamment bénéficier d’ici 2030 de six SNA, ou sous-marin nucléaire d’attaque de nouvelle génération, dite de classe Suffren, pour remplacer ceux de classe Rubis. Deux SNA ont rejoint la flotte et la base navale de Toulon et un est en test en Méditerranée. Les trois autres vont être mis en service dans les cinq prochaines années.

@Marine Nationale – Un nouveau SNA dans le port militaire de Toulon.

La construction du sous-marin nucléaire lanceur d’engins de nouvelle génération a également débuté, selon le ministère des Armées. Il s’agit du premier des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de troisième génération, appelés à incarner à partir de 2035 la composante océanique de la force de dissuasion nucléaire française.

Des Frégates Bleu Blanc Rouge en renfort sur les mers du globe

Cinq Frégates de défense et d’intervention vont compléter la flotte de la Marine nationale. Il en aurait fallu plus pour assurer une présence de la Marine nationale dans toutes les mers du globe où la France a des intérêts. Mais à plus de 600 millions d’euros l’unité, la facture s’élève vite… Trois premières seront livrées entre 2025 et 2029. Il s’agit de Frégates de classe Amiral Ronarc’h qui sont construite à Lorient par Naval Group.

@Naval Group – Les nouvelles Frégates de la Marine nationale seront fabriquées à Lorient.

« Les FDI sont des navires de haute mer polyvalents, endurants et capables d’opérer, seuls ou au sein d’une force navale, dans tous les domaines de lutte : antinavire, anti-aérien, anti-sous-marin, contre les menaces asymétriques et capable de projeter des forces spéciales » détaille Naval Group.

Ces Frégates de nouvelle génération seront protégées contre les attaques cyber et elles seront « les premières frégates à bénéficier à bord d’une architecture numérique qui leur permettra de s’adapter en continu aux évolutions technologiques et opérationnelles« .

De nouveaux patrouilleurs hauturiers

En 2023 la DGA a commandé à Naval Group sept patrouilleurs hauturiers pour la Marine Nationale, pour un total de 900 millions d’euros. « Les patrouilleurs combleront le déficit de bâtiments de second rang et seront déployés à Brest, Toulon et Cherbourg. Adaptés à un environnement maritime hostile, ils disposeront d’une capacité de traitement de l’information avancée et pourront opérer des hélicoptères ou des drones » précise le ministère de la Défense.

@Naval Group – La Marine française doit se doter de nouveaux patrouilleurs hauturiers.

« En conformité avec la LPM 2024-2030, dix patrouilleurs seront en service d’ici 2035, avec une première livraison prévue en 2026, pour remplacer les patrouilleurs de haute mer et de service public existants » ajoute ce dernier.

Des drones militaires pour compléter l’arsenal sur terre, en mer et dans les airs

Le conflit entre la Russie et l’Ukraine met en première ligne l’usage intensif des drones. Les armées françaises entendent être à la page de ces nouvelles armes. Dernièrement un exercice militaire s’est tenu au large de Toulon avec la Marine nationale et la participation d’industriels. L’objectif était de tester une opération avec l’usage de drones en mer et dans le ciel. Dernièrement la Marine nationale a acheté à Thales et Exail huit drones sous-marins autonomes de nouvelle génération, avec une option pour acquérir huit drones supplémentaires.

@MBDA – Le NX70 un drone militaire d’observation fabriqués prés d’Aix-en-Provence.

Les drones sont aussi utilisés pour faire du renseignement, comme le NX70 capable d’observer de jour comme de nuit. Ces drones sont fabriqués par Novadem, prés d’Aix-en-Provence.

Le génie militaire utilise également des drones, comme le Minirogen, qui permet de déconstruire à terre des obstacles ou cibles à distance. L’Armée de terre emploie aussi un drone avion de reconnaissance, le SDT Patroller. Sa mise en œuvre est assurée exclusivement par le 61e régiment d’artillerie, régiment de recherche par imagerie des forces terrestres.

Pour préparer la guerre du futur, Dassault Aviation travaille sur un drone de combat aérien furtif capable d’assurer une mission en même temps que le Rafale. On parle là de combat collaboratif…

Une base industrielle de défense transatlantique ? Deux analyses contrastées

Une base industrielle de défense transatlantique ? Deux analyses contrastées

Études – IFRI – publication du
par Jonathan CAVERLEY – Ethan B. KAPSTEIN – Élie TENENBAUM – Léo PÉRIA-PEIGNÉ

Couv Focus Transat

L’évolution du paysage de la coopération mondiale en matière de défense met la relation transatlantique au défi. Alors que les tensions géopolitiques augmentent et que l’environnement de menaces devient plus complexe, la capacité de l’Europe à assurer au mieux sa sécurité tout en maintenant sa relation avec les États-Unis est devenue primordiale. Ce Focus stratégique offre deux points de vue contrastés sur la dynamique des relations industrielles de défense entre les États-Unis et l’Europe, en soulignant les défis et les opportunités qui attendent les deux parties.

Drapeau des États-Unis et drapeau de l'UE
Drapeau des États-Unis et drapeau de l’UE © Shutterstock.com

L’évolution du paysage de la coopération mondiale en matière de défense met la relation transatlantique au défi. Alors que les tensions géopolitiques augmentent et que l’environnement de menaces devient plus complexe, la capacité de l’Europe à assurer au mieux sa sécurité tout en maintenant sa relation avec les États-Unis est devenue primordiale. Ce Focus stratégique offre deux points de vue contrastés sur la dynamique des relations industrielles de défense entre les États-Unis et l’Europe, en soulignant les défis et les opportunités qui attendent les deux parties.

Le premier texte, rédigé par Jonathan Caverley et Ethan Kapstein, expose une analyse qui souligne les limites de l’autonomie stratégique européenne en matière de défense. Ils affirment qu’en dépit de l’augmentation des dépenses de défense et d’initiatives telles que le rapport Draghi, l’Europe reste fortement dépendante des États-Unis en matière de technologie militaire avancée et de capacités industrielles. Ils suggèrent que l’Europe devrait accepter un statut de partenaire junior au sein de l’Alliance transatlantique et tirer parti de la supériorité technologique des États-Unis pour renforcer ses propres capacités de défense. Selon eux, cette approche permettrait à l’Europe de bénéficier des systèmes de défense les plus avancés tout en reconnaissant les réalités économiques et industrielles qui limitent sa capacité à atteindre une autonomie totale.

Dans le second texte, Élie Tenenbaum et Léo Péria-Peigné remettent en question les études trop pessimistes sur l’industrie européenne de la défense. Ils soulignent les succès et les avancées technologiques des entreprises européennes de défense, affirmant que l’Europe a le potentiel pour devenir un acteur important sur le marché mondial de la défense. E. Tenenbaum et L. Péria-Peigné remettent en question la fiabilité des approvisionnements américains en matière de défense, évoquant les retards de production, les limitations opérationnelles et les contrôles stricts des exportations. Ils plaident pour un partenariat transatlantique plus équilibré, où l’Europe peut affirmer ses capacités industrielles et son autonomie stratégique tout en continuant à coopérer avec les États-Unis.

Au final, ces deux analyses, écrites par des chercheurs américains et européens, s’inscrivent dans le débat de plus en plus vif sur la coopération transatlantique en matière de défense. Ils explorent les tensions entre le besoin d’autonomie stratégique de l’Europe et les avantages de l’exploitation des forces technologiques et industrielles des États-Unis. Alors que l’Europe est confrontée au défi d’assurer sa sécurité dans un monde de plus en plus incertain, ces perspectives offrent un éclairage précieux sur l’avenir des relations industrielles de défense entre les États-Unis et l’Europe.


Cette étude est disponible :

en français : IFRI – Une base industrielle de défense transatlantique – Deux points de vue contrastés 2025

en anglais.

La Direction générale de l’armement a fait franchir un « premier jalon » à la coopération drone / hélicoptère

La Direction générale de l’armement a fait franchir un « premier jalon » à la coopération drone / hélicoptère


L’idée de mettre en œuvre un drone aérien [voire plusieurs] depuis un hélicoptère n’est pas nouvelle : le Tigre porté au standard MK2+ ainsi que le NH-90 devraient disposer de cette capacité qui, appelée MUM-T [pour Manned-Unmanned Teaming], a récemment fait l’objet d’une démonstration organisée par Airbus Helicopters et Leonardo dans le cadre du projet MUSHER.

Ainsi, l’Aviation légère de l’armée de Terre [ALAT] développe le concept de « dronisation de l’aérocombat », qui est dans ses « cartons » depuis quinze ans, selon son commandant, le général David Cruzille. « Le drone, aujourd’hui, c’est une belle opportunité. Il y a un tel bond technologique que l’on peut passer de la doctrine à la mise en œuvre », a-t-il d’ailleurs récemment souligné, lors d’un entretien diffusé par le Commandement du combat futur [CCF].

Outre la notion d’Engins Lancés par Aéronefs [ELA], l’ALAT envisage le développement d’un drone tactique d’aérocombat [DTA], capable d’évoluer, comme un ailier, au côté d’un hélicoptère habité. Selon le CCF, il permettrait de « préserver l’effet de masse et d’augmenter la liberté d’action du chef en fonction du niveau de risque ou de complexité de l’enjeu opérationnel ».

En attendant, il s’agit de défricher le terrain… D’où les essais simulés de coopération entre des drones et un hélicoptère, conduits en février par DGA Essais en Vol [DGA EV] avec le concours de pilotes du Groupement aéromobile de la Section technique de l’armée de Terre [GAMSTAT], du 3e Régiment d’hélicoptères de combat [RHC], en pointe dans l’élaboration de la doctrine d’emploi des futurs ELA, et du 4e Régiment d’hélicoptères des forces spéciales [RHFS].

Cette campagne d’essais avait trois objectifs : définir les interactions « les plus pertinentes » entre les équipages et les drones, mesurer la charge cognitive des personnels navigants et évaluer une « interface tactile pour la gestion des drones ».

Le scénario a consisté à mener « une mission de reconnaissance offensive d’un hélicoptère appuyé par deux drones. Cette mission a été découpée en plusieurs phases élémentaires qui ont été jouées plusieurs fois chacune en variant les niveaux d’interopérabilité [LOI] et la configuration de l’équipage [à 2 ou à 3]. Pour chaque phase, des mesures subjectives et physiologiques de la charge cognitive des équipages ont été réalisées pour évaluer leur capacité à gérer toutes les tâches induites », explique la Direction générale de l’armement [DGA].

Quant à l’interface tactile, elle permettra « d’interagir avec une cartographie, d’afficher les informations venant des drones et de prendre le contrôle de ceux-ci [création et assignation du plan de vol, contrôle de la charge utile] », précise-t-elle, avant de se féliciter d’avoir franchi un « premier jalon ».

Les résultats de ces essais, réalisés grâce à « plusieurs simulateurs interconnectés », seront utilisés pour développer une capacité analogue pour la Marine nationale et l’armée de l’Air & de l’Espace ainsi que pour préparer un « projet d’étude amont devant intégrer des briques technologiques développées par l’industrie. »

« Cet apport améliorera la représentativité de certaines fonctionnalités, augmentera l’autonomie fonctionnelle intégrée dans les systèmes, drones ou hélicoptères, permettra d’affiner les scénarios d’emploi et devra déboucher sur la conduite d’essais en vol hybridés avec la simulation », conclut la DGA.

Photo : DGA