Décès du Général(2S) Vittorio TRESTI

Décès du Général(2S) Vittorio TRESTI


Le Général (2s) Vittorio TRESTI est décédé le jeudi 15 février à 06h00 à son domicile des suites d’une longue maladie.
Né le 22 janvier 1939 à San Urbano en Italie, après sa scolarité, il s’engage au titre de la légion étrangère à Lyon le 21 octobre 1958 et rejoint Sidi-Bel-Abbès le 9 novembre pour les formalités d’incorporation avant de suivre son instruction initiale à Saïda.
Affecté au 1er Régiment étranger, il est promu caporal le 1er avril 1960.
Nommé sergent  le 1er janvier 1962, il est admis au peloton préparatoire de l’école militaire interarmes en 1965. Il obtient son brevet parachutiste au 2e REP la même année. Promu sergent-chef le 1er avril 1966, il satisfait au concours d’entrée de l’EMIA où il suit sa scolarité pour en sortir sous-lieutenant à titre étranger le 1er octobre 1967.
A sa sortie de l’école, le sous-lieutenant Tresti est affecté au Groupement d’instruction de la légion étrangère en Corse (GILE) en qualité de chef de peloton d’élèves gradés.
Le 9 septembre 1969, il est affecté au 3eme Régiment étranger d’infanterie basé à Madagascar en qualité de chef de peloton porté.
Naturalisé, il est promu au grade de lieutenant à titre français le 1er octobre 1969.
Le 1er juillet 1970, il est détaché en qualité de chef de cabinet et d’aide de camp des généraux de Seguins-Pazzis puis Bigeard qui commandent successivement les Forces Françaises du sud de l’océan Indien (FASZOÏ).
De retour en métropole, il est promu capitaine le 1er juillet 1974 et se voit confier le poste d’officier renseignement au 2e Régiment étranger/GOLE en Corse. Le 4 novembre de la même année, il prend le commandement de la 6e compagnie du Groupement opérationnel de la Légion étrangère avec laquelle il est projeté en intervention à Djibouti dans le cadre de l’affaire de Loyada de février à juin 1976. Puis il est désigné avec son unité pour une mission de courte durée à Mayotte de juillet 1976 à février 1977.
Le 17 août 1977, le capitaine Tresti est affecté au Centre de sélection N°1 à Vincennes où il assure successivement les fonctions d’officier orienteur et commandant d’une brigade d’instruction.
Le 1er septembre 1980, il intègre la 94e promotion de l’Ecole supérieure de guerre. Le 1er octobre 1980, il est promu chef de bataillon. Après avoir obtenu son brevet d’études militaires supérieures, il est affecté le 7 juin 1982 au 3eme Régiment étranger d’infanterie en Guyane où il exerce la fonction  de chef du bureau opération instruction.
De retour en métropole, il est affecté le 3 septembre 1984 à l’Etat-major  de la 6e Division légère blindée. Chef de la section opération du bureau emploi de la division, il met au service de tous sa solide expérience militaire et sa grande culture. Il est promu au grade de lieutenant-colonel le 1er octobre 1984.
Le 1er août 1987, il prend le commandement du 3e Régiment étranger d’infanterie à Kourou où il met au point le dispositif rapproché du Centre spatial guyanais dont le régiment assure une part prépondérante.
Promu colonel le 1er juillet 1989, il rejoint l’État-major de la  3e Région militaire comme chef du bureau plans-emploi. Le 1er août 1991, le colonel Tresti est affecté à la Direction de l’enseignement militaire supérieur de l’armée de Terre où pendant deux années, en qualité de professeur, il fait preuve d’une pédagogie remarquée, s’affirmant ainsi comme un instructeur de grande qualité.
Le 2 août 1993, il rejoint l’État-major de la Circonscription militaire de défense de Marseille-Méditerranée comme sous-chef emploi. Sa grande expérience en fait un collaborateur de premier plan.
Promu général de brigade dans la 2e section du cadre des officiers généraux le 23 janvier 1996, il quitte le service actif à cette date.
Il était Officier de l’ordre de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite et titulaire de la médaille commémorative des opérations de sécurité et de  maintien de l’ordre en Afrique du Nord, de la médaille Outre-mer, de la croix du combattant volontaire avec agrafe Afrique du Nord et de la médaille des service militaires volontaires. Il était, de plus, chevalier de l’ordre national malgache.

Qui sont les 14 gendarmes dont la mémoire est honorée le 16 février 2024

Qui sont les 14 gendarmes dont la mémoire est honorée le 16 février 2024

Ces quatorze militaires de la Gendarmerie sont décédés dans l’exercice de leurs fonctions entre mars 2023 et janvier 2024. L’Arme leur rend hommage à l’occasion de sa traditionnelle journée d’hommage à ses héros.

Des gendarmes rendant hommage à leurs morts en service lors d'une cérémonie. (Photo d'archive / RG Auvergne-Rhône-Alpes - 2021)

Des gendarmes rendant hommage à leurs morts en service lors d’une cérémonie. (Photo d’archive / RG Auvergne-Rhône-Alpes – 2021)

 

l’Essor – publié le 17 février 2024

https://lessor.org/vie-des-personnels/qui-sont-les-14-gendarmes-dont-la-memoire-est-honoree-le-16-fevrier-2024


Ce vendredi 16 février 2024, partout en France, la Gendarmerie met à l’honneur ses héros. En plus des gendarmes s’étant particulièrement illustrés, qui sont décorés à l’occasion de la désormais traditionnelle “journée d’hommage aux héros de la Gendarmerie nationale”, les personnels de l’Arme honorent la mémoire de leurs camarades décédés en service ou en mission. Depuis le dernier hommage, en février 2023, quatorze gendarmes ont perdu la vie en service. Parmi eux, quatre sont décédés dans le cadre d’une mission.

Adjudant Fabrice Danican

L’adjudant Fabrice Danican, affecté à la brigade territoriale autonome (BTA) d’Houaillou (Nouvelle-Calédonie) est décédé en service le 17 mars 2023 à l’âge de 47 ans. Nous ne disposons pas de précisions sur les circonstances de ce décès survenu alors qu’il était en service.

Major Arnaud Blanc

Le 25 mars 2023, le maréchal des logis-chef Arnaud Blanc, affecté à l’Antenne du GIGN (AGIGN) de Cayenne (Guyane), est décédé en mission atteint par des tirs d’arme à feu alors qu’il participait à une opération de lutte contre l’orpaillage illégal. Pacsé avec deux enfants (âgé de 5 et 2 ans), il était âgé de 35 ans. Ce sous-officier est le second membre d’une antenne GIGN mort en mission. En mai 2016, l’adjudant Alain Nicolas de l’antenne GIGN d’Orange avait été tué par un forcené lors d’une intervention à Gassin (Var).

Inscrit au tableau d’avancement avant sa mort, Arnaud Blanc devait passer adjudant en fin d’année. Il a été promu major à titre posthume et fait chevalier de la Légion d’honneur.

Une quinzaine de jours après la mort d’Arnaud Blanc, le tireur présumé, un Brésilien de 20 ans, avait été arrêté suite à une intense traque dans la forêt amazonienne mobilisant près de 500 militaires. Soumis à une forte pression, il s’était finalement rendu. Trois autres membres de la bande armée impliquée dans la fusillade mortelle ont également été arrêté par la suite.

Adjudant-chef Nicolas Mory

Affecté à la brigade de recherches (BR) de Meaux (Seine-et-Marne), l’adjudant-chef Nicolas Mory est décédé subitement le 31 mars 2023 à l’âge de 41 ans. Sa mort est survenue suite à un malaise cardiaque du militaire à son domicile, alors qu’il était officier de police judiciaire (OPJ) de permanence. Nicolas Mory était marié et trois enfants âgés de 16, 9 et 7 ans.

Adjudant-chef de réserve Patrick Hervé

Ancien sous-officier d’active de la Gendarmerie, l’adjudant de réserve Patrick Hervé s’était engagé en tant que réserviste opérationnel après avoir pris sa retraite militaire. Affecté à la Compagnie de réserve territoriale (CRT) 40/3 de Mont de Marsan (Landes), il est décédé en mission le 11 avril 2023, dans un accident de la circulation routière alors qu’il effectuait une mission de sécurité routière et avait tenté d’intercepter un automobiliste dangereux. Âgé de 59 ans, il a été promu adjudant-chef (R) à titre posthume. Patrick Hervé était marié, avec deux enfants majeurs.

Maréchal des logis-chef Yannick Pierre

Le gendarme Yannick Pierre, âgé de 25 ans et affecté au Peloton motorisé (PMO) de Labouheyre (Landes) était dans le même véhicule que l’adjudant de réserve Patrick Hervé lorsqu’ils ont été victime d’un accident de la route. Grièvement blessé, il est décédé le lendemain, le 12 avril 2023, des suites de ses blessures. Âgé de 25 ans, il était pacsé, et n’avait pas d’enfant.

Major Loïc Jeansanetas

Affecté au peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (Psig) de Vichy (Allier), le gendarme Loïc Jeansanetas, âgé de 27 ans, est décédé des suites de graves blessures le 22 avril 2023. Une semaine plus tôt, le 15 mars, il avait été victime d’une explosion lors d’une opération d’interpellation à domicile, sur la commune de La Chapelle. Blasté et très grièvement brûlé à la suite de cette explosion, il avait été hospitalisé avec un pronostic vital engagé sur six mois… Loïc Jeansanetas était pacsé et allait être père de son premier enfant. Il a été promu major à titre posthume.

Major Marc Boulestin

Alors qu’il allait bientôt fêter son 55e anniversaire, le major Marc Boulestin est décédé “brutalement”, en position de service, le 25 avril 2023. Il a été retrouvé inanimé dans son logement de service. Depuis 2022, il commandait la communauté de brigades (Cob) de Sauzé-Vaussais (Deux-Sèvres) qui regroupe les brigades de proximité de Sauzé-Vaussais, de Chef-Boutonne et de Lezay. Cette Cob rayonne ainsi sur 31 communes, dont le secteur de Sainte-Soline, où la construction d’une “méga-bassine” de rétention d’eau à usage agricole est très contestée depuis 2022, au point de donner lieu, à deux reprises en quelques mois, à d’importants affrontements entre opposants et forces de l’ordre chargées d’interdire l’accès au site. Quelques années plus tôt, en mai 2007, Marc Boulestin avait été blessé par balle après avoir été la cible de tirs de fusil de chasse en intervenant, de nuit, au domicile d’un forcené. Malgré sa blessure et plusieurs autres tirs en sa direction, il était alors parvenu à neutraliser l’auteur des coups de feu, évitant ainsi d’autres victimes.

Adjudant-chef Pascal Sellom

L’adjudant-chef Pascal Sellom, affecté à la brigade de proximité de Corcieux (Vosges), est décédé le 12 juillet 2023, à l’âge de 39 ans. Nous ne disposons pas de précisions sur les circonstances de ce décès survenu alors qu’il était en service.

Adjudant Richard Chrétien

L’adjudant Richard Chrétien, affecté au groupe vétérinaire du régiment de cavalerie de la Garde républicaine, à Paris, est décédé à la suite d’un arrêt cardiaque, le mardi 8 août 2023. Il était alors de permanence dans son logement de service. Âgé de 56 ans, il était marié et père de deux enfants.

Brigadière Mahyra Kalla

Affectée à la brigade territoriale autonome (BTA) d’Oraison, dans les Alpes-de-Haute-Provence, la brigadière Mahyra Kalla, est décédée à l’âge de 20 ans, le vendredi 11 août 2023. Deux mois plus tôt, le 10 juin 2023, la gendarme adjointe volontaire (GAV) avait été victime d’un grave accident de la circulation alors qu’elle allait prendre son service. Plongée dans le coma suite à cet accident, elle a finalement succombé à ses blessures dans la structure médicale où elle était hospitalisée, en région lyonnaise.

Gendarme Cédric Lillo

Le gendarme Cédric Lillo, affecté au peloton de surveillance et d’intervention (Psig) de Joigny (Yonne), est décédé subitement le 28 octobre 2023, à l’issue d’une séance de sport programmée. Malgré les premiers secours prodigués par ses camarades et son rapide transfert vers l’hôpital, le sous-officier âgé de 25 ans n’a pas pu être sauvé. Originaire du Vaucluse, Cédric Lillo vivait en concubinage et n’avait pas d’enfant.

Adjudant Sébastien Liotard

Le 7 décembre 2023, l’adjudant Sébastien Liotard, affecté à la communauté de brigades (CoB) et la brigade de proximité de Saint-Germain-l’Herm, dans le Puy-de-Dôme, est décédé après avoir été victime d’un malaise cardiaque dans les locaux de service de son unité. Il s’apprêtait alors à partir en patrouille. Âgé de 48 ans, il était divorcé et père d’un enfant.

Adjudant-chef Franck Fontaine

Chef du groupe de sécurité de l’Ambassade de France à Aboudja (Nigeria), l’adjudant-chef Franck Fontaine est décédé en service le 10 décembre 2023, à l’âge de 54 ans. Il a été victime d’un malaise cardiaque pendant une séance de sport. Dans le cadre de sa mission en ambassade, il était affecté au Commandement de la Gendarmerie pour l’outre-mer (CGOM) ainsi qu’à celui de la Gendarmerie pour les missions extérieures (CGMEx). Franck Fontaine était marié et père de deux enfants, dont l’un sert au sein d’un escadron de gendarmerie mobile.

Adjudant-chef Thomas Binder

Enfin, depuis le début de l’année 2024, un premier décès en service est déjà à déplorer avec la mort accidentelle de l’adjudant Thomas Binder, affecté au peloton de gendarmerie de haute-montagne (PGHM) d’Hohrod, dans le Haut-Rhin, victime d’un éboulement le lundi 29 janvier 2024, alors qu’il était en mission d’entrainement au secours en montagne avec ses camarades dans le massif des Vosges.

Le choix du 16 février

La journée du 16 février n’a pas été choisie au hasard puisque c’est à cette date, en 1791, que la Maréchaussée devient officiellement la Gendarmerie nationale. Près de 200 ans plus tard, le 16 février a été choisi pour commémorer les Morts de la Gendarmerie, tués dans l’accomplissement de leur devoir. Depuis 2022, cette journée s’est élargie aux “héros” de l’Arme qui sont également mis à l’honneur à cette occasion.

Sur ces quatorze gendarmes décédés dans l’exercice de leurs fonctions entre mars 2023 et février 2024, quatre ont péris au cours d’une mission. Pour les autres, une majorité sont décédés des suites d’un accident ou d’un malaise cardiaque. Il s’agit donc là de la principale cause de décès en service de gendarmes ces douze derniers mois.

En 2022, neuf gendarmes étaient décédés dans l’exercice de leurs fonctions, dont quatre au cours d’une mission.

Enquête ouverte à Paris après la mort d’un militaire lors d’un entraînement à Tahiti

Une enquête préliminaire a été ouverte le 17 novembre pour «homicide involontaire et violation de consignes».

Une enquête préliminaire a été ouverte le 17 novembre pour «homicide involontaire et violation de consignes». Dragoș Asaftei / stock.adobe.com

Le quartier-maître de 1re classe, Clément Elard, fusilier marin de 26 ans, est mort le 9 novembre lors d’une mission en Polynésie française.

La section des affaires militaires a ouvert une enquête pour homicide involontaire après la mort le 9 novembre d’un militaire «au cours d’une marche d’aguerrissement» à Tahiti, a indiqué vendredi 8 décembre le parquet de Paris, confirmant une information du Monde.

QM de 1ere classe, Clément Elard, fusilier marin, décédé en service en Polynésie française © Ministère des Armées

 

Le quartier-maître de 1e classe Clément Elard, fusilier marin de 26 ans, est mort le 9 novembre lors d’une mission au sein du groupement aéronautique militaire de Faa’a des Forces armées en Polynésie française (FAPF), avait annoncé dans un communiqué le ministère des Armées.

Il faisait partie d’un «groupe de neuf marins du détachement de la Force maritime des fusiliers marins et commandos (Forfusco) effectuant une marche d’aguerrissement planifiée et encadrée, (qui) a été surpris par la montée des eaux», selon le ministère. «Lors du franchissement d’un gué, Clément Elard a été emporté par le courant», a-t-on relaté.

Selon Le Monde, les premières auditions et éléments collectés ont mis au jour des dysfonctionnements entourant cette randonnée: absence de prise en compte d’une vigilance orange de Météo-France, mauvaise connaissance du terrain par les encadrants qui n’étaient pas équipés d’un téléphone satellitaire et gestion chaotique du groupe lorsqu’il s’est mis à pleuvoir.

Enquête systématique

Une enquête préliminaire a été ouverte le 17 novembre pour «homicide involontaire et violation de consignes» et a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Papeete, a précisé le parquet. Cette «enquête a précisément pour objectif de vérifier comment les choses se sont déroulées», a-t-on ajouté.

«Les conditions de cet accident ne sont pas controversées. Comme c’est systématiquement le cas, une enquête a été ouverte pour déterminer aussi précisément que possible les circonstances de cet accident», a réagi auprès de l’AFP le Sirpa Marine.

Clément Elard, qui s’était engagé en 2018 au sein de la Marine nationale, «a d’abord servi au bataillon de fusiliers marins Amyot d’Inville à Brest avant de rejoindre en 2021 la compagnie de fusiliers marins Bernier à Lanvéoc, son affectation actuelle», selon le communiqué du ministère des Armées. Il a été décoré de la médaille de bronze de la défense nationale en 2020 et de la médaille de la protection militaire du territoire l’année suivante.

DECES : Mort du capitaine Mathieu GAYOT du 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales lors d’un exercice

DECES : Mort du capitaine Mathieu GAYOT du 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales lors d’un exercice

 
DECES : Mort du capitaine Mathieu GAYOT du 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales lors d'un exercice

 

Paris, le 12 novembre 2023


Samedi 11 novembre 2023, le capitaine Mathieu GAYOT du 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales est décédé lors d’un exercice dans le cadre de la préparation opérationnelle de son unité.

Désigné comme coordinateur d’un exercice dédié à l’instruction des nouveaux arrivants au quartier Guynemer à Uzein (64), le capitaine GAYOT a été mortellement blessé en soirée.

Les secours sont intervenus très rapidement et ont constaté son décès peu de temps après.

S’inclinant avec une profonde tristesse devant la mémoire de ce militaire mort en service dans l’accomplissement de sa mission, le général d’armée Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre, s’associe à l’immense douleur de sa famille. Ses pensées accompagnent tous ses proches ainsi que ses frères d’armes.

 

Contact media :

SIRPA TERRE
Centre media du ministère des Armées

Source photo : © Ministère des Armées

Un fusilier marin est décédé en service à Tahiti, en Polynésie française

Un fusilier marin est décédé en service à Tahiti, en Polynésie française

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par Philippe Chapleau – Lignes de défense – publié le 10 novembre 2023

https://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/


Le ministre des Armées a annoncé le décès du quartier-maître de première classe, Clément Elard. Ce fusilier marin est décédé en service en Polynésie française. Ce militaire était affecté à la compagnie de fusiliers marins (CFM) Bernier de Lanvéoc (Finistère); il était en déploiement de courte durée. 

Selon Polynésie 1, neuf militaires participaient à une marche d’aguerrissement  dans la vallée de Mahateaho, dans la commune de Hitia’a o te ra. En difficulté et ayant constaté la disparition d’un des leurs, ils ont alerté les secours. Huit militaires ont été secourus mais le corps de leur camarade a été localisé  “en contrebas d’une cascade, accroché à un arbre”. Son décès a été constaté par les secouristes (une cinquantaine d’hommes a été mobilisée) après l’intervention d’un hélicoptère Dauphin de la Marine.

Beyrouth, 23 octobre 1983 : Souvenons-nous des paras du Drakkar

Beyrouth, 23 octobre 1983 : Souvenons-nous des paras du Drakkar

Voici tout juste 40 ans, le 23 octobre 1983, 6 h 30 du matin : un double attentat frappe la Force multinationale de sécurité à Beyrouth. En quelques secondes, 241 marines américains et 58 parachutistes français sont tués (55 du 1er RCP et 3 du 9e RCP). Le poste Drakkar, occupé par les paras français, vient de subir la frappe la plus terrible contre l’armée française depuis les affrontements de la décolonisation. 

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Bruno Racouchot était alors officier au 6e RPIMa. Il nous a aimablement autorisé à reproduire le texte d’hommage en annexe, initialement paru dans le cadre du très confidentiel « Club des chefs de section paras au feu ».

23 octobre 1983, Beyrouth, 6 h 30 du matin, Drakkar est rayé de la carte 

Le 23 octobre 1983, les parachutistes français présents à Beyrouth dans le cadre de la Force Multinationale de Sécurité, étaient victimes d’un attentat. 58 d’entre eux devaient trouver la mort dans l’explosion du poste « Drakkar ». Le texte d’hommage qui suit a été publié dans le cadre du Club des chefs de section paras au feu, qui compte quelques anciens de cette mission sanglante, depuis le Général François Cann, alors à la tête de la force française, et le Général Paul Urwald, qui commandait alors le 6e RIP, jusqu’au benjamin du Club, Bruno Racouchot, officier-adjoint d’une des quatre compagnies déployées à Beyrouth-Ouest. Plus particulièrement en charge de la section de protection du PC du 6e RIP, Bruno Racouchot décrit la configuration extrêmement délicate et sanglante dans laquelle furent alors plongés les parachutistes français.

Rappel du contexte historique 

En juin 1982, Israël lance l’opération « Paix en Galilée », envahit le Sud-Liban et entreprend fin juin-début juillet l’assaut de Beyrouth-Ouest où les Palestiniens sont encerclés dans une nasse, les Syriens refusant de les accueillir sur leur territoire. Un cessez-le-feu est appliqué début août. La communauté internationale, soucieuse d’éviter des affrontements sanglants, décide d’intervenir. Sous la protection des parachutistes français, soutenus par les soldats américains et italiens, les forces palestiniennes sont exfiltrées en douceur. De 500.000 à 600.000 Palestiniens restent dans les camps.

Le 23 août, Béchir Gemayel est élu Président du Liban. Le 15 septembre, il est assassiné. Israël investit Beyrouth-Ouest. Du 16 au 18 septembre ont lieu les massacres de populations civiles dans les camps de Sabra et Chatila, où des centaines de civils palestiniens sont tués. Le 21 septembre, Amine Gemayel, frère aîné de Béchir, est élu président. Le 24 septembre, pour répondre à une opinion internationale scandalisée par les tueries dont les Palestiniens ont été victimes, une Force Multinationale de Sécurité à Beyrouth est créée, intégrant des contingents français, américains, italiens et une poignée d’Anglais.

Dès lors, au Liban, la situation ne cesse de se dégrader. Massacres de populations civiles et attentats se multiplient. Les soldats de la Force Multinationale sont victimes d’innombrables attaques et de bombardements. Si les Américains sont cantonnés à l’aéroport et les Italiens en périphérie de la ville, si les Anglais se contentent de mener des missions de renseignement avec un escadron spécialisé, les Français, eux, reçoivent la mission la plus délicate, au cœur même de Beyrouth.

Tous les quatre mois, les contingents sont relevés, souvent avec des pertes sévères. En septembre 1983 a lieu la relève pour les légionnaires français installés à Beyrouth, remplacés par les parachutistes de la 11e Division parachutiste. C’est l’opération Diodon IV, qui deviendra l’engagement le plus sanglant pour l’armée française depuis les guerres coloniales. Le 3e RPIMa s’installe en secteur chrétien, dans la perspective d’une offensive face au « Chouf », pour pacifier la montagne où les Druzes s’en prennent violemment aux chrétiens. Des éléments du GAP, 1er RHP, 17e RGP, 12e RA, 35e RAP, 7e RPCS et le commando marine Montfort sont également à pied d’œuvre.

Le secteur le plus dangereux, celui de Beyrouth-Ouest, est dévolu à un régiment de marche, le 6e RIP, Régiment d’Infanterie Parachutiste, qui a pour mission principale la protection des populations civiles palestiniennes traumatisées des camps de Sabra et Chatila. Ce régiment, placé sous le commandement du colonel Urwald, a été formé spécialement pour cette opération, et est constitué de quatre compagnies de parachutistes : deux compagnies du 6e Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine basé à Mont-de-Marsan, une compagnie du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes basé à Pau, une compagnie du 9e Régiment de Chasseurs Parachutistes basé à Pamiers.

Le quotidien d’un chef de section para au feu

C’est une vraie leçon de vie dont vont bénéficier les jeunes chefs de section plongés dans la fournaise de Beyrouth. Les Américains sont à l’époque encore sous le coup de la chute de Saïgon survenue à peine huit ans plus tôt. Ils sont repliés sur l’aéroport, ne sortant quasiment pas de leurs abris, usant de blindés M113 pour traverser le tarmac de l’aéroport. Sous des tirs d’artillerie incessants, en septembre 1983, nos jeunes paras ont remplacé les légionnaires. A la différence des professionnels du 3e RPIMa, d’où viennent-ils ces jeunes du 6e RIP ? Ce sont pour la plupart des appelés, d’un genre un peu particulier cependant. Volontaires TAP, volontaires outre-mer, volontaires service long, pour beaucoup d’entre eux, ils ont déjà bénéficié d’une solide formation et ont effectué des « tournantes » hors métropole.

Mentalement et physiquement préparés, ils pressentent cependant dès leur arrivée que cela va être dur, très dur même. Mais ils vont faire front et s’adapter. Avec modestie, calme, détermination. Certes, en débarquant, chacun d’entre eux éprouve l’étrange picotement qui monte le long de la colonne vertébrale. Heureusement, ils ont à leurs côtés les « anciens », à peine plus âgés qu’eux, qui ont « fait » le Tchad, la Mauritanie, le Zaïre, Djibouti, et pour certains déjà, le Liban… Tous ces noms de TOE lointains les ont fait rêver à l’instruction, quand ils n’avaient déjà qu’un souhait, se montrer à la hauteur de ceux qui les avaient précédés sous le béret rouge. Aujourd’hui, le rêve se trouve enfin confronté brutalement à la réalité.

Beyrouth est un piège monumental. On a beau avoir bourlingué, on a beau avoir entendu tirer à ses oreilles, quand on est un jeune chef de section, débarquer dans un tel univers constitue une épreuve d’ordre quasiment initiatique. On n’ose pas le dire, mais on le ressent d’emblée jusqu’au tréfonds de soi. Avec la secrète question qui taraude et que l’on n’ose pas exprimer : saurai-je me montrer digne de mon grade et de mon arme ? Ce sont d’abord les missions ordinaires, protection des postes, ravitaillement, reconnaissance, tâches d’entretien peu glorieuses mais tellement nécessaires, que l’on accomplit sereinement parce que même si le contexte est moche, on leur a appris à être beaux. Les jeunes paras mûrissent vite. Les visages se creusent, le manque de sommeil se fait vite sentir. Paradoxalement, les relations soudent les esprits et les corps. De secrètes complicités se nouent. Plus besoin de longs discours, les ordres s’exécutent machinalement, avec un professionnalisme qui prouve que, par la force des choses, le métier des armes entre dans la peau de chacun.

L’ennemi est partout et nulle part

Le jeune chef de section apprend très vite à connaître son secteur. Il a la chance d’avoir à ses côtés des hommes décidés encadrés par des sous-officiers d’élite, totalement dévoués à leur tâche. Il rôde, de jour comme de nuit, pour imprimer dans ses neurones les itinéraires, les habitudes, les changements de comportements. Rien n’est anodin. Il sait qu’il lui faut lier connaissance, observer, échanger, parler, surveiller, lire, écouter… Pas de place pour la routine. Plus que jamais, il faut faire preuve d’initiative, agir à l’improviste, sortir des postes, aérer les périmètres de sécurité, ne pas céder à la tentation mortelle de se recroqueviller dans les postes, derrière les sacs de sable et les merlons de terre. Des milliers d’yeux observent les paras français depuis les tours qui encerclent les positions. Ici, l’aspect psychologique est capital. On est en Orient. Il n’est pas permis de perdre la face. Les Français ont des moyens dérisoires en regard de leurs adversaires potentiels ou des grands frères américains, qui peuvent d’un simple appel radio, déclencher la venue de norias d’hélicoptères. En revanche, les Français savent s’immerger dans la population. Ils mangent comme le Libanais de la rue, se mélangent aux civils qui déambulent dans des marchés grouillants. Savoir se faire apprécier, c’est se faire respecter. Un sourire généreux sur une face de guerrier, c’est rassurant. Ça prouve la force plus que les armes. C’est cette stature des paras français qui fait très vite leur réputation dans la population.

Ce profil si particulier des soldats français, ce sont les chefs de section et les sous-officiers qui l’impriment à leurs hommes. Quels que puissent être les risques, ils ne changeraient leur place pour rien au monde. Ils savent qu’ils vivent une aventure inouïe, où chacun va pouvoir aller à l’extrême limite de ses possibilités. Le chef de section para a beau n’avoir que vingt-cinq ou trente ans, il sait qu’il passe là une épreuve pour laquelle il s’est préparé depuis des années ou depuis toujours, celle du feu. Il devine intuitivement qu’il va peut-être lui être donné d’accéder à une autre forme de connaissance de la vie, qu’il va opérer une mue intérieure subtile que seuls « ceux qui savent » et les anciens comprendront. Il sait qu’il reviendra de Beyrouth, « pareil sauf tout »… Ceux qui ont lu Ernst Jünger savent ce qu’il entend quand il parle de « La Guerre, Notre Mère »…. Drakkar va littéralement « sublimer » cet état d’esprit.

L’épreuve

Deux jours avant Drakkar, le 21 octobre 1983, je suis désigné pour conduire, avec le capitaine Lhuilier, officier opération du 6e RIP, un entraînement commun de la Compagnie Thomas du 1er RCP avec les marines américains à l’aéroport. Il faut bien que la connaissance de la langue de Shakespeare serve à quelque chose… Lhuilier est une figure des paras-colos. Il a eu son heure de gloire avec le 3e RIMa au Tchad quelques années avant, où coincé dans une embuscade, il a fait monter sa compagnie à l’assaut des rebelles, baïonnette au canon, en chantant « La Marie »… Dans l’épreuve qui se profile à l’horizon, il va se révéler un roc inébranlable.

Marines et paras français au coude à coude à l’entraînement… Comment imaginer en voyant tous ces grands gaillards crapahuter dans la poussière et se livrer à des exercices de tir rapide, que la plupart d’entre eux reposeront bientôt dans un linceul de béton ?… Mis en alerte le samedi soir, nous dormons tout équipés sur nos lits de camp, l’arme à portée de main. On entend bien des explosions, des tirs d’artillerie sporadiques. Des rafales d’armes automatiques titillent les postes. Mais va-t-on s’inquiéter pour si peu ?

Dimanche 23 octobre 1983, 6 h 30 du matin. L’aube se lève. D’un coup, une explosion terrible, une lourde colonne de fumée qui s’élève plein sud dans le silence du dimanche matin. L’aéroport et les Américains sont mortellement touchés. Puis une minute après, encore une autre, plus proche cette fois, d’une puissance tout aussi ahurissante. On entend en direct sur la radio régimentaire que Drakkar a été rayé de la carte. Ce poste était occupé par la compagnie du 1er RCP commandée par le capitaine Thomas, dont heureusement un détachement était de garde à la Résidence des Pins, le QG français. Bilan des deux attentats : 241 marines et 58 paras français sont tués, sans compter d’innombrables soldats grièvement blessés, évacués en urgence en Europe.

Dès la première explosion, chacun a bondi à son poste. On comprend d’emblée que c’est terrible. Les ordres fusent à toute vitesse. Des équipes partent pour le lieu de l’attentat, les autres sécurisent les postes. Chacun sait ce qu’il a à faire. On est sous le choc, mais le professionnalisme l’emporte. La mécanique parachutiste, répétée inlassablement à l’entraînement, montre ses vertus en grandeur réelle. On va faire l’impossible pour sauver les camarades. Malheureusement, beaucoup sont déjà morts, déchiquetés, en lambeaux, que l’on ramasse jour après jour, nuit après nuit. On a entendu certains d’entre eux râler sous les ruines, alors que nous étions impuissants à les dégager des amas de gravats. Ils sont là, pris dans l’étreinte mortelle de l’acier et du béton, ceux pour lesquels nous sommes arrivés trop tard, ceux avec lesquels hier on riait, on plaisantait, on rivalisait. Aucun des paras qui va relever ses camarades en cette semaine d’octobre n’oubliera ces pauvres corps, « tués par personne », nobles et dignes jusque dans la mort, magnifiques soldats équipés et prêts pour le combat, parfois la main crispée sur leur Famas. Sans doute est-ce parce qu’ils ont rejoint les légions de Saint-Michel que leur souvenir semble éternel. Le mythe para en tous cas l’est. Maintenant plus que jamais. Et tous, nous communions alors dans une espèce de rêve étrange et éveillé, où la mort étonnamment proche se mêle inextricablement à la vie, en un jeu dont les règles nous échappent. Un nouveau jalon funèbre est posé après les combats des paras de la Seconde Guerre mondiale et bien sûr ceux des grands anciens d’Indochine et d’Algérie.

Le piège fatal

En signe de solidarité avec nos hommes, le Président de la République, François Mitterrand, vient rendre un hommage aux morts le 24 octobre. Les paras savent déjà qu’ils sont pris dans un traquenard monstrueux. Jour après jour, ils sont victimes de nouveaux attentats, dans un secteur totalement incontrôlable, où pullulent les milices, les mafias et les « services ». Personne ne sait réellement qui fait quoi, les informations sont sous influence, rien n’est sûr, tout est mouvant. Sans ordres ni moyens légaux, les paras sont contraints de se battre au quotidien pour assurer la survie de leurs postes et continuer à protéger les populations. Aucun renfort notable n’est envoyé de métropole, hormis une compagnie de courageux volontaires du 1er RCP venus prendre la place de leurs prédécesseurs. En dépit des nombreux morts et blessés qu’ils vont relever dans leurs rangs, les paras ne doivent compter que sur leur savoir-faire, leur calme et leur professionnalisme pour se défendre tout en évitant de répondre aux provocations, refusant parfois de tirer pour préserver les civils. À ce titre, la mission aura certes été remplie, mais nombreux sont les soldats français qui reviendront avec l’amer sentiment d’avoir perdu leurs camarades sans les avoir vengés.

Chacun sait alors que nous vivons un moment unique de notre vie, dont l’intensité et la profondeur nous bouleversent. L’aumônier, le père Lallemand, a le don de savoir parler aux soldats. Que l’on soit croyant pratiquant ou athée, agnostique ou païen, il sait trouver les mots qui apaisent et réconfortent. Paradoxalement, Drakkar ne va pas briser les paras, mais les souder. Les semaines à venir vont être infernales. Et cependant, tous font face avec une abnégation sublime. Le plus humble des parachutistes joue consciencieusement son rôle dans un chaudron où se multiplient les attentats. Bien des nôtres vont encore tomber, assassinés lâchement la plupart du temps. Mais tous accomplissent leur devoir avec fierté et discrétion. Nous recevons des mots et des cadeaux de métropole, comme ces Landais qui nous envoient du foie gras à foison pour Noël, ou encore ces enfants qui nous dédient des dessins touchants. Les paras sont soudés, et même la mort ne peut les séparer.

Dans la nuit du 25 décembre, les postes de Beyrouth-Ouest devenus indéfendables dans la configuration géopolitique de l’époque sont évacués. Fin janvier-début février, les paras  exténués sont rapatriés sur la France. Le contingent de « Marsouins » qui les remplace ne restera pas longtemps. Américains et Italiens quittent le Liban fin février. En mars, le contingent français rembarque, ne laissant sur place que des observateurs.

Les enseignements à tirer

Jeune ORSA à l’époque, ayant la volonté de préparer l’EMIA, je décide cependant de quitter l’armée. Cinq années de boxe intensive et à bon niveau m’ont appris qu’un coup encaissé doit toujours être rendu, au centuple si possible. Déphasage. Je ne me sens pas l’âme d’un « soldat de la paix ». Mais les paras vont rester ma vraie famille. Depuis, j’ai fait le tour du monde, connu d’autres aventures. J’ai passé des diplômes, « fait la Sorbonne », créé une entreprise. Mais rien n’a été oublié. Mes chefs d’alors sont devenus des amis. Nous avons eu des patrons magnifiques, Cann, Urwald, Roudeillac, des commandants de compagnie qui étaient des meneurs d’hommes, de vrais pirates pour lesquels on aurait volontiers donné sa vie, des sous-officiers et des soldats avec des gueules sublimes. Tout cela, mon ami le journaliste Frédéric Pons l’a mis en relief avec brio dans son livre « Les Paras sacrifiés » publié en 1993 et réimprimé en 2007 sous le titre « Mourir pour le Liban ». Il faut dire qu’à la différence de bien d’autres, Pons sait de quoi il parle. Ancien ORSA du 8e RPIMa, il a vécu l’une des premières missions de la FINUL au sud-Liban au tout début des années 80.

En novembre 2007,  j’ai été invité à prononcer une courte allocution à Coëtquidan, devant les élèves de l’EMIA qui avaient choisi pour parrain de leur promotion le Lieutenant de La Batie. J’avais connu Antoine quand il était à Henri IV, je l’avais ensuite revu lors de l’entraînement commun à l’aéroport le 21 octobre 1983… puis mort quelques jours après. Ayant quitté l’armée française comme lieutenant, j’ai donc souhaité parler à ces élèves officiers comme un vieux lieutenant à de jeunes lieutenants. Il faut savoir tirer le meilleur de toute expérience, surtout quand elle s’est révélée tragique. Bref, savoir transformer le plomb en or. Il fallait leur dire ce qu’une OPEX comme celle-là nous avait appris concrètement, nous fournissant des enseignements qui nous servent au quotidien dans la guerre économique.

Avec le recul, ce qui demeure certain, c’est que, sans en avoir eu alors une pleine conscience, Beyrouth anticipait le destin de l’Occident. Le terrorisme est devenu une menace permanente, y compris au cœur de notre vieille Europe. Mais en ce temps-là, nous autres, modestes chefs de section, n’étions pas à même d’analyser les basculements géopolitiques en gestation. Plus modestement, Beyrouth nous a révélé la valeur des hommes. Beyrouth nous a enseigné bien des sagesses. Pour ceux qui surent le vivre avec intelligence, Beyrouth fut une épreuve initiatique au sens premier du terme, qui nous a décillé les yeux sur nous-mêmes et sur le monde. Ce que les uns et les autres avons appris dans ce volcan, aucune école de management, aucun diplôme d’université, ne nous l’aurait apporté, ni même l’argent ou les honneurs. Nous avons appris le dépassement de soi pour les autres, la valeur de la camaraderie, la puissance des relations d’homme à homme fondées sur la fidélité, la capacité à transcender sa peur, la reconnaissance mutuelle, l’estime des paras pour leur chef et l’amour fraternel du chef pour ses paras… Des mots qui semblent désuets dans  l’univers qui est le nôtre, mais qui reflètent cependant un ordre supérieur de connaissance des choses de la vie. Cette richesse intérieure acquise, nous en ferons l’hommage discret à tous nos camarades tombés en OPEX le 23 octobre, lorsque, à 6 h 30 du matin, nous penserons à ceux du Drakkar. Comme nos grands anciens, montera alors de nos lèvres vers le ciel la vieille chanson : « j’avais un camarade… »

Bruno Racouchot, ancien lieutenant au 6e RPIMa

L’auteur : DEA de Relations internationales et Défense de Paris-Sorbonne, maîtrise de droit et de sciences politiques, Bruno RACOUCHOT, est aujourd’hui le directeur de la société Comes Communication, créée en 1999, spécialisée dans la mise en œuvre de stratégies et communication d’influence.

IN MEMORIAM Drakkar

capitaine Thomas Jacky
capitaine Ospital Guy
lieutenant Dejean de La Bâtie Antoine
sous-lieutenant Rigaud Alain
adjudant Bagnis Antoine
adjudant Moretto Michel
sergent Dalleau Christian
sergent Daube Vincent
sergent Lebris Jean-Pierre
sergent Longle Yves
sergent Ollivier Gilles
caporal chef Bensaidane Djamel
caporal chef Beriot Laurent
caporal chef Carrara Vincent
caporal chef Duthilleul Louis
caporal chef Grelier Xavier
caporal chef Loitron Olivier
caporal chef Margot Franck
caporal chef Seriat Patrice
caporal chef Vieille Hervé
caporal Girardeau Patrice
caporal Hau Jacques
caporal Jacquet Laurent
caporal Lamothe Patrick
caporal Lepretre Dominique
caporal Leroux Olivier
caporal Muzeau Franck
caporal Thorel Laurent
parachutiste de 1ère classe Gasseau Guy
parachutiste de 1ère classe Gautret Remy
parachutiste de 1ère classe Julio François
parachutiste de 1ère classe Pradier Gilles
parachutiste de 1ère classe Tari Patrick
parachutiste de 1ère classe Théophile Sylvestre
parachutiste Bachelerie Yannick
parachutiste Bardine Richard
parachutiste Caland Franck
parachutiste Chaise Jean-François
parachutiste Corvellec Jean
parachutiste Delaitre Jean Yves
parachutiste Deparis Thierry
parachutiste Di-Masso Thierry
parachutiste Durand Hervé
parachutiste Guillemet Romuald
parachutiste Kordec Jacques
parachutiste Lastella Victor
parachutiste Ledru Christian
parachutiste Levaast Patrick
parachutiste Leverger Hervé
parachutiste Meyer Jean-Pierre
parachutiste Porte Pascal
parachutiste Potencier Philippe
parachutiste Raoux François
parachutiste Renaud Raymond
parachutiste Renou Thierry
parachutiste Righi Bernard
parachutiste Schmitt Denis
parachutiste Sendra Jean

Lire aussi : Déroute à Beyrouth, de Michel GOYA

31 août 1870 : l’infanterie de marine commémore les combats de Bazeilles

31 août 1870 : l’infanterie de marine commémore les combats de Bazeilles


 

Bazeilles est devenu le symbole des troupes de marine. L’anniversaire de Bazeilles est commémoré chaque année dans tous les corps de troupe de France et d’Outre-mer et sur les lieux mêmes de la bataille. À ce haut fait, marsouins et bigors attachent l’origine légendaire de certaines particularités de l’arme : port du képi et de la cravate noirs et suppression des tambours, mesures qui, d’après la tradition, auraient été prises au lendemain de Bazeilles en signe de deuil et pour commémorer le souvenir de ceux qui préférèrent mourir plutôt que de se rendre. 1870 : la France est en guerre. Son territoire est envahi.

 

La dernière cartouche

À cinquante mètres des lisières du village, un peu à l’écart de la route qui conduit à Balan et sur son côté droit, les murs gris d’une maison encore solide apparaissent à travers les feuillages d’antiques peupliers.

Au-dessus de la porte une enseigne : « Bourgerie, vin, bière, eau de vie ».

Cette demeure isolée, fréquentée sans doute le soir par les amoureux ou les compagnons du bourg, cette auberge inconnue sera demain immortalisée par le peintre de Neuville sous le nom de « La maison des dernières cartouches ».
Simple petit bouchon de chez nous avec, derrière sa cour qui fait face à la vallée de la Meuse, une grande salle, un salon, une salle à manger et une cuisine au-dessus d’une cave, les quatre chambres claires du premier étage et le vaste grenier ; simple coin de chez nous qui fleure bon dans sa haie de feuilles vives ; petit logis qui ne doit qu’à sa position d’être encore épargné, mais qui va devenir l’ultime forteresse de Bazeilles.

L’auberge forme deux corps de bâtiments contigus, avec huit fenêtres en haut, autant en bas, et trois portes, toutes donnant sur la façade est. Une courette la sépare d’un appentis.

Dans son repli sur Balan, le 2e de Marine est passé près de là. Au cours d’un repli mordant, chaque point d’appui doit être utilisé. Le capitaine Bourgey qui déjà ce matin l’a occupée, reçoit l’ordre d’y tenir avec quelques éléments. Il y pénètre et y trouve le commandant Lambert qui vers 9 heures, après sa blessure, s’y est fait transporter. Avec le capitaine Delaury et les sous-lieutenants Escoubet et Saint-Félix, Bourgey organise la défense, cependant que le mouvement général continue. Des hommes passent, des officiers les encadrent ; ce sont les derniers combattants des coins de rue, ceux qui ont refusé de se rendre. En apercevant ce réduit encore calme, ils n’ont qu’un réflexe : aider ceux qui ont reçu mission de le défendre. Se joignant ainsi aux défenseurs les capitaines Aubert, du 2e de Marine, et Picard, du 3e, et quelques marsouins et sous-officiers de tous les régiments. Ils sont peut-être une soixantaine à laquelle les Bavarois, occupés dans leur sauvage répression, laissent un moment de répit.

En bas, dans les caves, les soldats ont trouvé des bascules, des balances, et du vin (que les officiers firent croire empoisonné) ; dans les greniers, du blé. La maison vient d’être abandonnée. Aux fenêtres pendent encore des rideaux ; les lits sont garnis de leur fourniture, sauf les draps qui ont été emportés.

Bourgey et Aubert organisent la défense. Lambert est couché dans une chambre au premier étage. Rapidement, la maison devient un fortin. Pour tous la situation est claire : il s’agit de tenir le plus longtemps possible afin de protéger le repli et de retarder l’avance ennemie jusqu’au retour offensif de la division depuis Balan.

Il faut donc se défendre jusqu’au bout par un feu nourri et ajusté. Aubert est un champion de tir. Il se place à la fenêtre de la grande chambre, où gît Lambert qui approuve ces dispositions. Dealaury est dans la pièce à côté. Saint-Félix, du grenier, renseigne sur les mouvements de l’ennemi. Picard est en bas. Bourgey avec Escoubet coordonnent l’ensemble.

Des meurtrières sont pratiquées dans les tuiles, dans les coins de mur, partout où l’on peut voir sans être vu. Les grandes fenêtres sont protégées avec tout ce qui tombe sous la main : sacs de blé, matelas, coussins, meubles. Les meilleurs tireurs sont aux créneaux ; les autres passent les munitions. L’infanterie de Marine est prête à subir l’assaut.

Il ne tarde guère.

Une fois Bazeilles occupé, la première griserie passée, les Bavarois se jettent à la poursuite de l’armée. Ils débouchent par la grand’route, en direction de Sedan.

Une décharge générale fauche les tuniques bleues.

L’ennemi s’arrête, car chaque coup qui part de cette maison maudite fait mouche. Le 15e Bavarois en son entier reçoit alors mission de prendre cette redoute. L’Allemand sait maintenant le prix qu’il faut mettre pour venir à bout des « diables bleus ».

En s’abritant derrière les arbres, les haies, les murs de clôture, les talus, par une série de bonds prudents, le 15e du Roi Louis parvient jusqu’à l’épaisse haie vive qui entoure le jardin et le verger attenant. Embusqués derrière cet abri, couchés dans le fossé de la route ou à genou à l’abri d’une murette de clôture qui disparaît sous la haie, les Bavarois déchargent leurs Werder à bout portant, dans toutes les ouvertures de la maison. Les marsouins ripostent avec énergie. L’adresse du capitaine Aubert crée chez tous une émulation qui est loin d’exclure le calme. Chacun pressent l’imminent assaut.

Nos pertes sont sensibles. Tout marsouin qui se découvre est touché. Le sang coule et éclabousse le bord des meurtrières. Les blessés sont évacués, loin des cloisons ; ceux qui n’avaient pu trouver place, montent aux créneaux.

La grande horloge de la chambre est percée par une balle. Comme plus tard, le 24 mai 1871, le cadran des Tuileries indiquera 4h55 quand le palais de Catherine de Médicis prendra feu, l’horloge de la maison Bourgerie s’arrêtera à 11h35. À partir de ce moment le temps ne compte plus pour les braves qui y résistent.

Le feu est si bien ajusté que l’ennemi n’ose donner l’assaut, et décide plutôt de cerner la maison.

Saint-Félix signale cette manœuvre. Lambert comprend ce qu’elle signifie : « Il m’est impossible de marcher, dit-il aux officiers qui se trouvent dans la chambre. Laissez-moi quelques hommes, et retirez-vous avec le détachement sur la division ».

« Non, mon commandant, nous resterons avec vous jusqu’à la fin. Nous ne vous abandonnerons jamais ! » Bourgey est responsable de la défense : on lui a confié la maison, il la garde.

Les travaux entrepris à la barre à mine, dans les murs du rez-de-chaussée, sont abandonnés. Les portes sont bloquées par des enclumes, des vieilles roues, des établis, des meubles… La manœuvre allemande se déroule comme l’avait prévu Saint-Félix. La maison est encerclée. La position cernée. La mission s’en trouve presque facilitée : il suffit maintenant de tuer et de mourir sur place. Alors le village de Bazeilles aura été défendu jusqu’à la mort : le général sera content.

Il est près de midi. Von der Thann installé sur la place de l’Église, s’aperçoit de l’arrêt de ses avant-gardes. Il s’en inquiète. Sa colère est grande. « Ils veulent tenir, assiégez-les ». Tout siège comporte de l’artillerie. Les batteries de Liry reçoivent la maison Bourgerie comme objectif. Les premiers obus éclatent au delà ; la seconde bordée atteint la toiture obligeant l’évacuation du grenier. Un moment, la confusion règne à l’intérieur. Le feu se ralentit. Les Bavarois croient à l’anéantissement de la résistance et reprennent la progression. Pas pour longtemps.

Le silence qui a suivi l’arrivée des obus a été mis à profit par Bourgey pour réorganiser la défense. Le grenier est abandonné, les munitions sont redistribuées. On devine au loin les chassepots. On en entend aussi dans Bazeilles où tiennent encore Bourchet, Watrin et d’autres. On en entend vers Balan où la division continue de lutter. Ce claquement bien connu confirme les espoirs : les camarades reviendront ; il faut tenir, tenir. Bourgey et le caporal Aubry, par la fenêtre d’une chambre voient quatre gaillards s’avancer. Leur chassepots rallument la bataille.

Bourgey est assommé par une partie du plafond arraché par un obus ; rapidement remis, il reprend sa mission. Delaury est atteint au cou et à la hanche ; Picard est blessé à la face.

À tout coup, les marsouins tombent. L’atmosphère dans les chambres devient irrespirable. Le grenier flambe doucement. L’odeur du feu, de la poudre et du sang, la poussière, la fumée et le plâtras empêchent de penser à autre chose qu’à cette lutte à mort librement acceptée.

Von der Thann, au comble de la rage, essaie de faire miner l’arrière de la maison et sauter ce dernier bastion du droit qui barre la route à la force. Un sous-officier en avertit Bourgey. Celui-ci fait concentrer le feu sur les sapeurs qui sont aussitôt stoppés. Maintenant le toit est en flammes. La maison va sans doute s’écrouler. L’aile est atteinte par un obus de plein fouet. Les marsouins combattent toujours. Ils sont magnifiques ; ils sont beaux comme seuls sont beaux ceux qui savent se sacrifier. Les visages sont crispés, les volontés tendues. Ni excitation, ni fausse exaltation. Pas un cri, pas un mot, hors le râle des mourants et les quelques plaintes des blessés.

Mais jusqu’à quand vont-ils mourir ? Les cartouches s’épuisent, les gibernes se vident. C’est alors que Von der Thann, jugeant l’inanité de ses efforts, ordonne d’amener deux pièces d’artillerie qui remplaceront l’impossible travail des sapeurs.

D’un côté des moyens toujours renforcés. De l’autre, le sous-lieutenant Saint-Félix, après avoir fouillé les blessés et les morts, rapporte trente cartouches.

Ce sont les dernières.

Il ne s’agit pas de les perdre. Les meilleurs tireurs vont les employer. Bourgey est l’ancien instructeur de tir de son bataillon ; il n’a plus rien à commander ; il va tirer… Aubert n’a pas quitté sa fenêtre.

Vingt-neuf sûrement, lentement, font mouche.

Il ne reste que la dernière.

À Aubert l’honneur de la tirer. Il l’introduit dans la culasse.

Le silence est pressant… Le sang s’arrête… Les sens sont tendus…

Le coup est parti… Il n’a pas été perdu.

C’est la dernière cartouche.

À présent règnent dans les ruines de l’auberge le calme, le désœuvrement, le vide de l’âme, la fin du ressort. Autour du commandant Lambert, un conseil de guerre est tenu. Tous les cadres y sont convoqués. Dehors, dans un grand bruit, les pièces demandées par von der Thann arrivent au galop. Doit-on se rendre ou se faire tuer ? Les yeux se rallument, les baïonnettes sortent des fourreaux… charger.

Lambert ne se sent pas le droit de sacrifier ces hommes qui sont restés avec lui. Il doit essayer de sauver leurs vies Bourgey responsable de la défense, a rempli sa mission. Il s’incline maintenant devant le devoir constant des officiers : la vie des soldats.

Sur la baïonnette du chassepot N° 69 399, appartenant au sergent Poitevin, le mouchoir blanc d’Escoubet est tendu par la fenêtre. Les hurlements sauvages répondent à la consternation des marsouins.

« Je sortirai le premier » dit Lambert. « S’ils me massacrent, alors vendez vos vies. Vous sortirez à la baïonnette et tâcherez de percer vers Sedan ».

Une fois encore, la raison et le devoir ont triomphé d’un fol enthousiasme. Bourgey prend le commandement des survivants qui ont rageusement dégainé.

La porte du rez-de-chaussée est ouverte… Lambert s’engage sous la tonnelle de houblon… Vingt lances cherchent sa poitrine. Les marsouins bondissent. Un capitaine bavarois, le capitaine Lissignolo, du 42e Régiment s’interpose. Son geste chevaleresque empêche le plus horrible des massacres.

Face au soleil couchant, irréels, ayant encore dans leurs yeux la mort qu’ils ont acceptée, sales de l’éclat lumineux des combats, dédaigneux de la force et du nombre qui les a vaincus, les troupes de la Marine quittent Bazeilles.

Six cent cadavres entourent la maison de la dernière cartouche.


Texte extrait de « 
Bazeilles 31 août – 1er septembre 1870 » du capitaine Jean Coigniet de l’infanterie coloniale, édité chez Pouzet en avril 1953 à Paris.

Un commando parachutiste de l’Air a perdu la vie lors d’une opération contre un groupe terroriste en Irak

Un commando parachutiste de l’Air a perdu la vie lors d’une opération contre un groupe terroriste en Irak

https://www.opex360.com/2023/08/29/un-commando-parachutiste-de-lair-a-perdu-la-vie-lors-dune-operation-contre-un-groupe-terroriste-en-irak/


 

 

Cela étant, des commandos français, affectés à la « task force » Hydra [qui relève de la force Chammal, ndlr], sont également engagés, généralement en toute discrétion, dans de telles missions contre l’EI. Et c’est au cours de l’une d’elles, menée en appui des forces de sécurité irakiennes que le sergent Nicolas Mazier, du Commando Parachutiste de l’Air n°10 [CPA 10] a été mortellement blessé, le 28 août.

« Hier, en fin d’après-midi, une unité de militaires français a été engagée dans une opération de reconnaissance en appui des forces irakiennes, à une centaine de kilomètres au nord de Bagdad. Un groupe de terroristes retranchés a vivement pris à partie les forces irakiennes. Les militaires français ont immédiatement riposté pour le partenaire, infligeant de sérieuses pertes à l’ennemi », a expliqué l’État-major des armées [EMA], dans un communiqué.

Malheureusement, lors de cet échange de tirs, le sergent Mazier a été mortellement touché et quatre de ses camarades ont été blessés. Ils ont depuis été transférés vers un hôpital militaire américain à Bagdad.

« Issu du CPA 10, le sergent Nicolas Mazier était déployé en opération extérieure depuis le 19 juillet 2023 dans le cadre de l’opération Chammal. Il contribuait à la formation et à l’appui de nos partenaires irakiens dans le domaine de la lutte anti-terroriste », a précisé l’EMA.

« C’est avec une très vive émotion que le président de la République a appris la mort du sergent Nicolas Mazier du commando parachutiste de l’air n°10, tué hier en Irak alors que son unité appuyait une unité irakienne en opération antiterroriste », a fait savoir l’Élysée. « La Nation pleure de nouveau aujourd’hui l’un de ses fils […] J’adresse mes condoléances à sa famille, ses proches et à ses frères d’armes. Face au terrorisme, la France ne reculera pas », déclaré Sébastien Lecornu, le ministre des Armées.

« Je m’incline avec tristesse devant l’engagement du sergent Nicolas Mazier, CPA 10, mort le 29 août en Irak dans le cadre de l’opération Chammal. Un Aviateur remarquable aux qualités reconnues de tous. Mes pensées vont vers sa famille, ses camarades blessés, ses frères d’armes », a réagi le général Stéphane Mille, le chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace [CEMAAE].

« D’abord engagé comme militaire du rang, le sergent Mazier était un sous-officier perfectionniste et d’une motivation sans faille. Cet aviateur aguerri a très rapidement démontré son sens de l’engagement et ses compétences, que ce soit lors de ses différentes OPEX ou en métropole », a-t-il précisé.

Après l’adjudant Nicolas Latourte et le sergent Baptiste Gauchot, de l’armée de Terre, le sergent Mazier est le troisième militaire français à avoir perdu la vie en Irak au cours de ces deux dernières semaines. Pour rappel, les forces spéciales françaises avaient été endeuillées pour la première fois au Levant en septembre 2017, avec la perte de l’adjudant-chef Stéphane Grenier, du 13e Régiment de Dragons Parachutistes [RDP], lors d’une mission de combat contre l’EI.

L’infanterie de ligne sera célébrée chaque 7 septembre

L’infanterie de ligne sera célébrée chaque 7 septembre

par – Forces opérations Blog – publié le

L’infanterie de ligne a maintenant elle aussi sa fête de tradition. Confiée au 152e régiment d’infanterie de Colmar, la première édition se tiendra début septembre sur le site alsacien du Hartmannswillerkopf. 

Camerone pour les légionnaires, Sidi-Brahim pour les chasseurs, Bazeilles pour les troupes de marine, le Garigliano pour les tirailleurs… ne manquait à l’infanterie qu’un temps pour célébrer ses régiments de ligne. C’est désormais chose faite avec l’instauration de la « fête de l’infanterie de ligne », fruit d’une initiative lancée par le général Ivan Martin, alors commandant de l’école de l’infanterie (COMEI), et avalisée par le chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), le général Pierre Schill.

Le rendez-vous est fixé chaque 7 septembre, date anniversaire de la victoire remportée par les troupes napoléoniennes à proximité de la rivière Moskova (Russie). La Saint-Maurice, célébrée le 22 septembre, restera cependant la fête fédératrice de la « reine des batailles », toutes subdivisions confondues.

Le temps d’une journée, cette nouvelle fête fédérative rassemblera les drapeaux et leurs gardes, les chefs de corps et des représentants des unités ainsi que du personnel issu de ces régiments, qu’il soit d’active ou non.

Sept régiments d’active seront représentés : les 1er RI, 35e RI, 92e RI, 126e RI,152e RI, 14e régiment d’infanterie et de soutien logistique parachutiste et le 132e régiment d’infanterie cynotechnique. Ils seront rejoints par le 24e régiment d’infanterie, composé en majeure partie de réservistes et particulièrement mis à profit lors de l’exercice ORION 2023.

Ce sera aussi l’occasion de mettre en avant des unités trop peu médiatisées, que sont les six formations détentrices de la garde de drapeaux de l’infanterie et les six anciens régiments en double appellation, dont un 44e régiment d’infanterie opérant en soutien des personnels militaires de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

Plutôt que de se concentrer sur un lieu et un fait d’armes uniques, cette fête se « déplacera » chaque année auprès d’un régiment différent, auquel il sera laissé le soin de l’organiser sur un site emblématique de son choix.

L’honneur d’inaugurer ce cycle revient au 152e RI de Colmar qui, outre la Moskova, évoquera la bataille du Hartmannswillerkopt conduite en 1915-1916 face aux troupes allemandes. Ce sont en effet sur les pentes de cette montagne rebaptisée « Vieil-Armand » que les soldats du 15-2 ont gagné leur surnom de « diables rouges », en référence à leur résistance acharnée face aux assauts adverses.

Crédits image : cellule communication du 152e RI

Un sous-officier du 6e Régiment du Génie mortellement blessé en marge d’un entraînement au combat en Irak

Un sous-officier du 6e Régiment du Génie mortellement blessé en marge d’un entraînement au combat en Irak

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Issu du 6e Régiment du Génie et déployé au sein de l’opération Chammal depuis mai 2023, ce sous-officier a été mortellement blessé alors qu’il « participait à une mission de formation de l’armée irakienne pour, inlassablement, lutter contre le terrorisme », a indiqué Sébastien Lecornu, le ministre des Armées, via X/Twitter.

De son côté, l’État-major des Armées [EMA] a précisé que l’adjudant Latourte a été « mortellement blessé en marge d’un exercice d’entraînement au combat en zone urbaine », au cours de la soirée du 20 août. « Il a été pris en charge immédiatement et transféré par hélicoptère vers un hôpital d’Erbil où l’équipe médicale a constaté son décès », a-t-il ajouté, sans donner plus de détails.

L’adjudant Latourte « contribuait à la formation de nos partenaires irakiens dans le domaine de la lutte contre les engins explosifs improvisés », a souligné l’EMA.

« En Irak, ils défendaient nos idéaux. Quelques jours après le sergent Baptiste Gauchot, l’adjudant Nicolas Latourte a perdu la vie dans l’accomplissement de sa mission. La Nation s’associe à la peine immense de leurs familles et frères d’armes des 19e et 6e régiments du génie », a réagi le président Macron.

Pour rappel, dans le cadre de l’opération Inherent Resolve [OIR], dirigée contre les groupes jihadistes par les États-Unis, et si elle continue à fournir un appui aérien aux forces locales, la force Chammal a également la mission de former et d’entraîner les troupes irakiennes.

Ce volet « conseil » va d’ailleur prendre de l’ampleur dans les mois à venir, avec la mise en place d’un « cycle de formation unique » qui, grâce à un détachement de 80 instructeurs français, devra permettre de former l’équivalent de cinq bataillons [soit 2100 soldats irakiens].