Le DLEM renommé 5e régiment étranger dont il reprend les traditions

Le DLEM renommé 5e régiment étranger dont il reprend les traditions

par Philippe Chapleau – Lignes de défense – publié le 3 juin 2024

https://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2024/06/03/le-24673.html


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Du DLEM au 5e RE! L’unité basée à Mayotte change de nom; il s’agit d’une mesure administrative qui sera formalisée en septembre prochain avec l’arrivée du drapeau. Actuellement, le DLEM compte 320 soldats dont 120 permanents. Le passage du DLEM au (e RE ne changera en rien les moyens et missions de l’unité.

 

La Flottille de réserve spécialisée “Formation” a son premier commandant

La Flottille de réserve spécialisée “Formation” a son premier commandant

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par Philippe Chapleau – Lignes de défense – publié le 1 er juin 2024

https://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/


La première flottille de réserve spécialisée a vu le jour à Toulon (à ne pas confondre avec les flottille de réserve côtière). 

Les flottilles de réserve spécialisées (FRS) constituent des pools d’experts apportant l’appui nécessaire dans les domaines transverses ou communs à l’ensemble de la Marine nationale. Ces unités rassemblent majoritairement d’anciens marins d’active et des experts issus de la société civile. L’objectif pour 2030 est de constituer une communauté de plus de 6000 réservistes supplémentaires pour la Marine nationale au sein des différentes flottilles de réserve, qui verront leur nombre augmenter progressivement pour couvrir l’ensemble des besoins.

En 2023, trois flottilles de réserve spécialisées ont été créés: l’une “Numérique et Cyber”, l’autre “Formation” et la dernière “SSF”. Comme l’explique la Marine nationale, elles sont placées respectivement sous la direction d’EMM/BNUM (implantation à Balard et antenne à Toulon), de DPM/FORM (implantation au Fort Lamalgue à Toulon) et sous la direction du DCSSF (implantation à Balard avec des antennes à Toulon et Brest).

Les FRS ont vocation à fournir des experts en appui des différents besoins de la Marine dans ces domaines spécialisés. A titre d’exemple, la FRS “formation” vient en appui du Pôle Ecoles Méditerranée (PEM) et des autres écoles de la Marine avec un nombre croissant d’intervenants réservistes venant du monde civil, dans des domaines parfois très technologiques comme les radars ou la construction navale ou pour du renforcement de l’enseignement académique. Cette contribution a représenté pas loin de 1000 heures d’enseignement en mai 2024 et est en croissance. Elle permet par ailleurs des échanges extrêmement profitables entre les marins des forces et des experts venus d’autres horizons.

Du côté des flottilles de réserve côtières

En métropole, trois flottilles de réserve côtières vont voir le jour, chacune rassemblant 10 escouades de 6 à 8 réservistes. Hors de métropole, six autres escouades seront installées à la Réunion, en Guyane, en Polynésie, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie et dans les Antilles. Soit un total de 36 escouades dont le déploiement devrait être achevé en 2027.

Elément de base de la flottille, l’escouade comportera un semi-rigide côtier de moins de 8m avec deux moteurs, le véhicule et sa remorque, ainsi qu’un micro-drone.

La première flottille de réserve côtière sera installée en Atlantique “à l’été 2024” avec à terme un état-major de 120 hommes à Brest. Une seconde flottille verra le jour en Méditerranée (à Toulon) un an plus tard et une troisième en Manche (Cherbourg) à l’été 2026. Les deux premières escouades d’outre-mer verront le jour l’été 2025.

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Le sort du général Guerassimov, le chef d’état-major des forces russes, suscite de nouvelles interrogations

Le sort du général Guerassimov, le chef d’état-major des forces russes, suscite de nouvelles interrogations

https://www.opex360.com/2024/03/14/le-sort-du-general-guerassimov-le-chef-detat-major-des-forces-russes-suscite-de-nouvelles-interrogations/


Désigné par le président russe, Vladimir Poutine, pour remplacer le général Sergueï Sourovikine [surnommé le « général Armageddon »] à la direction des opérations en Ukraine, en janvier 2023, le général Guerassimov a fait édifier une solide ligne défensive qui a mis en échec la contre-offensive lancée par les forces ukrainiennes en juin dernier et permis à l’armée russe de réaliser des gains territoriaux limités.

Début janvier, à la suite d’une attaque ukrainienne contre un centre de commandement en Crimée, des bruits sur le décès du général Guerassimov ont été répandus par Kiev. Puis, ce haut responsable militaire russe n’ayant plus été vu en public depuis près d’un mois [sa dernière apparition remontait au 29 décembre, ndlr], la rumeur a pris de l’ampleur, sans être à aucun moment démentie par le Kremlin, contrairement à ce qu’il avait fait pour l’amiral Viktor Sokolov, dont la mort avait été annoncée après la chute d’un missile sur le quartier général de la flotte de la mer Noire, le 22 septembre.

Finalement, le général Guerassimov a refait surface le 21 février, lors d’une inspection des troupes ayant pris part à la prise de ville ukrainienne d’Avdiïvka. Des images ont été diffusées par le ministère russe de la Défense, via le réseau social VK.

Cela étant, une rumeur en chasse une autre. La dernière en date avance que le général Guerassimov aurait été démis de ses fonctions. Si les bruits précédents à son sujet ne reposaient sur aucune preuve tangible, ce n’est pas le cas cette fois-ci.

En effet, des documents paraphés par le colonel-général Viktor Poznikhir, promu le 19 février, auraient été publiés sur le portail d’informations juridiques de la Fédération de Russie [ce qui ne peut pas être vérifié, faute d’accès au site Internet en question, ndlr]. Or, il les a signés en qualité de « chef d’état-major par intérim des forces armées ».

S’agit-il d’une nouvelle tentative de manipulation ? Le général Guerassimov, 68 ans, n’est-il plus en mesure d’occuper ses fonctions ? A-t-il été limogé ? Si tel est le cas, pourquoi le colonel-général Nikolaï Bogdanovsky, son second depuis juin 2014, ne le remplacerait-il pas, même temporairement ? Enfin, si cette rumeur est confirmée, qui dirige actuellement les opérations russes en Ukraine ?

Par ailleurs, aucun décret relatif à la nomination du colonel-général Poznikhir à la tête de l’état-major des forces russes et signé par M. Poutine n’a été publié. Cependant, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a récemment admis qu’il existait des « décrets secrets » qu’il ne pouvait pas commenter publiquement. L’un d’eux aurait d’ailleurs concerné le limogeage de l’amiral Nikolaï Evmenov, le chef de la marine russe. Limogeage que les autorités russes n’ont pas démenti…

Photo : capture d’écran

Biographie du Général Valentin SEILER commandant la 6e brigade légère blindée

Biographie du Général Valentin SEILER commandant la 6e brigade légère blindée

Marié et père de quatre filles, le général Valentin Seiler est né le 27 février 1972 à Strasbourg.

Il est admis à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr Coëtquidan en 1992 (promotion Capitaine Stéphane).

Après une année de formation à Saumur dans le domaine du combat blindé, il rejoint le 1er Régiment étranger de cavalerie à Orange en 1996.

Chef de peloton blindé, il est engagé en opérations au Tchad, au Congo-Brazzaville et en République Centrafricaine. En 1998, il est affecté à la 13e Demi-brigade de Légion étrangère à Djibouti pour deux ans. De retour au 1er REC, il prend le commandement du 3e escadron en 2001. Il effectue avec son unité une mission au Détachement de Légion étrangère de Mayotte, puis est engagé, en 2003, en opérations en Côte d’Ivoire.

Dans le cadre de l’enseignement militaire supérieur, il effectue un mastère à HEC (2005-2006). Il suit ensuite l’Advanced command and staff course au Joint services command and staff college à Shrivenham (UK), tout en effectuant un Master of arts in Defence studies au King’s college London, University of London (2006-2007).

A l’issue de sa formation en Grande-Bretagne, il rejoint l’Etat-major de l’armée de terre (EMAT) à Paris, où il sert comme officier traitant à la Division Performance-Synthèse.

De 2009 à 2011, il exerce la fonction de chef du bureau opérations-instruction du 1er REC ; au cours de son affectation, il est engagé en Côte d’Ivoire, comme chef opérations.

En 2011, il est affecté à l’Etat-major des armées (EMA) à Paris, où il contribue à l’élaboration de la loi de programmation militaire 2014-2019. Promu au grade de colonel en 2012, il achève son affectation à l’EMA au Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), où il suit les opérations menées en Afrique.

Il commande le 1er REC de 2015 à 2017 et est engagé en opérations en République Centrafricaine à la tête d’un groupement tactique interarmes.

En 2017, il rejoint le cabinet du chef d’état-major de l’armée de Terre pour prendre la fonction de chef adjoint de cabinet.

Après une année d’auditeur au Centre des hautes études militaires et à l’Institut des hautes études de la défense nationale (2019-2020), il rejoint l’EMA comme officier de cohérence opérationnelle (OCO) en charge de l’engagement au combat dans le milieu terrestre, puis comme secrétaire général des OCO.

Il est promu au grade de général de brigade le 1er juin 2022. A partir du 11 juillet 2022, il commande les dix centres d’entraînement spécialisés de l’armée de Terre, à Mourmelon-le-Grand.

Le 7 juillet 2023, il prend le commandement de la 6e brigade légère blindée à Nîmes, où il exerce également les fonctions de commandant de la base de défense Nîmes-Laudun-Larzac, de délégué militaire départemental du Gard et de commandant d’armes de la place de Nîmes.

Le général Valentin Seiler est officier de la Légion d’honneur, chevalier de l’ordre national du mérite et titulaire de la croix de la valeur militaire avec deux citations.

Qui est Céline Berthon, nouvelle patronne de la DGSI ?

Qui est Céline Berthon, nouvelle patronne de la DGSI ?

Céline Berthon a été nommée à la tête de la DGSI à l’issue du Conseil des ministres, ce mercredi 20 décembre 2023. Selon Gérald Darmanin, il s’agit de la première femme à diriger le service.

Céline Berthon, à l’époque secrétaire générale du syndicat des commissaires de police nationale, en novembre 2015.
Céline Berthon, à l’époque secrétaire générale du syndicat des commissaires de police nationale, en novembre 2015. | NICOLAS EMERIAU/ARCHIVES OUEST-FRANCE

C’est une première dans l’histoire des renseignements intérieurs. Céline Berthon, actuelle numéro deux de la police nationale (DGPN), a été nommée mercredi 20 décembre 2023 à la tête de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

« Policière à la carrière remarquable »

Gérald Darmanin a annoncé qu’elle serait la première femme à occuper cette fonction. « Policière à la carrière remarquable », elle « aura à diriger une des administrations les plus sensibles de notre pays », a écrit le ministre de l’Intérieur sur X.

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet a également salué sa nomination : « Félicitations à Céline Berthon, première femme à devenir directrice de la DGSI ! Ainsi qu’à Nicolas Lerner nouveau directeur de la DGSE. Tous mes vœux de succès à eux deux, au service de notre sécurité, en France et à travers le monde ».

Son élection à la tête de la DGSI survient après que son prédécesseur, Nicolas Lerner a été nommé numéro 1 à la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE).

Ex-directrice de la Sécurité publique

Céline Berthon est diplômée de l’École nationale supérieure de la Police (ENSP) en 2000.

Elle rejoint l’état-major de la Direction centrale de la Sécurité publique (DNSP) jusqu’en 2009 avant d’y être nommée à la tête de la Direction en 2021. Alors âgée de 45 ans, elle était la première femme et la plus jeune personne à être nommée à ce poste.

En avril 2023, elle rejoint la direction générale de la police nationale, en tant qu’adjointe (numéro deux). Là encore, il s’agit de la première femme à occuper ce poste.

Espoir de réhabiliter l’image de l’institution

En juillet 2023, Le Monde dresse le portrait d’une femme simple, envieuse de « combattre l’injustice ». D’un père officier de police et d’une mère agente administrative dans le privé, Céline Berthon se passionne pour « les procès et la défense des victimes » au collège.

Numéro deux de la police à cette époque, la mère de trois enfants confie à nos confrères son espoir de redorer l’image de l’instruction, affadie par la mort de Nahel tué par un policier en juin dernier. « J’aimerais tant que les gens soient convaincus de l’honnêteté de notre engagement, du rôle social que l’on joue, et du courage qu’il faut aux policiers pour faire leur travail. »

Le préfet Nicolas Lerner a été nommé à la tête de la Direction générale de la sécurité extérieure

Le préfet Nicolas Lerner a été nommé à la tête de la Direction générale de la sécurité extérieure

https://www.opex360.com/2023/12/20/le-prefet-nicolas-lerner-a-ete-nomme-a-la-tete-de-la-direction-generale-de-la-securite-exterieure/


Ce mouvement est inédit car, pour la première fois, la DGSE sera dirigée par un « transfuge » de la Direction générale de la sécurité intérieure [DGSI], le préfet Lerner ayant été nommé à sa tête en 2018. En outre, âgé de 45 ans, il s’apprête à devenir le plus jeune « patron » du renseignement extérieur.

Sorti de l’ENA en 2004 en tant qu’administrateur civil, Nicolas Lerner est d’abord affecté au le secrétariat général du ministère de l’Intérieur, avant de rejoindre l’administration préfectorale. Directeur de cabinet du préfet de la région Languedoc-Roussillon entre 2006 et 2008, puis chef de cabinet du préfet de Police de Paris, il est nommé sous-préfet de Béziers en 2014.

L’année suivante, il devient directeur de la sécurité générale en Corse-du Sud. En 2017, il rejoint le cabinet du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, au sein duquel il s’occupe des questions relatives au renseignement et au contre-terrorisme. Il devient ensuite le plus jeune chef du renseignement intérieur, à seulement 40 ans.

Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a dit rendre un « hommage appuyé à l’action de Bernard Émié qui a dirigé la DGSE pendant plus de six années, durée exceptionnellement longue sur un poste aussi exigeant ». Ce qui, stricto sensu, n’est pas exact, Alexandre de Marenches ayant dirigé le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage [SDECE, « ancêtre » de la DGSE] entre 1970 et 1981. Ancien officier [promotion « Maréchal Bugeaud » à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr], Jacques Dewatre a tenu les rênes de la « Piscine » pendant sept ans [1993-2000]… Soit une année de plus que Pierre Brochand [2002-2008].

Quoi qu’il en soit, Bernard Émié aura conduit une vaste réforme de la DGSE, en supprimant des échelons hiérarchiques, en abandonnant une organisation dite en « silos » et en mettant en place des « centres de missions ». Désormais, le service compte trois grandes directions [administration, recherche et opérations, technique et innovation] ainsi qu’un secrétariat général pour l’analyse et la stratégie. En outre, le désormais ancien directeur était particulièrement attaché à la « militarité » de la « Piscine ».

Cela étant, si, durant, ces six dernières années, plusieurs succès notables sont à mettre son actif [comme par exemple la « neutralisation » d’Abdelmalek Droukdel, le chef d’al-Qaïda au Maghreb islamique], la DGSE a dû endosser la responsabilité de quelques « ratés ». Il lui a en effet reproché de ne pas avoir vu venir les coups d’État au Mali et au Niger, l’affaire AUKUS ou encore l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Mais il est vrai qu’il est toujours tentant de rejet la responsabilité d’erreurs d’appréciation sur un service qui, par définition, ne peut pas toujours s’en défendre publiquement.

Toutefois, s’agissant plus particulièrement de l’Ukraine, M. Émié avait tenu à faire une mise au point, lors d’un [rare] entretien donné à la presse [Le Point, en l’occurrence], en juin dernier.

« Nous avons détecté les mêmes mouvements de troupes russes que nos alliés. Si nous avons pu différer dans nos analyses, nous avions le même degré d’information. La seule différence tient au traitement qui a été fait de ces renseignements. Nous étions encore dans une phase de négociation et de dialogue [avec la Russie, ndlr]. La CIA a choisi de divulguer au grand public ses renseignements dans l’espoir de dissuader Moscou de passer à l’action. Nous avons gardé ces éléments secrets car nous ne voulions pas dévoiler nos méthodes de collecte. Ce silence de notre part a conduit un certain nombre de médias à imaginer que nous ne savions pas. Ce qui est faux », avait-il soutenu.

« À l’heure d’ouvrir une nouvelle page dans l’histoire de la DGSE, je souhaite partager à Bernard Émié, ma reconnaissance et celle de la Nation, pour ses 6 années à la tête de la DGSE. C’est la grandeur de l’action d’un service de renseignement de ne voir exposés que ses très rares revers et de ne jamais se voir reconnaître au grand jour l’étendue de ses succès », a dit M. Lecornu. Et de conclure : « Je souhaite bonne chance à Nicolas Lerner qui a toute ma confiance pour continuer à protéger, dans l’ombre, la France et les Français ».

Photo : Ministère de l’Intérieur / DGSI

L’armée de Terre a créé un nouveau commandement pour ses opérations en Europe

L’armée de Terre a créé un nouveau commandement pour ses opérations en Europe

https://www.opex360.com/2023/10/17/larmee-de-terre-a-cree-un-nouveau-commandement-pour-ses-operations-en-europe/


Armée par 58 militaires et commandée par le général François Goguenheim, cette structure se vit confier la mission d’assurer le soutien logistique des unités « déployées dans des opérations relevant de son périmètre ». Mais ses responsabilités étaient encore trop restreintes… Aussi a-t-elle laissé la place, le 16 octobre, au « Commandement Terre Europe » [CTE], dont les attributions seront a priori plus larges.

La création de cette nouvelle structure s’inscrit dans le cadre du plan de transformation récemment dévoilé par le général Pierre Schill, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT].

« Cet état-major va exercer le contrôle opérationnel des unités Terre déployées en Europe et la cohérence de leur emploi quand elles sont placées sous l’autorité d’une organisation multinationale ou d’une coalition. Il commandera également les échelons de soutien nationaux », explique le CFT.

« Il s’agit de dire que, dans la période de grande incertitude qui est la nôtre aujourd’hui, chaque état-major doit être concentré sur l’ensemble des enjeux opérationnels qu’il peut avoir à traiter », a résumé le général Bertrand Toujouse, le commandant des forces terrestres, avant de préciser que le principe du CTE avait été validé par le chef d’état-major des armées [CEMA] au cours de l’été dernier.

 

« Tout en contribuant à son effort de subsidiarité, cet état-major [le CTE, ndlr] accroît de manière substantielle la faculté d’adaptation de l’armée de Terre confrontée à des réalités géopolitiques évolutives en Europe », a, de son côté, souligné le général Schill, via Linkedin.

« En exerçant la responsabilité opérationnelle sur nos déploiements dans l’est du continent, il contribuera désormais à l’exigence de réactivité de notre pays et ancrera sa crédibilité dans l’espace de solidarité stratégique partagé avec nos alliés », a ajouté le CEMAT, en rappelant que l’objectif du plan de transformation qu’il a élaboré vise à « optimiser les effets opérationnels produits par l’armée de Terre ».

Photo : CFT/ Armée de Terre

Général Jon Cresswell : « Une relation bilatérale nécessite un travail constant »

Général Jon Cresswell : « Une relation bilatérale nécessite un travail constant »

Cet officier britannique sert en ce moment dans l’armée française, dans le cadre d’une coopération de défense unique. A l’occasion de la visite cette semaine du roi Charles III, il en explique les avantages concrets.
Général Jon Cresswell : « Une relation bilatérale nécessite un travail constant »

 

Depuis l’été 2021, le général de brigade Jon Cresswell est général adjoint « opérations » à l’état-major de la 1ère division de l’armée de Terre française, basé à Besançon ; dans le cadre des échanges d’officiers renforcés depuis le traité d’Amiens, en 2016, un général français est en même temps général adjoint de la 1ère division britannique, à York. Après sa formation initiale à l’Académie royale militaire de Sandhurst, Jon Cresswell a surtout servi dans l’artillerie de marine, en Afghanistan, dans les Balkans ou en Norvège, mais aussi dans les blindés en Irak, puis au Sahel dans le cadre de la Force multinationale mixte déployée contre Boko Haram.

C’est en France que ce francophone a suivi sa formation supérieure, à l’École de guerre puis au Collège des hautes études militaires (CHEM), en parallèle de la 72e session de l’IHEDN dont il a été auditeur dans la majeure « politique de défense ». Ce passionné d’histoire, titulaire d’un master dans cette discipline, est aussi président de la Société historique de l’artillerie royale.

– QU’EST-CE QUI VOUS A MOTIVÉ POUR PRENDRE CE COMMANDEMENT ADJOINT DE DIVISION DANS LE PAYS PARTENAIRE ?

Même si j’ai suivi toute ma formation militaire supérieure en France et ai été engagé dans des opérations en Afrique francophone, je n’avais en fait jamais servi en France même. C’est donc tout naturellement que j’ai souhaité faire cet échange au sein des forces armées françaises. En soi, ce poste offrait aussi une excellente opportunité pour exercer au niveau divisionnaire. J’avais auparavant servi au niveau d’une brigade et dans le champ des politiques de défense, mais jamais au niveau d’une division ou d’un corps d’armée. Après mon parcours spécialisé dans le ciblage (effets, renseignement, feux), ce poste de commandant adjoint opérations inclut la responsabilité de la bataille profonde de division, un domaine dans lequel je souhaitais développer mes compétences. Et pour le soldat que je suis, il y a aussi un réel plaisir à me trouver au niveau tactique.

– QUELLES SONT LES DIFFÉRENCES CULTURELLES ENTRE L’ARMÉE DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ET CELLE DE LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE BRITANNIQUE ?

Je trouve fascinant de comparer les deux systèmes démocratiques, parce qu’à mon sens, la constitution de votre Ve République est monarchique, avec son exécutif fort mandaté de manière claire par une élection à deux tours. Le Royaume-Uni, lui, est une démocratie parlementaire dans le cadre d’une monarchie constitutionnelle. Dans les deux cas, les armées acceptent leur subordination au pouvoir civil démocratiquement élu, bien que pour la française ce soit au nom de la France, alors que pour la britannique c’est au nom du souverain. On peut considérer que ce dernier système permet efficacement aux armées de montrer leur caractère apolitique.

Plus largement, la question culturelle me fascine parce que nos deux armées sont le résultat de l’histoire de leur nation respective, la France étant un pouvoir à la fois terrestre et maritime, alors que la Grande-Bretagne était avant tout un pouvoir maritime. Par ailleurs, les caractéristiques sociales des deux nations ont aussi modelé leurs relations avec leurs armées respectives. Enfin, il est intéressant de noter les différences entre nos deux formations au haut commandement : au Higher Command and Staff Course (HCSC), les Britanniques préparent leurs officiers supérieurs à commander en opérations, alors qu’au Centre des hautes études militaires (CHEM), la France forme ses futurs généraux à être des acteurs politico-stratégiques au service du gouvernement.

– QUELS SONT SELON VOUS LES AVANTAGES D’UNE TELLE COOPÉRATION D’UN POINT DE VUE OPÉRATIONNEL ?

Il a souvent été dit que le Royaume-Uni et la France ont des vues et intérêts similaires au niveau mondial, ainsi que des responsabilités sécuritaires en Europe. Comme l’a remarqué votre Président dernièrement pendant la visite de notre Premier ministre, nos deux nations sont « dotées » en matière de dissuasion nucléaire. Il y a donc d’utiles synergies à exploiter, sous l’égide de différentes initiatives comme celle de Lancaster House en 2010, qui n’est sans doute pas la dernière. Notre relation bilatérale fonctionne ainsi depuis l’Entente cordiale de 1904, d’ailleurs des officiers britanniques ont commencé à étudier à l’École de guerre peu après, et des rencontres annuelles d’états-majors ont été initiées.

Cependant, pour en revenir à la question culturelle, nous demeurons très différents, et donc travailler ensemble implique une interopérabilité technique, conceptuelle et humaine. Les fonctions comme la mienne permettent d’améliorer cette dernière, tout en soutenant les deux premières. Une relation bilatérale nécessite un travail constant pour atteindre la confiance, assurer la compréhension, et aussi pour trouver des domaines de coopération future.

– EN QUOI CETTE EXPÉRIENCE VOUS SERA-T-ELLE UTILE POUR LA SUITE DE VOTRE CARRIÈRE ?

Elle l’est déjà, puisque mon travail avec la 1ère division à Besançon m’a permis d’améliorer ma formation tactique, particulièrement en termes de bataille profonde, ainsi qu’au niveau opérationnel plus large. Elle m’apporte aussi une réelle profondeur en combat défensif, avec la France évidemment, mais aussi avec les partenaires américains, belges, hollandais et allemands, comme le veut ma fonction. Plus important encore, je pense que des expériences comme celle-ci ouvrent nos horizons intellectuels, en nous permettant de voir les choses sous un angle différent. Et ça, c’est précieux dans n’importe quel domaine professionnel.

L’école du Génie d’Angers a un nouveau chef

L’école du Génie d’Angers a un nouveau chef

par Philippe Chapleau – Lignes de défense – publié le 16 septembre 2023

https://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/


Lu dans notre édition d’Angers, le vendredi 15 septembre:

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J’en profite pour rappeler qu’Angers va renforcer sa position de creuset du Génie avec l’arrivée à partir de 2024 de l’état-major de la future brigade du Génie (voir mon post). J’y écrivais qu'”à Angers va s’installer l’état-major de la future brigade du génie dont la création est prévue le 1er août 2024 autour d’un noyau clef. Cette unité va intégrer le 132e RIC et le 19e RG de la 1re division, le 31e RG et le 2e RD de la 3e division, le 25e RGA et le 28e GG du COMRENS”.

Un nouvel amiral pour la Force d’action navale

Un nouvel amiral pour la Force d’action navale

 

par defense-zone.com – publié le 31 août 2023

https://defense-zone.com/blogs/news/un-nouvel-amiral-pour-la-force-action-navale-christophe-cluzel


La Marine nationale accueille à la tête de la Force d’action navale le vice-amiral (VAE) d’escadre Christophe Cluzel qui succède à l’amiral Xavier Baudouard. La cérémonie officielle de passation s’est tenue à Toulon le 30 août.

Le VAE Cluzel a dirigé le patrouilleur La Moqueuse en Nouvelle-Calédonie, l’aviso Enseigne de Vaisseau Jacoubet et la frégate de défense aérienne Forbin. Plus récemment, en 2021, il a pris les rênes de la force aéromaritime française de réaction rapide. Sous sa houlette, le groupe aéronaval, centré autour du porte-avions Charles de Gaulle, a été engagé dans des missions cruciales. Lors de la mission CLEMENCEAU 2022, ce groupe a joué un rôle déterminant en Méditerranée, notamment dans la lutte contre Daech et en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. La mission ANTARES, en 2022/2023, a vu le groupe opérer dans des zones stratégiques, de la Méditerranée à l’océan Indien.

La Force d’action navale représente aujourd’hui une puissance maritime incontestable. Avec une trentaine de bâtiments déployés en permanence à travers le monde, 10 700 marins à son service, et 98 bâtiments de surface, la FAN est un pilier de la défense française. Elle dispose également de huit bases navales outre-mer et à l’étranger, de groupes spécialisés comme les plongeurs-démineurs et la Flottille amphibie, sans oublier la Force aéronavale nucléaire (FANu). Quatre centres experts complètent ce dispositif, couvrant des domaines allant de la plongée à la cyberdéfense.

La mission principale de la FAN est de garantir la préparation et l’entraînement des marins, tout en assurant la disponibilité technique du matériel. Elle joue un rôle essentiel en fournissant au chef d’état-major des Armées les forces nécessaires pour conduire les opérations militaires de la France.