La politique européenne de défense, un chantier toujours en cours

La politique européenne de défense, un chantier toujours en cours

La politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l’Union européenne, active depuis 2007, est l’aboutissement d’un processus bien plus ancien. Indissociable de l’OTAN, elle est aujourd’hui confrontée au défi d’une industrie de défense européenne.

Visuel de représentatif de la politique européenne de défense

 

IHEDN – publié le 22 avril 2024

https://ihedn.fr/2024/04/22/la-politique-europeenne-de-defense-un-chantier-toujours-en-cours/


Cette semaine, l’IHEDN accueille à Paris un module du 19e Cours de haut niveau de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), organisé par le Collège européen de sécurité et de défense. C’est l’occasion de se pencher sur la PSDC, un outil important mais méconnu du grand public, qui s’inscrit dans une volonté ancienne de constitution d’une défense européenne.

1948, 1949 : ces deux années sont fondatrices pour la défense européenne telle qu’elle existe aujourd’hui. Le 17 avril 1948, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la France signent le traité de Bruxelles, fondant l’Union occidentale (UO) qui vise à instaurer une coopération militaire, économique, sociale et culturelle entre ces États. S’y ajoute une clause de défense mutuelle. Moins d’un an après, le 4 avril 1949, c’est la naissance de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). Trois quarts de siècle plus tard, la PSDC de l’Union européenne, lointaine descendante de l’UO, est toujours étroitement liée à l’OTAN.

Ces deux entités sont nées dans un contexte tendu : fin de la Seconde Guerre mondiale, début de la guerre froide, bientôt la guerre de Corée… Après l’échec du projet de création d’une armée européenne sous commandement de l’OTAN dans le cadre de la Communauté européenne de défense (CED) en 1954, l’Alliance atlantique apparaît comme la solution préférée des États membres de l’UE pour leur défense commune. Ce qui ne les a pas empêchés de se doter d’outils communs.

UNE STRATÉGIE CAPACITAIRE, OPÉRATIONNELLE ET INDUSTRIELLE

En effet, la chute du bloc soviétique au début des années 1990 a conduit l’UE à renforcer largement sa capacité de défense. En 1992, le traité de Maastricht instaure l’Union européenne et la base sur trois « piliers », dont la politique étrangère et de sécurité commune (PESC). Dans ce cadre, le traité de Nice en 2001 lance la politique européenne de sécurité et de défense (PESD), à laquelle succède la PSDC après le traité de Lisbonne, signé en 2007.

Placée sous l’autorité du Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, actuellement l’Espagnol Josep Borrell, la PSDC constitue une avancée conséquente dans la construction d’une Europe de la défense. À compter de 2016, elle est encore consolidée quand le Conseil européen valide la stratégie globale de l’Union. Trois axes sont identifiés pour l’approfondir :

  • Capacitaire : un examen annuel coordonné en matière de défense est instauré : en examinant les plans de défenses des États membres, il vise à mieux les coordonner. Surtout, la coopération structurée permanente (CSP) permet désormais aux membres qui le souhaitent de développer des projets en commun ;
  • Opérationnel : création d’une capacité militaire d’opération et de conduite puis, pour les membres qui le souhaitent, d’une initiative européenne d’intervention ; les groupements tactiques de l’UE, créés en 2007, peuvent en être l’instrument ;
  • Industriel et financier : adoption du plan d’action européen de la défense, visant à renforcer la base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE).

24 OPÉRATIONS EN COURS ACTUELLEMENT

Depuis 2021, l’UE travaille aussi à la mise en place d’une boussole stratégique. La PSDC est aujourd’hui dotée d’un comité militaire (UEMC), d’un état-major (EMUE), et de plusieurs entités comme l’Agence européenne de défense (AED), le Fonds européen de la défense (rattaché à la Commission), un institut d’études et de sécurité (ISS), une agence de renseignement (le Centre de situation et du renseignement de l’Union européenne) et même d’une agence de satellites (le Centre satellitaire de l’Union européenne). À l’heure actuelle, pas moins de 24 opérations sont menées dans le cadre de la PSDC, dont 10 strictement militaires et une civilo-militaire, en Ukraine, Bosnie-Herzégovine, en Libye, en mer Rouge, en Somalie, au Mozambique…

Reste que parmi les 27 membres de l’UE (tous impliqués dans la PSDC depuis que le Danemark l’a rejointe en 2022), 23 sont aussi membres de l’OTAN. Or, « dans un contexte de guerre en Europe, guerre d’agression russe menée « sous voûte nucléaire », l’intuition de la vaste majorité des États membres est de s’engager davantage au sein de l’OTAN », constate Johanna Möhring, chercheuse associée au Centre Thucydide de l’université Paris II-Panthéon Assas et au Center for Advanced Security, Strategic and Integration Studies (CASSIS) de l’université de Bonn (Allemagne). Ils entendent donc « renforcer ses capacités militaires, en dépit des fragilités potentielles de la garantie de sécurité, nucléaire et conventionnelle, des États-Unis au cœur de l’Alliance ».

Cette tendance se traduit aussi du côté de la BITDE, selon la chercheuse : « Malgré de nouvelles initiatives et des outils d’incitation financière encourageant l’achat d’armement et l’investissement dans le domaine de la défense européenne, on constate une baisse des achats conjoints entre Européens, et une hausse spectaculaire d’acquisitions d’armements extra-européens, notamment américains, dans les dernières années. »

JOHANNA MÖHRING : « L’ENJEU CENTRAL ACTUEL EST L’INDUSTRIE DE DÉFENSE »

Alors que certains spécialistes prédisent qu’une élection de Donald Trump en novembre pousserait les membres de l’UE à renforcer la PSDC, Johanna Möhring n’est pas de cet avis : « Une présidence Trump 2 augmentera encore les efforts européens d’investissement au sein de l’OTAN. »

Pour elle, le dossier le plus crucial reste la dimension industrielle : « L’enjeu central actuel est la question de l’industrie de défense, qui conditionnera notre capacité à agir de façon autonome à l’avenir. Beaucoup dépend donc d’une dynamique se saisissant des outils UE existants et futurs et d’un soutien des capitales-clés pour une politique industrielle de défense européenne, ce qui est loin d’être une certitude. »

En attendant, relève la chercheuse, « la dissuasion et la défense conventionnelle » de l’UE sont « exclusivement pensées dans le cadre de l’OTAN ».

Défense européenne : Emmanuel Macron sous le feu des critiques après ses propos sur l’arme nucléaire

Défense européenne : Emmanuel Macron sous le feu des critiques après ses propos sur l’arme nucléaire

Les propos d’Emmanuel Macron ont largement fait réagir, à droite comme à gauche.
Les propos d’Emmanuel Macron ont largement fait réagir, à droite comme à gauche. AFP POOL – LUDOVIC MARIN / POOL
Midi -Libre avec AFP – Publié le

Vendredi, au cours d’un entretien avec douze jeunes réunis par les journaux du groupe Ebra, le chef de l’Etat a estimé qu’il fallait rouvrir le débat d’une défense européenne qui profiterait de l’arme de dissuasion nucléaire française. Une petite phrase qui a fait réagir nombre de ses opposants.

« Mettons tout sur la table ». En proposant d’inclure les armes nucléaires dans le débat sur une Europe de la défense en construction, le président français Emmanuel Macron a déclenché une pluie de critiques parmi les oppositions qui lui ont reproché de « brader » la souveraineté nationale.

Dans le sillage de son discours sur l’Europe de La Sorbonne, le chef de l’État rencontrait vendredi à Strasbourg une douzaine de jeunes, un entretien organisé par les journaux régionaux du groupe Ebra (Est-Bourgogne-Rhône-Alpes) qui l’ont publié samedi soir.

« Quand nos intérêts vitaux sont menacés…« 

« La France est-elle donc prête à européaniser sa capacité de dissuasion nucléaire ? », lui demande un de ses interlocuteurs, Linus. Emmanuel Macron reprend l’argumentaire développé jeudi dans son discours, celui en faveur d’une défense européenne « crédible ». Il évoque ensuite le déploiement de boucliers antimissiles – « mais il faut être sûr qu’ils bloquent tous les missiles »-, les armes à longue portée, puis l’arme nucléaire.

« La doctrine française est qu’on peut l’utiliser quand nos intérêts vitaux sont menacés. J’ai déjà dit qu’il y a une dimension européenne dans ces intérêts vitaux », a-t-il poursuivi. « Je suis pour ouvrir ce débat qui doit donc inclure la défense antimissile, les tirs d’armes de longue portée, l’arme nucléaire pour ceux qui l’ont ou qui disposent sur leur sol de l’arme nucléaire américaine. Mettons tout sur la table et regardons ce qui nous protège véritablement de manière crédible », a-t-il encore déclaré.

« Un chef de l’État ne devrait pas dire ça »

François-Xavier Bellamy, tête de liste Les Républicains (LR) aux élections européennes du 9 juin a dénoncé une déclaration d’une « gravité exceptionnelle parce que là nous touchons au nerf même de la souveraineté française« . « Un chef de l’État français ne devrait pas dire ça », s’est-il emporté au « Grand Rendez-Vous Europe1/CNews/Les Echos ».

Depuis le Brexit et la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, la France est le seul de ses États membres à disposer de la dissuasion nucléaire. Le dialogue sur les questions de sécurité se poursuit cependant avec Londres, notamment au sein de la Communauté politique européenne (CPE), un forum nouvellement créé à l’initiative du président français.

Dans son intervention à la Sorbonne, M. Macron avait déjà abordé cette question de l’arme nucléaire française. « La dissuasion nucléaire est en effet au cœur de la stratégie de défense française. Elle est donc par essence un élément incontournable de la défense du continent européen », avait-il dit, reprenant des aspects d’un discours-clé sur la dissuasion prononcé en février 2020.

Divergences

Comme la droite, La France insoumise (LFI) a estimé dimanche, dans un communiqué de son groupe parlementaire, que M. Macron « vient de porter un nouveau coup à la crédibilité de la dissuasion nucléaire française« . « La doctrine nucléaire française, c’est que nous ne croyons pas au parapluie. On ne va pas déclencher un feu nucléaire pour un autre pays », a déclaré la cheffe du groupe Mathilde Panot sur RTL/Le Figaro/M6.

Le président du MoDem François Bayrou, allié d’Emmanuel Macron, a répondu que les intérêts vitaux de la France et de l’Europe pouvaient parfois se confondre. « Imaginez une menace mortelle contre l’Allemagne. Vous croyez que nous serions à l’abri ? Vous croyez que nos intérêts vitaux ne seraient pas engagés par une menace de cet ordre ? », s’est-il interrogé sur LCI.

À l’extrême droite, l’eurodéputé RN Thierry Mariani a affirmé sur X que « Macron est en train de devenir un danger national ». « Après l’arme nucléaire, suivra le siège permanent de la France au conseil de sécurité de l’ONU qui sera lui aussi bradé à l’Union Européenne« , s’est-il insurgé.

Aux antipodes, la tête de liste des Écologistes aux européennes Marie Toussaint, favorable à un « saut fédéral européen« , a considéré sur France 3 que cela signifiait le « partage de cette force qu’est l’arme française, donc le nucléaire aussi ».

Un débat relancé par la guerre en Ukraine

La construction d’une Europe de la défense est depuis très longtemps un objectif de la France, mais elle s’est souvent heurtée aux réticences de ses partenaires qui jugeaient plus sûr le parapluie de l’Otan. L’invasion de l’Ukraine par la Russie, en février 2022, et le possible retour à la Maison-Blanche de Donald Trump ont cependant relancé la pertinence du débat sur une autonomie européenne en matière de défense

Crise politique en Israël : quelles répercussions sur l’évolution du conflit à Gaza ?

Crise politique en Israël : quelles répercussions sur l’évolution du conflit à Gaza ?

Entretien avec Thomas Vescovi, chercheur indépendant, spécialiste d’Israël et des Territoires palestiniens occupés, auteur de « L’échec d’une utopie, une histoire des gauches en Israël » et membre du comité de rédaction de Yaani.fr.
 – publié le 31 janvier 2024

Désaccords au sein du gouvernement israélien, manifestation pour la libération des otages, appel à l’organisation de nouvelles élections pour remplacer le Premier ministre Benyamin Netanyahou… plus de trois mois après les évènements du 7 octobre, la société israélienne apparait divisée. Quelle est la situation politique en Israël ? Doit-on s’attendre à des changements politiques internes ? En quoi la crise politique peut-elle influencer la suite du conflit à Gaza ? Quelles sont les perspectives de sortie de conflit ? Quid de l’émergence d’un camp de la paix en Israël ? Le point avec Thomas Vescovi, chercheur indépendant, spécialiste d’Israël et des Territoires palestiniens occupés, auteur de L’échec d’une utopie, une histoire des gauches en Israël (La Découverte 2021) et membre du comité de rédaction de Yaani.fr.

Plus de trois mois après les évènements du 7 octobre, quelle est la situation politique actuelle en Israël ?

Pour évaluer la situation politique actuelle en Israël, on peut s’appuyer sur les différentes typologies des manifestations qui ont lieu en Israël chaque samedi, ce depuis plusieurs semaines. La première manifestation est ouvertement contre la guerre à Gaza et parle même de génocide sur la population palestinienne, mais elle ne rassemble que quelques centaines de personnes. La seconde rassemble des dizaines de milliers de personnes et vise Benyamin Netanyahou et son gouvernement, militant pour la mise en place d’élections. La troisième manifestation concerne les otages et on y voit converger toutes les forces d’opposition à Benyamin Netanyahou qui revendiquent un accord de négociation immédiat pour leur libération.

Alors qu’Israël s’est toujours habitué à la mise en place d’une véritable union militariste en temps de guerre et face à un sentiment d’insécurité, la société et le cabinet de guerre se sont rapidement fracturés notamment à cause de cette question des otages, estimés à 136 personnes aujourd’hui. Une division qui s’est opérée parce que la guerre à Gaza a été justifiée par la mobilisation de buts de guerre flous mais réels, c’est-à-dire libérer les otages par la force, parvenir à capturer ou à tuer des dirigeants du Hamas qui ont organisé le 7 octobre et démanteler l’appareil militaire du Hamas, notamment les tunnels. Or, aucun de ces trois buts n’est atteint aujourd’hui, menaçant chaque jour davantage la vie des otages. Résultat, l’opposition est de plus en plus mobilisée parce qu’elle estime que Netanyahou n’atteint non seulement pas ces buts de guerre, mais qu’il joue également la montre pour rester au pouvoir. Une situation insupportable pour les Israéliens qui lui sont opposés, mais surtout pour les familles des otages qui ont l’impression que le gouvernement est en train de jouer avec la vie de leurs proches.

Alors que l’ex-Premier ministre israélien Ehud Barak a appelé à l’organisation de nouvelles élections et que seuls 15% des Israéliens souhaitent que Benyamin Netanyahou conserve son poste, doit-on s’attendre à des changements politiques internes ? En quoi la crise politique peut-elle influencer la suite du conflit à Gaza ?

Pour définir plus précisément l’évolution et l’étendue des rapports de force, il faudra attendre qu’une date électorale soit fixée afin de voir les alliances se dessiner. Israël est un pays qui fonctionne sur un mode électoral particulier, avec un seul tour par liste et à la proportionnelle. Ainsi, à chaque élection, des stratégies d’alliances se mettent en place et peuvent parfois être inattendues. Rappelons aussi que les sondages qui sortent actuellement sont faits sur une société toujours traumatisée qui, chaque jour, continue de penser à ses otages, sans considération aucune pour les civils dans la bande de Gaza.

Dans l’éventualité d’un départ de Netanyahou, on voit que plusieurs figures politiques se distinguent. Par exemple au sein de la droite elle-même, notamment des personnes possédant des positions légèrement divergentes par rapport à celles du Premier ministre au sein du Likoud, le parti nationaliste conservateur, le ministre de la Défense Yoav Gallant. En annonçant ces dernières semaines un plan pour l’après-guerre à Gaza, il essaie d’exister et d’endosser une stature politique.

La deuxième personnalité, assurément la plus plébiscitée actuellement dans les sondages, est Benny Gantz, un nationaliste présenté comme “laïc”. Il est dans le cabinet de guerre, malgré son rôle d’opposant majeur à Netanyahou. L’autre figure est Yaïr Lapid, qui représente un courant centriste libéral et “laïc”. C’est aussi un opposant historique à Netanyahou, mais il a refusé d’intégrer le gouvernement d’urgence nationale pour ne pas se compromettre avec l’extrême droite toujours au pouvoir en Israël.

Cependant, parmi ces trois tendances, aucune d’entre elles n’envisage pour l’instant une solution politique claire et juste avec les Palestiniens. À l’inverse, elles sous-tendent toutes les trois le fait que la guerre contre le Hamas doit se poursuivre d’une manière ou d’une autre.

Quelle perspective de sortie de conflit, alors même que la solution à deux États portée par les pays européens et par les États-Unis est rejetée par le Premier ministre israélien et que des membres extrémistes du gouvernement israélien militent pour réimplanter les colonies dans la bande de Gaza ?

Il convient de rappeler que la réoccupation « matérielle » – car Gaza a toujours été occupée même lorsqu’il y avait un blocus et que l’armée n’y était plus -, c’est-à-dire le fait de réoccuper totalement la bande de Gaza et d’y installer des colonies, n’est pas qu’une volonté de quelques fanatiques.  Il s’agit d’une volonté qui est largement partagée au sein de l’électorat de la droite israélienne, qui n’a jamais accepté la décision de 2005 prise par Ariel Sharon de se désengager de la bande de Gaza au profit d’un blocus. Ainsi, cet électorat n’a absolument rien contre ce projet, qui évidemment s’accompagne de l’expulsion de tout ou partie des Palestiniens de la bande de Gaza.

Concernant l’horizon politique, 2024 sera une année décisive en raison de trois facteurs. Le premier concerne la manière dont les rapports de force politiques vont évoluer en Israël et le fait de savoir si Netanyahou parviendra à se maintenir. Que ce soient des Benny Gantz ou des Yair Lapid, les acteurs politiques à qui l’on donne la parole actuellement dans les médias en Israël la prennent en sachant que l’opinion est influencée directement par la situation de guerre. La situation serait différente pendant des prises de paroles au sein d’une campagne électorale avec un cessez-le-feu ou avec les otages qui seraient revenus par exemple.

La campagne étatsunienne sera un second facteur qui sera amené à influencer les rapports de force au Proche-Orient, en fonction de la potentielle élection de Donald Trump ou de Joe Biden. Netanyahou est soupçonné de jouer la montre parce qu’il espère assister à une victoire de Donald Trump, qu’il pense être de nouveau un soutien indéfectible, alors que personne ne connait précisément pour l’instant la position qu’il pourrait adopter sur le Proche-Orient s’il est élu.

Enfin, l’évolution d’un potentiel renouvellement du mouvement national palestinien est un troisième facteur susceptible de modifier les rapports de force dans la région. La stratégie actuelle des groupes palestiniens dans la bande de Gaza est cruelle, mais aussi rationnelle : jouer sur les otages en tant que monnaie d’échange afin de libérer les grandes figures du mouvement national palestinien toujours incarcérées dans les prisons de l’armée israélienne, le plus connu étant Marwan Barghouti. L’objectif est de s’appuyer sur ces figures pour renouveler complètement le mouvement national palestinien en se débarrassant notamment de Mahmoud Abbas.

Ces trois facteurs vont donc déterminer l’horizon politique et la suite des évènements. En effet, comme l’a affirmé Ami Ayalon dans un entretien pour Le Monde, ancien chef du Shin Bet, les services de renseignement intérieurs israéliens : « Sans accord de paix de la part d’Israël avec les Palestiniens, nous sommes condamnés à voir revivre des 7 octobre. ».  On peut imaginer que la population de la bande de Gaza, qui est en train de subir un carnage sans précédent au Proche-Orient dans une situation d’impunité totale, et surtout la génération qui va survivre à cela a de grands risques d’être attentive aux discours peut-être plus radicaux qui vont être donnés par de nouveaux groupes en passe d’émerger. Il y a là une inquiétude réelle.

Quid de l’émergence d’un camp de la paix en Israël, notamment du côté de la gauche israélienne ?

Il est évident que la société israélienne, dans son traumatisme du 7 octobre, est absolument incapable de penser à toute forme de paix. Les médias israéliens diffusent peu, voire pas du tout, d’images du sort réservé aux civils palestiniens et en règle générale, dans une logique que l’on peut qualifier de coloniale, les Palestiniens sont jugés comme étant responsables de leur propre sort. Ils ne peuvent donc s’en prendre qu’à eux-mêmes et à leurs dirigeants. Dans cette logique, les voix pacifiques en Israël sont relativement faibles et même fragiles. La plus grande manifestation s’est tenue le 18 janvier dernier et elle a rassemblé 2 500 personnes tout au plus. Au sein des forces politiques de la gauche israélienne, cela est effectivement assez marginalisé, puisqu’une partie des Israéliens s’appuient désormais sur le 7 octobre pour affirmer que la gauche a été naïve pendant des décennies en vendant l’idée d’un projet de paix. Le 7 octobre symbolisant maintenant l’impossible paix avec les Palestiniens. On peut cependant peut-être espérer que certaines forces parviennent, via les ONG ou des figures politiques qui émergent, à faire entendre un autre discours. On pense notamment à certaines familles d’otages qui, depuis le 8 octobre, se mobilisent avec un discours très clair affirmant que ce n’est pas parce qu’ils ont vécu le 7 octobre que l’on doit infliger aux Palestiniens une souffrance et qu’il faut parvenir non pas à une sécurité pour Israël, mais à un accord de paix partagé pour tous. Celles-ci constituent peut-être les graines d’un futur camp de la paix ou du renouveau en Israël.

La guerre d’Ukraine, révélateur de l’incompétence stratégique et du cynisme des dirigeants du système politico-médiatique européen

Situation en Ukraine le 9 octobre 2023 © Ministère des Armées

Situation en Ukraine le 9 octobre 2023 © Ministère des Armées


Billet du lundi 09 octobre 2023 rédigé par le Général Jean-Bernard Pinatel, Vice-président et membre fondateur de Geopragma.

The Economist[1]avec la lucidité et le cynisme légendaires des britanniques, prend acte de l’échec de la contre-offensive et commande à l’Union Européenne de se préparer à une guerre longue.

The Economist est un magazine d’actualité  britannique fondé en 1843 par James Wilson et détenu par la famille Agnelli avec une participation des familles Rothschild, Cadburry et Schroders. Il est considéré comme un des plus influents hebdomadaire dans le monde.

Il vient de publier, vendredi 22 septembre 2023 sous la plume de sa rédactrice en chef Zanny Minton Beddoes, un article intitulé « Time to a rethink » qui est un modèle du genre car il met fin à un an et demi de mensonges occidentaux sur une victoire rapide de l’Ukraine et appelle désormais à penser une guerre longue[2].

Le constat est amer mais lucide : « la contre-offensive ne fonctionne pas. Malgré les efforts héroïques et les violations des défenses russes près de Robotyne, l’Ukraine a libéré moins de 0,25% du territoire occupé par la Russie en juin. La ligne de front de 1000 km a à peine changé. L’armée ukrainienne pourrait encore faire une percée dans les prochaines semaines, déclenchant l’effondrement des forces russes fragiles. Mais d’après les données des trois derniers mois, ce serait une erreur de miser là-dessus ».

Tout ce que j’ai écrit et proclamé depuis 18 mois, me faisant qualifier de pro-russe, est inscrit noir sur blanc dans l’article de ce magazine britannique qui témoigne une fois de plus de l’acharnement historique de l’Angleterre à bâtir et à diriger des alliances contre la puissance dominante en Europe : Au XIXe siècle contre la France de Napoléon, au XXe contre l’Allemagne de Guillaume II et d’Hitler, aujourd’hui contre la Russie de Poutine.

The Economist suggère des réajustements pour ne pas dire une rupture totale avec ce qui est fait depuis 18 mois.

Je cite : « Le premier rajustement à faire est militaire. Les soldats ukrainiens sont épuisés ; bon nombre de leurs meilleurs soldats ont été tués. Malgré la conscription, il lui manque l’effectif nécessaire pour soutenir une contre-offensive permanente à grande échelle. Il faut trouver des moyens et changer la donne. »

Le second est économique : « L’économie ukrainienne a diminué d’un tiers et près de la moitié du budget de l’Ukraine est payée avec de l’argent occidental. Dans une étrange maladie hollandaise en temps de guerre, la devise, la hryvnia, s’est renforcée alors même que les investissements privés ont chuté. Avec environ 1 million de personnes portent les armes et des millions ayant fui le pays, les travailleurs sont rares ».

Le troisième est politique : « Pour cela, il faut un changement de mentalité en Europe, qui a engagé autant d’armes que l’Amérique et beaucoup plus d’aide financière. Pourtant, il faut aller plus loin. Si M. Trump gagne en 2024, il pourrait réduire l’aide militaire américaine. Même s’il perd, l’Europe devra finalement porter plus de fardeau. Cela signifie renforcer son industrie de la défense et réformer le processus décisionnel de l’UE afin qu’elle puisse gérer plus de membres ».

Ce qu’il y a de merveilleux avec les anglais qui ont fait le Brexit pour rejoindre le grand large et la communauté maritime des anglo-saxons, c’est qu’ils continuent sans aucune gêne à vouloir dicter sa conduite à l’Union européenne.

L’incompétence stratégique des dirigeants européens et de la majorité des médias.

« The Economist » vient de siffler la fin de cette tragique période où nos dirigeants et les journalistes ont ostracisé tous ceux qui essayaient de leur faire prendre conscience de la dure réalité de cette guerre et de l’impossible victoire ukrainienne.

En effet, le bilan de dix-huit mois de déclarations des dirigeants occidentaux et de commentaires des journalistes européens sur la guerre en Ukraine est accablant. A l’exception de quelques grands journaux américains comme le Washington post et le New-York Times, tout le système politico-médiatique occidental n’a fait que délivrer des analyses erronées sur ce conflit et son contexte international en occultant ou en minimisant les faits déterminants qui conditionnent, depuis son origine, l’issue de cette guerre[3].

Quand la Russie est entrée en guerre en février 2022 pour défendre ce que Vladimir Poutine estimait être les « intérêts essentiels » de son pays, nos dirigeants et nos médias n’ont fait que sous-estimer la Russie et surestimer nos capacités militaires et économiques à la mettre à genoux et à emporter une victoire rapide contre Moscou. Et quand les faits ont révélé leurs erreurs, le système politico-médiatique, à quelques exceptions près que j’ai déjà soulignées, a décidé sciemment ou non de désinformer les populations européennes et, plus grave encore, les courageux soldats ukrainiens qui sacrifient leurs vies par centaines de milliers pour remporter la victoire qu’on leur promet mais qui est stratégiquement impossible.

En effet, un fait stratégique déterminant a conditionné toute la stratégie d’aide américaine à l’Ukraine. Depuis 1945, cette guerre est la première menée à ses frontières par la 1ère ou 2ème puissance nucléaire du monde en proclamant qu’elle agit parce que ses intérêts essentiels sont en jeux. C’est-à-dire, comme le prévoit sa doctrine militaire, la Russie se réserve le droit, si ses intérêts essentiels étaient menacés par une force classique (la contre-offensive ukrainienne par exemple), d’utiliser ses armes nucléaires non stratégiques. Fait essentiel qu’ont balayé d’un revers de la main tous les journalistes et consultants des plateaux TV, alors qu’il a conditionné toute la stratégie d’aide militaire américaine au régime de Kiev car au Pentagone le risque d’escalade nucléaire est pris au sérieux et personne n’est prêt à risquer Washington pour Kiev ou Varsovie.  

J’ai listé tous les faits qui en apportent la preuve depuis mars 2022 dans plusieurs analyses[4]. Et qui se résume comme me l’a déclaré un général américain : « we give Ukraine enough to survive but not enough to win », prouvant que le but de guerre des stratèges du Pentagone n’est pas la victoire qu’ils savent impossible, à moins d’accepter le risque d’un holocauste nucléaire, mais de bâtir un mur de haine entre l’Ouest et l’Est du continent européen pour affaiblir à la fois la Russie et l’Union européenne afin de  pouvoir concentrer leurs forces pour contrer la montée de la puissance chinoise.

Nos états-majors ont aussi sous-estimé la capacité d’adaptation de l’armée russe à cette guerre hybride nouvelle[5]. Mais les hommes politiques de Washington et le chef d’état-major américain le général Mark Milley, à l’image de Colin Powell en 2003, n’ont fait que mentir au monde entier notamment en surestimant les pertes russes.

Il a fallu l’intervention, le 3 mai 2023, 14 mois après le début de la guerre, du général Christopher Cavoli, commandant en chef de l’OTAN (the commander of US European Command) devant la commission des forces armées de la Chambre des représentants[6] (« the House Armed Services Committee ») pour rétablir la vérité : « The Russian ground force has been degenerated somewhat by this conflict, although it is bigger today than it was at the beginning of the conflict.”  “The Air Force has lost very little, they’ve lost 80 planes. They have another 1,000 fighters and fighter bombers,” “The Navy has lost one ship.”

Rappel de la litanie des promesses de victoire des dirigeants occidentaux qui, prenant leurs désirs pour la réalité, ont envoyé à la mort des centaines de milliers de jeunes ukrainiens.

La liste des déclarations qui surestiment notre capacité à faire plier la Russie est impressionnante.

La palme en revient à Bruno Lemaire.  Dès le 28 février 2002, il se précipite sur France info pour déclarer que la France et l’Union européenne allaient « livrer une guerre économique et financière totale à la Russie », dans l’objectif assumé de « provoquer l’effondrement de l’économie russe ». « Le rapport de force économique et financier est totalement en faveur de l’Union européenne, qui est en train de découvrir sa puissance économiqueNous visons Vladimir Poutine, nous visons les oligarques, mais nous visons aussi toute l’économie russe. »  Sous-estimation aussi sur l’impact des sanctions sur l’économie européenne, le ministre a reconnu que « l’Europe aura peut-être un peu plus d’inflation, parce que peut-être que les prix du gaz vont un peu augmenter ». Alors qu’une simple étude des chiffres 2021 publiées par British Petroleum montrait que l’UE ne pouvait pas se passer de gaz russe[7].

Par méconnaissance historique ou par arrogance, les dirigeants occidentaux ont mésestimé la résilience de l’économie et du peuple russe ainsi que de son soutien à Vladimir Poutine qui lui a redonné sa fierté et une relative aisance économique après les années noires de la décennie 90.  

Les déclarations des grands dirigeants occidentaux ont atteint des sommets d’irresponsabilité vis-à-vis des Ukrainiens en leur promettant la victoire, les incitant ainsi sans relâche à sacrifier leur vie pour une victoire que je savais impossible.

En Mai 2022, la belliciste Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, avant le vote d’une rallonge budgétaire de 40 milliards de dollars (une année de PIB Ukrainien) déclarait : « Avec ce programme d’aide, l’Amérique envoie au monde entier le signal de notre détermination inébranlable à soutenir le peuple courageux d’Ukraine jusqu’à la victoire »[8] 

Le second est évidemment le premier ministre britannique Boris Johnson qui affirme le 1er juillet 2022 : « Le Royaume-Uni est avec vous et sera avec vous jusqu’à la victoire. »[9]

Le Président Macron y est allé aussi de sa déclaration guerrière en déclarant aux ukrainiens le 1er janvier 2023 : « nous vous aiderons jusqu’à la victoire [10]. »

Toutes ces déclarations sont d’un cynisme effrayant envers le peuple ukrainien et ses héroïques soldats car pas un vrai spécialiste de l’intelligence stratégique ne pouvait ignorer que la victoire de la contre-offensive ukrainienne était impossible avec le volume de forces engagée face à une armée russe retranchée, bénéficiant d’une supériorité aérienne quasi-totale, d’une puissance de feu terrestre trois fois supérieure et disposant du feu nucléaire si le hasard des combats amenait les ukrainiens contre toute logique à percer le dispositif russe et à menacer la Crimée.

Les britanniques à l’Union européenne : pas de négociations et préparez-vous pour une « guerre longue. »

Désormais, après dix-huit mois de guerre, le bilan est accablant.

Des voix s’élèvent aux Etats-Unis pour l’ouverture de négociations constatant que le temps et la logistique jouent contre l’Ukraine[11] : « Les chances d’un règlement favorable pour l’Ukraine disparaissent en raison du retard dans les armements et la mobilisation de la main-d’œuvre. Le zénith de l’aide de l’Ukraine est passé, et il ne sera pas égalé dans les mois et les années à venir. La possibilité d’une paix négociée ou même d’un cessez-le-feu à des conditions favorables à l’Ukraine deviendra plus improbable à mesure que l’avantage de la Russie sur le champ de bataille augmentera. »

Un exemple parmi beaucoup d’autres de l’incapacité logistique américaine et européenne à soutenir cette guerre est fournie par l’International Institute For Strategic Studies (IISS)[12]  : « La Russie et l’Ukraine ont parfois tiré collectivement quelque 200000 obus d’artillerie par semaine. Pourtant, la production américaine totale d’obus de 155 mm tourne actuellement à environ 20000 par mois, et n’atteindra que 90000 par mois en 2024, après un récent investissement de 2 milliards de dollars de l’armée américaine. Selon les médias, les jeux de guerre ont montré que dans un conflit de grande intensité, le Royaume-Uni épuiserait ses stocks de munitions en seulement huit jours. Les médias allemands ont suggéré en 2022 que les actions de la Bundeswehr dureraient entre quelques heures et quelques jours dans un tel conflit. ».

Evaluation confirmée par le « Center for Strategic and International Studies (CSIS) » de Washington : « Même si le Pentagone atteint son objectif déclaré de fabriquer 90000 obus par mois d’ici 2024, il ne représente encore que la moitié du niveau de production actuel de la Russie. » 

Quant à la livraison des F-16, les pilotes français qui ont volé sur ces avions américains et sur les Mig29, estiment qu’il faudra au moins deux à trois ans d’entrainement avant de pouvoir être efficaces sur le champ de bataille et rivaliser avec les Russes.

Mais pour The Economist et les britanniques qui se sont retirés de l’Union européenne il ne faut pas négocier avec Poutine et se « préparer à une guerre longue ». Avec son cynisme légendaire la Grande-Bretagne demande à l’Union européenne d’en porter le principal poids sans un mot pour les ukrainiens qui continueront d’en payer le prix du sang et pour les européens qui en subiront les conséquences économiques :

« Trop de conversations sur l’Ukraine reposent sur la fin de la guerre. Il faut que cela change. Priez pour une victoire rapide, mais prévoyez une longue lutte, et une Ukraine qui peut néanmoins survivre et prospérer. » « Pour cela, il faut un changement de mentalité en Europe, qui a engagé autant d’armes que l’Amérique et beaucoup plus d’aide financière. Pourtant, il faut aller plus loin. Si M. Trump gagne en 2024, il pourrait réduire l’aide militaire américaine. Même s’il perd, l’Europe devra finalement porter plus de fardeau. Cela signifie renforcer son industrie de la défense et réformer le processus décisionnel de l’UE afin qu’elle puisse gérer plus de membres. [13]»

Sans commentaire !


[1] https://www.economist.com/leaders/2023/09/21/ukraine-faces-a-long-war-a-change-of-course-is-needed

[2] Je traiterai dans une autre analyse ce que nous recommandent de faire nos chers amis britanniques sur l’air d’ « armons-nous et partez »

[3] Cette volonté de tromper la Russie, l’Ukraine et la population de l’Union européenne n’a malheureusement pas pour origine l’agression russe de février 2022. Dès 2014 les signataires des accords de Minsk2 (qui préservaient à la fois les intérêts sécuritaires de la Russie et l’intégrité du territoire ukrainien), n’ont été signés du coté occidental que dans le but de disposer des délais nécessaires pour bâtir une armée ukrainienne capable d’écraser le Donbass et reprendre la Crimée, comme l’ont révélé deux des garants de cet accord François Hollande et Angela Merkel. Ces deux dirigeants resteront devant l’histoire comme les premiers responsables des centaines de milliers de morts de cette guerre fratricide.

[4] Quand début mars2022, Zelensky a demandé à l’OTAN d’instaurer au-dessus de l’Ukraine une zone d’exclusion aérienne, c’est à Washington qu’on lui a répondu en lui disant qu’il n’en était pas question, les Etats-Unis pour lesquels l’Ukraine n’est pas un intérêt vital ne voulaient pas prendre le risque que les pilotes des deux premières puissances nucléaires s’affrontent dans le ciel ukrainien avec les risques d’escalade que cela implique. Quand un missile S300 est tombé en Pologne, Zelenski s’est précipité pour dire que c’est un missile Russe, démenti immédiatement par le Pentagone. Quand le 23 janvier 2023, Biden a annoncé l’envoi de 31Abrams, il a précisé que c’était des armes défensives, Chars toujours pas livrés à l’Ukraine 9 mois plus tard

[5] Hybride car elle emprunte des modes d’action aux deux guerres mondiales et qu’elle intègre les nouvelles capacités modernes de la guerre (satellites, GPS, drones, cyber-attaques, etc.)

[6] https://edition.cnn.com/2023/04/26/politics/russia-forces-ukraine-war-cavoli/index.html

[7] La production mondiale de gaz en 2021 était de l’ordre de 4038 milliards de m3, les exportations mondiales de 522 milliards (environ le huitième) dont 227 milliards provenaient de la Russie (soit 44%), l’Europe en a importé en 2021 361 milliards de m3(soit 69 % des exportations mondiales). Le reste du monde hors Russie en a exporté 295 milliards de m3. Si l’UE arrivait à capter tout ce gaz hors Russie, il lui en manquerait encore 361-295= 66 milliards soit 18%. Et l’Amérique du Nord que l’on nous a dit capable de remplacer le gaz russe n’en avait exporté que 2 milliards de m3 en 2021.

[8] https://www.lemonde.fr/international/live/2022/05/11/guerre-en-ukraine-en-direct-les-etats-unis-s-appretent-a-debloquer-40-milliards-de-dollars-supplementaires-pour-l-ukraine_6125423_3210.html

[9] https://www.lemonde.fr/international/article/2022/07/01/guerre-en-ukraine-le-soutien-de-boris-johnson-et-de-son-gouvernement-a-kiev-est-sincere-est-sans-ambiguite_6133022_3210.html

[10] https://www.bfmtv.com/politique/elysee/nous-vous-aiderons-jusqu-a-la-victoire-le-message-d-emmanuel-macron-aux-ukrainiens_AD-202212310256.html

[11] https://nationalinterest.org/feature/time-and-logistics-are-working-against-ukraine-206740

[12] https://www.iiss.org/online-analysis/survival-online/2023/06/the-guns-of-europe-defence-industrial-challenges-in-a-time-of-war/

[13] Ibid

Ce traité qui favorise l’immigration des Algériens en France: l’héritage secret du général De Gaulle

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Le général De Gaulle durant son dernier voyage en Algérie, du 9 au 13 décembre 1960. Sa visite provoqua de nombreuses manifestations européennes et musulmanes, pour et contre l’Algérie française. LE CAMPION/SIPA / LE CAMPION/SIPA

GRAND RÉCIT L’accord du 27 décembre 1968, qui facilite l’immigration des Algériens en France, a eu raison de ce qui avait été le cœur de la politique algérienne du général De Gaulle : éviter la submersion de la France par l’immigration.