La brigade du génie (BGEN) sera créée à Angers à l’été prochain

La brigade du génie (BGEN) sera créée à Angers à l’été prochain

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par Philippe Chapleau – Lignes de défense – publié le 1 er février 2024

https://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/


La nouvelle brigade du génie (BGEN) verra le jour à Angers, en cours d’été prochain (photo Franck Dubray, Ouest-France).

Elle sera composée des régiments suivants : 19e régiment du génie (19e RG), 31e régiment du génie (31e RG), 2e régiment de dragons (2e RD), 28e groupe géographique (28e GG), 132e régiment d’infanterie cynotechnique (132e RIC). Le 6e RG d’Angers reste, quant à lui, dans le giron de la 9e BIMa

La BGEN, dont l’état-major s’installera dans des locaux angevins en cours de préparation à 2 km de l’école du Génie, “assure aux unités appuyées un haut niveau d’expertise dans les domaines spécialisés du génie militaire (mobilité, contre mobilité, déminage, franchissement, appui au déploiement…), de la géographie, de la cynotechnie et du NRBC“, selon l’armée de Terre.

Cette brigade est intégrée au commandement de l’appui et de la logistique de théâtre (CALT).

Créé à l’occasion de la transformation de l’armée de Terre, le commandement de l’appui et de la logistique de théâtre, en est “une évolution majeure”.

L’un des objectifs du CALT est d’être en capacité de mener une action face à toute sorte de menace et d’augmenter la capacité de réactivité. En intégrant les différentes fonctions de l’appui et du soutien, détenues par les domaines de la logistique, de la maintenance et du génie militaire terrestres, le CALT assure la cohérence et la fluidité de l’appui et du soutien apportées aux forces dès le début et tout au long de leur déploiement. En zone arrière, il assure la liaison entre la métropole et le théâtre des opérations extérieures, mais surtout la continuité de l’organisation opérationnelle du soutien.

Missions et moyens de la BGEN seront présentés lors d’une  journée interarmes du génie (JIAG) qui aura lieu le mercredi 7 février, à Angers. 

Contrat rempli pour le volet français d’EUMAM Ukraine

Contrat rempli pour le volet français d’EUMAM Ukraine

par – Forces opérations Blog- publié le


Les armées françaises ont atteint, « voire dépassé », l’objectif de 7000 militaires ukrainiens formés avant la fin de l’année 2023 dans le cadre de la mission européenne EUMAM Ukraine, déclarait hier l’état-major des armées (EMA).

Ce jalon, la France l’avait en réalité dépassé dès le début du mois de décembre, annonçait alors l’EMA sans tambour ni trompette. In fine, près de 8000 militaires ukrainiens auront été formés par leurs homologues français l’an dernier, soit un cinquième d’une cible européenne rehaussée à 40 000 durant l’été. Plein succès, donc, pour un effort moins médiatisé que les dons et livraisons de matériels et pour lequel Paris a d’ores et déjà consacré plus de 300 M€, indique un récent rapport d’information parlementaire.

Entre la France et la Pologne, plusieurs centaines de combattants ukrainiens sont formés tous les mois. Certains le sont dans les bases et écoles françaises autour de trois thématiques : le combat interarmes de niveau compagnie (SGTIA) ; l’utilisation tactique, technique et logistique des matériels fournis par l’industrie française ; et des besoins spécifiques signalés par l’armée ukrainienne, tels que le déminage et la médecine de combat. 

S’y ajoutent les quelque 600 Ukrainiens formés toutes les cinq semaines par les 120 instructeurs de la mission Gerfaut au sein de la base polonaise de Wedrzyn. Ils y dispensent des cours tant individuels que collectifs dont l’enjeu reste de permettre aux Ukrainiens d’agir sur le terrain en tant que bataillon constitué. Autant de rotations « accélérées » pour gagner du temps mais facilités par la présence systématique d’interprètes recrutés sur des contrats courts via la société DCI, pointe le rapport parlementaire. 

« Les armées françaises proposent des formations de très haut niveau adaptées aux besoins et aux demandes des forces armées ukrainiennes », rappelait hier matin le porte-parole de l’EMA, le colonel Pierre Gaudillière. Ainsi, l’instruction prodiguée sort parfois du seul cadre des actions de combat. Le Service du commissariat des armées (SCA), par exemple, a conçu une formation visant à intégrer le droit international humanitaire dans la planification et la conduite des opérations militaires sur demande spécifique de l’allié ukrainien. 

Qu’importe le domaine, l’appui français s’installe dans le temps long. « 2024 sera l’année de l’endurance dans notre soutien à l’Ukraine : nous devons faire mentir les belligérants qui – faute de pouvoir remporter la victoire sur le champ de bataille – parient sur l’essoufflement des démocraties partageant nos valeurs dans leur soutien à l’Ukraine », affirmait le ministre des Armées Sébastien Lecornu ce lundi lors de ses traditionnels voeux. 

Le volet formation aura ainsi vocation à se poursuivre et à s’étendre dès cette année aux domaines naval et aérien. Conformément aux annonces présidentielles de mai 2023, les premiers pilotes ukrainiens arriveront en France pour recevoir une formation initiale avant de poursuivre leur cursus sur avion de chasse dans d’autres pays partenaires. 

Crédits image : EMA

L’armée de Terre se dote d’un « commandement des actions spéciales »

L’armée de Terre se dote d’un « commandement des actions spéciales »

https://www.opex360.com/2024/01/10/larmee-de-terre-se-dote-dun-commandement-des-actions-speciales/


Ce qui ne fut pas le cas en 2016, lors de la mise en oeuvre du plan « Au Contact » de l’armée de Terre. À l’époque, il fut décidé de transformer la BFST en « Commandement des Forces Spéciales Terre » [CFST]. Fort de 2500 militaires environ, il réunissait le 1er RPIMa, le 13e RDP et le 4e Régiment d’Hélicoptères de Forces Spéciales] ainsi que le Groupement d’appui aux opérations spéciales [GAOS], une compagnie de commandement et de transmissions [CCTFS] et l’Académie des forces spéciales [Centre Arès].

Seulement, en raison de l’évolution de la conflictualité et de la nécessité de prendre en compte les menaces liées aux guerres hybrides et l’influence, le dernier plan de transformation de l’armée de Terre, dévoilé en avril dernier, prévoit de faire évoluer à nouveau le CFST.

Ainsi, en plus des unités sur lesquelles il exerçait déjà sa tutelle, il sera rejoint par le Centre interarmées des actions sur l’environnement [CIAE] ainsi que par le Centre terre pour le partenariat militaire opérationnel [CPMO]. En clair, il s’agit de lui donner les moyens de développer ses « capacités hybrides et d’influence » et de mener des missions relevant des « PSYOPS » [opérations psychologiques]. En outre, il travaillera en lien avec les 6e et 43e BIMa [Bataillons d’Infanterie de Marine], implantés respectivement au Gabon et en Côte d’Ivoire.

La conséquence est que, depuis le 1er janvier, le CFST s’est effacé au profit du « Commandement des Actions Spéciales Terre » [CAST]. Selon les succinctes explications données par l’armée de Terre, celui-ci intègre donc trois nouvelles capacités, à savoir les opérations d’influence, le partenariat militaire opérationnel et la cyberdéfense.

D’autres grandes unités sont appelées à évoluer, quand elles ne l’ont pas déjà fait. Ainsi, certains commandements issus du modèle « Au Contact » vont se muer en structures dédiées à des missions bien précises, comme le Commandement du numérique et du cyber ou encore le Commandement de l’appui et de la logistique de théâtre, qui chapeautera trois brigades [logistique, génie, maintenance].

Enfin, à l’image du CAST, le Commandement du Renseignement [COM RENS] va voir ses prérogatives élargies et deviendra le « Commandement des actions dans la profondeur et du renseignement » [CAPR]. Il sera rejoint par la 4e Brigade d’Aérocombat [BAC] ainsi que par les 1er et 54e Régiments d’Artillerie [RA].

L’armée de Terre va « régionaliser » ses deux divisions

L’armée de Terre va « régionaliser » ses deux divisions

https://www.opex360.com/2023/12/30/larmee-de-terre-va-regionaliser-ses-deux-divisions/


S’agissant des « effets » que l’armée de Terre aura à produire, le général Schill énumère la « protection et la résilience en métropole et en outre-mer », la « solidarité stratégique en Europe et au Moyen-Orient » ainsi que la « prévention » et « l’influence », en particulier en Afrique et dans l’Indo-Pacifique ».

Pour répondre à ces trois finalités, la transformation de l’armée de Terre se fera selon quatre axes : « Être et durer » , « Protéger », « Agir » et « Innover ».

Le premier axe met l’accent sur « l’école du commandement », les ressources humaines [avec un plan de fidélisation, la création d’une fondation Terre et la réappropriation de « l’infrastructure de contact » et sur la notion « d’économie de guerre », laquelle vise surtout à faire un effort particulier en matière de maintien en condition opérationnelle [MCO] et à amorcer la reconstitution de stocks.

L’axe « Protéger » passera, en partie, par une territorialisation de la réserve, la création d’un état-major interarmées du territoire national [EMIA-TN] et un renforcement du dispositif de l’armée de Terre dans les outre-mer. Il s’agira aussi de « diffuser l’esprit de défense » en s’adressant à la jeunesse.

Quant au volet innovation, certaines de ses mesures ont déjà été mises en œuvre [comme avec la création de l’École des drones, par exemple]. S’il sera beaucoup question de robotique [avec Vulcain] et de munitions téléopérées [MTO], il s’agira de faire de l’armée de Terre une « armée du cyber », avec la création d’une École militaire de l’influence [en 2024], de deux compagnies « cyber », de quatre unités d’influence et d’une section « guerre électronique » dans chaque régiment. En outre, les coopérations seront privilégiées, avec le club « CAESAr », la livraison « CaMo » à la composante terrestre de la défense belge ou encore le MGCS [avec l’Allemagne et, désormais, l’Italie]. À noter que le CEMAT évoque des « développement partenariaux » dans le domaine des « feux à longue portée ».

Enfin, l’axe « Agir » supposera sans doute des changements structurels importants. Celui-ci repose sur trois concepts : « Partenaire au large », « Nation-cadre de la défense collective » et « armée du non-contournement ». Les deux divisions de l’armée de Terre [la 1ère et la 3ème] se verront chacune confier une tâche bien définie.

Ainsi, la 3ème Division sera « l’outil de la prévention et de l’influence ». Et, à ce titre, elle sera sollicitée pour des « partenariats militaires opérationnels » dans l’océan Indien et en Afrique. De son côté, la 1ère Division se concentrera sur l’Europe.

Pour rappel, la 1ère Division comprend la 27e brigade d’infanterie de montagne, la 9e brigade d’infanterie de marine, la 7e brigade blindée et la brigade franco-allemande. La 11e brigade parachutiste, la 6e brigade légère blindée et la 2e brigade blindée relèvent de la 3e Division, qui compte trois autres « éléments organiques », à savoir le 2e régiment de Dragons [spécialiste du NRBC], le 31e régiment de génie et le 54e régiment d’artillerie. Probablement que la composition de ces deux grandes unités va évoluer en raison de leur « régionalisation ».

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Un mauvais procès intenté à l’École Supérieure de Guerre – Sa responsabilité dans la défaite de 1940

Un mauvais procès intenté à l’École Supérieure de Guerre – Sa responsabilité dans la défaite de 1940


 

Depuis la Libération, le procès intenté à l’École Supérieure de Guerre de sa responsabilité dans la défaite de 1940, est récurrent. Il ressort périodiquement, avec, souvent, des arrières pensées pas toujours très saines et peu avouées, comme celle de démontrer que cette institution pécherait par son passéisme, c’est-à-dire qu’elle préparerait ses stagiaires à la guerre d’hier. Cette accusation est lourde, grave, et même infâmante, car non seulement, elle porte atteinte au renom de l’École de Guerre, mais en plus, elle fournit des arguments irréfutables à ceux qui souhaitent sa disparition. Cette accusation doit donc être soit étayée, soit contestée.

La question qui se pose revient donc d’une part, à déterminer comment la doctrine d’emploi des forces terrestres était conçue avant-guerre et quels organismes en avaient la charge, et d’autre part, à mettre en perspective la formation militaire supérieure reçue par les chefs vaincus de 1940 avec celle dont les vainqueurs de la Libération ont pu disposer. Une telle démarche évite ainsi de tomber dans l’ornière du « deux poids deux mesures ».

En fait, cette accusation ne saurait être reçue comme telle, dans la mesure où elle s’apparente beaucoup plus à un procès d’intention qu’à un jugement de réalité : dans un souci d’équité, estimer que la responsabilité de l’École de Guerre serait engagée dans la défaite de 1940 est indissociable de celle visant à vouloir considérer que la même responsabilité existe dans les victoires de la Libération. La démarche consistant à argumenter de tout et de son contraire est absurde.

Il convient donc, initialement d’identifier la source de cette accusation particulièrement sévère, puis, une fois le problème posé du côté de l’accusation, analyser la manière dont la doctrine d’emploi des forces terrestres (incarnée par les Instructions sur l’emploi des Grandes Unités, ou IGU) était conçue dans l’entre-deux–guerres, avant de se pencher sur la formation militaire supérieure que les vainqueurs de 1944-45 ont reçue, et même la mesure dans laquelle ils ont directement été impliqués dans cette formation, c’est-à-dire, leur passage à la direction des études de l’ESG avant-guerre.

Indiscutablement, l’accusation d’incompétence de l’École de Guerre, responsable de la défaite de 1940 a été forgée et instruite par Marc Bloch, dans son ouvrage L’étrange défaite, rédigé à chaud après le drame, ouvrage qui connait un regain d’intérêt depuis quelques années. Il y a donc lieu d’examiner la personnalité même de Bloch, ainsi que la teneur de ses arguments.

D’emblée, il est important d’affirmer que la personnalité de Marc Bloch n’est aucunement en cause, et ce, d’autant plus qu’il a connu une fin absolument dramatique, ayant été assassiné en 1944, par les Allemands pour cause d’appartenance à la communauté juive de France. Par ailleurs, il s’agit d’un grand intellectuel de l’entre-deux-guerres ; historien de renom, il a été l’initiateur du mouvement de l’École des Annales, qui privilégie une méthode de recherche historique privilégiant une approche sur le long terme, plutôt que factuelle sur le court terme.

Ceci écrit, l’objectivité oblige à écrire que, sur le plan militaire, s’il a été officier de réserve qui peut s’enorgueillir d’une belle guerre qu’il a achevée en 1918 avec le grade de capitaine, il a été touché par la vague pacifiste qui a sévi dans l’entre-deux-guerres, comme un grand nombre d’intellectuels, que ce soit Alain, Dorgelès ou Giono. Pour cette mouvance, qui a fourni les gros bataillons du briandisme, la frontière entre pacifisme et antimilitarisme était assez ténue.

Pour ce qui est de la nature des reproches portés par Pierre Bloch à l’encontre de l’École de Guerre, ils peuvent en fait se réduire à un constat : l’armée française de 1940, engoncée dans le formalisme de sa bureaucratie du temps de paix, n’a pas été en mesure de s’en extraire pour planifier et conduire la campagne de 1940. Cette bureaucratie a conduit à une dilution des responsabilités perdues au sein d’un « mille feuilles » hiérarchique, ce qui produit des délais pour la transmission des ordres, lesquels sont diffusés trop tard, sur la base d’une évaluation de situation déjà dépassée. Selon Marc Bloch, la cause première de cette situation de blocage résiderait dans le formalisme de la formation dispensée par l’École de Guerre, d’où son idée de condamner définitivement cette école.

Cette analyse de Marc Bloch, un peu sommaire, appelle plusieurs réflexions. La première est que, se situant à son niveau d’officier traitant dans un bureau d’état-major, Marc Bloch élève peu le débat. Il demeure au niveau des modalités d’exécution, et non pas à celui des principes qui sous-tendent toute conception en matière opérationnelle. Or, un jugement complet porté sur la campagne et les causes profondes de son échec aurait mérité qu’il élevât sa réflexion à ce niveau. Par ailleurs, et ici, on quitte le domaine du rationnel, comme indiqué plus haut, le pacifisme absolu de Marc Bloch s’accompagnait durant toute l’entre-deux-guerres d’un non moins puissant sentiment antimilitarisme. Cela l’a conduit à refuser systématiquement toute période de réserve et, a fortiori, toute formation supérieure d’état-major (il a refusé de suivre un cursus de formation d’ORSEM[1]). Il n’est pas interdit de penser que le jugement négatif porté par Marc Bloch sur l’essence même de l’École de Guerre, plus que sur son fonctionnement, plongeait ses racines dans ce profond sentiment d’antimilitarisme, partagé à l’époque par une grande partie de l’élite intellectuelle du pays.

Ceci étant posé quant au contexte de l’accusation, il convient de poursuivre la réflexion plus avant que la simple forme de l’enseignement militaire supérieur de l’entre-deux-guerres, pour se poser la question de savoir comment se forgeait la doctrine d’emploi des forces, à l’époque considérée, et quelle place l’Ecole de guerre y tenait… ou non.

Indiscutablement, avant 1914, par le biais du comité d’état-major, l’École Supérieure de Guerre se trouvait impliquée au premier chef dans les affaires doctrinales militaires. Ce comité d’état-major, auquel le général Joffre prêtait une grande considération (il l’a souvent réuni entre 1911 et 1914), réunissait les grandes élites militaires : les membres du Conseil supérieur de la Guerre, les généraux commandant les corps d’armée de couverture, les chefs d’état-major des généraux disposant d’une lettre de commandement pour une armée, les chefs de bureau de l’état-major de l’armée et les chefs de cours de l’École de Guerre. Sa très grande force, et toute sa légitimité d’ailleurs, venaient de ce mélange de cultures militaires différentes entre le commandement proprement dit, l’administration centrale, les forces et l’enseignement militaire supérieur. Si ce comité n’avait une existence qu’informelle, il représentait néanmoins l’incarnation réelle du haut-commandement, quel que puisse être le grade de ses membres (de général de division exerçant un commandant supérieur[2] à colonel). Tout le monde se connaissait et était connu de tout le monde (cas de Pétain, alors colonel avant-guerre, ce qui devait expliquer son ascension fulgurante jusqu’au commandement d’une armée en juin 1915, soit le passage de de colonel à commandant d’armée en moins d’une année). Au sein de ce comité, l’influence de l’École de Guerre était fort réelle. En termes de doctrine, c’est ce comité qui était en charge de la rédaction des instructions sur l’emploi des grandes unités.

Or, en 1920, parvenu au commandement de l’Armée, le maréchal Pétain a dissous ce comité, dont il ne connaissait que trop l’influence réelle, pour centraliser la conception de la doctrine d’emploi des grandes unités au niveau du seul Conseil Supérieur de la Guerre., soit l’instance de commandement la plus élevée dont il assurait la vice-présidence (le président formel étant le ministre). Pétain verrouillait. Et si, en 1921, c’est le général Debeney qui a présidé la commission de rédaction de l’IGU 1921, ce n’est pas en tant que commandant de l’ESG qu’il a été désigné, mais comme membre du CSG dont la pensée était la plus proche de celle de Pétain[3]. Et ce ne fut pas Buat, alors chef d’état-major de l’armée, donc parfaitement légitime pour présider cette commission, que choisit Pétain pour cette tâche, mais bien Debeney. Buat, en effet, était toujours demeuré assez proche de « l’écurie » Foch. C’est le même Debeney, devenu chef d’état-major de l’armée, qui tenait la plume lors de l’élaboration de la loi de 1927 portant sur la fortification des frontières, en clair, la Ligne Maginot[4]. Et, enfin, en 1936, lorsque le général Gamelin lance les travaux d’une nouvelle Instruction générale d’emploi des grandes unités, l’IGU 36, il en confie la rédaction au général Georges. Dans ces trois occasions, qui ont réellement dimensionné la doctrine française de l’entre-deux-guerres, l’Ecole de Guerre n’a strictement tenu aucun rôle.

En revanche, son enseignement ne pouvait, bien évidemment, ne pas être en contradiction avec la doctrine en vigueur. C’est ainsi que quarante ans après, le général Beaufre, certainement l’officier le plus brillant de sa génération, juge ainsi son passage à l’École militaire[5] entre 1927 et 1929 : « La guerre de 1914 –1918, codifiée par Pétain et Debeney avait conduit à tout placer sous le signe de barèmes, d’effectifs, de munitions, de tonnes, de délais, de pertes, le tout ramené au kilomètre courant. C’était technique et commode, voire rassurant, mais foncièrement faux ; on le vit bien en 1940…Les moindres réflexions sur les fronts de Russie, de Salonique et de Palestine en eût montré l’inanité. Mais c’étaient là des fronts secondaires, sans intérêt pour l’armée française ».

Quelques années auparavant, en 1924, alors qu’il y était lui-même stagiaire, un certain capitaine de Gaulle n’y a guère supporté non plus le dogmatisme ambiant[6]. Ce dogmatisme n’a pas empêché le général Héring, commandant de l’ESG en 1930, de faire appel au colonel Doumenc, pour prononcer une conférence qui a fait date sur les perspectives ouvertes par le char, employé en masse. C’est le CSG qui a mis en garde Doumenc contre le risque qu’il prenait pour sa carrière en s’engageant sur des chemins de traverse en termes de doctrine.

Il existe un dernier élément d’appréciation quant à la responsabilité éventuelle de l’École de Guerre dans la défaite. En effet, depuis le commandant en chef, Gamelin, jusqu’au moins ancien des commandants d’armées, ainsi que la majorité des commandants de corps d’armée, c’est-à-dire le niveau de commandement de conception de la manœuvre, tous ces généraux ont été formés à l’École de Guerre avant 1914. Mettre en cause la formation de ces chefs de rang élevé revient donc à remettre en cause l’Ecole de Guerre d’avant 1914. Cette démarche n’a jamais effleuré personne, bien au contraire, et c’est heureux !

En revanche, quand on examine attentivement l’encadrement des grandes unités qui ont libéré la France en 1944 – 1945, force est de reconnaître que l’on y croise moult anciens stagiaires de l’École de Guerre. Le tableau ci-dessous en fournit la preuve, s’il en était besoin.

GRANDES UNITÉS TITULAIRES BREVETÉS ESG TITULAIRES NON BREVETÉS
CEFI Juin
1re Armée De Lattre
1er C.A. Béthouart
2e C.A. Goislard de Monsabert
1re D.F.L. Brosset Garbay
2e D.I.M. Dody, Carpentier, de Linarès
3e D.I.A. Guillaume
4e D.M.M. Sevez, de Hesdin
9e D.I.C. Magnan, Molière, Valluy
1re D.I. Caillies
10e D.I. Billotte
14e D.I. Salan
1re D.B. Touzet du Vigier Sudre
2e D.B. Leclerc
5e D.B. Schlesser de Vernejoul
D.A. des Alpes Doyen
F.F.O. (Atlantique) de Larminat, Bognis-Desbordes, d’Anselme, Chomel
TOTAL 23 4

 

La comparaison entre les commandants de grandes unités brevetés et non brevetés se passe de commentaires, 23 contre 4. Ce qui veut dire qu’en dépit de ses défauts — conjoncturels — relevés sans concession par Beaufre, l’École de Guerre a bien maintenu son renom et a rempli sa mission dans l’entre-deux-guerres, à savoir former des chefs vainqueurs.

Ce constat est encore renforcé lorsqu’on établit la liste des anciens professeurs de l’ESG, c’est-à-dire ceux en charge de responsabilités directes de formation, qui ont tenu de hautes fonctions de commandement durant la campagne de 1944 – 1945.

En premier lieu, Giraud, qui, s’il a fait preuve d’une parfaite inaptitude politique reconnue par tout le monde, n’en a pas moins reconstitué l’outil militaire français en 1943 : il a été chef du cours Infanterie entre 1927 et 1930.

Juin, brillant commandant du CEFI, s’il en fut, a été par deux fois, adjoint à la chaire de tactique générale et au cours d’état-major : avant de commander son régiment, en 1934-1935 et à l’issue de son temps de commandement, dans l’attente de rejoindre la session du CHEM dont il sera auditeur en 1937-1938.

Revers, qui prit le commandement de l’ORA après l’arrestation et la déportation de Verneau et qui succéda à de Lattre dans les fonctions de chef d’état-major de l’armée en 1947, succéda à Juin en 1935 dans les fonctions d’adjoint au titulaire de la chaire de tactique générale.

Monsabert, bouillant commandant de la 3e DIA en Italie et en Provence, avant de commander avec brio le 2e C.A. jusqu’à la fin de la campagne d’Allemagne, fut adjoint au cours d’infanterie de 1929 à 1932.

Au niveau des divisionnaires, Caillies et Dody étaient également des anciens professeurs de l’ESG, Caillies à la chaire de tactique générale et Dody au cours Infanterie[7].

Même chez les cavaliers, qui ont commandé les groupements blindés (les combat command) au sein des divisions blindées, on trouve un ancien professeur de l’ESG, Caldairou qui y a servi à deux occasions : de 1929 à 1933 comme adjoint au directeur des Etudes et de 1935 à 1937, à la chaire de tactique générale.

Il est donc peu cohérent, même si Marc Bloch ne pouvait pas connaître la suite de 1940, d’instruire à charge le procès d’une institution qui aurait été responsable du désastre de 1940, alors que la victoire qui lui a succédé cinq ans plus tard a été acquise par des chefs qui avaient été, pratiquement tous, formés au moule de la même école. En fait, le désastre de 1940, qui a entraîné la chute de tout un système, militaire, politique et social, a été le révélateur d’un mal beaucoup plus profond qu’un supposé défaut de formation de l’élite militaire française. Ce que Marc Bloch a d’ailleurs perçu, puisque la troisième partie de son ouvrage décortique cet aspect- global de la déroute de 1940.

Le mot de la fin. Il est quand même assez mal venu d’instruire le procès d’une École qui a formé comme stagiaire au sein de la dernière promotion avant le déclenchement de la guerre, le capitaine de Hautecloque, futur maréchal Leclerc.


NOTES

  1. Officier de réserve du service d’état-major.
  2. À l’époque, les rangs et appellations de corps d’armée et d’armée n’existait pas. Les titulaires de ces fonctions étaient identifiables au fait qu’en grande tenue, ils arboraient des plumes blanches sur leur bicorne.
  3. Debeney a toujours été un « fidèle » de Pétain dont il est resté très proche. Il fut son adjoint au cours d’Infanterie à l’École de guerre avant-guerre, et son major général au GQG en 1917, lorsque Pétain a succédé à Nivelle. C’est Debeney qui a succédé à Buat à la mort de celui-ci en 1923, dans les fonctions de chef d’état-major de l’armée, Pétain étant vice-président du CSG et Inspecteur-général. Debeney était l’incarnation même de « l’écurie » Pétain. Cette proximité ne s’est jamais démentie et a perduré jusqu’après 1940. Fidèle d’entre les fidèles sous le régime de Vichy, Debeney est tombé sous les balles du maquis en novembre 1943.
  4. La Ligne Maginot s’est appelée ainsi car les crédits nécessaires à son édification ont été votés lorsque André Maginot était ministre de la Guerre. Il n’avait en rien trempé dans sa conception. Si on veut être puriste, cette ligne aurait dû s’appeler « Painlevé » (du nom du ministre qui l’a approuvée) – Debeney (du nom du chef d’état-major qui l’a conçue et organisée). Maginot, qui connaissait les aléas des débats budgétaires a fait voter une loi qui gelait les crédits nécessaires à l’édification de cette Ligne, sur cinq ans. Toutes choses étant égales par ailleurs, il est possible de faire l’analogie avec les lois de programmation actuelles.
  5. Général Beaufre, Mémoires 1920 – 1940 – 1945, Paris, Plon, 1965, p. 56.
  6. Ses notes s’en sont ressenties, puisqu’elles portaient la mention « À l’attitude d’un roi en exil ». In Lacouture, De Gaulle, Paris, Seuil, 1984, Tome 1, p. 121.
  7. Dody appliquait un principe de commandement bien connu, « voir loin mais commander court ». En Italie, chargé de la percée sur le Majo, lors de l’offensive du Garigliano, comme commandant de la 2e division marocaine, ses trois colonels commandant les régiments de tirailleurs étaient de ses anciens stagiaires. Il s’est fait communiquer, préalablement au débouché du 13 mai 1944, leurs ordres initiaux respectifs, qu’il a corrigés de sa main !

Colonel (ER) Claude FRANC

Colonel (ER) Claude FRANC

Saint-cyrien de la promotion maréchal de Turenne (1973-1975) et breveté de la 102e promotion de l’École Supérieure de Guerre, le colonel Franc a publié une dizaine d’ouvrages depuis 2012 portant sur les analyses stratégiques des conflits modernes, ainsi que nombre d’articles dans différents médias. Il est référent “Histoire” du Cercle Maréchal Foch (l’ancien “G2S”, association des officiers généraux en 2e section de l’armée de Terre) et membre du comité de rédaction de la Revue Défense Nationale (RDN). Il a rejoint la rédaction de THEATRUM BELLI en février 2023. Il est âgé de 70 ans.

Des formations plus courtes, plus innovantes: l’ENSOA va aussi connaître sa transformation

Des formations plus courtes, plus innovantes: l’ENSOA va aussi connaître sa transformation

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par Philippe Chapleau – Lignes de défense – publié le 26 octobre 2023

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Plus de 40 000 sous-officiers dans l’armée de Terre (voir les chiffres ci-dessus)! Une école créée en 1881, installée depuis 1883 à Saint-Maixent, désormais maison-mère du corps des sous-officiers… et qui va désormais accompagner la transformation de l’armée de Terre.

L’Ecole nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) va effectivement se transformer pour accompagner l’augmentation des flux de sous-officiers à former.

Quelques chiffres pour illustrer ces évolutions:
– former davantage, en passant de 6 300 stagiaires en 2022 à 6 800 en 2023 et 7 500 en 2028,
– doper l’encadrement avec 560 cadres-formateurs en 2023 et plus de 600 en 2024 (avec un recours aux innovations pédagogiques, par exemples : musette numérique sur tablette, tests via IA, etc),
– une réduction de la durée des formations à partir de 2024: de 8 à 6 mois pour les recrutements directs  (1640 en 2023), de 4 à 3 mois pour les semi-directs (1061 en 2023) et de 17 à 12 jours (451 sous-officiers formés en 2023).

Le général Didier, le commandant de l’ENSOA, revient sur ces chiffres: “Augmentation et réduction ne sont pas antinomiques. Il faut une augmentation de l’encadrement surtout dans les domaines émergents (cyber, drone) à consolider“, explique -t-il, ajoutant que l’EMPT (l’École militaire préparatoire technique) de Bourges où sont formés des semi-directs contribue à cette augmentation du nombre de personnels qualifiés. 

Au terme de réduction, le général préfère celui de dynamisation” du parcours “pour répondre aux attentes des stagiaires qui veulent rejoindre leurs unités et poursuivre leur formation, le côté expertise se faisant ailleurs”. A Saint-Maixent, la formation réduite dans le temps continuera de porter sur “les forces morales, le combat et le tir, l’entraînement physique militaire et sportif… Et s’il y a moins d’anglais, ce n’est pas trop grave” (sachant que les militaires peuvent se perfectionner en langues tout au long de leur carrière). 

L’objectif reste de former, toujours au sein des cinq bataillons et du groupement de perfectionnement des sous-officiers (GPSO), de futurs sous-officiers “confiants, crédibles et légitimes vis-à-vis de leurs subordonnées”. 

L’armée de Terre va réduire la durée de la formation initiale de ses futurs sous-officiers

L’armée de Terre va réduire la durée de la formation initiale de ses futurs sous-officiers

https://www.opex360.com/2023/10/22/larmee-de-terre-va-reduire-la-duree-de-la-formation-initiale-de-ses-futurs-sous-officiers/


Quoi qu’il en soit, l’activité de l’École nationale des sous-officiers d’active [ENSOA] de Saint-Maixent, qui fête ses 60 ans cette année, ne devrait pas souffrir des tensions concernant le recrutement de l’armée de Terre.

En effet, au-delà de l’instruction initiale de ses élèves recrutés par la voie directe ou semi-directe et de l’accueil de stagiaires étrangers, l’ENSOA assure aussi la formation continue des sous-officiers tout au long de leur carrière.

Or, ce besoin en formation continue va continuer à croître dans les années à venir, notamment en raison de la réforme du parcours professionnel des sous-officiers, lancée en 2020 pour répondre aux nouveaux besoins induits par le programme SCORPION et par le durcissement de la préparation opérationnelle.

Cette année, l’ENSOA aura accueilli environ 6800 élèves et stagiaires. Et elle en attend plus de 7000 en 2024. Cette hausse de l’activité suppose un renforcement de l’encadrement [45 postes supplémentaires seront créés l’an prochain] ainsi que la construction de nouvelles infrastructures dans le périmètre de l’école.

« Nous sommes dans une phase de renforcement de l’École nationale des sous-officiers d’active. Je vais même plus loin. Le chantier général de renforcement de l’ENSOA, notamment en infrastructures mais aussi en cadres, c’est la priorité numéro un de l’armée de Terre aujourd’hui », a expliqué le général Schill, à l’occasion d’un déplacement à Saint-Maixent, cette semaine.

Par ailleurs, l’ENSOA aura à proposer de nouvelles formations pour répondre à des besoins « émergents » dans certains domaines, comme l’influence et le cyber.

Cependant, même avec de nouveaux bâtiments, la capacité d’accueil de l’école risque d’être insuffisante… Et l’un des leviers pour retrouver une certaine marge de manoeuvre passe par la réduction de la durée de la formation initiale des élèves sous-officiers, a avancé le CEMAT.

Ainsi, la formation initiale d’un élève sous-officier « direct » passera de huit à six mois. Et celle d’un élève issu du recrutement semi-direct, qui a déjà une expérience militaire, sera réduite à trois mois.

« Nous conservons cette notion de creuset à l’ENSOA, où passent tous nos sous-officiers. Comme le volume [d’élèves et de stagiaires] est plus important, on peut augmenter les capacités de l’école, c’est ce que nous faisons en renforçant l’encadrement et en construisant de nouveaux bâtiments, mais ce n’est pas immédiat. Pour faire face en conservant ce socle, on prend cette mesure de réduction de la formation initiale, compensée par un allongement de la formation assurée ensuite dans les écoles d’armes et les régiments », a détaillé le général Schill, dans les pages du quotidien « La Nouvelle République ».

Pour l’armée de Terre, ce raccourcissement de la durée de la formation initiale ne vise pas seulement à permettre à l’ENSOA d’accroître sa capacité d’accueil de stagiaires : elle répond aussi au besoin d’avoir de jeunes sous-officiers qui rejoignent plus vite les unités opérationnelles.

L’armée de Terre a créé un nouveau commandement pour ses opérations en Europe

L’armée de Terre a créé un nouveau commandement pour ses opérations en Europe

https://www.opex360.com/2023/10/17/larmee-de-terre-a-cree-un-nouveau-commandement-pour-ses-operations-en-europe/


Armée par 58 militaires et commandée par le général François Goguenheim, cette structure se vit confier la mission d’assurer le soutien logistique des unités « déployées dans des opérations relevant de son périmètre ». Mais ses responsabilités étaient encore trop restreintes… Aussi a-t-elle laissé la place, le 16 octobre, au « Commandement Terre Europe » [CTE], dont les attributions seront a priori plus larges.

La création de cette nouvelle structure s’inscrit dans le cadre du plan de transformation récemment dévoilé par le général Pierre Schill, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT].

« Cet état-major va exercer le contrôle opérationnel des unités Terre déployées en Europe et la cohérence de leur emploi quand elles sont placées sous l’autorité d’une organisation multinationale ou d’une coalition. Il commandera également les échelons de soutien nationaux », explique le CFT.

« Il s’agit de dire que, dans la période de grande incertitude qui est la nôtre aujourd’hui, chaque état-major doit être concentré sur l’ensemble des enjeux opérationnels qu’il peut avoir à traiter », a résumé le général Bertrand Toujouse, le commandant des forces terrestres, avant de préciser que le principe du CTE avait été validé par le chef d’état-major des armées [CEMA] au cours de l’été dernier.

 

« Tout en contribuant à son effort de subsidiarité, cet état-major [le CTE, ndlr] accroît de manière substantielle la faculté d’adaptation de l’armée de Terre confrontée à des réalités géopolitiques évolutives en Europe », a, de son côté, souligné le général Schill, via Linkedin.

« En exerçant la responsabilité opérationnelle sur nos déploiements dans l’est du continent, il contribuera désormais à l’exigence de réactivité de notre pays et ancrera sa crédibilité dans l’espace de solidarité stratégique partagé avec nos alliés », a ajouté le CEMAT, en rappelant que l’objectif du plan de transformation qu’il a élaboré vise à « optimiser les effets opérationnels produits par l’armée de Terre ».

Photo : CFT/ Armée de Terre

Des militaires japonais s’entraînent pour la première fois sur le sol français

Des militaires japonais s’entraînent pour la première fois sur le sol français

– Forces opérations Blog – publié le

Depuis dix jours, l’armée de Terre et son homologue japonaise s’entraînent conjointement en Nouvelle-Calédonie dans le cadre de l’exercice Brunet-Takamori 23. Une première sur le sol français pour la Force terrestre d’autodéfense japonaise (JGSDF).

Du 10 au 30 septembre, Brunet-Takamori 23 mobilise environ 400 militaires français et japonais autour de Nouméa, Plum et Prony. Pour les deux pays, cet exercice de niveau compagnie constitue une opportunité rare « d’accroître leur interopérabilité afin d’être en mesure d’intervenir ensemble » et « illustre le souhait commun de consolider, développer et d’enrichir ce partenariat », indiquait ce matin l’état-major des armées.

Une soixantaine de soldats du 5e régiment d’infanterie japonais ont été insérés au sein du régiment d’infanterie de marine du Pacifique Nouvelle-Calédonie (RIMaP-NC), soit une section accompagnée d’éléments de commandement et de soutien. L’ensemble est appuyé par la base aérienne 186 de La Tontouta et la direction interarmées du service de santé des forces armées (DIASS).  

« Nous avons développé nos compétences de combat individuel et amélioré la compréhension mutuelle entre le Japon et la France grâce à des exercices préparatoires », déclarait hier la JGSDF. Après un stage commando et une phase d’intégration dans la compagnie motorisée du RIMaP-NC, Brunet-Takamori 23 s’apprête maintenant à basculer dans l’exercice de synthèse interarmes et interarmées. 

Ce rendez-vous organisé pour la première fois au coeur du Pacifique sud vient s’ajouter à une coopération bilatérale jusqu’alors essentiellement orientée vers le domaine aéronaval, comme le démontrait encore l’exercice Oguri-Verny réalisé en août dernier. 

Crédits image : RIMaP-NC

L’académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan fait le plein

L’académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan fait le plein

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par Philippe Chapleau – Lignes de défense – publié le 13 septembre 2023

https://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/


C’est aussi la rentrée à Coëtquidan pour les élèves des trois écoles de l’Académie (photo AMSCC). Une rentrée pour plus de 700 élèves. Voici le détail par école. 

L’école spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM):

201 élèves dont 169 sont issus du concours d’entrée à l’ESM, 29 officiers sur titre et 3 élèves qui suivent leur scolarité en Allemagne. S’ajoutent à ce groupe de 201: 20 élèves étrangers et 14 commissaires.

A noter que:
– 20 élèves sont externalisés dans d’autres établissements comme l’ESSEC
– 30 cadets étrangers sont à Coëtquidan pour des séjours de 2 à 6 mois
– 12 étudiants en double diplôme sont présents sans être considérés comme des Cyrards.

L’école militaire interarmes (EMIA):

115 élèves: 85 sur concours, 15 sur titre, 15 issus de la filière CTA (corps technique et administratif).
S’ajoutent 10 élèves étrangers.

L’école militaire des aspirants de Coëtquidan (EMAC):

207 élèves au total: 154 OSC-E (officiers sous contrat Encadrement), 37 élèves pilotes (ALAT), 6 du SEO (service de l’énergie opérationnelle) et (nouveauté) 10 élèves officiers internationaux.
Les OSC spécialistes (3 mois de formation initiale avant leur départ en unité) ne sont pas oubliés: en cette fin d’année, environ 150 seront formés (60 en octobre et 90 en décembre). Deux promos arriveront au début de 2024: une janvier et l’autre en mars.