La Loi de programmation militaire rénove le modèle complet d’armée à la française

La Loi de programmation militaire rénove le modèle complet d’armée à la française

La France consacrera 295 milliards d’euros à sa Défense durant la prochaine Loi de programmation militaire (LPM) qui s’étalera de 2019 à 2025. Rattrapage sur les hommes, modernisation des équipements et coopération européenne sont les priorités.

Par Olivier Berger | Publié le 08/02/2018 – La Voix du Nord

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La Loi de programmation militaire rénove le modèle complet d’armée à la française (illustration) La Voix du Nord

Le président de la République a tranché pour le maintien «  d’un modèle complet d’armée  » à la française. Le projet de Loi de programmation militaire 2019-2025 a été présenté ce jeudi matin en Conseil des ministres. Il représentera une dépense totale de 295 milliards d’euros, 200 déjà inscrits jusqu’en 2023 dans la Loi de programmation des finances publiques.

La dissuasion nucléaire reste « le socle de notre stratégie nationale ». Son renouvellement, avec le lancement des programmes du sous-marin nucléaire lanceur d’engin de troisième génération et le nouveau missile ASMP-A pour la composante aérienne, coûtera 37 milliards d’euros entre 2019 et 2025. « Dans une proportion budgétaire constante », indique-t-on au ministère des Armées, soit 12,5 %.

La priorité est donnée à la modernisation des équipements et aux capacités qui permettent de conserver un avantage stratégique. Dans le désordre : le renseignement, le cyber, la conduite des opérations, le groupe aéronaval (remplacement du porte-avions pour 2040) et donc, la dissuasion. « Pour un outil de Défense plus agile, plus réactif et résilient. »

Renseignement et cyber en pointe

Le renseignement prend du poids avec le lancement de systèmes de satellites de télécommunications militaires (Syracuse 4), d’imagerie (MUSIS) et d’électromagnétique (CERES). La fonction connaissance-anticipation comptera 1 500 agents supplémentaires, autant que le poste cyber (de 3 000 à 4 000 combattants) et innovation numérique. Les armées embaucheront 6 000 hommes supplémentaires sur la période de la LPM (750 pour la sécurité et la protection, 400 pour le soutien aux exportations).

L’environnement du militaire est une autre priorité plus au ras du sol. On annonce 112 milliards d’euros sur 2019-2023 (+ 14 % par rapport à 14-18) pour les salaires (60 milliards, + 7 %), les infrastructures, les entretiens programmés du matériel (22 milliards, + 30 %), le plan famille (530 millions d’euros) et les petits équipements du quotidien. Ce rattrapage concerne la livraison de 56 000 treillis ignifugés d’ici 2020 et la garantie pour tout soldat en opération extérieure de bénéficier d’un gilet pare-balles de dernière génération (25 000 livrés l’année prochaine sur un total de 56 000).

Les livraisons d’équipements durant la période sont un autre poste majeur. En premier lieu, les blindés médians de l’armée de terre (Griffon, Jaguar) dont la moitié de la cible sera fournie d’ici 2025, mais aussi les patrouilleurs de la marine, des ravitailleurs aériens (11 MRTT livrés en avance de deux ans), deux systèmes de drones Reaper (6 drones), 28 Rafale, 55 Mirage 2000 D rénovés, des missiles à moyenne portée et antichars, quatre sous-marins d’attaque Barracuda, trois dernières frégates multimissions, trois première frégates de taille intermédiaire et trois frégates légères rénovées.

Rattrapage

C’est riche mais ça constitue simplement un rattrapage. Les attentats et la situation sécuritaire globale sont passés par là.

L’autre volet de la LPM se projette à l’horizon 2030 et au-delà avec le lancement d’études (1,8 milliard par an) sur le successeur du porte-avions Charles-de-Gaulle (2040), le système de combat aérien du futur européen, le char du futur et le système d’artillerie franco-allemand… 1 milliard seront consacrés aux études amont, à l’innovation.

Pour le ministère des Armées, «  la trajectoire budgétaire est saine  » avec un autofinancement des OPEX (opérations extérieures) à hauteur de 1,1 milliard en 2020, jugé plus sincère, et une baisse du report des charges à 10 % en 2025 (contre 16 % en 2019, autour de 3,4 milliards d’euros).

Si les affres de la politique et de la situation économique ne mangent pas la France, le budget en 2025 devrait atteindre les 50 milliards et les 2 % du produit national brut. Le texte sera étudié en séance publique à l’Assemblée nationale durant la semaine du 19 mars.