La Direction générale de l’armement a fait franchir un « premier jalon » à la coopération drone / hélicoptère

La Direction générale de l’armement a fait franchir un « premier jalon » à la coopération drone / hélicoptère


L’idée de mettre en œuvre un drone aérien [voire plusieurs] depuis un hélicoptère n’est pas nouvelle : le Tigre porté au standard MK2+ ainsi que le NH-90 devraient disposer de cette capacité qui, appelée MUM-T [pour Manned-Unmanned Teaming], a récemment fait l’objet d’une démonstration organisée par Airbus Helicopters et Leonardo dans le cadre du projet MUSHER.

Ainsi, l’Aviation légère de l’armée de Terre [ALAT] développe le concept de « dronisation de l’aérocombat », qui est dans ses « cartons » depuis quinze ans, selon son commandant, le général David Cruzille. « Le drone, aujourd’hui, c’est une belle opportunité. Il y a un tel bond technologique que l’on peut passer de la doctrine à la mise en œuvre », a-t-il d’ailleurs récemment souligné, lors d’un entretien diffusé par le Commandement du combat futur [CCF].

Outre la notion d’Engins Lancés par Aéronefs [ELA], l’ALAT envisage le développement d’un drone tactique d’aérocombat [DTA], capable d’évoluer, comme un ailier, au côté d’un hélicoptère habité. Selon le CCF, il permettrait de « préserver l’effet de masse et d’augmenter la liberté d’action du chef en fonction du niveau de risque ou de complexité de l’enjeu opérationnel ».

En attendant, il s’agit de défricher le terrain… D’où les essais simulés de coopération entre des drones et un hélicoptère, conduits en février par DGA Essais en Vol [DGA EV] avec le concours de pilotes du Groupement aéromobile de la Section technique de l’armée de Terre [GAMSTAT], du 3e Régiment d’hélicoptères de combat [RHC], en pointe dans l’élaboration de la doctrine d’emploi des futurs ELA, et du 4e Régiment d’hélicoptères des forces spéciales [RHFS].

Cette campagne d’essais avait trois objectifs : définir les interactions « les plus pertinentes » entre les équipages et les drones, mesurer la charge cognitive des personnels navigants et évaluer une « interface tactile pour la gestion des drones ».

Le scénario a consisté à mener « une mission de reconnaissance offensive d’un hélicoptère appuyé par deux drones. Cette mission a été découpée en plusieurs phases élémentaires qui ont été jouées plusieurs fois chacune en variant les niveaux d’interopérabilité [LOI] et la configuration de l’équipage [à 2 ou à 3]. Pour chaque phase, des mesures subjectives et physiologiques de la charge cognitive des équipages ont été réalisées pour évaluer leur capacité à gérer toutes les tâches induites », explique la Direction générale de l’armement [DGA].

Quant à l’interface tactile, elle permettra « d’interagir avec une cartographie, d’afficher les informations venant des drones et de prendre le contrôle de ceux-ci [création et assignation du plan de vol, contrôle de la charge utile] », précise-t-elle, avant de se féliciter d’avoir franchi un « premier jalon ».

Les résultats de ces essais, réalisés grâce à « plusieurs simulateurs interconnectés », seront utilisés pour développer une capacité analogue pour la Marine nationale et l’armée de l’Air & de l’Espace ainsi que pour préparer un « projet d’étude amont devant intégrer des briques technologiques développées par l’industrie. »

« Cet apport améliorera la représentativité de certaines fonctionnalités, augmentera l’autonomie fonctionnelle intégrée dans les systèmes, drones ou hélicoptères, permettra d’affiner les scénarios d’emploi et devra déboucher sur la conduite d’essais en vol hybridés avec la simulation », conclut la DGA.

Photo : DGA

200 militaires charentais vont s’entraîner jour et nuit pendant une semaine en Dordogne

200 militaires charentais vont s’entraîner jour et nuit pendant une semaine en Dordogne

Les exercices vont concerner 90 communes de Dordogne. – @Ministère des Armées – 515e RT

C’est un exercice d’ampleur qui va débuter ce lundi 31 mars en Dordogne à 13 heures, 200 militaires charentais du 515e régiment du Train à Angoulême vont venir dans le nord du département avec 50 véhicules. L’armée propose une rencontre entre la population et les soldats ce mercredi 2 avril.

Plus de 200 militaires, 50 véhicules de l’armée vont circuler dans près de 90 communes de Dordogne à partir de 13 heures, ce lundi 31 mars. Le régiment du 515ᵉ régiment du Train, basé à Angoulême (Charente), va venir passer cinq jours dans le nord du département pour s’entraîner dans une phase de « haute intensité » pour l’armée française. L’exercice a été nommé « Aquafondata » et vise à mettre en situation les militaires pour des missions de reconnaissance, de surveillance, de protection de sites sensibles. Il va durer jusqu’au vendredi 4 avril.

Des tirs jour et nuit

Les habitants des 90 communes, dont Brantôme, Négrondes, Sarlande, Tourtoirac ou encore Mensignac, vont voir passer des militaires et ils vont entendre des bruits de tirs, de jour comme de nuit. Les militaires vont tirer avec des balles d’exercice qui reproduisent les bruits, mais qui n’ont aucun effet. L’armée précise que les « déchets » des munitions seront ramassés.

 L'exercice va concerner 89 communes du nord-est du département
L’exercice va concerner 89 communes du nord-est du département – Google Maps

Une rencontre avec la population le mercredi 2 avril

Pour permettre aux militaires de s’entraîner, l’armée demande aux habitants de ne pas aller à leur rencontre pendant les missions. Cependant, une rencontre avec la population, est organisée ce mercredi 2 avril après-midi (de 13h à 17h) à Thiviers, sur la Place de la République.

Les habitants pourront rencontrer les soldats, mais aussi découvrir les véhicules militaires et faire des baptêmes. Les motards de la gendarmerie nationale seront également présents. Il y aura une séance de tir avec des pistolets avec des billes ou des mousses.

Trois ans pour livrer un embryon de DSA d’accompagnement

Trois ans pour livrer un embryon de DSA d’accompagnement

– Forces opérations Blog – publié le

Le compte à rebours est lancé pour KNDS France, chargé de fournir deux nouvelles variantes du Serval pour permettre à l’armée de Terre de muscler son bouclier anti-drones et de reconstruire une défense sol-air d’accompagnement au profit des forces déployées en opération. L’objectif ? Livrer des plateformes et des munitions abouties dans moins de 36 mois. 

Ces deux véhicules attendus par l’armée de Terre, ce sont les Serval « lutte anti-drones » (LAD) et Serval « défense sol-air » (DSA). Deux membres parmi d’autres d’une nouvelle famille « sol-air basse-couche » (SABC) de ce blindé 4×4 produit par KNDS France et Texelis dans le cadre du programme SCORPION. Et une capacité sur les rails depuis décembre 2024 avec la notification par la Direction générale de l’armement (DGA) d’un contrat majeur à KNDS France.

Fraction majeure des 600 M€ investis fin 2024 pour muscler la DSA française, ce contrat global prévoit non seulement le développement et la qualification des plateformes et des munitions associées mais aussi la livraison de 24 Serval LAD et 30 Serval DSA. Pour l’un comme pour l’autre, ces tranches initiales dépassent déjà les cibles fixées par la loi de programmation à horizon 2030, établies à 12 Serval LAD et 24 Serval DSA.

« C’est vraiment une course contre la montre », résume un représentant de KNDS France. Restent en effet moins de trois ans pour développer et fournir une capacité suffisamment mature que pour entamer le processus de qualification étatique, préliminaire obligatoire aux premières perceptions par les régiments d’artillerie. Celles-ci sont attendues en fin de LPM, potentiellement à compter de 2029. 

Le Serval LAD sera une solution complète intégrant un tourelleau téléopéré ARX30 et son canon de 30 mm, des antennes radio-fréquences, un système de commandement et de contrôle (C2) et un radar de détection et de suivi sur mât télescopique. Complexe, l’objet est aussi nouveau. Pour KNDS, « il faudra donc être excellents sur chacune des briques ». Aller vite suppose notamment de « faire travailler un certain nombre de gens ayant une grande expérience en matière de LAD » en misant sur des briques éprouvées et éventuellement adaptées. 

Le choix du radar embarqué, par exemple, na pas été officialisé mais l’intention serait de pousser la solution proposée par CS Défense, division d’un groupe devenu l’un des maîtres d’œuvre du programme interarmées PARADE (Protection déployAble modulaiRe Anti-DronEs). Combiné avec le viseur de l’ARX30, le radar constituera la brique essentielle pour traquer, identifier et suivre efficacement des « objets tout petits, qui vont plutôt vite, volent au ras du sol et dont le spectre est très large ».

Le contrat français vient surtout soutenir le développement de l’ARX30 et de ses munitions, engagé sur fonds propres et poursuivi aujourd’hui autour d’un unique prototype. Conçu à Bourges, ce tourelleau suit en quelque sorte la voie tracée par sa « grande soeur » de Satory, la tourelle de 40 mm RapidFire. « Les équipes échangent beaucoup. Le moment est complexe, car c’est l’heure des choix », nous explique-t-on. Construit autour du canon court 30M781MPG de l’hélicoptère d’attaque Tigre, l’ARX30 sera « redessiné » pour gagner en compacité et descendre en dessous des 850 mm de hauteur. 

Le futur Serval LAD, élément central de la LAD dite « spécialisée »

Autre choix acté, l’ARX30 embarquera un viseur non panoramique, donc doté d’un débattement inférieur à 360° et partiellement asservi au canon. « Un moyen de s’assurer que la ligne de visée reste proche de celle du canon », précise KNDS. Le choix de ce viseur n’est pas affermi à ce jour, mais « quelques perles » ont été identifiées en France. Rien n’est acté, mais la démarche tendrait à première vue vers un duel entre deux candidats ayant des approches différentes : d’un côté une solution très aboutie et directement disponible et de l’autre un produit plus innovant mais exigeant un peu de patience. Léger, l’ARX30 exige cependant de plancher sur un Serval à toit renforcé tant pour augmenter la capacité d’emport que pour compenser l’effort de recul du canon, de l’ordre de 650 kg contre 240 kg pour un armement de 12,7 mm.

D’autres évolutions sont annoncées pour l’ARX30 par un industriel engagé dans une feuille de route à deux vitesses. La double entrée par exemple, cette capacité soutenue par un financement européen mais qui arrivera « plus tard » et pourra être l’objet d’un rétrofit. Son enjeu ? Dédoubler l’approvisionnement en munitions, offrir un choix au tireur et renforcer par là le caractère « multi-cibles » de l’ARX30, dont les 2 km de portée sont également étendus aux menaces de surface.

Les spécificités de la lutte anti-drones exigent par ailleurs de travailler sur une munition dédiée. L’obus airburst conventionnel est aujourd’hui la voie privilégiée pour « envoyer de la ferraille dans les airs » plutôt qu’une solution s’inspirant d’un obus antiaérien A3B conçu pour la tourelle RapidFire et dont la fin du développement était lui aussi notifié en décembre. Cette version airburst bénéficiera d’une quinzaine d’années de travaux entamées avec le calibre 25 mm et suivies avec le 40 mm. Le choix d’une fusée 100% électronique et non plus mécanique amène un challenge de taille pour les équipes munitionnaires : le degré d’utilisation des MEMS, ces composants électromécaniques ultra miniaturisés soumis aux contraintes extrêmes du domaine pyrotechnique. L’objectif sera de tenir a minima six secondes en vol, une performance qui suppose de maîtriser la consommation d’énergie avant l’impact donc de miser sur une électronique à la fois limitée et frugale. « Aujourd’hui, nous savons faire cette munition », assure un industriel pour qui il est « tout à fait jouable » de déboucher sur un produit mature dans le délai imparti. 

Si le Serval LAD est conçu pour opérer en autonomie, il est logiquement prévu de l’intégrer dans la chaîne DSA de l’armée de Terre. Il y rejoindra un Serval DSA que l’armée de Terre a rebaptisé « Tourelle MISTRAL ». Celui-ci reposera principalement sur une tourelle ATLAS RC armée de deux missiles MISTRAL 3 et d’une capacité d’autodéfense rapprochée, en attendant un MISTRAL 3+ espéré d’ici deux à trois ans. Ce véhicule sera complémentaire du Serval SATCP, cette autre version du véhicule de patrouille blindée adaptée pour l’emport d’un lanceur MISTRAL sur trépied et dont les premiers exemplaires sont attendus pour l’an prochain. 

Deux autres versions du Serval – non contractualisées à ce jour – viendront compléter un segment pour l’instant centré sur les effecteurs : l’une, un « PC DSA », pour la coordination des feux et l’autre pour l’emport d’un radar en bande X pour la détection et le suivi de cibles. Le radar Giraffe 1X de Saab, testé avec succès durant les Jeux olympiques et paralympiques de l’été dernier, serait en pôle position. Une nouvelle génération est déjà dans les cartons de l’entreprise suédoise. La commande de ces deux briques manquantes est attendue pour « cette année ou l’année prochaine ».

Sauf écueil majeur, l’armée de Terre disposera d’une première solution nativement conçue pour la LAD à la fin de la décennie. La montée en gamme se poursuit en parallèle en misant entre autres sur l’adaptation de matériels à l’origine non conçus pour cette mission, à l’image du VAB ARLAD Std 2 et du canon de 20 mm PROTEUS. Un premier éventail de moyens qui viendra armer la section LAD créée dans chaque batterie de défense sol-air. Demain, les déclinaisons du Serval permettront de reconstruire une DSABC d’accompagnement perdue depuis le retrait du système Roland. Combiner la mise sous blindage des équipages et la mobilité du porteur, c’est en effet récupérer des capacités de protection de convoi en mouvement ou de suivi de la manœuvre en avant du dispositif et jusqu’au plus près de la FLOT, la ligne de contact. 

L’armée de Terre gagnera aussi en souplesse, ces nouvelles ressources l’autorisant à constituer une bulle anti-aérienne selon la mission, l’adversaire et les systèmes disponibles. Le radar en bande X, le C2 propre à l’armée de Terre et en cours de développement, et les effecteurs seront autant de briques à assembler pour garantir une forme de cohérence dans chaque section et batterie. Rien n’empêcherait, par exemple, de rassembler trois Serval Tourelle MISTRAL et autant de Serval LAD au sein d’une section de circonstance. Bref, une perspective parmi d’autres d’un nouveau chapitre qui ne pourra s’écrire qu’une fois les délais tenus.

Spatial Militaire français : Attention au déclassement

Spatial Militaire français : Attention au déclassement

par André Rougé* – Revue Conflits – publié le 27 mars 2025

*André Rougé, au nom du groupe défense des Horaces.

https://www.revueconflits.com/spatial-militaire-francais-attention-au-declassement/

La France veut se doter d’une stratégie spatiale nationale. Il y a urgence tant le pays risque le déclassement

François Bayrou a annoncé jeudi 6 mars le lancement d’une mission gouvernementale afin d’établir d’ici à juin une « stratégie spatiale nationale » devant permettre à la France de « rester une puissance de premier rang mondial ».

Cette mission n’est pas inutile, tant le secteur spatial français a souffert des deux révolutions spatiales portées par SpaceX : les lanceurs, dits réutilisables, et la constellation télécom en orbite basse Starlink. La viabilité économique du programme Ariane 6 est désormais fortement remise en cause à moyen terme et malgré les 18 lancements commerciaux signés avec Amazon, Arianespace reste une société commerciale déficitaire. Les autres pays européens n’ont pas souhaité contribuer à la viabilité du lanceur européen et l’Allemagne développe même un lanceur concurrent d’Ariane 6.

Le Commandement de l’Espace pousse vers un changement de stratégie, mais il se heurte au conservatisme de la DGA et des industriels TAS et ADS.

Outre le développement du programme Ariane 6, la France a beaucoup investi dans l’accès à l’Espace : 5 programmes de micro-lanceurs (dont la viabilité technologique et commerciale reste hypothétique), 2 démonstrateurs de lanceurs réutilisables et 5 nouveaux pas de tirs en Guyane. L’urgence est désormais clairement de passer de systèmes à deux ou trois satellites – télécoms, observation ou écoute- à des systèmes de constellations de plusieurs dizaines de satellites. Les grandes puissances spatiales militaires (USA, Chine, Russie) possèdent toutes des constellations qui leur assurent une revisite importante des zones d’intérêt pour les satellites de renseignement et une couverture beaucoup plus large pour les satellites de télécom. Par ailleurs, nos satellites militaires sont aujourd’hui de « big juicy target » et la perte de l’un d’entre eux a des conséquences majeures. Les constellations permettent donc d’assurer la redondance du service, une meilleure revisite et complexifient les actes hostiles. Le Commandement de l’Espace pousse vers ce changement de stratégie, mais il se heurte au conservatisme de la DGA et des industriels TAS et ADS. L’État devrait pour le moins exiger, en contrepartie, qu’ils aient la capacité de répondre aux nouveaux besoins des forces, et ce à des prix raisonnables.

Aujourd’hui les satellites militaires et civils français et européens dépendent des données américaines pour assurer leur sécurité en orbite

L’augmentation du nombre de satellites de renseignement optique et écoute doit s’accompagner d’une montée en puissance de notre capacité d’analyse et de valorisation de la donnée, une donnée acquise et non traitée est une donnée perdue. Cet effort sur l’analyse des données spatiales permettra d’accentuer notre effort vers des zones géographiques aujourd’hui moins prioritaires, comme le Pacifique, où nos intérêts sont primordiaux. Il faut encourager des sociétés de surveillance de l’espace (SSA) à y implanter des capteurs radars et optiques pour surveiller les parties d’orbites invisibles depuis la métropole. Aujourd’hui les satellites militaires et civils français et européens dépendent des données américaines pour assurer leur sécurité en orbite. Paradoxalement la France dépense énormément pour garantir sa souveraineté d’accès à l’Espace, mais peu d’argent pour assurer sa souveraineté en surveillance de l’Espace.

Augmenter nos capacités de renseignement de façon massive pour obtenir une utilisation tactique et opérationnelle des données spatiales, assurer la redondance de nos communications par la mise en orbite de constellations télécoms en orbite basse et assurer l’autonomie de la surveillance de l’Espace va nécessiter d’engager de gros budgets militaires.

Le spatial militaire français a été pendant des années une grande réussite, mais aujourd’hui, il doit se réinventer, car il risque sinon le déclassement par les autres puissances militaires spatiales.

Ces engagements devront tout d’abord être compensés par des économies sur d’autres domaines moins essentiels du spatial militaire. Les déclarations du Président Macron visant un budget de la défense jusqu’à 5% du PIB relevant encore du vœu pieux, la prudence doit donc nous pousser à proposer une stratégie pour le spatial de défense dans une enveloppe seulement légèrement supérieure à l’actuelle. Des économies sont possibles en arrêtant les développements peu pertinents ou peu prometteurs, comme ceux d’action dans l’Espace, les missions d’observation hyperspectrale ou tout simplement en utilisant davantage les talents des agents de l’État du CNES plutôt que de payer des ingénieurs de TAS ou ADS !

Le spatial militaire français a été pendant des années une grande réussite, mais aujourd’hui, il doit se réinventer, car il risque sinon le déclassement par les autres puissances militaires spatiales. À cet égard, la priorité à accorder au lancement de constellations spatiales est une nécessité tant pour le renseignement que pour les communications de nos forces déployées sur les futurs champs d’opérations.

Les missions spatiales pour 2030-2035 se décident aujourd’hui, il faut aujourd’hui des actes forts et courageux, pour reprendre la devise du Commandement de l’Espace : Res non verba !

CARTE. Guerre en Ukraine : aide militaire française, accord déjà menacé… Le point du jour

CARTE. Guerre en Ukraine : aide militaire française, accord déjà menacé… Le point du jour

De nouvelles frappes nocturnes poussent Kiev et Moscou à s’accuser de vouloir saboter l’accord annoncé mardi par les États-Unis, ce mercredi 26 mars. Emmanuel Macron, quant à lui, a annoncé une nouvelle aide militaire de 2 milliards d’euros pour l’Ukraine, réclamant également un cessez-le-feu « sans condition préalable ». Voici ce qu’il faut retenir de l’actualité liée à la guerre en Ukraine ce mercredi.

Emmanuel Macron (à droite) et Volodymyr Zelensky lors d’une conférence de presse conjointe, à Paris, le 26 mars 2025.
Emmanuel Macron (à droite) et Volodymyr Zelensky lors d’une conférence de presse conjointe, à Paris, le 26 mars 2025. | YOAN VALAT / AFP

L’accord annoncé mardi 25 mars 2025 par les États-Unis sur un cessez-le-feu en mer Noire entre Russie et Ukraine apparaît déjà bien fragile, ce mercredi 26 mars. Car les nouvelles frappes menées dans la nuit conduisent Moscou et Kiev à s’accuser mutuellement de vouloir saboter cet accord. Cet enjeu sera sûrement au menu des discussions, jeudi, lors du sommet international sur la sécurité prévu à Paris.

En attendant, le président ukrainien Volodymyr Zelensky est arrivé dès ce mercredi soir dans la capitale française, où il a été reçu par Emmanuel Macron. Le président français en a profité pour annoncer une nouvelle aide militaire de 2 milliards d’euros pour Kiev et réclamer à la Russie d’accepter un cessez-le-feu « sans condition préalable ». On fait le point sur l’actualité liée à la guerre en Ukraine ce mercredi.

Kiev et Moscou s’accusent de faire capoter l’accord conclu en Arabie saoudite

De nouvelles frappes ont eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi, poussant Russie et Ukraine à s’accuser mutuellement de vouloir faire capoter l’accord conclu en Arabie saoudite et annoncé hier par les États-Unis, qui prévoit notamment un cessez-le-feu en mer Noire.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué que l’armée russe a lancé « 117 drones » explosifs contre les villes et villages d’Ukraine dans la nuit, « 117 preuves » de « la manière dont la Russie continue de faire traîner cette guerre ».

« Le lancement d’attaques d’une telle ampleur après les négociations de cessez-le-feu est un signal clair envoyé au monde entier que Moscou ne va pas œuvrer à une véritable paix », a-t-il dénoncé sur les réseaux sociaux.

Volodymyr Zelensky a en conséquence appelé ses alliés à faire « pression » sur le Kremlin, en particulier les États-Unis, dont le président, Donald Trump, a entrepris un rapprochement avec Moscou.

Côté russe, les militaires ont accusé l’Ukraine d’avoir lancé des opérations contre des sites énergétiques. « Malgré la déclaration publique de Zelensky acceptant les accords russo-américains […], le régime de Kiev a poursuivi ses attaques », ont-ils affirmé.

Dans un communiqué relayé par l’Agence France-Presse (AFP), l’état-major de l’armée ukrainienne a estimé que « le pays agresseur » portait « des accusations fausses et sans fondement afin de prolonger la guerre » et de « tromper le monde ».

Emmanuel Macron annonce 2 milliards d’euros d’aide supplémentaire pour Kiev

Alors que Volodymyr Zelensky est à Paris, ce mercredi 26 mars 2025, avant un sommet sur la sécurité prévu jeudi, le président français Emmanuel Macron a détaillé le menu de leurs discussions lors d’une conférence de presse conjointe.

Rappelant que « nous avons changé d’ère » face à la menace russe qui « impacte très directement notre sécurité en Europe », le chef de l’État a annoncé une aide militaire supplémentaire de 2 milliards d’euros pour Kiev. L’armée ukrainienne recevra ainsi des missiles antichars Milan, des missiles de défense sol-air, ainsi que des blindés, des chars, des munitions téléopérées et des drones. Ces livraisons seront complétées par la « production d’équipements en Ukraine », a précisé Emmanuel Macron.

Le Président a également indiqué que les moyens qu’un « cessez-le-feu durable » soit « observé et respecté » seraient étudiés ce jeudi lors du sommet à Paris, de même que le format futur de l’armée ukrainienne, un format « crédible » qui permette de « dissuader toute nouvelle agression et résister à toute nouvelle attaque de l’armée russe ».

« À date, la Russie n’apporte aucune réponse solide » pour la paix, et « par ses actes, elle montre sa volonté de continuer la guerre », a regretté Emmanuel Macron, appelant Moscou à accepter un cessez-le-feu « sans condition préalable ». « Vous pourrez compter sur le soutien et l’engagement de la France à vos côtés », a promis le chef de l’État français à Volodymyr Zelensky.

L’Ukraine veut plus qu’une « simple présence » européenne après la guerre

Kiev a besoin de la contribution « sérieuse » de soldats européens prêts à combattre après la guerre et non d’une force de maintien de la paix, a déclaré à l’AFP ce mercredi un responsable ukrainien participant aux négociations pour un cessez-le-feu avec la Russie.

« Nous n’avons pas besoin d’une simple présence pour démontrer que l’Europe est là », a fait valoir Igor Jovkva, un conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky. « Nous n’avons pas besoin de missions de maintien de la paix », a-t-il insisté. Et « ce n’est pas la quantité qui compte […]. C’est aussi leur disposition à se battre, se défendre, à être équipés et à comprendre que l’Ukraine est une partie incontournable de la sécurité européenne ».

« Chaque soldat doit être prêt à être impliqué dans un combat réel. C’est ce que les Ukrainiens font depuis trois ans, voire plus », a-t-il jugé, en suggérant que des forces européennes contribuent à sécuriser la frontière avec la Biélorussie, afin de libérer des troupes ukrainiennes qui pourraient se déployer dans des zones plus dangereuses.

L’UE pose ses conditions pour une levée des sanctions

« La fin de l’agression russe non provoquée et injustifiée en Ukraine et le retrait inconditionnel de toutes les forces militaires russes de l’ensemble du territoire ukrainien seraient les principales conditions préalables à la modification ou à la levée des sanctions », a déclaré un porte-parole de l’Union européenne.

Cette levée, au moins partielle, est réclamée par la Russie en préalable à toute application des accords obtenus au terme de pourparlers mardi à Ryad conduits par les États-Unis avec des délégations russe et ukrainienne.

Le Kremlin s’est quant à lui dit satisfait « de la manière pragmatique et constructive dont se déroule » le dialogue avec les États-Unis, ajoutant que des contacts « vraiment intensifs » étaient en cours avec Washington. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, estime qu’un cessez-le-feu « prendra du temps ».

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a exhorté de son côté la Russie à accepter un cessez-le-feu « sans condition » en Ukraine, appelant également à ne pas « se laisser leurrer » par le président russe Vladimir Poutine. « Il n’y a pas de situation de dialogue où un cessez-le-feu est constamment lié à des concessions et à de nouvelles exigences », a-t-elle affirmé.

Une journaliste russe tuée par une mine dans une région frontalière de l’Ukraine

Une journaliste de la télévision d’État russe est morte dans l’explosion d’une « mine ennemie » dans la région de Belgorod, frontalière de l’Ukraine, a annoncé son employeur ce mercredi sur son site internet.

« Anna Prokofieva, reporter de guerre de Pervy Kanal, a été tuée dans l’exercice de ses fonctions. Cela s’est passé dans la région de Belgorod, à la frontière avec l’Ukraine, où l’équipe de tournage […] a sauté sur une mine ennemie », a expliqué la chaîne de télévision publique, ajoutant qu’un caméraman avait pour sa part été blessé. Ce dernier, Dmitri Volkov, est dans un état « grave », a souligné Alexandre Khinchtein, le gouverneur de la région russe voisine de Koursk, où il est hospitalisé.

Anna Prokofieva, âgée de 35 ans, effectuait des reportages « dans la zone de l’opération spéciale », un euphémisme imposé en Russie pour évoquer l’assaut d’ampleur contre l’Ukraine lancé le 24 février 2022. La diplomatie russe a appelé la communauté internationale et les organisations telles que les Nations unies à réagir à ce décès.

Diplomates, corruption et compromission

Diplomates, corruption et compromission

par Jean DASPRY* – CF2R – TRIBUNE LIBRE N°177 / mars 2025

*Pseudonyme d’un haut fonctionnaire français, docteur en sciences politiques

 

 

 

A propos du « Mystérieux » Char chinois !

A propos du « Mystérieux » Char chinois !

par Blablachars – publié le 25 mars 2025

https://blablachars.blogspot.com/2025/03/a-propos-du-mysterieux-char-chinois.html#more


Les images relayées par de nombreux internautes, d’un « mystérieux » prototype chinois de char semblent indiquer que la Chine, comme plusieurs autres pays, cherche à réduire le gabarit de ses futurs engins blindés et plus spécialement de son prochain char. Au-delà d’une simple réduction des dimensions, les modifications supposées s’accompagneraient aussi d’une augmentation de certaines performances du futur engin, qui pourrait être synonyme d’une modification de la doctrine de l’Armée Populaire de Libération (APL) dans le domaine. Depuis de longues années, les chars sont systématiquement employés au sein d’ensembles interarmes au sein desquels ils sont le plus souvent utilisés au profit des autres armes et très rarement comme une force de rupture autour de laquelle les autres composantes s’organisent. Cette relative stabilité doctrinale a connu peu d’évolutions, allant de pair avec l’introduction d’une nouvelle génération de chars. Le char mystère, probablement doté de technologies innovantes pourrait bouleverser cet équilibre et entrainer d’importantes modifications doctrinales au sein de l’APL.

L’emploi de chars en grand nombre au sein de dispositifs interarmes dont on peut voir de nombreuses illustrations sur les images diffusées par l’APL, repose sur l’utilisation par cette dernière de chars polyvalents, techniquement simples et dotés d’une puissance de feu conséquente. Le traité sino-soviétique d’amitié, d’alliance et d’assistance mutuelle signé en 1950 permet à Pékin de bénéficier de l’appui soviétique pour le développement de ses chars, avec la construction en 1956 d’une usine destinée à produire le T-54A, qui est mis en service en 1959 sous l’appellation de type-59, armé comme son « cousin » soviétique d’un canon de 100mm. Les productions chinoises qui suivent ce premier engin contiennent peu d’innovations techniques et la faible qualité des chars chinois est compensée par la mise en service de nombreux exemplaires. A la fin des années 1960, l’APL compte jusqu’à 8000 chars dont une majorité de Type 59. Ce choix se traduit par l’adoption au fil des années de versions successives d’un même char sur lesquelles les évolutions techniques sont limitées et souvent liées à l’apport de technologies étrangères comme le canon L7 britannique intégré sur le Type 69 (lui même dérivé du T-62 soviétique) pour donner naissance au Type 79. Le Type 96 mis en service à la fin des années 1980 est la dernière évolution du Type 69 développé à la fin des années 1970.

La mise en service du Type 98 et de son évolution le Type 99, marquent une première inflexion de la doctrine blindée chinoise qui privilégie l’aspect technique des engins au détriment de la masse, qui semble se rapprocher des usages en cours dans les armées occidentales. La mise en service du Type-15 à la fin des années 2010 concrétise la seconde tentative de développement d’un char léger répondant à un besoin spécifique. A la fin des années 1950, le développement par la firme NORINCO d’une version allégée du Type 59 conduit à la mise en service du Type 62 capable de combattre sur des terrains difficilement accessibles au char d’origine. Pour atteindre cet objectif, la firme chinoise diminue le calibre du canon qui passe de 100 à 85mm ainsi que l’épaisseur du blindage et simplifie les systèmes embarqués. Ces différentes solutions permettent au Type-62 d’afficher un poids de 21 tonnes, inférieur de 15 tonnes au poids du Type 59 dont il est dérivé.

En dépit d’une réduction de la puissance du moteur qui passe de 520cv sur le Type 59 à 430cv sur le Type 62, la mobilité du Type 62 est considérablement améliorée par rapport à celle du Type 59, amélioration symbolisée par un rapport poids/puissance de 20.5cv/t, largement supérieur à celui du Type-59 s’établissant à 14.4 cv/t. Le Type 15, qui est aussi le premier char chinois « non inspiré » d’un modèle russe, ne bouleverse cependant pas la doctrine chinoise d’emploi des blindés, mais s’inscrit plutôt dans une démarche identique à celle de la conception du Type 62.  Comme pour ce dernier, la réduction de calibre de l’armement principal, qui passe de 125 à 105mm et le recours à des matériaux composites pour le blindage structurel de l’engin permettent d’arriver à un poids de 33 ou 36 tonnes. Cette variation est liée à l’éventuel montage d’un pack de blindage réactif additionnel. La mobilité est également favorisée par l’installation d’un moteur de 1000 cv associé à une transmission entièrement automatique, tandis que les traditionnelles barres de torsion laissent place à une suspension hydropneumatique. Ces choix permettent au Type 15 d’afficher un rapport poids/puissance de 27.8 ou 30.3 cv/t, en fonction du poids de l’engin, le rendant particulièrement adapté au milieu pour lequel il a été développé. Sa première apparition en 2019, six ans après le retrait des derniers Type 62, précède son déploiement dans la région du Ladakh au sein des unités de l’APL stationnées dans la zone frontalière, objet de tensions entre Pékin et New Delhi. Ce déploiement a été suivi en juin 2021 de la mise en service du Type 15 au sein de l’infanterie de marine chinoise.

 

 

A l’inverse des engins précédents, le mystérieux char aperçu ces derniers mois pourrait marquer une inflexion majeure de la doctrine chinoise en matière d’emploi des blindés. L’engin dont le poids serait inférieur à 40 tonnes et doté d’une tourelle téléopérée pourrait être servi par un équipage réduit à deux hommes. L’armement principal serait constitué d’un canon rayé de 105mm, une solution similaire à celle retenue pour le Type-15 mais aussi aux Etats-Unis pour le M10 Booker. L’appellation « Assault gun » retenue pour cet engin par l’armée américaine illustre parfaitement le rôle pour lequel le Booker a été conçu, tout comme son évaluation par la 82ème Division Aéroportée ! Pourrait-on imaginer la 11ème Brigade Parachutiste évaluant un engin chenillé de 40 tonnes armé d’un canon de 105mm, capable de fournir un appui-feu de proximité aux unités parachutistes ? Le calibre 105mm qui a subi une éclipse de plusieurs années face aux armements de 120 ou 125mm semble redevenir d’actualité grâce à aux améliorations apportées aux munitions utilisées. Ainsi, les informations (non confirmées) concernant l’armement du char chinois font état de la possible utilisation de munitions flèche de nouvelle génération dont l’efficacité serait similaire à celles des obus flèche de 125mm de génération précédente utilisés par le Type 99. Cette réduction de calibre favorise l’emport d’une plus grande quantité de munitions, qui serait de 38 obus sur le Type 15 et de 42 coups sur le M10 Booker, autorisant la conduite de missions d’appui-feu de plus longue durée. Autre possibilité offerte par ces engins et probablement par le futur char chinois, la réalisation de tirs indirects permise grâce aux qualités de l’arme, à l’intégration de dispositifs de visée adéquats et aussi par le débattement en site. Le choix d’une tourelle téléopérée augmente cette possibilité, comme l’illustre l’exemple de la tourelle 3105 de John Cockerill Defense capable d’atteindre une élévation maximale de 42°,  supérieure à celle du M10 Booker de +20° et du Type 15 atteignant +18°. Ces deux engins utilisant une tourelle habitée dont l’intrusion en châssis constitue une limite mécanique au débattement vertical. 

 

 

La conception de l’engin chinois semble privilégier la mobilité et la compacité qui pourraient entrainer une modification de la doctrine au profit d’un emploi privilégiant la mobilité et la « discrétion ». A côté de ces caractéristiques qui contribuent à augmenter la survivabilité du char, la diminution du blindage structurel serait compensée par le recours à un système de protection active, comme le GL-6 dévoilé en février dernier.

Le caractère encore incertain des informations disponibles à propos de ce nouvel engin, laisse subsister de nombreuses inconnues sur son niveau de développement. La présence de différents modèles sur les images disponibles permet de penser que les travaux sur le futur engin se poursuivent et que plusieurs solutions sont probablement explorées. Cependant, la récente mise en service du Type 15 ainsi que son emploi spécifique empêchent de considérer ce char mystère comme son remplaçant mais plutôt comme un nouveau char. On sait que la Chine travaille sur un char de nouvelle génération, dont l’engin entrevu présente apparemment de nombreuses caractéristiques telles qu’une tourelle téléopérée, le positionnement de l’équipage dans le châssis, un gabarit réduit ou encore une mobilité accrue. L’hypothèse d’un équipage de deux hommes laisse entrevoir un recours à des solutions technologiques comme l’intelligence artificielle pour l’accomplissement de certaines tâches, normalement dévolues à un équipier humain. L’apparition de nouvelles images permettra de préciser certaines informations et de dissiper les doutes existant sur ses caractéristiques mais aussi sur son possible emploi au sein de l’APL. De façon plus générale, il est probable que le degré de sophistication des futurs engins imposera de profonds changements doctrinaux qui permettront aux équipages de tirer le meilleur parti des technologies embarquées parmi lesquelles figurera probablement l’intelligence artificielle. Plus compact, plus mobile, mieux protégé, plus puissant et versatile, le char médian a tout pour devenir le standard des futurs plateformes blindées.

 

LPM : 1,61% du PIB pour la Défense française en 2024

LPM : 1,61% du PIB pour la Défense française en 2024

par Jacques Heliot – AASSDN – publié en mars 2024

https://aassdn.org/amicale/articles-et-documents/


Commentaire AASSDN :
– C’est la part du PIB consacrée par la France à sa Défense en 2024

– Lire l’article (1) paru dans le numéro de mars 2024 de la revue de l’AASSDN “Services spéciaux”. (2)
C’est une analyse rigoureuse des chiffres concernant l’exécution de la loi de finances 2024 (LPM 2024-2030).

Comme on le sait, la loi de programmation militaire portant sur la période comprise entre 2024 et 2030 a été adoptée au mois de juin 2023 à une très large majorité, que ce soit par l’Assemblée Nationale ou par le Sénat.

Quelles qu’en soient les limites, elle mérite d’être saluée. D’une part parce qu’elle traduit la volonté d’adapter nos Armées à un contexte plus « instable », pour ne pas dire plus menaçant, et de les mettre en mesure de participer à des opérations de haute intensité. D’autre part parce que les moyens mobilisés à cette fin augmentent plus que sensiblement, passant de 295 mds d’euros (soit 42,14 mds d’euros en moyenne annuelle) sur la période 2019-2025 à 400 mds d’euros (soit 57,14 mds d’euros en moyenne annuelle) sur la période 2024-20302.

Malgré l’emprise croissante de la contrainte budgétaire, la construction budgétaire de l’année 2024 et le
projet de budget pour l’année 2025 respectent strictement les engagements pris et les montants prévus dans le cadre de la LPM, soit 47,2 mds d’euros pour l’annuité 2024 et 50,5 mds d’euros pour l’annuité 2025. Tel n’a pas toujours été le cas, tant s’en faut, depuis que les lois de programmation militaire (dont le périmètre a beaucoup varié au fil du temps) existent.

Pour lire l’article, de Jacques HELIOT, membre de l’AASSDN, dans son intégralité, téléchargez le PDF de l’article (1)

en cliquant ICI : Loi de programmation militaire (Lpm) entre La construction budgétaire et L’exécution budgétaire-Heliot_LPM_LF_aassdn

F-47 : voici la réponse américaine au succès du Rafale français

F-47 : voici la réponse américaine au succès du Rafale français

Trump a dévoilé le F-47, le prochain avion de chasse américain de 6e génération destiné à remplacer le F-22.

par Grégoire Hernandez – armees.com – Publié le

f-47-avion-usa-trump-rafale-f5-dassault
F-47 : voici la réponse américaine au succès du Rafale français | Armees.com

Le 21 mars 2025, Donald Trump a relancé la course à la domination aérienne depuis le Bureau ovale. En signant un contrat monumental avec Boeing, le président américain a dévoilé le F-47, un nouvel appareil de chasse destiné à supplanter le vieillissant F-22. Une annonce tonitruante qui tombe à pic pour le constructeur, et qui replace les États-Unis dans une guerre technologique face à la Chine… mais aussi face à l’Europe.

« Les généraux ont choisi ce nom, et c’est un joli nombre, F-47 », s’est félicité Donald Trump, le 47ᵉ président des États-Unis.

F-47 : la réponse militaire américaine à ses rivaux 

Le F-47 ne sort pas de nulle part. Il s’inscrit dans le programme Next Generation Air Dominance (NGAD), piloté par l’US Air Force pour répondre aux progrès militaires importants de la Chine et de la Russie. L’objectif est de garder la main dans les airs jusqu’en 2070.
À l’instar de ses futurs concurrents européens, le F-47 ne volera pas seul. Il sera accompagné de drones de combat autonomes, capables d’interagir en temps réel et de mener des frappes. L’idée, c’est de combiner l’avion et ses drones pour créer un effet d’essaim : plusieurs appareils agissent ensemble, échangent des données en temps réel, frappent plus vite, plus loin, et rendent les défenses adverses inutiles avant même qu’elles aient le temps de réagir.
Intelligence artificielle embarquée, connectivité de pointe, coopération drone-avion : le F-47 coche toutes les cases de l’aviation de sixième génération. Et même si son coût reste opaque, on parle de 80 à 300 millions de dollars l’unité. Boeing n’a pas confirmé. Trump non plus. « Raisons de sécurité », a-t-il éludé.

L’annonce tombe à un moment critique pour Boeing. L’industriel est en difficulté depuis plus d’un an : pannes à répétition, scandales de sécurité, grèves massives. En remportant ce contrat stratégique, le groupe américain redore son blason. À Wall Street, l’effet est immédiat : +4,78 % pour l’action Boeing à 181,09 $ après l’annonce.
En coulisses, cette victoire fait une victime : Lockheed Martin. Évincé de l’appel d’offres, le constructeur du F-35 voit son leadership désormais contesté. Le F-47 devient donc un symbole : celui du retour en grâce de Boeing dans le secteur de la défense.
Le programme, gelé par Joe Biden en 2024 à cause de son coût, a été relancé en priorité par Donald Trump. Le président s’est dit convaincu après un « briefing direct » des chefs de l’armée de l’air.

Rafale F5 : la réponse européenne se prépare à décoller

Pendant que les Américains dégainent le F-47, la France affine son propre pion stratégique : le Rafale F5. Prévu pour 2030, ce nouveau standard conçu par Dassault Aviation entend prolonger la domination technologique française jusqu’en 2060.
Le Rafale F5 ne sera pas seul, lui non plus. Il embarquera un drone furtif développé à partir du projet Neuron, capable de frapper ou de reconnaître en territoire contesté. 
Mais là où le F-47 mise sur une architecture entièrement nouvelle, le Rafale F5 ne réinvente pas tout, mais il muscle sérieusement le jeu. Il pourra coordonner ses frappes avec d’autres avions, recevoir des infos en direct depuis le sol ou les satellites et surtout, le futur missile ASN4G hypersonique en fera un pilier de la dissuasion nucléaire tricolore.

Au-delà de la technique, l’annonce du F-47 est un message. Les États-Unis refusent de se faire doubler dans les airs, ni par la Chine, ni par la Russie, ni même par l’Europe. En s’assurant la production de cet appareil, Donald Trump affiche sa volonté de transformer le F-47 en nouveau standard mondial.

Le 3e Régiment du Génie a ajouté près de 4 tonnes de protections supplémentaires à ses blindés Griffon

Le 3e Régiment du Génie a ajouté près de 4 tonnes de protections supplémentaires à ses blindés Griffon

https://www.opex360.com/2025/03/24/le-3e-regiment-du-genie-a-ajoute-pres-de-4-tonnes-de-protections-supplementaires-a-ses-blindes-griffon/


Selon l’armée de Terre, le Véhicule blindé multirôle [VBMR] Griffon offre une meilleure protection aux combattants grâce à un « blindage plus performant » que celui du Véhicule de l’avant blindé [VAB], à un tourelleau téléopéré et à des « capteurs de dernière génération ». Aussi, son poids total autorisé en charge [PTAC] est de 24,5 tonnes, pour une motorisation de 400 ch lui permettant de rouler à la vitesse maximale de 90 km/h.

Dotée d’un treuil à l’avant, d’un crochet de remorquage et de modules propres aux missions assurées par les sapeurs [appui à la mobilité et au déploiement, déminage, contre-mobilité, etc.], la version « Génie » du Griffon a été présentée à l’École du Génie d’Angers, en septembre 2020. En réalité, il ne s’agissait encore que d’un prototype, conçu en tenant compte des observations faites quatre ans plus tôt par un groupe de combat du 31e Régiment du Génie [RG].

« Le projet a ainsi intégré pour la première fois ces sapeurs pour qu’ils apportent leur vision ‘terrain’ aux concepteurs et industriel concernés. Faire participer les soldats à la création des équipements permet à l’armée de Terre de disposer de matériels modernes, performants, en phase avec les réalités du terrain et les besoins des hommes », avait expliqué l’armée de Terre, à l’époque.

Le premier Griffon « Génie » fut ensuite présenté à la Direction générale de l’armement [DGA] pour des « opérations de vérification » en septembre 2021. Puis, les livraisons purent commencer.

Cependant, ces blindés sont-ils suffisamment protégés ? La question peut se poser après que, via le réseau social Facebook, le 3e RG a indiqué qu’il venait d’ajouter des protections supplémentaires à six d’entre eux, sans en préciser la raison.

« Nos maintenanciers ont réalisé le montage du blindage de nos Griffon, ajoutant près de 4 tonnes de protection par véhicule », a ainsi affirmé le 3e RG, après avoir salué un « travail d’équipe exemplaire ».

En effet, ce « défi », relevé avec l’appui de l’atelier ROUE et du 8e Régiment du Matériel [RMAT], a nécessité 1 520 heures de travail [soit 63 jours en continu]. Il a consisté à renforcer les portières et les flancs des Griffon concernés. Ces derniers, « désormais prêts pour les missions, portent fièrement leurs noms historiques : Sedan, Rocroy, Sébastopol, Chevalier Bayard, Capitaine Pigouche, Alger 1830 », a conclu le 3e RG. À noter que ces VBMR seront déployés en Roumanie, dans le cadre de la mission Aigle, conduite sous l’égide de l’Otan.

Reste à voir si cette masse supplémentaire ne va pas exercer trop de contraintes sur certains composants mécaniques de ces Griffon [embrayage, freins, suspension, etc.], comme cela a pu être le cas pour d’autres engins, comme le Véhicule blindé léger [VBL]

Photo : Griffon dotés d’un kit de protection supplémentaire, à Mourmelon – 3e RG / armée de Terre