Depuis le retrait de l’avion école CM-175 Zephyr, c’est-à-dire la version navalisée du CM-170 Fouga Magister, la Marine nationale compte sur l’US Navy pour former ses futurs pilotes de chasse. Ce qui, au-delà des aspects technologiques [catapultes et dispositifs d’arrêt du porte-avions] et capacitaire [avion de guet aérien E-2C/D Hawkeye] crée une dépendance à l’égard des États-Unis.
Après avoir passé les sélections en vol à l’École d’initiation au pilotage / Escadrille 50S, l’élève officier pilote de l’aéronautique navale débute une formation initiale de neuf mois à Salon de Provence. Puis, à l’issue d’un « tronc commun » de six mois à la base aérienne de Cognac, il peut soit poursuivre son parcours à l’École de chasse, soit rejoindre la base aéronavale de Meridian [Mississippi] s’il est retenu pour le cursus dit « Full US ».
Mais dans un cas comme dans l’autre, son cursus passera obligatoirement par les États-Unis, afin qu’il puisse obtenir toutes les qualifications nécessaires pour être affecté à bord d’un porte-avions. Pendant quinze mois, il volera ainsi à bord d’un T-45C Goshawk, une version navalisée de l’avion d’entraînement BAe Hawk.
Or, en 2020, le Naval Air Systems Command [NAVAIR] de l’US Navy a lancé des travaux préparatoires en vue du remplacement des T-45C Goshawk, par ailleurs régulièrement affectés par des problèmes techniques et des interdictions temporaires de vol. Ce qui a donné lieu au programme UJTS [pour Undergraduate Jet Training System].
Seulement, ce dernier prévoit de revoir en profondeur la formation des futurs pilotes de l’aéronavale américaine [et donc aussi de ceux de la Marine nationale]. Dans un premier avis émis pour obtenir des informations auprès des industriels, le NAVAIR avait indiqué qu’il souhaitait disposer d’un avion « existant » et suffisamment « robuste » pour résister à des taux de descente élevés afin d’effectuer des « touch and go » sur le pont d’un porte-avions et des simulations d’appontage à terre [Field Carrier Landing Practice – FCLP]. En un mot, l’appareil recherché n’avait pas besoin d’avoir une crosse d’appontage.
Depuis, après d’autres demandes d’informations, la réflexion du NAVAIR a évolué. En effet, selon un avis publié le 31 mars, le futur avion d’entraînement de l’US Navy n’aura plus à faire des « touch and go » sur un porte-avions. Au plus devra-t-il être capable d’effectuer les « phases d’approche » sans aller jusqu’à toucher le pont d’envol. En revanche, rien n’est changé pour les simulations d’appontage à terre.
Selon la marine américaine, cette évolution est rendue possible par les progrès en matière de simulation de vol ainsi que par des avancées technologiques, comme le système ATARI [Aircraft Terminal Approach Remote Inceptor], lequel permet à l’officier de pont de prendre éventuellement le contrôle d’un aéronef en phase d’approche ou d’apporter les corrections nécessaires pour son appontage.
Cette « réforme » pédagogique permettra de ne pas immobiliser un porte-avions pour faire passer les qualifications aux futurs pilotes et de hâter le remplacement des T-45C Goshawk, celui-ci étant désormais prévu en 2027 et non plus en 2028. En effet, il n’est plus question de modifier un appareil existant pour l’adapter aux anciennes exigences exprimées par le NAVAIR.
Trois modèles peuvent prétendre à participer à l’appel d’offres, qui devrait être lancé d’ici la fin de cette année : le T-7 « Red Hawk » de Boeing / Saab [déjà sélectionné par l’US Air Force… mais dont le développement a pris du retard], le M346 de Leonardo et le T-50 de Korea Aerospace Industries.
Quoi qu’il en soit, si l’US Navy juge qu’elle n’a plus besoin d’un avion d’entraînement embarqué, sera-t-il encore pertinent pour la Marine nationale d’envoyer ses EOPAN se former aux États-Unis ?
@Dassault Aviation – Dassault Aviation travaille sur un drone de combat, qui sera furtif et accompagnera en mission le Rafale. Du combat collaboratif.
L’effort de défense de la France passe par des commandes d’équipements militaires pour moderniser l’arsenal des nos armées et surtout le renforcer. L’objectif est de mettre à niveau les capacités militaires de la France dans le cadre d’un conflit de haute intensité, qui nécessiterait des réserves importantes de munitions et un nombre plus conséquent d’armes et de véhicules militaires.
Si cette question des capacités de défense de la France est revenue sur le devant de la scène politique ces dernières semaines, à la suite des évolutions géopolitiques à la suite de l’élection de Donald Trump, elle se posait déjà bien avant l’attaque de la Russie contre l’Ukraine.
Pour comprendre quels sont les besoins en armes, munitions et hommes des armées françaises et quelle est sa doctrine, il se faut d’abord se pencher sur les Lois de programmation militaires. Parce qu’au delà des discours politiques de circonstance, protéger la France et les Français, c’est planifier .
2019-2025. Une Loi de programmation militaire dans un contexte de terrorisme
Cet effort, dans la mise à niveau des capacités de défense et d’intervention des armées françaises, s’est concrétisé par la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025. Votée en 2018 elle a permis de réparer et moderniser nos armées après des décennies de coupes budgétaires.
Cette dernière a été élaborée dans un contexte géopolitiques plus belliqueux, marqué par le retour des attentats contre la France. L’objectif est d’engager 10 000 soldats sur le territoire national, dans le cadre de l’opération Sentinelle est d’accélérer les actions offensives contre Daech en Irak et en Syrie. A cette période aussi, les stratèges militaires regardent aussi les actions des séparatistes Russes du côté du Donbass et de la Crimée.
2024-2030. Une LPM pour envisager un conflit de haute intensité.
Cette politique de réarmement de la France s’est poursuivie avec la LPM 2024-2030 qui a été adoptée en 2022 avec un objectif fort : organiser nos armées face aux nouvelles menaces. Cette dernière loi LPM a pris en compte la nouvelle réalité sécuritaire, notamment avec la guerre en Ukraine et les tensions avec la Russie, la situation en Afrique, ou dans le Pacifique avec les prétentions territoriales de la Chine. Il s’agit de muscler les troupes françaises et de les préparer à la haute intensité face à un adversaire aussi puissant, voir plus puissant.
« Notre armée, je la compare à un bonsaï, à une armée américaine en version bonsaï. C’est-à-dire que nous avons, comme les Etats-Unis, une armée qui sait tout faire. Sauf que comme nous ne sommes pas les États-Unis, nous l’avons en petit. En version bonsaï. C’est efficace, ça marche, mais ça ne permet pas de faire les choses pendant longtemps et ça ne permet pas de faire les choses de manière massive » analysait sur France InfoJean-Dominique Merchet, journaliste, spécialiste des questions militaires et stratégiques.
La France entend renforcer sa dissuasion, notamment nucléaire
Avec cette LPM 2024-2030, « les commandes de 2023, et plus spécifiquement celles de décembre 2023 sont destinées à renouveler et moderniser les capacités des forces armées dans tous les domaines : aérien, terrestre, naval et spatial » rappelle le ministère de la Défense. La dernière PLM entend « maintenir la crédibilité de notre dissuasion » en renforçant « la résilience sur le territoire national, notamment les Outre-mer, et l’affirmation de notre souveraineté ».
Cette PLM prend en compte l’hypothèse qu’un « conflit de haute intensité ne peut plus être exclue« .
La dissuasion passe par un effort important dans le renouvellement des équipements nucléaires. Une grosse partie des 413 milliards, atour de 60%, va partir dans la modernisation des armes nucléaires, mais aussi des porteurs de cette arme, comme les Rafales ou les sous-marins.
Concrètement, quels sont les équipements militaires commandés par les armées françaises à la base industrielle et technologique de défense ? Cette BITD regroupe entre 2 000 et 4 000 entreprises. Parce que l’objectif est également d’acheter des armes produites en France, ou en Europe. mesinfos.fr a essayé de faire un état des lieux des nouvelles armes qui arrivent dans nos casernes.
Des véhicules blindés légers et modernes pour l’Armée de terre
La guerre de haute intensité qui se joue entre la Russie et l’Ukraine rappelle la nécessité de disposer d’un nombre plus important de véhicules militaires à aligner sur une ligne de front étendue. Des véhicules adaptés aux nouveaux besoins et menaces, comme les drones.
@Armée de Terre – le Jaguar est un engin blindé de l’Armée de terre.
La France est engagée depuis quelques années dans un programme de remplacement de ses véhicules blindés légers. C’est le cas avec le Griffon qui remplace progressivement les 2 700 véhicules de l’avant blindés (VAB). 1 872 Griffon sont livrés depuis 2019 souligne le ministère de la Défense.
En compléments, 35 EBRC Jaguar vont être livrés en 2024, soit 95 depuis 2021. 103 VBMR-L Serval seront livrés également en 2024, soit 292 depuis 2022.
@Armée de terre – La France dispose de plus de 600 VBCI.
La France dispose également de plus de 600 VBCI, livrés entre 2015 et 2018. Ce véhicule blindé à roues 8×8 « doit pouvoir être engagé, de nuit comme de jour, sous la menace des armes d’infanterie ou d’artillerie, en ambiance NBC tout en assurant la capacité à durer au personnel embarqué » détaille l’Armée de terre.
Du lourd avec la modernisation des chars de combat Leclerc
La France dispose de 241 chars Leclerc en service, mais seulement 147 chars sont disponibles. Ces chars, mis en service au début des années quatre-vingt-dix est vieillissant.
@Armée de terre – Le char Leclerc est modernisé pour répondre aux nouveaux enjeux militaires.
Plus d’un millions d’euros d’investissement dans la modernisation du char Leclerc qui arrive au milieu de sa vie. La Direction générale de l’armement (DGA) a validé en 2024 la rénovation de 100 chars Leclerc (XLR), portant à 200 le nombre de chars rénovés commandés. Les travaux de rénovation sont réalisés sur le site de l’industriel KNDS France à Roanne.
L’artillerie passe par plus de canon Caesar
Plus que la poudre, le canon Caesar a fait parler de lui dans le cadre de sa livraison aux forces armées ukrainiennes. Pour remplacer ses équipements et les compléter, 109 canons Caesar nouvelle génération sont commandés au profit de l’Armée de terre.
@Ministère de la défense – Les qualités du canon Caesar ont fait leurs preuves en Ukraine.
En complément, 54 mortiers embarqués pour l’appui au contact ont été commandés entre 2025 et 2028
Des camions pour transporter des armes et du carburant
La logistique des armées françaises fait aussi partie des priorités. Ainsi, l’Armée de terre va bénéficier de 165 camions citernes de nouvelle génération à partir de 2027 et de 1 110 camions logistique de 6 tonnes à partir de 2028.
Des munitions pour éviter à l’Armée française de tirer à blanc
Avoir des canons et des chars mais pas suffisamment de munitions ? Alors que les Russes tirent autour de 10 000 obus par jour en Ukraine, la France est au défi de renforcer ses stocks.
Cela passe par plusieurs commandes : 260 millions d’euros de commandes de missiles anti-char ont été valisés entre 2022 et 2025, 75 millions d’euros d’investissements en défense sol-air ont été injectés depuis 2022, 750 millions d’euros de minutions d’artillerie ont aussi été validés depuis 2022…
L’Armée de l’air et de l’espace complète sa flotte de Rafale
Fin décembre 2023, la Direction générale de l’armement (DGA) a notifié à Dassault Aviation une commande de 42 avions de combat Rafale, dite « tranche 5 » à destination de l’armée de l’Air et de l’Espace.
En complément, 47 Mirages 2000D ont été rénovés en 2024.
Ces commandes de l’Armée françaises ou d’armées étrangères dopent les résultats de Dassault Aviation. En 2021, l’armée de l’Air et de l’Espace comptait 211 avions de chasse du groupe Dassault, les Rafale et Mirage 2000.
Des hélicoptères NH90 pour les forces spéciales
Les forces spéciales des l’Armée de terre font pouvoir être projetées sur des théâtres d’opération par 18 hélicoptères NH90 de plus. L’hélicoptère effectue des missions de transport tactique de troupes et de matériel ainsi que des évacuations sanitaires.
@Ministère de l’intérieur – Le NH90 en version marine.
« Avec le retrait progressif des PUMA, les NH90 Caïman TTH constituent désormais la principale flotte d’hélicoptères de manœuvre et d’assaut des forces, aux côtés des Cougar rénovés et des Caracal, avec 63 appareils en service au sein de l’armée de Terre et 27 au sein de la Marine nationale » rappelle le ministère de la Défense.
Des hélicoptères en renfort des Gendarmes et des pompiers
La Direction générale de l’armenent A a passé commande en janvier 2024 de 42 hélicoptères H145-D3 FR auprès d’Airbus Helicopters pour les forces de Gendarmerie et les secours, comme les pompiers. Le contrat prévoit une option pour 22 hélicoptères supplémentaires pour la DGGN. Ces nouveaux hélicoptères amélioreront l’efficacité et la sécurité des missions d’assistance aux personnes, de sécurité publique et d’appui aux forces de l’ordre.
Drones, missiles… Le danger vient du ciel
@Ministère de la défense – Un fusil Nerod de lutte contre les drônes.
La Direction générale de l’armement a commandé, en décembre 2024, de nouveaux systèmes de défense surface-air et de lutte anti-drones au profit des trois armées. « D’un montant global de l’ordre de 600 M€, ces commandes s’inscrivent dans le cadre de la Loi de programmation militaire 2024-2030 qui prévoit de renforcer et moderniser les capacités des forces dans ces domaines stratégiques » rappelle le ministère de la Défense.*
Concrètement la défense sol-air de la France va passer de 8 systèmes SAMP Manba à 12 pour 2035, de 2 VL MICA à 16 en 2029, puis 24 en 2035. En 2035, 18 systèmes bi-couche basés sur le couple SAMP NG et VL MICA seront en service. La lutte anti-drone s’étoffe avec l’arrivée de 3 nouveaux systèmes laser en 2024 et un quatrième en 2025 et 4 systèmes PARADE en 2026.
Ravitailleurs, avions espions, satellites, la flotte de l’Armée de l’air et de l’espace s’étoffe
En 2026 une troisième avion léger de surveillance va entrer en service. A l’horizon 2026-2027, la France va tester deux démonstrateurs de satellites patrouilleurs-guetteurs pour protéger les moyens spatiaux de la France.
Adjudant D.THERBY – Une image aérienne du 1er terminal militaire de la base aérienne 125 d’Istres.
Pour améliorer la projetions de ses avions l’Armée de l’air et de l’espace va compter sur 15 nouveaux exemplaires de l’A330 MRTT Phénix qui est un avion ravitailleurs. Ils sont notamment basés à la BA 125d’Istres qui devient le premier terminal militaire de France. Cette année, la flotte des 24 avions de transports va recevoir un nouveau A400M Atlas pour arriver à 37 appareils en 2030.
Un plan pour le futur porte-avion français et un chantier à Toulon
L’arme la plus imposante des armées françaises reste le porte-avions de nouvelle génération [PA NG] que la France va commander pour remplacer à terme le porte avion Charles-de-Gaulle. « L’année 2025 sera celle de la passation de commande du porte-avions de nouvelle génération » a confirmé Sébastien Lecornu, le ministre de la Défense.
@D. R – Le futur porte-avions de la Marine nationale sera plus imposant que le Charles-de-Gaulle.
Difficile d’avoir un budget exact, mais l’investissement prévu devrait s’élever à « une dizaine de milliards d’euros« , selon Cols Bleus, le magazine de la Marine nationale. La construction du futur porte-avions sera réalisée par la MO-Porte-avions, la coentreprise créée par Naval Group, les Chantiers de l’Atlantique et TechnicAtome.
@K. Sarrazin – La base navale de Toulon est en chantier pour accueillir le futur porte-avions.
Des sous-marins de nouvelle génération dans la Marine
La Marine nationale renouvelle sa flotte de sous-marins nucléaire.
Elle va notamment bénéficier d’ici 2030 de six SNA, ou sous-marin nucléaire d’attaque de nouvelle génération, dite de classe Suffren, pour remplacer ceux de classe Rubis. Deux SNA ont rejoint la flotte et la base navale de Toulon et un est en test en Méditerranée. Les trois autres vont être mis en service dans les cinq prochaines années.
@Marine Nationale – Un nouveau SNA dans le port militaire de Toulon.
La construction du sous-marin nucléaire lanceur d’engins de nouvelle génération a également débuté, selon le ministère des Armées. Il s’agit du premier des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de troisième génération, appelés à incarner à partir de 2035 la composante océanique de la force de dissuasion nucléaire française.
Des Frégates Bleu Blanc Rouge en renfort sur les mers du globe
Cinq Frégates de défense et d’intervention vont compléter la flotte de la Marine nationale. Il en aurait fallu plus pour assurer une présence de la Marine nationale dans toutes les mers du globe où la France a des intérêts. Mais à plus de 600 millions d’euros l’unité, la facture s’élève vite… Trois premières seront livrées entre 2025 et 2029. Il s’agit de Frégates de classe Amiral Ronarc’h qui sont construite à Lorient par Naval Group.
@Naval Group – Les nouvelles Frégates de la Marine nationale seront fabriquées à Lorient.
« Les FDI sont des navires de haute mer polyvalents, endurants et capables d’opérer, seuls ou au sein d’une force navale, dans tous les domaines de lutte : antinavire, anti-aérien, anti-sous-marin, contre les menaces asymétriques et capable de projeter des forces spéciales » détaille Naval Group.
Ces Frégates de nouvelle génération seront protégées contre les attaques cyber et elles seront « les premières frégates à bénéficier à bord d’une architecture numérique qui leur permettra de s’adapter en continu aux évolutions technologiques et opérationnelles« .
De nouveaux patrouilleurs hauturiers
En 2023 la DGA a commandé à Naval Group sept patrouilleurs hauturiers pour la Marine Nationale, pour un total de 900 millions d’euros. « Les patrouilleurs combleront le déficit de bâtiments de second rang et seront déployés à Brest, Toulon et Cherbourg. Adaptés à un environnement maritime hostile, ils disposeront d’une capacité de traitement de l’information avancée et pourront opérer des hélicoptères ou des drones » précise le ministère de la Défense.
@Naval Group – La Marine française doit se doter de nouveaux patrouilleurs hauturiers.
« En conformité avec la LPM 2024-2030, dix patrouilleurs seront en service d’ici 2035, avec une première livraison prévue en 2026, pour remplacer les patrouilleurs de haute mer et de service public existants » ajoute ce dernier.
Des drones militaires pour compléter l’arsenal sur terre, en mer et dans les airs
Le conflit entre la Russie et l’Ukraine met en première ligne l’usage intensif des drones. Les armées françaises entendent être à la page de ces nouvelles armes. Dernièrement un exercice militaire s’est tenu au large de Toulon avec la Marine nationale et la participation d’industriels. L’objectif était de tester une opération avec l’usage de drones en mer et dans le ciel. Dernièrement la Marine nationale a acheté à Thales et Exail huit drones sous-marins autonomes de nouvelle génération, avec une option pour acquérir huit drones supplémentaires.
@MBDA – Le NX70 un drone militaire d’observation fabriqués prés d’Aix-en-Provence.
Les drones sont aussi utilisés pour faire du renseignement, comme le NX70 capable d’observer de jour comme de nuit. Ces drones sont fabriqués par Novadem, prés d’Aix-en-Provence.
Le génie militaire utilise également des drones, comme le Minirogen, qui permet de déconstruire à terre des obstacles ou cibles à distance. L’Armée de terre emploie aussi un drone avion de reconnaissance, le SDT Patroller. Sa mise en œuvre est assurée exclusivement par le 61e régiment d’artillerie, régiment de recherche par imagerie des forces terrestres.
Pour préparer la guerre du futur, Dassault Aviation travaille sur un drone de combat aérien furtif capable d’assurer une mission en même temps que le Rafale. On parle là de combat collaboratif…
F-47 : voici la réponse américaine au succès du Rafale français | Armees.com
Le 21 mars 2025, Donald Trump a relancé la course à la domination aérienne depuis le Bureau ovale. En signant un contrat monumental avec Boeing, le président américain a dévoilé le F-47, un nouvel appareil de chasse destiné à supplanter le vieillissant F-22. Une annonce tonitruante qui tombe à pic pour le constructeur, et qui replace les États-Unis dans une guerre technologique face à la Chine… mais aussi face à l’Europe.
« Les généraux ont choisi ce nom, et c’est un joli nombre, F-47 », s’est félicité Donald Trump, le 47ᵉ président des États-Unis.
F-47 : la réponse militaire américaine à ses rivaux
Le F-47 ne sort pas de nulle part. Il s’inscrit dans le programme Next Generation Air Dominance (NGAD), piloté par l’US Air Force pour répondre aux progrès militaires importants de la Chine et de la Russie. L’objectif est de garder la main dans les airs jusqu’en 2070. À l’instar de ses futurs concurrents européens, le F-47 ne volera pas seul. Il sera accompagné de drones de combat autonomes, capables d’interagir en temps réel et de mener des frappes. L’idée, c’est de combiner l’avion et ses drones pour créer un effet d’essaim : plusieurs appareils agissent ensemble, échangent des données en temps réel, frappent plus vite, plus loin, et rendent les défenses adverses inutiles avant même qu’elles aient le temps de réagir. Intelligence artificielle embarquée, connectivité de pointe, coopération drone-avion : le F-47 coche toutes les cases de l’aviation de sixième génération. Et même si son coût reste opaque, on parle de 80 à 300 millions de dollars l’unité. Boeing n’a pas confirmé. Trump non plus. « Raisons de sécurité », a-t-il éludé.
L’annonce tombe à un moment critique pour Boeing. L’industriel est en difficulté depuis plus d’un an : pannes à répétition, scandales de sécurité, grèves massives. En remportant ce contrat stratégique, le groupe américain redore son blason. À Wall Street, l’effet est immédiat : +4,78 % pour l’action Boeing à 181,09 $ après l’annonce. En coulisses, cette victoire fait une victime : Lockheed Martin. Évincé de l’appel d’offres, le constructeur du F-35 voit son leadership désormais contesté. Le F-47 devient donc un symbole : celui du retour en grâce de Boeing dans le secteur de la défense. Le programme, gelé par Joe Biden en 2024 à cause de son coût, a été relancé en priorité par Donald Trump. Le président s’est dit convaincu après un « briefing direct » des chefs de l’armée de l’air.
Rafale F5 : la réponse européenne se prépare à décoller
Pendant que les Américains dégainent le F-47, la France affine son propre pion stratégique : le Rafale F5. Prévu pour 2030, ce nouveau standard conçu par Dassault Aviation entend prolonger la domination technologique française jusqu’en 2060. Le Rafale F5 ne sera pas seul, lui non plus. Il embarquera un drone furtif développé à partir du projet Neuron, capable de frapper ou de reconnaître en territoire contesté. Mais là où le F-47 mise sur une architecture entièrement nouvelle, le Rafale F5 ne réinvente pas tout, mais il muscle sérieusement le jeu. Il pourra coordonner ses frappes avec d’autres avions, recevoir des infos en direct depuis le sol ou les satellites et surtout, le futur missile ASN4G hypersonique en fera un pilier de la dissuasion nucléaire tricolore.
Au-delà de la technique, l’annonce du F-47 est un message. Les États-Unis refusent de se faire doubler dans les airs, ni par la Chine, ni par la Russie, ni même par l’Europe. En s’assurant la production de cet appareil, Donald Trump affiche sa volonté de transformer le F-47 en nouveau standard mondial.
Le patron du groupe Eric Trappier confirme les volumes dont a besoin l’armée française évoqués par le ministre des Armées, à savoir une vingtaine de Rafale pour l’armée de l’air et une dizaine pour la Marine nationale.
Dassault Aviation envisage de monter rapidement en cadence et « étudie la possibilité » de livrer jusqu’à cinq Rafale par mois comme demandé par Emmanuel Macron face aux turbulences géopolitiques, a déclaré son PDG Eric Trappier dans une interview au JDD. Le président français a annoncé mardi que l’Etat allait « accroître et accélérer les commandes de Rafale » au bénéfice de l’armée de l’air dans le cadre de nouveaux investissements de défense décidés face à la « bascule » géopolitique.
« En 2020, nous livrions moins d’un Rafale par mois. Aujourd’hui, nous en sommes à plus de deux par mois et nous allons encore augmenter le rythme (…) Nous prévoyons d’atteindre trois Rafale livrés par mois l’année prochaine, et quatre à partir de 2028-29, a déclaré le PDG du groupe français.
« Nous avons entendu l’appel du président et étudions la possibilité de passer à cinq Rafale par mois. Il n’y a pas encore de commandes concrètes, mais nous souhaitons anticiper. Avons-nous suffisamment de surface ? Faut-il recruter ? Les sous-traitants pourront-ils suivre ? Les motoristes seront-ils capables de répondre à la demande ? Nous avons lancé l’étude », a-t-il ajouté. Il a confirmé les volumes dont a besoin l’armée française évoqués par le ministre des Armées, à savoir une vingtaine de Rafale pour l’armée de l’air et une dizaine pour la Marine nationale.
Convaincre le Portugal
Interrogé pour savoir si le Rafale a une carte à jouer face à l’imprévisibilité de Donald Trump alors que des commandes de F-35 américain sont suspendues, Eric Trappier a dit que Dassault était « prêt à fournir » ses services. Dassault souhaite notamment « proposer » son avion au Portugal. « C’est un pays de l’Union européenne et de l’Otan. Il disposerait des mêmes capacités d’interopérabilité que nous dans le cadre de l’Alliance, donc cela semble logique », a ajouté Eric Trappier.
Il a dit avoir « confiance » concernant la livraison de Rafale en Inde, un contrat en préparation depuis longtemps. « Pour nous, c’est aussi une opportunité d’étendre nos chaînes de production en installant une ligne sur place, destinée aux besoins indiens, mais qui pourrait également servir dans notre montée en puissance. »
« J’ai connu la période où le Rafale était décrié. Aujourd’hui, il est devenu l’alpha et l’oméga car il sait tout faire et il est 100% français« , a-t-il dit, en critiquant au passage le modèle d’Airbus, géant de l’aéronautique européen « si grand qu’il ne sait plus ce qu’il fait » et inapproprié, selon lui, pour l’Europe de la défense.
En novembre 1987, alors que le Canada envisageait de se procurer jusqu’à douze sous-marins nucléaires d’attaque [SNA] dans le cadre du programme CASAP [Canadian Submarine Acquisition Program], la Marine nationale envoya un SNA de type Rubis en « mission commerciale » à Halifax [Nouvelle-Écosse].
Comme l’a relaté l’ingénieur général de l’armement [IGA] Louis Le Pivain, alors impliqué dans cette affaire, la Marine royale canadienne avait exigé un modèle de SNA « capable de faire surface en perçant un mètre d’épaisseur de glace arctique de première année. Ce qui s’annonçait compliqué pour les sous-marins de la classe Rubis, leurs barres de plongée étant situées sur leur kiosque. Aussi, a révélé l’IGA Le Pivain, un « dispositif ingénieux de mât perceur de banquise », intégré au niveau du massif pour ne pas endommager les barres de plongées, avait été mis au point. Cependant, ces efforts se révélèrent vains… puisque Ottawa renonça à mener le programme CASAP jusqu’à son terme et décida, à la place, d’acquérir quatre sous-marins à propulsion diesel électrique d’occasion [classe Victoria] auprès du Royaume-Uni.
Trente-huit ans plus tard, le Canada a lancé une procédure en vue de se procurer jusqu’à douze nouveaux sous-marins « à propulsion classique » et « capables de naviguer sous la glace ». Et cela afin de renforcer ses capacités à « détecter et à dissuader les menaces maritimes, à contrôler ses approches maritimes et à projeter sa puissance et ses capacités de frappe plus loin de ses côtes ». Au regard des sommes en jeu, ce marché s’annonce très disputé.
Hasard du calendrier, dans le cadre de son déploiement de longue durée [DLD] visant vérifier ses capacités militaires avant son admission au service actif, le SNA Tourville, de type Barracuda [ou Suffren], fait actuellement une escale à Halifax qui n’est pas passée inaperçue.
Étant donné qu’un DLD est planifié relativement longtemps à l’avance, la présence du Tourville à Halifax n’est pas liée au projet d’Ottawa d’acquérir de nouveaux sous-marins, lancé en septembre dernier. D’ailleurs, après avoir longuement hésité, Naval Group n’a confirmé son intention de participer à l’appel d’offres canadien qu’en février dernier, avec une proposition reposant sur une version à propulsion classique du Barracuda.
Cela étant, il ne s’agit pas non plus de perdre une occasion de « faire l’article » au profit des savoir-faire français en la matière. Comme cela a pu être le cas lors des expérimentations menées avec l’avion de transport A400M « Atlas » dans le grand nord canadien. C’est d’ailleurs ce que n’a pas manquer de rappeler le colonel Bruno Heluin, l’attaché de défense près l’ambassade de France au Canada, via le réseau social LinkedIn.
« Après les expérimentations de posés terrains sommaires dans l’extrême nord canadien et la navigation dans les glaces, la coopération franco-canadienne se renforce avec l’escale du SNA Tourville, dernier né des sous-marins d’attaque », a en effet commenté le colonel Heluin.
Et d’ajouter : « Ce bâtiment de la Marine nationale vient d’effectuer sa première traversée transatlantique. C’est une excellente occasion pour partager une expertise opérationnelle, humaine et industrielle. À l’heure où le Canada annonce vouloir relancer sa capacité sous-marine, la France peut indéniablement apporter un savoir-faire unique ».
Reste à voir si le Tourville va « briser la glace », comme le font les SNA américains, russes et britanniques. Contrairement à ses prédécesseurs de la classe Rubis, dont, a priori, aucun n’a réalisé une telle manœuvre, ses barres de plongée sont situées au niveau inférieur de sa proue, ce qui réduit considérablement le risque d’une avarie au moment de faire surface dans un tel environnement.
Pour rappel, affichant un déplacement de 5 300 tonnes en plongée pour une longueur de 99 mètres et un diamètre de 8,8 mètres, les SNA de la classe Suffren possèdent des capteurs dix à quinze fois plus performants que ceux de la classe Rubis. Encore plus discrets, ils emportent des missiles antinavires Exocet SM39 modernisés, des torpilles lourdes filoguidées F-21, des mines et, surtout, des missiles de croisière navals [MdCN]. Le Tourville est le troisième d’une série qui doit compter six exemplaires.
Quoi qu’il en soit, l’intérêt de la Marine nationale pour les glaces de l’Arctique n’est pas nouveau, les sous-marins Espadon et Marsouin ayant effectué une patrouille polaire en mer de Norvège, » jusqu’au parallèle 70°N en 1964. Celle-ci avait permis de préparer l’opération « Sauna », menée l’année suivante par le « Dauphin » et le « Narval », lesquels naviguèrent ponctuellement sous la banquise.
Photo : SNA Tourville / Marine nationale – archive
La Chine déploie sa flotte dans le Pacifique Sud, ce qui inquiète l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Cette rivalité maritime témoigne de la volonté de la Chine d’être de plus en plus présente sur les mers.
Face aux Quad et Aucus, la Chine renforce progressivement sa présence maritime dans le Pacifique Sud, une région clé pour le commerce mondial et la sécurité stratégique. La zone située entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande ne fait pas exception, notamment en raison de son importance géopolitique et des liens historiques de ces deux pays avec les États-Unis et leurs alliés.
Une présence inhabituelle
La flottille chinoise, comprenant le navire de ravitaillement Weishanhu, la frégate de type 054A Hengyang et, surtout, le croiseur de type 055 Zunyi, se trouvait dans les eaux internationales entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande . Le Zunyi, navire phare de cette formation, est équipé de 112 tubes de lancement vertical pouvant tirer une large gamme de missiles : surface-air HHQ-9 et HHQ-16, antinavires YJ-18A et de croisière CJ-10. Il dispose également de capteurs avancés, dont un radar AESA multifonction de type 346B et deux sonars de haute technologie. Cette puissance de feu dépasse de beaucoup celle de la marine australienne.
Une présence aux multiples significations
En déployant ses navires dans les eaux internationales entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, la Chine revendique le droit de naviguer en haute mer conformément au droit international. Face aux opérations de Freedom of Navigation menées depuis des années par les États-Unis, l’Australie et leurs alliés, cette initiative s’inscrit dans une logique de réciprocité.
L’apparition de navires de la marine chinoise dans des eaux où l’on a longtemps vu évoluer exclusivement les forces des États-Unis et de leurs alliés, dont la France, constitue un véritable choc pour le monde.
Ce déploiement n’est pas que militaire : c’est aussi un acte politique
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, une telle présence chinoise à ces latitudes restait extrêmement rare. Il s’agit presque d’une première depuis la guerre de l’Opium de 1840. Autrefois sous contrôle des puissances anglo-saxonnes qui avaient colonisé l’Asie-Pacifique, cet espace maritime voit désormais la marine chinoise y faire son entrée, marquant un tournant historique. Ce déploiement ne saurait être interprété comme un simple exercice militaire. Il symbolise un changement profond : le monde d’hier n’existe plus. Si cette dimension historique et symbolique échappe peut-être à certains lecteurs occidentaux, elle résonne profondément en Asie. Les réactions passionnées observées en Chine continentale, à Taïwan, à Hong Kong et dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est témoignent d’une mémoire encore vive, d’une plaie coloniale qui reste ouverte. Les réactions sont mitigées. Dans de nombreux pays, cette présence de la marine chinoise est perçue comme une victoire contre les anciennes puissances coloniales. Pour d’autres, notamment Taïwan, cela est perçu comme une menace. Cet événement qui a été très peu commenté en Occident est à l’inverse perçu comme un événement majeur en Asie.
Peu commenté en Occident, cet événement est perçu comme un acte majeur en Asie
L’avenir des opérations de liberté de navigation
Les opérations de Freedom of Navigation vont-elles se poursuivre ? Il est fort probable que la Chine aille continuer ses démonstrations, non seulement dans le Pacifique Sud, mais aussi dans l’Atlantique Nord et d’autres régions , afin d’affirmer son droit à naviguer librement sur les mers. De leur côté, les puissances occidentales ne renonceront pas facilement à cette pratique. Une extrême prudence sera nécessaire pour éviter tout incident susceptible de dégénérer en conflit majeur.
Le positionnement de l’Australie dans le Pacifique Sud
Jusqu’à présent, l’Australie exerçait une influence prépondérante dans le Pacifique Sud. Cependant, l’entrée en scène de la Chine remet en question cet équilibre. Comment Canberra envisage-t-elle l’évolution de son rôle face à cette nouvelle donne géopolitique ?
Vers une base navale chinoise dans le Pacifique Sud ? La présence croissante de la marine chinoise dans la région pourrait bientôt nécessiter l’établissement d’une base d’approvisionnement permanente. Il est probable que la Chine ait déjà inscrit ce projet à son agenda stratégique.
L’évolution des budgets militaires australien et néo-zélandais
Face à ces évolutions, l’Australie et la Nouvelle-Zélande pourraient accroître symboliquement leurs budgets militaires dans les années à venir. Une réévaluation des priorités stratégiques pourrait même relancer le projet de sous-marins classiques franco-australiens, perçus comme mieux adaptés aux besoins régionaux que les sous-marins nucléaires imposés, dans une certaine mesure, par les États-Unis.
Un acteur clé face à une influence grandissante
Grâce à ses territoires d’outre-mer (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna), la France est un acteur majeur du Pacifique Sud. Ces possessions lui confèrent une zone économique exclusive (ZEE) de plusieurs millions de kilomètres carrés, où elle maintient une présence militaire et politique significative. De son côté, la Chine a renforcé son influence dans la région par des investissements massifs, des accords de coopération et une présence diplomatique accrue. Elle a signé des partenariats avec plusieurs États insulaires (Îles Salomon, Vanuatu, Kiribati, etc.), suscitant des préoccupations en Australie, en Nouvelle-Zélande et parmi les puissances occidentales, y compris la France.
Entre dialogue et tensions géopolitiques
Lors de la visite d’Emmanuel Macron en Chine en avril 2023, la déclaration conjointe franco-chinoise a évoqué la possibilité d’une coopération dans le Pacifique Sud, notamment sur des enjeux tels que le changement climatique, le développement durable, les infrastructures et la sécurité maritime. Cependant, cette coopération demeure largement théorique et soumise aux tensions stratégiques régionales. L’envoi du porte-avions Charles-de-Gaulle pour participer à des exercices dans la mer de Chine méridionale illustre cette complexité. Cela a été perçu en Chine comme un acte de défiance.
Loin de l’Ukraine, ce sont donc d’autres tensions qui se déroulent dans le monde et la mer est devenue le lieu de ces affrontements diplomatiques, militaires et symboliques.
France Army soldiers uniform. Close up photo with the France flag on a military soldier uniform with the gun next to it. Military industry concept photo. Dragoș Asaftei / stock.adobe.com
Une majorité de Français (61%) se dit favorable au retour d’un service militaire obligatoire. L’étude révèle aussi une méfiance croissante envers les États-Unis.
Six Français sur dix (61%) sont «favorables au rétablissement d’une forme de service militaire obligatoire», avec une proportion très forte à droite, selon un sondage du centre de réflexion Destin commun publié samedi.
Selon cette étude pour le quotidien régional Ouest France, les Républicains (72%) et le Rassemblement national (RN, 77%) sont les plus favorables à cette proposition, la France insoumise (LFI) fermant la marche avec 35% d’opinions favorables. L’hypothèse, qui n’est pas évoquée par le gouvernement, a d’autant plus de partisans que l’âge augmente: 72% des 65 ans et plus sont pour, contre 43% des 18-24 ans.
Le sondage, qui analyse aussi notamment les opinions allemandes, britanniques et polonaises, intervient alors que l’Ukraine, à la peine sur le front contre les Russes, essuie de vives critiques du président américain Donald Trump. Washington a gelé cette semaine son aide militaire et en matière de renseignement. Les Européens se mobilisent en retour pour compenser la chute de l’assistance américaine et mettre en place une défense continentale crédible.
Six Français et Allemands (59%) sur dix qualifieraient Donald Trump de «dictateur», opinion partagée par 50% des sympathisants RN. Ils sont 56% en Grande-Bretagne et 47% en Pologne. Quelque 35% des sondés dans l’Hexagone affichent plus de sympathie pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky depuis sa houleuse rencontre à Washington avec Donald Trump fin février. Seuls 9% affirment en éprouver moins.
Seuls un quart des Français considèrent encore les États-Unis comme alliés, et plus de la moitié (57%) «semblent en difficulté pour qualifier la relation, hésitant à acter un potentiel retournement d’alliance». Six Français sur dix (60%) jugent probable l’invasion d’autres pays européens par la Russie dans les années à venir, contre 68% en Grande-Bretagne et en Pologne et 53% en Allemagne. Près de huit Français sur dix (76%) se déclarent inquiets ou très inquiets «d’une extension du conflit en Europe dans les prochaines années».
Polonais et Britanniques sont par ailleurs 66% à vouloir continuer de soutenir l’Ukraine, même sans le soutien des Etats-Unis, contre 57% en France et 54% en Allemagne. Et la possibilité de l’envoi d’une mission de maintien de la paix ne fait pas l’unanimité. Elle recueille 57% d’opinions «plutôt ou tout à fait» favorables en Grande-Bretagne, 44% en France, 41% en Allemagne et 27% seulement en Pologne.
Sondage en ligne effectué en France sur la base de 1503 personnes selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession, niveau de diplôme et région), ainsi que 1093 au Royaume-Uni, 1513 en Allemagne, et 1000 en Pologne.
Le 25 février dernier, Airbus a annoncé qu’il allait construire le réseau de communication de l’armée de l’air et de la marine française dans le cadre d’un contrat d’une valeur maximale de 480 millions d’euros et d’une durée maximale de dix ans.
Une étape supplémentaire. Le 25 février dernier, Airbus Defense and Space a annoncé qu’il avait été choisi par l’Armée française en vue de réaliser le nouveau réseau de communication de l’armée de l’air et de la marine française.
D’un montant maximal de 480 millions d’euros et d’une durée maximale de dix ans, le contrat porte sur les évolutions du réseau IP de la force aéronavale (RIFAN), son déploiement et son maintien en condition opérationnelle.
Augmenter la connectivité inter-navires
En pratique, les développements seront réalisés progressivement entre 2026 et 2030, puis déployés sur des navires entre 2028 et 2032. Au total, plus de 80 navires seront équipés du réseau RIFAN : porte-avions, porte-hélicoptères amphibies, navires de commandement, sous-marins…
Ce nouveau contrat RIFAN 3 vise notamment à augmenter la connectivité inter-navires pour répondre progressivement aux besoins de combat collaboratif, grâce à de nouveaux moyens de transmission à haut débit et à faible latence.
La résilience du réseau devrait également être renforcée par le développement de mécanismes de reconfiguration rapide pour s’adapter aux moyens de communication disponibles dans différents scénarios tactiques et opérationnels.
Face aux cybermenaces croissantes, « le réseau s’appuiera par ailleurs sur une cybersécurité renforcée pour préserver l’intégrité et la continuité des opérations », précise l’avionneur européen.
Pour rappel, le système RIFAN 2 a été mis en service par la marine nationale et Airbus Defence and Space et ses partenaires entre 2012 et 2016. Il rassemble et exploite l’ensemble des moyens de communication disponibles à bord et les ressources radio.
Il permet aux navires de communiquer sur un réseau IP garantissant un très haut niveau de sécurité, et d’échanger des données avec des niveaux de classification allant de « non protégé » à « secret ».
Écrit par Margot VENIER
Journaliste web et radio, Margot est notamment passée par La Dépêche du Midi et CFM Radio avant de rejoindre l’équipe de L’Opinion Indépendante.
Direction le cercle polaire pour la mission Jeanne d’Arc 2025
Les officiers-élèves ont appareillé de Toulon pour la mission Jeanne d’Arc 2025 ce 24 février. Cette année, direction le cercle polaire pour la marine de demain.
par Samuel Azemard – le Var informations – publié le
Ce 24 février, 151 officiers-élèves (OE) de l’école navale à Lanvéoc-Poulmic ont appareillé de Toulon pour la mission Jeanne d’Arc 2025. Thomas est l’un d’eux. Ce « bordache », surnom usuel des élèves de l’école navale rendant hommage au « Borda », navire qui l’accueillait historiquement, ne cache pas sonenthousiasme à l’idée de participer à ce déploiement.
« J’ai hâte », débute-t-il ! « Ça fait longtemps que nous attendons ça. On a vu nos pairs faire la mission Jeanne d’Arc l’an passé, c’est une grande chance que ce soit notre tour », poursuit-il.
Former et déployer
La mission Jeanne d’Arc c’est un déploiement annuel opérationnel d’une durée de cinq mois, où près de 800 militaires, comprenant 640 marins, dont 151 OE, ainsi que 150 soldats de l’armée de Terre du groupement tactique embarqué (GTE), prennent le large. Une tradition vieille de 161 ans.
Le but de cette mission est double : former la marine de demain et déployer l’ensemble des fonctions stratégiques de la Marine nationale, à savoir : « connaissance – anticipation », « prévention », « influence » et, si la situation l’exige, « intervention ».
Le groupe Jeanne d’Arc 2025 est composé de :
Porte-hélicoptères amphibie (PHA) Mistral
Frégate type La Fayette (FLF) Surcouf
Groupement tactique embarqué (GTE) de l’armée de Terre
Une mission décisive pour les officiers-élèves
Malheureusement la pluie était elle aussi au rendez-vous pour ce départ. Mais elle n’a pas gâché l’euphorie ambiante. Les troupes ont trouvé une solution de repli : la cérémonie s’est déroulée au sein du PHA, dans un hangar suffisamment grand pour accueillir les marins, les autorités militaires ainsi que celles politiques locales et nationales.
La cérémonie était en effet présidée par la ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens combattants de France, Patricia Mirallès, en présence du vice-amiral d’escadre Éric Janicot, directeur du personnel militaire de la Marine.
C’est ici que nous retrouvons Thomas, avec son uniforme tiré à quatre épingles. Après son bac S, il s’est tourné vers les classes préparatoires au lycée naval de Brest. C’est à ce moment-là qu’il découvre l’école navale et décide de tenter son concours d’entrée. « J’ai eu la chance et l’honneur d’être pris et la mission Jeanne d’Arc est la finalité », conclut-il.
Son enthousiasme a laissé place à la concentration face au poids des traditions et à l’enjeu de cette mission. Thomas sait qu’elle sera décisive pour sa carrière. « Je suis pré-orienté par l’école navale en filière opération énergie. Mais je souhaite toujours présenter la filière de pilote d’hélicoptère », souligne-t-il. En effet, les officiers-élèves sont soumis à un suivi et une évaluation continue tout au long de leur « Jeanne ». Le but : à la mi-mission, ils se verront attribuer une spécialité.
Une image vaut mille mots. Et pour démontrer le pouvoir destructeur d’une arme, il faut parfois l’utiliser. C’est exactement ce qu’a fait la Marine nationale le 14 décembre 2024. En effet, pour tester une nouvelle torpille, la branche navale de l’armée française a tout simplement détruit l’un de ses navires, le Premier maître L’Her… retiré du service depuis le mois de juin 2024.
Les images impressionnantes de l’explosion
C’est sur les réseaux sociaux que la Marine nationale a posté les images de la destruction de l’aviso, un navire patrouilleur de haute-mer, Premier maître L’Her ou PM L’Her.
Sur celle-ci filmée depuis le ciel on peut donc observer le navire être touché sur le flanc par une torpille F21 et être envoyé par le fond après avoir été coupé en deux. Forcément, vous vous en doutez, personne ne se trouvait à bord du navire de guerre de 1200 tonnes envoyé par le fond pour l’exercice.
La Marine nationale a même précisé sur Facebook que la coque du PM L’Her avait été dépolluée pour l’occasion.
Qu’est-ce que la torpille F21 ?
Au-delà de tester son matériel en “conditions réelles”, la Marine nationale souhaite sûrement montrer aux autres puissances qu’elle a de quoi envoyer, très facilement, des navires de guerre par le fond depuis ses sous-marins nucléaires d’attaque (SNA).
En effet, la torpille F21 vise à être équipée sur les SNA des classes Suffren et Rubis ainsi que les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) et ses capacités font froid dans le dos.
Longue de 6 mètres, elle est équipée d’un système d’autoguidage fonctionnant grâce au son qui peut donc lui permettre de prendre en chasse une cible sur une portée maximale de 27 nautiques (50 km).
Silencieuse, la torpille F21 peut également être guidée depuis le sous-marin qui l’a lancé et peut filer sous l’eau à 50 nœuds (93 km/h). Bref, la Marine nationale a mis la main sur une arme destructrice.
La Marine nationale va sûrement prévoir d’autres exercices
Pour continuer d’attester de ses capacités en matière de production d’un armement capable de freiner de possibles velléités ennemies, la Marine nationale va sûrement organiser d’autres tirs de sa torpille F21 en conditions réelles.
C’est en tout cas ce qu’a annoncé le ministère des Armées le 18 décembre 2024. “Compte tenu du durcissement du contexte international et de la mise en service de munitions complexes de dernière génération, il apparaît aujourd’hui pertinent et possible de recourir de nouveau, de manière ponctuelle, à de telles expérimentations d’armes en mer.”
Attendez-vous donc à possiblement voir d’autres navires retirés du service se prendre de plein fouet des tirs de torpilles F21 par les engins de la Marine nationale.