Direction le cercle polaire pour la mission Jeanne d’Arc 2025

Direction le cercle polaire pour la mission Jeanne d’Arc 2025

Les officiers-élèves ont appareillé de Toulon pour la mission Jeanne d’Arc 2025 ce 24 février. Cette année, direction le cercle polaire pour la marine de demain.

par Samuel Azemard – le Var informations – publié le

https://mesinfos.fr/83000-toulon/direction-le-cercle-polaire-pour-la-mission-jeanne-d-arc-2025-217076.html

© S. Azemard - Le porte-hélicoptères amphibie (PHA) Mistral a une vitesse maximale de 19 nœuds.

© S. Azemard – Le porte-hélicoptères amphibie (PHA) Mistral a une vitesse maximale de 19 nœuds.


Ce 24 février, 151 officiers-élèves (OE) de l’école navale à Lanvéoc-Poulmic ont appareillé de Toulon pour la mission Jeanne d’Arc 2025. Thomas est l’un d’eux. Ce « bordache », surnom usuel des élèves de l’école navale rendant hommage au « Borda », navire qui l’accueillait historiquement, ne cache pas son enthousiasme à l’idée de participer à ce déploiement.

« J’ai hâte », débute-t-il ! « Ça fait longtemps que nous attendons ça. On a vu nos pairs faire la mission Jeanne d’Arc l’an passé, c’est une grande chance que ce soit notre tour », poursuit-il.

Former et déployer

La mission Jeanne d’Arc c’est un déploiement annuel opérationnel d’une durée de cinq mois, où près de 800 militaires, comprenant 640 marins, dont 151 OE, ainsi que 150 soldats de l’armée de Terre du groupement tactique embarqué (GTE), prennent le large. Une tradition vieille de 161 ans.

Le but de cette mission est double : former la marine de demain et déployer l’ensemble des fonctions stratégiques de la Marine nationale, à savoir : « connaissance – anticipation », « prévention », « influence » et, si la situation l’exige, « intervention ».

Le groupe Jeanne d’Arc 2025 est composé de :

  • Porte-hélicoptères amphibie (PHA) Mistral
  • Frégate type La Fayette (FLF) Surcouf
  • Groupement tactique embarqué (GTE) de l’armée de Terre

Une mission décisive pour les officiers-élèves

Malheureusement la pluie était elle aussi au rendez-vous pour ce départ. Mais elle n’a pas gâché l’euphorie ambiante. Les troupes ont trouvé une solution de repli : la cérémonie s’est déroulée au sein du PHA, dans un hangar suffisamment grand pour accueillir les marins, les autorités militaires ainsi que celles politiques locales et nationales. 

La cérémonie était en effet présidée par la ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens combattants de France, Patricia Mirallès, en présence du vice-amiral d’escadre Éric Janicot, directeur du personnel militaire de la Marine.

C’est ici que nous retrouvons Thomas, avec son uniforme tiré à quatre épingles. Après son bac S, il s’est tourné vers les classes préparatoires au lycée naval de Brest. C’est à ce moment-là qu’il découvre l’école navale et décide de tenter son concours d’entrée. « J’ai eu la chance et l’honneur d’être pris et la mission Jeanne d’Arc est la finalité », conclut-il.

©S. Azemard – Thomas fait partie des 151 officiers-élèves présents pour cette JDA 2025.

Son enthousiasme a laissé place à la concentration face au poids des traditions et à l’enjeu de cette mission. Thomas sait qu’elle sera décisive pour sa carrière. « Je suis pré-orienté par l’école navale en filière opération énergie. Mais je souhaite toujours présenter la filière de pilote d’hélicoptère », souligne-t-il. En effet, les officiers-élèves sont soumis à un suivi et une évaluation continue tout au long de leur « Jeanne ». Le but : à la mi-mission, ils se verront attribuer une spécialité.

L’ex-aviso Premier maître L’Her a été coulé par une torpille F21 lancée par un sous-marin nucléaire d’attaque

L’ex-aviso Premier maître L’Her a été coulé par une torpille F21 lancée par un sous-marin nucléaire d’attaque


Non, ce n’est pas un exercice qui a dérapé.

Une image vaut mille mots. Et pour démontrer le pouvoir destructeur d’une arme, il faut parfois l’utiliser. C’est exactement ce qu’a fait la Marine nationale le 14 décembre 2024. En effet, pour tester une nouvelle torpille, la branche navale de l’armée française a tout simplement détruit l’un de ses navires, le Premier maître L’Her… retiré du service depuis le mois de juin 2024. 

Les images impressionnantes de l’explosion

C’est sur les réseaux sociaux que la Marine nationale a posté les images de la destruction de l’aviso, un navire patrouilleur de haute-mer, Premier maître L’Her ou PM L’Her. 

Sur celle-ci filmée depuis le ciel on peut donc observer le navire être touché sur le flanc par une torpille F21 et être envoyé par le fond après avoir été coupé en deux. Forcément, vous vous en doutez, personne ne se trouvait à bord du navire de guerre de 1200 tonnes envoyé par le fond pour l’exercice. 

La Marine nationale a même précisé sur Facebook que la coque du PM L’Her avait été dépolluée pour l’occasion.

Qu’est-ce que la torpille F21 ? 

Au-delà de tester son matériel en “conditions réelles”, la Marine nationale souhaite sûrement montrer aux autres puissances qu’elle a de quoi envoyer, très facilement, des navires de guerre par le fond depuis ses sous-marins nucléaires d’attaque (SNA). 

En effet, la torpille F21 vise à être équipée sur les SNA des classes Suffren et Rubis ainsi que les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) et ses capacités font froid dans le dos. 

Longue de 6 mètres, elle est équipée d’un système d’autoguidage fonctionnant grâce au son qui peut donc lui permettre de prendre en chasse une cible sur une portée maximale de 27 nautiques (50 km). 

Silencieuse, la torpille F21 peut également être guidée depuis le sous-marin qui l’a lancé et peut filer sous l’eau à 50 nœuds (93 km/h). Bref, la Marine nationale a mis la main sur une arme destructrice. 

La Marine nationale va sûrement prévoir d’autres exercices

Pour continuer d’attester de ses capacités en matière de production d’un armement capable de freiner de possibles velléités ennemies, la Marine nationale va sûrement organiser d’autres tirs de sa torpille F21 en conditions réelles. 

C’est en tout cas ce qu’a annoncé le ministère des Armées le 18 décembre 2024. “Compte tenu du durcissement du contexte international et de la mise en service de munitions complexes de dernière génération, il apparaît aujourd’hui pertinent et possible de recourir de nouveau, de manière ponctuelle, à de telles expérimentations d’armes en mer.

Attendez-vous donc à possiblement voir d’autres navires retirés du service se prendre de plein fouet des tirs de torpilles F21 par les engins de la Marine nationale. 

Source : Ministère des Armées

Marine nationale : La stratégie française de maîtrise des fonds marins comporte un « volet offensif »

Marine nationale : La stratégie française de maîtrise des fonds marins comporte un « volet offensif »


Réorganisation du Centre expert dans la plongée humaine et l’intervention sous la mer [CEPHISMER], expérimentations de nouvelles capacités, missions Calliope, acquisition de drones et robots sous-marins, partenariat avec l’IFREMER, etc. Ces derniers mois, la Marine nationale se met en ordre de marche pour être en mesure de mener des opérations dans les grandes profondeurs [jusqu’à moins 6 000 mètres], conformément aux orientations de la stragégie ministérielle de maîtrise des fonds marins, dévoilée en février 2022.

Cette dernière se résume en trois points : connaître, surveiller et agir.

Ainsi, il s’agit de cartographier les fonds marins, de mesurer les variations du champ de gravité de la Terre [on parle de gravimétrie], lesquelles peuvent avoir une influence sur les centrales inertielles, ou encore de collecter des informations sur les sédiments, qui, selon leur nature, sont susceptibles d’avoir des effets sur la propagation des ondes acoustiques.

En clair, la fonction « connaissance » a des implications au niveau opérationnel. Elle « permettra d’améliorer l’efficacité de nos moyens dans les grandes profondeurs et de faciliter leur navigation au sein de notre Zone économique exclusive et de nos zones d’intérêt », souligne la stratégie ministérielle.

La fonction « surveillance » concerne évidemment les infrastructures sous-marines sensibles [câbles de télécommunication, gazoduc, etc.], lesquelles sont susceptibles de faire l’objet d’actes malveillants, dans le cadre de ce que l’on appelle la « guerre hybride ». D’où la nécessité de disposer de moyens d’action pour intervenir si nécessaire.

« À l’instar de la surveillance et de la recherche, notre capacité à agir doit également être élargie afin de pouvoir opérer jusqu’à 6 000 m de profondeur. Il sera nécessaire de doter la Marine de capacités militaires complémentaires aux programmes d’armement actuels afin de pouvoir intervenir, même en milieu contesté », est-il expliqué dans la stratégie ministérielle.

Cela étant, cette capacité d’intervention a généralement été présentée comme étant défensive ou comme devant permettre de récupérer des objets « sensibles » dans les grandes profondeurs. Or, elle comporte un volet « offensif ». C’est en effet ce qu’a indiqué le contre-amiral Cédric Chetaille, coordonnateur central pour la maîtrise des fonds marins, lors du dernier point presse du ministère des Armées, le 13 février.

« Agir, ça veut dire aussi être en mesure de neutraliser ou de détruire des cibles chez l’adversaire puisque la maîtrise ne vise pas seulement un volet défensif mais développe aussi des options offensives au profit du chef d’état-major des armées [CEMA] et des opérations qu’il décidera », a affirmé le contre-amiral Chetaille.

« Donc, on s’entraîne, lors des missions Calliope, pour en être capable le jour où cela sera nécessaire et décidé », a-t-il ajouté, sans évidemment donner plus de détails, sensibilité du sujet oblige.

Cependant, le contre-amiral Chetaille a laissé entendre que les fonctions « connaissance » et « surveillance » contribuaient également à ce volet offensif étant donné qu’elle permettent de « collecter » des « informations sur l’infrastructure, les points de faiblesse ou les systèmes militarisés adverses posés sur les fonds marins ».

Justement, ces « systèmes militarisés », qui sont une source de « préoccupation », pourraient faire l’objet « d’actions offensives » menées par « nos futurs robots, des actions spéciales navales ou par des moyens de minage », a-t-il conclu.

Photo : Ministère des Armées

Le porte-avions Charles-de-Gaulle et son groupe aéronaval débutent l’exercice Pacific Steller en mer de Philippines avec les marines US et japonaises.

Le porte-avions Charles-de-Gaulle et son groupe aéronaval débutent l’exercice Pacific Steller en mer de Philippines avec les marines US et japonaises.

par Frédéric Delmonte – Var informations – publié le

https://mesinfos.fr/83000-toulon/le-charles-de-gaulle-en-manoeuvre-en-mer-de-philippines-216140.html

© Marine Nationale - Le porte-avions Charles-de-Gaulle est engagé dans un exercice aux côtés des marines américaines et japonaises.

© Marine Nationale – Le porte-avions Charles-de-Gaulle est engagé dans un exercice aux côtés des marines américaines et japonaises.

Après La Pérouse 2025, place à Pacific Steller. Le porte-avions Charles-de-Gaulle et son groupe aéronaval (GAN) sont en mer de Philippines où ils ont débuté, le 8 février, un nouvel exercice d’importance stratégique.

Le Charles-de-Gaulle avec les marines américaines et japonaises

Aux côtés d’un autre groupe aéronaval américain, composé notamment du porte-avions USS Carl Vinson, et de deux navires de la force d’autodéfense japonaise (le porte-aéronefs Kaga et le destroyer Akizuki) le Charles-de-Gaulle sera mobilisé jusqu’au 18 février.

Au total, 14 unités des 3 nations participantes sont déployées en mer des Philippine pour enchaîner « des entraînements de haut niveau dans tous les domaines de lutte, qu’ils soient antisurface, anti-aérien ou anti-sous-marins, dans le but de renforcer l’interopérabilité et les connaissances mutuelles entre les trois marines », détaille le communiqué de presse du Commandement supérieur des forces armées en Polynésie française. 

Le porte-avions Charles-de-Gaulle et l’interopérabilité

« Cet exercice permettra de consolider la capacité collective des trois nations à prévenir les crises de toute nature, accroître la capacité à faire face aux menaces hybrides, garantissant ainsi la préservation des espaces communs et la promotion d’un espace maritime fondé sur la primauté du droit », ajoute le communiqué.

De son côté Jacques Mallard, le Commandant de la force aéromaritime française de réaction rapide souligne l’intérêt de « progresser dans l’interopérabilité » et de « conduire des opérations aéromaritimes conjointes dans une zone qui devient le poumon de l’économie mondiale ».

PATMAR: contrat avec Airbus pour l’étude du futur avion de patrouille maritime français

PATMAR: contrat avec Airbus pour l’étude du futur avion de patrouille maritime français

Le ministère des Armées a signé avec Airbus un contrat de 24 mois portant sur l’étude du futur avion de patrouille maritime français. Il est amené à remplacer les actuels Atlantique 2 (18 ATL2 au standard 6 et 4 non rénovés en parc). « La Direction générale de l’Armement vient de signer avec Airbus Defence and Space en tant que mandataire, en co-traitance avec Thales, un contrat pour une étude de levée de risques du futur programme d’avion de patrouille maritime (Patmar futur) », a précisé Airbus dans un communiqué.

Cette annonce intervient deux ans après que le ministère des Armées a lancé les études pour ce futur avion maritime, un temps envisagé en collaboration avec l’Allemagne. Mais Berlin a finalement opté pour des Boeing P-8A Poseidon.

Airbus et Dassault avaient alors été sollicités.

Dassault avait proposé une version issue de son gros avion d’affaires Falcon 10X. Mais c’est une version militarisée du monocouloir à très long rayon d’action A321 XLR d’Airbus qui a été retenue (il s’agit d’une version de l’A320 Neo).

L’A321 XLR, appareil certifié en juillet 2024, est capable de voler 11 heures sur plus de 8.500 km, surclassant les autres monocouloirs. Il a déjà été commandé à plus de 500 exemplaires depuis son lancement. La version militaire mesure 44,5 m de long pour 35,8 m d’envergure et 11,76 m de haut. Ce qui nécessitera des aménagements des hangars à la BAN de Lann-Bihoué (Morbihan).

337 mètres de puissance et 100 000 tonnes, voici le porte-avions qui règne sur l’Océan

337 mètres de puissance et 100 000 tonnes, voici le porte-avions qui règne sur l’Océan


Symbole de puissance militaire, les porte-avions représentent un atout stratégique majeur pour les nations qui les possèdent. Mais quel est le plus imposant d’entre eux ?

[Cet article a déjà été publié le 3 juin 2024]

Depuis toujours, les humains ont cherché à maîtriser les océans. Ces vastes étendues d’eau, autrefois redoutées, sont aujourd’hui parcourues par une multitude de navires. On y trouve des ferrys imposants, souvent critiqués pour leurs croisières coûteuses, des petits optimists qui amusent les familles pendant les vacances, et les célèbres tankers qui transportent des marchandises à travers le monde. Mais il existe aussi d’autres géants des mers, comme les porte-avions. Savez-vous quel est le plus grand d’entre eux ?

Quelle est l’utilité d’un porte-avions ?

Avant de nous intéresser au colosse militaire des mers, place à la définition même de ce qu’est un porte-avion. En se basant sur le site du Centre Nationale de Ressources Textuelles et Lexicales, nous apprenons qu’il s’agit d’un “navire de guerre de grandes dimensions, transportant des avions de combat, et dont le pont est aménagé en plate-forme permettant l’envol et l’appontage de ces avions. “ 

De quand datent les premiers tests du genre ? Il faut se référer au site de la Marine nationale pour apprendre que le premier “décollage d’un avion en mer a eu lieu à titre expérimental en 1910 à bord du croiseur américain Birmingham”. Une histoire qui dure et qui s’est perfectionnée avec le temps.

Car c’est tout l’intérêt d’un tel engin : pouvoir faire décoller rapidement et à proximité des cibles visées, des avions de chasse et autres aéronefs. Au-delà de l’utilité primaire avec sa fonction militaire, il s’agit véritablement d’une petite-ville sur l’eau avec une population avoisinant les milliers d’individus parfois avec énormément de fonctions diverses. 

Et le plus grand porte-avions du monde est… 

Comme souvent dans le domaine militaire, l’excès nous vient des États-Unis. C’est le cas pour le plus grand porte-avions au monde. Depuis 2017, un navire militaire règne sur les océans : l’USS Gerald R. Ford CVN-78. Construit par Northrop Grumman, il est le plus récent des porte-aéronefs américains et détient le record du plus grand navire militaire déployé au monde. Un géant d’acier et de technologie, décrit en détail par nos confrères du Parisien en 2023.

Après plus d’une décennie de construction, il a été livré il y a 7 ans et nommé en l’honneur du président américain Gerald Ford (1974-1977). Mais qu’ont obtenu les forces armées américaines pour 13 milliards de dollars ? Le quotidien décrit un colosse de 337 mètres de long, 78 mètres de large, légèrement plus grand que la Tour Eiffel, pesant environ 100 000 tonnes et capable de se déplacer à près de 55 km/h, soit environ 30 nœuds. Cette structure impressionnante peut héberger près de 4500 personnes, établissant également un record.

Combien d’avions, l’USS Gerald R. Ford, peut-il transporter ?

C’est précisément l’avantage de posséder un tel navire. Il permet de déployer rapidement et efficacement des aéronefs sur des zones de conflit ou pour des missions de surveillance. L’USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions au monde, peut embarquer près de 90 appareils, qu’il s’agisse d’avions, d’hélicoptères ou de drones.

À titre de comparaison, le porte-avions français, le Charles de Gaulle, peut mobiliser 1900 personnes et 40 avions  : Rafale Marine, E-2C Hawkeye, hélicoptères dont Dauphin Pedro et Caïman Marine précise-t-on sur le site de la Défense.

La Marine nationale peut commencer à utiliser son premier drone de surface dédié à la guerre des mines

La Marine nationale peut commencer à utiliser son premier drone de surface dédié à la guerre des mines


Confié à Thales en 2015, dans le cadre d’une coopération avec le Royaume-Uni placée sous l’égide de l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement [OCCAr], le Maritime Mine Counter Measures [MMCM] doit permettre d’identifier et de neutraliser des mines grâce à un drone de surface [USV] qui, doté d’un sonar remorqué, est associé à un robot téléopéré [ROV] et à trois drones sous-marins [AUV].

Cet ensemble repose sur le système de mission M-CUB ainsi que sur le logiciel MiMap, capable d’analyser en temps réel les données collectées par le sonar grâce à un algorithme d’intelligence artificielle [IA]. Enfin, il est mis en œuvre à partir d’un centre d’opérations léger, appelé e-POC [pour expeditionary-Portable Operations Center], censé permettre de mener des missions de lutte anti-mines avec des USV depuis « n’importe quel théâtre d’opérations ».

En décembre, après la livraison de deux prototypes/démonstrateurs à la France et au Royaume-Uni, l’OCCAr a fait savoir que Thales venait de remettre un premier drone de surface à la Direction générale de l’armement [DGA]. Ce que cette dernière a confirmé, ce 21 janvier.

« La livraison de ce drone constitue une première étape avant l’atteinte d’une véritable capacité opérationnelle en fin d’année 2025. Dans cette perspective, ce drone sera associé à cinq drones de surface supplémentaires, constituant ainsi la première capacité de systèmes autonomes de surface de la Marine nationale », a en effet indiqué la DGA, via un communiqué.

Mais elle a donné une autre précision : ce drone de surface « a passé avec succès sa mise en condition de navigation [MECNAV] le 16 janvier ». En clair, il est autorisé à naviguer en « mode inhabité / téléopéré, et, partant, à débuter sa « première phase de montée en compétence exploratoire ».

Pour rappel, lors de la dernière édition du salon Euronaval, en novembre, la DGA a annoncé l’acquisition de huit drones sous-marins autonomes de nouvelle génération A18-M auprès d’Exail. Une option pour huit exemplaires de plus a été posée. Ces engins doivent être équipés de la dernière version du sonar à ouverture synthétique SAMDIS [Synthetic Aperture Mine Detection and Imaging System] développé par Thales.

Le SAMDIS 600 permet d’obtenir des images à partir d’angles multiples en une seule passe. Associé au logiciel MiMap, il « offre des probabilités de détection et de classification exceptionnellement élevées, avec des performances supérieures qui permettent d’accélérer le tempo et d’augmenter l’efficacité des opérations de la Marine », assure l’industriel.

Le MMCM est l’un des quatre piliers du programme SLAM-F [Système de lutte anti-mines marines futur], qui vise à renouveler l’ensemble des moyens de la Marine nationale dédiés à la lutte contre les mines. Il prévoit l’acquisition de Bâtiments bases des plongeurs démineurs de nouvelle génération [BBPD NG], de Bâtiments de guerre des mines [BGDM] et du Système d’exploitation des données de guerre des mines [SEDGM].

Babcock signe un contrat historique pour la formation des pilotes de l’armée de l’air française

Babcock signe un contrat historique pour la formation des pilotes de l’armée de l’air française

Par Sabine Ortega – aerocontact.com – publié le 14 Jan 2025
Babcock signe un contrat historique pour la formation des pilotes de l'armée de l'air française
© Babcock

Le 10 janvier dernier, Babcock International a annoncé avoir signé un nouveau contrat de 17 ans pour la fourniture et le soutien de solutions de formation aérienne militaire pour l’armée de l’air et de l’espace française et la marine française.

Ce contrat de 795 millions d’euros, attribué par la Direction Générale de l’Armement (DGA), permettra aux élèves pilotes de s’entraîner sur 22 nouveaux avions PC-7 MkX Pilatus et sur 12 simulateurs de formation fournis par Babcock sur la base aérienne de Salon-de-Provence, avant de se spécialiser en tant que pilotes de chasse ou de transport.

En plus de la fourniture des avions et des simulateurs, ce contrat comprendra le support tout au long de la vie des avions, des infrastructures et des équipements pilotes.

Création de 100 postes dans les régions de Salon-de-Provence et du Cannet-des-Maures

Ce contrat permettra de créer plus de 100 nouveaux postes dans les régions de Salon-de-Provence et du Cannet-des-Maures, parmi lesquels des ingénieurs, techniciens, chefs de projet et administrateurs, qui contribueront à dispenser près de 11 000 heures de vol et 6 500 heures de formation sur simulateur à environ 120 élèves par an.

Pierre Basquin, directeur général de Babcock Aviation et directeur général France, a déclaré à ce propos : « L’Armée de l’air et de l’espace et la Marine française jouent un rôle majeur dans la sécurité nationale et internationale. Nous sommes ravis de soutenir notre client dans ses besoins de formation aérienne, lui permettant ainsi de se concentrer sur la satisfaction des besoins critiques de l’aviation militaire. Ce nouveau contrat à long terme renforce notre solide relation avec l’Armée de l’air et de l’espace et nous positionne comme son principal partenaire de soutien capacitaire dans les programmes de formation des pilotes de chasse. »

 Depuis 2018, Babcock collabore aux côtés de l’Armée de l’Air et de l’Espace pour fournir des systèmes de formation modernes sur simulateurs de vol et 26 avions PC-21 existants sur la base aérienne de Cognac-Châteaubernard.

Sabine Ortega Sabine Ortega
Journaliste emploi, formation, et nouvelles technologies

Grâce à Strava, il serait possible d’anticiper les départs des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de l’Île-Longue

Grâce à Strava, il serait possible d’anticiper les départs des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de l’Île-Longue

https://www.opex360.com/2025/01/13/grace-a-strava-il-serait-possible-danticiper-les-departs-des-sous-marins-nucleaires-lanceurs-dengins-de-lile-longue/


En 2018, alors que la Délégation à l’information et la communication de la Défense [DICoD] avait publié un guide sur l’utilisation des réseaux sociaux à l’intention des militaires, auxquels il était d’ailleurs demandé de désactiver la fonction « géolocalisation » de leurs téléphones portables au titre de la sécurité opérationnelle [SECOPS], le ministère des Armées dut faire une piqûre de rappel après que des informations potentiellement sensibles furent révélées par l’intermédiaire de l’application Strava.

Développée par l’entreprise californienne Strava Labs et utilisant la fonctionnalité GPS des téléphones mobiles et des montres connectées, cette dernière permet de suivre à la trace les activités sportives de ses abonnés. Se présentant comme étant le « réseau social des sportifs », ce service permet aux utilisateurs de se suivre mutuellement, d’évaluer leurs performances respectives et de se lancer des défis.

Or, il y a maintenant sept ans, il fut constaté que l’on pouvait assez facilement localiser et suivre les militaires français abonnés à cette application, via la carte « Global Heat Map », publiée par Strava Labs. Évidemment, cela ne pouvait que soulever des problèmes en termes de sécurité, voire de confidentialité, certains endroits [ou zones de déploiement] n’ayant pas vocation à être connus du public.

« Les données que Strava collecte sont un cauchemar sécuritaire pour les gouvernements du monde entier. Les données collectées pourraient permettre à toute personne ayant accès à cette carte de créer un modèle de carte de vie pour les utilisateurs individuels, dont certains peuvent être très intéressants », avait résumé The Daily Beast, à l’époque.

Pour autant, malgré les mises en garde et les rappels à l’ordre, l’utilisation de Strava par les militaires demeure problématique.

Ainsi, selon une enquête publiée par le quotidien Le Monde, ce 13 décembre, il serait possible d’anticiper les départs des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins [SNLE] de la base de l’Île-Longue où, pourtant, toutes les précautions sont prises pour éviter toute fuite préjudiciable. Ainsi, dans la plupart des endroits de ce haut-lieu de la dissuasion nucléaire, les téléphones portables sont proscrits… Mais pas, apparemment, les montres connectées, qui stockent les données avant de les transmettre en bloc à un smartphone dès que cela est possible.

En outre, certains marins abonnés à Strava n’utilisent pas de pseudonymes et disposent d’un profil public.

Résultat : quand plusieurs sous-mariniers – identifiés comme tels – effectuent quotidiennement une séance de sport le long des quais où sont amarrés les SNLE et qu’ils arrêtent brusquement ce type d’activité, on peut éventuellement en déduire qu’ils sont partis en mission. Et qu’ils en sont revenus dès qu’ils communiquent leurs données à Strava.

Or, c’est là que le bât blesse : théoriquement, en suivant leur activité sportive, notamment le long des quais, il est possible d’anticiper le départ en mission d’un SNLE… alors que, justement, tout est fait pour le maintenir confidentiel, le goulet de Brest [lieu de passage obligé des « bateaux noirs », ndlr] étant même sous une surveillance étroite afin d’empêcher les curieux d’en savoir plus qu’ils n’ont à en connaître. Reste qu’une telle information est susceptible d’intéresser une puissance étrangère, laquelle pourrait chercher à « pister » le sous-marin après sa dilution ou à obtenir des renseignements à son sujet.

Quand un SNLE part en patrouille, « il faut s’assurer que l’espace sous-marin et en particulier les fonds marins sont exempts de tout capteur acoustique étranger. En effet, la présence d’un dispositif d’écoute, disposé sur le fond et exploité par un compétiteur, pourrait mettre en péril la discrétion de nos SNLE, par la captation de leur empreinte acoustique, élément essentiel pour une identification ultérieure, et affecter in fine la posture de dissuasion », avait en effet expliqué le capitaine de vaisseau Jean-Christophe Turret dans la Revue Défense nationale, rappelle Le Monde.

Quoi qu’il en soit, s’il reconnaît des « négligences » parmi ses marins [les sous-mariniers ne sont pas les seuls en cause, ndlr], la Marine nationale estime que la sécurité des activités opérationnelles de la base de l’Île-Longue n’est pas fondamentalement remise en cause. L’une des sources du journal parle d’une « situation problématique » mais pas d’un « risque majeur ».

OPINION. Le futur avion de patrouille maritime, une affaire triplement risquée

OPINION. Le futur avion de patrouille maritime, une affaire triplement risquée

L’ingénieur général hors classe de l’armement (2S) Philippe Roger appelle à le ministère des Armées à la vigilance sur le programme du futur avion de patrouille maritime. Il rappelle que trois programmes de ce type, qui ont été conduits récemment sur la base d’avions civils, ont connu des difficultés de développement, des retards de plusieurs années et des dépassements de budget de plusieurs milliards. Par Philippe Roger, ingénieur général hors classe de l’armement (2S).

« L’ambition opérationnelle est très forte, la forme contractuelle a généré des difficultés dans le cas de l’A400M, et l’industriel pressenti, Airbus, ignore le domaine de la patrouille maritime anti-sous-marine » (L’ingénieur général hors classe de…DGA

 

Contrat à prix forfaitaire et choix d’un maître d’œuvre inexpérimenté dans le domaine militaire concerné, pour atteindre des performances très ambitieuses : ce fut la recette des difficultés techniques, calendaires et budgétaires rencontrées sur de nombreux programmes militaires dans le passé, y compris pour l’Airbus A400M qui donne toutefois aujourd’hui toute satisfaction opérationnelle.

Mais pourquoi prendre strictement les mêmes ingrédients pour le futur avion de patrouille maritime français, qui doit être mené à bien dans un délai qu’on ne peut allonger, et dans le contexte budgétaire que l’on devine ? A-t-on suffisamment trié les performances demandées, pourrait-on choisir un type de contrat moins risqué, les maîtres d’œuvre mis en compétition sont-ils au bon niveau technique et comprennent-ils la mission de patrouille maritime ?

Il existe une méthode éprouvée.

La Marine nationale et la Direction générale de l’armement (DGA) poursuivent deux programmes très lourds devant aboutir à une mise en service entre 2035 et 2038 : le porte-avions nucléaire successeur du Charles de Gaulle, et le sous-marin nucléaire lanceur d’engins de troisième génération. Ces programmes comportent, conformément à la longue expérience de la DGA, plusieurs phases, permettant de ne s’engager qu’après avoir constaté les résultats de l’étape précédente et vérifié qu’il reste des marges financières suffisantes.

Mais on peut y déroger : cette méthode peut n’être pas appliquée, quand on estime que le développement est simple et que les prix unitaires sont prévisibles, au point que l’industriel accepte un contrat à prix forfaitaire pour l’ensemble du programme, développement et production, et fait son affaire des risques, couverts par une marge que son conseil d’administration a acceptée au nom de ses actionnaires. Le cas se présente souvent quand l’industriel propose de dériver une version militaire d’un produit civil existant, les modifications apparaissant faibles et le client demandant un prix forfaitaire, qui semble lui simplifier la vie.

C’est sur la base d’un tel contrat forfaitaire qu’est lancé un troisième programme majeur pour la Marine, un programme d’avion de patrouille maritime, basé sur un avion civil. Ce programme doit impérativement aboutir à temps, car on ne peut ni prolonger au-delà l’avion Atlantique 2 ni interrompre une mission nécessaire à la protection des SNLE. Malheureusement, c’est autour de la date d’aboutissement des deux autres programmes que l’Atlantique 2 doit disparaître, si bien qu’il y a deux exigences : réussir le développement dans les temps, et financer simultanément les trois programmes. Est-on bien dans un cas d’adaptation simple ?

Désastres de plusieurs programmes analogues

Trois programmes d’avions de patrouille maritime conduits récemment sur la base d’avions civils ont connu des difficultés de développement lourdes, des retards de plusieurs années, et des dépassements de budget de plusieurs milliards. Le pire des cas a été celui de la dernière version de l’avion de patrouille maritime Nimrod de la Royal Air Force, dont le développement a été arrêté après une dépense infructueuse d’une dizaine de milliards de livres.

L’avion de patrouille maritime P8 de l’US Navy basé sur le Boeing 737 n’a pu quant à lui être mis en production qu’après un long et complexe développement ayant coûté près de 10 milliards de dollars. Quant au système dit Meltem développé par Thales avec Airbus Espagne pour la marine turque sur la base d’un biturbopropulseur simple, le CN235, il a eu de fortes difficultés techniques. Il a fallu dix ans pour livrer les premiers appareils, après une renégociation du contrat et des pertes lourdes pour l’industriel, alors même que des centaines de CN235 civils étaient en service.

La difficulté de transformer un avion civil de série en un système d’armes complexe évoluant à basse altitude et basse vitesse avec des virages serrés pendant les pistages de sous-marins, dans un brouillard salin très corrosif, a été sous-estimée dans ces trois cas, et les industriels comme l’État acheteur ont pris des vessies pour des lanternes et ont bu le bouillon. Un des éléments du problème, la corrosion saline, est bien connu, au moins en France, par les fortes difficultés induites dans l’entretien, plus que laborieux, des hélicoptères de la Marine livrés par Airbus et NHIndustries. Quant aux virages à fort facteur de charge, ils ont nécessité des transformations profondes des structures des avions civils pris comme base, et une surveillance permanente de leur état de fatigue.

Sur un sujet beaucoup plus simple, la transformation en avion ravitailleur MRTT de l’Airbus A330, le développement a connu quelques lenteurs, alors même que les risques avaient été réduits par le développement préalable d’une version à base d’A310. Les difficultés budgétaires de l’époque ont fait que les commandes françaises initiales ont été passées, prudemment, pour une version moins ambitieuse que celle spécifiée.

L’A400M, un développement que l’on savait difficile

Le développement de l’avion de transport Airbus A400M partait, quant à lui, d’une feuille blanche, et non pas d’un avion civil existant. Mais il est utile de le citer ici, car le contrat correspondant a été passé à prix forfaitaire pour l’ensemble du développement et de la production, c’est-à-dire avec la méthode contractuelle retenue pour le nouvel avion de patrouille maritime. Les nombreuses difficultés techniques à envisager pour ce programme A400M, aux spécifications justifiées mais très exigeantes, auraient demandé un type de contrat permettant un suivi pied à pied du programme par l’OCCAr, agence délégataire des États.

Mais les promesses d’Airbus et les exigences des États coopérants ont fait adopter une méthode contractuelle toute autre, qui apparaissait protectrice mais n’a pas permis de tenter de contrer à temps les difficultés techniques rencontrées. Elle a été une des causes des multiples réunions de crise où les États et Airbus se sont réparti les charges supplémentaires, après avoir même envisagé l’arrêt du programme à ses débuts. On aurait peut-être pu arriver à l’excellent service opérationnel que rend aujourd’hui l’A400M par des voies plus sûres.

Ces exemples montrent qu’on peut s’attendre à des difficultés :

– Quand les capacités demandées sont très ambitieuses, même si elles sont opérationnellement justifiées,

– Quand on demande aux industriels de traiter à prix forfaitaire sur l’ensemble du développement et de la production, ce qui leur impose de prendre des marges très élevées dont l’acheteur ne peut contrôler la justification pour comparer les offres, ce qui fausse la concurrence. Il ne peut pas non plus en contrôler la consommation pendant le développement, si bien que les demandes de renégociation du marché pour couvrir les aléas n’apparaissent que par surprise, mettant le programme en danger, et amenant à des ponctions sur les programmes contemporains.

– Quand on s’adresse à un industriel qui ne connaît pas le domaine opérationnel à traiter.

Un pari triplement risqué

Qu’en est-il dans notre programme d’avion de patrouille maritime ? L’ambition opérationnelle est très forte, la forme contractuelle a généré des difficultés dans le cas de l’A400M, et l’industriel pressenti, Airbus, ignore le domaine de la patrouille maritime anti-sous-marine. L’ambition opérationnelle : que peut-on élaguer ?

Une mesure simple du niveau de l’ambition opérationnelle est que Airbus a dû proposer un appareil de 100 tonnes pour remplacer l’Atlantique 2 qui exécutait de façon satisfaisante la mission principale anti-sous-marine, et des missions secondaires anti-surface et air-sol, avec 47 tonnes. La cause principale semble en être le choix d’emporter en interne à l’avion un missile anti-navires lourd (missile qui reste à développer) pour une mission secondaire, la mission anti-navires de surface qui est remplie actuellement sur l’Atlantique 2 par l’Exocet AM39.

Ce choix amène à prévoir une soute très importante, et a amené Airbus à ne pas se contenter de modifier un A320, comme prévu à l’origine, et à passer à un A321XLR à très grand rayon d’action, bien plus lourd, ce qui va nécessiter une refonte des hangars et de leurs voies d’accès. Il amène aussi à anticiper des coûts à l’heure de vol et des coûts de maintenance qui, étant en général proportionnels au poids, seront au moins doubles de ceux de l’Atlantique 2. Sachant que ces coûts forment les deux tiers du coût complet de tout programme aéronautique, l’effet de ce choix est extrêmement important.

Sur l’avion bien moins lourd retenu par Dassault Aviation la difficulté est évitée par l’accrochage sous voilure du nouveau missile, mais cette solution simple et éprouvée n’a pas, ou n’a plus, les faveurs de la Marine. C’est pourtant celle retenue pour l’avion P8 par l’US Navy, qui est de loin le plus grand opérateur au monde d’avions de patrouille maritime. Une révision de ce choix serait de nature à réduire les risques, la taille de l’appareil nécessaire, le devis initial et ses marges, et le coût sur la durée de vie.

Faire plus ambitieux que l’US Navy ? Il y faut réfléchir à deux fois ! A-t-on une autre option dans la situation budgétaire actuelle, face à la menace que fera peser un programme très ambitieux et risqué sur les deux autres programmes majeurs, et face au besoin de renforcement de la flotte de surface, qu’un rapport parlementaire vient de mettre à nouveau en évidence ?

Veut-on dimensionner l’avion pour aller à plus de 4.000 km de la France tirer des missiles anti-navires, ou bien accepte-t-on de se concentrer sur la mission principale anti-sous-marine, qui participe à la protection des SNLE, et d’emporter sous la voilure les armes destinées aux missions secondaires, comme le fait l’US Navy ?

Réduire les autres risques : Faut-il pousser les aléas du programme sous le tapis du contrat forfaitaire, qui donne une fausse sécurité et n’est pas adapté à un programme risqué, surtout si l’ambition opérationnelle n’est pas réduite ? Ou adopter un type de contrat qui permette de suivre pas à pas le développement, mais aussi de vérifier le détail des marges initiales : sont-elles suffisantes, induisent-elles ou non une distorsion de concurrence ? Et il faut se demander à nouveau si on doit confier une partie importante d’un développement majeur à un bureau d’études inexpérimenté dans le domaine concerné.

Rêveries

Le domaine de la patrouille maritime aurait dû être couvert par un programme de coopération franco-allemande, dit MAWS, mais l’Allemagne l’a fait capoter en cours de route pour acheter plusieurs lots d’avions américains P8, nous laissant financer seuls un nouveau développement. A la génération précédente, elle avait refusé d’acheter l’Atlantique 2, dont elle fabriquait pourtant 40%. Deux claques dont la France se serait bien passée.

Mais voilà qu’on entend dire aujourd’hui au sein de l’État qu’une des vertus du choix d’Airbus serait de permettre de relancer la coopération franco-allemande sur le sujet, coopération qui est morte et « ganzkaputt » (toute cassée) depuis que l’Allemagne a commandé un deuxième lot de P8… Après ce camouflet, qui n’est pas le seul dans la période récente, faut-il faire tourner à travers un programme de patrouille maritime les usines allemandes, en plus des usines espagnoles ? Ce serait appeler la claque suivante.