Les remaniements du haut commandement militaire russe au cours de la guerre en Ukraine ont eu lieu de manière inégale, aussi bien dans le temps que dans les structures des forces armées. Les motifs et le calendrier des décisions prises par Vladimir Poutine concernant les cadres de l’armée défient souvent toute logique.
Par ailleurs, les rares déclarations officielles ne nous en apprennent pas plus que les informations habituellement filtrées venant du gouvernement. Poutine valorise généralement davantage la loyauté à la compétence, ce qui rend ainsi la structure de commandement incapable de faire face aux changements soudains de l’environnement de combat. Le récent remaniement en profondeur et les purges au sein du ministère de la Défense ont entraîné une grave désorganisation bureaucratique de cette structure, dont le rôle est pourtant crucial pour poursuivre l’effort de guerre. L’absence de changements au sein de l’état-major général empêche l’armée de tirer les leçons des expériences passées et sape l’autorité du haut commandement. L’angoisse et la colère des généraux sur la ligne de front, dues à l’incompétence du haut commandement, constituent une source majeure de risque politique. Si le président russe ne peut ignorer ce problème, il est dans le même temps incapable d’y répondre correctement.
Pavel K. Baevest chercheur associé au Centre Russie/Eurasie de l’Ifri, chercheur et professeur à l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo (PRIO), et chercheur associé à la Brookings Institution. Après avoir obtenu un master en géographie politique à l’Université d’État de Moscou (1979), il a travaillé dans un institut de recherche du ministère de la Défense de l’URSS, a obtenu un doctorat en relations internationales à l’Institut des études américaines et canadiennes de l’Académie des sciences de l’URSS (1988), puis a travaillé pour l’Institut de l’Europe à Moscou. Il a rejoint le PRIO en octobre 1992. Il écrit une chronique hebdomadaire pour l’Eurasia Daily Monitor de la Jamestown Foundation.
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Les commandants russes de la guerre en Ukraine : purges, remaniements et mécontentements
Le 22 décembre dernier, Donald Trump a annoncé son intention de nommer Elbridge Colby sous-secrétaire à la Défense chargé des questions politiques. La nouvelle n’a pas retenu outre mesure l’attention des grands médias. Pourtant, la nomination de ce réaliste révèle peut-être la ligne stratégique de Donald Trump lors de son prochain mandat.
Elbridge Colby n’est pas un inconnu. Au cours du premier mandat de Donald Trump, il avait présidé à l’élaboration de la Stratégie de défense nationale de 2018. Constatant l’accroissement du désordre mondial et l’impossibilité d’établir en définitive un ordre international libéral, ce document procédait à un recentrage, reconnaissant que «la compétition stratégique entre États, non le terrorisme [était] désormais la préoccupation première de la sécurité nationale des États-Unis » et désignant la Chine comme principale concurrente. Dans ce contexte, la modernisation de la défense devait assurer aux États-Unis les capacités nécessaires pour assurer sa prépondérance et « maintenir la paix par la force« , « to preserve peace through strength« , formule que Donald Trump se plaît actuellement à répéter, lorsqu’il évoque, par anticipation, la stratégie internationale qu’il compte mettre en œuvre.
Elbridge Coby, Deputy Assistant Secretary of Defense, (U.S. Army photo by Monica King/Released)
Un réaliste à la Défense
Formé à Harvard et à l’École de droit de Yale, Elbride Colby est avant tout un intellectuel et un penseur réaliste des relations internationales. Après avoir travaillé comme analyste au Center for Naval Analyses (CNA) et au Center for a New American Security (CNAS), Colby avait été pressenti pour jouer un rôle éminent dans la campagne de Jeb Bush, candidat à la primaire présidentielle de 2016, avant d’être finalement éconduit par l’entourage néoconservateur de ce dernier.
Aujourd’hui, si sa désignation comme sous-secrétaire à la Défense peut sembler éclipsée par la nomination à des postes de premier plan de personnalités politiques notoires, comme Michael Waltz ou Marco Rubio, l’influence intellectuelle qu’il exercera pourrait se révéler plus déterminante au fond pour définir le positionnement stratégique des États-Unis, conduisant certains observateurs à considérer, par anticipation, que Colby pourrait être le « cerveau » de la doctrine Trump.
Le cerveau de la doctrine Trump
Cofondateur de L’Initiative de Marathon, association visant à sensibiliser ses compatriotes à la nécessité de repenser la politique internationale des États-Unis dans le contexte d’un retour à la compétition des grandes puissances, Elbridge Colby a pu exposer ses vues les plus constantes dans The Strategy of Denial, publié en 2021. Opposé à la guerre en Irak comme à la multiplication des engagements extérieurs des États-Unis, qui ne peuvent conduire, selon lui, qu’à une déperdition d’énergie et à un surinvestissement vain, il croit primordial de concentrer les efforts américains sur un théâtre central, l’Asie, qui rassemble la moitié de la population mondiale et génère l’essentiel de la croissance globale, en vue d’un objectif principal, empêcher la Chine de bâtir une sphère de prospérité sous son contrôle et de faire ainsi prévaloir son hégémonie.
Faisant sienne, en quelque sorte, la stratégie d’offshore balancing conçue par le réaliste offensif John Mearsheimer, il estime que, pour faire pièce aux ambitions chinoises, qui ne se jouent décisivement ni en Ukraine ni au Proche-Orient, les États-Unis doivent être en mesure de coordonner leur action avec les puissances géographiquement proches de la Chine et peu enclines à accepter son ascension, en l’occurrence l’Inde, le Japon, l’Australie et même le Vietnam.
Tandis que, dans l’espace Indo-Pacifique, l’Amérique se chargerait de dissuader la Chine d’imposer son hégémonie économique, les États européens se trouveraient mécaniquement conduits à prendre davantage de responsabilités au sein de l’Alliance atlantique.
La Chine est le véritable adversaire des États-Unis
Elbridge Colby se démarque enfin d’autres stratèges américains en ce qu’il ne conçoit pas comme inévitable la perspective d’une guerre avec la Chine. Sa lecture de la compétition des grandes puissances n’est pas simplement militaire, comme tendrait à l’affirmer un John Mearsheimer, mais accorde une place primordiale aux enjeux géoéconomiques, dans le sillage du théoricien du changement hégémonique qu’était Robert Gilpin.
Soucieux de préserver la paix et la capacité des États-Unis à négocier avec son compétiteur sans provoquer de guerre majeure, Elbridge Colby affirme que « le moralisme » est, en fait, inférieur à « la moralité d’une politique étrangère réaliste« .
La nomination de Kash Patel par le président élu, Donald Trump, au poste de directeur du FBI a suscité de vives réactions le soir du samedi 30 novembre. L’actuel directeur du FBI, Christopher Wray, qui occupe le poste depuis 2017, sera donc licencié. Les médias américains ont qualifié Patel de « choix extrêmement controversé ».
Le talk-show « Morning Joe » de MSNBC, le qualifie de « personnification de la colère MAGA contre le ministère de la justice et le FBI ».
Les conservateurs, eux, ont appelé Patel à « nettoyer le FBI », agence corrompue et inefficace selon eux.
Patel, « un combattant MAGA » et un fervent « Défenseur de la Vérité » :
Patel, 44 ans, est un avocat expérimenté en matière de sécurité nationale, de renseignement et de lutte contre le terrorisme. Au cours de la première administration Trump, il a été le directeur principal de la lutte contre le terrorisme au Conseil de sécurité nationale, puis chef de cabinet du secrétaire à la Défense par intérim, Christopher Miller, de 2020 à 2021.
L’avocat a commencé sa carrière en tant que défenseur public dans le comté de Miami-Dade en Floride, après avoir fréquenté l’Université Pace à New-York et avoir obtenu un certificat en droit international à la Faculté de droit de l’University College de Londres.
En 2014, Patel est devenu procureur fédéral à la Division de la sécurité nationale du ministère de la Justice et a joué un rôle prépondérant dans la poursuite des membres d’Al-Qaïda et de l’EI et d’autres groupuscules terroristes.
Avant de rejoindre la première administration Trump, Patel a été conseiller à la sécurité nationale et conseiller principal à la House Permanent Select Committee on Intelligence (HPSCI), où il rendait compte au président du comité, le Représentant Devin Nunes, républicain de Californie. Dans ce rôle, il a contribué à superviser l’enquête de la Chambre sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016.
Kash Patel a surtout mis en lumière les agissements de l’agence, notamment la surveillance exercée par le FBI sur la campagne et le premier mandat du président Trump. Il a été également « membre de l’équipe de transition » de Donald Trump, conseillant l’administration sur les potentielles nominations au cabinet.
Trump a annoncé la nomination de Patel sur son réseau Truth Social :
« Kash est un brillant avocat, enquêteur et combattant de l’America First, qui a passé sa carrière à dénoncer la corruption, à défendre la justice et à protéger le peuple américain (…). Il a joué un rôle essentiel dans la découverte du canular « Russie, Russie, Russie », en se faisant le défenseur de la vérité, de la responsabilité et de la Constitution ».
En revanche, cette nomination a attisé la colère des premiers détracteurs de Trump et des libéraux, à l’instar de l’ancien conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, qui a appelé le Sénat à rejeter la nomination de Kash Patel, comparant cette décision au règne de terreur de Jospeh Staline. Dans une déclaration à NBC News, dans l’émission « Meet the Press », Bolton a déclaré :
« Trump a nommé Kash Patel pour être son Lavrentiy Beria. Heureusement, le FBI n’est pas le NKVD (Commissariat du peuple aux affaires intérieures) … Le Sénat devrait rejeter cette nomination à 100% des voix ». (Source : John Bolton compares Kash Patel to Stalin’s right-hand man after Trump’s FBI nomination, par Andrea Margolis, Fox News, 1er décembre 2024).
La déclaration de Bolton fait référence directe à Lavrentiy Beria, qui était le chef de la police secrète soviétique sous Staline. Beria est une figure historique, tristement connue, pour avoir organisé et mis en œuvre une surveillance, répression et purges ethniques à grande échelle sous le régime stalinien.
De son côté, Andrew McCabe, qui a été brièvement le directeur par interim du FBI, sous Trump en 2017, avant d’être renvoyé pour avoir « prétendument divulgué des informations aux médias et manque de loyauté », a qualifié la nomination de Patel de : « plan visant à perturber, à démanteler, à distraire le FBI » :
« C’est une terrible nouvelle pour les hommes et les femmes du FBI et pour la Nation, qui dépend d’un FBI très performant, professionnel et indépendant. Le fait que Kash Patel soit totalement incompétent pour ce poste n’est même pas un sujet à débattre » a déclaré McCabe sur CNN. (Source : Kash Patel’s nomination sparks enthusiasm, anxiety ; future of the FBI appears uncertain, par Andrea Margolis, Fox News, 30 novembre 2024).
Fervent partisan de la doctrine « MAGA », Kash Patel est un critique féroce de la corruption des élites gouvernementales et de l’État profond. Sa critique systématique du Bureau, dans le passé, a fait fureur.
En 2023, Patel a publié un livre intitulé « Government Gangsters : The Deep State, the Thruth and the battle for Our Democracy », qui a pointé les rouages mis en place « par les principaux acteurs et leurs tactiques au sein de la bureaucratie gouvernementale permanente ».
Dans une interview accordée en septembre dernier au Shawn Ryan Show, Patel a mentionné l’empreinte du FBI, qu’il a qualifiée « d’énorme » :
Quelles sont les mesures concrètes à adopter pour rétablir la confiance dans le FBI ?
Le poste de directeur du FBI nécessite l’aval du Sénat. Dans un post publié samedi soir sur X, Mik Davis, allié de Trump, a qualifié Patel « d’incontestablement qualifié » pour le poste :
« J’ai été le conseiller principal du président de la commission judiciaire du Sénat, Chuck Grassley, chargé des nominations- le poste chargé de la confirmation du directeur du FBI. Kash Patel sera confirmé par le Sénat. Il apportera des réformes indispensables à un FBI corrompu et défaillant » (Source : Trump nominates Kash Patel to serve as FBI director : Advocate for truth, par Andrea Margolis, Peter Pinedo, Fox News, le 30 novembre 2024).
La déclaration de Trump indique que Patel travaillera avec Pam Bondi, la candidate au poste de procureur général, pour réformer le FBI :
« Ce FBI mettra fin à l’épidémie croissante de criminalité aux États-Unis, démantèlera les gangs criminels de migrants et mettra fin au fléau du trafic d’êtres humains et de drogue à travers la frontière. Kash travaillera sous la direction de notre procureure générale Pam Bondi, pour ramener la fidélité, le courage et l’intégrité du FBI».
En effet, la nomination de Patel laisse entrevoir des changements majeurs que l’agence devrait probablement subir au cours du second mandat de Donald Trump.
Le FBI est devenu pour beaucoup d’Américains une arme politique et sociale, dévoyé de sa mission première qui est la lutte contre le crime et la sécurité du peuple américain. La crise de légitimité et la défiance grandissante à l’égard de l’agence nécessitent une révision totale de la culture du Bureau.
Cette révision de la « Culture Maison » passe aussi par une révision de la politique RH.
Nicole Parker, une ancienne agente spéciale du FBI a mentionné en 2023, dans une interview à The Hill les raisons pour lesquelles elle avait qui quitté son poste au mois de novembre de cette même année, du fait de la politisation et des dérives grandissantes qui règnent à l’agence.
Lors de son passage au FBI, elle a déclaré avoir participé à des enquêtes telles que la fusillade de 2018 au lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland, en Floride, ou des enquêtes financières portant sur « des combines à la Ponzi de plusieurs millions de dollars », des agressions sexuelles et autres affaires d’extorsions.
Selon Parker, les « priorités et les principes directeurs » du FBI ont changé pendant qu’elle y travaillait : « les problèmes de politisation se succèdent » au sein du FBI.
Elle cite à ce titre l’exemple d’agents portant des gilets du FBI qui se sont agenouillés avec des manifestants de Black Lives Matter à Washington, D.C., en juin 2020 :
« Bien que les agents aient droit au premier amendement, ils ne sont pas libres d’exprimer publiquement tout soutien politique potentiel lorsqu’ils sont en service et qu’ils portent l’équipement officiel du FBI», a-t-elle fait valoir. Mme Parker a déclaré qu’il était « consternant » que les agents n’aient pas été réprimandés pour cela.
Elle a également affirmé que le FBI avait abaissé les critères de recrutement. Le bureau « Diversité et Inclusion », l’ODI (Office of Diversity and Inclusion), doit être réévalué en raison de son instumentalisation politique.
Le FBI doit relever ses normes de recrutements et réévaluer à la hausse les critères de sélection des candidats, en se basant uniquement sur « la méritocratie » et non la couleur de peau ou le genre.
De même, le siège du FBI doit être considérablement réduit et les agents de « la Centrale » doivent être davantage sur le « terrain » pour lutter efficacement contre le crime.
Ce témoignage fait écho aux propos de Kash Patel, qui promet de rétablir l’intégrité du FBI s’il est confirmé sans ses fonctions. Dans son livre Patel appelle à une refonte très claire de l’agence :
« Les choses vont mal. Le FBI a gravement abusé de son pouvoir, menaçant non seulement l’État de droit mais aussi les fondements mêmes de l’autonomie gouvernementale, socle de notre démocratie. Ce n’est pas la fin de l’histoire. Le changement est possible au FBI et il est désespérément nécessaire. Le fait est que nous avons besoin d’une agence fédérale qui enquête sur les crimes fédéraux et cette agence sera toujours exposée au risque de voir ses pouvoirs abusés ».
Kash Patel plaide pour un licenciement des « acteurs corrompus », une « surveillance agressive » du Congrès sur l’agence, une refonte complète des procureurs spéciaux et le déménagement du FBI hors de Washington D.C.
« Le plus important est de faire sortir le FBI de Washington. Il n’y a aucune raison pour que l’agence nationale chargée de l’application de la loi soit centralisée dans le marigot. Conserver le FBI dans son gigantesque bâtiment, au siège de Washington ne fait que favoriser une culture de l’Entre- Soi institutionnel et inciter les hauts dirigeants du FBI à perdre de vue leur mission première pour se lancer dans des jeux politiques, s’attirer les faveurs de politiciens et cultiver leurs relations avec la presse pour faire avancer leur carrière ».
Angélique Bouchard
Diplômée de la Business School de La Rochelle (Excelia – Bachelor Communication et Stratégies Digitales) et du CELSA – Sorbonne Université, Angélique Bouchard, 25 ans, est titulaire d’un Master 2 de recherche, spécialisation « Géopolitique des médias ». Elle est journaliste indépendante et travaille pour de nombreux médias. Elle est en charge des grands entretiens pour Le Dialogue.
Mercredi 20 novembre, le vice-amiral d’escadre (VAE) Benoit de Guibert, commandant de l’arrondissement et de la zone maritimes de la Manche et de la mer du Nord, a fait reconnaître le capitaine de frégate David Bléau (photo ci-dessus. Crédit photos: maître Charles, MN) comme le premier commandant de la flottille de réserve maritime de l’arrondissement maritime de la Manche et de la mer du Nord (photo ci-dessous).
Créée officiellement le 1er avril 2024, la FRM COMNORD contribue, grâce à des réservistes opérationnels issus du monde civil ou anciens militaires d’active, à l’appui des activités opérationnelles ou de soutien des unités de la Marine nationale le long de la façade Manche mer du Nord. Elle permet ainsi aux Français volontaires, quels que soient leur âge ou leur expérience professionnelle, de participer aux missions de la Marine nationale et, ainsi, à la résilience de la Nation.
Depuis sa création, une vingtaine de personnes a signé son engagement à servir dans la réserve (ESR) dans des domaines aussi différents que la protection des sites terrestres, la surveillance du trafic maritime en Manche, la manœuvre de moyens nautiques ou encore la restauration. D’autres filières professionnelles verront le jour dans les prochains mois.
L’intégration et la formation des jeunes réservistes sont au cœur des préoccupations du personnel d’encadrement de la FRM COMNORD afin de permettre aux réservistes de répondre aux besoins opérationnels des unités de la Marine nationale basées en Manche mer du Nord.
Le capitaine de frégate David Bléau a rejoint la Marine en 1985 et a servi pendant 38 ans dans l’active. Spécialisé dans la lutte au-dessus de la surface, il a embarqué sur plusieurs bâtiments de combat pendant 18 ans avant de poursuivre sa carrière en état-major en métropole et outre-mer. Il a notamment commandé le chasseur de mines tripartite (CMT) Sagittaire à Brest ainsi que la base navale de Mayotte où il a assisté le Préfet pour l’action de l’Etat en mer.
Le général de corps d’armée Hubert Bonneau, a été choisi ce jeudi 31 octobre en conseil des ministres pour diriger la Gendarmerie au terme d’un long processus de nomination et d’un inédit intérim officiel de plus d’un mois assuré par le major général, le général de corps d’armée André Pétillot.
Le commandant de la région de Gendarmerie Bretagne et de la Gendarmerie pour la zone de sécurité ouest depuis janvier 2023 sera en effet le nouveau chef des gendarmes à compter du lundi 4 novembre prochain. Il était en “finale” avec le général de corps d’armée Xavier Ducept, 57 ans, commandant de la région Île-de-France et la Gendarmerie pour la zone de sécurité Île-de-France, et commandant des forces de Gendarmerie (ComForgend) pendant les Jeux Olympiques et paralympiques. Deux autres généraux avaient été sélectionnés au sein du casting proposé au nouveau ministre de l’Intérieur, les généraux de corps d’armée Bruno Arviset, directeur des ressources humaines, 56 ans, et Tony Mouchet, 54 ans, directeur des opérations et de l’emploi.
Retour sur le parcours atypique de celui qui est le premier directeur général ayant commandé une section de recherches et possédant la rare qualification de chuteur opérationnel. S’il est, après le général Denis Favier le deuxième ancien commandant du GIGN à accéder à la fonction suprême de DDGN, il est le premier ancien de l’escadron parachutiste d’intervention de la Gendarmerie (EPIGN), qu’il a commandé (dissous en 2007 et dont les personnels ont été intégrés dans le nouveau GIGN).
Ancien du lycée naval de Brest
Né en décembre 1966 à Brest, scolarisé au lycée naval de Brest, il intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr Coëtquidan en 1986, promotion Général Callies, après deux ans de corniche au Prytanée national militaire de La Flèche.
À l’issue de Saint-Cyr, il choisit la Gendarmerie. À sa sortie de l’EOGN, en 1990, il commande le peloton d’intervention de l’escadron degendarmerie mobile de Luçon (Vendée) avant de rejoindre en 1991 l’EPIGN comme adjoint au chef de l’unité. Il y obtient sa qualification de chuteur opérationnel et, en 1995, commande cet escadron. En 1998, il commande la compagnie de Papeete (Polynésie française) puis rejoint l’EOGN comme instructeur en 200 avant d’intégrer l’École de guerre en 2003. Il commande alors la section de recherches de Rennes de 2004 à 2007 puis prend la tête du groupement de gendarmerie départementale de la Corse-du-Sud en 2007.
Chef du GIGN
En 2011, il retrouve le GIGN comme commandant en second avant d’en prendre la tête en septembre 2014.
Il est à la tête de la prestigieuses unité d’élite lors de l’assaut de l’imprimerie de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) le 9 janvier 2015 contre Saïd et Chérif Kouachi, auteurs de l’attentat de Charlie Hebdo, commis deux jours tôt. Promu général en 2016, il devient avril 2017 directeur de la sécurité diplomatique au sein du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. En avril 2020, il rejoint pour la première fois de sa carrière la Direction générale pour prendre le poste stratégique de directeur des opérations et de l’emploi.
En janvier 2023, il est soudainement nommé à la tête de la région de Gendarmerie Bretagne et commandant de la Gendarmerie pour la zone de sécurité ouest.
Absent de la “short-list” proposée à l’ex-ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, le général Hubert Bonneau est revenu dans la course avec Bruno Retailleau et a été choisi, une décision validée par le Premier ministre, le ministre des armées et in fine, le président de la République.
Homme de terrain, il pourra compter sur l’appui du major général, le général de corps d’armée André Petillot et ses deux adjoints, les généraux de corps d’armée Pierre Casaubieilh et de division Frédéric Boudier.
Suite de mon récent post consacré à la flottille de réserve côtière de l’Atlantique, avec une prise de commandement à La Rochelle (voir ci-dessus), le 16 octobre.
Le capitaine de corvette Anthony Gagnard a officiellement pris le commandement de la deuxième escouade de réserve côtière de la façade atlantique, la première étant celle de Bayonne où une prise de commandement aura lieu le 2 novembre.
Photo CECLANT
Cet officier né en 1980, est entré dans la Marine via l’école de maistrance, en 1998. Il a commandé, à partir de 2016, le patrouilleur de service public (PSP) Flamant, basé à Cherbourg. Le capitaine de corvette Anthony Gagnard a conclu sa carrière d’officier d’active au sein de l’état-major de la force d’action navale à Brest.
Comme il vient de quitter la marine après 26 ans de service, c’est bien en tant que réserviste qu’il a pris le commandement de l’ERC de La Rochelle.
Six jours après avoir annoncé la composition du gouvernement, l’Élysée a annoncé vendredi la nomination de Jean-Louis Thiériot, ministre délégué auprès du ministre des Armées et des Anciens combattants.
L’Élysée a annoncé vendredi la nomination d’un nouveau ministre, six jours après avoir annoncé la composition du gouvernement de Michel Barnier. Jean-Louis Thiériot, député Les Républicains de la Seine-et-Marne est nommé ministre délégué auprès du ministre des Armées et des Anciens combattants Sébastien Lecornu.
Passionné des sujets de défense, cet ancien avocat a été réélu en juillet devant un candidat RN grâce au front républicain. Âgé de 55 ans, il est vice-président de la Commission de la défense nationale et des forces armées. Il écrivait début septembre sur le réseau social X faire « confiance au gaulliste Michel Barnier pour sécuriser les moyens des armes de la France« .
Selon un article publié dans le Figaro en 2022, il a fait partie d’un groupe informel réunissant d’autres députés LR, ayant pour objectif d’œuvrer à un rapprochement avec Emmanuel Macron. Mi-février 2022, quelques jours avant l’invasion russe en Ukraine, Jean-Louis Thiériot avait co-signé un rapport parlementaire remarqué sur la nécessaire adaptation de l’outil de défense français face au risque de conflits de haute intensité.
Ce vendredi, la députée Horizons Charlotte Parmentier-Lecoq a également été nommée ministre déléguée aux Personnes en situation de handicap. « Les deux nouveaux ministres vont rejoindre le séminaire gouvernement » en cours autour du Premier ministre, a précisé Matignon. Avec ces deux nominations, le gouvernement de Michel Barnier compte 41 membres.
Sébastien Lecornu, ministre des Armées (photo Franck Dubray, O.-F.)
Nommé ministre des Armées le 20 mai 2022, Sébastien Lecornu est donc maintenu à son poste dans le (premier?) gouvernement Barnier. Ce qui n’est pas sans déplaire à de nombreux militaires qui reconnaissent la détermination de leur ministre.
Que ce « discret » (selon l’AFP), proche d’Emmanuel Macron, est né en 1986… Qu’il a occupé à partir de 2020 le poste de ministre des Outre-mer dans le gouvernement Jean Castex, puis celui de ministre des Armées d’abord dans le gouvernement Élisabeth Borne puis dans le gouvernement Gabriel Attal.
Qu’il a été le principal artisan de l’élaboration et du vote de la loi de programmation militaire (LPM) d’avril 2023, qui doit s’appliquer de 2024 à 2030. Cette LPM prévoit 413 milliards d’euros de dépenses militaires sur les sept années d’exercice. Le budget annuel passera ainsi de 32 milliards en 2017 à 69 milliards en 2030, soit un doublement du financement des armées.
Qu’est-ce qui l’attend?
Du roulis politique! Ce gouvernement naît dans la douleur et la mauvaise humeur. Et sa durée de vie est évidemment jugée éphémère.
Des pressions et menaces sur la LPM et le budget des Armées, puisqu’il va falloir réduire le train de vie de l’Etat. Toutefois, les plafonds de dépenses prévisionnels pour le PLF 2025, considérés comme une « base technique » pour préparer le prochain budget, montrent que pour l’instant, les Armés s’en sortent bien (+ 7 % par rapport à la loi de finances initiale de 2024, à 50,5 milliards d’euros).
Des remises en question dans le dossier « Ukraine », sur la nature et le montant des aides françaises à Kiev face à Moscou. C’est possible; on se souviendra qu’en mars dernier, lors du débat sur l’Ukraine au Parlement, LFI avait exprimé son rejet de la stratégie française d’aide à Kiev.
Le général d’armée aérienne Jérôme Bellanger est devenu le nouveau chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace (CEMAAE) le 16 septembre. Les honneurs lui ont été rendus sur la base aérienne 107 de Villacoublay.
Né en mars 1969 à Montreuil-sous-Bois, le général Jérôme Bellanger fait partie de la promotion 1989 « Clément Ader » de l’École de l’Air. Breveté pilote de chasse en 1993, il a réalisé 59 missions de guerre – notamment en Bosnie entre 1995 et 1997 et en Irak entre 1996 et 1999 – et a cumulé 2 400 heures de vol.
Plusieurs fois décoré et notamment Commandeur de la Légion d’Honneur et de l’Ordre National du Mérite, il a été commandant de la base aérienne 113 de Saint-Dizier et de la base de défense de Saint-Dizier /Chaumont en 2013 puis de la base aérienne 701 de Salon de Provence et directeur général de l’École de l’Air en 2018-2019, avant de devenir Chef de cabinet du Chef d’Etat-Major des Armées en 2020.
Il était depuis 2021 général commandant les Forces aériennes stratégiques.
Le Général de division Emmanuel Charpy vient de prendre le commandement de l’Académie Militaire de Saint-Cyr Coëtquidan. Il succède au général Hervé de Courrège. Le Général Charpy a intégré l’école spéciale militaire de Saint-Cyr en 1989 jusqu’en 1992 en faisant le choix de l’arme blindée cavalerie. Sa carrière va ensuite se décliner en plusieurs phases. Opérationnelle au cours de différentes missions sur des théâtres d’opérations extérieures, mais aussi avec des postes à hautes responsabilités au sein de structures militaires internationales, notamment auprès du secrétaire général de l’OTAN (voir biographie ci-dessous). Mais la partie qui lui tient peut-être le plus à coeur ce sont ces 12 années consacrées à la scolarité, à la formation et aux ressources humaines, domaine pour lequel il revendique outre une grande expérience, un intérêt majeur. Pas étonnant donc qu’il se dise « très heureux et très fier d’être désormais à la tête de l’Académie Militaire et de ses très belles écoles », où il n’était pas revenu depuis plus de 30 ans. « Je redécouvre un site qui tout à la fois, garde sa personnalité, ses traditions, mais dont les écoles se sont adaptées et ont fortement évolué », explique-t-il, prenant pour exemple de cette transformation la création d’un centre de recherches devenu une référence.
« La formation militaire n’est pas un moule, mais un cadre qui permet de se développer »
Général de division Emmanuel Charpy, commandant de l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan
L’Académie Militaire de Saint-Cyr accueille 600 nouveaux élèves, dont 10% sont étrangers. Le Général Charpy a accueilli ces derniers jours les nouveaux élèves et leurs parents et décrit une jeunesse qui a le goût de l’effort, du terrain, consciente des enjeux actuels et à venir et capable de faire preuve de rusticité et de force morale. A l’aube de cette nouvelle année de scolarité, le Général se dit « très en phase » avec les orientations prises par son prédécesseur, affirmant sa volonté de poursuivre et de consolider l’action engagée. Cela passe par la poursuite de la réforme de la scolarité. « Il s’agit de compléter le projet pédagogique. Les enseignants doivent être tournés vers un futur métier à la fois opérationnel et académique » qui mette le littéraire au même niveau que le scientifique. Le général dessine les contours d’une formation qui assure de promouvoir « un style de commandement par intention » associant « la culture du résultat en laissant une liberté d’action aux officiers ». Cette réforme, il veut la conduire selon trois axes (voir encadré ci-dessous).
« La formation militaire n’est pas un moule, mais un cadre qui permet de se développer. On a besoin d’officiers qui soient complets », affirme le Général Charpy pour qui la formation académique doit avoir la même importance que la formation militaire, les deux étant intimement liées pour donner les moyens aux futurs officiers de comprendre leur environnement, de dialoguer sur un théâtre d’opération avec des partenaires militaires mais aussi des organisations humanitaires. Une stratégie qui se calque sur les axes de travail définis par le Chef d’Etat Major de l’Armée de Terre : solidarité stratégique (via l’OTAN par exemple); prévention et influence avec la compréhension de la guerre informationnelle ou bien encore la cohésion nationale, les futurs officiers étant aussi les futurs cadres de la Nation.
« L’Armée française est mixte et cette mixité doit être bien vécue »
Général de division Emmanuel Charpy
Le Général insiste sur la nécessité au cours de la scolarité des élèves officiers de travailler sur la notion « de fraternité d’armes », de cohésion. Une façon d’aborder le délicat sujet des cas de harcèlement qui ont défrayé la chronique ces derniers mois. « Des comportements inacceptables », tonne le Général qui n’élude pas la question. Il écarte fermement le moindre laxisme et réaffirme que chaque cas fait l’objet d’un traitement adapté en lien avec le Procureur de la République, avec des sanctions à la clé. L’Académie militaire a renforcé son dispositif de détection des cas éventuels avec une densification de son réseau de « correspondant mixité », le placardage d’affiches invitant les éventuel(le)s victimes à parler. Le sujet figure même au programme scolaire sur des thèmes tels que « bien vivre la mixité » ou bien encore « commander une unité mixte ». « Il y a tout un travail d’éducation à faire. L’Armée française est mixte et cette mixité doit être bien vécue. Il doit y avoir une véritable prise en compte de la dignité de l’autre. Cela fait partie de la cohésion de groupe », recadre le Général.
Il constate que via les familles des militaires qui vivent, travaillent participent activement à la vie associative, l’Académie militaire est bien intégrée au sein de la société civile dans laquelle elle est immergée. Mais le 80é anniversaire de sa présence sur le territoire de Guer qui sera célébré en 2025 devrait être l’occasion de mettre en exergue la bonne dynamique des échanges existants.
Les chiffres de la rentrée à l’Académie militaire :
Pour cette rentrée 2024, l’AMSSC accueil plus de 600 élèves qui se répartissent ainsi :
–ESM 230 nouveaux élèves
Age moyen à l’incorporation : 20 ans
–EMIA 160 nouveaux élèves
Age moyen à l’incorporation : 26 ans
–EMAC 220 nouveaux élèves
Age moyen à l’incorporation : 25 ans
L’Académie militaire c’est :
500 militaires et 150 civils dont 70 professeurs au service de la formation d’environ 2 000 élèves officiers par an :
– 1000 en cursus long (1 à 3 ans) dont une centaine d’élèves étrangers ;
– 1000 en cursus court (de quelques semaines à quelques mois).
Les trois axes de la réforme du Général Charpy
Le Général a planifié la réforme de la scolarité selon trois axes dont voici le détail :
AXE 1 – Consolider la transformation (organisation de l’académie et refonte de la scolarité) en poursuivant un double objectif (Refonte ESM déjà appliquée et réflexion en cours pour la scolarité EMIA) :
– Reconcentrer sur les finalités, s’adapter et anticiper les enjeux de demain.
– Redonner du temps : libérer du temps au profit des élèves officiers pour leur permettre de mieux réfléchir et assimiler les connaissances tout en équilibrant la formation par rapport à l’engagement dans des projets personnels.
AXE 2 – Compléter le projet pédagogique
– Transmettre le style de commandement par intention dans l’armée de Terre ( culture du résultat et de la finalité, esprit d’initiative, liberté d’action par subsidiarité)
– Travailler sur la transversalité des enseignements militaires et académiques pour construire des officiers complets pour agir dans les trois espaces stratégiques : solidarité stratégique – Prévention et influence – Cohésion nationale et territoire national
– Cultiver la notion de fraternité d’armes, déterminante dans une armée de Terre de combat (cohésion, considération, forces morales).
AXE 3 – développer le partenariat et la recherche
– Définir une politique de recherche du CReC au profit des enjeux de l’armée de Terre et du MINARM
– Consolider la politique partenariale avec l’enseignement supérieur, l’industrie de Défense et nos partenaires internationaux