Réserve opérationnelle de l’armée : de quoi parle-t-on ?

Réserve opérationnelle de l’armée : de quoi parle-t-on ?

Amenée à doubler de volume, la réserve de l’armée de terre compte aujourd’hui 25 000 volontaires. Les réservistes servent en moyenne 37,5 jours par an.

 

Par Théo Sauvignet – Le Point – publié le 

https://www.lepoint.fr/societe/reserve-operationnelle-de-l-armee-de-quoi-parle-t-on-24-04-2023-2517511_23.php#11


Il y a aujourd'hui 77 000 reservistes dans la garde nationale (armee, gendarmerie et police), dont 25 000 dans l'armee de terre.
Il y a aujourd’hui 77 000 réservistes dans la garde nationale (armée, gendarmerie et police), dont 25 000 dans l’armée de terre.© Le Point/Théo Sauvignet

La marine russe cherche un équipage pour son porte-avions « Amiral Kouznetsov »

La marine russe cherche un équipage pour son porte-avions « Amiral Kouznetsov »

https://www.opex360.com/2023/04/11/la-marine-russe-cherche-un-equipage-pour-son-porte-avions-amiral-kouznetsov/


 

Selon des sources industrielles russes, cités notamment par l’agence TASS, ce navire devrait reprendre son « cycle opérationnel » en 2024… Mais à condition de lui trouver un équipage qualifié. Or, d’après le journal Izvestia, l’exercice s’annonce compliqué dans la mesure où la marine russe doit trouver au moins 1500 marins pour assurer non seulement le bon fonctionnement du porte-avions mais aussi les opérations aériennes.

« La formation de l’équipage d’un tel navire est un processus très complexe. […] Si la marine américaine dispose de nombreux porte-avions et qu’elle transférer des spécialistes d’un bâtiment à un autre, l’Amiral Kouznetsov est le seul du genre [au sein de la marine russe]. […] En plus des officiers et des aspirants, il est nécessaire de recruter des marins contractuels. C’est une tâche très difficile pour les services de ressources humaines », a expliqué l’historien militaire Dmitry Boltenkov, dans les pages d’Izvestia.

Cela étant, en France, qui dispose également d’un seul porte-avions [à propulsion nucléaire, qui plus est], la Marine nationale pourrait être confrontée à des difficultés similaires avant la mise en service du PA NG [porte-avions de nouvelle génération].

« Nous n’avons plus les ressources humaines en propre permettant d’avoir des marins pour armer le noyau d’équipage du porte-avions en 2032 et atteindre 900 personnes en 2035 pour débuter les essais » avait expliqué l’amiral Pierre Vandier, le chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM] en 2021. Et d’ajouter : « Soit on désarme un sous-marin nucléaire d’attaque tout neuf pour que ses atomiciens démarrent la chaufferie nucléaire en 2034, soit on recrute et on forme le noyau d’équipage – ce qui prend environ dix ans ».

Cependant, le recrutement est une chose… la formation en est une autre. Or, depuis le temps que le « croiseur lourd porte-avions » [telle est la dénomination officielle de l’Amiral Kouznetsov, ndlr] est en cours de modernisation, des compétences ont été perdues. Et les marins les plus anciens [et donc les plus expérimentés] ont été affectés ailleurs, quand ils n’ont pas été rendus à la vie civile.En outre, le navire ayant reçu de nouveaux systèmes, il faudra aussi du temps à l’équipage pour se les approprier. Et c’est sans compter sur l’entraînement des pilotes de Su-33 et de MiG-29 embarqués. Aussi, la reprise du « cycle opérationnel » en 2024 paraît-il bien ambitieux…

Quoi qu’il en soit, l’activité de l’Amiral Kouznetsov n’a jamais été importante… son premier engagement opérationnel ayant eu lieu en 2016, au large de la Syrie. Et il avait perdu deux de ses chasseurs embarqués. Mais une fois qu’il sera apte à reprendre la mer, il retrouvera la Flotte russe du Nord, dont la zone de responsabilité couvre les régions arctiques.

Pour rappel, évaluée à 300 millions d’euros au début du chantier, la modernisation de l’Amiral Kouznetsov a consisté à lui changer ses chaudières, à remplacer ses installations aéronautiques et à le doter de nouveaux moyens de guerre électronique et de communication ainsi que des systèmes de défense aérienne modernes [dont le Pantsir-M].

La limite d’âge des réservistes dans les armées est relevée à 70 ans, annonce Sébastien Lecornu

La limite d’âge des réservistes dans les armées est relevée à 70 ans, annonce Sébastien Lecornu

«On pourra être réserviste dans les armées françaises jusqu’à 70 ans», annonce Sébastien Lecornu

Le ministre des Armées indique vouloir « rester dans le club des nations capables de se protéger » face à une « succession de menaces ».

La limite d’âge pour être réserviste dans les armées va être rehaussée à 70 ans, a annoncé mardi 4 avril sur RTL le ministre des Armées Sébastien Lecornu, qui doit présenter en Conseil des ministres la future loi de programmation militaire (LPM). « On va rehausser les limites d’âge : désormais, on pourra être réserviste dans les armées françaises jusqu’à 70 ans et jusqu’à 72 ans pour certaines fonctions de spécialiste », a-t-il déclaré.

La limite d’âge est actuellement comprise entre 62 et 65 ans selon les cas, ont précisé à l’AFP les services du ministre. Soucieux de renforcer la « force morale » de la nation, le président Emmanuel Macron a pour objectif de doubler le nombre de réservistes qui est actuellement de 40.000. Sébastien Lecornu a par ailleurs évoqué les objectifs de la future LPM, qui portera le budget défense à 69 milliards d’euros en 2030 contre 43,9 milliards cette année.

On a une succession de menaces qui s’additionnent entre elles.

Sébastien Lecornu, ministre des Armées

« Il y a plusieurs objectifs avec cette enveloppe budgétaire inédite : continuer à réparer ce qui a été abîmé, un certain nombre de baisses de budget ont affecté notre modèle d’armée (…) et on a une succession de menaces qui s’additionnent entre elles », a-t-il souligné, en mentionnant le terrorisme, la guerre en Ukraine, la militarisation de l’espace ou encore le cyber. Il s’agit de « rester dans le club des nations capables de se protéger », a-t-il insisté.

Entre 2024 et 2030, l’enveloppe consacrée aux armées s’élèvera à 413 milliards d’euros, dont 13 milliards de recettes extra-budgétaires. Le budget défense sera augmenté chaque année de 3 à 4 milliards d’euros. Interrogé sur l’aide militaire française à l’Ukraine, le ministre a affirmé que « les Ukrainiens nous attendent sur deux terrains : le segment terrestre, la capacité à les aider à mener les contre-offensives efficaces dans les semaines qui viendront, et la défense sol-air, pour protéger le champ de bataille et les grandes agglomérations ukrainiennes ».

70, 72 ans… On pourra encore être réserviste

70, 72 ans… On pourra encore être réserviste

 

par Philippe Chapleau – Lignes de défense – publié le 3 avril 2023

https://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2023/04/04/70-72-ans-on-pourra-encore-etre-reserviste-23784.html


Comment faire pour recruter 40 000 nouveaux réservistes? 

Ce matin, sur RTL, le ministre des Armées Sébastien Lecornu, qui doit présenter en Conseil des ministres la future loi de programmation militaire (LPM), a apporté la réponse: « On va rehausser les limites d’âge: désormais, on pourra être réserviste dans les armées françaises jusqu’à 70 ans et jusqu’à 72 ans pour certaines fonctions de spécialiste », a-t-il déclaré. Logique, non? 

La limite d’âge est actuellement comprise entre 62 et 65 ans selon les cas, ont précisé à l’AFP les services du ministre.

Soucieux de renforcer la « force morale » de la nation, le président Emmanuel Macron a pour objectif de doubler le nombre de réservistes qui est actuellement de 40 000. 

Raillerie d’un camarade: « Ils rouleront en VAB, véhicules de l’avant blanchi »!

Lecornu veut une autorisation préalable pour les militaires en reconversion avec l’étranger

Lecornu veut une autorisation préalable pour les militaires en reconversion avec l’étranger

À l’avenir, selon le projet du ministre, les militaires « devront demander au ministère si cette reconversion compromet ou non nos intérêts stratégiques. En cas de refus et de non-respect de la décision, des poursuites pénales pourront être engagées ».© Fred Dugit / MAXPPP / PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

« La protection de notre souveraineté n’est pas négociable », a affirmé le ministre des Armées, qui va présenter mardi la loi de programmation militaire.

par M.P avec AFP – le Point – publié le 1er avril 2023

https://www.lepoint.fr/politique/lecornu-veut-une-autorisation-prealable-pour-les-militaires-en-reconversion-avec-l-etranger-01-04-2023-2514553_20.php#11


Le ministre français des Armées veut faire voter un texte imposant un feu vert officiel aux militaires souhaitant travailler pour l’étranger, afin de vérifier que les intérêts du pays ne sont pas menacés, a-t-il indiqué samedi. « La protection de notre souveraineté n’est pas négociable », a estimé Sébastien Lecornu au quotidien Le Parisien, avant la présentation mardi en conseil des ministres de la prochaine loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030.

L’armée de Terre s’interroge sur sa stratégie globale de communication de recrutement 2024-2027

L’armée de Terre s’interroge sur sa stratégie globale de communication de recrutement 2024-2027

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par Philippe Chapleau – Lignes de défense – publié le 29 mars 2023

https://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr


L’univers du recrutement est impitoyable et un rien effrayant si l’on se fie au « schéma » ci-dessus tiré des documents qui accompagnent le cahier des clauses techniques particulières d’un appel d’offres récent lancé par le ministère des Armées (Avis n° 23-38717).

L’armée de Terre a effectivement lancé une consultation portant sur « la conception, la proposition, la réalisation et la mise en oeuvre d’une stratégie globale de communication de recrutement en utilisant principalement le système du marketing de recrutement, pilotée par la donnée, pour la période 2024-2027« .

Le besoin en recrutement est actuellement de16 000 jeunes par an. L’objectif est de garantir, en quantité et en qualité, la ressource humaine et les compétences dont l’armée de Terre a besoin pour faire face à toutes les formes de conflictualité.

L’armée de Terre est pleinement concernée par le recrutement de jeunes dans les métiers identifiés en tension. De plus, elle veut poursuivre son effort dans le recrutement d’officiers scientifiques et techniques en se faisant connaitre auprès des organismes de l’enseignement supérieur. Le recrutement sur ces postes fait l’objet d’une attention particulière pour le Pôle recrutement.

La stratégie attendue doit couvrir les objectifs suivants :
OBJECTIF STRATEGIQUE 1 : interpeler, donner envie, attirer, convertir et engager des jeunes à prendre rendez-vous dans un CIRFA depuis le site www.sengager.fr ;
OBJECTIF STRATEGIQUE 2 : promouvoir l’image de marque de l’armée de Terre ;
OBJECTIF STRATEGIQUE 3 : utiliser la donnée comme levier de performance ;
OBJECTIF STRATEGIQUE 4 : renforcer la visibilité et la lisibilité de l’offre RH de l’armée de Terre sur le site www.sengager.fr, y compris auprès des prescripteurs ;
OBJECTIF STRATEGIQUE 5 : améliorer l’expérience candidat dans le processus de recrutement de l’immersion à l’incarnation ; OBJECTIF STRATEGIQUE 6 : développer, animer et entretenir le réseau des prescripteurs pour faire connaitre et améliorer la visibilité de l’offre RH de l’armée de Terre.

Trois cibles sont visées dans le cadre de cette stratégie qui ne doit pas reproduire des campagnes ayant déjà été conduites, au profit de l’armée de Terre ou d’autres clients, mais qui doit proposer des solutions innovantes pour atteindre les objectifs fixés:
– Public générique : jeunes français hommes et femmes : de 18 à 32 ans diplômés ou non ; 
– Cœur de cible : jeunes français hommes et femmes de 18 à 25 ans diplômés ou non ; 
– Publics secondaires : les prescripteurs (parents de jeunes en âge de s’engager, leurs ais, le monde de l’éducation (enseignement secondaire et supérieur), les missions locales, etc.).

L’avis précise que « le recrutement doit être présenté de façon globale, sans hiérarchiser les niveaux de recrutement ni les spécialités offertes. Il est en mesure de porter l’effort sur les spécialités ou les niveaux dont les recrutements sont les plus compliqués, en fonction de la conjoncture. Il ne doit pas être envisagé de tordre la réalité mais bien de présenter une offre globale, dans laquelle tout candidat sent qu’il peut trouver sa place. La campagne présente une armée de Terre d’emploi, engagée en opérations extérieures et sur le territoire national, dans toutes les spécialités qui la composent. Elle ne doit pas occulter les contraintes, en particulier géographiques et de disponibilité inhérentes au métier de soldat, tout en présentant les dispositifs d’accompagnement de ces contraintes pour les soldats et leur famille. L’objectif de toutes les actions de marketing est à la fois d’améliorer la quantité des candidats se présentant pour un engagement, participant ainsi à l’atteinte des objectifs de recrutement, mais également la qualité des candidats pour lutter ainsi contre l’attrition initiale qui a lieu dans les six premiers mois« .

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La valeur totale du marché est estimée à 15 millions d’euros.

Un commandement territorial de l’armée de l’Air et de l’Espace va être créé sur la base de Bordeaux-Mérignac

Un commandement territorial de l’armée de l’Air et de l’Espace va être créé sur la base de Bordeaux-Mérignac

 

https://www.opex360.com/2023/03/22/un-commandement-territorial-de-larmee-de-lair-et-de-lespace-va-etre-cree-sur-la-base-de-bordeaux-merignac/


« Cette évolution supprime un échelon hiérarchique, simplifie le dialogue et accélère la prise de décision et les arbitrages par le niveau central », a ainsi récemment justifié le général Vincent Coste, l’actuel « patron » de la BAAC, laquelle devrait bientôt assumer la responsabilité des systèmes de défense sol-air, lesquels relèvent actuellement de la Brigade aérienne du contrôle de l’espace [BACE] et de la Brigade aérienne des systèmes d’armes et de la logistique [BASAL].

Cela étant, son périmètre s’étant réduit avec ces mouvements, le CFA va donc disparaître pour être remplacé par un « Commandement territorial de l’armée de l’Air et de l’Espace » [CTAAE]. Cette réforme se concrétisera en septembre 2023, sur la base aérienne [BA] 106 de Bordeaux-Mérignac.

Pour rappel, le CFA a fait l’objet de plusieurs réformes au cours de ces dernières années. En 2016, il avait ainsi fusionné avec le le Commandement du soutien des forces aériennes [CSFA] à l’occasion de son arrivée sur la BA 106, en provenance de la BA 102 de Dijon Longvic, dont la fermeture était alors programmée.

Quoi qu’il en soit, ce CTAAE sera « une des clés de voûte » qui permettra à l’armée de l’Air et de l’espace de « rester au rendez-vous des opérations », assure le ministère des Armées, via un communiqué diffusé ce 22 mars. Et d’ajouter : « Défense-sécurité, protection défense, appui au fonctionnement des bases aériennes, coordination technico-logistique ou encore rayonnement territorial » relèveront désormais de sa responsabilité.

Ce nouveau commandement s’inscrira dans le « sillon de son prédécesseur en étant étant responsable de la coordination technico-logistique et de l’appui au déploiement », poursuit le ministère des Armées. Et la nouveauté sera que ce CTAAE prendra la « responsabilité opérationnelle sur le champs ‘protection-défense’ et dans « son rôle fondamental d’appui de proximité au profit des bases aériennes, de leurs unités et de leur personnel ».

En outre, le CTAAE se verra confier le « pilotage et la gestion » des missions auxquelles prennent part les aviateurs sur le territoire national, comme Sentinelle et Hephaistos [lutte contre les feux de forêt].

Photo : Pompier de l’Air – La Brigade des Pompiers de l’Air restera sous la tutelle du CTAAE © AAE

Féminisation des armées : c’est mieux, mais cela pourrait être encore mieux

Féminisation des armées : c’est mieux, mais cela pourrait être encore mieux

L’armée française fait partie des plus féminisées au monde, mais il reste des disparités difficiles à résorber. État des lieux en 2023.

Par Théo Sauvignet – Le Point – publié le 12 mars 2023

https://www.lepoint.fr/societe/feminisation-des-armees-c-est-mieux-mais-cela-pourrait-etre-encore-mieux-12-03-2023-2511736_23.php#11


L'armee francaise est composee a 16,8 % de femmes.
                   L’armée française est composée à 16,8 % de femmes.© Ludovic MARIN / POOL / AFP

La France possède la 4e armée la plus féminisée au monde, derrière Israël, la Hongrie et les États-Unis. Le commissaire général Catherine Bourdès a annoncé jeudi 9 mars, à l’occasion d’un point presse au lendemain de la journée dédiée aux droits des femmes, que l’armée française est composée à 16,8 % de femmes.

Haute fonctionnaire à l’égalité des droits (HFED) au sein du ministère des Armées et directrice du projet Mixité, elle a dressé un bilan plutôt positif de l’état des lieux de la situation en 2022, même si la proportion globale de femmes militaires semble stagner (elle était de 15 % en 2015). Le commissaire général a notamment salué le fait que 78 % des personnels des armées estiment aujourd’hui qu’une meilleure mixité au sein de l’institution permet d’améliorer son efficacité, soulignant que la bataille des mentalités évolue dans le bon sens. Par exemple, plus aucun poste n’est interdit aux femmes, le dernier, dans les équipages de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, ayant été ouvert en 2022.

Le poste de HFED a été créé en 2012 dans les armées, ce qui permet à Catherine Bourdès de tracer une progression sur les dix dernières années. « Les chiffres sont au rendez-vous », selon elle. Si certaines tendances lourdes restent – il y a toujours deux fois plus de femmes dans l’armée de l’air et de l’espace que dans l’armée de terre, et le service de santé des armées est encore à plus de 60 % féminin – d’autres sont engageantes : plus d’un quart des lauréats des différents concours d’officiers de l’armée étaient des lauréates en 2022, contre 9 % en 2013.

10 % des officiers généraux

Le commissaire général rappelle non sans fierté que l’inspectrice générale des armées Monique Legrand Laroche est devenue en 2022 la première femme générale d’armée (cinq étoiles) en France, après avoir été la première femme générale de corps d’armée en 2014. Il existe pourtant encore des plafonds de verre puisque, plus tard dans leurs carrières, les femmes ne représentent plus que 10 % des officiers généraux. Un chiffre qui, certes, correspond à ce qui était voulu par le ministère pour l’année 2022, mais l’objectif de doubler leur proportion pour atteindre 15 % à la fin de la loi de programmation militaire actuelle (LPM 2019-2025), dans deux ans, semble encore loin.

Pour le commissaire général, cela s’explique par le fait que les femmes partent beaucoup plus tôt que les hommes de l’armée, souvent pour des raisons familiales : en moyenne treize ans plus tôt que les hommes chez les officiers, quatre ans dans le rang. Si l’armée fait face à de graves problèmes de fidélisation en général, celle des femmes est encore plus compliquée.

Dans la troupe, certaines spécialités restent très peu attractives pour les femmes : pour les régiments de combat d’infanterie par exemple, la proportion de femmes reste dérisoire, environ 1,6 %. À noter que ce chiffre a quadruplé en dix ans. En opération extérieure, il faut noter que la France se situe bien parmi la quinzaine de pays qui autorisent leur déploiement opérationnel. En 2022, presque 10 % des personnels d’opex (opérations extérieures) françaises étaient des femmes. L’armée eut par ailleurs à déplorer la première tuée au Sahel en 2021, le sergent Yvonne Huynh, morte pour la France.

Plan Famille 2 : Le commandement local sera plus impliqué dans le soutien aux familles des militaires

Plan Famille 2 : Le commandement local sera plus impliqué dans le soutien aux familles des militaires


 

Concilier le métier de militaire avec une vie familiale épanouie n’est pas toujours évident, notamment en raison des absence du foyer, parfois longues mais souvent fréquentes, dues au rythme des missions et aux impératifs de formation ou de préparation opérationnelle. En outre, les mutations perturbent la scolarité des enfants ainsi que la carrière professionnelle du conjoint… Et, par ailleurs, il n’est pas toujours évident de trouver un logement dans la nouvelle ville de garnison, à cause des tensions sur le marché de l’immobilier. Le « célibat géographique » peut être une solution… Mais il n’en reste pas moins qu’il induit d’autres contraintes.

D’où la hausse des divorces chez les militaires, qui avait été constatée en 2017. Et cela joue évidemment sur le moral… ainsi que sur la fidélisation… Et donc sur les « ressources humaines » des Armées. Pour y remédier, l’ex-ministre des Armées, Florence Parly, avait fait du « Plan Famille » l’un de ses chevaux de bataille. Doté d’environ 300 millions d’euros pour la période 2018-22, il prévoyait l’application de douze mesures visant à faciliter les déménagements, à changer les pratiques en matière de mutations, à simplifier les démarches adminstratives, etc..

« Le bilan […] des trois premières années de mise en application du plan étant très positif, il gagnerait [cependant] à mieux être connu aussi bien des familles que des militaires eux-mêmes. Si l’ensemble des mesures du dispositif est plébiscité par la communauté de défense, ce bilan positif ne doit pas occulter le fait que des difficultés quotidiennes majeures demeurent pour les militaires et les familles – difficultés concernant en particulier le logement, la scolarisation des enfants, l’emploi des conjoints et l’accessibilité aux soins », avaient estimé les députées Séverine Gipson et Isabelle Santiago, dans un rapport remis en novembre 2021.

Alors que la prochaine Loi de programmation militaire [LPM] sera dotée de 413 milliards d’euros, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, entend accentuer l’effort fait pour améliorer la condition militaire… avec une enveloppe de 750 millions d’euros pour financer les mesures du Plan Famille n°2 [.pdf]. Celui a été présenté au Conseil supérieur de la fonction militaire [CSFM], réuni en session plénière le mercredi 1er février.

Ainsi, ce nouvelle mouture du Plan Famille se décline selon trois axes : « simplifier et renforcer l’accompagnement des mobilités des militaires », « mieux prendre en compte les contraintes opérationnelles et les absences au travers de l’action sociale » et « améliorer la vie quotidienne des familles dans les territoires ». Et il comprend près de vingt mesures, qui vont de l’accompagnement vers l’emploi pour les conjoints à la garde d’enfants, en passant par la pérennisation de réductions tarifaires pour le transport ferroviaire [un dispositif menacé par l’ouverture à la concurrence, ndlr].

« Ce nouveau plan Famille se concentre entièrement sur les militaires et leur famille. Il vise à limiter les impacts des engagements opérationnels et des mutations fréquentes sur la vie personnelle, familiale et professionnelle. [Il] illustre un changement de culture pour engager les collectivités dans l’accueil et l’accompagnement des familles ainsi que pour mieux connecter les armées aux territoires », résume le ministère des Armées.

Mais l’approche pour mettre en œuvre ce plan va changer. En effet, désormais, le commandement local aura plus de latitude pour « mener des actions en faveur des familles ».

Ce qui est logique : durant la crise du covid [et le confinement], c’est à cet échelon que des des dispositifs d’entraide avaient été mis en place au profit des familles… Pour cela, explique le ministère, le « commandement local disposera de davantage de moyens » et « ira au contact des élus locaux pour favoriser la pleine intégration des familles des militaires mutés au sein de leur nouvelle garnison d’affectation ».

« En donnant des moyens d’action aux unités et en mobilisant les collectivités locales et les services de l’État dans les territoires au bénéfice des familles, le plan Famille 2 permettra à chaque base, à chaque régiment, à chaque formation d’apporter les réponses les plus adaptées, au plus près des besoins du terrain », résume-t-il.

Photo : armée de l’Air & de l’Espace

Orion: quand l’externalisation n’est plus un vilain mot

Orion: quand l’externalisation n’est plus un vilain mot

 

par Philippe Chapleau – Ligne de défense – publié le 3 février 2023

https://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/


HEMEX Orion (voir mon post), le grand exercice militaire de 2023, vise à « entraîner les armées françaises dans un cadre interarmées et multinational, sur un scénario pouvant aller jusqu’à la haute intensité, qui implique une coordination multi-milieux et multi-champs avec l’ensemble des domaines émergents (influence, supériorité informationnelle, cyber…) ».

Orion va intégrer des entreprises privées qui ont contribué à son élaboration ou qui prendront part à son déroulement. Ces externalisations restent limitées mais elles méritent d’être signalées.

Ainsi, la phase 3 d’HEMEX Orion porte sur les « travaux civilo-militaires« . Cette phase, qui aura lieu de la mi-mars à la fin mars, s’articule autour de 5 thèmes:
1) soutien civil à l’engagement des armées via des acteurs publics et privés,
2) droit et normes: les contraintes,
3) RH et réserves,
4) rétroaction sécuritaire sur le territoire national,
4) communication et lutte informationnelle. 

Le thème 1 est indiscutablement lié au concept d’externalisation. Il reconnaît la nécessité d’un soutien civil aux armées engagées dans l’exercice mais aussi, dans une perspective plus large, dans toute opération qu’elle soit de haute intensité ou pas. Ce soutien, comme l’a bien rappelé un général de la division Emploi des forces lors d’un briefing de 2022, concerne l’apport des acteurs publics et privés. Ces derniers disposent d’équipements et offrent des prestations que ce soit dans le transport, le stockage, l’énergie, la restauration, le logement, le génie civil et même l’assistance médicale. Et, comme en témoignent de nombreux posts sur ce blog, de nombreuses armées ne rechignent pas à utiliser ces capacités… 

ORION, d’autres externalisations

Pour l’élaboration du scénario, le ministère français des Armées a fait appel à une société canadienne, Calian, qui fournit « des solutions de simulation et d’entraînement pour les forces armées » et qui est « spécialisée dans la simulation de situations de haute intensité ». Calian est donc à ce titre une ESSD: une entreprise de services de sécurité et de défense.

Une société française, Crisotech (filiale de Deveryware), a été retenue, quant à elle, pour l’animation de l’environnement opérationnel dans les phases 3 et 4 d’Orion. Sa GREY CELL, composée d’une douzaine d’experts, sera chargée de « simuler les organisations gouvernementales d’Arnland », pays qui va donc être attaqué et en partie envahi, ce qui provoquera des mouvements de réfugiés, des déplacés et des prisonniers de guerre. 
Crisotech animera aussi l’exercice AsterX 2023 (le premier date de 2021) qui se tiendra en parallèle d’Orion et qui contribuera de nouveau à l’entraînement du commandement de l’Espace.

Enfin, lors de la phase 2, l’exercice verra la participation d’une force adverse (FORAD), armée par des unités françaises et alliées, dimensionnée en conséquence. L’ESSD ARES (ex-SDTS) sera engagée avec ses avions lors de cette phase d’actions aéronavales en Méditerranée.  ARES fournira des plastrons.

La log à la peine.

De récents déboires en Roumanie (voir mon post) ont démontré le manque de moyens des forces armées en matière de restauration, hébergement etc. Comment va-t-on accueillir, nourrir, loger, les milliers de soldats déployés dans l’est de la France en particulier? Pour les logisticiens et le Commissariat, c’est un casse-tête dont certains cadres n’hésitent pas à faire part. Le COM LOG pourrait ainsi envisager de sous-traiter certaines fonctions de transport (carburant entre autres).