Dassault envisage de livrer jusqu’à cinq Rafale par mois dans les années à venir

Dassault envisage de livrer jusqu’à cinq Rafale par mois dans les années à venir


Le patron du groupe Eric Trappier confirme les volumes dont a besoin l’armée française évoqués par le ministre des Armées, à savoir une vingtaine de Rafale pour l’armée de l’air et une dizaine pour la Marine nationale.

Dassault Aviation envisage de monter rapidement en cadence et « étudie la possibilité » de livrer jusqu’à cinq Rafale par mois comme demandé par Emmanuel Macron face aux turbulences géopolitiques, a déclaré son PDG Eric Trappier dans une interview au JDD. Le président français a annoncé mardi que l’Etat allait « accroître et accélérer les commandes de Rafale » au bénéfice de l’armée de l’air dans le cadre de nouveaux investissements de défense décidés face à la « bascule » géopolitique.

« En 2020, nous livrions moins d’un Rafale par mois. Aujourd’hui, nous en sommes à plus de deux par mois et nous allons encore augmenter le rythme (…) Nous prévoyons d’atteindre trois Rafale livrés par mois l’année prochaine, et quatre à partir de 2028-29, a déclaré le PDG du groupe français.

« Nous avons entendu l’appel du président et étudions la possibilité de passer à cinq Rafale par mois. Il n’y a pas encore de commandes concrètes, mais nous souhaitons anticiper. Avons-nous suffisamment de surface ? Faut-il recruter ? Les sous-traitants pourront-ils suivre ? Les motoristes seront-ils capables de répondre à la demande ? Nous avons lancé l’étude », a-t-il ajouté. Il a confirmé les volumes dont a besoin l’armée française évoqués par le ministre des Armées, à savoir une vingtaine de Rafale pour l’armée de l’air et une dizaine pour la Marine nationale.

Convaincre le Portugal

Interrogé pour savoir si le Rafale a une carte à jouer face à l’imprévisibilité de Donald Trump alors que des commandes de F-35 américain sont suspendues, Eric Trappier a dit que Dassault était « prêt à fournir » ses services. Dassault souhaite notamment « proposer » son avion au Portugal. « C’est un pays de l’Union européenne et de l’Otan. Il disposerait des mêmes capacités d’interopérabilité que nous dans le cadre de l’Alliance, donc cela semble logique », a ajouté Eric Trappier.

Il a dit avoir « confiance » concernant la livraison de Rafale en Inde, un contrat en préparation depuis longtemps. « Pour nous, c’est aussi une opportunité d’étendre nos chaînes de production en installant une ligne sur place, destinée aux besoins indiens, mais qui pourrait également servir dans notre montée en puissance. »

« J’ai connu la période où le Rafale était décrié. Aujourd’hui, il est devenu l’alpha et l’oméga car il sait tout faire et il est 100% français« , a-t-il dit, en critiquant au passage le modèle d’Airbus, géant de l’aéronautique européen « si grand qu’il ne sait plus ce qu’il fait » et inapproprié, selon lui, pour l’Europe de la défense.

La marine chinoise étoffe sa présence dans le Pacifique Sud

La marine chinoise étoffe sa présence dans le Pacifique Sud

Credit:CHINE NOUVELLE/SIPA/2212201721

par Alex Wang – Revue Conflits – publié le 13 mars 2025

https://www.revueconflits.com/la-marine-chinoise-etoffe-sa-presence-dans-le-pacifique-sud/


La Chine déploie sa flotte dans le Pacifique Sud, ce qui inquiète l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Cette rivalité maritime témoigne de la volonté de la Chine d’être de plus en plus présente sur les mers.

Face aux Quad et Aucus, la Chine renforce progressivement sa présence maritime dans le Pacifique Sud, une région clé pour le commerce mondial et la sécurité stratégique. La zone située entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande ne fait pas exception, notamment en raison de son importance géopolitique et des liens historiques de ces deux pays avec les États-Unis et leurs alliés.

Une présence inhabituelle

La flottille chinoise, comprenant le navire de ravitaillement Weishanhu, la frégate de type 054A Hengyang et, surtout, le croiseur de type 055 Zunyi, se trouvait dans les eaux internationales entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande .
Le Zunyi, navire phare de cette formation, est équipé de 112 tubes de lancement vertical pouvant tirer une large gamme de missiles : surface-air HHQ-9 et HHQ-16, antinavires YJ-18A et de croisière CJ-10. Il dispose également de capteurs avancés, dont un radar AESA multifonction de type 346B et deux sonars de haute technologie. Cette puissance de feu dépasse de beaucoup celle de la marine australienne.

Une présence aux multiples significations

En déployant ses navires dans les eaux internationales entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, la Chine revendique le droit de naviguer en haute mer conformément au droit international. Face aux opérations de Freedom of Navigation menées depuis des années par les États-Unis, l’Australie et leurs alliés, cette initiative s’inscrit dans une logique de réciprocité.

Une marine hauturière en pleine ascension

Au-delà de cette réciprocité, dans un contexte de tensions croissantes entre la Chine, les États-Unis et l’Australie, Pékin envoie également un message stratégique : sa marine a désormais la capacité d’opérer dans ce qui fut longtemps considéré comme l’arrière-cour de l’Occident.
Avec 340 navires contre 290 pour la marine américaine, la Chine s’impose comme la première flotte mondiale en nombre d’unités . Sa capacité de construction navale, plus de 200 fois supérieure à celle des États-Unis, lui permet de mettre rapidement à l’eau de nouveaux bâtiments modernes tels que les destroyers Type 052D, les frégates Type 054A, les croiseurs Type 055, les navires amphibies Type 071, 075 et 076 sans oublier les sous-marins nucléaires d’attaque Type 093 et les sous-marins lanceur d’engins Type 094 .
Loin d’être limitée à ses eaux territoriales, la marine chinoise est désormais une force hauturière capable d’opérer à l’échelle mondiale, loin de ses bases et sur de longues durées, prête à remplir une large gamme de missions.

Pour l’Asie, c’est un monde qui change

L’apparition de navires de la marine chinoise dans des eaux où l’on a longtemps vu évoluer exclusivement les forces des États-Unis et de leurs alliés, dont la France, constitue un véritable choc pour le monde.

Ce déploiement n’est pas que militaire : c’est aussi un acte politique

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, une telle présence chinoise à ces latitudes restait extrêmement rare. Il s’agit presque d’une première depuis la guerre de l’Opium de 1840. Autrefois sous contrôle des puissances anglo-saxonnes qui avaient colonisé l’Asie-Pacifique, cet espace maritime voit désormais la marine chinoise y faire son entrée, marquant un tournant historique.
Ce déploiement ne saurait être interprété comme un simple exercice militaire. Il symbolise un changement profond : le monde d’hier n’existe plus.
Si cette dimension historique et symbolique échappe peut-être à certains lecteurs occidentaux, elle résonne profondément en Asie. Les réactions passionnées observées en Chine continentale, à Taïwan, à Hong Kong et dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est témoignent d’une mémoire encore vive, d’une plaie coloniale qui reste ouverte. Les réactions sont mitigées. Dans de nombreux pays, cette présence de la marine chinoise est perçue comme une victoire contre les anciennes puissances coloniales. Pour d’autres, notamment Taïwan, cela est perçu comme une menace. Cet événement qui a été très peu commenté en Occident est à l’inverse perçu comme un événement majeur en Asie.

Peu commenté en Occident, cet événement est perçu comme un acte majeur en Asie

L’avenir des opérations de liberté de navigation

Les opérations de Freedom of Navigation vont-elles se poursuivre ? Il est fort probable que la Chine aille continuer ses démonstrations, non seulement dans le Pacifique Sud, mais aussi dans l’Atlantique Nord et d’autres régions , afin d’affirmer son droit à naviguer librement sur les mers. De leur côté, les puissances occidentales ne renonceront pas facilement à cette pratique. Une extrême prudence sera nécessaire pour éviter tout incident susceptible de dégénérer en conflit majeur.

Le positionnement de l’Australie dans le Pacifique Sud

Jusqu’à présent, l’Australie exerçait une influence prépondérante dans le Pacifique Sud. Cependant, l’entrée en scène de la Chine remet en question cet équilibre. Comment Canberra envisage-t-elle l’évolution de son rôle face à cette nouvelle donne géopolitique ?

Vers une base navale chinoise dans le Pacifique Sud ?
La présence croissante de la marine chinoise dans la région pourrait bientôt nécessiter l’établissement d’une base d’approvisionnement permanente. Il est probable que la Chine ait déjà inscrit ce projet à son agenda stratégique.

L’évolution des budgets militaires australien et néo-zélandais

Face à ces évolutions, l’Australie et la Nouvelle-Zélande pourraient accroître symboliquement leurs budgets militaires dans les années à venir. Une réévaluation des priorités stratégiques pourrait même relancer le projet de sous-marins classiques franco-australiens, perçus comme mieux adaptés aux besoins régionaux que les sous-marins nucléaires imposés, dans une certaine mesure, par les États-Unis.

Un acteur clé face à une influence grandissante

Grâce à ses territoires d’outre-mer (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna), la France est un acteur majeur du Pacifique Sud. Ces possessions lui confèrent une zone économique exclusive (ZEE) de plusieurs millions de kilomètres carrés, où elle maintient une présence militaire et politique significative.
De son côté, la Chine a renforcé son influence dans la région par des investissements massifs, des accords de coopération et une présence diplomatique accrue. Elle a signé des partenariats avec plusieurs États insulaires (Îles Salomon, Vanuatu, Kiribati, etc.), suscitant des préoccupations en Australie, en Nouvelle-Zélande et parmi les puissances occidentales, y compris la France.

Entre dialogue et tensions géopolitiques

Lors de la visite d’Emmanuel Macron en Chine en avril 2023, la déclaration conjointe franco-chinoise a évoqué la possibilité d’une coopération dans le Pacifique Sud, notamment sur des enjeux tels que le changement climatique, le développement durable, les infrastructures et la sécurité maritime. Cependant, cette coopération demeure largement théorique et soumise aux tensions stratégiques régionales.
L’envoi du porte-avions Charles-de-Gaulle pour participer à des exercices dans la mer de Chine méridionale illustre cette complexité. Cela a été perçu en Chine comme un acte de défiance.

Loin de l’Ukraine, ce sont donc d’autres tensions qui se déroulent dans le monde et la mer est devenue le lieu de ces affrontements diplomatiques, militaires et symboliques.

Vous avez dit : International Security Force For Ukraine ?

Vous avez dit : International Security Force For Ukraine ?

par Blablachars – publié le 12 mars 2025

https://blablachars.blogspot.com/2025/03/vous-avez-dit-international-security.html#more


Au lendemain de la réunion à Paris des chefs d’état-major des armées (CEMA), les « garanties de sécurité » occidentales à l’Ukraine restent floues selon les termes employés par plusieurs médias. Parmi le « panel d’options » évoqué par le CEMA français figure la possible constitution d’une « International Security Force for Ukraine » selon les termes d’un « responsable militaire français. » Une telle force serait à dominante franco-britannique, stationnée dans un pays de l’Otan, à proximité de l’Ukraine, pour pouvoir s’y déployer rapidement si nécessaire. La création d’une telle force et son possible engagement en Ukraine ne manquent pas de soulever plusieurs interrogations relatives à sa composition, son stationnement et les moyens dont elle pourrait disposer. 

Sur le plan politique, l’ossature franco-britannique de cette force est quasiment imposée par le  refus de la Pologne, de l’Italie et de l’Allemagne de participer à une telle force, la privant de moyens conséquents dont un certain nombre de blindés qui pourraient se révéler fort utiles dans cet environnement. La position allemande illustrée par les propos d’Eva Högl, commissaire parlementaire aux forces armées, pour laquelle il est « prématuré » d’évoquer l’envoi de troupes en Ukraine pour la surveillance d’un futur cessez le feu est probablement motivée par des considérations de politique intérieure. Elle écarte aussi la perspective d’un engagement de la Bundeswehr, actuellement incapable d’envisager une telle opération au vu de situation actuelle. En effet, selon le Financial Times, une recrue sur quatre quitte l’armée six mois après son engagement, plaçant la Bundeswehr à un point de rupture et l’éloignant de son objectif de compter 203 000 soldats en 2031. 

 

Motivées par l’attitude attentiste ou opposée de plusieurs pays, c’est donc avec le Royaume-Uni que la France pourrait constituer cette force, hypothèse séduisante sur le plan politique, la coopération militaire entre les deux pays n’ayant cessé de croitre depuis la signature du Traité de Lancaster House en 2010. Cependant, l’aspect éminemment politique d’une telle éventualité ne doit pas masquer la réalité des faits et la situation dans laquelle se trouve l’armée britannique aujourd’hui. Les récentes annonces de Keir Stramer qui souhaite porter à partir de 2027, les dépenses de défense à 2,5% du PIB, pour leur permettre d’atteindre 3% dans un avenir plus lointain, ne suffisent pas à faire oublier les années de disette budgétaire et de réduction drastique des effectifs. L’augmentation annuelle du budget de la Défense de 16,1 milliards d’euros prévue par le Premier Ministre Britannique a d’ailleurs été rapidement revue à la baisse par le Secrétaire d’Etat à la Défense, John Healey qui a précisé dans un entretien à la BBC que la véritable somme serait voisine de 7 milliards d’euros en tenant compte de l’inflation. Quelle que soit la décision finale, l’armée britannique doit également composer avec son atrophie actuelle, résultat de plusieurs années de réduction d’effectifs pour arriver aujourd’hui  à un effectif voisin de 74 000 soldats, légérement supérieur à l’objectif de 72.500 hommes fixé par la revue intégrée de 2021, alors que la Revue Nationale de Stratégie de Sécurité de 2015 avait fixé à 82.000 soldats le format minimum de l’armée de terre. Sur le plan des équipements la situation de l’armée britannique n’est guère plus brillante comme l’illustrent les difficultés du  programme Ajax dont les premiers exemplaires commencent seulement à équiper les unités, quinze ans après le lancement du programme. Les revers rencontrés dans le développement de l’engin blindé ont d’ailleurs motivé Londres à prolonger la vie opérationnelle du Warrior jusqu’à 2030, alors que sa modernisation avait été abandonnée en 2021. Selon le chiffre officiel, l’armée britannique dispose encore de 213 chars Challenger 2 dont 148 doivent être portés au standard Challenger 3 par Rheinmetall BAE Systems Land (RBSL) pour équiper la 3ème Division. Cette  unité qui est la principale force déployable de l’armée britannique comprend deux régiments de chars d’active (Royal Tank Regiment et Queen’s Royal Hussars) équipés chacun de 56 Challenger 2. Ces chiffres pourraient cependant cacher une réalité légérement différente, puisque selon plusieurs médias britanniques, seuls 20 à 25 chars seraient aujourd’hui opérationnels, confrontant les tankistes locaux à une des pires crises de leur histoire. Ce chiffre tout comme celui de la vingtaine d’obusiers de 155mm AS-90 opérationnels (sur 89) rendent le déploiement d’une force britannique en Ukraine totalement irréaliste, symbole d’une capacité de réaction dont la restauration nécessitera de longues années et des investissements importants. 

 

 

Du côté français, la situation est certes meilleure mais l’absence d’une véritable composante blindée mécanisée pourrait constituer un obstacle sérieux à la réalisation de ce projet. Outre les difficultés inhérentes au terrain et l’existence de nombreux obstacles favorisant l’utilisation d’engins chenillés, ceux-ci conférerait en outre un caractère plus dissuasif à cette force, engagée dans la résolution d’un conflit qui a vu la mise en œuvre de nombreux engins blindés chenillés. Pouvant être déployée pour garantir l’observation d’un cessez le feu temporaire, cette force pourrait être confrontée à des actions de provocation, menées par l’une des deux parties en vue de discréditer l’adversaire mais aussi l’action internationale. Une telle hypothèse placerait les équipages dans des situations qui nécessiteraient une protection accrue face à des menaces de nature et d’intensité aléatoires. Dans ce domaine, les enseignements du conflit ukrainien montrent qu’en dépit des destructions subies, les blindés occidentaux fournis à Kiev ont préservé leurs équipages des effets des attaque subies, grâce à leur conception et leur fabrication. En dehors de cette mission d’interposition la « International Security Force for Ukraine » pourrait être déployée en réponse à une nouvelle agression russe, scénario qui impliquerait donc un engagement face à des moyens blindés, contre lesquels les seuls engins du segment médian pourraient ne pas faire le poids en dépit de leurs qualités et des compétences de nos soldats. Ces dernières ne seraient sans doute pas suffisantes pour compenser l’inaptitude au combat de haute intensité de ces engins, liée à leur conception placée sous le signe de la projection et de la mobilité stratégique. L’acheminement de cette force stationnée à proximité de l’Ukraine serait également source de problème, au regard des difficultés de déplacement des convois militaires en Europe, comme Blablachars l’a évoqué lundi soir sur France 2. Au-delà, des possibles difficultés que rencontrerait la mise en action de cette hypothétique force, il est fort probable que la participation française se traduirait par l’engagement d’un volume aussi significatif que possible de chars Leclerc, à l’instar de  ce qui avait été fait au Kosovo et au Sud-Liban, dans un environnement très différent. 

 

 

En évoquant ce possible déploiement, Blablachars ne peut s’empêcher d’avoir une pensée émue pour les partisans d’un « geste fort »qui en septembre 2022 prônaient le transfert de 50 Leclerc à l’Ukraine. Cette initiative (quasi suicidaire pour notre Cavalerie blindée) qui ne fut heureusement pas suivie d’effet aurait eu le mérite de nous priver aujourd’hui d’un quart de nos chars en parc et de pratiquement la moitié de nos chars disponibles. Avec les 25 Challenger 2 britanniques à nos côtés, cette force serait plus symbolique qu’efficace et surtout quasiment incapable de réagir efficacement à une dégradation significative de la situation. Il est donc heureux que les initiateurs de ce geste fort n’aient pas trouvé l’écho espéré, restant depuis cette date, comme ces dernières années, étonnamment silencieux sur la faiblesse de notre segment de décision. 

Les jours qui viennent seront déterminants pour la résolution du conflit en cours, qui pourrait mettre fin à un affrontement dont le côté technologique fait parfois oublier qu’il se déroule à hauteur d’homme avec tout ce que cela comporte. La constitution d’une force adéquate destinée à garantir le respect des dispositions adoptées pourrait nous placer en face des conséquences des choix effectués depuis plusieurs années, qui ont fait de l’armée de terre un roi nu, ne possédant que peu de moyens adaptés à une intervention en haute intensité sur un terrain difficile et truffé d’obstacles de toute nature. Il reste à espérer que l’évocation de création de cette force et son hypothétique déploiement puissent initier un véritable changement dans des mentalités encore tournées vers des opérations lointaines, désormais remplacées par des préoccupations plus continentales, nécessitant des moyens adaptés.

 

Pourquoi un sous-marin Barracuda français a-t-il fait surface au Canada ?

Pourquoi un sous-marin Barracuda français a-t-il fait surface au Canada ?

La présence du sous-marin français FS Tourville au Canada intrigue. Test stratégique ou démonstration de force ? Décryptage des enjeux derrière cette apparition.

par Jean-Baptiste Leroux – armees.com -publié le

Un sous-marin Barracuda a effectué sa première traversée transatlantique. Defense.gouv
Un sous-marin Barracuda a effectué sa première traversée transatlantique. Defense.gouv | Armees.com

L’apparition d’un sous-marin d’attaque français Barracuda dans un port canadien a suscité de nombreuses interrogations. Alors que les tensions géopolitiques s’intensifient, certains y voient un signal politique fort. Mais la vérité se trouve ailleurs : cette opération s’inscrit dans une démarche purement technique et industrielle.

Un test grandeur nature pour le FS Tourville

La présence du FS Tourville à Halifax, en Nouvelle-Écosse a suscité de vives réactions dans le contexte international actuel. Pourtant, elle répond à un objectif clair : démontrer les capacités des sous-marins français. Ce navire de la classe Barracuda, conçu par le groupe français Naval Group, a effectué sa première traversée de l’Atlantique pour tester ses performances en conditions réelles.

Le Canada prévoit en effet de moderniser sa flotte sous-marine avec l’acquisition de six à douze nouveaux sous-marins d’ici 2035. En février dernier, Ottawa a sollicité plusieurs constructeurs, dont Naval Group, pour obtenir des informations sur leurs modèles. Face à cette opportunité commerciale majeure, estimée à 40 milliards d’euros, la France a donc décidé de mettre en avant son expertise.

Le Barracuda, Un atout technologique pour le Canada

Les exigences canadiennes sont particulièrement élevées. Le pays, qui possède le plus long littoral du monde, recherche des sous-marins capables de naviguer sous la banquise arctique et d’opérer dans des conditions extrêmes.

Le Barracuda présente plusieurs atouts qui pourraient convaincre la Marine royale canadienne. Doté d’un système de propulsion avancé et d’une autonomie prolongée, il est conçu pour des missions de longue durée. De plus, sa furtivité et ses capacités en matière de renseignement en font un outil stratégique de premier plan.

Une compétition internationale acharnée

La France n’est pas seule dans cette course. D’autres acteurs européens et asiatiques sont en lice pour répondre à l’appel d’offres canadien. En octobre dernier, le ministre de la Défense canadien, Bill Blair, a confirmé que plusieurs pays étaient sollicités pour ce projet.

Naval Group peut cependant s’appuyer sur un succès récent : la vente de quatre sous-marins Barracuda aux Pays-Bas pour près de 5 milliards d’euros. Un précédent qui pourrait jouer en faveur de la France et renforcer ses chances d’emporter le contrat canadien.

Une opération sous haute surveillance

L’épreuve de test du FS Tourville ne s’arrête pas à Halifax. Le sous-marin doit encore effectuer des exercices en conditions réelles dans les eaux froides du Grand Nord. Des essais d’endurance et de navigation sous la glace sont prévus pour prouver la capacité du Barracuda à répondre aux exigences canadiennes.

Quelle stratégie nucléaire européenne ?

Quelle stratégie nucléaire européenne ?

Par François Gere* -Diploweb – publié le12 mars 2025

https://www.diploweb.com/Quelle-strategie-nucleaire-europeenne.html

*Agrégé et docteur habilité en histoire (Paris 3 Sorbonne nouvelle). Président du Cercle des amis du général Lucien Poirier (2019 – ). F. Géré a présenté l’ouvrage posthume du Général Lucien Poirier, « Éléments de stratégique ». , éd. Economica, Ministère des Armées, 2023. François Géré a consigné avec Lars Wedin, L’Homme, la Politique et la Guerre, éd. Nuvis, 2018. François Géré a publié, « La pensée stratégique française contemporaine », Paris, Economica, 2017.


Française ou européenne, la stratégie de dissuasion nucléaire n’échappe pas à une règle absolue : elle n’est pas une fin en soi mais un moyen de la politique en sorte que l’on ne saurait mettre la charrue atomique avant les bœufs politiques.

POUR éviter un unième enlisement en de vaines palabres sur une dissuasion nucléaire européenne, rappelons les principes fondamentaux de cette stratégie.

La dissuasion est un mode d’action à but négatif aussi ancien que la guerre. Visant à interdire les velléités offensives d’un adversaire, il a été pratiqué avec plus ou moins de succès en raison de son caractère aléatoire. Il repose sur le calcul des probabilités. Ordinairement si un agresseur prenait le risque de transgresser la dissuasion fondée sur des forces conventionnelles et que son entreprise tournait mal, il avait joué et perdu subissant au pire l’humiliation d’une défaite. Avec les armes nucléaires, la dissuasion revêt désormais une toute autre dimension car la probabilité d’occurrence de la riposte nucléaire comporte le risque d’une perte exorbitante, dite insupportable, dépassant la valeur de l’enjeu.

La stratégie de dissuasion nucléaire n’est pas la paix. Elle ne saurait éviter ni les conflits régionaux limités ni supprimer l’action terroriste. Elle ne peut en effet s’exercer que dans le cas d’une attaque massive, quelle qu’en soit la nature, contre les intérêts vitaux du pays attaqué.

La stratégie de dissuasion nucléaire repose sur cinq principes identifiés.

Ce « périmètre du vital » ne doit pas être défini précisément, restant à l’appréciation du chef de l’État de manière à placer le candidat agresseur dans l’incertitude. La stratégie de dissuasion nucléaire repose sur cinq principes identifiés, théorisés en France par les généraux Gallois [1] et Poirier. [2]

. Principe de crédibilité : la dissuasion nucléaire exige la création et la démonstration de capacités techniques. C’était le rôle des essais suspendus pour une durée indéterminée en 1994 et interdits par un traité (TICE).

. Principe de permanence : la SDN est assurée par le chef de l’État, seul décideur, disposant 24h/24 des codes électroniques et des moyens de transmission aux forces stratégiques aériennes en veille et aux sous-marins en patrouille.

. Principe d’incertitude : « l’effet dissuasif résulte de la combinaison d’une certitude et d’incertitudes dans le champ mental d’un candidat agresseur : certitude quant à l’existence d’un risque inacceptable… incertitudes sur les conditions exactes d’application du modèle en cas d’ouverture des hostilités. »

. Principe de suffisance : pour une puissance moyenne comme la France en quantité et en qualité ni trop, ni trop sophistiqué.

C’est ce que l’on nommait durant la Guerre froide « dissuasion du faible au fort » (le Fort était l’Union Soviétique que les dirigeants français eurent la sagesse de ne jamais nommer explicitement). Pour éviter de se lancer dans une ruineuse course aux armements, il faut et il suffit de satisfaire à deux conditions

. a. Détenir une force nucléaire invulnérable capable de riposter en cas d’agression (les sous-marin nucléaires lanceurs d’engins – SNLE – sont durablement indétectables). Il est indispensable de prévoir une redondance en cas de défaillance humaine ou technique.

. b. Avoir la capacité à traverser les défenses adverses.

Quelle stratégie nucléaire européenne ?
La force océanique stratégique, l’une des deux composantes de la force de frappe nucléaire française
Avec l’autorisation de l’auteur, Ewan Lebourdais, photographe maritime. Crédit photo Ewan Lebourdais www.ewan-photo.fr
Ewan-Lebourdais
 

L’interception à 100% n’existe pas. Le dommage reste tolérable si les charges explosives sont classiques mais si elles sont nucléaires le problème change complètement. Une salve de SNLE envoie 96 charges pouvant « vitrifier » potentiellement autant de cibles. Aucune défense ne parviendrait à les intercepter quels que soient les progrès réalisés. D’autant plus que ces têtes sont environnées de leurres, manoeuvrantes (changement de trajectoire) et furtives (faible signature radar). Cette supériorité durable de l’agression sur la protection fait donc de la SDN l’unique parade.

.Principe de proportionnalité  : le volume des destructions dites « insupportables » est rapporté à la valeur de l’enjeu ; en l’occurrence l’invasion et la conquête de la France valent-elles l’anéantissement d’un ou plusieurs centres vitaux de l’agresseur ?

Dès lors que cibler ? Anticités (les hommes) ou antiforces (les armes) ? Les progrès de la précision permettent un ciblage plus fin sur des surfaces réduites. Le discours officiel affiche que la France ne vise plus les villes mais les centres de commandement des forces nucléaires et les centres politiques décisionnels. Toutefois, on relèvera que de telles cibles se situent rarement au cœur des déserts mais ont le mauvais goût de se trouver profondément enfouies au beau milieu de zones densément peuplées.
La création d’une dissuasion stratégique nucléaire européenne devra donc souscrire à l’ensemble de ces principes. Comment et avec quels aménagements ?
La valeur de l’enjeu pour l’agresseur changerait de dimension. Des intérêts vitaux de la France seule, on passerait à ceux de l’ensemble des États membres de l’Union européenne ou, à tout le moins, de ceux qui consentiraient à se joindre.

Le calcul de la proportionnalité s’en trouverait affecté se répercutant ipso facto sur le principe de suffisance. En raison de sa souplesse et de sa visibilité La composante aérienne doit-elle être développée ? En conséquence, la quantité d’armes nucléaires devra-t-elle augmenter ? Le positionnement territorial doit-il s’étendre, où et jusqu’où ?
La France pourrait-elle étendre une dissuasion nucléaire élargie aux intérêts de ses partenaires européens ? Le « parapluie » nucléaire déclaré par les dirigeants des États-Unis depuis Mc Namara, ministre de la défense de Kennedy a fait souvent l’objet d’un scepticisme sur sa crédibilité, à commencer par celui du général de Gaulle. Donald Trump expose ouvertement le caractère éminemment égoïste de l’arme nucléaire. Qui peut encore croire aujourd’hui que ce Président et ses successeurs sacrifieraient New York pour Varsovie, Berlin ou Paris ? A fortiori les citoyens des pays de l’Europe sont-ils prêts à faire dépendre leur existence de la décision du seul président français ? Qui pourrait croire qu’il sacrifierait Paris pour Tallin ? En vérité si les alliés (européens et asiatiques) ont pensé pouvoir se fier à l’engagement des États-Unis c’est en raison de la puissance grandissante des forces conventionnelles américaines capables de s’opposer efficacement à des agressions non-nucléaires.

Toute comparaison avec les États-Unis relève donc de l’absurde. Ensemble, les États de l’UE disposent-ils de 11 porte-avions ? De 14 sous-marins-nucléaires stratégiques ? Leurs marines verrouillent-elles les voies du commerce mondial ? Contrôlent-ils l’Espace ? La petite grenouille européenne n’atteindra pas l’énormité du bœuf américain. Mais serait-ce bien nécessaire dès lors que leurs gouvernements procèderaient à une évaluation objective de la menace réelle, exempte de préjugés idéologiques et d’intérêts corporatistes ?

Venons-en au nerf de la dissuasion à savoir le coût : ce « partage du fardeau », tracas permanent de l’OTAN. Des États comme l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Pologne sont-ils disposés à payer pour l’édification d’une dissuasion nucléaire dite européenne sans pour autant disposer de l’accès à l’ultime décision ?

L’argent c’est aussi du temps.

Une stratégie nucléaire unique multi-étatique ne s’improvise pas du jour au lendemain. Oublie-t-on que certains membres de l’UE ne perçoivent pas la Russie comme une menace ; que d’autres, comme l’Autriche, sont leaders en faveur de l’interdiction des armes nucléaires ? Enfin, et ce n’est pas peu, où viendrait se loger le Royaume-Uni post-Brexit dans ce dispositif ?

Quand bien même la volonté serait forte et largement partagée, de mettre sur pied politiquement, financièrement et techniquement une dissuasion nucléaire rassemblant certains États européens cette entreprise prendra du temps, de l’ordre de plusieurs années. A quoi ressemblera la Fédération de Russie, comment aura évolué la compétition américano-chinoise d’ici cinq à dix ans ?

C’est au pied de la guerre que l’on voit le véritable allié, quand le réalisme égoïste reprend ses droits glacés.

Les déclarations (franco-allemandes, franco-britanniques) du temps de paix n’expriment souvent que de grandes illusions ou des vœux pieux qui ne coûtent rien. C’est au pied de la guerre que l’on voit le véritable allié, quand le réalisme égoïste reprend ses droits glacés. Or depuis vingt ans, à chaque crise (financière, migratoire, sanitaire – Covid- et militaire – Ukraine-) l’UE a exhibé son impréparation, sa lenteur de réaction et surtout ses divisions. La création d’une DNE crédible entre en donc en flagrante contradiction avec l’existence même de l’UE sous sa forme et son fonctionnement actuels.

Il faut donc revenir aux fondements du projet communautaire.
Ceux des pays de l’Europe qui partageraient une conception rigoureusement identique de leur situation mondiale au point de fusionner leurs intérêts vitaux auront à s’accorder sur un cadre politique durable définissant des buts communs, dans une sorte de Charte ; à se doter en conséquence d’une alliance militaire telle qu’une Société européenne de Défense aussi longtemps que jugé nécessaire ; à se garantir par une Communauté européenne de Renseignement.

Française ou européenne, la stratégie de dissuasion nucléaire n’échappe pas à une règle absolue : elle n’est pas une fin en soi mais un moyen de la politique en sorte que l’on ne saurait mettre la charrue atomique avant les bœufs politiques.

Copyright Mars 2025-Géré/Diploweb.com


Dossier géopolitique et stratégique : Le nucléaire

La bascule stratégique en cours depuis février 2025 replace la dissuasion nucléaire au coeur de la garantie de sécurité française, voire européenne.

Le nucléaire, civil et plus encore militaire, est un sujet stratégique par excellence. Raison pour laquelle il s’agit d’un tabou ? Ce dossier aide à saisir toute la mesure de la rupture stratégique amorcée en 1945. Conçu par Pierre Verluise, ce dossier du Diploweb.com vous présente plus de 30 documents de référence : études, articles, vidéos, cartes et même une émission de radio pour vous permettre de croiser des opinions d’experts.


[1] NDLR : Voir aussi Vidéo. Un stratège français d’envergure : P.-M. Gallois et le nucléaire, Diploweb.com, 2017 https://www.diploweb.com/Un-stratege-francais-d-envergure-P-M-Gallois-et-le-nucleaire.html

[2] NDLR : Voir aussi Vidéo. Lucien Poirier, stratège français de la dissuasion nucléaire, Diploweb.com, 2017 https://www.diploweb.com/Video-Lucien-Poirier-stratege-francais-de-la-dissuasion-nucleaire.html

Guerre en Ukraine : Emmanuel Macron réunit les chefs d’état-major de l’UE et de l’Otan, sans les USA

Guerre en Ukraine : Emmanuel Macron réunit les chefs d’état-major de l’UE et de l’Otan, sans les USA

Emmanuel Macron réunit ce mardi 11 mars à Paris les chefs d’état-major des armées de l’Union européenne et de l’OTAN. Une rencontre qui a pour but de définir les garanties de sécurité à fournir à l’Ukraine en cas de cessez-le-feu et renforcer la défense de l’Europe.

Le président français Emmanuel Macron s’est exprimé lors d’une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme, à Strasbourg (Bas-Rhin), mardi 11 mars 2025.
Le président français Emmanuel Macron s’est exprimé lors d’une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme, à Strasbourg (Bas-Rhin), mardi 11 mars 2025. | TERESA SUAREZ / AFP

Une réunion de la plus haute importance. Le président de la République, Emmanuel Macron va s’exprimer, ce mardi 11 mars 2025, devant « les chefs d’état-major des pays qui souhaitent prendre leurs responsabilités » et qu’il a conviés à Paris.

Cette réunion comprendra des responsables militaires de 30 pays appartenant à l’UE et/ou à l’Otan. Elle se fera « en étroite coordination » avec « le commandement militaire de l’Otan qui sera aussi associé à cette démarche », selon le chef de l’État français.

Une réunion avec le Canada et l’Australie mais sans les États-Unis

La réunion aura lieu en marge du Paris Defence and Strategy Forum organisé sur trois jours dans la capitale française par l’Académie de défense de l’École militaire. Les chefs d’état-major sont des militaires chargés de diriger les armées de leur pays. En France, depuis 2021, le chef d’état-major est Thierry Burkhard.

Le plus haut gradé de l’armée française participera à la réunion en compagnie des chefs d’état-major allemand, Carsten Breuer, italien, Luciano Portolano, britannique, Tony Radakin ou canadienne, Jennie Carignan. L’Australie a également annoncé qu’elle enverrait un haut représentant à la réunion. Mais le grand absent de cette rencontre est les États-Unis.

Accompagner l’armée ukrainienne

Cette réunion intervient alors qu’une délégation ukrainienne retrouve une équipe américaine en Arabie saoudite pour discuter des moyens de mettre fin à la guerre entre l’Ukraine et la Russie, trois ans après l’invasion russe de sa voisine. Le but de la rencontre est de discuter d’un possible envoi de troupes en Ukraine, d’évaluer la menace russe en Europe et de continuer d’établir les contours d’une défense européenne commune, après la signature d’un plan de 800 milliards d’euros la semaine dernière.

Le ministre des Armées s’est exprimé sur l’entretien des chefs d’état-major à l’Assemblée nationale ce mardi. « Nous refuserons toute démilitarisation de l’Ukraine qui serait un scandale absolu et ouvrirait la voie à une insécurité pour l’ensemble du continent européen ». Une des priorité de cette réunion est « le format de cette armée, la formation, l’équipement et comment nous pouvons l’accompagner », a souligné Sébastien Lecornu.

Un possible envoi de troupes ?

Paris et Londres sont étroitement impliqués dans les discussions sur la mise en œuvre d’un possible envoi de troupes, « pour observer un accord de paix », a précisé le ministre des Armées lors de son intervention à l’Assemblée nationale. Le Premier ministre britannique Keir Starmer organise à son tour samedi une réunion virtuelle avec les dirigeants des pays prêts à aider à empêcher une reprise des hostilités en Ukraine en cas de cessez-le-feu.

Avant d’envisager de déployer des troupes, il faut définir les contours de ce que serait la mission de cette coalition de volontaires, a affirmé le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, dans le journal La Tribune Dimanche : « Troupes de paix à des fins d’observation, de réassurance ou de déconfliction… La réunion des chefs d’état-major mardi va permettre de nourrir cette réflexion », selon lui.

Le ministre français réunira ensuite mercredi ses homologues du groupe E5 (France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Pologne), ainsi que des représentants de l’Union européenne et de l’Otan et, en visioconférence, le ministre ukrainien de la Défense.

Réarmement européen : une industrie de défense sur une ligne de crête

Réarmement européen : une industrie de défense sur une ligne de crête

par Hélène Masson – Fondation pour la recherche stratégique – publié le 7 mars 2025

https://www.frstrategie.org/publications/recherches-et-documents/rearmement-europeen-une-industrie-defense-sur-une-ligne-crete-2025


Introduction 

L’Europe se réarme. Engagé par les pays de l’Est dès 2014, ce réarmement s’accélère et s’étend à l’ensemble du Vieux Continent depuis l’invasion russe de l’Ukraine. Véritable choc, cette guerre a sonné comme un sévère rappel à l’ordre pour les États européens les plus inconséquents en matière de défense. 

Resserrement du lien transatlantique, multiplication des coopérations intergouvernementales, montée en puissance de la Commission européenne dans le domaine de l’armement, la scène européenne est entrée en mouvement sur la période 2022-2024. Mais l’année 2025 s’ouvre sur une Europe déstabilisée par les nouvelles orientations de politique extérieure décrétées par le président américain nouvellement élu, Donald Trump, entre guerre commerciale et désengagement militaire.

Dans cet environnement instable, les États européens sont contraints de repenser certains fondamentaux, à commencer par la relation transatlantique, et de réévaluer les moyens consacrés à leur défense. Les stratégies d’acquisition et de coopération engagées au niveau national et européen seront également déterminantes eu égard aux défis technologiques et industriels à relever. L’objectif de ce travail est ainsi de mieux appréhender les contours de cette « Europe de l’armement » en pleine transformation, sous l’angle des politiques publiques et des stratégies industrielles.

[…]

La version intégrale de cette publication n’est disponible qu’au format PDF.
Afin de lire cette version, merci de télécharger le fichier ci-dessous : 

Des pays européens s’interrogent sur leur possible recours à des munitions prohibées

Des pays européens s’interrogent sur leur possible recours à des munitions prohibées

Déminage en cours dans le village de Davydiv Brid, dans la region de Kherson, le 27 novembre 2024. (Photo by Fiora Garenzi / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

C’est effectif depuis le 6 mars: en se retirant de la Convention sur les armes à sous-munitions, la Lituanie est devenue le premier État à quitter la convention conclue à Dublin le 30 mai 2008 et entrée en vigueur le 1er août 2010.

Pour rappel, le 18 juillet 2024, le Parlement lituanien avait voté pour confirmer la décision du gouvernement de se retirer de la Convention sur les fameuses armes à sous-munitions qui font des ravages tant parmi les combattants que parmi les populations civiles de pays en guerre. Le processus de retrait a commencé lorsque, le 6 septembre suivant, la Lituanie a officiellement notifié aux Nations unies son intention de se retirer. Conformément aux règles de la convention, tout retrait prend effet six mois après la notification, ce qui fixait la date effective au 6 mars 2025.

Cette décision lituanienne pourrait ouvrir la voie à une tendance dangereuse.

Comme le regrette Handicap International, « la décision de la Lituanie intervient à un moment où la stigmatisation de ces armes a été affaiblie : des armes interdites, comme les armes à sous-munitions et les mines antipersonnel, ont été largement utilisées dans des conflits tels que l’Ukraine et la Syrie, causant de nombreuses victimes et souffrances parmi les civils. Elle fait également suite à la décision des États-Unis de livrer des armes à sous-munitions à l’Ukraine en 2023″.

D’autres pays d’Europe de l’est et du nord envisagent aussi de se retirer de certains traités limitant le recours à certains types d’armes.

La Finlande a signé la Convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel en juillet 2012. Helsinki a depuis détruit la totalité de son stock de mines antipersonnel, soit un million d’exemplaires. Mais la Finlande estime que la situation sécuritaire n’est plus la même aujourd’hui. C’est pourquoi les forces de défense finlandaises envisagent de réintroduire les mines antipersonnel dans leur arsenal. Le 23 novembre 2024, le chef d’état-major des armées, le général Janne Jaakkola, s’exprimant sur la télé MTV, avait estimé que son pays devrait réfléchir à l’emploi des mines antipersonnel. Une étude en ce sens a donc été lancée, tout comme une pétition pour le retrait de la Convention d’Ottawa qui a recueilli, entre le 6 et le 10 décembre, dernier 50000 signatures.

L’Estonie envisage aussi de se retirer de la Convention d’Ottawa et le pays Balte qui s’alarme des appétits russes se disait en novembre dernier prêt à suivre l’exemple finlandais.

La Lettonie, en revanche, reste opposée à un retrait de la Convention. Toutefois, le débat est lancé au sein de la classe politique.

Un démineur de l’ONG HALO Trust, près de Mykolaiv, en juin 2024. (Photo by Genya SAVILOV / AFP)

Plus vite et plus loin

Sur ces questions de retrait des conventions internationales, la Pologne pourrait devancer la Finlande et l’Estonie.

Dans un discours au Parlement, vendredi 7 mars, le chef du gouvernement polonais, le pro-européen Donald Tusk, a annoncé qu’il allait « recommander un avis favorable au retrait de la Pologne de la Convention d’Ottawa et éventuellement de la Convention de Dublin ».

« Je parle ici des mines antipersonnel et des armes à sous-munitions », a-t-il précisé, avant d’ajouter: « Nous devons être conscients que la Pologne doit exploiter les possibilités les plus modernes, y compris en ce qui concerne les armes nucléaires et les armes modernes non conventionnelles ».

Tentation européenne

En février, le think tank britannique RUSI (Royal United Services Institute) a publié une étude intitulée « Tactical Developments During the Third Year of the Russo–Ukrainian War. «Il y est recommandé que les membres européens de l’OTAN « régénèrent leurs capacités à déployer des mines AT [antitanks] et AP [antipersonnel]. » L’étude avertit que si les armées européennes ne retrouvent pas cette capacité à stocker et à déployer des mines pour une future guerre terrestre, elles « risquent de ne pas avoir la létalité nécessaire pour combattre efficacement ».

David Galbreath va plus loin. Lui qui enseigne les questions militaires et technologiques à l’Université britannique de Bath, estime que « tout traité sur la réduction des armements qui pénaliserait les actions défensives doit être remis en question quand c’est la défense qui l’emporte sur toute autre considération ». Il estime aussi que, depuis la décision américaine, en 2024, de livrer des mines antipersonnel aux Ukrainiens, « le tabou sur le recours aux mines a été levé ».

Il y a donc fort à craindre que le gel des positions des armées russes et ukrainiennes sur l’actuel front, ainsi que la construction de murs et de réseaux défensifs de la Finlande à l’Ukraine, face à la Russie et à la Biélorussie, ne s’accompagnent d’un recours massif  aux mines AP (antipersonnel) et AT (antitanks) pour fortifier les frontières. Et pour dissuader le Kremlin de se lancer dans toute nouvelle manœuvre impérialiste.

Europe, Ukraine : obstination sans issue

Europe, Ukraine : obstination sans issue

 

par Eric Denécé – Éditorial N°67 / mars 2025

 

Alors que la nouvelle administration américaine et les dirigeants européens s’opposent quant à savoir s’il faut mettre rapidement fin à la guerre d’Ukraine ou poursuivre le soutien à Kiev, il convient de rappeler que les trois acteurs à l’origine de ce conflit qui déchire l’Europe depuis février 2022 sont :

Les États-Unis, par leur volonté d’affaiblir – voire de démembrer – la Russie et d’accaparer ses ressources humaines et matérielles dans la perspective d’une possible confrontation avec la Chine. Depuis la chute de l’URSS, Washington n’a cessé de renier ses engagements vis-à-vis de Moscou, en procédant à une expansion continue de l’OTAN – allant jusqu’à installer ses missiles aux frontières de la Russie (Pologne et Roumanie) –, en sortant des traités de limitation des armements qui avaient permis de réguler la Guerre froide, en armant Kiev et en rejetant avec force tous les propositions d’une nouvelle architecture de sécurité en Europe proposées par Moscou.

L’Ukraine, dont le régime, rappelons-le, est issu d’un coup d’État antidémocratique organisé et soutenu par l’Occident (2014) et qui a lancé, le 17 février 2022, une opération de vive force pour la reconquête du Donbass, dont les populations russophones s’étaient révoltées face à l’interdiction de leur langue par Kiev et réclamaient une autonomie accrue dans le cadre de l’Ukraine – et non l’indépendance. Ce à quoi le régime de Zelensky et ses milices néonazies ont répondu par le recours à la violence (15 000 morts entre 2014 et 2021). De plus Kiev réclamait son adhésion à l’OTAN en dépit des mises en garde sérieuses et légitimes de Moscou.

La Russie, enfin, qui face à cette situation a d’abord décidé de s’emparer de la Crimée en 2014 (notamment parce que Kiev avait proposé de louer la base de Sébastopol à l’US Navy; puis n’ayant d’autres moyens de faire respecter ses intérêt de sécurité, Moscou a déclenché son opération militaire spéciale (et non une invasion) pour conduire l’Ukraine à changer de politique, renverser le régime de Zelenski et afin de protéger les population russophones du Donbass, persécutées par Kiev.

Ainsi, en dépit du narratif conçu par les Spin Doctors américains et ukrainiens et matraqué par des médias occidentaux aux ordres, les torts sont donc très largement partagés. Et dans ce tableau, l’Europe n’y est pas pour grand-chose. Certes, la France et l’Allemagne sont coupables d’avoir violé les accords de Minsk, avec l’assentiment de Washington. Mais les États de l’Union européenne n’ont fait qu’exécuter la politique américaine en acceptant de soutenir le régime corrompu de Kiev et en se pliant aux directives de l’OTAN.

Pourtant, c’est elle aujourd’hui qui s’obstine à la poursuite de la guerre et à soutenir le régime criminel de Kiev. Criminel car Zelenski et sa clique ont décidé de poursuivre l’envoi au front et à la mort de leurs concitoyens, alors même que l’issue du conflit et d’ores et déjà jouée. Criminel car les membres de ce régime, dont les turpitudes sont bien connues quoi que tues par nos médias (détournement, blanchiment, trafics d’armes, interdiction des partis et médias d’opposition, rafles et arrestations, suspension des élections, mensonges…), profitent très directement du soutien financier de l’Occident pour s’enrichir personnellement. Trump et son équipe l’ont très bien perçu et souhaitent mettre à terme à ce conflit autant qu’à cette comédie pseudo-démocratique et pseudo-héroïque.

Mettre un terme à la guerre

Force est de constater qu’après trois ans de conflit, la situation est dramatique pour les belligérants et leurs soutiens : morts, blessés, émigration massive, destructions des infrastructures, rupture politique et économique Russie/Occident, sanctions, crise énergétique et économique…

Ceux qui ont payé le prix fort sont bien sûr les Ukrainiens des deux camps. Puis suivent les Européens, pour lesquels le coût de cette guerre a été prohibitif, bien qu’ils n’en soient pas à l’origine – mais ils en sont devenus co-responsables par leur soutien inconsidéré à Kiev –, provoquant l’affaiblissement de leur économie et la destruction de leur industrie.

La Russie a également perdu beaucoup d’hommes et ses relations avec ses voisins européens sont devenues antagonistes. Mais sa situation économique n’a pas été altérée par les sanctions, en dépit des faux espoirs de l’Occident, et elle fait preuve d’une résilience remarquable. Le Sud Global ne l’a pas abandonné en dépit des pressions, conscient de la politique inique des Américains et de leurs auxiliaires européens. Au contraire, un ras-le-bol du diktat occidental, caractérisé par son « deux poids, deux mesures », se manifeste de plus en plus explicitement dans le monde. Surtout, les force russes en train de l’emporter militairement sur le terrain et d’atteindre des objectifs que Moscou n’avait jamais envisagé avant cette crise, car la Russie n’a jamais revendiqué le Donbass.

Pour les États-Unis, enfin, c’est un bilan en demi-teinte. Certes, ils ont réussi à provoquer la rupture durable des relations UE/Russie, à reprendre en mains l’OTAN et à vassaliser l’Europe, à affaiblir son statut de concurrent économique et à s’enrichir en lui vendant massivement du GNL en remplacement du gaz russe et des armements. Mais en réalité, c’est un échec majeur pour la stratégie initiée par les néoconservateurs qui n’a pas atteint son but principal : l’affaiblissement de la Russie. Au contraire, celle-ci apparait aujourd’hui plus forte qu’au début du conflit et le multilatéralisme prôné par les BRICS semble en voie de remettre en cause l’unilatéralisme américain.

Tout cela est clairement perçu de ceux qui sont capables d’analyser objectivement ce conflit. C’est d’ailleurs ce qu’ont fait Trump et son équipe qui ont compris que la politique de leurs prédécesseurs ne menait nulle part. D’où leur volonté de mettre un terme rapidement à cette boucherie qui ne sert plus leurs intérêts.

Rappelons qu’une première issue à ce conflit a failli avoir lieu fin avril 2022, six semaines seulement après le déclenchement de l’opération militaire spéciale russe. Kiev et Moscou étaient parvenus à un accord grâce à l’intercession d’Israël et de la Turquie. Mais les néoconservateurs de l’administration Biden s’y sont alors opposés et ont dépêché Boris Johnson à Kiev porter l’ordre de poursuivre la guerre. Cette décision insensée, à laquelle Zelensky s’est rangé sans attendre, les rend sans conteste co-responsables des centaines de milliers de victimes des trois années suivantes.

Illusions européennes et mirages ukrainiens

Il est aujourd’hui urgent de mettre un terme à cet affrontement dont le sort est militairement joué.

Pourtant, l’Europe et ses dirigeants affichent leur détermination à poursuivre leur soutien à Kiev, continuant à affirmer que l’Ukraine n’est qu’une victime et qu’elle doit recouvrer une intégrité territoriale sans véritables fondements historiques, et invoquant la forte probabilité d’une prochaine invasion russe de l’Europe, argument infondé et mensonger construit par l’OTAN.

Tous ces dirigeants qui s’opposent avec bravade à la politique de la nouvelle administration Trump, arguant de l’imprescriptible indépendance de l’Europe, et qui clament aujourd’hui en chœur que le Vieux continent ne saurait être le vassal des États-Unis, omettent ou veulent faire oublier le fait qu’ils ont été les exécutants obséquieux de la stratégie des néoconservateurs de l’équipe Biden depuis 2021. Mais ils n’en sont pas à une contradiction près.

Pourquoi s’obstinent-ils ? Plusieurs hypothèses existent : soit par idéologie, étant acquis aux idées néoconservatrices d’outre-Atlantique ; soit parce qu’ils veulent profiter de cette crise pour faire de l’UE un État fédéral dirigé par Bruxelles, en plaçant les peuples devant le fait accompli ; soit encore par intérêt personnel ; ou simplement par bêtise, ainsi qu’Edgar Quinet en soupçonnait certains politiques dès 1865 :

« Nous rejetons trop souvent sur le compte de la trahison et de la perfidie ce qui appartient à la sottise. Les historiens ne font pas jouer à celle-ci le grand rôle qui lui appartient dans les choses humaines. Est-ce faute de l’entrevoir ? Est-ce sot orgueil qui consent à se reconnaître criminel plutôt que dupe ? On aime mieux la trahison et le crime, parce qu’ils font de l’homme un sujet plus tragique, et qu’ils le haussent au moins sur l’échafaud.

Pour moi, je lui ai vu moins de grandeur de mon temps. J’ai vu dans les grandes affaires tant de déraison, une obstination si invétérée à s’aveugler, une volonté si absolue de se perdre, un amour si passionné, si instinctif du faux, une horreur si enracinée de l’évidence, et, pour tout dire, une si grande, si miraculeuse sottise, que je suis, au contraire, disposé à croire qu’elle explique la plupart des cas litigieux, et que la perfidie, la trahison, le crime, ne font que l’exception[1] ».

L’obstination des dirigeants européens est d’autant plus funeste que les trois années écoulées ont montré que ce conflit était dévastateur pour l’économie européenne et que ses États membres étaient incapables d’assurer eux-mêmes leur sécurité comme de soutenir efficacement l’Ukraine en matière d’armements.

Ce conflit prendra fin prochainement, avec ou sans la participation de l’Europe. L’administration Trump a déjà entamé des discussions avec la Russie, signe qu’il s’agissait bien d’une guerre américano-russe par Ukrainiens, OTAN et Européens interposés. Le nouvel hôte de la Maison-Blanche a déjà annoncé que l’Ukraine ne rentrerait pas dans l’OTAN et, à la suite de sa rencontre houleuse avec Zelensky à la Maison Blanche, il envisage sérieusement de suspendre le soutien financier et militaire à Kiev. Les États-Unis ont fait volte-face, ce à quoi leur politique pragmatique de défense de leurs intérêts nous a habitués depuis longtemps. Seuls les naïfs ou ceux qui méconnaissent l’histoire sont surpris. Après avoir entrainé Ukrainiens et européens dans le conflit, ils les abandonnent et valident une forme de victoire russe.

Soyons lucides : l’Ukraine ne récupérera pas la Crimée ni le Donbass. Souhaitons qu’elle n’intègre pas l’Union européenne, ce qui reviendrait à déstabiliser et à criminaliser davantage nos économies, déjà considérablement affaiblies par ce conflit. Seule la paix, le reconstruction du pays et sa neutralité sont des solutions réalistes. C’est la fin de la partie pour Zelensky. Mais ce dernier et ses complices européens ne l’ont pas encore compris.


[1] Edgar Quinet, La Révolution (tome 2, 1865), Belin, Paris, réédition de 1987, Livre XXIV, pp. 1030 à 1033.

Ukraine: première opération de guerre pour les Mirage 2000 livrés par la France

Ukraine: première opération de guerre pour les Mirage 2000 livrés par la France

L’Ukraine a utilisé pour la première fois, ce vendredi, des Mirage 2000 livrés par la France pour repousser des frappes russes, selon un communiqué de l’armée ukrainienne. Une étape saluée par le président ukrainien, Volodimir Zelensky sur le réseau social X: « Aujourd’hui, des avions de chasse F-16 et des Mirage fournis par la France ont été utilisés pour protéger le ciel ukrainien. En particulier, les Mirage ont intercepté avec succès des missiles de croisière russes. Merci ! »

Des F-16 ont aussi été engagés pour faire face à l’attaque russe de ce vendredi matin. Au moins 58 missiles et 194 drones russes ont été tirés contre des cibles en Ukraine. Dans son communiqué, l’armée de l’air ukrainienne a précisé avoir abattu au moins 134 de ces cibles, dont 34 missiles et 100 drones.

Le 6 février, le ministre français des Armées avait confirmé la livraison de ces avions (voir ici).