Le 4e Régiment de Chasseurs innove pour accroître le réalisme de sa préparation opérationnelle

Le 4e Régiment de Chasseurs innove pour accroître le réalisme de sa préparation opérationnelle


Le 15 janvier, le Commandement du combat futur [CCF] de l’armée de Terre a levé le voile sur le plan ATHENA [Accélération de la Transformation à la Hauteur des ENgagements de l’Avenir], lequel doit permettre d’identifier des technologies innovantes susceptibles d’avoir un intérêt militaire, de les expérimenter au sein d’unités « pilotes » et, le cas échéant, d’accélérer leur appropriation par les régiments.

Pour cela, le CCF entend s’appuyer sur les centres de recherche et sur les entreprises tout en encourageant l’innovation venant de la base [c’est-à-dire l’innovation « participative »]. Comme l’a récemment expliqué son commandant, le général Bruno Baratz, il s’agit de faire en sorte qu’elle soit « plus réactive » afin d’exploiter « l’accélération technologique » qui, de nos jours, est « sans précédent ».

Grâce à cette innovation participative, de nombreuses solutions ont été trouvées pour améliorer l’efficacité opérationnelle. Récemment, deux sous-officiers du 3e Régiment du Génie ont eu l’idée d’associer un drone Parrot ANAFI à un détecteur de métal afin de reconnaître les axes ou les points susceptibles d’avoir été piégés avec des mines ou des engins explosifs improvisés. Autre exemple : un militaire du 1er Régiment de Hussard Parachutistes a développé la munition téléopérée « Fronde » en adaptant d’anciennes grenades à fusil [AC58 et APAV40] à un drone FPV Racer.

La dernière innovation évoquée par l’armée de Terre est le fait du 4e Régiment de Chasseurs [RCh]. Et elle n’a pas hésité à parler de « procédé révolutionnaire ».

Ainsi, afin d’améliorer le réalisme des entraînement au tir de ses AMX-10RC, le régiment a développé une solution permettant de « projeter des cibles modulaires à l’aide d’un laser ».

« Cette idée géniale résulte d’une culture très présente au sein du régiment, celle de faire de l’innovation une pierre angulaire de la préparation opérationnelle. Pour cela, le 4e RCh s’appuie sur sa cellule ‘Transformation et innovation ‘ », a souligné l’Inspection de l’armée de Terre, via le réseau social LinkedIn.

Cette solution repose sur un « boîtier laser, qui est relié à un ordinateur, avec un logiciel. L’alimentation nécessite un groupe électrogène », a succinctement expliqué l’adjudant-chef « Rudy », du 4e RCh.

« L’utilisation du système de projection laser pour l’entraînement est adaptable à une large gamme d’armements. Cela permet de personnaliser l’entraînement selon les besoins de chaque unité [fantassins, chars, artilleurs, missiles]. Cette technologie permet d’améliorer les compétences tactiques, la précision, la gestion des situations, tout en maintenant un environnement d’entraînement sécurisé et flexible », a ajouté le sous-officier.

Testé lors de la dernière édition de l’exercice CERCES 2024 de la 27e Brigade d’Infanterie de Montagne [BIM], ce dispositif, appelé « Laser RK », a donné pleinement satisfaction… au point qu’il fait désormais l’objet d’un financement pour qu’il soit déployé dans d’autres unités de l’armée de Terre.

Photo : armée de Terre

Babcock signe un contrat historique pour la formation des pilotes de l’armée de l’air française

Babcock signe un contrat historique pour la formation des pilotes de l’armée de l’air française

Par Sabine Ortega – aerocontact.com – publié le 14 Jan 2025
Babcock signe un contrat historique pour la formation des pilotes de l'armée de l'air française
© Babcock

Le 10 janvier dernier, Babcock International a annoncé avoir signé un nouveau contrat de 17 ans pour la fourniture et le soutien de solutions de formation aérienne militaire pour l’armée de l’air et de l’espace française et la marine française.

Ce contrat de 795 millions d’euros, attribué par la Direction Générale de l’Armement (DGA), permettra aux élèves pilotes de s’entraîner sur 22 nouveaux avions PC-7 MkX Pilatus et sur 12 simulateurs de formation fournis par Babcock sur la base aérienne de Salon-de-Provence, avant de se spécialiser en tant que pilotes de chasse ou de transport.

En plus de la fourniture des avions et des simulateurs, ce contrat comprendra le support tout au long de la vie des avions, des infrastructures et des équipements pilotes.

Création de 100 postes dans les régions de Salon-de-Provence et du Cannet-des-Maures

Ce contrat permettra de créer plus de 100 nouveaux postes dans les régions de Salon-de-Provence et du Cannet-des-Maures, parmi lesquels des ingénieurs, techniciens, chefs de projet et administrateurs, qui contribueront à dispenser près de 11 000 heures de vol et 6 500 heures de formation sur simulateur à environ 120 élèves par an.

Pierre Basquin, directeur général de Babcock Aviation et directeur général France, a déclaré à ce propos : « L’Armée de l’air et de l’espace et la Marine française jouent un rôle majeur dans la sécurité nationale et internationale. Nous sommes ravis de soutenir notre client dans ses besoins de formation aérienne, lui permettant ainsi de se concentrer sur la satisfaction des besoins critiques de l’aviation militaire. Ce nouveau contrat à long terme renforce notre solide relation avec l’Armée de l’air et de l’espace et nous positionne comme son principal partenaire de soutien capacitaire dans les programmes de formation des pilotes de chasse. »

 Depuis 2018, Babcock collabore aux côtés de l’Armée de l’Air et de l’Espace pour fournir des systèmes de formation modernes sur simulateurs de vol et 26 avions PC-21 existants sur la base aérienne de Cognac-Châteaubernard.

Sabine Ortega Sabine Ortega
Journaliste emploi, formation, et nouvelles technologies

L’un des objectifs de l’armée de Terre est d’avoir une brigade « bonne de guerre » en 2025

L’un des objectifs de l’armée de Terre est d’avoir une brigade « bonne de guerre » en 2025


L’an passé, dans le cadre de son nouveau plan stratégique, intitulé « armée de Terre de combat », l’armée de Terre s’est concentrée sur la réorganisation de ses grands commandements, désormais au nombre de quatre, avec le commandement de la force opérationnelle terrestre [CFOT], la Direction des ressources humaines de l’armée de Terre [DRHAT], la Direction centrale de la Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres [DCSIMMT] et le Commandement du combat futur [CCF].

En outre, elle a créé quatre nouveaux commandements dits « Alpha » [CAPR, CALT, CAST, CATNC] lesquels sont chargés de « mettre en synergie et de préparer les forces placées sous leurs ordres ».

Désormais, il est question de décliner ce plan stratégique au niveau des brigades. Pour rappel, ce dernier fait du principe de subsidiarité une « ligne directrice forte de la transformation de l’armée de Terre », l’idée étant de passer de la « culture de la norme à celle de l’intention, de la responsabilité et du résultat ».

En clair, il s’agit de donner plus d’autonomie aux « brigadiers » [c’est-à-dire les généraux commandant ces brigades] dans plusieurs domaines définis [gestion du personnel, soutien, infrastructures, etc.], dans la limite des « directives et du cadre fixé par les contrats opérationnels ». Ce qui suppose qu’ils aient la main sur les moyens financiers nécessaires.

Dans la dernière Lettre du CEMAT, qui vient d’être diffusée, l’armée de Terre indique ainsi que 2025 sera « l’année des brigades ». Concrètement, celles-ci auront plus de latitude dans quatre domaines.

Ainsi, détaille le document, la « subsidiarité » sera « renforcée en matière RH [ressources humaines], dans l’attribution de primes individuelles [prime de lien en service, prime du combattant terrestre, prime de commandement et de responsabilité militaire] et l’adaptation de la dotation ‘habillement’ des soldats au moyen d’une enveloppe financière ». En outre, le « plan de subsidiarité budgétaire permettant de marquer les efforts vers les unités » sera reconduit, que ce soit pour l’entretien des infrastructures, la condition du personnel, la préparation opérationnelle ou encore la communication.

Ainsi, précise la Lettre du CEMAT, la « mise en place d’enveloppes de ressources liées à l’activité et à l’entraînement permettront au brigadier de définir la meilleure ambition opérationnelle » en fonction des moyens qui lui auront été alloués.Par ailleurs, l’objectif de l’armée de Terre est de confier, là où c’est possible, les « prérogatives du soutien local », qui relèvent de Bases de défense, à ses commandants de brigades.

« Ce double casquettage doit fournir les leviers favorables à la coordination des effets des soutiens, sans remise en cause des prérogatives des chaînes de soutien. Cette évolution s’accompagne d’un regroupement des Bases de défense pour atteindre une taille critique d’environ 10 000 personnes » [soutenues], explique-t-elle.

Enfin, les brigades interarmes verront leurs « capacités de soutien propre accrues » avec la montée en puissance des « compagnies de commandement de transmission et de soutien » [CCTS].

Quoi qu’il en soit, ces mesures doivent permettre d’atteindre l’un des objectifs de l’armée de Terre pour 2025 : celui de disposer d’une brigade « bonne de guerre ». C’est le « premier jalon opérationnel de la remontée en puissance vers une composante terrestre réactive, puissante et endurante », souligne la Lettre du CEMAT.

Et d’ajouter : « Véritable échelon de cohérence, la brigade doit concilier l’exigence d’une réactivité accrue et la nécessaire amélioration du fonctionnement au quotidien de l’armée de Terre en opération permanente ».

La 155e brigade mécanisée ukrainienne a égaré ses soldats entre la France et le front

La 155e brigade mécanisée ukrainienne a égaré ses soldats entre la France et le front

Un canon Caesar de la 155e brigade en action (photo E. CHAZE)

La saga de la brigade mécanisée ukrainienne « Anne de Kiev » (155e brigade) n’est pas aussi glamour qu’escomptée. Baptisée du nom de l’épouse du roi de France Henri Ier, cette brigade en partie équipée et formée en France par l’armée française s’est donné pour devise le mot d’ordre de la bataille de Verdun : « Ils ne passeront pas ».

Or, selon Yurii Butusov, rédacteur en chef du média ukrainien Censor.net, il y a loin de la coupe aux lèvres. En effet 1 700 de ses 4 500 soldats auraient déserté. Sa dotation en drones, en munitions, en moyens de guerre électronique serait largement insuffisante. Ses pertes, dès son déploiement près de la ville de Pokrovsk (sud du Donbass) que les Russes menacent depuis des mois, ont été conséquentes.

« Des personnes, de l’argent et du temps ont été consacrés à la formation de cette unité. Mais elle ne peut en fait pas être utilisée en raison de sa faible efficacité au combat »résume Butusov qui blâme le président Zelensky, son ministre de la Défense Oumerov et le commandant en chef des forces armées ukrainiennes Syrsky. Dans un article du 1er janvier, le journaliste dénonce un fiasco notoire qui a poussé, en décembre, le Bureau du procureur national ukrainien à ouvrir une procédure pénale concernant les circonstances de la formation de la 155e brigade mécanisée dont l’état-major, trois bataillons d’infanterie et leurs appuis (génie, artillerie, défense sol-air et reconnaissance) ont été formés en France, soit environ 2 000 hommes, à 90 % des conscrits sans expérience du combat. Le reste de l’unité a été formé en Pologne et en Ukraine.

Des soldats reconnaissants

Sur le front du Donbass, les soldats du bataillon d’artillerie de la brigade, équipés de canon Caesar, se confondent en remerciements envers la France.

Le chef du bataillon d’artillerie, dit « Apôtre » (photo Emmanuelle Chaze)

Le commandant du bataillon, nom de code «Apôtre», s’agace même des accusations de Butusov : « Mon boulot, ce n’est pas de commenter les décisions des politiques, de me plaindre de ce qu’on a ici ou pas. Mon boulot, c’est de faire un bon travail avec mes hommes. En attendant tout de l’armée et en se plaignant: du genre «Ils ne nous ont pas donné de téléphone satellitaire Starlink» etc…, ça ne marche pas! Moi j’ai eu mon Starlink grâce à des bénévoles. L’État ne peut pas tout, l’Etat saigne: les gens doivent comprendre ça! ».

Kiev prend des mesures

Les révélations de Butusov ont fait réagir jusqu’au sommet de l’État. Face aux révélations, décision a été prise par le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, le général Sirskiy, d’approvisionner immédiatement la 155e brigade en drones supplémentaires, afin de pallier tout déficit en systèmes cruciaux.

Lundi, il a aussi dépêché le tout nouveau commandant de l’armée de Terre Mykhailo Drapatyi près de la ligne de front, à la rencontre de la 155e et d’un groupe de journalistes français dont la correspondante d’Ouest-France, Emmanuelle Chaze.

Mykhailo Drapaty lors du point presse de lundi avec des journalistes français (Photo by Genya SAVILOV / AFP)

Malgré sa bonhomie, le major général Drapatyi a concédé, lundi, des problèmes structurels au sein de l’armée ukrainienne : « Il y a des problèmes de personnel, de préparation et de composition des unités. Nous les analysons, nous en tirons des conclusions. Et ce qui ressort de la négativité nous sert d’expérience. Soyons francs, il n’y a pas d’autre exemple actuellement de brigade bâtie de zéro, et dont on attend de bons résultats à chaque étape, sans qu’elle rencontre certains problèmes. Ces problèmes, ils sont en passe d’être résolus. »

Le commandant de l’armée de Terre ne nie pas non plus des désertions  (une cinquantaine en France selon une source militaire française, le reste en Ukraine selon Butusov). Mais il refuse de commenter leur nombre, tout en distinguant entre les abandons de postes à l’arrière ou à l’entraînement et la désertion qui voit l’abandon par un soldat de ses camarades sur une position de combat. « Il existe plusieurs formes d’abandon dans les unités militaires, mais il y a aussi des raisons à cela, dont la peur, et un manque d’expérience pratique dans la conduite des hostilités. C’est à cela que nous devons travailler, et je suis certain que ce qui a été dit sur la brigade sera bientôt réfuté. »

Kiev a ouvert une enquête sur des désertions au sein de la brigade formée et équipée en partie par la France

Kiev a ouvert une enquête sur des désertions au sein de la brigade formée et équipée en partie par la France


Le 18 décembre, à l’issue d’un entretien avec son homologue français, Emmanuel Macron, à Bruxelles, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky a annoncé qu’une accord venait d’être trouvé pour former une seconde brigade interarmes en France.

« J’ai exprimé ma gratitude à la France pour la préparation d’une brigade pour notre armée et nous sommes convenus de poursuivre cette coopération et de préparer une brigade supplémentaire », a en effet affirmé M. Zelensky. Et de préciser que « l’accent serait clairement mis sur le renforcement des capacités de défense aérienne ».

Le 6 juin dernier, M. Macron avait en effet indiqué que la France allait « former, entraîner, équiper une brigade entière de l’armée ukrainienne, […] ce qui représente à peu près 4 500 soldats ».

Puis, deux mois plus tard, l’armée de Terre mobilisa 1 500 de ses militaires au sein de la « task force Champagne » pour assurer la formation de 2 000 soldats de la 155e Brigade de l’armée ukrainienne, appelée « Anne de Kyiv », dans les camps de manœuvre de « l’Est de la France ».

« Cette formation répond aux besoins exprimés par le partenaire. Pour cela, elle se base sur les retours d’expérience du front russo-ukrainien. Elle s’appuie sur un environnement réaliste, notamment un réseau de tranchées, un environnement de combat en conditions réelles et l’emploi de drones », avait alors expliqué le ministère des Armées.

Devant les députés, en octobre, le chef d’état-major des armées [CEMA], le général Thierry Burkhard, avait défendu une approche s’appuyant sur « une logique de cohérence alliant une formation tactique à l’utilisation des équipements cédés avec leur soutien et leur approvisionnement en munitions ».

« Il est vrai que cela nécessite un engagement fort de l’armée de Terre, ainsi que des soutiens : quand une brigade française vient s’entraîner au camp de Mailly ou de Mourmelon, elle est accompagnée d’une partie de ses soutiens de garnison, qu’ici nous devons fournir. C’est un vrai tour de force du soutien, qui a été parfaitement exécuté », avait précisé le CEMA. « Il y a donc une incidence sur l’activité, mais les partenariats militaires opérationnels, l’instruction et la formation exigent un savoir-faire, qu’il faut maîtriser », avait-il conclu.

 

Équipée de pied en cap, avec notamment 18 AMX-10RC, 128 Véhicules de l’avant blindé [VAB], 18 CAESAr [Camions équipés d’un système d’artillerie], 10 camions TRM et des postes de tir MILAN, la brigade « Anne de Kyiv » a rejoint l’Ukraine en novembre. Seulement, dès son arrivée, et pour une raison qui n’a pas été précisée, son commandant, le colonel Dmytro Ryumshin a été remplacé par le colonel Taras Maksimov. Puis, plusieurs de ses unités ont été dispersées alors qu’elle venait de se déployer dans « la zone des combats », plus précisément dans la région de Pokrovsk [Donbass].

D’où la polémique dont cette brigade a fait l’objet. Députée et membre du même parti que celui de M. Zelensky, Mariana Bezuhla a mis les pieds dans le plat dès le 7 décembre. « Qu’est-il arrivé à la 155e brigade ? », a-t-elle ainsi demandé, via la messagerie Telegram.

« Le sort de la 155e Brigade mécanisée reste le même que celui de toutes les autres ’brigades zombies’ ou ’brigades de papier’, comme on les appelle aussi. On y intègre de force des gens, mais aucune coordination des structures de commandement n’est assurée. Plus tard, l’unité est tout simplement démantelée et rattachée à d’autres, la plupart étant envoyées dans des unités d’assaut, à l’exception de celles ’placées’ à des postes d’état-major par des stratagèmes douteux », a enchaîné la députée.

Et d’ajouter : « Même les efforts français pour spécialiser la brigade n’ont pas pu la sauver des mauvaises décisions militaires de nos généraux, qui l’ont finalement démantelée […] Maintenant, de retour en Ukraine, cette brigade est démantelée comme des organes donneurs pour d’autres brigades ».

Cependant, c’est le taux de désertion au sein de cette 155e brigade qui interroge. Dans un long message publié via Facebook, le 31 décembre, le journaliste ukrainien Iouri Boutoussov, a avancé que 1 700 de ses soldats [sur un effectif total de 4 500] étaient portés déserteurs avant son engagement sur le front, dont 50 durant la formation en France. « Cela a soulevé des questions parmi les dirigeants français quant au sérieux de l’attitude des Ukrainiens à l’égard de la mise en œuvre d’un projet aussi coûteux », a-t-il écrit, assurant avoir « obtenu une quantité importante de témoignages et de documents » durant son enquête.

S’il ne remet pas en cause la qualité de la formation délivrée par l’armée française, le journaliste a accusé le « commandement militaire ukrainien d’avoir failli à la formation initiale de la brigade », laquelle s’est déroulée dans un « chaos organisationnel complet ».

En outre, les pertes importantes subies par la 155e brigade dès ses premiers engagements auraient pu être évitées si, selon lui, certains équipements essentiels [dispositifs de brouillage électronique, drones, etc.] n’avait pas fait défaut. C’est une « attitude criminelle envers la vie des soldats », a-t-il dénoncé.

Étant donné l’ampleur de la polémique et de ses conséquences potentielles pour la formation de nouvelles brigades à l’avenir, les autorités ukrainiennes ont ouvert une enquête.

« Le Bureau d’enquête de l’État examine actuellement les faits diffusés dans les médias dans le cadre d’une procédure pénale engagée en vertu de l’article 426-1 [abus d’autorité ou de pouvoirs officiels par un militaire] et de l’article 408 [désertion] du Code pénal de l’Ukraine. L’enquête est en cours. Pour le moment, il est trop tôt pour parler des résultats, a en effet confirmé Tatian Sapian, sa porte-parole, auprès de l’AFP.

Selon Iouri Boutoussov, l’affaire est suivie de près par le président Zelensky, son ministre de la Défense, Roustem Oumierov, et le général Oleksandr Syrsky, le chef d’état-major des forces ukrainiennes.

Par ailleurs, la 155e brigade n’est pas la seule à connaître de sérieux problème. Le 17 décembre, sur la base d’informations publiées par Ukraïnska Pravda, le parquet général ukrainien a annoncé qu’il avait ouvert une enquête pénale pour « abus de pouvoir » présumés de la part de commandants de la 211e brigade du génie, ces derniers étant accusés d’avoir violenté des soldats qui consommaient de l’alcool durant leur service tout en leur extorquant de l’argent.

Photo : TF Champagne – Ministère des Armées

Le Chef d’État-major des Armées et le Délégué Général pour l’Armement à l’X

Le Chef d’État-major des Armées et le Délégué Général pour l’Armement à l’X

Institut Polytechnique de Paris – publié le 2 décembre 2024

https://www.polytechnique.edu/actualites/le-chef-detat-major-des-armees-et-le-delegue-general-pour-larmement-lx

Le général d’armée Thierry Burkhard, chef d’Etat-major des Armées, et Emmanuel Chiva, Délégué général pour l’Armement, ont participé conjointement à une table tonde et à un échange avec les élèves polytechniciens des promotions 2022 et 2023 sur la stratégie et les enjeux de la défense française. Laura Chaubard, Présidente et directrice générale de l’X, a souligné à cette occasion le renforcement des liens de l’X avec la communauté de défense et le ministère des Armées et des Anciens combattants, autorité de tutelle de l’École polytechnique.

 
Institutionnel

Le général d’armée Thierry Burkhard, chef d’État-major des Armées et Emmanuel Chiva, Délégué général pour l’Armement ont participé le 28 novembre 2024 à une table ronde et à un échange avec les promotions X2022 et X2023 sur les enjeux stratégiques et les priorités de la défense française. 

« Votre présence parmi nous, tout à fait exceptionnelle, illustre à quel point sont indissociables la capacité opérationnelle de nos Armées et la performance technologique, scientifique et industrielle portée par la Direction Générale de l’Armement », a déclaré Laura Chaubard, Présidente et directrice générale de l’École polytechnique en introduction de la table ronde. 

« L’École polytechnique, depuis sa création il y a 230 ans, a été à la croisée de ces enjeux scientifiques et stratégiques et aujourd’hui plus que jamais dans un moment où dans le domaine des sciences comme de la défense, le temps s’accélère », a dit Laura Chaubard. 

« La France n’est pas en guerre mais la communauté de défense est entrée en économie de guerre », a-t-elle poursuivi en référence à une expression utilisée par le président de la République, Emmanuel Macron, en juin 2022 dans le cadre du salon de la Défense et de la Sécurité Eurosatory, et qui recouvrait la capacité de la France et de son industrie à être en mesure d’intervenir dans une opération militaire de haute intensité sur la durée. 

« Les bouleversements actuels dans les rapports de puissance interviennent de façon concomitante avec bien sûr une accélération du changement climatique mais aussi avec un bouillonnement scientifique tout à fait extraordinaire qui va lui aussi porter une grande part de notre souveraineté future que ce soit dans le domaine de haute densité d’énergie, des technologies quantiques, spatiales et bien sûr de l’intelligence artificielle, le rythmes spectaculaire des avancées scientifiques ces dernières années laisse entrevoir des ruptures majeures que beaucoup de scientifiques eux-mêmes ne pensaient pas accessibles à l’horizon de leur existence « , a-t-elle souligné. 

« Dans cette École, où l’excellence scientifique se conjugue à une formation humaine et militaire unique au monde nous aspirons à former des esprits et des corps capables d’embrasser ces transformations rapides et de relever les défis complexes qu’elles posent à la France et à l’Europe », a dit Laura Chaubard. 

« Sous l’impulsion du ministre de la Défense et grâce à l’accompagnement de la DGA, l’École a considérablement renforcé ses liens avec la communauté de défense, et ce dans tous les pans de son activité », a-t-elle ajouté. 

QUATRE MARQUEURS, DEUX PRIORITÉS

Interrogé sur le contexte actuel de sécurité internationale, le Chef d’État-major des Armées et le Délégué Général pour l’Armement ont partagé avec les élèves leurs analyses et leurs priorités pour la défense française. 

Évoquant l’environnement stratégique qui contribue à façonner les priorités de son action, le chef d’Etat-major des Armées a fait état de quatre marqueurs. 

« Le premier marqueur est une forme de désinhibition de la force que l’on peut constater tous les jours », a dit le général Burkhard. 

« Des pays se sont armés et ils emploient la force avec une augmentation du niveau de violence auquel il ne faut pas s’habituer (…) et une recherche de létalité en faisant de plus en plus de victimes civiles, considérant que c’est une manière de manifester leur détermination ».

« Le deuxième marqueur c’est la récusation, la remise en cause du modèle occidental et la volonté de le remplacer pat un modèle alternatif, [le président de la Fédération de Russie, Vladimir, NDLR] Poutine est à la tête de ce mouvement avec pas mal de monde derrière lui-même si ce n’est pas un ensemble aussi homogène que la Russie voudrait le présenter. » 

« Le troisième marqueur est la valeur stratégique de l’information » a souligné le Chef d’État-major des Armées. 

« Nos adversaires, nos compétiteurs utilisent l’arme de l’information, agissent dans le champ des perceptions de manière extrêmement offensive et ils s’appuient pour cela sur des stratégies de long terme. Dans ce champ des perceptions, de la guerre du narratif, il n’a peut-être pas de victoire décisive mais il y a un ensemble d’effets de long terme qu’il faut prendre en compte », a dit le général Burkhard. 

Il a mentionné un quatrième marqueur de l’environnement stratégique actuel : le changement climatique. « Nous ne pouvons pas faire de partenariats stratégiques [avec certains pays] si nous ne prenons pas en compte ce qui les menace, ce qui les concerne le plus », a-t-il dit. 

Dans ce contexte, le chef d’État-major des Armées a défini deux grandes priorités : la richesse humaine et la cohésion nationale. 

« La première priorité, c’est la ressource, la richesse humaine en termes d’hommes et de femmes », a dit le général Burkhard. 

Alors que, « la différence entre le monde civil et le monde miliaire s’accentue, il faut que nous soyons capables de recruter parce que l’armée française est une armée d’emploi », a-t-il rappelé. 

« Il y a encore des jeunes Français et des jeunes Françaises qui s’engagent alors que ce n’est pas forcément la voie de la facilité (…), je pense que nous sommes capables de magnifier le collectif plus fort que l’individuel et les missions que nous avons ont du sens dans une société où les gens sont en quête de sens », a-t-il poursuivi. 

« C’est pour cela que nous sommes encore capables de recruter mais ce n’est jamais garanti et c’est pour cela que c’est une priorité ». 

La cohésion nationale est la deuxième priorité énoncée par le Chef d’État-major des Armées. « La cohésion nationale est le centre de gravité d’une nation », a-t-il rappelé, ajoutant : « pour une nation qui n’aurait pas de cohésion, le risque de perdre la guerre sans la livrer est extrêmement fort. Si personne ne veut la guerre, est-ce que nos autorités politiques donneraient l’ordre d’engagement, je n’en suis pas sûr. »

« Les Armées ne sont pas responsables de la cohésion nationale, elles y contribuent mais elles n’en sont pas seules responsables », dans un environnement où « la surface de contact des Armées avec le pays est très faible », a-t-il souligné, rappelant que cette contribution des Armées à la cohésion nationale passe notamment par ses actions en direction de la jeunesse en lien avec l’Éducation nationale et par l’augmentation de la réserve pour laquelle Sébastien Lecornu, le ministre des Armées, a lancé un plan ambitieux visant à en doubler les effectifs pour parvenir à un ratio d’un réserviste pour deux militaires d’active. 

« La cohésion d’une nation c’est aussi ne pas oublier ceux de ses fils et de ses filles militaires qui ont été en opération et qui sont morts ou ont été blessés et cela n’est pas seulement la mission des Armées », a déclaré Thierry Burkhard, « même si les Armées n’ont évidemment pas le droit d’oublier les leurs. »

Dans le cadre de l’initiative nationale Duoday, le chef d’État-major des Armées était venu accompagné de trois militaires, des Armées de Terre, de l’Air et de la Marine, blessés en opération et qui ont été longuement applaudis. 

TRIANGLE COÛTS-PERFORMANCES-DÉLAIS

Le Délégué général pour l’Armement a rappelé que la mission de sa direction était de « trouver des réponses capacitaires mais aussi technologiques aux défis opérationnels auxquels les Armées sont confrontées. 

« Les opérations ne sont plus les mêmes. Il faut se battre en même temps sur terre, dans l’air et sur la mer mais on se bat aussi dans l’espace, on se bat sous les mers et l’on se bat dans les champs immatériels, on se bat dans le cyber, on se bat dans le champ informationnel et tout cela induit un certain nombre de révolutions technologiques pour développer les bons outils capacitaires », a souligné Emmanuel Chiva. 

Le Délégué général pour l’Armement a poursuivi en explicitant le concept d’économie de guerre et sa portée. 

« Ce concept d’économie de guerre, ne veut pas dire que nous sommes en guerre, cela veut dire que nous sommes en mesure de ne pas subir et de préparer la nation à un effort nous permettant par exemple de rentrer dans opération de haute intensité », a-t-il dit. 

« Ce qui est assez novateur dans cette approche, c’est que cela faisait des années que nous n’étions pas confrontés à la problématique de la production. Ce qui était noble dans notre industrie d’armement, c’était de faire des systèmes très sophistiqués souvent à petite échelle, de prendre le temps de bien faire les choses mais pas de produire en masse, pas de produire vite, pas de produire [des armements] peut-être pas parfaits mais disponibles tout de suite », a-t-il poursuivi. 

« L’un de nos grands défis aujourd’hui, c’est de préparer notre industrie [d’armement], la base industrielle et technologique de défense, c’est-à-dire les grands donneurs d’ordre et les 4500 PME qui sont derrière dont 1200 sociétés critiques, à rentrer dans un rythme auquel ils n’étaient absolument pas habitués et avec une approche qui, dans le triangle coûts-performances-délais, tirait vers la performance. Aujourd’hui le levier numéro un, ce sont les coûts d’abord, les délais ensuite », a expliqué Emmanuel Chiva. 

« Cela veut dire repenser les chaînes de production, repenser les chaînes d’approvisionnement et aussi repenser une forme de souveraineté », a-t-il ajouté évoquant la nécessité de maintenir ou de relocaliser sur le territoire national certaines productions ou les approvisionnements de composants ou de matériaux critiques. 

« Ce n’est parce qu’on le dit que c’est facile à faire », a relevé Emmanuel Chiva rappelant que la DGA doit parallèlement conduire toutes ses missions habituelles, en particulier dans la lutte contre le terrorisme et bien sûr dans le maintien de la capacité de dissuasion de la France avec « le retour au premier rang de la rhétorique nucléaire». 

Légion étrangère : pourquoi ce célèbre chef étoilé s’est rendu dans la cuisine du régiment de Castelnaudary

Légion étrangère : pourquoi ce célèbre chef étoilé s’est rendu dans la cuisine du régiment de Castelnaudary

Le chef étoilé Thierry Marx s’est rendu à Castelnaudary pour coacher des légionnaires lors de l’épreuve façon « Top Chef » organisée à l’issue de leur formation en restauration.

Le chef Thierry Marx prodiguant ses conseils à des stagiaires attentifs.
Le chef Thierry Marx a prodigué ses conseils à des stagiaires attentifs, dans les cuisines du château des Cheminières. ©4e Régiment étranger

Lundi 11 novembre, le 4e Régiment étranger de Castelnaudary organisait dans l’enceinte de son château des Cheminières, sur le domaine du Quartier Danjou, un repas de gala concocté par de jeunes légionnaires à l’issue de leur formation dans la branche « Restauration, hébergement et loisir ». Une centaine de légionnaires sont ainsi formés chaque année dans ce secteur d’activité pendant huit semaines. Une période qui se clôture par l’organisation d’un repas dont le menu est cuisiné par les stagiaires.

Cette année, pour le grand jour de Mémoire du 11 novembre, c’est le célèbre chef étoilé Thierry Marx qui est venu leur apporter son savoir-faire et ses conseils dans les cuisines exiguës du château des Cheminières. Un moment d’autant plus inoubliable pour les jeunes légionnaires qu’une équipe de M6 est venu le filmer.

Un concours façon « Top chef »

Deux équipes étaient en concurrence, à l’image du concept de l’émission télévisée Top chef dont Thierry Marx a été l’un des membres du jury au moment de son lancement. Ils avaient pour défi de concevoir et réaliser un menu composé de deux entrées, deux plats de résistance et deux desserts, le tout accompagné du vin de Puyloubier produit par les anciens de la Légion.

Le jury était constitué par les 28 convives, civils et militaires. Même s’il n’est pas facile de comprendre l’art de la gastronomie française, pour ces étrangers qui viennent parfois du bout du monde pour servir la France, d’abord comme combattants et ensuite comme spécialistes, les deux équipes de cuisiniers stagiaires ont eu droit aux félicitations du jury.

Les liens forts de Thierry Marx avec l’Armée de terre

Chef cuisinier étoilé et président confédéral de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), Thierry Marx est très attaché à l’armée de Terre puisqu’il a servi comme parachutiste dans l’infanterie de marine. Ce n’est pas la première fois qu’il intervient ou s’investit de la sorte auprès des militaires français. Il a notamment pris l’habitude d’élaborer le menu du dîner caritatif Vulnerati qui permet de récolter des fonds pour les blessés de l’armée de Terre.

Certains iront se perfectionner chez Thierry Marx

Le colonel Montull, chef de corps du 4e Régiment étranger, estimait les « résultats très encourageants, avec une certaine marge de progression », tandis que le chef Thierry Marx faisait part de son expertise et de quelques recommandations.

Chacun saluait le travail d’équipe et la volonté de donner le meilleur de soi-même. Notons que certains de ces jeunes légionnaires auront la chance d’effectuer un stage de perfectionnement dans les cuisines du célèbre chef.

Ukraine: l’ordre de bataille de la brigade mécanisée Anne de Kyiv à l’entraînement en France

Ukraine: l’ordre de bataille de la brigade mécanisée Anne de Kyiv à l’entraînement en France

Les instructeurs français poursuivent la formation de leurs camarades ukrainiens de la brigade 155, baptisée « Brigade Anne de Kyiv ». Voici ci-dessus l’ordre de bataille de cette unité mécanisée, équipée de Leopard 2A4, de VAB et d’AMX-10RC. Elle regroupera 4500 hommes à terme.

On pourra lire le post que j’ai consacré à cette unité et à la reine qui lui a donné son nom. Le point sur cet effort tricolore pour préparer une brigade « bonne de guerre » d’ici à la fin de l’année.

Et la logistique?

Elle suit grâce au SCA… Comme le montrent les photos qui circulent, afin d’équiper les soldats ukrainiens, une chaîne habillement a été mise en place par le Commissariat; elle est opérée avec l’armée de Terre (14e RISLP). Treillis, équipements balistiques, sacs de couchage etc., ont ainsi été mis à disposition des stagiaires.

Pour nourrir l’ensemble de la force, le SCA a créé un ordinaire de campagne sous tente, en mesure de nourrir jusqu’à 2 000 personnes. Trois éléments lourds de cuisson (ELC 500) et des matériels de restauration collective adaptés sont mis en œuvre. Ce soutien restauration conséquent a nécessité le renfort de personnels de la spécialité Restauration-Hébergement-Loisirs (RHL) en provenance de différents organismes du SCA. Ce dernier est assisté par l’Economat des Armées à qui a été externalisée la location d’une tente de grande dimension pour abriter un foyer dédié aux militaires ukrainiens et pouvant accueillir jusqu’à 2 000 personnes.

Insigne d’arme :
Taillé de Gueules et de Sable, au scorpion d’acier posé en barre portant à la pince senestre un écusson de gueules à la croix pattée d’Argent, brochant sur la partition.

A voir:
Une vidéo sur l’arrivée des Ukrainiens dans un camp de l’est de la France, c’est ici.

Une vidéo sur la formation des JTAC, c’est ici.

Une vidéo sur la formation des tireurs de précision et de l’infanterie, c’est ici.

Une innovation permet d’optimiser la formation des chuteurs opérationnels des commandos parachutistes de l’Air

Une innovation permet d’optimiser la formation des chuteurs opérationnels des commandos parachutistes de l’Air


Le concept peut sembler relativement simple… mais encore fallait-il y penser. Ainsi, affectés au Centre air de sauts en vol [CASV], implanté sur la base aérienne [BA] 123 d’Orléans-Bricy, le lieutenant Étienne et l’adjudant-chef Thomas, ont eu l’idée d’utiliser un « treuil ascensionnel » pour mettre au point une sorte de « simulateur de vol » pour les chuteurs opérationnels – novices ou confirmés – de l’Escadre Force Commando Air [EFCA], laquelle fédère notamment les Commandos Parachutistes de l’Air [CPA] 10 et 30.

Soutenue par la Brigade des forces spéciales Air [BFSA] et le Centre d’expertises aériennes militaires [CEAM], cette innovation a été présentée à l’occasion du « Prix de l’Audace », organisé par l’Agence de l’innovation de défense [AID] et financé par la Fondation Maréchal Leclerc de Hautecloque.

Si elle n’a pas été primée, il n’en reste pas moins que cette innovation, issue de la démarche HAPPI du CEAM, permettra d’améliorer la formation et la qualification des commandos parachutistes à moindre coût et avec davantage de flexibilité, étant donné que de telles activités sont souvent tributaires du manque de disponibilité d’avions dédiés.

Or, comme l’explique le dernier numéro d’Air Actualités, les commandos « restent parfois dans l’attente d’être qualifiés, ce qui impacte leur opérabilité et plus généralement la bonne exécution des opérations spéciales ».

Concrètement, le dispositif mis au point par les deux cadres du CASV permet à un élève parachutiste d’effectuer une descente sous voile, plusieurs fois par jour et dans des conditions différentes [jour, nuit, avec ou sans charge, etc.]. Grâce à ce treuil couplé à un parachute ascensionnel, le stagiaire peut atteindre une altitude de 700 mètres, ce qui correspond, grosso modo, à un vol sous voile « normal » après largage. Outre un meilleur encadrement, ce système réduit le risque de blessure.

Selon le CEAM, cet équipement « permet de faire 6 chutes sous voile par jour pour une équipe de 10 chuteurs, sans mise à disposition d’un aéronefs et son équipage ».

L’armée de terre forme actuellement une brigade ukrainienne dans l’est de la France

L’armée de terre forme actuellement une brigade ukrainienne dans l’est de la France


Emmanuel Macron a échangé ce mercredi avec des soldats ukrainiens de la Brigade 155 formés par l’armée française.

À quelques jours d’un sommet crucial pour l’Ukraine, organisé samedi par ses soutiens à Ramstein en Allemagne, la France voudrait démontrer qu’elle joue un rôle de premier plan. Mercredi le président de la République Emmanuel Macron s’est rendu sur le terrain à la rencontre des soldats ukrainiens de la Brigade 155 formés par l’armée française. La localisation exacte du camp d’entraînement dans l’est de la France est tenue secrète pour des raisons de sécurité. Le chef de l’État voudrait aussi s’extraire du brouhaha politique au moment où vont commencer des débats budgétaires périlleux. Ceux-ci n’épargnent pas la loi de programmation militaire. Par sa seule présence auprès de soldats qui vont risquer leur vie, Emmanuel Macron espère sans doute rappeler la gravité des enjeux.

Plus de deux ans et demi après le début de la guerre contre l’invasion russe et alors que le front demeure bloqué, les alliés de l’Ukraine cherchent comment adapter leur soutien. Il en sera question à Ramstein tout comme sera discuté le «plan pour la victoire» de Volodymyr Zelensky. En attendant, la France veut rappeler qu’elle assume sa part de l’effort. Lors de sa visite en juin du président ukrainien, elle s’était engagée à former «une brigade», c’est-à-dire un niveau de combat supérieur à celui de la compagnie. L’expérience des mois précédents et de l’échec de la contre-offensive de 2023 a montré les limites des manœuvres ukrainiennes sur le terrain. De leur côté, les forces ukrainiennes avaient critiqué les formations fournies par les Occidentaux en les trouvant parfois déconnectées de la réalité de leur terrain.

La brigade 155 sera complète, ou presque, et «bonne de guerre», c’est-à-dire à partir pour le front entièrement équipée «dans quelques mois», explique-t-on à l’Élysée. 2300 soldats seront ainsi formés pour constituer trois bataillons d’infanterie et leurs appuis : génie, artillerie, reconnaissance et de surveillance sol air. Pour compléter les effectifs et porter la brigade à 4500 hommes, d’autres soldats seront formes en Ukraine par l’armée ukrainienne. Les effectifs sont composés de soldats ayant déjà une expérience des combats et d’autres sans.

Combat «interarmes»

La France veut mettre l’accent sur une partie négligée des formations : le combat «interarmes», c’est-à-dire qui combine les effets, et l’encadrement. La formation est le fruit de «discussions avec les Ukrainiens et la création d’entraînements au plus près des conditions dans lesquelles ils sont actuellement engagés», poursuit-on à l’Élysée. Au moment de repartir, la brigade sera entièrement équipée et dotée de 128 véhicules de l’avant blindé, de 18 canons Caesar, de 18 blindés de reconnaissance AMX10RC, de 10 TRM et de 20 postes Milan. «Les exercices et l’entraînement sont construits avec des phases successives», explique-t-on. Une première phase technique porte sur les matériels cédés et la formation des cadres. Une deuxième phase consiste à former les bataillons d’infanterie, «donc une intégration un peu plus importante». Enfin, une troisième phase conclut avec «l’intégration interarmes, c’est-à-dire des différentes capacités et des exercices au niveau bataillon, puis au niveau brigade». La France est la seule à fournir ce type d’entraînement, fait-on valoir. La formation d’une deuxième brigade n’est pas prévue pour l’instant. Cette formation pèse lourd sur l’armée de terre qui y a consacré 1500 militaires.

Même si la contribution française est marginale comparée au soutien militaire américain ou limitée, comparée à celui d’autres États européens qui y consacrent plus en volume ou en proportion, le soutien Français ne se limite pas à la brigade 155, la France continue de fournir des munitions et notamment des bombes A2SM. Elle s’est aussi engagée dans la livraison d’avions Mirage 2000 et la formation de pilotes, comme l’a confirmé le ministre des Armées Sébastien Lecornu dans une interview à Sud-Ouest. Les appareils sont en cours d’adaptation pour pouvoir mener des opérations air air mais aussi air sol. Ils pourraient être livrés à l’Ukraine au premier semestre 2025. Tout dépendra de la progression de la formation des pilotes.